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PHYSIQUE
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NUCLÉAIRE
PHYSIQUE QUANTIQUE
DES CHAMPS | PHYSIQUE
DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES
Dernière mise-à-jour
de ce chapitre:
23.07.2010 23:02
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
L'ARME NUCLÉAIRE
Sans souhaiter faire d'amalgame, nous considérons qu'il est indispensable, à l'époque
ou l'arme nucléaire sert de moyen de dissuasion et donc d'élément
de stabilité planétaire, à la culture générale de l'ingénieur
de connaître certaines propriétés élémentaires de la bombe atomique à fission.
Nous allons donc exceptionnellement dans ce petit sous-chapitre
sans mathématiques (celles de l'arme nucléaire et des centrales
nucléaires seront vus lors de notre étude de la neutronique à la
fin de celui-ci) parler un petit peu de cette arme de destruction
massive qui fascine
souvent
les étudiants des les aulas de cours.
Certes, nous étudierons plus tard théoriquement, comment provoquer
une réaction en chaîne divergente dans un volume donné. Cependant,
il ne faudra évidemment pas s'attendre à acquérir les connaissances
nécessaires à la fabrication d'une telle arme puisque cela ne fait
pas appel uniquement à des connaissances de la physique, mais également à de
l'électronique, mécanique, chimie, mathématiques, etc.
S'agissant d'une explosion, l'usage s'est immédiatement introduit
de comparer l'énergie d'une arme nucléaire à celle d'un explosif
courant: le Trinitrotoluène (T.N.T). Ce T.N.T fournit 4'200'000
Joules par Kilo, mais les énergies des armes nucléaires sont telles
qu'il est plus parlant de les évaluer en milliers de tonnes - ou
kilotonnes de T.N.T (ultérieurement les armes thermonucléaires
représentèrent un nouveau bond dans les énergies explosives: l'unité pratique
de comparaison est le million de tonnes - Mégatonne de T.N.T).
La fission de 56 grammes d'Uranium 235 ou de Plutonium 239 donne
l'équivalent de 1 Kilo-tonne avec la fission de atomes
(ce n'est même pas une valeur entière du nombre d'Avogadro!!).
La première explosion nucléaire expérimentale, à Alamogordo le
16 juillet 1945 - fut évaluée à 20 Kt, avec une bonne précision
car il avait été possible de mettre en place de multiples dispositifs
de mesure.
Celles du 6 août, sur Hiroshima (à Uranium 235) puis du 9 août
sur Nagasaki (au Plutonium 239) furent d'abord estimées aussi à 20
Kt. Ultérieurement, et par étude fine sur les effets de souffle,
leurs énergies furent respectivement ramenées à environ 17 et respectivement
15 Kt. Cela n'en représentait pas moins l'équivalent d'un chargement
en T.N.T. d'un convoi de l'ordre de 6000 camions de l'US Army.
Voici un schéma à la fois intéressant et persuasif des effets
d'une bombe atomique (pour information à partir d'une vitesse de
220 [km/h] un être humain moyen est soulevé du
sol) :
(44.1) Source:
Pour la Science
Donc en d'autres termes voici en résumé et en approximations les
effets d'une arme à fission de 1 Mt explosant à 2'450 mètres d'altitude
(tout en sachant qu'aujourd'hui les américains et les russes ont
des armes nucléaires à fusion dont la puissance de feu dépasse
les 50 Mégatonnes...):
Jusqu'à 1.3 [km], tout est rasé, même les bâtiments
en béton armé. Jusqu'à 4.8 [km], la plupart des usines
et des bâtiments commerciaux sont détruits; les habitations faites
de briques et de bois sont anéanties, et leurs débris éparpillés.
Jusqu'à 7 [km], les ensembles commerciaux de structure
légère et les résidences privées sont démolis. Les constructions
plus lourdes sont sérieusement endommagées. Jusqu'à 9.5 [km],
les murs des bâtiments légers sont renversés, les résidences privées
gravement détériorées. Le souffle (ou surpression) est encore
assez puissant pour tuer les personnes qui se trouvent à l'extérieur
(explosion des poumons). Jusqu'à 18.6 [km], différents édifices
sont endommagés, les rues sont jonchées de débris de vitres et
de tuiles. 10 à 20 minutes après la déflagration, les débris aspirés
dans la dépression de la tige du champignon atomique, retombent
au sol. Suivent 1 à 2 heures après, les débris se situant dans
le champignon (sa tête).
La plupart des effets représentés sur le schéma ne sont pas proportionnels à l'énergie.
Il n'y a donc pas lieu de faire une simple multiplication pour
une arme de 30'000 mégatonnes!
Remarque: Pour
un petit calcul sympathique sur les bombes nucléaires utilisant
l'analyse dimensionnelle le lecteur pourra se référer
au chapitre des Principes de la mécanique où nous
donnons l'expression de l'énergie d'une bombe en fonction
du rayon de sa boule de feu.
RADIOACTIVITÉ
Lorsque nous analysons expérimentalement la radioactivité, nous
nous apercevons d'abord que le noyau n'émet pas ses constituants.
Ensuite, nous découvrons de nouvelles forces, qui luttent et dominent à tour
de rôle. Enfin, de nouvelles particules de matière, et même d'antimatière
apparaissent. Le décryptage de ces énigmes a fourni une image cohérente
du monde infiniment petit dont la radioactivité a révélé l'existence,
un monde où les lois physiques échappent à une intuition issue
de la pratique quotidienne de notre monde macroscopique.
D'emblée, la radioactivité a surpris. Dès
1900, il était connu que les rayonnements émis par
l'Uranium et ses descendants avaient trois composantes, baptisées
: "alpha" , "bêta" et "gamma" séparables
par l'actions d'un champ magnétique comme indiqué symboliquement
dans l'image ci-dessous :

(44.2) Source: Pour la Science
Plus tard, il fût montré que la radioactivité alpha était
l'émission
de noyaux d'hélium, la radioactivité bêta l'émission
d'éléctrons. De ces observations, il était
logique de déduire
que le noyau était
constitué de ces trois types de particules, ce qui n'est
pas le cas : les constituants du noyau n'ayant été découvert
par J. Chadwick qu'en 1932.
Alors, pourquoi les noyaux radioactifs n'émettent-ils pas des
protons ou des neutrons? Comment les noyaux éjectent-ils autre
chose que leurs constituants? Ces questions doivent être précédées
d'une autre, sans doute plus fondamentale pourquoi certains noyaux
sont-ils radioactifs? La réponse est la même pour tous les phénomènes
physiques spontanés. La pomme tombant de l'arbre, par exemple :
c'est parce que le système peut rejoindre un état plus stable en
perdant de l'énergie potentielle, l'excédant d'énergie s'échappant
sous forme d'énergie cinétique, c'est-à-dire sous la forme de mouvement.
Cette raison explique aussi pourquoi les isotopes n'émettent
pas de protons ou neutrons seuls car souvent au niveau de la structure
quantique du noyau il est plus favorable au niveau énergétique
d'émettre un petit noyau ou de changer un neutron en neutron
(l'étude
quantique du noyau dépasse le cadre mathématique
des sujets traités
sur ce site web).
Avant de continuer dans la description détaillée de ces phénomènes,
donnons quelques définitions:
D1.
Tout élément chimique (cf. section de chimie)
est caractérisé par son nombre de protons Z appelé "nombre
atomique".
D2. Le "nombre de masse" A est par
définition le nombre de proton Z sommé du nombre de
neutrons N de l'élément chimique donné. Ainsi, ce
dernier se trouve entièrement caractérisé si nous connaissons
son nom ou son nombre atomique Z et son nombre de
neutron N ou
son nombre de masse. Nous notons usuellement n'importe quel élément
sous la forme:
(44.3)
Les éléments chimiques
d'une même espèce (même Z)
peuvent avoir différents nombres de neutron N,
c'est-à-dire différents nombres de masse A,
nous parlons alors "d'isotopes" ou
de "nucléides".
Evidemment, l'énergie nucléaire (du noyau) associée à un même élément
chimique diffère selon le nombre de masse et il existe nous le
verrons un nombre A pour lequel l'énergie est minimale. Les isotopes pour lesquels l'énergie
n'est pas minimum pourront, pour certains d'entre eux et de façon
spontanée, libérer l'excès d'énergie en se désintégrant.
D3.
La propriété qu'ont certains atomes de modifier spontanément la
structure de leurs noyaux pour atteindre un niveau d'énergie
inférieur,
plus fondamental, est appelé "radioactivité".
Nous parlons alors de "radio-isotopes"
pour les atomes concérnés.
Les propriétés chimiques
d'un atome dépendent (cf. section de
chimie) du
nombre et la disposition des électrons dans son nuage. Ainsi
tous les isotopes d'un même élément chimique ont les mêmes
propriétés
chimiques (c'est cette caractéristique chimique qui à la
base de la médecine nucléaire).
Ce sont en quelque sorte des atomes "frères". Cependant,
la légère différence de masse de leur noyau fait que leurs propriétés
physiques se différencient quelque peu.
D4. Enfin, les "isotones"
sont les isotopes de différents éléments chimiques (différent Z)
ayant le même nombre de neutron N.
La petitesse des atomes
pose un problème évident de mesure de masse.
C'est pourquoi il a été préféré par
les physiciens et les chimistes de mettre en place un système
de masse atomique qui est un système de nombres proportionnels à la
masse réelle
des atomes.
Comme il y a une
infinité de systèmes de nombres,
un a été choisi judicieusement comme référence et c'est le chiffre
12 pour l'isotope 12 du Carbone:
(44.4)
où "uma"
est l'abréviation de "unités
de masse atomique".
Ceci a pour conséquence
intéressante de conférer au proton et au neutron des masses atomiques
très voisines de l'unité.
Nous pouvons donc
relier le système S.I. (cf. chapitre
Principes) avec le système des
unités de masse atomique
(uma).
D5. "L'unité de
masse atomique" est par définition la
masse du 1/12 de
l'atome de Carbone ,
nous avons (la masse des électrons est négligée car très
faible par rapport à celle des nucléons):
(44.5)
Donc la masse du
proton en uma vaut:
(44.6)
Attention,
cependant la masse molaire d'un isotope différent que le ne
peut pas être calculée par addition des masses des nucléons (protons
et neutrons) qui compose son noyau car il faut tenir compte du défaut
de masse (notion que nous verrons plus loin).
Les masses
peuvent être aussi exprimées en unités d'énergie puisqu'il y a équivalence
masse-énergie comme nous l'avons vu en relativité restreinte d'après
la relation (cf.
chapitre de Relativité Restreinte). L'unité d'énergie
en physique nucléaire
souvent utilisée
est
"l'électronvolt".
D6. Un "électronvolt"
noté [eV] est l'énergie acquise par une charge élémentaire
soumise à une différence de potentiel de 1 [V].
Ainsi, d'après la
relation entre l'énergie et le potentiel électrostatique (cf.
chapitre d'Électrostatique), nous avons :
(44.7)
Nous en tirons puisque
la vitesse de la lumière dans le vide vaut :
(44.8)
DÉSINTÉGRATION
Certains
noyaux possèdent donc la propriété de modifier spontanément
leur structure interne pour atteindre un niveau d'énergie
plus fondamental. Cette transformation s'accompagne de l'émission
de particules et/ou de rayonnements électromagnétiques.
Le noyau résiduel peut être lui aussi radioactif et subir d'autres
transformations par la suite ou être stable.
La désintégration radioactive d'un isotope est un phénomène aléatoire
et nous ne pouvons jamais dire à quel moment un noyau va se désintégrer
(probabilité sans effet de mémoire).
Remarque: Pour la démonstration de cette affirmation,
le lecteur peut se reporter au chapitre de Techniques De Gestion
dans
la partie traitant de la théorie des files d'attentes et
en particulier la modélisation des arrivées. Effectivement,
le développement est tout point identique mais seulement
l'objet d'étude change (ce ne sont alors plus des appels
téléphoniques mais des désintégrations).
Ainsi, on y démontre que sous certaines hypothèses
le phénomène suit une loi de Poisson et nous
y démontrons
que celle-ci n'a pas de mémoire.
Nous ne pouvons donner que la probabilité de désintégration par
unité de temps. Cette probabilité est donnée par la "constante
radioactive" et a pour unité l'inverse du temps tel
que .
Cette constante peut être calculée comme nous l'avons déjà vu
lors de l'étude de l'effet tunnel en physique quantique ondulatoire.
La constante radioactive varie pour tous les isotopes connus:
(44.9)
Soit
N(t) le
stock d'atomes d'un isotope radioactif au temps t.
Le nombre d'atomes se désintégrant durant le temps infinitésimal
dt
est donc égal à :
(44.10)
conduisant à une
diminution du stock égale à :
(44.11)
L'équation
différentielle (cf. chapitre de Calcul
Intégral Et Différentiel)
s'écrit
donc:
(44.12)
ou :
(44.13)
qui
a pour solution très simple (cf. chapitre
de Calcul Différentiel
Et Intégral):
(44.14)
avec
le
stock de noyaux au temps .
Remarque: N(t) ne représente pas le nombre
d'atomes restant au temps t mais le nombre le plus probable
d'atomes radioactifs restant au temps t!!
Dans la pratique, la mesure de la constante radioactive se fait
à l'aide de la décroissance de l'activité (voir
plus loin) de l'isotope intéressé.
DEMI-VIE
D'ISOTOPE
Définition: La "période radioactive"
ou de "demi-vie" d'un
isotope est le temps moyen qu'il faut attendre pour que 50% du
stock
de noyaux radioactifs d'un isotope donné soit désintégré:
(44.15)
Nous avons ainsi une relation très important
entre la période de demi-vie et la constante radioactive!
Si
le radio-isotope a le choix de se désintégrer selon deux voies
de désintégration distinctes caractérisées de deux périodes radioactives
distinctes et
,
la demi-vie de ce nucléide est définie par la moyenne:
(44.16)
et
nous calculons le nombre de nucléides restant par la relation :
(44.17)
ACTIVITÉ RADIOACTIVE
Définition: L'activité A d'une source radioactive
est le nombre de désintégrations par unité de temps.
Remarque: Son unité de mesure est le " Becquerel"
est est noté  .
1 Becquerel correspondant donc à une désintégration par seconde.
L'ancienne unité de mesure de la radioactivité était le "Curie"
[Ci] . Le Curie avait été défini dans un premier temps
comme l'activité d'environ un gramme de radium, élément naturel
que nous retrouvons dans les sols avec l'Uranium. Cette unité est
beaucoup plus grande que la précédente car par définition 1 [Ci]
correspond à 37 milliards de désintégrations par seconde:
(44.18)
L'activité
s'obtient par la dérivation temporelle du stock d'atomes d'un échantillon
donné:
(44.19)
La relation dite "équation
d'activité" :
(44.20)
montre ainsi que l'activité d'un nombre donné
d'atomes N d'un isotope radioactif est proportionnelle
à ce nombre et inversement proportionnelle à la demi-vie
de l'isotope (de par la relation vue plus haute entre la constante
radioactive et la période de demi-vie).
Exemple:
Un gramme de contient
:
(44.21)
donc
l'activité de ce gramme vaut connaissant :
(44.22)
Par le même raisonnement, mous montrons que l'activité au cours
du temps suit la même loi exponentielle que la diminution du nombre
de nucléides:
(44.23)
avec :
(44.24)
Expérimentalement pour déterminer la période de demi-vie d'un
isotope radioactif nous procédons de la manière suivante :
1. Nous choisissons un échantillon pur d'un isotope dont nous
souhaitons déterminer la période de demi-vie.
2. Au temps nous
mesurons à l'aide d'un détecteur pendant un intervalle de temps
fixé
le nombre de désintégrations. Nous avons alors le nombre de désintégrations
pendant un intervalle de temps en début d'expérience (l'unité de
la mesure est alors les désintégrations et non pas le nombre de
désintégrations par seconde).
3. Ensuite, pendant chaque consécutif
(l'intervalle de temps est fixé) nous mesurons le nombre de désintégrations
pendant cet intervalle de temps. Cela nous donne donc une série
des mesures du nombre de désintégrations observées pour
4. A l'ensemble des mesures de désintégrations effectuées, nous
enlevons le bruit de fond du laboratoire
Puisque :
(44.25)
En prenant le logarithme népérien nous avons :
(44.26)
Soit :
(44.27)
Il s'agit donc de l'équation d'une droite de pente et
d'ordonnée à l'origine .
Ainsi, la constante radioactive est immédiatement mesurée et
l'on en déduit rapidement la période de demi-vie à l'aide de
la relation démontrée plus haut :
(44.28)
DATATION
AU CARBONE 14
Certains
éléments radioactifs naturels constituent de véritables chronomètres
pour remonter dans le temps. Des méthodes de datation ont été mises
au point, fondées sur la décroissance progressive de la radioactivité
contenue dans les objets ou vestiges étudiés. On peut ainsi remonter
jusqu'à des dizaines de milliers d'années dans le passé avec le
carbone 1, voire bien d'avantage avec d'autres méthodes telles que
la thermoluminescence ou la méthode uranium-thorium. La datation
au carbone 14 permet d'aborder l'étude de l'histoire de l'homme
et de son environnement pendant la période de 5'000 à 50'000 ans
à partir du temps présent.
Le
carbone naturel est composé de deux isotopes stables: le (98.892%)
et (1.108).
Il n'existe donc pas de dans
le carbone naturel. Ce dernier est produit en haute atmosphère
par l'action de neutrons cosmiques sur le .
Nous parlons alors de "capture neutronique" (voir
plus loin) ou "activation
".
Ainsi, continûment du est
produit en haute atmosphère et se désintègre naturellement avec
une période de 5'700 ans. Nous nous imaginons aisément que
la concentration en s'équilibre
lorsque le taux de production est égal au taux de disparition
suite au processus de désintégration radioactif (sinon quoi
il n'y aurait plus que du partout).
Il
se forme environ 2.5 atomes de par
seconde et par de
surface Terrestre (ce chiffre est cependant dépendant de beaucoup
de facteurs mais en amplitude négligeable sur le très long terme.
Vous pouvez trouver des ouvrages entiers traitant du sujet), la
contribution positive au nombre d'atome de vaut:
(44.29)
R
étant le rayon de la Terre.
Ou
encore en débit de masse cela représente:
(44.30)
Le taux de disparition
est égal au taux de production radioactif, c'est-à-dire:
car
(44.31)
Comme le taux de
disparition vaut:
(44.32)
Nous en déduisons
qu'il y a atomes
de en
permanence dans l'atmosphère, soit environ 77.8 tonnes.
Ce radio-isotope
se retrouve sous la forme chimique et
pénètre par photosynthèse et métabolisme dans le règne végétal et
animal. A la mort de la plante ou de l'animal, la teneur en reste
figée et commence à décroître par désintégration radioactive au
cours des âges.
(44.33)
La datation n'est
donc qu'une simple comparaison entre la concentration en de
la matière vivante et de la matière morte. De fait, on détermine
les activités spécifiques
(44.34)
Les
archéologues peuvent ainsi aisément dater ce qu'ils
veulent avec une relativement bonne approximation.
FILIATION
RADIOACTIVE
Définition: Une
filiation radioactive (dite aussi "série de décroissance
radioactive" ou encore "décroissance multiple")
est par définition
la stabilisation d'un noyau appelé "noyau
mère"
en une succession de désintégrations. Chaque étape
est caractérisée
par un état intermédiaire correspondant à un radionucléide
appelé
"nucléide fille" de
l'élément mère. Nous avons
:
(44.35)
où * désigne
un isotope radioactif donné,
l'isotope stable de la filiation radioactive de l'élément
mère (les
éléments entre deux étant tous des nucléides instables).
Exemple:
Considérons le problème à 2 corps (nous
ne nous intéresserons pas aux cas supérieurs excepté sur
demande). Supposons qu'à l'origine
des temps, le premier descendant n'existe qu'en quantité négligeable:
Conditions Initiales
(C.I.) à :
(44.36)
La variation de
l'élément mère (1) n'est donnée que par une contribution négative,
la désintégration de 1.
Nous avons:
(44.37)
avec pour solution
tenant compte des conditions initiales :
(44.38)
La variation de
l'élément descendant (2), c'est-à-dire la fille de 1, est donnée
par une contribution positive (les atomes de 1 désintégrés) et
une négative, la désintégration de 2. On a:
(44.39)
il faut donc résoudre
cette équation différentielle (cf.
chapitre de Calcul Différentiel et Intégral).
Nous avons comme
solution homogène (équation caractéristique ECAR):
(44.40)
Nous tirons la solution
de l'équation homogène comme:
(44.41)
avec
la lettre h pour signifier qu'il s'agit de
la solution "homogène".
Déterminons maintenant
la solution particulière de:
(44.42)
La démarche consiste
à poser que avec
la lettre p pour "particulière".
En substituant nous
trouvons :
(44.43)
Car si nous avions
nous
aurions une égalité nulle ce qui est absurde et nous avons dès lors:
(44.44)
d'où nous tirons
que :
(44.45)
Finalement la solution
générale est la somme de la solution homogène et de la particulière,
ainsi:
(44.46)
Appliquons les conditions
initiales:
(44.47)
Finalement nous
avons :
(44.48)
Nous laisserons
le soin au lecteur de tracer les graphiques de:
et
(44.49)
pour voir l'allure
que cela à s'il en ressent le besoin.
étant
nul pour et
pour ,
obligatoirement il passe, comme l'activité ,
par un maximum. Soit le
temps ou le maximum est observé, nous avons:
(44.50)
d'où:
(44.51)
La connaissance
de est
importante en particulier en médecine nucléaire
où nous désirons
administrer le produit 1 à des fins radiodiagnostics et minimiser
les effets néfastes du/des produit(s) fille(s) de 1. Nous
choisissons alors des produits tel que le temps soit
supérieur au temps d'élimination biologique (voies
d'élimination
naturelle de l'organisme) de sa fille. Nous y reviendrons d'ici
quelques paragraphes après avoir étudié les trois scénarios classique
de la filiation radioactive:
ÉQUILIBRE SÉCULAIRE
Ce type de relation entre activité mère et fille
intervient quand la demi-vie du noyau mère est beaucoup plus grande
que celle du noyau fille. En d'autres termes, la décroissance du
noyau mère est négligeable et l'activité du descendant tend vers
celle du parent.
Nous avons alors dans ce cas particulier:
(44.52)
Donc nous avons pour l'activité en utilisant
la relation précédemment démontrée:
(44.53)
Donc:
(44.54)
Nous voyons aussi que dans le cas où et ,
nous avons:
(44.55)
en d'autres termes, les activités mère et fille,
deviennent équivalentes après un certain temps suffisamment grand.
Par exemple, après un temps d'une demi-vie de l'isotope fille,
nous avons déjà l'activité fille qui est égale à 50% de celle de
l'activité mère:
(44.56)
Si nous avons le cas où l'approximation suivante
est acceptable:
(44.57)
nous aurons alors:

ÉQUILIBRE TRANSITOIRE
Ce type de relation entre activité mère et fille
intervient quand la demi-vie du noyau mère est plus grande que
celle du noyau fille (mais pas beaucoup beaucoup plus grand contrairement
au cas de l'équilibre séculaire). En d'autres termes, la décroissance
du noyau mère et l'activité des descendants sont égales à un facteur
constant près (en d'autres termes, leurs courbes de décroissance
radioactives sont parallèles après un temps suffisamment long).
Nous avons alors dans ce cas particulier:
(44.58)
Donc nous avons pour l'activité en utilisant
la relation précédemment démontrée:
(44.59)
Après un temps suffisamment long il vient:
(44.60)
où nous voyons que le facteur:
(44.61)
et supérieur à l'unité. Donc après un temps
suffisamment long, non seulement l'activité de l'isotope fille
est parallèle à celle de la mère mais en plus elle lui est supérieure.
NON-ÉQUILIBRE
Ici le temps de demi-vie de l'élément-fils est
supérieur à celui de l'élément mère. En d'autres termes nous avons
l'hypothèse:
(44.62)
L'activité de l'isotope fille croît alors dans
l'échantillon suivant la relation démontrée au début:
(44.63)
Finalement, après un temps suffisamment long,
seule l'activité de l'élément fille restera, puisque l'activité de
l'élément mère disparaît à un taux plus élevé selon:

Après un temps ,
l'activité de l'élément fille atteindra une valeur maximale pour:
(44.64)
Soit:
(44.65)
Ce qui se simplifie en:
(44.66)
Il vient alors immédiatement le résultat déjà
démontré lors de l'exemple présenté plus haut:
(44.67)
Enfin, considérons le cas extrême de la situation
de non-équilibre qui consiste à considérer le cas où:
(44.68)
En d'autres termes que l'élément fille n'est
pas radioactif. Nous tombons alors sur le cas classique:
(44.69)
PHÉNOMÈNES
RADIOACTIFS
Lorsque nous "pesons"
un noyau, nous constatons expérimentale un fait très
important!: sa masse est inférieure à la
somme des masses de ses constituants. Cette différence est
appelée
le "défaut
de masse" et
est relativement bien déterminée avec des modèles
théoriques simplificateurs..
Le défaut de masse
est alors donné par définition:
(44.70)
avec étant la masse du noyau dans son état fondamental, la masse du proton et la masse du proton.
La masse d'un ensemble
de nucléons liés est inférieure à la somme des masses des nucléons
isolés (suffisamment éloignés en tout cas pour ne pas interagir).
Nous tirons de la relativité restreinte (voir chapitre du même
nom) que:
(44.71)
où est
l'énergie de liaisons des nucléons composant le noyau (>0).
est
donc positif pour tous les éléments (émission
d'énergie
et donc de masse vers le système extérieur). Si tel
n'était
pas le cas, les nucléons n'auraient aucune raison de se
mettre ensembles afin de former naturellement des noyaux stables
(ou plus stables...).
Soit l'énergie
moyenne par nucléon d'un atome donné. Nous avons :
(44.72)
qui est donc par convention un valeur positive!
Remarquons que la
masse du noyau est reliée à la masse de l'atome par:
(44.73)
De même, la masse
du noyau ajouté à la masse de ses électrons
isolés
est supérieure à
celle du noyau entouré de son cortège électronique.
Notons que l'énergie
de liaison électronique peut être souvent négligée à celle
d'origine nucléaire et c'est une règle que nous adopterons
tout au long de ce chapitre.
Cette énergie dégagée
lors de la fusion, c'est-à-dire lors de la constitution de l'atome
à partir de ses constituants, s'appelle aussi "énergie
de liaison"
(appellation qui pose souvent des problèmes d'interprétations aux
jeunes étudiants) car c'est elle qu'il faut fournir si nous voulons,
en sens inverse, séparer
les éléments. Il ne faut jamais oublier que derrière
le terme "énergie de liaison" il y a donc la variation d'énergie
entre les éléments isolés et les éléments combinés d'un élément
atomique.
L'expression générale
pratique de l'énergie moyenne par nucléon d'un atome
donné exprimée
en unités
de masse atomique est alors:
(44.74)
Les principes de
production d'énergie nucléaire de la fission ou de la fusion résultent
de la forme de l'énergie moyenne par nucléon en fonction de A.
Nous avons en réalité la courbe suivante reliant
l'énergie moyenne
par nucléon (c'est-à-dire la variation d'énergie
moyenne entre le nucléon
seul et accompagné...) et le nombre de nucléons
appelée "courbe
d'Aston":

(44.75)
où nous voyons qu'à partir du Fer (élément
qui est donc le plus "collé" et le plus stable
en termes énergétiques car ayant la plus forte énergie
de liaison moyenne) l'énergie
moyenne diminue à nouveau. Cette diminution étant
dûe au fait qu'à
partir d'environ 70 nucléons il semblerait que la force électrostatique
à l'intérieur du
noyau commence
à prendre le dessus sur une autre force qui règne
dans les noyaux
à très petite échelle (cette force sera nommée
plus tard la "force forte" ou "interaction forte").
Au fait, ce qui est vraiment très important
de remarquer dans le graphique ci-dessus c'est qu'il y a un point
de flexion et que c'est celui-ci qui permet d'obtenir de l'énergie
aussi bien avec la fusion, qu'avec la fission nucléaire!
Nous voyons également que la variation est beaucoup plus grande
sur la gauche que sur la droite, d'où le fait que la fusion libère
des énergies beaucoup plus considérables.
Des phénomènes de radioactivité nous en distinguons 8 dont certains
sont qualifiés de "secondaires" car n'étant que les
effets secondaires possibles des 6 premiers. Certains de ces
phénomènes
sont provoqués par l'homme, d'autres sont naturels et les autres
sont purement probabilistes.
Voici un diagramme représentant en-haut la "vallée
de stabilité" des atomes et isotopes et en
bas la même
vallée mais mettant en évidence le type de désintégration
:

(44.76)
Voyons donc les types de désintégrations
ou modifications de la structure de l'atome/noyau qui sont possibles
dans les détails :
FUSION
NUCLÉAIRE (1)
Si nous assemblons
deux noyaux légers et
pour
former un atome "lourd" ,
alors conformément à la partie gauche de la
courbe d'Aston vue plus haut, nous augmentons le défaut
de masse puisque l'énergie
moyenne par nucléons augmente. En effet:
- l'énergie de X vaut:
(44.77)
- l'énergie de Y vaut:
(44.78)
- l'énergie de Z vaut:
(44.79)
Comme :
(44.80)
alors
:
(44.81)
est strictement positive.
La
fusion nucléaire est quasi exclusivement provoquée
par l'homme (sur Terre en tout cas... car les étoiles le font toutes
seules). La probabilité d'observer
une fusion nucléaire
naturelle dans des conditions normale de température de
pression est tellement faible qu'il est inutile d'en parler.
FISSION
NUCLÉAIRE (2)
De même, si nous
cassons avec des moyens adéquats (souvent avec des
neutrons car pour s'approcher du noyau et vaincre sa répulsion
électrostatique c'est le moyen adéquat... c'est celui qu'utilisent
les centrales nucléaires et les bombes nucléaires) un atome lourd
en deux atomes légers et
nous
augmentons aussi le défaut de masse et l'énergie gagnée vaut:
(44.82)
Que ce soit dans
le cas de la fission ou de la fusion, l'énergie dégagée se
répartit
alors en énergie cinétique des produits de fission, des neutrons émis
et enfin des divers rayonnements.
Remarque: Un atome est dit "fissible"
quand il faut des neutrons rapides pour produire la fission et "fissile"
quand il suffit d'avoir des neutrons lents pour la fission (ce
qui est plus rare).
L'énergie
nucléaire est de loin une forme d'énergie beaucoup plus concentrée,
puisque 1 kilogramme d'uranium naturel fournit une quantité de
chaleur de 100'000 [kWh]
dans une centrale électrique courante, alors que 1 kilogramme de
charbon fournit en brûlant 8 [kWh]. C'est pourquoi on ne
manipule que d'assez faibles masses de combustible nucléaire
pour la production d'électricité: une centrale électronucléaire
d'une puisse de 1000 [MW]
électriques consomme par an 27 tonnes d'uranium enrichi, le quart
de son chargement, alors qu'une centrale thermique de même puissance
consomme par an 1'500'000 tonnes de pétrole. Pour comparaison
dans le soleil, 1 kilogramme d'hydrogène produit, par réactions
nucléaires
le transformant en hélium, 180 millions de kWh! Mais attention,
industriellement nous ne savons extraire qu'une faible part de
l'énergie
nucléaire emmagasinée dans la matière. Sur les 27 tonnes d'uranium
enrichi consommé en une année par une centrale, seule une petite
quantité de noyau a été réellement consommé (d'où la nécessité économique
de retraiter l'uranium après utilisation).
Nous nous rendons
vite compte que le pouvoir calorifique de la fission est gigantesque
par rapport à celui des énergies fossiles. Une estimation donne
un rapport d'énergie dégagée par atome de 50'000 millions !!!
Nous trouvons pour
information en Suisse, rien que 5 centrales nucléaires (au
début du 21ème siècle) pour une population
de ~6 millions d'habitants (figure ci-dessous):

(44.83)
Dans le cas de la
fission spontanée (ou naturelle) nous avons émission de deux produits
de fission et de w neutrons
Notation:
(44.84)
Exemple:
)
(44.85)
DÉSINTEGRATION
ALPHA (3)
Définition: Lorsqu'un
noyau lourd contient trop de protons et de neutrons (comme l'Uranium
238 par exemple), il va vider son trop-plein de nucléons
en émettant
une particule alpha (noyau d'hélium composé de
2 protons et deux neutrons) et le système final qui sera
un nouveau noyau aura une masse plus faible et éventuellement
stable. Ce mode de désintégration
est la "radioactivité alpha".
La probabilité de
désintégration est gouvernée par le mécanisme de barrière
de pénétration (effet Tunnel) comme nous allons le démontrer
un peu plus loin après la petite introduction.
La décroissance radioactive
selon la radioactivité alpha, peut être
schématisée comme:
où
(44.86)
Exemple
:
)
(44.87)
L'énergie dégagée
lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut de masse:
(44.88)
avec étant la masse du noyau initial, la masse du noyau final et la masse du noyau d'Hélium.
en négligeant l'énergie
de liaison des électrons nous avons :
et et
(44.89)
Finalement :
(44.90)
Cette expression
montre que l'énergie des particules est
bien définie pour des noyaux initiaux et finaux donnés. De fait,
nous observons en réalité un spectre énergétique discret. Nous
en concluons que ces émissions mènent le noyau à des niveaux
d'énergies
intermédiaires correspondantes à des états excités du noyau final.
Nous pouvons expliquer ces observations par une structure nucléaire
en couches. La désexcitation de se dernier se faisant par émission
de photons .
La conservation
de l'énergie impose que l'énergie de la désintégration se
répartit entre l'énergie cinétique des deux produits résiduels.
(44.91)
La conservation
de la quantité de mouvement nous donne:
(44.92)
et donc:
(44.93)
que nous remplaçons
dans l'équation de conservation de l'énergie:
(44.94)
et on en tire que
l'énergie de la particule vaut:
(44.95)
vu que les masses
du noyau et de la particule sont
environ proportionnelles à leurs nombres de masse, soit A et 4 respectivement.
Voyons les détails du mécanisme de la désintégration avec
une approche scolaire, simplifiée à l'extrême et donc approximative
(mais suffisante quand même). Pour cette approche, nous allons
utiliser les développements sur l'effet tunnel que nous
avons effectué dans le chapitre de Physique Quantique Ondulatoire.
Pour des noyaux ayant un nombre de nucléons devenant trop important,
la répulsion coulombienne entre protons prend des valeurs significatives
par rapport à l'interaction force qui assure la cohésion du noyau.
On assiste alors au phénomène de saturation, qui donne lieu à la
désintégration qui
est un cas particulier d'une fission spontanée.
Gamow a proposé une explication théorique à ce phénomène en 1928.
Il suppose que la particule préexiste
dans le noyau et cogne sur les parois. Elle a alors une probabilité non
nulle de franchir la barrière de potentiel du noyau par effet tunnel.
Si par la pensée nous débranchons les interactions coulombiennes,
une telle particule est
liée au reste du noyau par un potentiel nucléaire de courte portée et
de profondeur correspondant à une énergie potentielle que nous
allons déterminer.
Schématiquement dans le cas de l'Uranium 238 la situation est
considérée comme la suivante:

(44.96) Source: Pour la Science
En physique classique on représenterait l'émission comme
la fuite du noyau à partir du noyau. Cette représentation n'est
pas valable, car elle implique que la particule ,
subissant la répulsion électrostatique du noyau résiduel de Thorium
234 s'en éloignerait avec une énergie d'environ 25 [MeV].
Or on retrouve la faible valeur observée expérimentalement (de
seulement 4.2 [MeV]) qu'en faisant appel à la physique quantique.
Bon passons à la partie mathématique:
Branchons la répulsion coulombienne entre la particule de
charge +2e (deux protons et deux neutrons) et le reste du
noyau, alors de charge +(Z-2)e à l'extérieur du puits
de potentiel nucléaire.
Nous obtenons alors l'expression de l'énergie potentielle (cf.
chapitre d'Électrostatique):
(44.97)
où r est la distance entre le centre du noyau et la particule .
L'énergie potentielle diminue donc avec la distance puisque la
force est répulsive.
Maintenant, ayons une approche qualitative du phénomène. Nous
allons maintenant noter la probabilité T de passage comme étant
proportionnelle, selon nos résultats dans le chapitre de Physique
Quantique Ondulatoire, à:
(44.98)
en sachant qu'il s'agit suite à nos approximations à une borne
inférieure indicative.
Si nous modélisons la barrière de potentiel du noyau par un profil
non rectangulaire tel que présenté ci-dessous:

(44.99)
où nous remplaçons le profil réel de la courbe par une série
de barrières d'épaisseur et
où le potentiel est égal à au
point .
La probabilité de passer une barrière sera donc proportionnelle à:
(44.100)
et nous savons (cf. chapitre de Probabilités) que la probabilité de
passer une des barrières est un événement indépendant (mutuellement
exclusifs). Nous pouvons donc multiplier les probabilités tel que:
(44.101)
et en passant à la limite il vient:
(44.102)
et si x est assimilé à un rayon d'une configuration à symétrie
sphérique:
(44.103)
Dans le cas d'un noyau ,
la barrière de potentiel va de où elle
commence jusqu'à valeur
où la barrière est considérée comme négligeable.
Or, l'énergie potentielle du noyau en
tout point distant r du a l'extérieur du bord du noyau de
l'atome radioactif sera égal, comme nous l'avons vu un peu plus
haut à:
(44.104)
Nous avons donc pour :
(44.105)
Pour déterminer du
noyau émis,
il faut savoir que son énergie totale est supposée conservée dans
ce modèle simplifié. Elle est donc la même avant son passage dans
la barrière de potentiel nucléaire lorsque ,
pendant, et après .
De plus, dans ce modèle, l'énergie cinétique aussi est supposée
constante lorsque .
Autrement dit, puisque le noyau préexiste
dans le noyau de l'atome radioactif il a déjà la vitesse finale
qu'il aura lors du point de franchissement de la barrière du potentiel
nucléaire...
Donc sous toutes ces hypothèses très simplificatrices... si nous
savons déterminer l'énergie totale du noyau en (par
exemple), à la sortie de la barrière, nous avons son énergie totale
lors de l'ensemble du phénomène de traversée de la barrière.
Réciproquement, son énergie totale nécessaire pour sortir en de
la barrière de potentiel par effet tunnel en partant du noyau (et
partir ensuite loin à l'infini et gagner en énergie cinétique et
perdre toute son énergie potentielle coulombienne) est la même
par hypothèse que l'énergie totale obtenue en calculant le travail
de la force qui d'une distance infinie du noyau de l'atome radioactif
ramènerait le noyau à la
vitesse précitée au point de sortie minimal (rayon
minimal de sortie pris comme constant car très éloigné en ordres
de grandeur par rapport au noyau de l'atome radioactif).
Ce qui correspond alors à la différence d'énergie potentielle
entre un point à l'infini et .
Et comme l'énergie potentielle est nulle à l'infini pour un système
répulsif, il ne reste plus que le terme:
(44.106)
Et finalement:
(44.107)
valable toujours que pour (c'est
comme si pendant la traversée de la barrière, le noyau restituait
de l'énergie cinétique au vide au fur et à mesure de son approche
du point ,
ceci dit, en mécanique quantique on ne peut pas utiliser l'interprétation
de la mécanique classique).
Or, très souvent dans les laboratoires, est
exprimé comme une constante suffisamment loin du noyau de l'atome
radioactif. Il est alors relativement naturel (même si c'est du
bricolage) de prendre r comme variable d'intégration tel
que:
(44.108)
et il est de tradition de prendre ensuite :
(44.109)
ce qui nous amène à:
(44.110)
Faisons maintenant le changement de variables (la dérivation
du est
détaillée dans le chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral):
(44.111)
d'où:
(44.112)
et en notant:
(44.113)
L'intégrale:
(44.114)
devient:
(44.115)
Concernant les bornes nous avons pour rappel:
(44.116)
Donc si r vaut nous écrivons
la borne comme étant et
si r vaut alors:
(44.117)
Il vient alors:
(44.118)
Nous avons vu dans le chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral:
(44.119)
Donc:
(44.120)
Alors:
(44.121)
Ce qui fait:
(44.122)
Or, nous avons aussi (cf. chapitre de Trigonométrie):
(44.123)
Donc:
(44.124)
Rappelons à nouveau que:
(44.125)
Or, donc .
Si nous développons en série de MacLaurin (cf.
chapitre de Suites et Séries) jusqu'au troisième ordre:
(44.126)
Alors:
(44.127)
Nous avons alors:
(44.128)
Si on prend le développement de MacLaurin au premier ordre:
(44.129)
Donc:
(44.130)
Donc tout cela pour écrire finalement:
(44.131)
Soit explicitement:
(44.132)
Relation à laquelle nous pouvons remettre le coefficient de l'exponentielle
que nous avions déterminé dans le chapitre de Physique Quantique
Ondulatoire.
Typiquement pour le noyau d'Uranium ,
nous prenons les valeurs dans les tables des constantes physiques
et universelles qui sont dans la relation précédente pour obtenir
une certaine valeur de T (je m'abstiendrai de montrer le
calcul car les tables ne sont pas toutes d'accord entre elles...).
Ensuite, dans l'approximation semi-classique, le noyau a,
dans le puits, une vitesse de l'ordre de:
(44.133)
et il effectue des allers-retours dans un noyau dont le rayon
est de l'ordre de .
Ces allers-retours correspondant donc à un certain nombre d'oscillations
par seconde. Effectivement, si nous notons la
durée moyenne entre deux chocs successifs, nous avons alors:
(44.134)
Donc la fréquence vaut:
(44.135)
A chaque fois elle a une probabilité T de franchir la
barrière de potentiel. Cette probabilité par unité de temps est
ainsi détermine par :
(44.136)
et donne la constante de désintégration de l'isotope par émission avec
une relativement grosse erreur si on fait le calcul avec les valeurs
numériques mais l'ordre de grandeur est par contre exact ce qui
pas mal du tout! Le modèle
(scolaire) présenté donne donc des résultats satisfaisants.
Ce qui est impressionnant dans ce résultat c'est que puisque T est
très très sensible à ,
les ordres de grandeurs de varient énormément
pour de petites variations de l'énergie. Et le modèle reste aussi
satisfaisant sur environ 30 ordres de grandeurs!!!
DÉSINTEGRATION
BETA- (4)
Définition: Lorsqu'un noyau est instable à cause d'un trop plein
de neutrons (comme le Carbone 14 par exemple) il n'émettra pas
de neutrons. En revanche il aura la faculté de changer un de ses
neutrons en un proton. Lors de cette transformation, pour conserver
la charge électrique totale du système, un électron sera créé.
Cette transformation est la "radioactivité bêta-" (-
car l'électron à une charge négative dans cette désintégration).
La désintégration
dite est
donc une caractéristique des noyaux ayant
un excès de neutrons. Les isotopes concernés se rendent plus
stables en transformant un neutron en un proton avec émission
d'un électron et
d'une particule appelée "antineutrino"
dont nous justifierons l'introduction plus loin.
Nous avons
alors pour le neutron concerné:
(44.137)
Nous avons mis en
suffixe droite le spin de la particule concernée et en indice droite
le signe de charge de la particule. Ainsi, nous observons que le
spin est une quantité conservée, ainsi que la charge.
Nous avons pour
l'isotope concerné:
(ex:
)
(44.138)
L'énergie dégagée
lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut de masse:
(44.139)
en négligeant l'énergie
de liaison des électrons nous avons :
et
(44.140)
Attention! le Z dans l'égalité de est
le même que celui que nous trouvons dans l'expression de d'où
le Z + 1.
Nous avons alors:
(44.141)
Chaque désintégration
pure
est caractérisée par une énergie fixe de décroissance Q.
Du fait que l'énergie cinétique du noyau est négligeable de par
sa masse à celle du l'électron et de l'antineutrino
réunis, l'énergie dégagée Q est partagée
entre les énergies cinétique du et
de .
La masse de l'antineutrino étant très loin inférieure à celle
de l'électron, l'énergie cinétique de l'antineutrino peut donc être
négligée. Ainsi, l'énergie du n'est
cependant pas fixe et peut avoir n'importe quelles valeurs
entre
0 et Q.
Nous observons donc un spectre d'énergie contrairement aux autres
types de radioactivité (car l'antineutrino peut avoir
une énergie
cinétique variable).
La forme des distributions
observées permet de donner une valeur d'énergie moyenne aux qui
se situe autour de Q/3:
(44.142)
L'existence de l'antineutrino
a été postulée en 1933 (3 ans après le neutrino que nous
verrons plus loin) par Wolfgang Pauli afin de satisfaire la conservation
de spin. L'introduction
d'une
particule
aussi étrange
fut très controversée et mal acceptée (charge nulle, spin non
nul, masse négligeable) et elle continue à poser quelques
problèmes
dans la physique contemporaine du 21ème siècle.
Indépendamment du
neutrino d'électron (noté habituellement)
accompagnant les particules
et
(ce
dernier ayant plusieurs noms "positon", "positron",
"électron positif") il
existe un neutrino de méson ou
appelés:
et
pour
ne pas les confondre. Par la suite, n'étant pas confronté aux neutrinos
de méson, nous noterons simplement à
la place de .
Remarque: Au
début de sa découverte, la désintégration  était
vue comme une transmutation du noyau..., dans les petites classes,
encore aujourd'hui, on la voit comme la transformation d'un neutron
en proton. Dans les théories contemporaines, elle est vue
comme d'un quark d en quark u et elle a amené les
physiciens à développer la théorie de l'interaction
faible pour en expliquer l'origine.
dÉsintegration
b+ (5)
Définition: Lorsqu'un noyau est instable à cause
d'un trop plein de protons il n'émettra pas de protons. En revanche,
il aura la faculté de changer un de ses protons en neutron, soit
par capture d'un électron, phénomène appelée "radioactivité par
capture électronique" (voir plus bas), soit par émission
d'un électron
positif (positon) ce qui correspond à la "radioactivité bêta+".
Cette transformation a une probabilité ridiculement
faible puisque l'inverse de l'émission d'un électron
et d'un antineutrino serait la capture simultanée de ces
deux particules... et une telle rencontre serait un miracle. Pour
surmonter
cette
difficulté, le noyau utilise un subterfuge quantique: l'émission
d'une particule équivaut à la capture de sont antiparticule.
Ce joker offre alors les possibilités susmentionnées
au noyau excédentaire
en protons.
Lors
de la désintégration un
proton est dissocié en un neutron, un électron positif ("positon"
noté
et
un neutrino dont nous justifierons l'introduction un peu plus
bas) et un neutrino.
Effectivement, pour effectuer l'inverse de la désintégration ,
la solution consiste pour le noyau à utiliser la conservation
de l'énergie et du spin en émettant un positon et
en capturant dans l'énergie quantique du vide un antineutrino
et d'émettre en échange
un neutrino.
Nous écrivons
cela:
(44.143)
ou:
(44.144)
L'énergie
dégagée lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut de
masse:
(44.145)
en
négligeant l'énergie de liaison des électrons nous avons :
et
(44.146)
Attention!
le Z dans l'égalité de est
le même que celui que nous trouvons dans l'expression de d'où
le 
Nous
avons ainsi :
(44.147)
La
désintégration ne
peut donc avoir lieu que si ,
c'est-à-dire si:
(44.148)
L'énergie
massique de l'électron est
importante car c'est l'énergie d'un des deux photons résultant d'une
annihilation d'un avec
un électron.
Comme pour la désintégration
,
l'énergie du n'est
pas fixe et peut avoir n'importe quelles valeurs entre 0 et Q.
Nous observons donc un spectre d'énergie.
capture Électronique (6)
Définition: Lorsqu'un noyau est instable à cause
d'un trop plein de protons par rapport aux neutrons, nous savons
donc qu'une solution favorable du point de vue de son énergie
est de transformer un de ses protons en neutrons c'est à dire
de réaliser
l'inverse
de la radioactivité .
Nous avons vu tout à l'heure qu'une possibilité était
pour le noyau via la désintégration d'attraper
un antineutrino du vide et d'émettre un positon (perte de
sa charge
électrique) et un neutrino. Mais il peut aussi capturer
un électron
du cortège électronique
(neutralisation de sa charge
électrique) en lieu et place d'émettre un positon.
Le plus souvent un électron
de la couche K.
Ce qui se note :
(44.149)
L'énergie
dégagée lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut
de masse:
(44.150)
en
supposant que l'énergie de liaison de l'électron K et
celle de recul du noyau sont négligeables.
C'est donc le neutrino
d'électron qui emporte tout l'énergie, d'où la nécessité qu'avait
eu Wolfgang Pauli d'introduire cette nouvelle particule (ce qu'il
lui avait fait horreur...!). Comme l'électron capturé occupait
un niveau d'énergie précis dans l'atome, les neutrinos issus de
la désintégration d'un isotope par capture électronique ont une
énergie déterminée et présentent donc un spectre de raies.
En
négligeant l'énergie de liaison des électrons nous avons :
et
(44.151)
donc:
(44.152)
La
désintégration par capture électronique est en concurrence avec
la désintégration que
si
(44.153)
Dans
le cas où
(44.154)
seule
la désintégration par capture électronique est possible.
Cependant, le trou laissé par l'électron absorbé nécessite un
réarrangement du cortège atomique et à l'émission d'un rayonnement.
ÉMISSION
GAMMA (7)
Définition: Pour
le noyau, l'émission d'un rayonnement électromagnétique est
une possibilité de gagner en stabilité. Cette
émission suit généralement un phénomène de désintégration ou
de capture électronique. On peut donc s'imaginer que lors de tels
types de désintégration, la topologie des nucléons dans le noyau
n'est pas idéale et que le réarrangement de ces derniers s'accompagnera
d'une diminution d'énergie; cette dernière émise sous forme
d'un ou de plusieurs photons .
Nous
avons donc un schéma:
(44.155)
puis:
(désintégration
)
(44.156)
où
le m signifie "métastable" ou "isomère" (on
utilise de dernier terme lorsque l'émission du rayonnement à lieu
longtemps après la désintégration).
Remarque: "Isomère" veut dire que le noyau est excité.
Il se désexcitera avec une période  .
Généralement  est
extrêmement petit et les photon(s) sont émis immédiatement après
l'électron dans le cas de notre exemple d'une désintégration  .
Nous parlons alors d'état métastable ou isomère. Notons que
ces radio-isotopes isomères sont particulièrement intéressants
en imagerie médicale.
L'énergie
du photon vaut:
(44.157)
Il
est évident que dans cet exemple, nous avons considéré le cas le
plus simple; soit la désexcitation de noyau en
une seule étape avec émission d'un seul photon qui
emporte toute l'énergie. De fait, selon le radio-isotope, cette
désexcitation peut s'effectuer avec de plusieurs photons en
cascade.
CONVERSION
INTERNE (8)
La
conversion interne I.C. est un processus lié aussi à l'émission
d'un photon
.
En effet, il se peut que l'énergie soit transmise directement à
un électron du cortège électronique, généralement de la couche
K, que se trouve éjecté de l'atome. Cet électron est
appelé "électron
de conversion". La place laissée dans le cortège électronique
est par la suite comblée par un électron des couches supérieures
et ainsi de suite. On a donc, comme dans le cas d'un processus
de
désintégration de capture électronique, un réarrangement du cortège
électronique caractérisé par l'émission de rayons-X caractéristique
de l'élément Y.
L'énergie
transmise vaut:
(44.158)
avec
étant
l'énergie cinétique de l'électron émis,
l'énergie du photon percutant l'électron, ,
l'énergie de liaison de l'électron considéré (K,
L,
M,...)
L'énergie du photon
est
transmise directement à un électron qui est éjecté; le processus
est suivi du réarrangement des électrons (s'ensuivra un émission
de rayons X). L'électron éjecté est appelé "électron Auger".
Si nous représentons
sur un graphique tous les isotopes avec en ordonnées leur
nombre atomique Z et en abscisse leur nombre
de neutron nous pouvons observer que les éléments
stables existants dans la nature se trouvent tous dans la région
nommée "vallée
de stabilité".
Les autres
étant radioactifs. Nous pouvons remarquer que la ligne est
située presque partout en-dessus de la zone de stabilité.
Ces résultat ont été obtenus expérimentalement car il est encore aujourd'hui
même avec les ordinateurs les plus puissants et ce en connaissant
la théorie quantique, de simuler le comportement de noyaux ayant des
nombres atomiques élevés.
L'émission
d'un électron du cortège électronique appelé "électron Auger"
est donc un processus similaire au processus de conversion interne
(IC), mais le rayonnement électromagnétique ne provient pas d'une
désexcitation du noyau (ce n'est pas un photon )
mais d'un rayon-X produit lors du réarrangement du nuage électronique.
Dans un processus radioactif, ce réarrangement électronique peut
provenir soit d'une capture électronique EC soit d'une conversion
interne (IC).
L'électron Auger éjecté provient principalement
d'une orbitale externe et son énergie est l'énergie caractéristique
du rayon-X moins son énergie de liaison. L'énergie des électrons
Auger est donc faible (quelques [keV]) par rapport à une particule
ou
IC et sont souvent et sont souvent réabsorbés à l'intérieur de
la source. Le processus d'émission d'un électron Auger est favorisé
pour des éléments à faible numéro atomique à cause de leurs faibles
énergies de liaison électronique.
Lors d'un réarrangement du nuage électronique
tel que le passage d'un électron de la couche Là la couche K,
l'énergie du rayon-X émis vaudra .
Cette différence d'énergie étant supérieur à l'énergie de liaison
d'un autre électron se trouvant sur la couche L,
ce dernier sera alors émis avec l'énergie cinétique:
(44.159)
A leurs tours, les 2 vacances laissées sur la couche L sont
comblées
par des électrons des couches supérieures. Fluorescence et électron
Auger sont en compétition. Il se peut même que plusieurs électrons
Auger soient émis lors de la désexcitation de l'atome. On parle
alors de "cascade Auger" laissant l'atome considéré fortement
ionisé, ce qui peut le conduire à l'explosion coulombienne de la molécule
dont il fait partie.
RADIOPROTECTION
En physique nucléaire il est
très important de connaître la façon dont les divers rayonnements
alpha, gamma, rayons-X ou neutroniques interagissent avec la matière
(en gros les rayonnements non chargés ou chargés). Cela permet de
connaître la façon dont leur l'énergie cinétique se répartit ou
se dissipe dans la matière qu'ils rencontrent sur leur chemin et
de s'en protéger de façon adaptée.
Formule
de Bethe-Bloch
Une particule chargée lourde ayant
une énergie de un ou plusieurs MeV perd son énergie principalement
par collisions avec les électrons des cortèges atomiques, électrons
qui lui apparaissent comme quasi-libres. Le processus par lequel
des électrons sont ainsi éjectés lors du passage d'une particule
ionisante est appelé "ionisation primaire". Un électron
pourra s'échapper s'il reçoit une énergie supérieure à son énergie
de liaison.
Le transfert maximum d'énergie qui
peut se produire dans une collision non relativiste et élastique
(où l'énergie du système est conservée car il n'y a par définition
pas de dissipation de chaleur) est calculée simplement en utilisant
le principe de conservation de la quantité de mouvement et l'énergie:
Soit et
les
masses et vitesses respectives de la particule incidente et de l'électron.
Nous supposerons que l'électron est immobile sur son orbite et que
sa vitesse initiale est nulle .
Après le choc, nous supposerons que la particule incidente aura
transférée toute son énergie cinétique à l'électron et se trouvera
à son tour au repos tel que .
Posons les équations:
(44.160)
La conservation de l'énergie nous permet
d'écrire:
(44.161)
d'où après regroupement et simplification:
et
(44.162)
Ensuite, après division de la deuxième
équation par la première on déduit l'expression des vitesses après
le choc:
(44.163)
relativement à nos hypothèses initiales
nous avons donc
:
(44.164)
Manipulons un petit peu cette relation:
(44.165)
Pour une particule lourde, avec ,
nous pouvons écrire:
(44.166)
Une ionisation ne pourra se produire
que si est
au moins égale au seuil d'ionisation de l'électron que l'on notera
et
que l'on a vue comment calculer lors de l'étude du modèle de Bohr.
L'énergie de la particule incidente
devra donc au minimum être égale à:
(44.167)
Donc, lors de son passage à travers
la matière, le corps chargé de charge et
de vitesse cède
son énergie en de nombreuses collisions avec les électrons des
atomes rencontrés. L'interaction est coulombienne et à chaque
fois, une diffusion se produit. L'énergie de recul de l'électron,
supposé
libre, peut se calculer de manière précise. Pour faire une estimation
de la perte d'énergie, nous ferons ici l'approximation que la
quantité
de mouvement transférée est
égale au produit de la force d'interaction à la distance r multipliée
par le temps nécessaire au projectile pour parcourir le trajet
2r. Nous avons la force F
de coulomb donnée par:
(44.168)
et la quantité de mouvement:
(44.169)
L'énergie cinétique transférée à un
électron de masse sera:
(44.170)
La perte d'énergie totale sera obtenue
en intégrant sur tous les électrons rencontrés. A la distance comprise
entre r et
r + dr de
la trajectoire et sur le parcours dx,
se trouvent:
(44.171)
électrons, où N
est le nombre d'atomes de nombre atomique Z' par
unité de volume. La perte d'énergie par unité de distance est
donc:
(44.172)
La valeur de est
évaluée en remarquant que ce paramètre d'impact correspond au transfert
d'énergie maximum. En utilisant les équations que nous avons démontrées
précédemment:
(44.173)
Avec ,
on peut obtenir le paramètre par:
(44.174)
et nous obtenons :
(44.175)
Lorsque r devient
très grand, le transfert d'énergie est plus petit que l'énergie
moyenne d'ionisation notée des
électrons et le processus n'est plus efficace. Nous devons donc
avoir la relation suivante:
(44.176)
Nous en tirons une valeur pour :
(44.177)
En remplaçant les valeurs de et
des
équations précédentes dans l'équation:
(44.178)
nous obtenons :
(44.179)
Un traitement quantique plus rigoureux
montrerait qu'il faudrait supprimer la racine de l'argument du logarithme
en prenant en compte les effets relativistes ainsi que les propriétés
intrinsèques de l'électron (constante de structure fine). Nous obtiendrions
alors la formule de Bethe-Bloch:
(44.180)
où .
est
quant à lui un terme de correction qui dépend de l'énergie
et de Z lorsque nous tenons compte de la structure complète des noyaux
(modèle
en couche) de la matière.
Nous
voyons finalement que la perte d'énergie linéique est proportionnelle
au numéro atomique du rayonnement incident et de la matière pénétrée.
Donc, des protections composées de matériaux à numéro atomique élevés
(masse volumique élevée) auront un fort pouvoir de ralentissement
et seront avantageux en radioprotection.
EFFET
COMPTON
Au cours de l'effet Compton, le photon
est diffusé inélastiquement sur un électron
à qui il cède une partie de son énergie. L'électron
est éjecté hors de l'atome. Cet effet a lieu indifféremment
sur les électrons de toutes les couches électroniques
et aussi sur des électrons libres. L'énergie du
photon et celle de l'électron dépendent de la
direction d'émission
de ces particules. Étant donné que cet effet dépend
du nombre d'électrons disponibles par atome cible, la probabilité
de diffusion Compton augment linéairement avec le nombre
atomique Z de l'absorbant. Mais comme cet
effet est en concurrence avec la production d'une paireélectron
- positron que nous verrons plus loin, l'effet Compton est surtout
important
aux énergies
et aux numéros atomiques moyens.
Nous avons vu démontré
dans le chapitre de Relativité Restreinte, la relation d'Einstein
:
(44.181) et rappelons que nous
avons ainsi pour la quantité de mouvement d'un photon :
(44.182)
et nous y avons aussi démontré
que la quantité de mouvement est donnée par :
(44.183)
d'où la relation, dont nous
allons faire usage plus loin :
(44.184)
Avant l'interaction, photon-électron,
nous avons (nous considérons grossièrement l'électron
comme étant au repos)
et après la collision .
La conservation de l'énergie, nous amène donc à
écrire :
(44.185)
En ne considérant que les énergies
cinétiques, nous avons en négligeant celle de l'électron
avant le choc :
(44.186)
Soit la figure ci-dessous :

(44.187)
La conservation de la quantité
de mouvement nous donne :
Selon l'axe x :
(44.188)
Selon l'axe y :
(44.189)
La somme de ces deux relations élevées
au carré nous donne la quantité de mouvement totale
:
(44.190)
Puis en substituant
:
(44.191)
et comme
:
(44.192)
Lorsque l'énergie du photon
est assez élevée, ,
celle du photon diffusé tend vers une limite donnée
par (voir le règle de l'Hospital dans le chapitre de Calcul
Différentiel Et Intégral):
(44.193)
L'énergie acquise par l'électron
Compton vaut finalement :
(44.194)
Il est intéressant de remarquer
que nous ne pouvons avoir .
Effectivement cela supposerait que :
(44.195)
et nous voyons bien que quelque soit
,
nous avons toujours .
La fréquence du photon diffusé
est inférieure à celle du photon incident car son
énergie
est toujours plus faibles et dons sa longueur d'onde
plus grande. Donc :
(44.196)
et puisque :
(44.197)
Nous avons :
(44.198)
ce qui s'écrit aussi en utilisant la définition
de la constante de Planck et les relations trigonométriques habituelles :
(44.199)
Nous appelons la facteur
la "longueur d'onde de Compton" et elle vaut :
(44.200)
EFFET
PHOTOÉLECTRIQUE
L'effet photoélectrique est
l'éjection d'électrons (dits alors "photoélectrons")
de la surface de divers métaux exposée à une
énergie de rayonnement. Ce rayonnement peut provenir du réarrangement
du noyau de l'atome aussi bien que d'un rayonnement externe.
Par ailleurs, Einstein proposa d'éprouver
la validité de la théorique quantique de la lumière
au moyen des mesures quantitatives de l'effet photoélectrique.
Exposons d'abord l'expérience
mise en oeuvre : l'émission d'électrons par un métal
ne contredit pas la théorique électromagnétique
de la lumière. Si nous considérons un faisceau
uniforme, son énergie est uniformément répartie
sur tout le front d'onde. Plus la lumière est intense,
plus grandes sont les amplitudes des champs électrique
et magnétique
en chaque point du front d'onde et plus l'énergie transmise
par l'onde en une seconde est grande. Ces champs exercent des
forces
sur les électrons dans le métal et peuvent même
en arracher de sa surface.
Voici l'expérience mise en place
:

(44.201)
Si l'anode collective est à
un potentiel positif relativement à la cathode émettrice,
les photoélectrons parcourent le tubent et constituent le
courant mesuré par l'ampèremètre. Nous observons
alors une proportionnalité entre l'intensité du faisceau
incident et le courant.
Cependant, au moins trois problèmes
persistent entre le modèle théorique et l'observation
expérimentale:
1. La notion ondulatoire de la lumière
ne convient pas pour expliquer le temps nécessaire à
l'absorption de l'énergie d'extraction.
Effectivement, supposons une lampe
de 100 [W],
rendement lumineux 15% placée à 0.5 [m]
d'une plaque revêtue de potassium K d'énergie
d'extraction
minimal 2.25 [eV]
en admettant un diamètre de
pour l'atome de Potassium.
Nous avons alors :
(44.202)
La puissance lumineuse absorbée
par l'atome est alors :
(44.203)
La durée nécessaire pour
l'absorption est alors :
(44.204)
Ce qui est en contradiction avec l'expérience
où l'on observe que le phénomène est quasi-instantané
(le temps à la lumière pour se propager jusqu'au métal)
2. Si nous inversons les bornes, les
électrons émis par le métal sont repoussées
par l'électrode négative, mais si la tension inverse
est faible les plus rapides pourront quand même l'atteindre
et il se produira un courant. A un potentiel négatif, spécifique
pour chaque métal, appelé potentiel d'arrêt
,
tous les électrons émis sont repoussés et le
courant est nul. L'énergie cinétique maximale de ces
photoélectrons est alors :
(44.205)
Or, nous trouvons expérimentalement
que ce potentiel d'arrêt est indépendant de l'intensité
du rayonnement. Dans la théorie ondulatoire, l'augmentation
de l'intensité devrait augmenter le nombre d'électrons
extraits (quelque soit leur niveau énergétique) et
leur énergie cinétique maximale. Une plus grande intensité
suppose une plus grande amplitude du champ électrique : .
Ainsi, un champ électrique plus grand devrait éjecter
les électrons à plus grande vitesse toutes couches
confondues au fur à mesure que l'intensité augmente.
3. Lorsque nous varions la fréquence
v de la lumière incidente et que nous mesurons ,
nous observons que l'effet photoélectrique n'a pas lieu
si
(
est appelé le seuil de fréquence) et ceci quelque
soit l'intensité de la lumière. Ce qui est plutôt
gênant... parce que dans la théorie ondulatoire, nous
devons toujours pouvoir éjecter des électrons
quelque soit la fréquence, il suffit d'augmenter l'intensité.
Chaque problème peut être
résolu en adoptant le point de vue suivant :
1. Dans l'aspect ondulatoire, la source
est vue comme se propageant comme un front d'onde sphérique
dont la densité superficielle d'énergie décroît
comme .
Alors que pour expliquer l'observation expérimentale,
il faut voir l'expérience d'un point de vue corpusculaire
où
le front est un front de corpuscules dont la densité superficielle
de photons décroît en
mais où l'énergie de chaque photon reste hv (selon la loi de Planck).
2. Si nous pensons en termes de photons,
que nous augmentons l'intensité, nous augmentons le nombre
de photons, mais l'énergie par photon ,
reste inchangée. Ainsi,
que peut avoir chaque photon ne change pas. D'où le fait
que le potentiel d'arrêt est indépendant de l'intensité
du champ.
3. Si nous pensons en termes de photons
à nouveau, les électrons dans la cible sont retenus
par les forces d'attraction, l'extraction d'un électron de
la surface requiert une énergie minimale
qui dépend de chaque matériau (
est aussi appelé "travail d'extraction" qui est de l'ordre
de quelques électronvolts). Si l'énergie du photon
incident
est supérieure à ,
un électron peut être arraché, par contre si
elle est inférieure, aucun électron ne peut être
arraché. L'apport d'énergie
est égal à l'énergie cinétique de sortie
de l'électron plus l'énergie requise pour l'extraire
du métal, soit :
(44.206)
Ainsi, si l'on augment la fréquence
de la lumière, l'énergie cinétique maximale
des électrons augmente linéairement. R.A. Millikan
fit entre 1913-1914 des expériences rigoureuses dont les
résultats corroborèrent parfait la théorie
d'Einstein. Ce dernier reçut le prix Nobel en 1921 pour ses
apports à la physique théorique, et surtout sa découverte
de la loi de l'effet photoélectrique.
La lumière se propage d'un endroit
à un autre comme si elle était une onde. Mais la lumière
interagit avec la matière dans des processus d'absorption
et d'émission comme si elle était un courant de particules.
C'est ce que nous appelons la "dualité onde-corpuscule".
Ainsi, celle-ci se trouvant dans les particules massives comme le
suggère l'hypothèse de De Broglie que nous avons vue
en physique quantique ondulatoire, se retrouve finalement également
pour la lumière

(44.207)
Un photon d'énergie incidente
qui interagit avec un électron d'un atome cible peut éjecter
cet électron de son orbite en lui communiquant une énergie
cinétique
:
(44.208)
où
est l'énergie de liaison de l'électron éjecté
sur son orbite (cette relation est indiquée sous la forme
dans la figure ci-dessus).
Si l'énergie du photon incident
est inférieure à l'énergie de liaison de l'électron
K (cf. chapitre de
Physique Quantique Corpusculaire),
l'effet photoélectrique
se fait avec un électron de la couche L,
etc...
Dans le cas ou le rayonnement est absorbé,
l'atome est dit "excité", car son état d'énergie
n'est pas l'état minimal. Il s'ensuit donc une "relaxation"
(ou "désexcitation") : un électron d'une couche supérieure
vient combler la case quantique laissée vacante par l'électron
éjecté.
Si l'énergie de transition est
modérée (c'est-à-dire si le rayonnement incident
avait une énergie modérée), la relaxation provoque
l'émission d'un photon de faible énergie (visible
ou ultra-violet), c'est le phénomène de fluorescence.
Si l'énergie de transition est élevée, on peut
avoir deux cas :

(44.209)
1. Il y a émission d'un
photon fluorescent, qui du fait de son énergie, est un photon
X, nous parlons alors de "fluorescence X"
2. Ce photon X peut être recapturé
par l'atome lui-même et provoquer l'éjection d'un électron
périphérique, c'est "l'émission Auger" dont
nous avons déjà parlé plus haut.
Pour résumer, nous avons vu jusqu'ici
:

(44.210)
DIFFUSION
DE RUTHERFORD
Considérons la diffusion qu'une particule chargée
subit quand elle est soumise à une force électrostatique
répulsive inversement proportionnelle au carré de
la distance entre la particule mobile et un point fixe ou centre
de force. Ce problème est particulièrement intéressant
en raison de son application à la physique atomique et nucléaire.
Par exemple, quand un proton, accéléré par
une machine telle qu'un cyclotron, passe près d'un noyau
de la matière de la cible, il est dévié sous
l'action d'une force de ce type, provenant de la répulsion
électrostatique du noyau (c'est la raison pour laquelle nous
parlons aussi de diffusion coulombienne).

(44.211)
Soit O un centre de force et A une
particule lancée
contre O d'une grande distance avec la vitesse
(voir figure ci-dessus). Nous choisirons l'axe des X passant
par O et parallèle à .
La distance b,
appelée "paramètre de choc",
est la distance l'axe X des
abscisses et le point A. En supposant que la force entre
A et O est répulsive et centrale, la particule suivra AMB.
La forme de la courbe dépend de la manière dont la force varie
avec la distance. Si la force est inversement proportionnelle
au carré
de la distance, c'est-à-dire si :
(44.212)
la trajectoire est une hyperbole. Avec bien évidemment (cf.
chapitre d'Électrostatique):
(44.213)
Quand la particule est en A son moment cinétique est .
Dans une position quelconque telle que M, son moment
cinétique,
est (cf. chapitre de Mécanique Classique) aussi donné par .
Comme le moment cinétique doit rester constant puisque la force
est centrale :
(44.214)
L'équation du mouvement dans la direction
OY est obtenue en combinant l'équation par :
(44.215)
En éliminant
à l'aide de l'avant dernière équation nous pouvons écrire :
(44.216)
Pour trouver la déviation de la particule,
nous devons intégrer cette équation depuis l'une des extrémités
de la trajectoire jusqu'à l'autre. En A la
valeur de
est nulle car le mouvement initial est parallèle à l'axe des X et
nous avons aussi .
En nous
avons
et .
Remarquons qu'en B la vitesse est de nouveau
car, par symétrie, la vitesse perdue quant la particule s'approche
de O doit être regagnée quand elle s'en éloigne. Alors :
(44.217)
Ce qui donne :
(44.218)
Rappelons (cf. chapitre de Trigonométrie)
que :
(44.219)
Ce qui nous donne :
(44.220)
Soit de manière plus détaillée
:
(44.221)
Cette relation donne l'angle de déviation
en fonction du paramètre de choc b.
Ce qui nous donne aussi :
(44.222)
Bien évidemment, dans les cas scolaires on pose souvent
Q=q ce qui simplifie un peu la lourdeur de la relation
mais on perd en généralisation.
Cette équation est appliquée
à l'analyse de la déviation de particule chargée
par les noyaux. Remarquons que ce résultant n'est valable
que pour une force inversement proportionnelle au carré de
la distance. Si la force dépend de la distance selon
une autre loi, l'angle de déviation satisfait à une
autre
équation. Les expériences de déviation sont
donc très utiles quant nous voulons déterminer la
loi de force dans les interactions entre particules.

(44.223)
Dans les laboratoires de physique nucléaire,
on fait des expériences de diffusion en accélérant
des électrons, des protons ou d'autres particules au moyen
d'un cyclotron, d'un accélérateur de Van de Graaf
ou de quelque autre dispositif semblable, et en observant la distribution
angulaire des particules déviées.
Il est clair qu'une particule incidente
dans une surface définie par un rayon comprise entre b et
b + db sera respectivement compris dans l'angle
solide de diffusion :
(44.224)
avec (cf. chapitre de Trigonométrie)
.
(44.225)
La "section efficace" étant définie
par :
(44.226)
En combinant cette relation avec :
,
(44.227)
Nous avons donc pour la "section (différentielle)
efficace de Rutherford (ou de Coulomb)":
(44.228)
A l'aide de la diffusion de Rutherford/Coulomb,
Rutherford a pu déterminer une approximation de la taille
du noyau de l'atome comme nous l'avons fait remarque au début
du chapitre de Physique Quantique Corpusculaire. Le raisonnement
appliqué
est le suivant pour déterminer une borne inférieure
du rayon du noyau :
L'énergie totale d'un système
en rotation est l'énergie cinétique de translation
sommée à l'énergie cinétique de rotation,
sommé à l'énergie potentielle. Ce qui nous
donne :
(44.229)
en notant L le moment cinétique donné par
nous avons :
(44.230)
d'où :
(44.231)
Il en résulte donc :
(44.232)
D'où l'angle associé
à deux distance radiales
est donné par :
(44.233)
La figure ci-dessous montre un processus
de collision par un potentiel centre U(r).
La particule incidente possède une vitesse initiale :
en
avec
et
(44.234)
par symétrie à nouveau.

(44.235)
L'angle
est l'angle de déflexion lorsque la particule incidente approche
le diffuseur à la distance minimum .
Revenons-en à nos équations
où le moment cinétique est lié au paramètre
d'impact par la relation
ou encore :
(44.236)
Nous pouvons donc écrire après
simplifications :
(44.237)
où nous avons posé
(l'énergie de rotation et du potentiel considérés
comme négligeables par rapport par rapport à l'énergie
cinétique) et:
(44.238)
La distance minimale d'approche est
donc déterminée par la plus grand zéro du dénominateur
:
(44.239)
c'est-à-dire (trivial) :
(44.240)
Nous avons donc :
(44.241)
Comme nous le voyons dans cette dernière
relation, la particule incidente subira une collision frontale lorsque
.
Dès lors, la valeur de l'approche maximale est :
(44.242)
L'expérience de Rutherford permit
d'estimer la taille du noyau atomique. En effet, les particules
a qui ont rebondi sur le noyau avec un angle de diffusion de 180°
(nous parlons alors de "rétrodiffusion"), sont celles qui
se sont approchées le plus près de ce dernier. Puisque
nous avons :
(44.243)
avec une énergie cinétique
initiale de 7.7 [MeV],
Rutherford trouva pour le rayon de l'atome d'or (Z=79)
avec des particules alpha (Z=2)
une valeur de :
(44.244)
RAYONS-X ET GAMMA
La différence fondamentale de
ce type de rayonnement, par rapport aux ,
est qu'il n'est pas porteur de charge électrique et n'a
donc pas d'interaction coulombienne avec le cortège électronique
du milieu traversé. Par conséquent, le photon suit
un chemin rectiligne sans perte d'énergie jusqu'à
ce qu'il rencontre sur sa trace une particule (électron,
noyau) où il va faire une interaction modifiant profondément
son état.
Le rayonnement gamma est une radiation
électromagnétique de haute énergie produite
par un phénomène nucléaire, alors que les
rayons-X sont des radiations électromagnétiques
de haute
énergie produites lors de phénomènes atomiques
ou moléculaires. Le photon est la particule élémentaire
qui est associée à ces ondes électromagnétiques.
Les photons gamma et X sont donc de même nature mais d'origines
différentes, ils ont donc des propriétés
identiques qui dépendent de leur énergie.
Rappelons que :
(44.245)
En traversant la matière un
photon peut interagir avec :
- Un
des électrons
de l'atome rencontré
- Le noyau de l'atome
- Le champ électrique
des particules atomiques chargées
- Le champ mésique
des nucléons
(interaction forte)
Le résultat de l'interaction
peut être schématisé comme :
- le photon est dévié
en conservant son énergie, il y a alors "diffusion
totale"
de l'énergie et le processus est dit "cohérent" (élastique)
- le photon est dévié
et son énergie diminuée, il y a alors "diffusion
partielle"
de l'énergie, l'autre partie est absorbée par la matière,
les processus est dit alors "incohérent" (inélastique)
- le photon disparaît, il y a
"absorption (totale)" de son énergie par la matière.
Nous pouvons démontrer que les
caractéristiques macroscopiques de ces interactions dans
le cadre d'un faisceau fin et collimaté conduisent à
une loi exponentielle d'atténuation du rayonnement photonique
dans la matière. Cela signifiant que pour les photons il
n'y a pas de parcours fini (!) comme pour les particules chargées;
on ne pour jamais assurer qu'à une distance donnée
tout les photons d'un faisceau aient subi une interaction.
Le nombre de particules interagissant
avec la matière dépend évidemment de l'intensité
I et
du type de matière traversée (caractérisée
par le "coefficient d'atténuation linéique" )
et de son épaisseur x.
Nous avons :
(44.246)
le signe "-" étant là
pour mettre en évidence une diminution. Nous résolvons
facilement cette équation différentielle (c'est
simplement la loi de Beer-Lambert que nous avons déjà vu
dans le chapitre d'Optique Géométrique) :
(44.247)
avec
l'intensité initiale ou "débit
de fluence" et
le coefficient d'atténuation linéique
qui tient compte de toutes les effets d'atténuation possible.
Remarque: Souvent dans les tables, nous trouvons le coefficient
d'atténuation massique 
exprimé en  .
Nous avons alors :
(44.248)
Dans le cas d'un absorbant contenant
plusieurs éléments chimiques homogènement distribués,
le coefficient d'atténuation vaut :
ou
(44.249)
où
est le coefficient d'absorption de l'absorbant,
le coefficient d'absorption de l'élément i,
la masse volumique de l'absorbant,
la masse volumique de l'élément i,
étant la fraction massique de l'élément i dans l'absorbant.
Faisons maintenant un approche microscopique
: soit un faisceau de
frappant perpendiculairement la surface d'un matériau d'épaisseur
dx et de densité atomique .
Si nous considérons les particules frappant la surface
A, ces dernières peuvent théoriquement
rencontrer
atomes cibles dans cette couche. Le nombre de particules interagissant
sera proportionnel à l'intensité fois ce nombre
et nous aurons :
(44.250)
où
est la constante de proportionnalité, appelée "section
efficace microscopique". Ces unités sont souvent exprimées
en "barn" ( ).
D'où nous obtenons :
(44.251)
En identifiant l'aspect macro et microscopique,
nous voyons que
joue le même rôle que
et que nous trouvons que la section efficace peut s'écrire
comme :
(44.252)
et dans l'hypothèse où
l'électron constitue une "sphère d'action" présentant
une surface frontale ,
étant le rayon de la sphère d'action alors :
(44.253)
et nous avons :
(44.254)
Par définition, nous appelons
coude de demi-atténuation CDA l'épaisseur du matériau
le débit de fluence I d'un facteur
deux. Ainsi :
(44.255)
En radiprotection, nous utilisons parfois la notion de couche
d'atténuation
aux dixième TVL (Tenth Value Layer) donnée par :
(44.256)
Nous faisons usage parfois aussi de
la "longueur de relaxation", qui représente
l'épaisseur
à partir de laquelle l'intensité d'un faisceau monoénergétique
est diminuée d'un facteur e,
et qui est donc donnée par :
(44.257)
Cette valeur est beaucoup plus utile
que les autres car c'est aussi la distance moyenne à laquelle
a lieu la première collision du photon.
Remarque: L'irradiation gamma est anecdotiquement utilisée
dans le cadre de la conservation du patrimoine des objets organiques.
Effectivement, lors de la découverte des archéologues
d'oeuvres ou vestiges anciens, ces derniers sont attaqués
par des micro-organismes qui vont détruire ces objets
avec le temps. Le rayonnement gamma va permettre, sans détruire
les objets, de tuer par irradiation gamma tous ces micro-organismes.
L'exemple le plus connu étant l'irradiation de la momie
de Touthankamon pendant 10 heures dans les laboratoires du CEA.
Les causes microscopiques connues de
l'atténuation d'un faisceau de photons (neutre au point de
vue coulombien) qui méritent notre attention dans la détermination
de leur dans le domaine d'énergie des photons
gamma ou rayons X sont au nombre de sept :
- Diffusion cohérente de Thomson
- Diffusion cohérente de Rayleigh
- Diffusion cohérente de Delbruck
- Diffusion cohérente de Compton
(déjà vu partiellement plus haut)
- Absorption photoélectrique
(déjà partiellement vu plus haut)
- Réaction photonucléaire
- Création de paire d'électron-positrons
(déjà partiellement vu plus haut)
Bien que nous pussions à ce
jour parler de ces effets, il nous est impossible dans l'état
actuel du site de présenter le formalisme mathématique
permettant de déterminer la section efficace de chacune des
ces diffusions.
CRÉATION
PAIRES ÉLECTRON-POSITRON
Au cours de la création de paires,
le photon absorbé dans le champ électrique du noyau
peut générer une paire électron-positron.
Pour que l'interaction puisse avoir lieu, il faut que l'énergie
du photon soit supérieure à
(1.02 [MeV]),
soit l'énergie au repos de la paire électron-positron.
Cet effet est important pour les hautes
énergies et les numéros atomiques élevés.
Le positron créé est freiné dans la matière
tout comme un électron et, en fin de parcours, il s'annihile
avec un électron pour donner lieu à deux photons
de 0.511 [MeV] (photons d'annihilation) émis
presque à 180° (tout
la quantité de mouvement est transformée en énergie
d'où la valeur de l'angle, ainsi la quantité de
mouvement finale est nulle).
La création de paire coûte
évidemment au moins l'énergie de masse de l'électron
et du positron, soit .
Le solde d'énergie se répartit ensuite dans l'énergie
cinétique des deux particules :
(44.258)
La nécessité de satisfaire
simultanément aux conditions de conservation de l'énergie
masse et de la quantité de mouvement d'autre part imposent
à l'effet de matérialisation d'avoir lieu au voisinage
d'une particule matérielle qui participe au phénomène.
En effet, dans le vide, les deux conditions sont contradictoires
! La quantité de mouvement de chaque électron vaut
:
(44.259)
où
est l'énergie totale de chacun des électrons, c'est-à-dire
:
(44.260)
Le photon d'origine à :
et
(44.261)
que nous introduisons dans l'équation
de conservation de l'énergie et avec l'aide la relation donnant
de nous avons :
(44.262)
ce qui montre bien que par le terme
que le noyau doit emporter une partie de la quantité de mouvement
puisque :
(44.263)
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