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Biographies
Dernière mise à jour de cette page: 2015-09-06 16:03:13
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(182 biographies à ce jour)

Prix Nobel
Médaille de Fields

Soyez informés des lauréats des prix Nobel (physique, chimie, économie), médaille de Fields... en cliquant sur les liens ci-dessus.

Cette page présente une poignée d'hommes qui postulent une étrange renommée. Selon les règles de l'histoire que l'on enseigne à l'école primaire, ils n'existent pas, ils n'ont commandé aucune armée, ils n'ont envoyé personne à la mort, ils n'ont dirigé aucun empire et ils n'ont eu qu'une part minime dans les grandes décisions historiques. Certains ont acquis quelque célébrité, mais aucun ne fut jamais un héros national. Pourtant, leur oeuvre a davantage influencé le cours de l'histoire que bien des actes accomplis par des hommes d'État auréolés d'une gloire très supérieure. Leur oeuvre a aussi produit plus de bouleversements que le va-et-vient des armées en bataille par-dessus les frontières, elle a fait plus pour le bonheur ou le malheur que les édits des rois et des assemblées, car leur oeuvre, est d'avoir façonné l'esprit de l'homme!

Qui propage ses idées, manie un pouvoir bien supérieur à celui de l'épée ou du sceptre: aussi ont-ils façonné et dirigé le monde. Pour la plupart, ils n'ont pas levé le moindre petit doigt pour agir physiquement; ils ont travaillé essentiellement en intellectuels, dans le silence et l'oubli, sans se soucier outre mesure du monde environnant. Mais, dans leur sillage, des empires se sont écroulés, des régimes politiques se sont soit renforcés, soit érodés, les classes se sont dressées les unes contre les autres, ainsi que les nations. Qui sont ces hommes (femmes) ?: des savants, économistes, chimistes, biologistes, mathématiciens, physiciens, informaticiens, ingénieurs,...

Les biographies ci-dessous des scientifiques les plus connus à travers le monde et cités dans les différents chapitres du site sont triées par ordre alphabétique et presque tous les textes sont de simples copier/coller simplifiés de Wikipédia. Si vous souhaitez que nous rajoutions une entrée, il vous suffit de nous envoyer par courriel le nom et prénom de la personne concernée et la raison pour laquelle vous aimeriez la voir figurer dans la liste ci-dessous. Nous étudierons ensuite la proposition et prendrons la décision qui s'impose.

Nous rendons aussi hommage aux centaines de milliers de scientifiques (savants), ingénieurs, philosophes, artisans, mécènes, artistes, amateurs éclairés connus ou anonymes dont la collaboration a permis à travers les millénaires l'évolution de la science et de la condition humaine!

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Les tailles des biographies ne sont pas proportionnelles au nombre d'articles publiés ou découvertes effectuées, mais à la quantité d'informations trouvées sur ces personnages sur l'Internet ou dans la littérature. La liste n'est aussi pas exhaustive, mais son objectif est de rendre hommage et de se remémorer les grands hommes qui ont fait des sciences pures et exactes ce qu'elles sont aujourd'hui et qui ont consacré une partie ou l'entier de leur vie à la science: l'art le plus contraint.

Attention! En physique (aussi bien qu'en mathématique) une théorie, une équation, une constante ou autre porte rarement le nom de son vrai inventeur. Ce fait est largement connu chez les scientifiques et est souvent source de moqueries de la communauté.


Al-Biruni

Al-Biruni, Muhammad Ibn Ahmad Abul-Rayhan (973-1048) est un mathématicien, un astronome, un physicien, un érudit, un encyclopédiste, un philosophe, un astrologue, un voyageur, un historien, un pharmacologue et un précepteur, originaire de la Perse, qui contribua grandement aux domaines des mathématiques, philosophie, médecine et des sciences. Il est connu pour sa théorie sur la rotation de la Terre autour de son axe et autour du Soleil, et ceci bien avant Copernic. Il s'attacha notamment à calculer la marche du Soleil (apogée), corrigea certaines données de Ptolémée. Excellent mathématicien, Al-Biruni développa de nouvelles équations inconnues de ses prédécesseurs. Il calcula également le méridien local et les coordonnées des localités. Mais le tableau ne serait pas complet si l'on oubliait de mentionner que six siècles avant Galilée, Al Biruni mettait déjà en avant une Terre qui tournait autour de son axe. Avec l'aide d'un astrolabe, de la mer et d'une montagne avoisinante, il calcula la circonférence de la Terre en résolvant une équation complexe pour son époque. Le principal d'apport d'Al-Biruni aux mathématiques résiderait dans ses travaux en trigonométrie (calculs des valeurs des fonctions trigonométriques qui n'étaient pas encore définies en tant que tel à l'époque).


Alembert Alembert, Jean le Rond (1717-1783), enfant naturel d'un commissaire d'artillerie, abandonné sur les marches de la chapelle parisienne de Saint-Jean-Le-Rond, le futur grand philosophe, mathématicien et physicien est recueilli par un vitrier qui recevra secrètement une pension pour subvenir à l'éducation du jeune garçon qui étudiera brillamment le droit, la médecine et la mathématique. Suite à la publication de divers mémoires (sur le calcul intégral, sur la réfraction des corps solides), d'Alembert entre à l'Académie des sciences (1741). On lui doit le célèbre principe de la quantité de mouvement, dit "principe de d'Alembert" dans son Traité de dynamique (1743). En astronomie, il est l'auteur (1749) d'un traité sur la précession des équinoxes qu'il explique au moyen de la théorie de la gravitation universelle de Newton et d'une solution partielle au problème des trois corps. D'Alembert établit aussi une théorie mathématique des cordes vibrantes en étudiant la nature composite du son (harmoniques).

Ampère Ampère, André-Marie (1775-1836) à 18 ans, il connaît la majeure partie des oeuvres mathématiques de son temps. Mathématicien de premier ordre, il montre comment l'on doit utiliser cette science, qu'il considérait comme une branche de la philosophie, à l'étude des découvertes des faits physiques pour en donner une relation définitive. En quelques semaines, Ampère établit les bases de toute une science à laquelle il donne le nom d'électromagnétisme. Il cherche à comprendre le magnétisme des aimants et en tire une hypothèse de "courants particulaires" (orbites électroniques et orientation du spin aujourd'hui). Il établit également l'égalité du nombre de molécules dans des volumes égaux de Gaz de natures différentes, mais mesurés dans des conditions identiques de température et de pression (observation expérimentale de Gay-Lussac).

Archimède

Archimède, De Syracuse (287-212 av. J.-C.), mathématicien et ingénieur grec célèbre à la fois comme mécanicien théoricien et comme constructeur de machines. Archimède de Syracuse eut une production mathématique exceptionnelle, dont une partie nous est parvenue dans des traités comme Sur la sphère et le cylindre; la Mesure du cercle; la Quadrature de la parabole; Des spirales; Des conoïdes et sphéroïdes; la Méthode, Des corps flottants... C'est à partir de ses travaux mécaniques que les principales anecdotes le mettant en scène, comme celle du levier ou du bain, vont se constituer. La célèbre maxime: «Donnez-moi une place où me tenir et je mettrai la terre en mouvement» est un écho populaire de la contribution archimédienne à la statique, exposée dans le traité des Équilibres. Archimède démontre la loi du levier, introduit la notion fondamentale de centre de gravité, et détermine ces barycentres pour les principales figures géométriques planes. Il en est de même pour l'anecdote d'Archimède, jaillissant nu de son bain, en criant «Eurêka», parce qu'il venait, dit-on, de trouver le moyen de résoudre le problème que lui avait posé le roi Hiéron. En fait, le récit est une mise en scène spectaculaire de la découverte du principe fondamental de l'hydrostatique (communément appelé depuis "principe d'Archimède"). En géométrie, l'oeuvre d'Archimède développe celle d'Eudoxe de Cnide telle que nous la connaissons par le livre XII des Éléments d'Euclide: il s'agit de comparer les mesures des figures planes et solides, en particulier des figures curvilignes. Ainsi, Archimède démontre que le volume du cylindre circonscrit à une sphère est égal à une fois et demi le volume de celle-ci et que la surface latérale du cylindre est égale à celle de la sphère ou quatre fois la surface d'un grand cercle. Donc, si l'on sait calculer la surface du cercle, on connaîtra celle de la sphère, du cylindre, son volume et celui de la sphère, etc. Son résultat le plus célèbre et le plus simple concerne le cercle. Archimède ramène sa quadrature à un autre problème: la rectification de sa circonférence, c'est-à-dire «trouver une ligne droite égale qui lui soit égale», problème qu'il résout à l'aide d'une courbe géométrique que l'on appelle désormais "spirale d'Archimède". En outre, il calcule des valeurs approchées du rapport circonférence/diamètre (ce que nous appelons le nombre "Pi").


Avogadro

Avogadro, Amedeo (1776-1856), Fils d'un magistrat de Turin, Amadeo Avogadro commence par suivre la voie paternelle. Il passe une licence de droit en 1795 et s'inscrit au barreau de sa ville natale. Mais son goût pour la physique et la mathématique, auxquelles il n'a cessé de s'intéresser en solitaire, le pousse à entamer sur le tard des études scientifiques. En 1809, il fait une communication à l'Académie royale de Turin ; le succès qu'il remporte grâce à elle lui permet d'obtenir un poste de professeur au Collège royal de Verceil. En 1820, l'Université de Turin crée pour lui une chaire de physique qu'il gardera jusqu'à la fin de sa vie. C'est en étudiant les lois régissant la compression et la dilatation des gaz qu'Avogadro énonce, en 1811 l'hypothèse restée célèbre sous le nom de "loi d'Avogadro". Reposant sur la théorie atomique de Dalton et la loi de Gay-Lussac sur les rapports volumiques, la théorie d'Avogadro indique que deux volumes égaux de gaz différents, dans les mêmes conditions de température et de pression, contiennent le même nombre de molécules. Sous son apparente simplicité, cette loi comporte des implications importantes ; grâce à elle, il devient possible de déterminer la masse molaire d'un gaz à partir de celle d'un autre. Mais les chimistes de l'époque, plus intéressés par les expériences, boudent quelque peu les études théoriques d'Avogadro qui ne seront d'ailleurs reconnues que 50 ans plus tard. Le nom d'Avogadro reste également lié à celui du "nombre d'Avogadro" indiquant le nombre de molécules contenues dans une seule mole.


Bachelier Bachelier, Louis (1870-1946) est né au Havre dans une famille de négociants. Il apparaît à sa majorité sur les listes électorales du Havre en 1892 comme représentant de commerce à la même adresse professionnelle que son père. Après avoir effectué son service militaire, à l'âge de 22 ans, il reprend ses études à la faculté des sciences de Paris. Elles sont couronnées par une licence ès sciences en 1895 (mention passable) et par la soutenance en 1900 de sa non moins fameuse et méconnue thèse de doctorat en mathématiques. Bien que cette thèse soit considérée aujourd'hui comme un travail précurseur en théorie des probabilités et en théorie financière, elle ne vaut à l'époque à son auteur qu'une mention honorable. De 1913 à 1914 Bachelier dispensa un cours libre de théorie des probabilités appliquées à la mécanique, la balistique et la biométrie. Il fut également chargé de conférences supplémentaires sur la mathématique générale de 1913 à 1914.  Ce n'est qu'après la guerre de 1914-1918 qu'il obtient un premier poste de chargé de cours à la faculté des sciences de Besançon. Après divers remplacements à Dijon puis à Rennes, il revient à Besançon en 1927 comme professeur titulaire de la chaire de calcul différentiel et intégral, poste qu'il occupe jusqu'à sa retraite en 1937. Louis Bachelier a, parmi ses nombreux travaux, été le premier a avoir introduit la continuité dans les problèmes de probabilité en prenant le temps comme variable. En particulier, il a élaboré une théorie mathématique du mouvement brownien 5 ans avant Albert Einstein. Il est également bien avant Norbert Wiener, le premier à avoir défini la fonction du mouvement brownien et donné un grand nombre de ses propriétés.

Banach Banach, Stefan (1892-1945) mathématicien polonais qui a posé les bases de l'analyse fonctionnelle. Né à Cracovie en 1892, en Autriche-Hongrie (actuellement ville polonaise). Banach fit ses études secondaires à Cracovie; il se révéla particulièrement brillant en mathématiques et en sciences naturelles, mais son désintérêt pour les autres matières l'empêcha d'obtenir les meilleures mentions.  La vie (au moins mathématique) de Banach va basculer au printemps 1916, quand il rencontre Steinhaus à Cracovie. Avec Otto Nikodym, ils décident de fonder une société mathématique. La recherche mathématique de Banach commence là. Son premier article est cosigné avec Steinhaus. Steinhaus lui avait parlé d'une propriété qu'il ne parvenait pas à démontrer, et après quelques jours de réflexion, Banach exhiba un contre-exemple. Il est difficile de dire ce qu'il serait advenu de l'activité mathématique de Banach sans la rencontre avec Steinhaus, mais toujours est-il qu'il entama à compter de celle-ci une recherche intense et fructueuse. Banach retourne à Lvov en 1920 où un poste d'assistant lui est proposé. Il soutient sa thèse en 1922, et c'est dans cette thèse qu'apparaît pour la première fois la notion d'espace de Banach, qu'y sont démontrés les théorèmes fondamentaux sur ces objets, où on y évoque la topologie faible... Bref, cette thèse marque la naissance de l'analyse fonctionnelle. En 1929, il fonde avec Steinhaus la revue mathématique Studia Math, consacrée au développement de l'analyse fonctionnelle, et en 1939 il est élu président de la société mathématique de Pologne. En 1945, peu avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il décède d'un long cancer. De nombreux théorèmes sont associés au nom de Banach, qu'il les ait démontrés lui-même, ou qu'ils fassent référence à ces idées. Citons entre autres: le théorème de Hahn-Banach de prolongement des formes linéaires continues, le théorème de Banach-Steinhaus, de Banach-Alaoglu, le théorème du point fixe de Banach, ainsi que le paradoxe de Banach-Tarski.

Bell

Bell, John (1928-1990) fut dès la plus petite enfance attiré par les livres traitant des sciences. À cause de problèmes financiers familiaux, il ne put poursuivre immédiatement des études académiques. Il travailla donc pendant une année en tant que technicien au département de physique de l'université de Queen's à Belfast avant de devenir étudiant en 1945 dans ce même département. Il sortit premier de sa promotion en mathématiques-physique. Bell trouva dans les années 1960 une nouvelle inspiration dans les bases de la théorie quantique, une matière supposée épuisée par les résultats de la discussion de Bohr-Einstein 30 ans plus tôt, et ignorée par pratiquement tous ceux qui ont employé la théorie quantique entre-temps. Effectivement, Bell était intrigué par les incertitudes quantiques de Heisenberg et voulait creuser le sujet en montrant que la discussion de tels concepts comme le "réalisme", le "déterminisme" et la "localité" pouvaient être affiliés dans un rapport mathématique rigoureux: "les inégalités de Bell" vérifiables expérimentalement. Bell poussa très loin les doutes qu'il avait sur les principes d'incertitudes au point qu'il en irrita même son professeur (Sloane) qui lui fit remarquer que maintenant il allait un peu trop loin! Bell attendit son travail de thèse pour développer ses idées. Malheureusement, à nouveau à cause de problèmes financiers, il dut repousser ses recherches à plus tard et joindre le centre anglais de recherche atomique à Harwell. Pendant sa carrière, il épousa une femme (Mary Bell) qui l'aida dans le développement de ses travaux sur les principes fondamentaux de la théorique quantique. C'est, en 1951, avec Rudolf Peierls que Bell développa sa célèbre théorie C.P.T. (Charge, Parity, Time). Malheureusement, pour Bell, Gerhard Lüders et Wolfgang Pauli arrivèrent au même résultat dans la même période et c'est à eux que furent attribué les crédits de la découverte. Les développements théoriques de Bell sont à l'origine de la cryptographie et de la théorique de l'information quantique. L'attention à la théorie quantique de l'information a énormément augmenté au cours des dernières années, et le sujet semble sûr d'être l'un des secteurs scientifiques dont la croissance sera la plus importante au 21ème siècle. Un autre travail de première importance de Bell en 1969 fut la participation au développement de "l'anomalie A.B.J." (Adler-Bell-Jackiw) dans la théorie quantique des champs. Ces trois physiciens montrèrent que le modèle algébrique standard contentait une erreur. Effectivement, la quantification du modèle des champs brise une symétrie. Bell fut nommé pour le prix Nobel, qu'il aurait certainement obtenu s'il n'était pas décédé d'une attaque cérébrale en 1990.


Bernoulli

Bernoulli, Daniel (1700-1782), est un savant suisse qui découvrit les principes de base du comportement d'un fluide (c'est le fils de Jean Bernoulli et le neveu de Jacques Bernoulli.). Il cultiva à la fois les sciences mathématiques et les sciences naturelles, enseigna les mathématiques, l'anatomie, la botanique et la physique. Ami de Leonhard Euler, il travaille avec lui dans plusieurs domaines des mathématiques et de la physique (il partagea avec lui dix fois le prix annuel de l'Académie des sciences de Paris), qu'il s'en fit une sorte de revenu. Les différents problèmes qu'il tente de résoudre (théorie de l'élasticité, mécanisme des marées) le conduisent à s'intéresser et développer des outils mathématiques tels que les équations différentielles ou les séries. Il collabore également avec Jean le Rond d'Alembert dans l'étude des cordes vibrantes. Il étudia l'écoulement des fluides (1738) et formula le principe (le fameux théorème de Bernoulli) selon lequel la pression exercée par un fluide est inversement proportionnelle à sa vitesse d'écoulement. Il utilisa des concepts atomistes pour ébaucher la première théorie cinétique des gaz, en exprimant leur comportement en termes de probabilités sous des conditions particulières de pression et de température. On peut le considérer comme l'un des fondateurs de l'hydrodynamique.


Bernoulli

Bernoulli, Jacques (1654-1705), est un mathématicien et physicien suisse, frère de Jean Bernoulli et oncle de Daniel Bernoulli et Nicolas Bernoulli. Né à Bâle en 1654, il rencontre Robert Boyle et Robert Hooke lors d'un voyage en Angleterre en 1676. Après cela, il se consacre à la physique et aux mathématiques. Il enseigne à l'université de Bâle à partir de 1682, devenant professeur de mathématiques en 1687. Il mérita par ses travaux et ses découvertes d'être nommé associé de l'Académie des sciences de Paris (1699) et de celle de Berlin (1701). Sa correspondance avec Gottfried Wilhelm Leibniz le conduit à étudier le calcul infinitésimal en collaboration avec son frère Jean. Il fut un des premiers à comprendre et à appliquer le calcul différentiel et intégral, proposé par Leibniz, découvrit les propriétés des nombres dits depuis "nombres de Bernoulli" et donna la solution de problèmes regardés jusque-là comme insolubles. Il pose les principes du calcul des probabilités et introduit les nombres de Bernoulli dans un ouvrage publié après sa mort en 1713.


Bernoulli

Bernoulli, Jean (1667-1748), est un mathématicien et physicien suisse. Frère de Jacques Bernoulli et père de Daniel et Nicolas Bernoulli, il professa les mathématiques à Groningue (1695), puis à Bâle, après la mort de Jacques Bernoulli (1705), et devint associé des Académies de Paris, de Londres, de Berlin et de Saint-Pétersbourg. Formé par son frère Jacques Bernoulli, il avait longtemps travaillé de concert avec lui à développer les conséquences du nouveau calcul infinitésimal inventé par Gottfried Leibniz ; mais il s'établit ensuite entre eux, à l'occasion de la résolution de quelques problèmes, une rivalité qui dégénéra en inimitié. Il a aussi contribué dans beaucoup de secteurs aux mathématiques y compris le problème d'une particule se déplaçant dans un champ de gravité. Il trouva l'équation de la chaînette en 1690 et développa le calcul exponentiel en 1691. Il eut aussi la gloire de former Leonhard Euler. Il vint à Paris en 1690, et se lia avec les savants les plus distingués, particulièrement avec de L'Hôpital. Jean Bernoulli est devenu membre de la Royal Society en 1712.


Biot

Biot, Jean-Baptiste (1774-1862) né et décédé à Paris était un physicien, astronome et mathématicien. Jean-Baptiste fit des études secondaires (humanités) à Paris au collège Louis-le-Grand jusqu'en 1791. Il commence des études d'ingénieur à l'École des ponts et chaussées en janvier 1794, puis rejoint l'École centrale des travaux publics (future École polytechnique) à son ouverture en décembre 1794 au Palais Bourbon. Un an plus tard (1795) il rejoint à nouveau l'École des ponts et chaussées pour terminer sa formation d'ingénieur. C'est vers l'enseignement que Biot oriente sa carrière après ses études d'ingénieur. Il devient professeur de mathématiques à l'École centrale du département de l'Oise à Beauvais en 1797. Grâce à l'appui de Laplace, il est nommé en 1800, âgé de 26 ans, professeur de physique mathématique au Collège de France. Il est entre 1816 et 1826 chargé de la moitié du cours de physique pour l'acoustique, le magnétisme et l'optique, Gay-Lussac, titulaire de la chaire de physique, enseignant la chaleur, les gaz, l'hygrométrie, l'électricité et le galvanisme. Il formule avec Félix Savart, la loi de Biot-Savart, qui donne la valeur du champ magnétique produit en un point de l'espace par un courant électrique en fonction de la distance de ce point au conducteur.


Bessel

Bessel, Friedrich (1784-1846) Né à Minden en Westphalie, Bessel commença à travailler très jeune comme commis. Attiré par la navigation maritime, il s'intéressa aux observations nautiques, construisant lui-même son sextant et étudiant l'astronomie à ses heures de liberté. Il calcula la trajectoire de la comète de Halley, résultat qui fut immédiatement publié et lui permit d'obtenir, en 1806, un emploi d'assistant à l'observatoire de Lilienthal. En 1810, il devint directeur du nouvel observatoire de Königsberg, tout en poursuivant des études mathématiques. Il dut enseigner la mathématique à ses étudiants en astronomie jusqu'en 1825 (date à laquelle Jacobi vint enseigner cette matière à Königsberg). Toute sa vie fut consacrée à l'astronomie (il écrivit plus de 350 articles) et, peu avant sa mort, il commença l'étude du mouvement d'Uranus, problème qui devait aboutir à la découverte de Neptune. En mathématiques, Bessel est connu pour avoir introduit les fonctions qui portent son nom, les utilisant pour la première fois, en 1817, lors de l'étude d'un problème de Kepler, et les employant plus complètement 7 ans plus tard pour étudier les perturbations planétaires.


Bohr

Bohr, Niels Henrik David (1885-1962), physicien danois, prix Nobel en 1922, pour sa contribution à la physique nucléaire et à la compréhension de la structure atomique. La théorie de Bohr sur la structure atomique, pour laquelle il reçut le prix Nobel de physique en 1922, fut publiée entre 1913 et 1915. Son travail s'inspira du modèle nucléaire de l'atome de Rutherford, dans lequel l'atome est considéré comme un noyau compact entouré d'un essaim d'électrons. Le modèle pose en principe que l'atome n'émet de rayonnement électromagnétique que lorsqu'un électron se déplace d'un niveau quantique à un autre. Ce modèle contribua énormément aux développements ultérieurs de la physique atomique théorique.


Boltzmann

Boltzmann, Ludwig (1844-1906), physicien autrichien qui contribua à établir les bases de la mécanique statistique. Ayant fait ses études à Vienne et à Oxford, il enseigna la physique dans différentes universités allemandes et autrichiennes pendant plus de 40 ans. Développant la théorie cinétique des gaz, notamment à partir des travaux de Maxwell, il établit que la seconde loi de la thermodynamique pouvait être obtenue sur la base de l'analyse statistique. Calculant le nombre de particules dotées d'une énergie donnée, il établit la statistique dite de Maxwell-Boltzmann. Il exprima l'entropie S d'un système en fonction de la probabilité W de son état (par l'intermédiaire de sa fameuse équation de transport à partir de laquelle démontra que l'entropie ne pouvait qu'augmenter au cours du temps... résultat qui était jusque là admis expérimentalement mais sans preuve théorique). Il put aussi établir de manière théorique la loi de Stefan relative au rayonnement d'un corps noir. Mais il lui fallut expliquer comment les principes mécaniques, où les phénomènes sont réversibles, pouvaient engendrer des lois thermodynamiques décrivant des phénomènes marqués par l'irréversibilité. Il avança l'idée que les évolutions irréversibles, quoiqu'elles ne soient que des possibilités parmi d'autres, sont si probables que ce sont pratiquement toujours elles qui se produisent.


Boole Boole, Georges (1815-1864) Mathématicien et logicien anglais, Boole est le créateur de la logique symbolique. Né à Lincoln et fils d'un petit commerçant, il reçut ses premières leçons de mathématiques de son père, qui lui apprit aussi à fabriquer des instruments d'optique. En dehors des conseils de son père et de quelques années passées dans les écoles locales, Boole est un autodidacte. Quand les affaires de son père déclinèrent, il fut obligé de travailler pour aider sa famille et, dès 16 ans, il enseigna dans des écoles de village ; à 20 ans, il ouvrit sa propre école à Lincoln. Pendant ses loisirs, il étudiait la mathématique à l'Institut de mécanique, créé vers cette époque ; c'est là qu'il se familiarisa avec les Principia de Newton, la Mécanique céleste de Laplace et la Mécanique analytique de Lagrange et qu'il commença à résoudre des problèmes d'algèbre supérieure. Boole soumit au nouveau Cambridge Mathematical Journal une série d'articles originaux dont le premier est Recherches sur la théorie des transformations analytiques ; ces articles portaient sur les équations différentielles et sur les invariants par transformation linéaire. En 1844, il étudie les liens entre l'algèbre et le calcul infinitésimal dans un important mémoire publié dans les Transactions de la Royal Society, qui lui décerne une médaille cette même année pour sa contribution à l'analyse (c'est-à-dire l'utilisation de l'algèbre dans l'étude des infiniment petits et grands). Développant de nouvelles idées sur la méthode en logique et confiant dans le symbolisme qu'il avait élaboré à partir de ses recherches mathématiques, il publie, en 1847, un opuscule, Mathematical Analysis of Logic, dans lequel il soutient que la logique doit être rattachée aux mathématiques et non à la philosophie. Bien qu'il n'eût aucun titre universitaire, Boole fut, sur la base de ses publications, nommé en 1849 professeur au Queen's College à Cork, en Irlande. Avec Boole, en 1847 et en 1854, commence l'algèbre de la logique, c'est-à-dire ce que l'on appelle de nos jours l'algèbre de Boole. Dans son ouvrage de 1854, Boole énonce complètement sa nouvelle méthode symbolique d'inférence logique, qui permet, étant donnés des propositions contenant un certain nombre de termes, d'en tirer, par traitement symbolique des prémisses, des conclusions qui étaient logiquement contenues dans les prémisses. Il rechercha aussi une méthode générale en calcul des probabilités, qui aurait permis, à partir des probabilités connues d'un système d'événements donnés, de déterminer la probabilité de tout autre événement relié logiquement aux événements donnés.

Borel Borel, Émile (1871-1956), reçu major à l'X et à ULM, il choisit cette dernière et se consacre aux mathématiques. Il fonda l'institut Henri Poincaré et fut élu député de l'Aveyron et maire de Saint-Afrique. Il étudie les mesures d'ensembles et notamment, définit les ensembles de mesure nulle et l'ensemble des boréliens, sur lequel on peut définir une mesure. Il se tourne ensuite vers les probabilités et la physique-mathématique. Borel est également considéré comme un mathématicien constructiviste. Il fut à l'origine de la théorie des jeux stratégiques et de la cybernétique que développeront von Neumann et Morgenstern. Son élève Henri Lebesgue utilisera ses résultats en topologie et théorie de la mesure pour sa théorie de l'intégration.

Born

Born, Max (1882-1970) né à Breslau est décédé à Göttingen est un physicien allemand, puis britannique. Initialement il suit ses études au collège de König-Wilhelm, et poursuit à l'Université de Breslau suivie par celle d'Heidelberg et de Zürich. Pendant les études pour son doctorat il entra en contact avec des mathématiciens comme Klein, Hilbert, Minkowski, Runge, Schwarzschild. En 1921, il est nommé professeur de physique théorique à Göttingen. Il émigre en Écosse en 1933 et devient citoyen britannique en 1939. Physicien théoricien remarquable, il est principalement connu pour son importante contribution à la physique quantique: développement (1925) de la mécanique quantique matricielle introduite par Werner Heisenberg et, surtout, il sera le premier à donner au carré du module de la fonction d'onde la signification d'une densité de probabilité de présence. Il fut également un pionnier dans la théorie quantique des solides (conditions de Born-Von Karmann) et dans l'électrodynamique non linéaire de Born-Infeld. Il est lauréat de la moitié du prix Nobel de physique de 1954 (l'autre moitié a été remise à Walther Bothe) pour ses recherches fondamentales en mécanique quantique, particulièrement pour son interprétation statistique de la fonction d'onde. La Royal Society lui décerne la Médaille Hughes en 1950.


Bose Bose, Satyendranath (1894-1974)  Mathématicien et physicien indien, connu pour ses contributions à la théorie quantique. Né à Calcutta, Bose a fait ses études au Presidency College de Calcutta. En 1924, il propose une description statistique des systèmes quantiques, reprise par Albert Einstein, et qui n'impose aucune restriction sur la distribution en énergie des particules du système. Cette description est connue sous le nom de "statistique de Bose-Einstein", par opposition à la "statistique de Fermi-Dirac". Appliquée à la théorie du rayonnement du corps noir, cette nouvelle statistique conduit à la distribution de Planck et permet de traiter ce rayonnement comme un gaz de photons. Dans le domaine de la physique des particules élémentaires, la statistique de Bose-Einstein impose à la fonction d'onde des particules (dans l'équation de Schrödinger) d'être parfaitement symétrique pour l'ensemble des variables d'espace et de spin. Les particules obéissant à cette statistique (photons, mésons p, etc.) sont appelées des bosons. Professeur de physique aux universités de Calcutta et de Dacca, Satyendranath Bose a été nommé, en 1958, professeur national des Indes.

Broglie

de Broglie, Louis Victor (1892-1987), physicien français et lauréat du prix Nobel, qui apporta une contribution essentielle à la théorie quantique avec ses études de la radiation électromagnétique. Né à Dieppe, Louis de Broglie fit ses études à Paris. Il essaya de cerner la nature dualiste de la matière et de l'énergie et proposa l'association d'une onde à toute particule. Il proposa ainsi directement comment il était possible d'obtenir les règles de quantification du modèle d'atome de Bohr et Sommerfeld en exigeant qu'un nombre entier d'ondes soit logé sur une orbite stationnaire. Sa découverte de la nature ondulatoire des électrons (1924) lui valut le prix Nobel de physique en 1929 sans qu'il proposa toutefois une équation d'onde décrivant les phénomènes quantiques (ce que fera Schrödinger). Il fut élu à l'Académie des sciences en 1933 et à l'Académie française en 1943. Il fut nommé professeur de physique théorique à l'université de Paris (1928), secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences (1942), et conseiller au Commissariat à l'énergie atomique (1945).


Brouwer Brouwer, Luitzen Egbertus Jan (1881-1966) fut un grand mathématicien néerlandais du début du 20e siècle. Né d'un père proviseur, il réalisa des études secondaires très brillantes, et très rapides. À l'université d'Amsterdam, il fut formé par Korteweg, qui est connu pour des contributions en mathématiques appliquées. Il soutient son doctorat en 1904.  De 1909 à 1913, Brouwer s'intéresse à la topologie, et découvre la majeure partie des théorèmes auxquels son nom est resté attaché, dont son fameux théorème du point fixe. Pour beaucoup, Brouwer est le père de la topologie moderne. En 1912, il obtient grâce aux recommandations de Hilbert, une chaire à l'Université d'Amsterdam. Il y enseigne la théorie des ensembles, celle des fonctions, et l'axiomatique. Plus tard, il refusera de rejoindre Hilbert à Göttingen. Pendant la première Guerre mondiale sa santé se fragilisa et il s'éloigna quelques temps des champs de la recherche scientifique. Quand il y revint, ce fut pour se consacrer à ses premières amours (sa thèse portait déjà sur ce sujet): les fondements des mathématiques.  Brouwer est le fer de lance avec Poincaré des mathématiques intuitionnistes, par opposition au logicisme de Russel et Frege, et au formalisme de Hilbert. En particulier, pour Brouwer, un théorème d'existence ne peut être vrai que si on peut exhiber un processus, même formel, de construction. Cela le conduit notamment à rejeter la loi du tiers-exclu, qui dit qu'une propriété est ou vraie, ou fausse! Les preuves ainsi obtenues sont souvent plus longues, mais Brouwer fut capable de réécrire des traités de théorie des ensembles, de théorie de la mesure, et de théorie des fonctions en se conformant aux règles de l'intuitionnisme.  Bizarrement, Brouwer n'enseigna jamais la topologie. C'est probablement dû au fait que les théorèmes que lui-même avait prouvés ne rentraient plus dans le cadre qu'il s'était fixé. Selon les témoignages de quelques-uns de ses étudiants, il était un personnage vraiment étrange, fou amoureux de sa philosophie, et un professeur auquel il ne fallait surtout pas poser de questions!

Cantor

Cantor, Georg (1845-1918) se révèle être un étudiant brillant, notamment dans les matières manuelles. Malgré les injonctions de son père, qui rêve d'en faire un ingénieur, il part en 1862 à Berlin étudier la mathématique, où ses maîtres sont Weierstrass et Kronecker. Il soutient son doctorat en 1867 (sur la théorie des nombres). Les premières recherches postdoctorales de Cantor sont consacrées à la décomposition des fonctions en sommes de séries trigonométriques (les célèbres séries de Fourier) et particulièrement à l'unicité de cette décomposition. Afin de résoudre complètement ce difficile problème, il est amené à introduire et à étudier des ensembles dits "ensembles exceptionnels". Cela le conduit à définir en 1872 très précisément ce qu'est un nombre réel, comme limite d'une suite de nombres rationnels; parallèlement, son ami Dedekind donne la même année une autre définition de la droite des réels, à partir des coupures. Cantor et Dedekind constatent à cette occasion qu'il y a beaucoup plus de réels que de rationnels, mais il n'y a pas jusque-là de définition mathématique à ce "beaucoup plus". En 1874, dans le prestigieux Journal de Crelle, Cantor donne une définition du nombre d'éléments d'un ensemble infini qui prolonge naturellement celle du cardinal d'un ensemble infini, qui prolonge celle du cardinal d'un ensemble fini. Il en découle, jusqu'en 1897, une succession de découvertes étranges: il y autant d'entiers pairs que d'entiers tout court, autant de points sur un segment que dans un carré, beaucoup plus de nombres transcendants que de nombres rationnels. Cette hiérarchie dans les ensembles infinis conduit progressivement Cantor à définir des nouveaux nombres, les ordinaux transfinis, et à définir une arithmétique sur ces nombres. Les travaux de Cantor ont eu beaucoup d'influence au 20ème siècle. On citera d'abord, en 1903, un paradoxe soulevé par Russell dans la théorie naïve des ensembles: si A est l'ensemble de tous les ensembles qui ne sont pas éléments d'eux-mêmes, A est-il contenu dans A? Les logiciens surmonteront cette difficulté conceptuelle, sans rien changer des conclusions de Cantor. Citons aussi le problème de l'hypothèse du continu. Un des derniers axes de recherche de Cantor était d'estimer le nombre d'éléments de la droite réelle. Plus précisément, Cantor souhaitait prouver l'absence de tout ensemble dont le cardinal soit strictement compris entre le cardinal des entiers et celui des réels. C'est ce que l'on appelle "l'hypothèse du continu". Tous les travaux de Cantor et de ses successeurs pour confirmer ou infirmer l'hypothèse du continu furent vains, et pour cause: en 1963, le logicien Cohen prouva que, dans une théorie standard des ensembles, l'hypothèse du continu est indécidable. On peut très bien supposer qu'elle est vraie ou qu'elle est fausse sans obtenir de contradiction dans la théorie.


Carnot

Carnot, Nicolas Léonard Sadi (1796-1832), physicien et ingénieur militaire français, considéré comme le créateur de la science thermodynamique. Fils aîné de Lazare Carnot, surnommé "le Grand Carnot", Sadi fit ses études à l'École polytechnique. En 1824, il décrivit sa conception du moteur à chaleur idéal, appelé "moteur Carnot", dans lequel toute l'énergie disponible est utilisée. Il découvrit que la chaleur ne pouvait passer d'un corps froid à un corps plus chaud, et que le rendement d'un moteur dépendait de la quantité de chaleur qu'il était capable d'utiliser. Cette découverte, ou cycle de Carnot, est à la base de la seconde loi de la thermodynamique.


Cartan

Cartan, Élie (1869-1951) fit ses études primaires à l'École de Dolomieu, puis au collège de Vienne et au lycée de Grenoble. Il suivit au lycée Jeanson-de-Sailly la préparation à l'École Normale Supérieure, où il entra en 1888. Il y suivit notamment les enseignements de Poincaré, Picard et de Hermite. Les premiers travaux d'Élie Cartan qui devaient déboucher sur sa thèse soutenue en 1894, portent sur les groupes de Lie simples complexes, où il reprend, corrige et développe les résultats de structure et de classification obtenus par W. Killing. Élie Cartan obtient un poste de lecteur à l'Université de Montpellier de 1894 à 1896, puis à la Faculté des sciences de Lyon de 1896 à 1903. La même année, il est nommé professeur à la Faculté des sciences de Nancy, où il restera jusqu'en 1909. Il donne en même temps des cours à l'École d'Électrotechnique et de Mécanique Appliquée. Il rédige deux grands articles sur une généralisation en dimension infinie des groupes de Lie simples. Il élabore la méthode du "repère mobile", et la théorie des formes extérieures qui devaient influencer le développement ultérieur de la géométrie différentielle. En 1909, il quitte Nancy pour venir enseigner à la Sorbonne, où il est nommé professeur en 1912. Il assure par ailleurs un enseignement à l'École de Physique et Chimie de Paris. En 1914, il résout le problème de la classification des groupes de Lie simples réels, et détermine les représentations de dimension finie de ces groupes. Pendant la guerre, il sert comme sergent dans l'hôpital aménagé dans les locaux de l'École Normale Supérieure, tout en continuant ses travaux mathématiques. Son oeuvre mathématique ultérieure est considérable, avec près de 200 publications et de nombreux ouvrages. Parmi les thèmes abordés, mentionnons l'étude des systèmes de Pfaff, la théorie de la déformation, l'étude des variétés à courbure constante négative, la théorie de la gravitation d'Einstein, la théorie des connexions affines, les groupes d'holonomie, les espaces riemanniens symétriques, les spineurs. Il est aussi l'auteur de plusieurs articles sur l'histoire de la géométrie. Il prit sa retraite en 1940.


Cauchy

Cauchy, Augustin-Louis (1789-1857). C'est à Cherbourg que Cauchy commence ses recherches mathématiques sur les polyèdres, et ses premiers résultats sont prometteurs. Mais, fatigué par le cumul de la charge d'ingénieur et des longues veillées de recherche, Cauchy connaît un état dépressif qui s'éternise et le pousse à retourner vivre chez ses parents. À Paris, il cherche une situation en adéquation avec sa volonté de faire de la recherche en mathématique pure. En 1815, il achève un brillant mémoire où il démontre un célèbre théorème de Fermat sur les nombres polygonaux. Ceci fera beaucoup pour sa notoriété, et en 1816, il accède à l'Académie des Sciences, en remplacement de Carnot et Monge touchés par l'épuration. Le cours d'analyse que Cauchy professe à l'École Polytechnique est décrié tant par ses élèves que par ses collègues des autres matières. Pourtant, c'est ce cours publié en 1821 et 1823, qui devait devenir la référence de l'analyse au 19ème siècle. en mettant en avant la rigueur, et plus seulement l'intuition. C'est la première fois que de vraies définitions de limites, de continuité, de convergence de suites, de séries, sont énoncées. Cette rigueur reste toutefois encore relative, puisque Cauchy "prouve" que la limite d'une série de fonctions continues est continue, ce qui est faux. Il est vrai que Cauchy ne dispose pas encore d'une définition claire et précise des nombres réels. C'est l'époque aussi où Cauchy réalise des travaux profonds sur les fonctions d'une variable complexe (établissant par exemple l'expression des résidus), ainsi que des avancées dans la théorie des groupes finis. Cauchy ne fut jamais le chef d'une école de mathématiciens, et il se comporta parfois maladroitement avec de jeunes chercheurs comme Abel ou Galois, dont il sous-estime, ou même perd, des mémoires de première importance. Ses relations avec ses collègues ne sont en général pas très faciles.

Cayley Cayley, Arthur (1821-1895), né à Richmond (Surrey), manifesta très tôt de vives dispositions pour la mathématique. Cependant, malgré le grand intérêt de ses premières publications, il ne put s'imposer comme mathématicien ; il décida de faire des études de droit et devint avocat en 1849. Pendant 14 ans, il exerça ce métier tout en s'adonnant à des recherches scientifiques. En 1863, Cayley est nommé professeur à Cambridge et peut enfin se consacrer entièrement aux mathématiques. Dans l'ensemble de l'oeuvre de Cayley, notamment dans ses travaux de jeunesse, est sensible l'influence des fondateurs de l'école algébrique anglaise qui avaient formulé le programme de l'algèbre moderne en accordant une priorité marquée à l'approche formelle des problèmes. Mathématicien lettré et créateur, Cayley, dans le sillage de l'école anglaise, sut élaborer de nouvelles et fructueuses théories. La richesse de l'approche de Cayley apparaît dès ses premiers travaux sur la théorie des groupes (1854). Cayley, abordant les travaux de Galois, Gauss et Cauchy avec les méthodes des algébristes anglais, donne une définition des groupes abstraits ce qui le conduisit à la notion d'isomorphisme. L'étude des systèmes d'équations linéaires conduisit Cayley à celle des déterminants. Dans ses premiers travaux, il établit de nombreuses règles de calcul sur les déterminants, y compris la relation de multiplication des déterminants qui figurait déjà dans les travaux de Cauchy, Binet et Jacobi. À côté d'études originales sur les déterminants, on y rencontre la notion de tableau rectangulaire représentant les coefficients d'un système d'équations linéaires ou les coefficients d'une transformation linéaire. Cayley étudie les matrices rectangulaires à coefficients réels ou complexes ; il introduit les opérations sur les matrices et décrit leurs propriétés, y compris le caractère non commutatif de la multiplication. Il s'agit là sans doute de la première apparition de l'algèbre linéaire. Quelques années plus tard, Cayley étudiera aussi les systèmes non associatifs et publiera des résultats d'algèbre multilinéaire. Cayley a consacré un grand nombre de ses publications aux problèmes de la géométrie et à l'étude des courbes et des surfaces algébriques. À 22 ans, il émettait l'idée de la géométrie à n dimensions, idée qui fut formulée aussi, presque simultanément, mais sous une forme un peu différente, par Grassman. Cayley ne revint que beaucoup plus tard (en 1870) sur l'espace à n dimensions, mais sa méthode algébrique contribua aux importantes découvertes qui eurent lieu dans les autres domaines de la géométrie. C'est ainsi que, dans le Sixth Memoir on Quantics de 1859, il introduit la métrique projective, subordonnant ainsi la géométrie métrique à la géométrie projective ; il démontre alors que les notions fondamentales de la géométrie métrique (angles et distances) sont les invariants et les covariants de certaines transformations linéaires de la quadrique absolue.

Chandrasekhar

Chandrasekhar, Subrahmanyan (1910-1995) obtint à l'âge de 23 son doctorat au Trinity College de l'université de Cambridge. Spécialiste en astrophysique Chandrasekhar fit progresser de façon décisive la connaissance de l'évolution hydrodynamique et hydromagnétique des transferts d'énergie par rayonnement sans oublier les effets quantiques et relativistes dans les évolutions des étoiles. Sa contribution majeure dans ce domaine est la transformation des étoiles en naines blanches et au-delà d'un astre d'une masse supérieur à la limite de Chandrasekhar (1.44 celle du soleil), l'effondrement de l'astre en une étoile à neutrons. Les objets plus massifs donnant eux des trous noirs.


Clairaut Clairaut, Alexis-Claude (1713-1765) était un membre de l'Académie française des sciences et fut l'un des mathématiciens et physiciens les plus renommés du 18ème siècle. À l'âge de 10 ans, il connaissait le calcul infinitésimal, à 12 ans, il soumettait sa première étude à l'académie des sciences et à 18 ans, il publia un livre contenant des extensions importantes à la géométrie qui lui ont valu l'admission à l'académie en 1731. Clairaut fut l'un des scientifiques qui accompagnaient Maupertuis en Laponie pour acquérir les dates nécessaires pour la détermination de la forme de la Terre. En 1743, il publia sa Théorie de la figure de la Terre, qui calculait plus précisément que l'avait fait Newton, la forme qu'adopte un corps en rotation due à la gravitation naturelle de ses parties. En 1760, il publia sa Théorie du mouvement des comètes, qui prédit avec précision la date à laquelle la comète de Halley sera arrivée au point le plus proche du soleil.

Cohen Cohen, Paul Joseph (1934-2007) était un mathématicien et logicien né au New Jersey en décédé à Stanford. En 1963, Cohen a découvert une nouvelle construction de modèles, appelée "forcing", qui joue désormais un rôle fondamental dans la théorie des ensembles et dans la théorie des modèles. Il a aussi construit des modèles de la théorie des ensembles (supposée consistante) dans lesquels l'axiome du choix et l'hypothèse du continu ne sont pas vérifiés, ce qui, compte tenu de l'oeuvre antérieure de Kurt Gödel, établit que l'axiome du choix et l'hypothèse du continu sont indépendants des systèmes usuels de la théorie des ensembles. Ce travail a valu à Cohen, en 1966, la médaille Fields de l'Union Mathématique Internationale. Il est également l'auteur de travaux intéressants en analyse classique.

Connes Connes, Alain (1947-   ) né à Draguignan. Ancien élève à l'École normale supérieure, il a reçu, en 1980, le prix Ampère, l'un des plus importants décernés par l'Académie des sciences. Il a été élu membre de cette académie, dont il a été le benjamin, en 1981. Les premiers travaux d'Alain Connes s'inscrivent directement dans la tradition de John von Neumann et de ses continuateurs immédiats. Le développement de la physique quantique vers les années vingt avait mis à l'ordre du jour l'étude d'espaces non plus à trois dimensions, comme celui où nous croyons vivre, ni à quatre, comme en relativité einsteinienne, mais à une infinité de dimensions (les espaces de Hilbert). L'un des outils essentiels de la physique quantique est la notion d'opérateur dans un tel espace, notion généralisant celle de rotation d'un espace euclidien. La théorie des algèbres d'opérateurs a débuté vers 1930 par les travaux de von Neumann, qui a montré l'importance d'un certain type d'algèbres d'opérateurs, appelées aujourd'hui "algèbres de von Neumann", et qui a établi pour ces algèbres un théorème de décomposition en facteurs premiers assez analogue au théorème de décomposition bien connu pour les nombres entiers usuels. Dès l'origine, les facteurs avaient été classés en trois types: facteurs de type I, II, III. On a eu assez tôt une bonne compréhension des facteurs de type I et pas mal d'informations sur  ceux de type II, mais les facteurs de type III sont restés pendant longtemps beaucoup plus mystérieux. Même les exemples étaient rares et von Neumann disait, à propos de ce cas: "C'est le plus réfractaire de tous, et les outils pour l'étudier nous font défaut, au moins pour l'instant". La première réussite de Connes, qui lui a d'emblée valu la renommée internationale, a été une percée spectaculaire vers l'élucidation de la structure des facteurs de type III ; on peut dire qu'il est le premier à avoir acquis une connaissance concrète de ces objets, jusque-là assez énigmatiques, pris dans leur ensemble. Très grosso modo, les résultats de Connes ramènent l'étude des facteurs de type III à celle des facteurs de type II et de leurs automorphismes. L'oeuvre d'Alain Connes est celle d'un mathématicien très complet, capable de résoudre des problèmes difficiles, légués par le passé, mais aussi de transformer entièrement une discipline par l'introduction d'idées nouvelles, d'une grande originalité.

Copernic

Copernic, Nicolas (1473-1543), Étudiant à l'université de Cracovie à partir de 1491, il se rend ensuite en Italie pour y suivre des cours de droit canon à l'université de Bologne. Il suit également les cours d'astronomie de Domenico Maria Novara, un des premiers scientifiques à remettre en cause les enseignements de Ptolémée. En 1500, il enseigne la mathématique à Rome, avant de retourner pour un an à Frauenburg où son oncle l'a nommé chanoine en 1497. Ayant obtenu l'autorisation de poursuivre ses études en Italie, il s'inscrit aux facultés de droit et de médecine de Padoue et obtient son doctorat en droit canon à Ferrare en 1503. Enfin, il retourne à Frauenburg où il fait construire un observatoire et entame ses recherches en astronomie. Il y demeurera jusqu'à sa mort. La cosmologie de l'époque est alors basée sur le système géocentrique de Ptolémée. La Terre se trouve immobile au centre de plusieurs sphères concentriques qui portent la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et enfin les étoiles. Mais ce système ne convient pas à Copernic, qu'il trouve compliqué et bancal. Il consulte alors les auteurs de l'Antiquité (Cicéron, Aristarque de Samos, etc.) et constate que certains d'entre eux envisagent la rotation des planètes, dont la Terre, autour du Soleil, considéré comme fixe. Copernic démontre alors que la combinaison des mouvements de la Terre et des planètes explique parfaitement le mouvement apparent des planètes (dans le sens direct et rétrograde). De plus, il établit que leurs changements de diamètre apparent apparaissent comme une conséquence de leur révolution autour du Soleil. Ses recherches se poursuivront pendant 36 ans et il démontrera que la Lune est un satellite de la Terre et que l'axe de la Terre n'est pas fixe. Son oeuvre maîtresse De Revolutionibus orbium coelestium est publiée en 1543 à Nuremberg et Copernic n'en reçoit les premiers exemplaires que quelques heures avant sa mort. Dans la dédicace qu'il fait au Pape Paul III, il présente son système comme une pure hypothèse, évitant ainsi la vindicte de l'Église. Adopté un siècle après sa mort après avoir été violemment rejeté, le système copernicien apporta une profonde révolution dans la conception du monde et plus généralement dans la pensée scientifique.


Coriolis

Coriolis, Gaspard (1792-1843), ingénieur et mathématicien français qui mit en évidence les forces centrifuges composées, dites "forces de Coriolis". Cet ingénieur des Ponts et Chaussées est l'auteur d'importants travaux en mécanique. En 1835, il démontra que l'accélération d'un mobile dans un référentiel en rotation est soumis à une complémentaire (force de Coriolis) perpendiculaire au sens de déplacement du mobile dans ce référentiel. Bien que de faible intensité à la surface de la Terre, cette force, produite par la rotation de la planète, influence la direction des courants marins et aériens. Elle produit une déviation vers l'est et explique, par exemple, le mouvement circulaire des ouragans.


Coulomb

Coulomb, Charles Augustin de (1736-1806), physicien français, pionnier de la théorie de l'électricité. Né à Angoulême, il servit comme ingénieur militaire pour la France aux Antilles, mais se retira à Blois à la révolution française, pour continuer ses recherches sur le magnétisme, le frottement et l'électricité. En 1777, il inventa la balance de torsion qui permet de mesurer la force de l'attraction magnétique et électrique. Grâce à cette invention, Coulomb fut capable de formuler le principe, maintenant connu sous le nom de loi de Coulomb, qui gouverne l'interaction entre les charges électriques. En 1779, Coulomb publia le traité Théorie des machines simples, une analyse du frottement dans les machines. Après la révolution, Coulomb quitta sa retraite et aida le nouveau gouvernement à concevoir un système métrique pour les poids et mesures. L'unité utilisée pour exprimer la quantité de charge électrique, le "Coulomb", tient son nom du physicien


Cournot

Cournot, Antoine Augustin (1801-1877) étudia au collège de Gray de 1809 à 1816. Il obtient des prix d'excellence de mathématiques. Il entre en 1820 au collège Royal de Besançon et obtient le prix d'honneur de mathématiques spéciales. Avec deux mémoires et deux traductions de traités divers de mathématiques, il se fait remarquer par Poisson, qui le fait nommer en 1834 professeur d'analyse et de mécanique à la faculté des sciences de Lyon. Augustin Cournot est un savant, c'est-à-dire un homme de savoir étendu à tous les domaines de la science, un savant philosophe mais, qui par sa modestie, n'a pas connu la célébrité. Cournot fut d'abord un professeur et un vulgarisateur d'une grande clarté. Trois ouvrages mathématiques le distingue: Traité élémentaire de la théorie des fonctions et du calcul infinitésimal (1841); Exposition de la théorie des chances et des probabilités (1843) ; De l'origine et des limites de la correspondance entre l'algèbre et la géométrie (1847). Mais le génie de Cournot se situe dans l'introduction des probabilités en économie. Il est le précurseur des théories modernes en économie, reprises ensuite par Léon Walras qui dans sa notice autobiographique achevée en 1904, ainsi que dans plusieurs lettres, a rappelé le rôle primordial qu'ont joué dans le développement de sa pensée, d'une part, l'oeuvre d'Antoine Augustin Cournot et d'autre part, celle de son père, l'économiste et philosophe Auguste Walras qui fut le condisciple d'Augustin Cournot à l'École Normale.


Clausius Clausius, Rudolf (1822-1888) est l'un des plus grands physiciens du 19ème siècle. Il est connu principalement pour sa contribution à l'étude de la thermodynamique. Le premier, ce savant allemand formula ce que l'on a coutume d'appeler le "deuxième principe" et proposa une définition claire de l'entropie. Il est aussi l'un des principaux créateurs de la théorie cinétique des gaz. Né à Köslin, en Poméranie, Clausius fréquenta les universités de Berlin, puis de Halle dont il sortit diplômé en 1848. Professeur jusqu'à sa mort, il fut titulaire de la chaire de physique de l'École royale d'artillerie et du génie à Berlin (1850-1855), puis, simultanément, à l'université et à l'École polytechnique de Zürich (1855-1867), ensuite à l'université de Würzburg (1867-1869), enfin à celle de Bonn, de 1869 à sa mort. Sa première publication, en 1850 dans les Annalen der Physik de Poggendorff, attira largement l'attention. Il cherchait à y concilier l'idée de l'équivalence entre le travail et la chaleur. Clausius fit remarquer que l'hypothèse de la conservation de la chaleur dans le processus de transfert n'était pas une partie essentielle de la théorie de Carnot. Il établit en fait que, dans une machine idéale, la quantité de chaleur prise à la chaudière doit toujours être supérieure à celle qui est cédée au condenseur, et ce d'une quantité exactement équivalente au travail fourni. Cette importante synthèse effectuée, Clausius, dans la même publication, énonça ce que nous appelons aujourd'hui le deuxième principe de la thermodynamique. C'était la généralisation de la nécessité, déjà établie par Carnot, de la présence, non seulement d'un corps chaud (la chaudière), mais aussi d'un corps froid (le condenseur) pour qu'un travail soit fourni par une machine à vapeur. En 1854, Clausius, poussant plus avant les vues exprimées dès 1850, proposa le premier énoncé clair du concept de l'entropie. Il cherchait à mesurer l'aptitude de l'énergie calorifique de n'importe quel système réel non idéal à fournir du travail. Dans le cas de la conduction thermique le long d'un barreau solide, par exemple, la chaleur passe de l'extrémité chaude à l'extrémité froide sans fournir aucun travail, bien que ce transfert s'accompagne d'une diminution de l'aptitude de l'extrémité chaude à servir par la suite de source potentielle de travail. Cette diminution survient parce qu'à la fin du processus l'énergie calorifique est détenue par un corps situé à une température inférieure à celle de l'état initial. Elle n'a donc pas été perdue, mais seulement dégradée puisque, d'après le deuxième principe de la thermodynamique, on ne peut retrouver la température initiale qu'avec l'aide d'un travail extérieur. Les dernières contributions majeures de Clausius à la science datent de 1857 et 1858 et sont relatives à la théorie cinétique des gaz. Bien qu'il ne soit pas le premier à avoir conçu cette dernière, déjà proposée et discutée par Joule et Krönig notamment, il prend rang avec Maxwell parmi ses fondateurs. Il introduisit le concept du libre parcours moyen et établit l'importante distinction entre l'énergie de translation et l'énergie interne d'une particule de gaz. De plus, on lui reconnaît généralement le mérite d'avoir, par ses travaux théoriques, jeté un pont entre la théorie atomique et la thermodynamique.

Curie Curie, Pierre (1859-1906)  est considéré comme un des pionniers de la chimie/physique sur la radioactivité. C'est même lors d'une thèse publiée en 1898 que le terme radioactivité fut employé pour la première fois par sa femme Marie et lui. L'éducation de Pierre commença à un très jeune âge par son père, qui était médecin général. Les Curie avaient l'habitude de fréquenter la campagne et les environs de Paris les dimanches ; Pierre, lors de ses promenades, apprit rapidement tous les noms de plantes et d'animaux. Étant donné que l'école n'était pas obligatoire à cette époque (pas avant 1881 où la loi Ferry l'a rendue obligatoire), Pierre reçut son éducation à la maison, en compagnie de sa mère, ensuite avec son frère et par après, avec des précepteurs et finalement, seul. À l'âge de 14 ans, l'éducation de Pierre fut confiée à M. Bazille qui lui enseigna la mathématique élémentaire et spéciale, ceci développa énormément les capacités mentales de Pierre qui avait clairement un intérêt pour la mathématique. À l'âge de 16 ans, il fut reçu bachelier en sciences. En 1877, il obtint la licence en sciences physiques de l'école de pharmacie. Dans les années qui suivront, il étudiera les cristaux et le magnétisme, ce qui le mènera éventuellement à la découverte de la piézo-électricité. En 1877, il prit un poste comme préparateur où il fut payé la somme de 1200 francs par année. Il devint par après démonstrateur d'expériences de physique pour les laboratoires jusqu'en 1882 où il devint directeur de tous les travaux pratiques aux écoles de physique et de chimie industrielle. Pierre épousa sa femme Marie Sklodowska en 1895 et ils eurent ensemble deux enfants, Irène et Êve. Pierre Curie gagna en 1903, avec sa femme, le prix Nobel de physique pour leurs travaux sur les substances radioactives et leurs découvertes de deux nouveaux éléments: le radium et le polonium.

Curie Curie, Marie (1867-1934) chimiste et physicienne né à Varsovie et décédée en Haute-Savoie. Fille d'un père professeur de mathématiques et de physique et d'une mère institutrice, elle est la benjamine d'une famille de 4 sœurs. Entre 1876 et 1878 elle perd une sœur et sa mère. Elle se réfugie alors dans les études où elle excelle dans toutes les matières, et où la note maximale lui est accordée. Elle obtient ainsi son diplôme de fin d'études secondaires avec la médaille d'or en 1883. Elle souhaite poursuivre des études supérieures et enseigner, mais ces études sont interdites aux femmes. Lorsque sa sœur aînée, Bronia, part faire des études de médecine à Paris, Marie s'engage comme gouvernante en province en espérant économiser pour la rejoindre, tout en ayant initialement pour objectif de revenir en Pologne pour enseigner. Au bout de 3 ans, elle regagne Varsovie, où un cousin lui permet d'entrer dans un laboratoire. En 1891, elle part pour Paris, où elle est hébergée par sa sœur et son beau-frère. La même année, elle s'inscrit pour des études de physique à la faculté des sciences de Paris. Trois ans plus tard, elle obtient sa licence en sciences physiques, en étant première de sa promotion. Pendant l'été, une bourse d'études lui est accordée, qui lui permet de poursuivre ses études à Paris. Un an plus tard, elle obtient sa licence en sciences mathématiques, en étant seconde. Elle hésite alors à retourner en Pologne. Lors d'une soirée elle rencontre Pierre Curie (son future époux), qui est chef des travaux de physique à l'École municipale de physique et de chimie industrielles et étudie également le magnétisme, avec lequel elle va travailler. Marie reçoit (avec son époux Pierre Curie) une moitié du prix Nobel de physique de 1903 (l'autre moitié est remise à Henri Becquerel) pour leurs recherches sur les radiations. En 1911, elle obtient le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium.

Dalton

Dalton, John (1766-1844), chimiste et physicien britannique, qui développa la théorie atomique sur laquelle fut fondée la science physique moderne. Dalton commença en 1787 une série d'observations météorologiques qu'il poursuivit pendant 57 ans, accumulant quelque deux cent mille observations et mesures du temps dans la région de Manchester. L'intérêt de Dalton pour la météorologie le conduisit à étudier différents phénomènes ainsi que les instruments utilisés pour les mesurer. Il fut le premier à prouver la validité de l'idée selon laquelle la pluie est précipitée par une baisse de température, non par un changement de la pression atmosphérique. Dalton arriva à sa théorie atomique par une étude des propriétés physiques de l'air atmosphérique et des autres gaz. Au cours de ses recherches, il découvrit la loi des pressions partielles des gaz mélangés, souvent connue comme la "loi de Dalton", selon laquelle la pression totale exercée par un mélange de gaz est égale à la somme des pressions individuelles qu'exercerait chacun des gaz s'il occupait seul le volume entier.


Da Vinci

Da Vinci, Leonardo (1452-1519), est un peintre, sculpteur, architecte et homme de sciences italien. Homme d'esprit universel, à la fois artiste, scientifique, inventeur et philosophe, Léonard incarna l'esprit universaliste de la Renaissance et demeure l'un des grands hommes de cette époque. À 5 ans, son père ayant noté ses dons pour le dessin, le place comme apprenti dans l'atelier de Verrocchio, à Florence. Il entre à 20 ans à la Guilde des peintres, et débute sa carrière de peintre par des oeuvres immédiatement remarquables comme La vierge à l'oeillet, ou L'Annonciation (1473). Il améliore la technique du sfumato (impression de brume) à un point de raffinement jamais atteint avant lui. En 1481, le monastère de San Donato lui commande L'Adoration des Mages, mais Léonard, vexé de pas être choisi pour la décoration de la chapelle Sixtine à Rome, ne terminera jamais ce tableau et quitte Florence pour Milan. Après la réalisation de La Vierge aux rochers, pour la chapelle San Francesco Grande, et celle de la statue équestre de Francesco Sforza, il trouve la gloire dans toute l'Italie. En 1495, les Dominicains de Sainte-Marie-des-Grâces lui commandent La Cène. En 1498, il réalise le plafond du palais Sforza. De cette époque, datent aussi La Joconde et La Bataille d'Anghiari. Léonard réalise aussi une grande quantité d'études sur la zoologie, la botanique, l'anatomie, la géologie. Il imagine de multiples appareils et machines, dont la première machine volante, qui resteront au stade de dessins. Plus qu'en tant que scientifique proprement dit, Léonard de Vinci a impressionné ses contemporains et les générations suivantes par son approche méthodique du savoir, du savoir apprendre, du savoir observer, du savoir analyser. La démarche qu'il déploya dans l'ensemble des activités qu'il abordait, aussi bien en art qu'en technique (les deux ne se distinguant d'ailleurs pas dans son esprit), procédait d'une accumulation préalable d'observations détaillées, de savoirs disséminés ça et là, qui tendait vers un surpassement de ce qui existait déjà, avec la perfection pour objectif. Bon nombre des croquis, notes et traités de Léonard de Vinci ne sont pas à proprement parler des trouvailles originales, mais sont le résultat de recherches effectuées dans un souci encyclopédique, avant l'heure. En 1516, il rejoint la cour de François Ier, où il participe à des projets d'urbanisme.De Léonard de Vinci, subsistent aujourd'hui 7'000 notes et dessins, et quarante oeuvres attestées, dont huit ont disparu.


Dantzig

Dantzig, George Bernard (1914-2005), était un mathématicien né au Portland et décédé à Stanford, inventeur du fameux algorithme du simplexe en optimisation linéaire. Son père, Tobias, est un mathématicien russe qui avait étudié avec Poincaré à Paris. Il a épousé une collègue de la Sorbonne, Anja Ourisson, et le couple a émigré aux États-Unis. Il est l'acteur principal d'une histoire fameuse en mathématique. Dans l'un de ses cours de doctorat à l'Université de Berkeley, le professeur Jerzy Neyman a proposé deux problèmes dits ouverts en statistiques. Un problème ouvert est un problème qui bien qu'ayant été formulé, n'a pas encore été résolu. De tels problèmes sont d'une difficulté importante et demandent des recherches pouvant s'étaler sur plusieurs années. Dantzig était en retard et croyait qu'il s'agissait de devoirs. Sans prendre plusieurs années mais bien quelques jours, il les a résolus. Il a reçu son doctorat de Berkeley en 1946. Six ans plus tard, il était engagé pour faire de la recherche mathématique à la RAND Corporation, où il implante l'algorithme du simplexe dans les ordinateurs. En 1960, l'Université de Berkeley l'engage pour enseigner en informatique, pour éventuellement devenir le responsable du centre de recherche opérationnelle. Six ans plus tard, il occupe un poste similaire à l'université Stanford, poste qu'il occupe jusqu'à sa retraite pendant les années 1990. En plus de ses travaux sur l'algorithme du simplexe et l'optimisation linéaire, il a aussi travaillé sur les méthodes de décomposition des problèmes de grande taille, l'analyse de sensibilité, les méthodes de résolution matricielles avec pivot, l'optimisation non linéaire et l'optimisation stochastique.


Debye

Debye , Peter Joseph Wilhelm (1884-1966), physicien et chimiste né à Maastricht et décédé à New-York. Debye s'inscrit en 1901 à l'université d'Aix-la-Chapelle en Allemagne. Il y étudie les mathématiques et la physique classique et en sort en 1905 titulaire d'un diplôme d'électrotechnique. En 1907, il produit sa première publication scientifique, une solution mathématique élégante d'un problème mettant en jeu des courants de Foucault. Il étudie à Aix-la-Chapelle sous la direction d'Arnold Sommerfeld. En 1906, il accompagne Sommerfeld à Munich comme assistant. Il y obtient son doctorat en 1908 avec une thèse sur la pression de radiation. En 1910, il démontre la loi de Planck par une méthode dont Max Planck reconnut qu'elle était plus simple que la sienne. En 1911, Debye est nommé professeur à Zürich. Il se rend ensuite à Utrecht en 1912, à Göttingen en 1913, il est de retour à Zürich en 1920, se rend à Leipzig en 1927 et à Berlin en 1934 où il devient directeur de la Société Kaiser Wilhelm qui prendra en 1938 le nom de Société Max Planck. En 1912, il étend la théorie d'Albert Einstein de la chaleur spécifique aux basses températures en incluant des contributions des phonons de basses fréquences (modèle de Debye). En 1913, il étend la théorie de Niels Bohr de la structure atomique en introduisant des orbites elliptiques, un concept également proposé par Arnold Sommerfeld. Debye profite en 1938 d'une proposition de conférence à l'Université Cornell à Ithaca pour se rendre aux États-Unis et ensuite rester à l'université de Cornell, où il devient professeur, puis pendant 10 ans est directeur du département de chimie. Il demeure à Cornell le reste de sa carrière. Il prend sa retraite en 1952, mais continue ses recherches jusqu'à sa mort.


Descartes

Descartes, René (1596-1650), philosophe, scientifique et mathématicien français, fondateur du rationalisme moderne. Né à La Haye, d'un père conseiller au parlement de Rennes, Descartes reçut, de 1607 à 1614, l'enseignement, décisif pour lui, des pères jésuites du Collège royal de La Flèche. Cette expérience le conduisit à proposer une refondation des sciences, critiquant l'absence de fondement de l'enseignement professé. Il reçut une formation de juriste en 1616 puis entra dans la carrière militaire en 1618, entreprit des voyages, mêla vie scientifique et vie mondaine, avant de se consacrer pleinement à la philosophie. Il passa sa vie entre la France et les Pays-Bas, fuyant les villes, fréquentant les bibliothèques et rencontrant les esprits les plus illustres de son temps, notamment Bérulle, Fermat, Gassendi, Hobbes et Pascal. Il mourut d'une pneumonie à Stockholm, léguant à la postérité une oeuvre entourée de légendes et imprégnée d'un esprit nouveau.


Dirac

Dirac, Paul Adrien Maurice (1902-1984). Né à Bristol, Dirac fait ses études aux universités de Bristol et de Cambridge. En 1926, pour son doctorat (la première thèse au monde ayant pour sujet la "mécanique quantique"), il introduit un formalisme général pour la physique quantique peu après Heisenberg mais indépendamment (il y retrouve la non-commutativité des opérateurs position et quantité de mouvement). En 1928, il élabore une théorie relativiste pour décrire les propriétés de l'électron. Celle-ci le conduit à postuler l'existence d'une particule identique à l'électron dans tous ses aspects mais de charge opposée, c'est-à-dire positive et devant s'annihiler en même temps que l'électron négatif lors d'une collision avec celui-ci. La théorie de Dirac est confirmée en 1932 quand le physicien Carl Anderson découvre le positron. Dirac contribue aussi, avec Fermi, au développement de la statistique dite de Fermi-Dirac, décrivant le comportement collectif des particules de spin demi-entier. En 1933, Dirac partage le prix Nobel de physique avec le physicien autrichien Erwin Schrödinger. En 1939, il devient membre de la Société royale. Il est professeur de mathématiques à Cambridge de 1932 à 1968, professeur de physique à l'université d'État de Floride de 1971 jusqu'à sa mort, et membre de l'Institute of Advanced Studies périodiquement entre 1934 et 1959.


Dirichlet Dirichlet(-Lejeune), Peter-Gustav (1805-1859) est né à Düren (Allemagne). Dirichlet est un élève brillant, qui achève ses études secondaires à 16 ans. Devant la faible qualité des formations universitaires allemandes à cette époque, Dirichlet décide de partir étudier à Paris, emportant avec lui les Disquisitiones Arithmeticae de Gauss comme une bible. Dans la capitale française, sa situation personnelle est facilitée par le général Foy, un ancien grand général des campagnes napoléoniennes, dont il devient le précepteur des enfants, et qui se montrera bienveillant avec lui. Dirichlet rencontre alors quelques-uns des plus grands mathématiciens, dont Legendre, Poisson, Laplace et Fourier. Ce dernier surtout impressionnera beaucoup Dirichlet, et sera à l'origine de l'intérêt qu'il portera aux séries trigonométriques et à la physique-mathématique. C'est à Paris que Dirichlet rédige sa première contribution d'importance aux mathématiques, étant à l'initiative en 1825 de la preuve du cas n=5 dans le grand théorème de Fermat, preuve achevée par Legendre dans la foulée. Fin 1825, le général Foy décède, et Dirichlet décide de retourner en Allemagne. Il enseigne d'abord à l'université de Breslau, au lycée militaire de Berlin, puis à l'université de Berlin à partir de 1829, où il restera 27 ans durant. Parmi ses élèves, on retiendra les noms de Kronecker et Riemann. Dirichlet est décrit comme un bon professeur, mais non exempt de défauts. Il donne l'apparence de quelqu'un de sale, toujours affublé d'un cigare et d'un café, visiblement peu préoccupé de l'image qu'il donne. On dit aussi de lui qu'il était très souvent en retard. En 1848, son maître et ami Karl Jacobi est diagnostiqué comme étant malade du diabète. Dirichlet l'accompagne dans un voyage de 18 mois en Italie. De retour en Allemagne, Dirichlet commence à être lassé des lourdes charges d'enseignement qu'il doit assumer. À la mort de Gauss, il prend sa succession à Göttingen. C'est malheureusement pour peu de temps, car lui-même s'éteint en 1859 des suites d'un malaise cardiaque. L'éventail des travaux de Dirichlet illustre la profondeur de la culture mathématique allemande au début de son âge d'or. On lui doit le premier énoncé d'une condition suffisante de convergence d'une série de Fourier (dans le cas des fonctions continues par morceaux), le théorème de la progression arithmétique, le prolongement des fonctions harmoniques définies sur la frontière d'un ouvert et toute une classe d'équations aux dérivées partielles porte le nom de "problème de Dirichlet".  Nous lui devons aussi de très nombreuses contributions en arithmétique, où il existe le théorème des unités de Dirichlet, les séries de Dirichlet, etc.

Doppler

Doppler, Christian (1803-1853), est un mathématicien et physicien autrichien, célèbre pour sa découverte de l'effet Doppler. Après avoir étudié à l'Université de Vienne, Doppler devient assistant-professeur dans cet établissement en 1829. Ce poste n'étant pas renouvelé, il envisage un temps une émigration vers les États-Unis. Il renonce à quitter son pays après avoir été nommé à Prague en 1837, puis à l'École polytechnique de Vienne en 1849. En 1850, il fonde l'Institut de Physique de l'Université de Vienne dont il est seul professeur et le premier directeur. Atteint d'une affection pulmonaire, la tuberculose, il quitte ses fonctions en 1852. Son travail scientifique est varié : optique, astronomie, électricité… Sa publication la plus célèbre a été présentée en 1842 à l'Académie royale des sciences de Bohème et a pour titre Sur la lumière colorée des étoiles doubles et d'autres étoiles du ciel, utilisant l'effet Doppler. Ses calculs étaient erronés, le décalage réel de la fréquence lumineuse étant trop faible pour pouvoir être détecté à l'époque. En 1846, Doppler publie une correction de son travail initial où il tient compte des vitesses relatives de la source de lumière et de l'observateur.

Drude

Drude, Paul Karl Ludwig (1863-1906) était un physicien né à Braunschweig et décédé à Berlin. Drude a commencé ses études en mathématiques à l'Université de Göttingen, mais s'est ensuite dirigé vers la physique. Il y termine son doctorat en 1887 et rédige un mémoire portant sur la réflexion et la diffraction de la lumière dans les cristaux. En 1894 il est nommé professeur à l'Université de Leipzig. En 1900 il obtient le poste d'éditeur de la revue scientifique Annalen der Physik. La même année, il développé un modèle (le modèle de Drude) expliquant les propriétés thermiques, électriques et optiques de la matière qui sera repris en 1933 par Arnold Sommerfeld et Hans Bethe et deviendra alors le modèle Drude-Sommerfeld. Il enseigne à l'Université de Giessen de 1901 à 1905 et est promu directeur du département de physique de l'Université de Berlin. En 1906 il devient membre de l'Académie de Berlin.

Einstein

Einstein, Albert (1879-1955), né à Ulm et mort à Princeton, est un physicien théoricien qui fut successivement allemand, puis apatride (1896), suisse (1901), et enfin sous la double nationalité helvético-américaine (1940). Il publie sa théorie de la relativité restreinte en 1905, et une théorie de la gravitation dite relativité générale en 1915. Il contribue largement au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie, et reçoit le prix Nobel de physique de 1921 pour son explication de l'effet photoélectrique. Son travail est notamment connu pour l'équation d'équivalence qui établit une équivalence entre la matière et l'énergie d'un système. Il est aussi connu pour son hypothèse audacieuse sur la nature corpusculaire de la lumière. Mais il a également contribué au développement de nombre d'autres théories (physique quantique y comprise). En 1905, Einstein obtint son doctorat de l'université de Zürich pour une thèse théorique sur les dimensions des molécules. Il publia également trois articles théoriques d'une importance capitale pour le développement de la physique du XXe siècle. Dans le premier de ces articles, sur le mouvement brownien, il fit des prédictions importantes sur le mouvement des particules distribuées aléatoirement dans un fluide.  Pendant le reste de sa vie, Einstein consacra énormément de temps à généraliser encore plus sa théorie de la relativité générale. Il visait une théorie de champ unifié, qui ne fut pas complètement couronnée de succès, et fit de nombreuses tentatives pour décrire l'interaction électromagnétique et l'interaction gravitationnelle dans un modèle commun.


Erdös

Erdös, Paul (1913-1996) est le plus prolifique des mathématiciens du 20ème siècle, avec environ 1'500 articles publiés (il faut remonter à Euler pour obtenir un tel volume). Plus que quelqu'un qui bâtissait des théories, il résolvait des problèmes, le plus souvent avec élégance et simplicité. Erdös est néà Budapest. Ses deux parents étaient professeurs de mathématiques dans le secondaire. Alors que Erdös était âgé d'à peine un an, son père fut fait prisonnier par les Russes et déporté en Sibérie. Ces événements ont contribué au développement d'une relation très forte mère/fils, qui influera beaucoup sur le cours de la vie de Paul Erdös. C'est à l'âge de 19 ans, alors qu'il commence ses études à l'université et qu'il se fait connaître des milieux mathématiques. Il publie en effet une nouvelle démonstration du postulat de Bertrand, qui affirme qu'il existe un nombre premier entre n et 2n, pour tout n. Deux ans plus tard, il obtient son doctorat (à 21 ans), puis s'en va faire un post-doc à Manchester. Comme Erdös est d'origine juive, il ne peut retourner en Hongrie à la fin des années 30, et il émigre aux États-Unis. Après quelques visites en Europe aux rescapés de sa famille après l'Holocauste, il a des problèmes aux États-Unis avec le MacCarthysme, et il se voit interdit de séjour sur le territoire américain. Erdös est donc contraint de poser ses valises en Israël. Avec ses 1'500 articles, les contributions de Erdös aux mathématiques sont nombreuses: en théorie des nombres, en combinatoire, en mathématiques discrètes, il fut un maître. Erdös avait une exceptionnelle aptitude à s'entourer des mathématiciens les plus compétents pour résoudre ses conjectures. Il en résulte que Erdös a eu beaucoup de collaborateurs: 500 mathématiciens environ ont écrit un article en commun avec lui. Les mathématiciens se sont amusés à définir un nombre de Erdös: tout mathématicien qui a publié un papier en commun avec Erdös a un nombre de Erdös égal à 1. Toute personne qui a publié un article en commun avec une personne qui a un nombre de Erdös égal à 1 a un nombre de Erdös égal à 2. Et ainsi de suite... Albert Einstein est l'un d'entre eux: son nombre de Erdös est 2.  Pourtant, parmi toutes ces collaborations, une au moins a mal tourné, et c'est d'autant plus regrettable qu'elle concerne le plus grand succès d'Erdös. À la fin du 19ème siècle, Hadamard et de La Vallée Poussin avaient démontré le théorème des nombres premiers, à savoir que le nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à n est équivalent, quand n est grand, à n/ln(n). Leur démonstration est particulièrement rude! En 1949, Atle Selberg trouve une inégalité qu'il pense pouvoir être une étape importante vers une démonstration élémentaire du théorème des nombres premiers. Elle est présentée à Erdös, qui trouve la clef manquante pour boucler la preuve. Un article coécrit de plus aurait sans doute été la solution la plus appropriée pour mesurer les apports de chacun. Mais, à la suite d'un malentendu lié à l'envoi de cartes postales triomphales d'Erdös, Selberg craint qu'Erdös ne tire la couverture à lui. Il publie seul une preuve complète. Il recevra la médaille Fields en 1950, alors qu'Erdös devra se contenter du prix Wolf en 1984. La vie d'Erdös fut vraiment étrange. Il n'avait pas de maison, pas d'épouse, les contingences matérielles étaient pénibles pour lui. Il voyageait en solitaire, accompagné de deux valises qui portaient toutes ses affaires, allant d'université en université, habitant à l'hôtel ou chez un ami mathématicien... Il est par ailleurs l'auteur de nombreux "erdosismes", comme cette phrase célèbre: "un mathématicien est une machine à transformer le café en théorème". Lui-même dopé à toutes sortes d'amphétamines! Jusqu'à la fin de sa vie, Erdös ne ralentira pas son activité mathématique. Mourir signifiait pour lui arrêter de faire des mathématiques. Il décède à Varsovie, en plein congrès.


Erlang Erlang, Agner Krarup (1878-1979), était un mathématicien danois ayant beaucoup travaillé sur la théorie des files d'attente, et la gestion des réseaux téléphoniques. Erlang s'est attelé, sur la base notamment des travaux de Poisson dont la loi des événements rares a trouvé toute sa dimension appliquée aux réseaux de télécommunications, à l'élaboration d'un modèle mathématique pour le dimensionnement des réseaux télécoms sur une approche statistique afin de parvenir à des coûts d'exploitation de nature à permettre un marché de masse.

Euclide

Euclide (3e siècle av. J.-C.) On ne sait que très peu de choses sur la vie d'Euclide. Il semble qu'il ait enseigné la mathématique à Alexandrie à la demande de Ptolémée Ier. Il apparaîtrait donc comme le fondateur de la célèbre École d'Alexandrie qui influença les travaux d'Archimède. En revanche, les théories d'Euclide sont connues et constituent une référence dans l'histoire des mathématiques. L'oeuvre maîtresse d'Euclide est incontestablement les Éléments. Cet ouvrage représente une synthèse remarquable de résultats mathématiques et a marqué de son empreinte la discipline tout entière. Il est composé de treize livres. Les quatre premiers traitent de géométrie dans le plan avec les définitions du point, de la droite et de la surface. Ils exposent également le calcul d'aires de différents polygones. Le livre V contient les premières notions d'analyse. Le sixième aborde la similitude des figures et donne la résolution des équations du second degré à l'aide de constructions géométriques. Les livres VII, VIII, et IX portent sur l'arithmétique. Le dixième étudie les nombres irrationnels et enfin les trois derniers abordent la géométrie dans l'espace. Euclide a, en outre, rédigé des ouvrages sur l'analyse géométrique, l'optique et l'astronomie. Représentation parfaite de l'exposé scientifique, les Éléments sont composés de différentes propositions classées en deux groupes: les hypothèses et les axiomes. Parmi les 5 axiomes, on trouve le célèbre postulat d'Euclide: "par tout point du plan passe une et une seule droite parallèle à une autre droite." Cet axiome constitue le fondement de la géométrie euclidienne, en opposition aux géométries non-euclidiennes apparues quelque 2000 ans plus tard.


Euler

Euler, Leonhard (1707-1783), mathématicien suisse, physicien, ingénieur et philosophe, est l'un des fondateurs des méthodes de calcul différentiel et intégral. Leonhard Euler naquit à Bâle1, de Paul Euler, pasteur des Églises réformées et de Marguerite Brucker, fille de pasteur. Il eut deux jeunes sœurs du nom d'Anna Maria et de Maria Magdalena6. Peu de temps après la naissance de Leonhard, la famille Euler déménagea de Bâle pour rejoindre la ville de Riehen, où Euler passa la plupart de son enfance. Paul Euler était un ami de la famille Bernoulli. Jean Bernoulli, alors considéré comme le principal mathématicien européen, pourrait être celui ayant eu la plus grande influence sur le jeune Leonhard. L'éducation officielle d'Euler commença tôt à Bâle, où il fut envoyé vivre avec sa grand-mère maternelle. À l'âge de 13 ans, il s'inscrivit à l'université de Bâle, et en 1723, obtint son Master of Philosophy grâce à une dissertation qui comparait la philosophie de Descartes à celle de Newton. À cette époque, il recevait tous les samedis après-midi des leçons de Jean Bernoulli, qui découvrit rapidement chez son nouvel élève un incroyable talent pour les mathématiques. Euler commença alors à étudier la théologie, le grec et l'hébreu à la demande de son père, afin de devenir un pasteur, mais Jean Bernoulli convainquit Paul Euler que Leonhard était destiné à devenir un grand mathématicien. Euler fut le premier à traiter de manière analytique et complète l'algèbre, la théorie des équations, la trigonométrie et la géométrie analytique. Dans ce travail, il traita le sujet du développement des séries de fonctions et formula la règle selon laquelle seules les séries infinies convergentes pouvaient être correctement évaluées. Il discuta aussi des surfaces à trois dimensions et prouva que les sections coniques sont représentées par l'équation générale du second degré à deux dimensions. D'autres travaux traitent du calcul, dont le calcul des variations, la théorie des nombres, les nombres imaginaires et transcendants, l'algèbre déterminée et indéterminée, la théorie des graphes. Euler apporta ses contributions dans les domaines de l'astronomie, de la mécanique analytique (calcul variationnel), l'hydrodynamique, l'optique et l'acoustique. Euler est considéré comme un éminent mathématicien du 18ème siècle et l'un des plus grands et des plus prolifiques de tous les temps et a introduit une grande partie des notations encore utilisées en ce début de 21ème siècle (symboles pour la somme, fonction, logarithme, exponentiel, etc.).


Faraday

Faraday, Michael (1791-1867) était un scientifique anglais qui a contribué aux domaines de l'électromagnétisme et l'électrochimie. Le jeune Faraday, qui était le troisième des 4 enfants, n'ayant que l'éducation scolaire la plus élémentaire, a dû se former en autodidacte. À 14 ans, il devient apprenti chez un relieur local. Au cours de ses 7 années d'apprentissage il a pu lire beaucoup de livres. A cette époque, il a également développé un intérêt pour la science, en particulier pour l'électricité. Faraday a été particulièrement inspiré par les livre Conversations on Chemistry de Jane Marcet. Ses principales découvertes comprennent l'induction électromagnétique, le diamagnétisme et l'électrolyse. C'est par ses recherches sur le champ magnétique autour d'un conducteur parcouru par un courant continu que Faraday a établi la base pour le concept de champ électromagnétique en physique. Faraday a également établi que le magnétisme pourrait affecter rayons de lumière et qu'il y avait une relation sous-jacente entre les deux phénomènes. Il a découvert le principe même de l'induction électromagnétique, en même temps que Joseph Henry, diamagnétisme, et les lois de l'électrolyse. Ses inventions de dispositifs électromagnétiques rotatifs ont formé la base de la technologie des moteurs électriques, et c'est en grande partie grâce à ses efforts que l'électricité est devenue pratique pour une utilisation dans la technologie.


Fermat

Fermat, Pierre de (1601-1665), mathématicien français, auteur d'un célèbre théorème sans démonstration en arithmétique et surnommé le "prince des amateurs". Il fut à l'origine du principe de Fermat (optique) et avec son ami Blaise Pascal de celui du calcul des probabilités. Il créa également la théorie des nombres et fit dans ce domaine différentes découvertes. Ainsi, certains le considèrent comme le père de la théorie moderne. Il devança le calcul différentiel par ses travaux sur le calcul infinitésimal. Il laissa à la postérité le soin de démontrer un théorème (le fameux "grand théorème de Fermat") sur lequel les mathématiciens s'acharnent depuis plus de trois siècles. Ce n'est qu'en 1993 que le chercheur britannique Andrew Wiles en proposa une démonstration.


Fermi

Fermi, Enrico (1901-1954), physicien italien,  connu pour la réalisation de la première réaction nucléaire contrôlée. Très jeune, Enrico Fermi fait preuve d'une mémoire exceptionnelle et d'une grande intelligence, qui lui permettent d'exceller dans les études. Enrico, profondément marqué par le décès d'un de ses très jeune frère, se jette alors dans l'étude de la physique pour surmonter sa douleur. Bon élève, il se passionne très vite pour la physique et les mathématiques et commence à étudier divers ouvrages qu'il achète et qui traitent de mécanique, d'optique, d'astronomie et d'acoustique. Un ami de son père, l'ingénieur Adolfo Amidei, qui prend conscience des qualités hors du commun du jeune Fermi, lui prête divers ouvrages traitant de mathématiques. Ainsi, à 17 ans, Enrico Fermi maîtrise la géométrie analytique, la géométrie projective, le calcul infinitésimal, le calcul intégral et la mécanique rationnelle. À partir de 1918, Fermi étudie à l'Université de Pise au sein de l'École normale supérieure de Pise. Comme à son habitude, il étudie seul divers problèmes de physique mathématique et consulte des ouvrages de Poincaré, de Poisson ou d'Appell. À partir de 1919, il s'intéresse aux nouvelles théories comme la relativité ou la physique atomique, ainsi il acquiert une grande connaissance de théories telles que la relativité restreinte, la théorie du corps noir ou encore le modèle de l'hydrogène de Bohr. Ainsi Enrico Fermi, le seul à l'université au fait de ces théories, en arrive, sur l'insistance de ses professeurs, à donner des conférences où il expose aux professeurs et aux assistants les dernières découvertes de physique atomique. En 1922, après 4 ans passés à l'université, Enrico Fermi publie son premier article qui traite de la relativité générale. Dans une communauté scientifique italienne hostile aux travaux d'Einstein, il est l'un des rares avec Levi-Civita à défendre la théorie de la relativité. En 1922, Fermi obtient son diplôme de fin d'études après avoir présenté un mémoire sur la diffraction des rayons X. Il fréquente ensuite divers physiciens de haut rang dans l'Italie de l'époque, avant de devenir, pendant 2 ans, conférencier à l'université de Florence. En 1926, il devient professeur de physique théorique à l'université La Sapienza de Rome. C'est durant cette période qu'il développe la théorie statistique quantique que l'on appellera plus tard la statistique de Fermi-Dirac. À partir de 1932, il se tourne plus précisément vers la physique nucléaire, et c'est cette même année qu'il rédige un article sur la radioactivité bêta. En 1934, il développe sa théorie sur l'émission de rayonnement bêta en y incluant le neutron postulé en 1930 par Wolfgang Pauli, qu'il rebaptise neutrino (le nom neutron étant déjà utilisé pour une autre particule), et s'oriente vers la création d'isotopes radioactifs artificiels par bombardement de neutrons lents (raison pour laquelle il reçut le prix Nobel en 1938).


Feynman

Feynman, Richard Phillips (1918-1988), est né à Far Rockaway dans le Queens, quartier de New York (États-Unis) de parents d'origine polonaise et russe. Son père, qui l'encourageait à poser des questions et à remettre en cause les choses communément admises, l'a durablement influencé. De sa mère, il tient un solide sens de l'humour qui ne l'a jamais quitté. Feynman est l'un des physiciens les plus influents de la seconde moitié du 20pme siècle, en raison notamment de ses travaux sur l'électrodynamique quantique relativiste, les quarks et l'hélium superfluide. Durant sa dernière année à l'école secondaire de Far Rockaway, Feynman remporta le championnat de mathématiques de l'université de New York. Il reçut donc une bourse pour étudier au Massachusetts Institute of Technology (MIT) où il reçut son baccalauréat en 1939 après s'être orienté d'abord en électronique, puis en mathématiques, et enfin avoir assisté à tous les cours de physique offerts y compris pendant sa seconde année un cours de physique théorique réservé aux étudiants de maîtrise. Feynman obtient un score remarquable aux examens d'entrée de l'Université de Princeton en mathématiques et en physique, mais il eut une note très faible dans la partie littéraire de l'examen. Durant ses études à l'Institute for Advanced Study de Princeton (IAS) (créé depuis peu et dirigé par Albert Einstein), Feynman travailla sous la direction de John Wheeler sur le principe de moindre action appliqué à la mécanique quantique. Il établit ici les bases des diagrammes de Feynman et de l'approche de la mécanique quantique par les intégrales de chemin. Il obtint son doctorat en 1942. Il reformula entièrement la mécanique quantique à l'aide de son intégrale de chemin qui généralise le principe de moindre action de la mécanique classique et inventa les diagrammes qui portent son nom et qui sont désormais largement utilisés en théorie quantique des champs (dont l'électrodynamique quantique fait partie). Musicien, pédagogue remarquable, rédacteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, il a aussi été impliqué dans le développement de la bombe atomique américaine. Après la Seconde Guerre mondiale, il enseigna à l'université Cornell puis au Caltech où il effectua des travaux fondamentaux notamment dans la théorie de la superfluidité et des quarks. Sin-Itiro Tomonaga, Julian Schwinger et lui sont colauréats du prix Nobel de physique de 1965 pour leurs travaux en électrodynamique quantique.


Fisher

Fisher, Ronald Aymler (1890-1962) né à Londres était un biologiste et statisticien britannique, qui a énormément contribué à fonder les statistiques modernes. Ses travaux sur les statistiques lui valurent la médaille Darwin en 1948, la médaille Copley en 1955 et la médaille d'argent Darwin-Wallace en 1958. Dans le domaine des statistiques, il a introduit de nombreux concepts clés tels que le maximum de vraisemblance, l'information de Fisher et l'analyse de la variance (ANOVA). Il est considéré comme un grand précurseur de Shannon. Il est également un des fondateurs de la génétique moderne et un grand continuateur de Darwin, en particulier grâce à son utilisation des méthodes statistiques, incontournables dans la génétique des populations. Il a ainsi contribué à la formalisation mathématique du principe de sélection naturelle. Il est d'abord attiré par la physique et obtient en 1912 une licence d'astronomie à l'université de Cambridge. De 1915 à 1919, il enseigne les mathématiques à Londres dans des écoles privées. En 1919, il est engagé à la station expérimentale de Rothamsted pour analyser l'effet des précipitations sur le rendement du blé où il travaillejusqu'en 1933. Dans son article de 1922 On the mathematical foundations of theoritical statistics, il définit une quinzaine de notions fondamentales en statistiques dont la notion de convergence, d'efficacité, de vraisemblance et de statistique suffisante. Il propose l'estimateur du maximum de vraisemblance en 1922 après avoir présenté une première version en 1912. Il introduit aussi en 1924 l'analyse de la variance. En 1925 il publie des innovations en séries temporelles et en analyse des corrélations multiples.


Foucault

Foucault, Léon (1819-1868), physicien français célèbre pour sa démonstration du mouvement de la Terre par la rotation du plan d'oscillation du pendule. Né à Paris, il travailla avec le physicien français Armand Fizeau sur la détermination de la vitesse de la lumière. Foucault prouva, de façon indépendante, que la vitesse de la lumière dans l'air était plus élevée que dans l'eau. En 1851, il fit une démonstration spectaculaire de la rotation de la Terre en suspendant un pendule à un long câble attaché à la coupole du Panthéon à Paris. Le mouvement du pendule démontra la rotation de la Terre sur son axe. En 1855 il découvre que la force nécessaire à la rotation d'un disque de cuivre augmente quand il doit tourner avec sa jante entre les pôles d'un aimant, le disque chauffant dans le même temps du fait des "courants de Foucault" induits dans le métal. Il conçut également une méthode de mesure de la courbure des miroirs de télescopes. Il développa d'autres instruments dont un prisme polarisateur et une forme de gyroscope qui est à la base du gyrocompas moderne.


Fourier

Fourier, Joseph (1768-1830), physicien et mathématicien français connu pour la découverte des séries trigonométriques et des transformées qui portent son nom. Fourier est orphelin de père et de mère à 10 ans. L'organiste d'Auxerre, Joseph Pallais, le fait entrer dans le pensionnat qu'il dirige. Recommandé par l'évêque d'Auxerre, il fait ses études à l'École militaire d'Auxerre tenue alors par les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. Destiné à l'état monastique, il préfère s'adonner aux sciences pour lesquelles il remporte la plupart des premiers prix. Élève brillant, il y est promu professeur dès l'âge de 16 ans et peut dès lors commencer ses recherches personnelles. Il intègre l'École normale supérieure à 26 ans, où il a entre autres comme professeurs Joseph-Louis Lagrange, Gaspard Monge et Pierre-Simon de Laplace, auquel il succède à la chaire à Polytechnique en 1797. Fourier a contribué à la résolution numérique des équations et à la diffusion de la chaleur dont une des lois porte son nom. Ses travaux ont une implication directe dans la convergence des séries et leur somme infinie. Il participa, avec Monge, à la campagne d'Égypte en tant qu'observateur scientifique. Anobli sous Napoléon, il fut professeur à l'École Polytechnique, secrétaire de l'institut d'Égypte et préfet de l'Isère. Il fut aussi élu à l'Académie des sciences et à l'Académie française. On le considère comme l'un des fondateurs, avec le français Poisson et le suisse Daniel Bernoulli, de ce que l'on appelle aujourd'hui la physique-mathématique.


Fraunhofer Fraunhofer, Joseph von (1787-1826), opticien et physicien allemand, né à Straubing. Fraunhofer apporta de nombreuses améliorations à la fabrication du verre optique, au meulage et au polissage des lentilles et à la construction des télescopes et d'autres instruments d'optique. Joseph Fraunhofer était le onzième enfant d'un souffleur de verre. Il avait 11 ans à la mort de ses parents: aussi son tuteur l'envoya-t-il à Munich en apprentissage pour 6 ans afin qu'il apprenne la miroiterie. C'est là, qu'en 1801, il faillit trouver la mort dans l'effondrement de l'atelier. À la fin de son apprentissage en 1806, il eut la possibilité de poursuivre une formation d'opticien dans l'Institut de Mécanique Reichenbach. Les ateliers furent transférés en 1807 à Benediktbeuern, et Fraunhofer y fut nommé contremaître. Là, il mit au point de nouvelles machines à polir les miroirs et de nouveaux types de verres optiques (le verre flint achromatique), qui apportèrent une amélioration décisive à la qualité des lentilles. Fraunhofer inventa aussi de nombreux instruments scientifiques. Son nom est associé à des lignes fixes et noires dans le spectre solaire, appelées les "lignes Fraunhofer", qu'il fut le premier à décrire en détail. Ses recherches dans le domaine de la réfraction et de la dispersion de la lumière aboutirent à l'invention du spectroscope et au développement de la spectroscopie.

Fresnel

Fresnel, Augustin Jean (1788-1827), physicien français, fondateur de l'optique moderne, il proposa une explication de tous les phénomènes optiques dans le cadre de la théorie ondulatoire de la lumière. Il commença par réaliser de nombreuses expériences sur les interférences lumineuses, pour lesquelles il forgea la notion de longueur d'onde, et calcula les intégrales dites de Fresnel. Il fut le premier à prouver que deux faisceaux de lumière polarisés dans des plans différents n'ont aucun effet d'interférence. Il déduisit très justement de cette expérience que le mouvement ondulatoire de la lumière polarisée est transversal et non longitudinal (comme celui du son) ainsi qu'on le croyait avant lui. En outre, il fut le premier à produire une lumière polarisée circulaire. Pour expliquer la propagation des ondes lumineuses, Fresnel eut recours à la notion d'éther, malheureusement contradictoire avec d'autres expériences. Cette théorie sera abandonnée avec la relativité, mais les relations dites de Fresnel sur la réfraction sont toujours utilisées. Dans le domaine de l'optique appliquée, Fresnel conçut la lentille à échelons utilisée pour accroître le pouvoir éclairant des phares. De son vivant, les travaux scientifiques de Fresnel n'étaient connus que d'un petit groupe de scientifiques et certains de ses articles ne furent publiés qu'après sa mort.


Galileo

Galileo, Galilée (1564-1642), physicien et astronome italien né à Pise à l'origine de la révolution scientifique du 17ème siècle. Ses théories ainsi que celles de l'astronome allemand Johannes Kepler servirent de fondement aux travaux du physicien britannique sir Isaac Newton sur la loi de l'attraction universelle. Sa principale contribution à l'astronomie fut l'amélioration considérable (quand la technique marchait...) de la lunette astronomique (ce qui lui a permis de procéder à des observations qui ont bouleversé la discipline) et la découverte des taches solaires, des montagnes et des vallées lunaires, des quatre plus grands satellites de Jupiter et des phases de Vénus. En physique, il découvrit la loi de la chute des corps et les mouvements paraboliques des projectiles. Ses études sur les oscillations du pendule pesant l'ont amené à inventer le pulsomètre. Cet appareil permettait d'aider à la mesure du pouls et fournissait un étalon de temps, qui n'existait pas à l'époque. Il débute aussi ses études sur la chute des corps. Dans l'histoire de la culture, Galilée est le symbole de la bataille livrée contre les autorités religieuses pour la liberté de la recherche (il avait cependant très bonne réputation et de très bonnes relations auprès des instances religieuses ce qui a aidé...). Dans le domaine des mathématiques et de la physique, il a contribué à faire avancer les connaissances relatives à la cinématique et la dynamique, jetant ainsi les fondements des sciences mécaniques. Il est de ce fait considéré comme le fondateur de la physique moderne.


Galois

Galois, Évariste (1811-1832) est un mathématicien français, qui a donné son nom à une branche des mathématiques: la théorie de Galois. Sa vie est tellement mythique qu'il est parfois difficile de démêler le mythe et la réalité. Dès 1827-1828, la fureur des mathématiques domine. Galois lit Legendre, Lagrange, Euler, Gauss, Jacobi. Le professeur, Louis-Paul-Émile Richard, admire le génie mathématique de son élève et garde les copies qu'il confiera à un autre de ses élèves: Charles Hermite. C'est l'époque où il publie son premier article dans les Annales mathématiques de Joseph Gergonne (il démontre un théorème sur les fractions continues périodiques). Il rédige aussi un premier mémoire sur la théorie des équations, envoyé à l'Académie des Sciences, perdu par Cauchy. Il échoue au concours d'entrée à Polytechnique. On raconte qu'il a jeté le chiffon à effacer la craie à la tête de son examinateur devant la stupidité des questions posées. Sur les conseils de son professeur, Galois entre à l'École Préparatoire (future École Normale). Il rédige le résultat de ses recherches dans un mémoire - Conditions pour qu'une équation soit résoluble par radicaux - afin de concourir au grand prix de mathématiques de l'Académie des Sciences. Fourier emporte le manuscrit chez lui et meurt peu après: le manuscrit est perdu, et le grand prix est décerné à Abel (mort l'année précédente), et à Jacobi. Pour des raisons politiques, Galois se retrouve en prison, où il y continue ses travaux. Libéré en 1832, il s'éprend en 1832 d'une femme, avec qui il rompt la même année. On ne sait trop pourquoi, mais un duel semble en résulter quelques jours plus tard. La nuit précédente, le 29 mai, Galois rassemble ses dernières découvertes dans une splendide lettre adressée à son ami Auguste Chevalier. De cette lettre naquit la légende selon laquelle Galois fit ses découvertes majeures en une seule nuit, pris par la fièvre de la mort. La matinée du 30 mai, Galois, abandonné, grièvement blessé, est relevé par un paysan et conduit à l'Hôpital Cochin. Il meurt le 31 mai 1832 dans les bras de son jeune frère est est enterré dans la fosse commune du cimetière de Montparnasse. Les travaux de Galois sont redécouverts une dizaine d'années plus tard par Liouville, qui en 1843 annonce à l'Académie des Sciences qu'il vient de trouver dans les papiers de Galois une solution aussi exacte que profonde au problème de la résolubilité par radicaux. Ce n'est qu'en 1846 qu'il publie les textes sans y joindre de commentaires. À partir de 1850, les écrits de Galois sont enfin accessibles par les meilleurs mathématiciens.


Gamow Gamow, George (1904-1968) était un physicien théorique, astronome, cosmologiste et auteur/vulgarisateur scientifique américano-russe né à Odessa en Ukraine. Gamow vient en 1928 à Göttingen, où il utilise la physique quantique pour faire une théorie quantique de la radioactivité alpha. Deux mois plus tard, il rejoint Niels Bohr à Copenhague. Il émet l'idée d'un noyau atomique se comportant comme un fluide nucléaire, modèle repris presque une décennie plus tard par Bohr. En 1929, il obtient une nouvelle bourse et il rejoint Ernest Rutherford à l'université de Cambridge. Il développe l'idée de l'effet tunnel afin de faire interagir des protons pour obtenir des noyaux de numéro atomique plus élevé. Il y rencontre John Cockcroft, qui construit peu après le premier accélérateur de particules, parvenant ainsi à valider le modèle de Gamow en réussissant une transmutation du lithium. Professeur à Washington en 1934, Gamow collabore avec Edward Teller pour formuler la théorie de l'émission bêta (1936). S'intéressant ensuite à l'astrophysique, Gamow et Teller donnent un modèle de la structure interne des étoiles géantes rouges (1942). En 1954, c'est vers la biochimie qu'il se tourne, proposant le concept de code génétique déterminé par l'ordre des composants de l'ADN. En 1956, il est nommé professeur de physique à Boulder (Colorado).

Gauss

Gauss, Carl Friedrich (1777-1855), mathématicien allemand, qui a apporté des contributions essentielles à la plupart des branches des sciences exactes et appliquées. À l'âge de 17 ans, il essaya de trouver une solution au problème classique de construction d'un polygone à sept côtés, à la règle et au compas. Il réussit à prouver l'impossibilité de cette construction et poursuivit sa démarche en donnant des méthodes de construction de polygones à 17, 257, et 65'537 côtés. Plus généralement, il prouva que la construction, à la règle et au compas, d'un polygone régulier à nombre impair de côtés n'était possible que si le nombre de côtés est un des nombres premiers 3, 5, 17, 257, et 65'537, ou un produit de ces nombres. Pour sa thèse de doctorat, il démontra que toute équation algébrique a au moins une racine. Ce théorème, dont la démonstration avait résisté aux mathématiciens les plus célèbres, est encore appelé le théorème fondamental de l'algèbre ou théorème de d'Alembert-Gauss. Gauss tourna ensuite son attention vers le domaine de l'astronomie pour laquel il élabora également une nouvelle méthode de calcul des orbites des corps célestes, en développant une théorie des erreurs d'observation connue sous le nom de méthode des moindres carrés. En probabilités, son nom est attaché à la loi normale (dite aussi loi de Laplace-Gauss), dont la répartition est décrite par la fameuse courbe en cloche ou courbe de Gauss. On lui doit aussi des travaux en géodésie. Avec le physicien allemand Wilhelm Eduard Weber, Gauss fit, à partir de 1831, des recherches approfondies dans le domaine du magnétisme et de l'électricité. Il fit aussi des recherches en optique, en particulier sur les systèmes de lentilles. Pour revenir aux mathématiques, il fut le premier, en étudiant la série hypergéométrique, à donner des conditions rigoureuses de convergence d'une série. Il étudia des généralisations fructueuses de la loi de réciprocité quadratique et dégagea leurs liens avec la théorie des fonctions elliptiques. Son mémoire de 1828 sur la théorie intrinsèque des surfaces fut le point de départ d'une théorie générale des espaces courbes (travaux de Riemann et de ses successeurs). Signalons aussi l'étude arithmétique des entiers de Gauss (de la forme a+ib) qui repose sur une présentation géométrique des nombres complexes comme points du plan.


Gibbs Gibbs, Josiah Willard (1839-1903) était un physicien et mathématicien né et décédé à New Haven dans le Connecticut (après y avoir passé presque toute son existence en célibataire). Issu d'une famille de lettrés, il poursuit des études de latin et de physique, puis il entreprend une carrière de professeur de physique-mathématique au Yale College. Il séjourne successivement à Paris, à Berlin où il suit les leçons de Heinrich Gustav Magnus et à Heidelberg où il rencontre Gustav Kirchhoff et Herman Ludwig Helmholtz. Il laisse le souvenir d'un savant d'une modestie proverbiale et d'une extraordinaire puissance d'investigation scientifique. Son oeuvre remarquablement compacte fut d'abord peu connue. Aujourd'hui, elle est considérée comme un monument au sein des contributions scientifiques du 19ème siècle. Les deux principales publications datent de 1877 et de 1902. La première s'intitule On the Equilibrium of Heterogeneous Substances et est comparée, en importance, à la chimie pondérale créée par Antoine Laurent Lavoisier. La seconde, jugée plus originale encore, est intitulée Elementary Principles in Statistical Mechanics, et est comparée, pour son génie, à la mécanique analytique de Joseph Louis Lagrange. Bien que les exposés de Gibbs se distinguent par une exceptionnelle clarté, et la façon dont l'idée essentielle y est toujours soigneusement dégagée, le premier des deux mémoires n'a guère retenu tout d'abord l'attention des chimistes de son époque, peu accoutumés au langage rigoureux des sciences exactes. La richesse des méthodes thermodynamiques sur lesquelles il s'appuie en a fait cependant une base unifiée de la théorie physico-chimique des états d'équilibre et de leur stabilité. La plupart des lois qui se rapportent à cette discipline, et qui portèrent d'abord d'autres noms, furent redécouvertes ultérieurement au sein de ce premier mémoire. Il en est ainsi, par exemple, de la loi des phases donnant la variance des systèmes en équilibre, longtemps attribuée à Bakkuis Roozeboom (également des lois dites "loi de Van't Hoff" et aussi "loi de Le Chatelier"), relatives aux déplacements d'équilibre à température constante et à pression constante. Il en est encore de même, des critères de stabilité de l'équilibre, dont le théorème de modération dit "théorème de Braun et Le Chatelier". En bref, la plupart des propriétés qui relèvent à présent de la thermodynamique chimique des états d'équilibre, telles que la pression osmotique, l'influence de la tension superficielle, celle des déformations élastiques, la loi relative à l'entropie des mélanges gazeux et le paradoxe de Gibbs associé, ont ce même mémoire pour origine. Gibbs conduit à développer, dans deux communications antérieures à la précédente, un exposé complet des diagrammes et des surfaces thermodynamiques qui contribua largement à la diffusion de leur emploi auprès des praticiens. La théorie de Gibbs utilise pour la première fois la notion d'ensemble ainsi que la distinction entre un ensemble canonique et un ensemble microcanonique de même qu'entre un grand et un petit ensemble. Elle introduit aussi le concept d'espace des phases, caractérisé par les coordonnées et les quantités de mouvement de chaque élément. Elle établit, à partir de l'équation de Liouville, la loi de conservation de l'élément d'extension en phase, ainsi que celle de densité et de probabilité de l'état statistique . Il réalise finalement un accord formel mais remarquable avec les lois macroscopiques de la thermodynamique, régissant le comportement des milieux matériels en équilibre. Les développements actuels de la mécanique statistique constituent encore, sur plus d'un point, des prolongements de la méthode de Gibbs. Il définit pour les réactions chimiques deux quantités très utiles, à savoir l'enthalpie qui représente la chaleur d'une réaction à pression constante, et l'enthalpie libre qui détermine si oui ou non une réaction peut procéder de façon spontanée à température et pression constante. Cette dernière quantité est maintenant nommée énergie de Gibbs en son honneur (ou comme anglicisme énergie libre de Gibbs). L'emploi du point pour désigner un produit scalaire, celui de la croix de Saint-André pour un produit vectoriel et l'adoption des opérateurs vectoriels différentiels del et nabla proviendraient de Gibbs.

Gödel

Gödel, Kurt (1906-1978), né à Brünn et décédé à Stanford, était le mathématicien et logicien austro-américain, qui de tout le 20ème siècle, a le plus révolutionné les fondements logiques des mathématiques. Il était un homme tellement obsédé par la logique qu'on raconte que, alors qu'il cherchait à obtenir sa naturalisation américaine, il osa démontrer devant le juge la contradiction de certains articles de la constitution des États-Unis. Sa thèse, et surtout un article publié en 1931 sous le titre Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme (sur l'indécidabilité formelle des Principia Mathematica et de systèmes équivalents), donneront à Gödel une réputation internationale. Gödel met fin aux espoirs de Hilbert d'axiomatiser totalement la mathématique, et de n'en faire qu'une suite de déductions mécaniques ne laissant aucune place à l'intuition. Ainsi, Gödel montre qu'il existe des propositions vraies sur les nombres entiers, mais que l'on ne sait pas démontrer. Il montre même que, si on ajoute d'autres axiomes, on trouvera toujours des propositions vraies indécidables (qu'on ne sait pas démontrer). Il prouve notamment que l'hypothèse du continu et l'axiome du choix ne sont pas en contradiction avec les autres axiomes de la théorie des ensembles. Puis il s'oriente vers la relativité, étant en relation directe à Princeton avec son ami Einstein. Il est notamment connu des physiciens pour avoir démontré que le voyage vers le passé est possible dans le cadre des équations de la relativité générale.


Göpper

Göpper-Meyer, Maria  (1906-1972) est une physicienne américaine d'origine allemande, prix Nobel en 1963, pour son étude de la structure nucléaire. Elle était mariée à un physicien, le spécialiste de la physique du solide Joseph Mayer (1904-1983). Mais, dans ce couple, chacun travaillait de son côté et dans sa spécialité. Goeppert-Mayer obtint son doctorat à l'université de Göttingen, en Allemagne. Elle enseigna dans de nombreuses institutions avant de rentrer à l'université de Californie à San Diego, en 1960. En 1963, elle partagea avec H.D.Jensen et E.Wigner le prix Nobel de physique, et fut citée par le comité Nobel pour son oeuvre indépendante à la fin des années 1940. Elle démontra que le noyau atomique possède un nombre de neutrons et de protons bien définis: elle introduisit un modèle structural du noyau atomique en couches. Ce modèle développé en détail à partir de 1948 supposait que la forte interaction entre le mouvement de rotation intrinsèque (quantifié par le spin) des nucléons et leur mouvement orbital était responsable de la structure des niveaux d'énergie des noyaux. De nombreuses conséquences déduites de cette hypothèse se révélèrent vérifiées par les mesures expérimentales. Quelques années plus tard, James Rainwater, Aage Bohr et Ben R. Mottelson (tous trois Prix Nobel de physique 1975) complétaient la théorie en tenant compte du couplage entre les mouvements des nucléons de la couche externe et le mouvement collectif du coeur nucléaire.


Gosset Gosset, William Sealy (1876-1937) connu sous le pseudonyme de "Student" c'est un statisticien anglais. Employé de la brasserie Guinness pour stabiliser le goût de la bière, il a ainsi inventé le test de Student utilisé de manière standard dans de très nombreux domaines de l'industrie ou de l'économie. Il a aussi déterminé en 1908 l'origine de la distribution  expérimentale qu'il obtenait dans le cadre de son travail et après avoir suivi un cours de statistique avec Karl Pearson, il obtint son fameux résultat qu'il publia sous le pseudonyme de Student avec la loi qui porte son nom et son test.