|

PHYSIQUE
QUANTIQUE CORPUSCULAIRE | PHYSIQUE
QUANTIQUE ONDULATOIRE
PHYSIQUE QUANTIQUE RELATIVISTE | PHYSIQUE
NUCLÉAIRE
PHYSIQUE QUANTIQUE
DES CHAMPS | PHYSIQUE
DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES
| 42.
PHYSIQUE QUANTIQUE ONDULATOIRE (2/2) |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
23.07.2010 23:02
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
moment cinÉtique et spin
Tout comme l'oscillateur harmonique, la
notion de moment cinétique (ou moment angulaire) est d'une importance
capitale en théorie quantique et possède des applications nombreuses
dans tous les domaines de la physique : physique atomique et
moléculaire,
physique nucléaire et sub-nucléaire, physique de l'état condensé,
etc. Ainsi, il joue un rôle essentiel dans l'étude du mouvement
d'une particule dans un potentiel à symétrie sphérique, comme
nous le verrons en chimie quantique (qui en est un excellent
exemple
pratique). Le moment cinétique est également à la base du groupe
des rotations qui satisfait à l'algèbre des opérateurs de moment
cinétique (cf. chapitre d'Algèbre
Ensembliste).
De ce fait, il permet non seulement de construire la fonction
d'onde
d'un système quantique de symétrie donnée, mais aussi de prédire
si une transition optique est permise et d'en déterminer son intensité
(par exemple, lors de l'étude des transitions optiques entre états
d'impureté (en état solide), états moléculaires (chimie quantique),
en physique nucléaire, etc.).
Enfin, nous verrons que la
méthode algébrique appliquée à l'étude du moment cinétique nous
permettra d'introduire tout naturellement la notion de moment
cinétique
intrinsèque d'une particule, le "spin", qui n'a pas d'équivalent
classique.
Les développements qui vont
suivre peuvent paraître assez déconcertent dans le sens qu'il ne
faut plus du tout se fier à l'intuition mais uniquement aux propriétés
et résultats des mathématiques. Comme d'habitude, si vous avez besoin
de compléments d'informations n'hésitez pas à nous contacter.
Ainsi, rappelons que le
moment cinétique d'une particule par rapport à l'origine est
donné par (cf. chapitre de Mécanique
Classique)
:
(42.1)
La quantité de mouvement
étant quantifiée (c'est une valeur propre rattachée à la l'énergie
d'une façon ou d'une autre), le moment cinétique l'est nécessairement
aussi (le moment cinétique est donc aussi une valeur propre) et
l'expérience a appuyé ce résultat (Stern-Gerlach).
Soit la composante en z du produit vectoriel résultant:
(42.2)
(cycl.)
Cette relation étant cyclique,
nous pouvons changer les indices pour obtenir les autres coordonnées.
Comme x et
y commutent (dans le sens que leur commutateur est nul) et que
nous
avons démontré :
(42.3)
nous avons alors :
(42.4)
Ce qui donne :
(42.5)
(cycl.)
En utilisant le gradient
(nous retrouverons cette relation dans le chapitre de Physique
Quantique Relativiste lors de notre étude de l'équation de Pauli!!):
(42.6)
et en posant pour "l'opérateur
du moment cinétique" :
(42.7)
Ce qui nous amène à écrire:
(42.8)
Avec :
(42.9)
Remarque: Le plus souvent dans la littérature le
moment cinétique est noté 
(nous avions déjà fait cette remarque dans le chapitre
de Mécanique Classique) mais nous avons évité
cette notation ici afin de différencier le moment cinétique
orbital et le moment cinétique orbital total.
Nous allons
établir certaines relations de commutation concernant
qui joueront un rôle essentiel dans l'étude du spin. En faisant
usage des relations (démontrées lors de notre étude des principes
d'incertitudes) :
(cycl.) et
(42.10)
(cycl.)
Nous avons la relation (il est de tradition de faire l'analyse
sur la composante la projection de en z):
(42.11)
Donc :
(42.12)
(cycl.)
et en procédant de la même manière:
(cycl.) et
(cycl.)
(42.13)
Remarque: Nous trouvons des relations analogues avec la quantité
de mouvement:
(42.14)
Évaluons maintenant la quantité:
(42.15)
soit après simplification (c'est assez embêtant pour
l'expérience
que cela ne commute pas) :
(42.16)
(cycl.)
par ailleurs, à ce stade, si le lecteur à déjà parcouru
au préalable le chapitre de Calcul Spinoriel il remarquera
que les matrices de Pauli satisfont aux relations précédentes
si nous nous mettons en unités naturelles (la constante
de Planck réduite
valant alors 1) :

Ce constat sera utile pour notre étude de la physique quantique
relativiste (voir chapitre du même nom). Effectivement, nous savons
de par notre étude
du calcul spinoriel (cf. chapitre de Calcul
Spinoriel) que le groupe des matrices 2 par 2 complexes
unitaires de déterminant 1 dont les matrices Pauli sont
les générateurs
forme un groupe des rotations dans l'espace SU(2). Fondamentalement,
l'origine du spin vient du lien qui existe entre SU(2)
et le groupe
des rotations de notre espace ordinaire, SO(3) (cf.
chapitre d'Algèbre Ensembliste).
Maintenant, considérons la
norme :
(42.17)
Etudions son commutateur avec une composante:
(42.18)
en utilisant la relation cyclique :
(42.19)
Donc nous avons
enfin quelque chose d'intéressant qui commute :
(42.20)
(cycl.)
Conclusions des résultats obtenus jusqu'à maintenant : comme le commutateur
est nul (les quantités commutent) il est donc possible de mesurer
simultanément avec précision une composante ainsi que le carré du
moment cinétique (sa norme au carré), mais il est impossible de
faire la même chose pour deux composantes !
Notons enfin que la relation que peut s'écrire
:
(42.21)
et donc d'une façon un peu curieuse:
(42.22)
Si nous avons un système de particules numérotées
par l'indice k, chacune a un moment cinétique
individuel et
le moment cinétique orbital total du système (ne
pas confondre la notation avec le Lagrangien !!!), est défini
par (en unitées naturelles ) :
(42.23)
Mais n'est
pas encore le moment cinétique total du système;
un particule peut posséder un moment cinétique
intrinsèque, ou "spin".
Nous pouvons donner une image simple du spin en disant qu'il
traduit
une rotation de la particule sur elle-même (attention !!! ce n'est
qu'une image car au fait la particule ne tourne pas sur elle-même
!). Nous noterons le
moment cinétique de spin de la k-ème
particule (en unité naturelles )
et la relation :
(42.24)
sera le spin total et enfin :
(42.25)
sera le moment cinétique total du système (ne pas confondre la notation
avec le moment cinétique orbital ou la densité de courant
!!!) et nous démontrerons lors de notre étude du couplage
spin-orbite que ce moment cinétique est une constante du
mouvement en présence de ce couplage.
Nous allons supposer (mais c'est facile à démontrer une fois,
entre autre, les spineurs connus) que chaque et obéit aussi aux lois de commutation vues précédemment
:
(cycl.) et (cycl.)
(42.26)
Ce qui s'écrit sous forme tensorielle en utilisant
le symbole de Levi-Civita (cf. chapitre de
Calcul Tensoriel) :
et
(42.27)
Ce qui entraîne (aussi) :
(42.28)
(cycl.)
avec bien évidemment la relation:

appelée par les mathématiciens "élément
de casimir" (un
simple développement parfaitement similaire à celui
obtenu plus haut suffit à la démontrer).
Définissons maintenant de façon purement formelle l'opérateur
non hermitique (les matrices de Pauli satisfont toujours à ces
relations!):
(42.29)

commutent
avec , puisque celui-ci commute avec et
. Ce qui nous permet d'écrire le produit :
(42.30)
Par ailleurs:
(42.31)
Donc:
(42.32)
De même:
(42.33)
Enfin, évaluons les produits et
:
(42.34)
De même:
(42.35)
Puisque les deux
opérateurs hermitiques et
commutent ils ont donc des états et valeurs propres communes et,
plus précisément, ils ont une base propre complète commune. Lorsque
des observables commutent et ont une base propre commune, rappelons
que nous avons
pour habitude de parler d'un "ECOC" (Ensemble Complet
d'Opérateurs qui Commutent).
Pour étudier leur état propre posons:
(42.36)
Les valeurs propres K et M (appartenant à , la valeur nulle y comprise donc comme nous allons
le voir un peu plus loin !) ne sont pas indépendantes puisque nous
avons:
(42.37)
La moyenne étant notée par les crochets , nous avons:
(42.38)
Ce qui peut s'écrire:
(42.39)
Nous voyons que le membre de gauche de la relation ci-dessus est égal à:
(42.40)
Par ailleurs nous avons vu lors de l'étude des représentatives avec le formalisme
de Dirac que:
(42.41)
Cette dernière relation implique
donc que:
(42.42)
Ce qui apporte les informations
suivantes:
(42.43)
C'est de la relation ci-dessus
que nous voyons que:
(42.44)
La valeur nulle y compris
donc! Ce dernier point fait exception avec les nombres quantiques
radials et azimutal que nous avions par exemple en physique quantique
corpusculaire (cf. chapitre de Physique
Quantique Corpusculaire).
A partir de
,
nous bâtissons l'état
, nous allons montrer que si cet état n'est pas identiquement nul,
il est état propre de et de
. De la relation:
(42.45)
déjà démontrée précédemment, nous posons:
(42.46)
commutent
avec , puisque celui-ci commute avec et
. Ce qui nous donne que la relation précédente est
nulle telle que:
(42.47)
De la relation nous
posons de façon identique:
(42.48)
Toujours avec:
(42.49)
Nous avons finalement
le paquet de relations:
(42.50)
Donc et sont identiquement
nuls ou et sont des états propre de
pour la
valeur propre K,
et de pour
la valeur propre .
Puisque le moment cinétique
est quantifié, ses valeurs propres doivent donc avoir un minimum
et un maximum avec pour chacune la fonction propre associée.
Posons que M '
et sont
la valeur et fonction propre associée minimale et m''
et la
valeur et fonction propre maximale.
Etant donné les trois relations:
,
,
(42.51)
Nous écrivons:


(42.52)
Ce qui intuitivement n'est
pas évident à poser mais qui mathématiquement est tout à fait justifiable.
A partir des deux dernières
relations ci-dessus, nous pouvons écrire:
(42.53)
soit:
(42.54)
M '
étant le maximum, M ''
le minimum d'un même ensemble, nous avons:
(42.55)
Ce qui nous donne:
(42.56)
Appelons J la
valeur m' (qui correspond à la valeur propre de la quantité
) puisque nous
avons:
(42.57)
donc:
(42.58)
qui est un nombre entier
positif ou nul.
Conclusion : Comme
2J
est un nombre entier positif ou nul, cela implique que J ne peut être qu'un nombre entier, demi-entier ou nul tel que :
(42.59)
Enfin, comme:
et
(42.60)
Donc:
et
(42.61)
Donc finalement:
(42.62)
Ce qui nous donne puisque
et (les
notations se mélangent un peu...):
(42.63)
Sous forme plus explicite
et moins confuse:
(42.64)
et définitive, en multipliant
à gauche et à droit par ,
nous avons pour la composante verticale du moment cinétique, la
valeur :
(42.65)
Comme
et si la particule n'a pas de spin ( )
alors nous avons :
(42.66)
Si nous avons qu'une seule
particule alors :
(42.67)
Donc le moment cinétique
s'écrit en se rappelant (cf. chapitre
de Physique Quantique Corpusculaire) que l est quantifié :
(42.68)
Si nous avons ,
alors dans ce cas :
(42.69)
Nous retrouvons donc le résultat
obtenu au début de notre étude du moment cinétique.
Grossièrement, si
nous posons maintenant ,
nous retrouvons à partir du modèle ondulatoire l'hypothèse
de quantification du moment cinétique postulée
par Bohr vue dans le chapitre de Physique Quantique Corpusculaire.
Remarque: Rappelons que réellement
Cette constatation justifie
maintenant physiquement l'utilisation du nombre quantique l dans l'utilisation du tableau périodique des éléments
tel que nous l'avions vu et défini (sans aucune justification réelle)
dans le chapitre précédent.
Le moment cinétique
total vaut donc approximativement :
(42.70)
Par analogie (c'est vraiment
une analogie douteuse...), nous pouvons écrire :
(42.71)
Mais comme le spin peut
avoir que deux orientations possibles, les valeurs de j seront
:
(42.72)
D'où une classification
possible des électrons atomiques tenant compte de leur spin
:
| Type
d'orbitale |
s |
p |
d |
f |
| l |
0 |
1 |
2 |
3 |
| j |

|

|

|

|
| notation |

|

|

|

|
Tableau: 42.1- Types d'orbitales et spin
etc... Soit sous forme schématique avec les niveaux d'énergie correspondants:

(42.73)
Ce tableau nous amène
à constater que nous pouvons finalement écrire :
(42.74)
Pour revenir à des considérations plus pratiques...
nous avons finalement obtenu pour la norme du moment cinétique
total (dans le cas d'une particule seule et sans spin):
(42.75)
où l est une entier. Nous savons également du chapitre
de Physique Quantique Corpusculaire que le moment magnétique est
lui donné par:
(42.76)
et que le nombre quantique secondaire l et le nombre quantique
magnétique sont
d'une certaine manière indissociables.
De la même manière nous obtenons:
(42.77)
où nous avons vu dans le chapitre de Physique Quantique Relativiste
que s ne peut prendre que les valeurs:
(42.78)
pour
une particule de type proton, neutron ou électron. Maintenant, ce que nous savons de nos résultats obtenus dans
le chapitre de Physique Quantique Corpusculaire c'est que lorsque l vaut
1 nous avons le moment magnétique qui peut prendre trois valeurs
différentes suivant si un champ magnétique est appliqué ou non:
(42.79)
A ce moment, bien que la norme du moment cinétique total reste
constante (car conservative). Ses composantes doivent forcément
changer. Comme nous ne pouvons connaître qu'une seule des composantes
du moment cinétique en connaissant sa norme (opérateurs commutant)
nous choisissons de nous intéresser par convention à .
Nous choisissons un référentiel tel qu'un des composantes soit
nulle (c'est toujours possible). Il suffit ensuite dans ce référentiel X,Z plan
d'avoir la norme de J qui vaut pour :
(42.80)
et idem avec S:
(42.81)
Il y a alors trois possibilités si une des composantes est toujours
nulle c'est que nous ayons:
(42.82)
Ce que nous pouvons aussi écrire:
(42.83)
Ce que les physiciens aiment bien représenter
de manière très simplifiée par le schéma
suivant:

(42.84)
De la même façon avec le spin nous pouvons écrire:
(42.85)
Ce que les physiciens aiment aussi bien représenter
de manière très simplifiée par le schéma
suivant:

(42.86)
Nous avons donc les seuls éléments variables mesurables expérimentalement
qui sont:
et
(42.87)
qui sont donc des observables discrets (bivalué en ce qui concerne
donc le spin).
Donc en appliquant un champ magnétique, l'hamiltonien de Pauli
(cf. chapitre de Physique Quantique Relativiste)
prendra des sauts équivalents à la
relation :
(42.88)
Ce résultat signifie que les niveaux d'énergie pour une énergie
donnée (couche n) sont séparés en plusieurs niveaux distants
de quand
l'atome est placé dans un champ magnétique. Ce résultat et l'effet
Zeeman dont nous avons parlé plusieurs fois.
Tout cela permet de mieux comprendre l'origine mathématique des
4 nombres quantiques (nombre quantique principal, nombre quantique
secondaire ou azimutal, nombre quantique magnétique, spin):
(42.89)
notés aussi (puisque dans le cas particulier des particules étudiées
sur ce site le nombre quantique magnétique de spin à la même valeur
que le
spin):
(42.90)
COUPLAGE
SPIN-ORBITE
Nous avions
fait remarquer dans le chapitre de physique quantique corpusculaire
que quand nous analysons à haute résolution les
raies spectrales de l'hydrogène en l'absence d'un quelconque
champ extérieur, nous voyons qu'elles sont en fait constituées
de doublets très serrés, séparés
de
.
Ce phénomène étant du à un soit disant
couplage spin-orbite. Il est temps maintenant de voir d'où
cela vient. Rappelons que nous avons obtenu précédemment
:
(42.91)
Dès lors, la norme
(ce qui est mesuré) nous amène à écrire
:
(42.92)
ce qui nous donne après
regroupement :
(42.93)
Le terme est appelé "couplage spin-orbite". C'est lui qui lors des
mesures très précises fait apparaître un dédoublement
des raies du au couplage entre le spin de l'électron et le
moment cinétique orbital (ce n'est pas car ce terme est toujours positif).
Remarque: Lorsque nous avons deux corps en interaction le moment
cinétique total est une constante du mouvement. Il peut
donc y avoir un transfert de moment cinétique entre
ces deux corps (c'est le couplage spin-orbite). L'un perd du
moment l'autre en
gagne. A noter qu'un corps étendu possède un moment
cinétique de rotation autour d'un point et un moment cinétique
de rotation sur soi-même. C'est ce dernier que nous appelons
par une analogie abusive : le spin.
L'écart
mesuré est donc attribué à l'interaction
du spin de l'électron avec son moment orbital. L'électron
tourne autour du noyau, mais si nous nous plaçons sur
l'électron
nous voyons le noyau tourner (sur la Terre le soleil tourne autour
de la Terre !). Tout se passe comme si le noyau créait
un champ magnétique au niveau de l'électron,
et ce champ interagit avec le moment magnétique de
l'électron,
le spin, et ceci différemment selon que le spin est dans
le sens du champ ou opposé, c'est cette différence
qui ajoute ou retranche un peu d'énergie au niveau.
Voici un
schéma qui résume le tout :

(42.94)
Montrons de fait que
tel que défini, est une constante du mouvement. Nous avons
(inutile de préciser qu'en mettant au carré, il
s'agit des composantes du vecteur que nous mettons au carré et
non le vecteur lui-même!) :
(42.95)
d'où :
(42.96)
Faisons le développement
pour une composante :
(42.97)
Or, par définition
(de notation)
donc :
(42.98)
Or, nous savons que
(car un opérateur commute toujours avec lui-même)
et en ce qui concerne ,
nous en avons fait mention dans le chapitre de calcul spinoriel
(cf. chapitre de Calcul Spinoriel)
et nous le démontrerons
dans le cadre de l'étude de l'équation de Dirac libre
classique (cf. chapitre de Physique Quantique
Relativiste), que
le spin est totalement décrit
par les matrices de Pauli qui sont des opérateurs linéaires.
Ecrivons alors à un facteur constant près (dont
nous devrons encore déterminer l'expression) :
(42.99)
et nous verrons que cela est bien conforme à l'équation de Pauli
que nous verrons dans le chapitre de Physique Quantique Relativiste
(et inversement)!!!
Donc en faisant abstraction
de la constante multiplicative :
(42.100)
ce qui était de toute
façon 100% prévisible puisque de toute façon,
encore une fois, un même opérateur commute toujours
avec lui-même.
Donc finalement :
(42.101)
Dès lors :
(42.102)
d'où finalement :
(42.103)
est bien le moment cinétique total qui, même en présence
d'interaction spin-orbite, est une constante du mouvement (une obligation
pour un système isolé).
Remarque: Une autre manière de lire la chose consiste à
dire que la mesure sur un des éléments du commutateur
précédent adapte l'autre immédiatement pour
que leur commutation soit nulle donc par extension le moment
cinétique
total est une constante du mouvement.
DIMENSIONS DE PLANCK
Il convient d'ouvrir une petite paranthèse pour finir
sur la constante de Planck (car beaucoup d'ouvrages font mention
de ce que nous allons voir sans les précautions de rigueur).
Nous venons de voir que la mesure des objets dépend du principe
d'indétermination de Heisenberg. Cette précision
joue tant sur les mesures du temps que sur la trajectoire des particules
ou la densité d'énergie de l'Univers. Voyons que
cela à par extension... d'autres éventuelles implications.
Nous avons démontré précédemment
au début de ce chapitre qu'une des relations d'incertitudes
est donnée, en prenant le module, par (de l'ordre de la
constante de Planck donc à un facteur près) :
(42.104)
Grossièrement, nous pouvons donc dire qu'à une
fluctuation de
l'espace (à ne pas confondre avec la notation de la longueur
d'onde), nous pouvons associer la quantité de mouvement
:
(42.105)
À celle-ci correspond, d'après nos résultats
du chapitre de Relativité Restreinte, la relation l'énergie ,
ou la masse équivalente (en divisant par ) p/c.
En désignant par M cette masse associée à la
perturbation ,
nous avons donc :
(42.106)
La gravitation due à cette masse est caractérisée
par une longueur R que nous déterminerons en ordre
de grandeur en écrivant que l'énergie potentielle
qui lui est associée (cela suppose que la gravitation classique
et quantique sont régies par les mêmes lois...), (cf.
chapitre de Mécanique Classique), est égale à la
masse-énergie .
Cela donne:
(42.107)
ou, en remplaçant M par son expression précédente
:
(42.108)
Pour qu'il n'y ait pas auto-amplification (et donc divergence)
du phénomène de fluctuation quantique du vide, nous
devons avoir de préférence .
En écrivant l'égalité entre ces deux grandeurs,
nous aboutissons donc à une quantité qui représente
la dimension minimale (en ordre de grandeur) que puisse concevoir
la physique. C'est la fameuse "longueur de
Planck" :
(42.109)
pour laquelle il correspond la période ou "temps
de Planck" d'où :
(42.110)
Nous pouvons maintenant revenir à une autre expression
plus intéressante de la masse fluctuante. Puisque :
et
(42.111)
nous avons dès lors la "masse de
Planck" :
(42.112)
L'analyse dimensionnelle nous donne à une constante près
et selon le théorème du Viriel (cf.
chapitre de Mécanique Des Milieux Continus):
(42.113)
et donc :
(42.114)
d'où la "température de Planck" :
(42.115)
et encore "l'énergie de Planck" :
(42.116)
Après tout cela, nous obtenons facilement la "densité de
Planck" :
(42.117)
Nous pouvons nous amuser à obtenir encore d'autres valeurs
de Planck encore mais qui ne veulent plus dire grand chose à force
(et nous pourrions continuer ainsi longtemps avec énormément
d'autres grandeurs) :
La "force de Planck" :
(42.118)
La "puissance de Planck" :
(42.119)
La "pulsation de Planck" :
(42.120)
En procédant avec le même raisonnement initial fait
avec la masse mais en utilisant l'énergie potentielle électrostatique
au lieu de l'énergie potentielle gravitationnelle nous pouvons
obtenir la "charge de Planck" :
(42.121)
Dès lors nous pouvons calculer un "courant
de Planck" :
(42.122)
ainsi que la "tension de Planck" :
(42.123)
et "l'impédance de Planck" (...)
:
(42.124)
Remarque: Certains
physiciens se sont servis (et se servent toujours) des résultats
ci-dessus pour des raisonnements farfelus et dangereux qui ne sont
que interprétation. Il convient donc de prendre avec des
pincettes toutes les informations relatives aux dimensions de Planck
que vous pourriez trouver (même si celles-ci sont fort semble
sympathiques). L'exemple le plus connu est donné par la
longueur d'onde de Compton  ( cf.
chapitre de Physique Nucléaire) qui dépend de la
masse-énergie du photon. Si cette longueur d'onde est égale
au rayon de Schwarzschild classique pour la même masse-énergie
( cf. chapitre d'Astrophysique), alors
dans ce cas sa valeur est celle de la longueur de Planck et sa
masse est égale à la masse de Planck. Il est alors
tentant de dire que la particule forme alors un trou noir. Mais
il s'agit d'une analogie car dans ce cas, rien ne nous dit que
l'expression du rayon de Schwarzschild s'applique à la physique
quantique...
INTERPRÉTATION DE COPENHAGUE
En 1930, l'interprétation probabiliste de l'amplitude de
l'onde d'une particule et le principe d'incertitude d'Heisenberg
constituent les éléments de l'interprétation "standard " non
déterministe de la physique quantique comme nous
en avons déjà fait mention au début de ce
chapitre. Cette interprétation est souvent appelée "interprétation
de Copenhague", car Niels Bohr qui y contribua largement
y dirigeait un institut de physique renommé à cette époque.
Pourtant de nombreux physiciens tels Einstein et Schrödinger,
qui acceptaient la formulation mathématique de la physique
quantique, n'étaient pas à l'aise avec l'interprétation
de Copenhague et la critiquaient. Et jusqu'à nos jours,
la question de l'interprétation correcte de la formulation
mathématique reste un problème.
En effet, nous pouvons nous poser la question suivante : Où se
trouve la réalité? Y-a-t-il une réalité?
Niels Bohr répond non : il n'y a rien au niveau quantique,
la réalité n'existe ou n'apparaît que lors
d'une mesure. Cette vision partagée par la plupart des physiciens
(interprétation de Copenhague), implique que la mesure "crée" la
position de l'électron (voir le sous-chapitre traitant du
principe de superposition linéaire des états)
Einstein pensait que la physique quantique, bien que
très efficace et très impressionnante, n'est pas
complète et ne donne qu'une image imparfaite du monde quantique.
Pour lui, il y aurait autre chose, au-delà, qui clarifierait
et affinerait notre présente vision.
Ainsi, dans l'interprétation de Copenhague de la mécanique
quantique le principe d'incertitude signifie qu'à un niveau élémentaire,
l'univers physique n'existe plus de manière déterministe,
mais plutôt comme une série de probabilités
ou de potentiels. Par exemple le motif produit par des millions
de photons passant à travers une fente de diffraction peut être
calculé à l'aide de la mécanique quantique,
mais le chemin de chaque photon ne peut être prédit
par aucune méthode connue. L'interprétation de Copenhague
dit qu'il ne pourra être calculé par aucune méthode.
C'est cette interprétation qu'Einstein mettait en doute
lorsqu'il disait : "je ne peux pas croire que Dieu joue aux
dés avec l'Univers". D'un point de vue physique autant
que philosophique, le principe d'incertitude implique la réfutation
du déterminisme universel défendu par Laplace au
début du 19ème siècle.
Une réduction instantanée des états se produit
dès l'observation du système. Cette décision
aléatoire de l'état observé respecte les probabilités,
correspondant au carré des amplitudes des états.
De surcroît, l'interprétation de Copenhague stipule
que lors d'une mesure, un processus de réduction,
originaire de l'objet macroscopique, élimine les superpositions
d'états quantiques.
L'interprétation de l'école de Copenhague conduit
donc au problème de la mesure, l'expérience de pensée
du chat de Schrödinger stipulant que lorsqu'on mesure une
quantité, telle que la position ou l'impulsion, nous
intervenons dans le processus de mesure en provoquant un changement
radical de l'état quantique, de la fonction d'onde.
Nous modifions les quantités mesurées de façon
imprévisibles et cet état ne peut être décrit
par l'équation déterminée de Schrödinger.
Les physiciens et les philosophes ont réagit de plusieurs
manières à cette interprétation :
- Soit nous considérons comme Bohr et Heisenberg que ce
principe fait loi et qu'il est préférable de ne pas
rechercher l'interprétation ultime. C'est une attitude
qui est admise par la plupart des physiciens.
- Soit nous considérons que la physique quantique est une
théorie incomplète et certains, tel Einstein, Eugene
Wigner ou David Bohm n'ont pas hésité à rechercher
d'autres solutions, stériles jusqu'à présent.
- Enfin, Hugh Everett III et bien d'autres prennent l'équation
de Schrödinger très au sérieux, la considérant
comme une représentation de la réalité. Ils
considèrent que l'interprétation de l'école
de Copenhague représente réellement l'évolution
de la fonction d'onde. Les différents termes de l'équation
correspondraient aux différents niveaux d'énergie
dans lesquels se trouve le système. La réduction
du paquet d'ondes s'interpréterait comme une division
totale de l'objet et de l'instrument de mesure dans des univers
parallèles.
Aujourd'hui le débat reste ouvert mais plusieurs expériences
réalisées depuis les années 1930 nous permettent,
pas à pas, de dissiper l'épais brouillard qui
recouvre le fond de la réalité et de répondre à quelques
questions. Cela dit, toutes ces expériences confirment néanmoins
que l'époque des certitudes est bien révolue.
|