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PHYSIQUE
QUANTIQUE CORPUSCULAIRE | PHYSIQUE
QUANTIQUE ONDULATOIRE
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NUCLÉAIRE
PHYSIQUE QUANTIQUE
DES CHAMPS | PHYSIQUE
DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES
| 45.
PHYSIQUE QUANTIQUE DES CHAMPS |
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de ce chapitre:
23.07.2010 23:02
Version: 3.0 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Avant la formulation de la physique quantique,
les particules et les champs étaient considérés comme des entités
distinctes mais liées; les particules possèdent certaines caractéristiques
intrinsèques (comme la masse et la charge électrique) et produisent
les champs (gravitationnels et électromagnétiques). Chaque champ
de force émane des particules et remplit l'espace autour d'elles.
Les champs emmagasinent et peuvent transporter de l'énergie; ils
sont, en ce sens, des milieux continus réels qui lient les particules
et communiquent les interactions entre elles. On considérait que
les particules étaient composées de matière et les champs étaient
composés d'énergie. La notion de champ de force était l'alternative
du 19ème siècle à l'ancienne action à distance assez mystérieuse.
Des particules qui ne réagissent à aucun champ de force ne sont
pas observables et physiquement n'ont aucun sens. De même, des champs
de force qui n'agissent pas sur aucune particule sont également
sans signification. Les notions de particules et de champs n'ont
donc un sens que lorsqu'elles sont reliées.
La notion de champ a commencé à être modifiée fondamentalement
avec l'introduction par Albert Einstein du concept de photon. Selon
cette nouvelle conception, le champ électromagnétique n'a pas son
énergie distribuée d'une façon continue dans l'espace. Le photon
est le "quantum du champ électromagnétique".
Il transporte l'énergie et la quantité de mouvement du champ. L'interaction
électromagnétique de deux particules chargées et le transfert de
l'énergie et de la quantité de mouvement d'une particule à l'autre
doivent avoir donc lieu par l'échange des quanta d'énergie électromagnétique,
les photons. La théorie de telles interactions (entre particules
chargées), appelée "électrodynamique
quantique" (Q.E.D.), a été la première application réussite
de ces idées (elle permet de démontrer la structure fine du modèle
de Sommerfeld, expliquer le spin de l'électron..) et c'est à
elle que nous allons nous intéresser ici.
Remarque: La théorie quantique des champs est l'application
de la mécanique quantique aux champs. Elle fournit un cadre
largement utilisé en physique des particules et en physique
de la matière condensée. Les bases de la théorie
quantique des champs furent développées entre
1935 et 1955, principalement par Paul Dirac, Wolfgang Pauli,
Sin-Itiro
Tomonaga, Julian Schwinger, Richard Feynman, et Freeman Dyson.
Avant de nous lancer dans des calculs
complexes (voir plus loin), montrons que l'approche proposée
précédemment peut-être considérée à
l'aide d'un formalisme fort simple comme exploitable. Considérons
à ce titre la figure ci-dessous (représentation de la collision
élastique de deux électrons) :

(45.1)
Cette figure est appelée
un "diagramme
de Feynmann" (nous n'allons pas plus dans les détails
mathématiques
pour l'instant). Supposons que les deux électrons se déplacent
initialement
à la même vitesse. Ils s'approchent d'abord puis s'éloignent l'un
de l'autre le long d'une droite dans l'espace qui est projetée
sur l'axe des temps, dans le sens des temps croissants. L'électron à
gauche émet un photon (la ligne ondulée), et pendant un certain
temps ,
il y a deux électrons et un photon. L'électron à droite absorbe
ensuite le photon et l'interaction est momentanément terminée;
d'autres photons feront par la suite l'aller et retour entre
les électrons.
La force moyenne est proportionnelle au taux de transfert de la
quantité de mouvement due à l'échange des photons. La probabilité
de l'émission ou de l'absorption de photons par une particule est
reliée à sa charge. La force doit donc être proportionnelle au
produit des charges en interaction (en accord avec la loi de
Coulomb). Pensez
à la force de répulsion entre deux astronautes flottant dans l'espace
et échangeant une balle dans un sens puis dans l'autre. Cependant,
le phénomène inverse d'attraction ne peut être visualisé de cette
manière mais uniquement sous forme mathématique formelle.
La collision présentée dans
la figure ci-dessus est élastique; l'énergie de chacun des électrons
est inchangée
dans la collision. Malgré cela, pendant un temps ,
le système contient une quantité d'énergie supplémentaire hv correspondant
au photon. Pendant ce temps ,
la conservation de l'énergie est apparemment violée! Peut-on
tolérer
cette situation? La réponse, donnée par la physique moderne, est
oui; mais elle ne peut jamais être observée. Autrement dit, il
y a toujours une certaine incertitude sur
la valeur mesurée de l'énergie d'un système. Le principe d'incertitude
de Heisenberg impliquant (voir démonstration dans le
chapitre de Physique Quantique Ondulatoire) que :
(45.2)
Une violation de la loi de conservation
de l'énergie jusqu'à une quantité sera
cachée par l'incertitude sur l'énergie à condition
que le temps disponible pour faire l'observation soit
suffisamment grand tel que
(45.3)
évidemment une valeur inférieure à satisfait
également la condition. Nous pouvons donc écrire:
(45.4)
L'incertitude sur l'énergie
dépasse
l'énergie d'un photon d'énergie hv si
le photon existe pendant un temps plus court que:
(45.5)
Ce photon est alors observable
sur une distance maximale de :
(45.6)
et comme la
fréquence peut être arbitrairement petite, la portée de la
force transmise par le photon sans masse est illimitée. Il peut
paraître dans cette relation que la portée est limitée
pour un photon libre. Mais ce serait oublier (cf.
chapitre de Physique Quantique Ondulatoire) qu'un photon
libre n'existe pas car il aurait une fréquence totalement
indéterminée. Donc la distance
d'interaction
le serait aussi.
Ces quanta
d'échanges, qui sont inobservables, sont appelés des "photons
virtuels". Comme les photons ne sont pas chargés nous
disons aussi que l'interaction s'effectue par "courant
neutre".
Une approche beaucoup plus satisfaisante et celle qui consiste
à utiliser la masse comme terme d'énergie:
(45.7)
à l'aide de cette relation, il est possible de connaître le temps
pendant lequel une particule virtuelle peut parcourir une distance
qui correspondrait à :
(45.8)
Nous verrons plus loin comment déterminer approximativement la
masse des particules virtuelles qui interviennent dans les forces
nucléaires ce qui nous permettra d'estimer la durée des interactions
comme étant de l'ordre de .
Vers la fin
des années 1920, il était devenu clair qu'on pouvait considérer
chacune des particules connues (proton, électron, etc.) comme
le quantum d'un champ spécifique. Dans cette vision, il y a un
champ d'électron, un champ de proton, et ainsi de suite comme
nous le démontrerons plus loin (l'Univers serait donc
un ensemble de champs unifiés). Un objet quelconque est en réalité un
ensemble de manifestations observables des quanta des champs.
Par ailleurs,
nous avons vu que l'écriture des équations
d'onde
pour des particules relativistes (équation de Dirac et équation
de Klein-Gordon vue en physique quantique relativiste) amènent
des problèmes insolubles classiquement, notamment des énergies
négatives. En fait, cette approche n'est pas justifiée
car d'après l'équation d'Einstein
masse et énergie sont équivalentes et si l'on
rajoute à cela le principe d'incertitude d'Heisenberg
énergie-temps nous constatons qu'un nombre infini
de particules peuvent être créées ou annihilées,
d'où la nécessité d'un modèle
ne prenant plus en compte les propriétés d'une
seule particule mais d'un ensemble de particules, aussi
bien réelles que virtuelles.
Remarque: Quand Fermi formula sa théorie des interactions faibles
en 1932, il la fonda sur les mêmes principes que l'électrodynamique
quantique (c'est une des raisons pour laquelle la QED est appelée
"bijou de la physique" - le modèle standard est
calqué sur cette théorie par ailleurs). Deux ans
plus tard, le physicien japonais H. Yukawa proposa que l'interaction
faible était due à l'échange d'un boson virtuel massif.
POTENTIEL
DE YUKAWA
Le meilleur pour
argumenter l'exemple des quantums reste la "démonstration"
de la loi de Coulomb (et de Newton) à partir des
résultats que nous avons obtenu en physique quantique ondulatoire
(nous devons ces développements à Yukawa).
Soit l'équation de Klein-Gordon libre (cf.
chapitre Physique Quantique Ondulatoire):
(45.9)
cette équation décrit la
dynamique d'amplitude de présence d'une particule sans spin
dans le temps dans un potentiel donné.
Considérons une composante de statique
(indépendante du temps) à symétrique sphérique:
(45.10)
L'équation de Klein-Gordon se réduit
alors à:
(45.11)
Si nous divisons des deux côtés de
l'égalité par :
(45.12)
Rappel (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel) de notation du Laplacien
du champ scalaire:
(45.13)
et soit son expression en
coordonnées
sphériques où est
identifié à l'origine du champ (cf. chapitre
de Calcul Vectoriel):
(45.14)
Comme le champ U(r) est
à symétrie sphérique (dépendant de r uniquement)
le Laplacien se réduit à:
(45.15)
Donc l'équation du champ U(r) s'écrit:
(45.16)
Cette équation différentielle à pour
solution (on devine assez facilement que l'exponentielle est une
solution possible):
(45.17)
où C est
une constante d'intégration.
Dans le cadre de l'utilisation des
unités naturelles (ce qui est le plus fréquent à ce niveau dans
la littérature scientifique) ce potentiel s'écrit :
(45.18)
et se nomme "potentiel
de Yukawa".
Le lecteur remarquera que
mise à part
la distance r,
l'autre variable dans l'exponentielle est la masse (les autres
termes
étant des constantes universelles). Conséquence : le potentiel
de Yukawa est aussi bien un "champ
scalaire" dans le cas où la
masse est nulle (voir l'exemple ci-après) qu'un "champ
massique"
dans le cas où la masse est non nulle !
Cela nous amène à l'hypothèse
suivante : si c'est le champ électrique qui maintient les particules
chargées
entre elles dans l'atome (voir le traitement du champ non-massique
ci-dessous), c'est le champ massique qui maintient les particules
non chargées entre elles dans l'atome.
Autrement dit, si des particules
interagissent par l'intermédiaire d'un champ massique de masse (au
lieu d'interagir avec des photons de masse nul), leur force
mutuelle va décroître exponentiellement (ce qui est très
rapide).
CHAMPS
MASSIQUES
Le physicien H. Yukawa
proposa donc en 1935 que la force nucléaire devait sa très courte
portée au fait qu'elle était transmise par des particules massives
(plus la masse du quanta échangé est grande plus la portée de
l'interaction est réduite), décrites par le champ massique ci-haut.
Remarque: Dans
le cadre historique de l'époque ces particules
hypothétiques
étaient les "mésons".
Mais nous verrons que cette hypothèse ne tiendra pas la route très
longtemps.
Voyons cela de plus près. Notons le potentiel de Yukawa
sous la forme suivante :
(45.19)
avec :
(45.20)
Cette notation n'est pas innocente car comme nous le
verrons en détails plus loin, lorsque (cas
de l'interaction électromagnétique et gravitationnelle) alors et
nous retrouvons alors la loi fondamentale de l'électrodynamique
ou de la gravitation où la particule d'interaction est le photon
(masse nulle) pour la première et respectivement le graviton pour
la deuxième.
Ainsi, en supposant que le rayon de l'interaction nucléaire forte
(cohésion des nucléons entre eux) est et
celui de l'interaction nucléaire faible (qui serait à l'origine
de la désintégration bêta comme nous l'avons précisé dans le chapitre
de Physique Nucléaire) ,
nous avons alors les énergies de liaisons des interactions ainsi
leur masse approximative immédiatement :
- Pour "l'interaction nucléaire forte"
:
(45.21)
soit environ 220 fois la masse de l'électron et 1/9 de la masse
du proton.
Deux ans après cette prédiction de Yukawa, les physiciens découvrirent
une particule correspondant à cette masse : le méson .
Il s'avérera plus tard que ce n'était pas la bonne particule
mais une particule de même type que l'électron, soit un lepton
et donc un fermion (ce ne peut donc être une particule messagère).
De plus, les expériences de diffusions et de collisions avec
des protons, deutérons, etc... à des énergies de plus
en plus hautes ont montrées
qu'il y avait une modification de l'intensité/forme de l'interaction
forte incompatible avec l'hypothèse d'un seul méson. De plus les
résonnances hadroniques montraient qu'il existait des états excités
des mésons ce qui est difficile à imaginer pour des particules
considérées
comme fondamentales en analogie avec le photon!!
Les particules détectées dans les laboratoires et
qui semblaient être les meilleures candidates à l'époque (car
il y en avait plusieurs...)
de l'interaction nucléaire forte étaient les "pions"
(ou "mésons pi") qui se
présentent sous trois
formes :
(45.22)
et qui sont 270 fois plus massifs que l'électron. Donc cette
différence
de masse indique bien que le modèle de Yukawa n'est pas tout à fait
exact.
Avant la découverte des quarks (dont sont constitués les
mésons), les mésons étaient
donc considérés comme les vecteurs de l'interaction
forte.
- Pour "l'interaction nucléaire faible"
:
(45.23)
Il s'agit donc d'une masse colossale, une centaine de fois la
masse du proton! Les vecteurs d'interactions ont des candidats
qui ont été mis en évidence en 1983 dans les accélérateurs du CERN.
Ces particules messagères de l'interaction nucléaire faible se
nomment les "bosons intermédiaires" .
Ces observations amenèrent
l'hypothèse
que la théorie de Yukawa n'était pas une théorie assez fondamentale
quoiqu'elle représente bien certaines de ses propriétés...
CHAMPS NON-MASSIQUES
Imaginons maintenant un
champ scalaire
à symétrique sphérique statique, dont le photon (particule sans
spin) est l'hypothétique
quantum d'échange.
Comme la masse du photon est nulle,
l'expression de U(r) se
réduit à:
(45.24)
Si nous interprétons U(r) comme
le potentiel électrostatique source d'une quantité de
charges élémentaires q alors
la constante C
dans notre système métrique vaut:
(45.25)
Tel que:
(45.26)
Comme nous avons:
(45.27)
Il
en découle:
(45.28)
Ce
qui nous donne:
(45.29)
Conclusion:
Si un particule se trouve dans un champ de potentiel à symétrique
sphérique U(r) dont
le photon est supposé être initialement le quantum d'interaction
alors nous avons affaire à un champ électrostatique dont l'expression
est identique à la loi Coulomb (ceci valide donc encore une fois
de façon magistrale la théorie de la physique quantique
ondulatoire).
Remarque: Le photon est donc bien le quantum d'interaction
du champ
électrique à symétrie sphérique (lorsque les
charges ont une vitesse relativiste le champ électrique
n'est pas à symétrie sphérique
et les équations deviennent un peu plus compliquées
- voir le chapitre de Relativité Restreinte)
et nous ne devrions plus parler de charge électrique mais
de "transparence"
aux photons. Effectivement, le neutron étant neutre globalement
celui-ci ne devrait pas interagir avec le champ électrique,
mais comme il est composé de particules chargées
(les quarks) les expériences mettent en évidence
une affluence en présence du champ électromagnétique
(dont le photon est le quantum d'interaction).
Ceci
dit, en appliquant le même raisonnement nous pouvons de même retrouver
le potentiel gravitationnel de Newton :
(45.30)
Ce
qui impliquerait que le quantum d'interaction du champ gravitationnel
est aussi sans masse (dans le cas des petites masses du moins étant
donné que nous savons que le potentiel de Newton n'est qu'une
approximation de la relativité générale dans le cas des petites
masses) et sans spin. Etant donné que le champ gravitationnel
ne semble pas interagir avec la présence d'un champ magnétique
ou électrostatique,
cela nous amène
à émettre l'hypothèse que le quantum d'interaction n'est pas le
photon et à supposer qu'une autre particule, que nous appellerons "graviton",
en est le messager.
ÉQUATION
D'EULER-LAGRANGE DES CHAMPS
La
façon dont la théorie des champs fut introduite à
partir des particules élémentaires par Dirac est
connue pour des raisons historiques sous l'appellation de "deuxième
quantification".
Il est peut-être
utile de mettre en évidence une possible source de confusion
: les
champs ne sont pas liés à la dualité onde-corpuscule.
Ce que nous entendons par "champ" est un concept
qui permet la création ou l'annihilation de particules en
tout point de l'espace comme nous le verrons dans les développements
mathématiques.
Rappelons
que nous avons défini en physique quantique ondulatoire
lors de l'étude de l'équation d'évolution de Schrödinger
l'opérateur
d'Heisenberg, nécessaire à la condition de normalisation
de De Broglie :
(45.31)
En
dérivant cet opérateur par rapport au temps, nous avons trivialement
:
(45.32)
où
rappelons-le, le commutateur de deux opérateurs est donné
(comme nous l'avons déjà vu lors de notre étude des opérateurs
adjoints et hermitiques en physique quantique ondulatoire) par
définition
par :
(45.33)
C'est
l'hamiltonien H qui fait interruption en
premier dans la relation précédente. Mais
nous pouvons tout aussi bien lui substituer un hamiltonien dépendant
du temps H(t)
tel que:
(45.34)
Maintenant,
nous pouvons substituer par
des observables
connus tels que:
(45.35)
dites
"équations du mouvement de Heisenberg".
Ce qui est intéressant
dans les deux relations obtenues précédemment, c'est la façon avec
laquelle se réalise la jonction entre la physique quantique et
la mécanique classique. Effectivement, nous avions démontré au
chapitre de Mécanique Analytique que les relations ci-dessous
sont et seront toujours valables quelque soit le domaine étudié :
(45.36)
ainsi
que :
(45.37)
et:
(45.38)
La
généralisation à plusieurs degrés de liberté est immédiate et nous
donne l'ensemble les relations (nous allégeons les écritures
en omettant l'écriture de la dépendance à la variable temporelle):
(45.39)
Nous
avons encore besoin de deux autres relations importantes que nous
allons de suite déterminer. D'abord, d'après les définitions des
commutateurs, il est inutile de démontrer que (trivial) :
(45.40)
Par
contre, il est un peu plus subtil de démontrer la valeur de (nous
plaisantons...). Rappelons que nous avions démontré lors de notre
étude des opérateurs linéaires fonctionnels que (nous nous restreignons
au cas de la coordonnée x ici):
(45.41)
et que q représente une coordonnée généralisée (x
par exemple...). Nous avons donc (résultat déjà
démontré dans le chapitre de Physique Quantique Ondulatoire...):
(45.42)
Les
deux dernières relations peuvent être généralisées à toutes les
composantes voulues telles que:
(45.43)
avec
rappelons-le (cf. chapitre de Calcul Tensoriel):
(45.44)
qui
est le symbole de Kronecker.
Pour
en arriver enfin à la théorie quantique des champs, il nous faut
encore généraliser à une infinité continue de degrés de liberté.
En effet, même le plus simple des champs est caractérisé, à un
instant t,
par une infinité continue de quantités :
(45.45)
pout
tout .
Nous pourrions donc imaginer représenter la fonction par
ses valeurs en
un ensemble discret de points que
nous rendrons en fin de compte infiniment dense (prenez garde
au
fait que nous utilisions la notion de densité !). Nous pouvons
aussi travailler, pour commencer, non pas dans tout l'espace,
mais dans
un volume fini que nous finirons par rendre très grand. En procédant
ainsi, nous pouvons trouver comment généraliser le formalisme
canonique et le processus de quantification. Au niveau formel,
nonobstant
de subtiles questions de convergences (voir les parties mathématiques
du site), la généralisation aux systèmes continus consiste principalement
à remplacer les sommes sur des indices n par
des intégrales sur des arguments ,
et les deltas de Kronecker par des deltas de Dirac (sur l'espace-temps)
:
(45.46)
En
considérant alors le principe variationnel comme nous l'avons étudié
en mécanique analytique:
(45.47)
et
le principe de moindre action nous imposant :
(45.48)
où
le lagrangien sera maintenant une fonction du champ et
de dérivée par rapport au champ (puisqu'il
n'y a pas de notion de quantité de mouvement pour un champ !).
Si
nous divisons la relation précédente par nous
obtenons :
(45.49)
ce
qui nous donne le droit d'écrire:
(45.50)
et
en imposant une analogie avec un concept de champ :
(45.51)
où
et
.
Finalement,
comme tous les termes suivants sont nuls, ils sont égaux
(nous faisons intervenir l'équation d'Euler-Lagrange démontrée
en mécanique analytique) :
(45.52)
en
analogie avec le champ nous
obtenons:
(45.53)
Cette
écriture étant peu commode, on prend pour habitude décrire les
différentielles
partielles (en utilisant les unités naturelles de la physique)
aux composantes sous
la forme
ce qui nous donne finalement :
(45.54)
et qui nous
amène aussi à écrire le principe de moindre
action sous la forme suivante :
(45.55)
Avec l'action
des champs notée plus traditionnellement :
(45.56)
ou encore pour
différencier lagrangien et densité lagrangienne (nous
"stylisons" parfois de le L):
(45.57)
à
comparer à l'action de la particule :
(45.58)
En
analogie avec nous
écrirons:
(45.59)
et
en analogie avec
nous écrirons :
(45.60)
mais
un champ est un milieu continu. La somme sigma n'est donc plus adaptée
et il faut passer à une intégration sur tout l'espace-temps telle
que:
(45.61)
En
analogie avec les équations du mouvement de Heisenberg, nous écrivons:
(45.62)
Passons
maintenant à la théorie quantique en postulant des champs d'opérateurs
de Heisenberg correspondants. Rappelons que nous avions obtenu
plus haut que:
et
(45.63)
ce
qui nous donne:
et
(45.64)
Si
nous résumons un peu le tout et que nous affichons la comparaison
avec la physique quantique ondulatoire, nous avons finalement :
1.
En physique quantique ondulatoire (c'est joli à regarder
non?) :
(45.65)
2.
Et l'équivalent en physique quantique des champs (alors
là...
ça devient de l'art!) :
(45.66)
Et
le tour est joué! Nous venons de passer les paramètres de la physique
quantique où les corps ponctuels sont décrits par des fonctions
d'onde, à une physique quantique ou les corps ponctuels deviennent
des champs continus.
Il
ne reste plus qu'à appliquer ce schéma général à des exemples concrets
:
Nous allons commencer par un premier
exemple en tenant compte de l'aspect relativiste. Ainsi, la densité
lagrangienne non triviale que nous puissions construire est de la
forme (vous allez de suite voir à quoi elle va mener, ce
qui confirmera sa validité - par ailleurs, le développement
qui va suivre aurait très bien pu être présenté
dans l'autre sens) :
(45.67)
que les physiciens appellent "champ
scalaire pour une particule libre et sans spin" ou "lagrangien
de Klein-Gordon" pour une particule sans spin où nous
utilisons les notations condensées
habituelles :
(45.68)
et les unités naturelles :
(45.69)
calculons l'équation d'Euler-Lagrange
y relative (trivial):
(45.70)
d'où l'équation du mouvement
:
(45.71)
Rappelons qu'en physique quantique
ondulatoire nous avions obtenu pour l'équation de Klein-Gordon
libre :
(45.72)
En adoptant les unités naturelles,
nous avons donc :
(45.73)
et en travaillant dans l'espace de
Minkowski comme cela se fait souvent en relativité tel que
:
(45.74)
L'équation de Klein-Gordon libre
s'écrit alors :
(45.75)
Nous avons donc finalement à
comparer l'équation du mouvement du champ et l'équation
de Klein-Gordon libre :
et
(45.76)
et c'est ici qu'on peut éventuellement
ressentir un frisson dans le dos et rester admiratif face à la
puissance du formalisme mathématique
ouvrant de nouvelles perspectives sur la manière de voir
les rouages de l'Univers....
Et encore... mieux...vous allez
voir, nous allons le faire un peu à l'aveugle et... alors
là !
Considérons maintenant le lagrangien suivant (que nous supposerons
obtenu par bricolage successifs... mais à nouveau nous aurions
pu faire le développement dans l'autre sens) se voulant
exprimer "l'interaction d'un champ
électromagnétique avec une densité courant" :
(45.77)
où nous y reconnaissons les
tenseurs du champ électromagnétique démontrés
et déterminés dans le chapitre d'Électrodynamique
et pour lesquels, rappelons-le
:
(45.78)
Dans ce lagrangien, traitons le potentiel
vecteur comme le champ tel que :
(45.79)
Dès lors en décomposant
les développements, nous obtenons très facilement
:
et
et
(45.80)
Dans un premier temps, le lecteur vérifier
en faisant un peu de calcul tensoriel élémentaire
que :
(45.81)
Puis :
(45.82)
Dès lors, l'équation
du champ s'écrit :
(45.83)
d'où :
(45.84)
Aïe que c'est beau
mais que c'est beau!!! Nous retrouvons donc l'équation
de Maxwell avec sources avec le même lagrangien du champ
(cf. chapitre d'Électrodynamique).
Ainsi, ce lagrangien sans masse est assimilé au lagrangien du
champ vectoriel de spin 1 assimilé aux bosons.
Rappelons maintenant que
nous avions obtenu dans le chapitre d'Électrodynamique l'action
suivante pour une particule chargée dans un champ électromagnétique
(avant un long développement qui nous avait amené
au tenseur du champ électromagnétique) :
(45.85)
et en se rappelant que (cf.
chapitre d'Électrodynamique) :
(45.86)
il vient :
(45.87)
Donc la densité lagrangienne
correspondante est donc :
(45.88)
Nous avons donc finalement
:
1. Le lagrangien (densité
lagrangienne) d'une particule chargée dans un champ électromagnétique
(que nous venons d'obtenir) :
(45.89)
2. Le lagrangien (densité
lagrangienne) de tout à l'heure (qui nous a permis de retomber
sur les équations de Maxwell sans source) :
(45.90)
Remarque: Attention, par construction, ce n'est pas un problème
de retomber seulement sur les équations de Maxwell sans
sources avec ce lagrangien car implicitement, le tenseur 
sous-tend toutes les équations de Maxwell comme nous l'avons
vu en électrodynamique et sa présence dans le lagrangien
suffit donc à ce que toutes les propriétés
du champ électromagnétique soient pris en compte.
Dès lors, il est
naturel d'écrire le "lagrangien
(densité lagrangienne)
total du champ électromagnétique" :
(45.91)
Continuons maintenant notre
bonhomme de chemin avec l'équation de Dirac libre! Rappelons
que nous avions obtenu dans le chapitre de Physique Quantique Relativiste
l'équation
de Dirac libre sous la forme (fondamentalement rappelons qu'il
s'agit
d'une équation relativiste) :
(45.92)
Maintenant rappelons (cf.
chapitre d'Algèbre Linéaire) que .
Dès lors, il vient :
(45.93)
Or,
et il est super facile de vérifier (ne pas oublier que nous
utilisons la forme représentative de Dirac des matrices de
Pauli !!!)
ce qui nous amène à écrire :
(45.94)
Il est alors commode d'introduire "l'adjoint
de Dirac" :
(45.95)
Remarque: Rappelons que 
est une matrice colonne et 
une matrice ligne. Il vient donc que  est
aussi une matrice ligne!
Utilisant le fait que dans la représentation
de Dirac
nous pouvons écrire :
(45.96)
en simplifiant les
il vient l'équation de Dirac libre adjointe :
(45.97)
Ce que nous notons traditionnellement:
(45.98)
La notation
signifiant que l'opérateur
opère sur
vers la gauche tel que :
(45.99)
Remarque: Certains auteurs écrivent 
mais ceci est faux car 
est une matrice ligne comme nous l'avons fait remarquer plus haut!!!
Finalement nous avons pour les équations
de Dirac libres:
(45.100)
Supposons maintenant que
le "lagrangien du champ spinoriel
de Dirac libre" soit de la
forme (parce que finalement
c'est le lagrangien qui nous intéresse) :
(45.101)
où nous avons posé .
Il s'agit donc du lagrangien du champ spinoriel pour les particules
de spin 1/2 qui sont donc des fermions libres.
En considérant les quantités
comme indépendantes (c'est ce qu'elles sont de toute façon
puisque orthogonales) et choisissant le champ spinoriel comme ,
nous avons :
(45.102)
Le deuxième terme est nul puisque
le lagrangien de Dirac ne contient pas de termes en .
De fait il reste :
(45.103)
Nous retombons donc bien sur l'équation
de Dirac libre (le même développement pouvant être
fait pour l'équation de Dirac libre adjointe)! Ainsi,
dans ce cadre, la seule manière d'expliquer les propriétés
quantiques de la matière comportant des particules avec
spin est de faire intervenir des champs
représentant des particules chargées électriquement,
les électrons et positrons comme nous le savons. Nous appelons
alors ces entités des "champs (spinoriels)
de Dirac".
THÉORIES DE JAUGE
Nous allons voir maintenant une approche simple d'un outil qui
a révolutionné l'approche de la physique moderne des particules
au milieu du 20ème siècle et qui a valu plusieurs
prix Nobel a ceux qui y ont contribué.
Nous conseillons très fortement avant de lire ce qui va suivre
que le lecteur aille jeter aussi un coup d'oeil préalable sur le
sous-chapitre de théorie des Jauges du chapitre d'Électrodynamique
car c'est un premier exemple d'une invariance de jauge faisant
apparaître un champ (le potentiel vecteur) indispensable pour expliquer
certains phénomènes à l'échelle quantique comme l'explicite clairement
l'équation de Pauli (cf. chapitre de Physique
Quantique Relativiste).
Depuis le début des années 80, les magazines de vulgarisation
parlent beaucoup en physique quantique des théories de jauge. Les
interactions électromagnétiques et les interactions faibles sont
décrites conjointement par une théorie de jauge élaborée par Glashow,
Weinberg et Salam. Les interactions fortes semblent aussi correctement
décrites par une théorie de jauge. C'est dans le cadre de ces théories
de jauge que les physiciens théoriciens tentent d'unifier les diverses
interactions fondamentales de la nature. Il convient donc, même
dans un site qui traite de manière élémentaire de physique quantique,
de parler de théorie de jauge dans le cadre de ce domaine.
Pour ce faire, nous considérerons déjà comme connu le contexte
qui mena à la découverte de l'invariance de jauge dans le cadre
de l'électrodynamique (voir chapitre du même nom pour les détails)
et ferons un rapprochement avec certains développements vus dans
le chapitre de Relativité Générale et le rôle qu'a joué Weyl dans
la mise en évidence des principes fondamentaux d'une théorie de
jauge.
Rappelons que la relativité restreinte et générale reposent sur
le postulant qu'il n'existe dans l'univers aucun référentiel absolu.
Nous avons vu dans le chapitre de Relativité Restreinte en long
et en large que les relations qui permettent de passer les lois
de la physique d'un repère à l'autre ne dépendent que da la vitesse
relative entre les référentiels. Ainsi, la relativité restreinte
est une théorie à symétrie globale. Nous avons également vu en
long et en large dans le chapitre de Relativité Générale que la
connexion affine est le lien entre les référentiels de la théorie
locale (approximation des champs faibles) qu'est la relativité générale.
En 1919 eut lieu la première observation expérimentale
de la déviation de la lumière d'une étoile par le champ gravitationnel
du Soleil. Cette confirmation spectaculaire de la théorie de la
relativité générale inspira Hermann Weyl, qui proposa la même année
une conception révolutionnaire de l'invariance de jauge: Si les
effets d'un champ gravitationnel peuvent être décrits par une connexion
exprimant l'orientation relative entre des référentiels locaux
de l'espace-temps, d'autres forces de la nature telles-que l'électromagnétisme
peuvent-elles être associées aussi à des connexions similaires?
Nous considérons deux types de symétrie de jauge: l'une dite "jauge
globale" et l'autre dite "jauge locale". Elles se
distinguent par le paramètre caractérisant le changement de phase
de la fonction d'onde (nous verrons cela en détails un peu plus
loin).
INVARIANCE DE JAUGE GLOBALE
Nous allons donc étudier l'invariance de jauge à partir de l'équation
de Schrödinger et montrer que même si les résultats peuvent paraître
déroutants (dans le cadre d'applications complexes) il n'en reste
pas moins mathématiquement corrects.
Remarque: L'invariance
de jauge globale est rigoureusement nommée "symétrie
globale".
Considérons donc l'équation de Schrödinger:
(45.104)
avec comme nous l'avons montré:
(45.105)
avec .
Soit dans le cas d'une particule libre:
(45.106)
Cette équation est manifestement invariante dans la transformation
qui fait passer de à avec:
(45.107)
où g est une constante de couplage (pour assurer l'homogénéité des
unités et l'amplitude) étant considérée comme un nombre réel et un
paramètre réel indépendant des coordonnées (dans un premier temps...)
d'espace et de temps.
(45.108)
devient:
(45.109)
et comme ne
dépend ni de alors:
(45.110)
Soit après simplification:
(45.111)
La forme de l'équation est restée la même lorsque nous avons
fait le changement de en .
Ainsi, la description d'un système libre n'est pas affectée par
le changement de phase globale. En langage de la théorie des groupes
(cf. chapitre d'Algèbre Ensembliste), nous parlons d'invariance
sous le groupe U(1) des phases.
En d'autres termes pour parler comme les physicens...:
(45.112)
définit une transformation de jauge par la rotation (le
paramètre au sens des groupes de Lie).
L'ensemble des rotations forment un groupe nommé U(1) que l'usage appelle
le groupe de jauge (isomorphe de SO(2)).
L'ensemble des forment
une représentation monodimensionnelle du groupe U(1) que nous appelons la
représentation g. Il y a bien entendu une infinité de représentation g (autant
qu'il y a de valeurs de g!).
Comme le paramètre ne
dépend pas de la position et du temps, nous disons que le système
est invariant par transformation de jauge globale (partout en même
temps) ou simplement un invariant de U(1) dans le temps
et l'espace.
INVARIANCE DE JAUGE LOCALE
Mais mais... soit l'invariance de jauge globale montre que nous
avons une équation qui reste valable dans le cadre d'un changement
de phase fixe. Mais maintenant dans un laboratoire cette équation
de Schrödinger doit être valable même si la phase dépend de la
position et de du temps. Cette contrainte s'appelle une "invariance
locale".
Nous considérons ainsi que est
une fonction et
l'idée bien évidemment est de vérifier si l'équation de Schrödinger
reste invariante dans la transformation:
(45.113)
Il est dès lors évident que l'équation de Schrödinger:
(45.114)
n'est plus invariante. Effectivement nous voyons rapidement que
rien que l'opérateur dans
l'hamiltonien va poser problème en faisant apparaître des termes
gênants qui ne s'annuleront pas:

(45.115)
Pour contourner ce problème nous introduisons le champ de force
associé au potentiel vecteur et au potentiel électrique et nous
verrons qu'il garantit l'invariance locale (dons il est impossible
de différencier un changement de phase de la présence d'un champ
de force de ce type). Donc l'invariance locale impose que la particule
ne soit plus libre (il n'existe donc pas de particules chargées
libres!).
Pour cela reprenons l'hamiltonien de l'équation de Pauli (cf.
chapitre de Physique Quantique Relativiste):
(45.116)
et négligeons l'interaction entre le spin et le champ magnétique
tel que l'hamiltonien devienne:
(45.117)
Soit:
(45.118)
Nous avons donc l'équation de Schrödinger suivante:
(45.119)
Ce qui par rapport à l'équation de Schrödinger libre:
(45.120)
fait intervenir les correspondances suivantes:
(45.121)
Considérons la transformation de jauge (cf.
chapitre d'Électrodynamique)
en notant dorénavant le potentiel électrique par la lettre V :
(45.122)
où .
D'abord, nous voyons alors immédiatement que les opérateurs sont
invariants. Effectivement:
(45.123)
Or, si g est posé comme étant et f comme étant alors
nous avons:
(45.124)
Soit tout simplement:
(45.125)
De même en sachant maintenant que f est :
(45.126)
Nous avons donc:
(45.127)
Soit:
(45.128)
La relation:
(45.129)
devient alors avec les nouvelles correspondances:
(45.130)
et avec les développements antérieurs nous avons donc:
(45.131)
Soit:
(45.132)
Ce qui donne après simplification:
(45.133)
Ainsi, en demandant l'invariance de jauge nous avons fait apparaître
une interaction... et nous savons bien qu'elle est cette interaction!
L'équation de Schrödinger d'une particule se déplaçant dans un
champ électromagnétique est donc invariante sous la transformation
locale de phase. La phase d'une fonction d'onde est bel et bien
une nouvelle variable locale au sens de Weyl et le potentiel électromagnétique
peut être interprété, suivant Weyl, comme une connexion reliant
les phases en différents points.
Nous en concluons que le champ électromagnétique est une conséquence
de l'invariance de jauge locale fondée sur le groupe U(1),
groupe des matrices unitaires à une dimension (cf.
chapitre d'Algèbre
Ensembliste). L'intérêt qui existe est de construire des
théories
de jauge sur des groupes plus compliqués (non-abéliens): ces théories
sont appelées "théories de Yang-Mills".
Maintenant allons un tout petit peu plus loin mais sans trop
approfondir... Nous avons montré plus haut que le lagrangien de l'équation
de Dirac libre était:
(45.134)
Or, cette équation ne faisant pas apparaître le champ électromagnétique
on se doute très fortement qu'elle n'est pas invariante à une jauge
locale...
Or, l'équivalent de l'opérateur divergence dans
l'équation de Schrödinger libre est la dérivée covariante .
Donc au même titre que nous avons associé pour l'invariance locale
de jauge de l'équation de Schrödinger libre:
(45.135)
Il est tentant de combiner le tout en un nouvel opérateur:
(45.136)
avec :

Le lagrangien de l'équation de Dirac libre s'écrirait alors:
(45.137)
Soit:
(45.138)
avec:
(45.139)
Il ne reste plus qu'à rajouter le terme du champ pour et nous
avons le lagrangien total de l'équation de Dirac (cela aurait été relativement
dur de le trouver d'une autre manière...):
(45.140)
qui correspond aux équations de Dirac-Maxwell
et qui est le "lagrangien de l'électrodynamique
quantique des champs" ou à gauche nous avons
le terme des fermions et à la droite la partie d'interaction
des bosons de masse nulle (photons).
Donc le fait d'avoir rajouter sur le lagrangien
libre une condition d'invariance par des transformations locales,
nous a amené à une théorie avec interaction que nous pouvons écrire
avec plus de rigueur et sous forme développée:
(45.141)
ou encore en unités naturelles et avec la
charge de l'électron:
(45.142)
L'électrodynamique a fait défaut cependant
dans les années 1940 pour décrire bon nombre de particules
mises en
évidence par les accélérateurs. Certes, d'une
certaine manière
elle a été étendue pour décrire de
nouvelles particules. Mais beaucoup d'entre elles semblaient jouir
de propriétés dont l'électrodynamique
quantique ne pouvait rendre compte.
Au fait la raison est simple... c'est une théorie
dans laquelle aucune solution exacte n'est connue, une situation
qui perdure jusqu'à nos jours (2008). La seule méthode
de calcul disponible est appelée développement perturbatif.
L'idée est essentiellement
la même que celle du développement limité que
l'on pratique dans le domaine de calcul différentiel. En
l'occurrence, si nous ne savons pas calculer la valeur d'une fonction,
nous la décomposons
en une séquence de polynômes et l'approximation s'affine
au fur et à mesure que nous prenons en compte des termes
de degrés de
plus en plus élevés. Un tel développement
en série commence par
un terme d'ordre zéro, qui est juste la valeur de la fonction
inconnue en un certain point où l'on sait calculer cette
fonction.
Dans le cas du développement perturbatif
de l'électrodynamique
quantique, le terme d'ordre zéro représente la propagation
pure, sans interaction (l'intensité de l'interaction entre
l'électron
et le champ magnétique est mise à zéro). Dans
cette approximation, l'électrodynamique quantique est une
théorie des particules libres
et elle est exactement calculable. Nous avons des électrons,
des positons et des photons mais ils se croisent sans s'influencer.
Le terme suivant dans le développement en série,
celui du premier ordre, est aussi exactement calculable. Dans cette
approximation,
la théorie semble refléter assez fidélement
le monde réel. Des
phénomènes physiques très intéressants
apparaissent dans cette approximation de premier ordre de la théorie
réelle de l'interaction
photon-électron et la théorie s'accorde bien avec
les résultats
expérimentaux.
Malheureusement on eu tôt fait de découvrir
que le calcul des termes de second ordre et des termes plus élevés
semblait dénué de sens jusqu'à donner des
valeurs infinies... aujourd'hui il n'existe encore que des méthode
de résolution approximatives
et non totalement satisfaisantes dès lors il a été obligé de
chercher une autre technique d'approximation se basant sur une
renormalisation
des équations... et les résultats sont extraordinairement
bons mais au fond cela sent un peu le bricolage sur mesure quand
même...
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