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PRINCIPES
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STATISTIQUE | THERMODYNAMIQUE
MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
| 32.
MÉCANIQUE
STATISTIQUE |
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23.07.2010 22:53
Version: 2.1 Revision 2
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
La mécanique statistique, appelée
aussi
"thermodynamique statistique",
a pour but d'expliquer le comportement des systèmes macroscopiques
(constitués d'un grand nombre d'objets en interaction) à partir
de leurs caractéristiques microscopiques.
C'est de façon beaucoup plus générale, la
physique quantique qui décrit les propriétés
et l'évolution
des systèmes physiques à l'échelle microscopique.
La mécanique statistique est donc construite sur cette
description quantique comme nous le verrons sur les développements
mathématiques
qui suivront.
La démarche
présentée ici est d'aborder la mécanique statistique
élémentaire pour en déduire ensuite la thermodynamique.
La mécanique statistique constitue en effet, avec la physique
quantique et la relativité, l'un des piliers de la physique
moderne dans l'explication de phénomènes à partir de leurs constituants.
Il est important de la percevoir d'emblée
comme une théorie fondamentale, et non pas comme une
simple tentative pour justifier à posteriori la thermodynamique.
La thermodynamique elle-même y gagne en retour compréhension
plus juste et plus profonde de ses principes et de ses méthodes.
THÉORIE STATISTIQUE
DE L'INFORMATION
Le mot "information" est
utilisé dans des contextes très variés, dans des sens totalement
différents suivants les disciplines scientifiques : nous pouvons
à titre d'exemple citer la thermodynamique avec le concept d'entropie,
la physique appliquée avec la théorie du signal, la biologie avec
la théorie du génome et la physique quantique avec la probabilité
d'obtenir de l'information.
Se pose alors la question, s'il est
possible de construire une théorie de l'information et si elle
est unique? Notre démarche ici, ne vise non pas l'information
en tant que telle, mais la quantité d'information. Lorsque nous
parlons de quantité et de mesure, nous pensons à la notion de
contenu ou de valeur de l'information. La science de l'information
de par son
objet doit se sentir concernée par ce questionnement. Si nous définissons
"l'infométrie" comme l'ensemble
des techniques de mesures mathématiques et statistiques de l'information,
nous souhaiterions avoir une définition suffisamment claire du
concept de quantité
d'informations qui puisse nous amener à définir une mesure, c'est-à-dire
un ensemble d'opérations parfaitement définies, nous amenant à des
axiomes clairs et dont le résultat est un nombre. La synthèse
que nous développons ici n'est pas ambitieuse.
Nous nous intéressons donc ici aux
fondements la théorie statistique de l'information connue également
sous le nom de "théorie de Shannon". La formule de Shannon
qui en ressort est certainement un des concepts fondamentaux de
toute la physique puisqu'elle touche la brique irréductible de
la physique : l'information !!
Nous montrerons
(plus bas) qu'un système physique isolé a pour état le plus probable,
celui qui contient le plus d'états et qui est donc à fortiori
le plus imprévisible. Or, l'état le plus improbable est donc
celui qui est le plus prévisible. Dès lors, puisque l'imprévisibilité
apparaît comme un attribut essentiel de l'information, nous identifions
la mesure quantitative de l'information à son improbabilité.
Ainsi, la quantité d'information h(x) apportée
par la réalisation d'un événement x de probabilité
p(x) sera une fonction croissante f de son
improbabilité 1/p(x) :
(32.1)
De plus, la réalisation de deux événements
indépendants x et
y apporte intuitivement une quantité d'information qui
est la somme de leurs quantités d'informations respectives, soit :
(32.2)
La fonction logarithme est
donc par ses propriétés une candidate naturelle pour f telle
que:
(32.3)
où est
bien évidemment un nombre positif.
Remarque: Le choix de la base du logarithme définit l'unité d'information
qui est complètement arbitraire. Par la suite, et sauf précision
contraire, "log" désignera le logarithme en base  .
Ainsi, la "quantité d'information
intrinsèque" d'un événement x est
donc de par les propriétés du logarithme:
(32.4)
Elle peut être considérée, comme nous
l'avons fait, comme une mesure d'incertitude sur l'événement,
ou comme celle de l'information nécessaire pour résoudre
cette incertitude.
Définitions:
D1. Nous définissons "l'information
intrinsèque par paire" de deux événements x et
y de probabilité conjointe p(x,y)
(cf. chapitre de Probabilités) par:
(32.5)
D2. Nous définissons de
même "l'information
conditionnelle" de x sachant y par
(cf. chapitre de Probabilités) :
(32.6)
Il s'agit de la quantité d'information
restant sur x après l'observation de y.
La formule de Bayes (cf. chapitre de
Probabilités)
nous permet de remarquer immédiatement que si x et
y sont indépendants:
(32.7)
ce qui concorde avec le sens commun.
Nous
souhaitons
aussi mesurer la quantité d'information que la donnée d'une variable,
par exemple y,
apporte sur l'autre, x.
C'est le cas en particulier lorsque nous identifions x
au choix d'un signal appliqué à l'entrée d'un canal et y
au signal correspondant observé en sa sortie. p(x)
est alors la probabilité à fortiori que
x
soit émis et la
probabilité à fortiori
que x
ait été émis, sachant que y
a été reçu.
Une mesure de cette quantité d'information, nommée "information mutuelle" est :
(32.8)
il s'agit de la mesure logarithmique
de l'accroissement de la probabilité de x (donc
la baisse de sa quantité d'information) dû à son
conditionnement sur y.
Si la donnée de y est équivalente à celle
de x (cas
d'un canal parfait), elle est égale à l'information intrinsèque
h(x).
Elle est nulle si, à l'inverse, x et y sont
indépendants.
Nous avons bien évidemment:
(32.9)
et de par les propriétés des logarithmes:
(32.10)
cette dernière égalité justifiant le
terme "mutuelle". Alors que les informations intrinsèques
étaient positives, l'information mutuelle peut être négative.
Nous verrons que sa moyenne, beaucoup plus importante dans la pratique,
ne peut l'être.
Les événements individuels étant généralement
moins importants que les moyennes, nous considérerons par
la suite une source aléatoire, discrète, finie, stationnaire,
et blanche (i.e. de réalisations successives indépendantes).
Les événements
sont donc interprétés comme le choix d'un symbole
dans l'alphabet de la source. Soit n la
taille de cet alphabet, et ses
symboles. La source est donc décrite par la variable aléatoire
x, qui prend ses valeurs dans l'alphabet, avec des probabilités
respectives
,
telles que:
(32.11)
La quantité d'information
moyenne de cette source est l'espérance de l'information
intrinsèque
de chaque symbole de l'alphabet de la source (cf.
chapitre de Statistiques).
Elle est appelée
"entropie" (par
la notation) de X et vaut donc :
(32.12)
Cette relation étant appelée la "formule
de Shannon".
Cette écriture constitue
un abus de notation: en effet, l'espérance mathématique a un
sens si h(x)
est une fonction de x.
Or h(x) ne
dépend pas des valeurs de x,
mais seulement des probabilités associées. Nous noterons parfois
plus rigoureusement l'entropie d'une distribution .
Les "entropies conjointes et conditionnelles" sont définies de
manières similaires avec les notations idoines :
(32.13)
et:
(32.14)
Il faut noter dans la dernière expression
que l'espérance est effectuée dans l'espace produit,
et que donc le coefficient est la probabilité conjointe.
"L'information mutuelle moyenne", appelée par abus de langage
"information mutuelle" se définit elle aussi de manière
directe:
(32.15)
Remarque: Il est à noter que la définition de la quantité d'information,
par une mesure logarithmique peut paraître arbitraire, quoique
raisonnable, compte tenu des propriétés attendues d'une telle
mesure. Shannon, et plus tard Khintchine ont montré que compte
tenues de certaines propriétés posées en axiomes, la fonction
logarithmique est la seule
à convenir.
Exemple:
Soit une variable aléatoire binaire,
valant 1 avec une probabilité p (et donc
0 avec une probabilité 1-p).
Son entropie vaut :
(32.16)
avec et
avec un logarithme en base 2 tel que pour un événement à deux états
équiprobables, l'entropie d'obtention d'un des deux états soit égale
à l'unité. Ceci dit, il vient naturellement que .
Elle est représentée à la figure ci-dessous,
en "Shannon" (unité correspondant à l'utilisation du
logarithme
à base 2). Nous remarquerons sa symétrie par rapport à ½, valeur
pour laquelle elle atteint son maximum, égal à 1.

Entropie
d'une variable binaire
(32.17)
Il convient maintenant de faire la liaison entre la théorie
statistique de l'information et la mécanique statistique
: LOI DE BOLTZMANN
Nous allons d'abord démontrer
par l'intermédiaire d'un cas simple, que pour tout système,
l'état le plus probable est l'état d'équilibre
!
Considérons un système
isolé (un système est dit "isolé" lorsqu'il
est imperméable à tout flux - chaleur (adiabatique),
matière, champs, ...) peuplé de N particules
discernables. Ce système est partagé en
deux compartiments (ou niveaux) identiques et séparés
d'une paroi imperméable. Chaque compartiment est supposé
contenir un nombre
de particules.
Pour une configuration donnée
du système, nous parlons de "macro-état" dans le sens
où il est possible de par la quantité de particules
de mesurer une grandeur dite macroscopique tel que l'énergie,
la masse, la pression, etc.
Si nous fixons ce système particulier,
il est bien sûr possible pour un nombre N de particules de concevoir un nombre donné de macro-états.
Tel que :
- 1 particule : 2 macro-états
(1 configuration par macro-état)
- 2 particules : 3 macro-états
(4 configurations possibles par permutation des compartiments)
- 3 particules : 4 macro-états
(8 configurations possibles par permutations des compartiments)
- 4 particules : 5 macro-états
(16 configurations possibles par permutations des compartiments)
etc.
Définition: Nous appelons "micro-état",
une configuration de permutation du macro-état.
Remarque: Parfois au lieu de "micro-état" nous trouvons
dans la littérature "probabilité
thermodynamique" ou "complexions".
Déterminons maintenant à
l'aide de l'analyse combinatoire (cf. chapitre
de Probabilités)
le nombre de micro-états
possibles pour chaque macro-état. Par analogie, ceci correspond
à s'imaginer que le système est une tige par laquelle
sont enfilées des boules (particules) et que la tige est
séparée par une frontière imaginaire en
un des ses points (boulier chinois). Pour une telle situation,
nous
avons :
(32.18)
Ceci nous donne tous les
arrangements possibles des "particules
gauches" avec les "particules
droites"
(de la frontière) pour un macro-état donné
(le nombre de manières dont les particules peuvent se partager
entre les deux compartiments). Mais nous avons aussi dans ce cas
particulier :
(32.19)
Or cela correspond à la combinatoire
tel que :
(32.20)
et donc :
(32.21)
Nous avons finalement pour tous les
macro-états d'un système de N particules, un total de :
(32.22)
micro-états (configurations)
possibles. Or, nous avons bien vu dans l'exemple initial que :
(32.23)
Ainsi, la probabilité d'existence
d'un micro-état donné est de
et elle est équiprobable !!
Nous pouvons maintenant énoncer
le premier postulat de la mécanique statistique (postulat
de Gibbs) : tous les micro-états discernables et accessibles
d'un système isolé sont équiprobables.
Revenons-en maintenant à notre
question initiale sur l'équilibre :
La notion d'équilibre associé
à un macro-état nous est fournie par la thermodynamique
classique. Nous y voyons qu'un système est dit à l'équilibre
lorsque son état est caractérisé par l'indépendance
temporelle des grandeurs macroscopiques (masse, énergie,
pression, ...) et de la constance des potentiels thermodynamiques
(énergie
interne, enthalpie, énergie de Gibbs, ...).
Pour savoir pourquoi l'équilibre
est l'état le plus probable, il nous suffit de chercher quel
est le couple
qui maximise :
(32.24)
puisque tous les micro-états
sont de toute façon équiprobables. Il est facile de
contrôler que ce maximum est donné pour :
(32.25)
Nous pouvons dès lors énoncer
le deuxième postulat de la mécanique statistique
: l'état d'équilibre est l'état qui correspond
au plus grand nombre de configurations (micro-états) et
est l'état le plus probable!!
Ou en d'autres termes: Un système atteint l'équilibre
lorsque son entropie devient maximale!!
Soit maintenant à considérer
le système suivant :
(32.26)
La fonction de distribution
P(x) qui décrit la position des particules
selon l'axe x à l'équilibre
va évoluer vers une autre fonction de distribution correspondant
au nouvel équilibre .
À l'équilibre P(x) est constante. Mais entre les deux équilibres, elle évolue,
et devient de plus en plus large. Nous perdons donc de l'information
sur la position des particules. Nous pouvons donc ré-énoncer
le deuxième postulat en disant qu'un système hors
d'équilibre évolue toujours dans le sens d'une
perte d'informations (d'un élargissement de la fonction
de distribution caractéristique).
Parallèlement, le deuxième
principe de la thermodynamique classique nous indique que cette
toute évolution naturelle doit nécessairement correspondre
à un accroissement d'entropie .
Il doit donc exister un lien étroit entre l'information que
nous possédons sur l'état de chacune des particules
et l'entropie du système.
Le cas que nous venons de décrire
montre clairement que les paramètres ou concepts : nombre
de configurations, désordre, équilibre, quantité
d'information et entropie d'un système isolé servent
à représenter l'état d'un système. Ces
paramètres jouent le même rôle. Des relations
mathématiques doivent donc les relies les unes aux autres.
Rappelons que nous avons démontré
que l'entropie statistique infométrique d'un système
est donnée par :
(32.27)
Si nous appliquons cette relation
au cas d'un système physique en équilibre pour lequel
nous souhaitons calculer l'entropie, nous avons démontré
:
(32.28)
Il nous faut encore savoir à
quoi correspond cette probabilité constante. Nous avons démontré
précédemment qu'à l'équilibre, nous
avions :
(32.29)
qui est donc le nombre de micro-états
à l'équilibre. Ainsi, la probabilité de tirer
un micro-état parmi tous est de :
(32.30)
que nous notons, dangereusement par
tradition simplement :
(32.31)
Nous avons ainsi :
(32.32)
Comme les probabilités des micro-états
sont équiprobables et que nous sommons sur l'ensemble de
ces derniers, il vient :
(32.33)
et donc :
(32.34)
Puisque l'équilibre est liée
au désordre maximum, et que le désordre est lié
à l'information manquante, il paraît raisonnable de
relier l'entropie statistique de l'information à l'entropie
statistique thermodynamique en physique. Pour cela, il faut que
la constante
nous permette d'obtenir les bonnes unités et il vient naturellement
de choisir cette constante telle qu'elle soit égale à
la constante de Boltzmann k qui a les mêmes
unités que l'entropie thermodynamique.
Ainsi :
(32.35)
Il nous faut encore choisir la base
du logarithme. L'expérience montre qu'il faut choisir le
logarithme népérien qui permet de retrouver des résultats
de la mécanique classique après développements.
Ainsi, nous obtenons finalement la "loi
de Boltzmann" :
(32.36)
Qui nous donne l'entropie thermodynamique
d'un système à l'équilibre!
De par les propriétés
mathématiques de l'écart-type, nous avons pour un
ensemble N de sous-systèmes :
(32.37)
Par analogie, avec une approche statistique de l'énergie
interne de l'ensemble du système étant alors:
(32.38)
Par analogie, avec une approche statistique de l'énergie interne
de l'ensemble du système étant alors:
(32.39)
Soit en différenciant:
(32.40)
ce qui est l'expression statistique intuitive du premier principe
de la thermodynamique. Effectivement, le travail est une variation
d'énergie mécanique déterministe de micro-états, alors que la chaleur
comme nous le verrons plus bas se décrit à l'aide de fonctions
de distributions d'où le fait que nous intégrons sur les probabilités.
Nous y reviendrons un peu plus en détails dans le chapitre de
Thermodynamique!
DISTRIBUTIONS STATISTIQUES
PHYSIQUES
Nous distinguerons quatre différentes
statistiques qui proviennent ou non d'effets quantiques et qui
conduiront
à quatre distributions distinctes connues. Ce sont les distributions
de Maxwell, Maxwell-Boltzmann, Fermi-Dirac et de Bose-Einstein.
Elles trouvent de nombreuses applications en physique comme le
rayonnement du corps noir qui sera démontré dans
le chapitre de Thermodynamique.
DISTRIBUTION
DE MAXWELL
(distribution des vitesses)
Pour un gaz en état
d'équilibre,
posons la question suivante :Quelle probabilité existe qu'une
molécule ait ses composantes de vitesse comprise entre
et
,
et
,
et
dans un repère cartésien habituel ?
Cette probabilité
dépend de
(c'est-à-dire : )
et de .
Elle ne dépend pas de la position de la molécule
puisque le gaz est supposé à l'équilibre
par rapport
à son centre de masse.
Nous postulons dans un premier temps
que
est proportionnelle à chacun des intervalles
tel que :
(32.41)
et qu'il n'y a pas de
directions privilégiées. Nous pouvons faire une rotation
circulaire des axes cartésiens, la probabilité sera
inchangée (isotropie de l'espace).
L'isotropie amène que la fonction ne
dépend pas du vecteur ,
au mieux elle dépend de la norme de cette vitesse, tel
que :
(32.42)
Soit
la probabilité pour une molécule d'avoir sa composante
suivant l'axe Ox comprise entre
et
alors :
(32.43)
de même :
(32.44)
L'isotropie de l'espace impose :
(32.45)
La loi des probabilités composées
implique :
(32.46)
Déterminer les fonctions f et relève
de la méthodologie mathématique suivante :
(32.47)
Puisque :
(32.48)
Ce qui nous donne finalement :
(32.49)
Le membre de gauche de la dernière
égalité dépend uniquement de v ,
celui de droite uniquement de .
Le résultat ne peut être qu'une constante que nous
noterons
. Il suit que :
(32.50)
En intégrant :
(32.51)
Donc :
(32.52)
et posons .
Il vient donc :
(32.53)
Donc identique :
(32.54)
La loi des probabilités composées
impliquant :
(32.55)
Nous avons finalement :
(32.56)
Remarquons que
est nécessairement négatif sinon la probabilité
pour une molécule d'avoir une composante de vitesse infinie
serait infinie ce qui voudrait dire que toutes les molécules
seraient à vitesse infinie et que l'énergie serait
infinie !!!
Nous posons :
avec
(32.57)
Finalement, il vient que :
(32.58)
Il nous reste à normaliser
A. La probabilité pour une molécule d'avoir une composante
de vitesse comprise entre
ou une intensité de vitesse comprise entre
est égale à
(100% de chances).
Ainsi en utilisant exactement la même méthode calcul que celle
vue dans le chapitre de Statistique pour la loi Normale, nous avons:
(32.59)
Nous avons jusqu'ici parlé en
terme de probabilités. Un langage équivalent consiste
à chercher, dans une enceinte contenant N molécules,
le nombre dN de molécules ayant certaines caractéristiques, à
savoir par exemple, le nombre de molécules ayant
une composante de vitesse comprise entre et
.
Ce nombre étant bien évidemment égal dans
une dimension à :
(32.60)
Plus généralement :
(32.61)
Pour obtenir dP nous nous plaçons
dans l'espace
des vitesses c'est-à-dire
un repère cartésien de coordonnées .
Les composantes
ne sont pas indépendantes puisque liées par la relation :
(32.62)
L'extrémité des vecteurs
vitesse
ayant une intensité de vitesse v,
c'est à dire des composantes de vitesse liée par
la relation ci-dessus, se trouve dans l'espace des vitesses sur
la sphère de rayon v.
Il en sera de même pour l'extrémité des vecteurs
vitesse ayant une intensité .
Dans l'espace des vitesses, nous délimitons
une portion d'espace comprise entre la sphère de rayon v et
la sphère de rayon ,
de volume égale à .
La probabilité est
proportionnelle à
c'est-à-dire au volume élémentaire dans l'espace
des vitesses. Pour obtenir dP(v),
nous devons intégrer
à tous les vecteurs vitesse possibles c'est à dire
ayant leur extrémité entre les deux sphères.
Cette intégration est particulièrement simple puisque
l'intensité v de la vitesse dans
cette espace (inter-volume) est constante. Nous obtenons donc
:
(32.63)
et ainsi, dans une enceinte
contenant N molécules, le nombre de molécules dN(v)
ayant un module de vitesse compris entre v et
est :
(32.64)
Rappelon maintenant que conformément à ce que nous avons longuement
étudié dans le chapitre de Statistique, la valeur moyenne
d'une grandeur G est le produit de G multipliée
(pondérée) par la probabilité
d'obtenir G intégré à toutes
les valeurs possibles de cette grandeur telle que :
(32.65)
où l'intégrale a été calculée
en faisant un changement de variable et
où nous avons ensuite utilisé une intégration
par parties.
Nous avons respectivement:
(32.66)
où l'intégrale a été calculée
de la même manière.
Donc :
ou
(32.67)
La thermodynamique, ou la
mécanique
des fluides (voir théorème du Viriel) nous donne
pour un gaz parfait monoatomique (cf. chapitres
de Mécanique Des Milieux Continus et de Thermodynamique),
de capacité calorifique
et volume constant :
(32.68)
Si nous formulons l'hypothèse
que la partie de l'énergie liée à la température
est due à l'agitation cinétique des molécules,
nous pouvons écrire :
(32.69)
Nous définissons alors la vitesse thermique
moyenne par:
(32.70)
Une application pour l'électron dans le cas des semi-conducteurs
(où nous approximons certaines relations par une distribution
de Maxwell-Boltzmann) donne une vitesse thermique à température
ambiante de 120'000 [m/s].
Mais pour en revenir à notre distribution.... Nous avons donc
:
(32.71)
Ainsi, nous avons finalement
:
(32.72)
Qui est donc la distribution des vitesses dans un gaz monoatomique
dont voici un exemple de tracé (les unités des axes
en ordonnées sont arbitraires) :

(32.73)
La relation précédente donne donc la proportion
des molécules de gaz ayant à un instant t donné une vitesse
v. Nous avons alors pour une direction spatiale (en adoptant
les développements précédents on tombe relativement facilement sur
ce résultat):
(32.74)
Cette fonction de distribution correspond donc à une répartition
gaussienne (cf. chapitre de Statistiques)
et permet donc de définir la vitesse la plus probable (le "mode"
comme on dirait en statistiques) notée ,
qui correspond au maximum de la courbe f(v), soit
la où la dérivée première est nulle :
(32.75)
Dès lors :
(32.76)
d'où :
(32.77)
et la vitesse moyenne (l'espérance) est alors donnée par :
(32.78)
Nous avons donc une intégrale du type :
(32.79)
Le mieux est de décomposer en
et
on intègre par parties. Nous avons alors :
(32.80)
La dernière intégrale est facilement calculable. C'est la même
que dans le chapitre de Statistiques pour la loi de Gauss-Laplace.
Donc :
(32.81)
Il vient finalement :
(32.82)
DISTRIBUTION DE
MAXWELL-BOLTZMANN (non corrigée)
En physique quantique corpusculaire,
nous apprenons que l'énergie d'une particule est quantifiée,
c'est à dire que les valeurs possibles pour l'énergie
forment un spectre discret. Même si, dans un certain nombre
de situations courantes, pour une particule et encore plus pour
un système constitué d'un grand nombre de particules,
les niveaux d'énergie sont si serrés que nous pouvons
traiter, sur le plan mathématique, ce spectre comme continu
(approximation du continuum), il n'empêche qu'en toute
rigueur ils sont quantifiés. Cette approche quantifiée
de distributions physique au niveau corpusculaire de la matière
est souvent désignée sous le nom de "statistique
quantique".
Une particule, ayant un niveau
d'énergie ,
peut être dans différents sous-états.
Nous savons (nous n'avons pas utilisé
l'équation de Schrödinger dans le chapitre de Physique
Quantique Corpusculaire pour le montrer strictement) que, pour
décrire
un atome, nous introduisons quatre nombres quantiques, à savoir
:
- le nombre quantique principal qui
quantifie l'énergie
- le nombre quantique secondaire qui
quantifie le moment cinétique
- le nombre quantique magnétique
qui quantifie le moment magnétique
- le spin qui quantifie la rotation
propre des électrons de l'atome
Ainsi pour une même énergie
(pour une valeur particulière du nombre quantique principal),
un atome ou un électron peuvent posséder différentes
valeurs des nombres quantiques secondaire, magnétique ou
de spin.
Pour qualifier la possibilité
de sous-états correspondant à une même énergie,
nous employons l'expression "dégénérescence"
et nous traduisons par la variable
le nombre de dégénérescences correspondant
à un même niveau d'énergie .
Nous allons considérer un système
composé de N particules qui se placent
sur K différents niveaux d'énergie .
Nous trouvons
particules sur le niveau d'énergie .
Nous avons les relations suivantes pour l'énergie totale
(que nous notons par la même lettre que celle utilisée en thermodynamique)
et pour le nombre de particules (même remarque que pour l'énergie
totale) :
(32.83)
Nous supposerons (c'est important) ces
quantités constantes. Le système est entièrement
déterminé par la distribution
des particules sur les K niveaux.
Il existe un grand nombre
de configurations microscopiques possibles qui sont compatibles
avec la distribution .
Il y en a (voir les permutations avec répétition
dans le chapitre de Probabilités) :
(32.84)
Mais nous avons négligé
la dégénérescence possible des niveaux i.
S'il existe
sous-niveaux dont l'énergie est ,
nous avons alors :
(32.85)
Remarque:  est
donc la dégénérescence de l'état d'énergie
 ,
à savoir le nombre d'états possédant cette
énergie.
En prenant le logarithme, il vient :
(32.86)
et en utilisant la formule
de Stirling (cf. chapitre de Méthodes
Numériques)
:
(32.87)
Nous avons :
(32.88)
Nous recherchons maintenant la distribution
la plus probable, c'est-à-dire celle qui maximise .
Pour trouver l'extremum, nous allons différencier cette expression
tel que :
(32.89)
Or, comme :
(32.90)
où
sont des constantes qui permettent de s'assurer de la cohérence
de l'analyse dimensionnelle (des unités quoi...).
Il est donc équivalent et nécessaire
d'écrire pour prendre en compte également ses paramètres
intrinsèques (le fait d'ajouter ainsi des termes nuls est
nommé "méthode des multiplicateurs de Lagrange"):
(32.91)
Donc :
(32.92)
ce qui donne après une première
simplification (élimination simple de la dérivée
des constantes):
(32.93)
Ce qui nous amène à écrire
:
(32.94)
Ce qui nous donne finalement :
(32.95)
Mais cela équivaut aussi à
rechercher :
(32.96)
d'où :
(32.97)
Rappelons que nous avons pour l'entropie
de ce système :
(32.98)
et donc :
(32.99)
et comme :
(32.100)
Nous avons donc :
(32.101)
La thermodynamique nous
conduit à (cf. chapitre
de Thermodynamique) :
(32.102)
Or, si toutes les particules sont identiques
donc :
(32.103)
Ce qui finalement conduit à :
(32.104)
et nous amène à :
(32.105)
et donc :
et
(32.106)
Nous pouvons donc récrire la
relation de Maxwell-Boltzmann :
(32.107)
Que nous retrouvons plus fréquemment dans la littérature
sous la formes suivante:
(32.108)
et particulièrement sous cette forme:
(32.109)
Nous retrouverons cette relations dans le domaine de la théorie
des semi-conducteurs (cf. chapitre d'Électrocinétique)
dans le cadre de l'approximation à .
Comme ,
nous avons :
(32.110)
Nous pouvons alors calculer et
nous obtenons ainsi la "formulation
discrète" de la "statistique
de Maxwell-Boltzmann":
(32.111)
Cette relation donne donc le rapport entre le
nombre de particules qui n'interagissant pas entre elles (par hypothèse)
et pouvant prendre les
différents états
d'énergie discrets et
le
nombre de particules dans un état
d'énergie donné .
Ainsi, connaissant N, il est possible à l'aide de
cette relation de connaître le nombre de particules dans un état
d'énergie
particulier.
Remarque: La statistique de Maxwell-Boltzmann s'applique
en l'absence d'interaction entre particules et est donc valable
pour un gaz
parfait
mais ne s'applique pas, par exemple, à un liquide. De plus,
elle s'applique aux hautes températures lorsque les effets
quantiques sont négligeables. À basse température
sont utilisées la statistique de Bose-Einstein pour les
bosons et la statistique de Fermi-Dirac pour les fermions (voir
plus loin).
Nous appelons le terme au dénominateur,
la "fonction de partition canonique". Elle est le plus souvent notée
tel que :
(32.112)
DISTRIBUTION
DE FERMI-DIRAC
Le principe d'indiscernabilité
peut avoir des conséquences très importantes sur
la statistique. Nous distinguons deux types de particules indiscernables
: les bosons (comme le photon) et les fermions (comme l'électron).
Rappels :
R1. Les premiers correspondent à
des particules dont la fonction d'onde représentative est
toujours symétrique alors que celles des fermions est antisymétrique.
R2. Le principe d'exclusion de Pauli
impose que 2 fermions ne peuvent pas se trouver dans le même
état quantique. Les bosons, eux le peuvent !
Leurs propriétés
respectives ont pour conséquence importante que l'énergie
minimale d'un ensemble de N bosons est égale à N fois
l'énergie minimale de chaque boson. Alors que pour un ensemble
de fermions, l'énergie minimale est égale à
la somme des N énergies les plus faibles.
Ces deux types de particules entraînent
deux types de statistiques : la statistique de Fermi-Dirac pour
les fermions (que nous allons démontrer en premier) et la
statistique de Bose-Einstein pour les bosons (qui suivra).
Il n'existe donc qu'une seule
manière
de répartir N fermions sur les états
d'énergies accessibles (au
lieu des N!
pour les particules discernables). Il ne peut pas y avoir plus
de particules
dans un niveau d'énergie
qu'il existe de dégénérescence .
Donc :
(32.113)
Le
nombre de combinaisons possible pour un niveau ,
dégénéré fois
et comportant particules
est donc la combinatoire .
Le nombre total de configurations est donc :
(32.114)
La statistique est donc bien différente
du cas classique de Maxwell-Boltzmann. En prenant le logarithme
du nombre de micro-états et en faisant usage de la formule
de Stirling comme plus haut, il vient :
(32.115)
Que nous pouvons déjà
simplifier une première fois :
(32.116)
et en différenciant cette expression
pour trouver le maximum, nous obtenons :
(32.117)
Terme à terme :
(32.118)
Or, nous avons par conservation et
par symétrie :
(32.119)
Donc finalement :
(32.120)
Pour respecter les contraintes sur
l'énergie et le nombre de particules, nous utilisons encore
une fois la méthode des multiplicateurs de Lagrange :

(32.121)
Ce qui nous amène à la
distribution de Fermi-Dirac :
(32.122)
Les paramètres
et
jouent le même rôle que dans la distribution de Maxwell-Boltzmann.
Nous avons ainsi :
et
(32.123)
Nous avons alors :
(32.124)
Ainsi, en physique quantique, la statistique
de Fermi-Dirac désigne le nombre de fermions
indiscernables sur les états d'énergie
d'un système à l'équilibre thermodynamique
dégénéré (donc le nombre de fermions occupant le niveau d'énergie
donné!).
Pour les systèmes macroscopiques, les niveaux d'énergie sont si
serrés (ou tellement nombreux) que nous pouvons considérer le spectre
d'énergies comme continu (approximation du continuum).
Nous raisonnerons donc dans ce contexte de continuum, ce qui
nous permet d'écrire
en normant aux nombres de particules mises en jeu (tout ce que
l'on demande à la fonction c'est de nous dire comment
sont réparties les N particules) :
(32.125)
ou:
(32.126)
pour la fonction de Fermi-Dirac avec le tracé correspondant plus
bas de la distribution.
Cette relation est très importante
par exemple dans la théorie
de semi-conducteurs (cf. chapitre d'Electrocinétique)
qui est à la base de l'électronique du 20ème
et 21ème siècles.
De manière numérique, nous pouvons simuler l'évolution de l'allure
de la distribution (qui n'est pas une distribution dans le sens
mathématique du terme) en fonction de l'énergie et de la température.
Pour cela, nous supposons pour simplifier que la constante de Boltzmann
vaut 1 et que le potentiel chimique mu vaut 2 (nous notons que
celui-ci est en toute rigueur fonction de la température).
Ainsi, nous pouvons écrire
le petit programme suivant sous Matlab :
clear all;kb=1; % Constante de Boltzmann
mu=2; % Potentiel Chimique
T=0.001:0.1:1; % " Gradient " de température pour le programme
for j=1:length(T)
beta(j)=1/(kb*T(j));
epsilon=0.1:0.1:4; % L'énergie avec le pas
for i=1:length(epsilon)
Nf(i,j)=1/(exp(beta(j)*(epsilon(i)-mu))+1); % Nb(epsilon,beta) moyen de fermions
au
end % niveau d'énergie epsilon
hold on %
plot(epsilon,Nf(:,j));
pause(0)
end

(32.127)
Au zéro absolu nous
voyons que nous avons une marche. A cette température, les niveaux
d'énergie
dégénéres
sont occupés à bloc en partant du niveau d'énergie
le plus bas jusqu'à un certain niveau représentant
la chute de la marche. Nous disons alors que le gaz de fermions
est "complétement
dégenéré".
La fonction de Fermi-Dirac, au zéro absolu, vaut donc 1 si E est
inférieur à et
0 pour les valeurs supérieures (le système
choisit sont état
d'énergie
minimale où les N particules occupent les N états
de plus basse énergie).
Evidemment, dans les hautes énergies d'excitation (ou
hautes températures)
la probabilité (rapport) d'occupation d'un état
est très faible et donc il n'est pas important d'appliquer
le principe de Pauli (la probabilité que deux électrons
veuillent occuper le même niveau d'énergie est très
faible). Pour ces raisons, ce régime limite entre le comportement
quantique et classique est appelé parfois
"régime
classique" et la haute température correspondante à l'excitation
énergétique est appelée "température
de Fermi".
Le potentiel chimique est quant à lui par définition
le dernier niveau énergétique occupé au
zéro
absolu (la fameuse marche d'escalier!). Nous le notons en physique (et à
l'opposé en
chimie...) et
nous l'appelons "niveau de Fermi".
Nous voyons alors immédiatement que quelque soit la température:
(32.128)
la probabilité d'occupation par les électrons
est donc de 1/2 dans ce niveau. La définition du niveau de Fermi
peut alors être donnée par:
(32.129)
La principale application aux solides
de cette statistique est la modélisation des phénomènes
de transport électronique (gaz d'électrons) : théorie
des métaux, des semi-conducteurs, population des niveaux
d'énergie et propriétés de conduction (cf.
chapitre d'Electrocinétique).
DISTRIBUTION DE BOSE-EINSTEIN
Les bosons sont d'autres
particules quantiques qui peuvent indistinctement se placer
sur tous les niveaux
d'énergie. Le principe de Pauli ne s'y applique donc pas!
Dans ce cas, le nombre d'objet à permuter est
(les
particules et les
intervalles entre les niveaux). Parce que les particules sont indiscernables
et les niveaux et sous niveaux permutables, il faut diviser par
puis aussi par
Le nombre de configurations sur un niveau ,
fois dégénéré qui contient
particules indiscernables est ainsi égal à :
(32.130)
Son logarithme avec usage de la formule
de Stirling et après simplification est donné par
:
(32.131)
Le maximum de
correspond à annuler ,
soit :
(32.132)
Pour respecter les contraintes sur
l'énergie et le nombre de particules, nous utilisons encore
une fois la méthode des multiplicateurs de Lagrange :
(32.133)
et donc :
(32.134)
qui est la distribution
statistique de Bose-Einstein. Cette distribution diverge lorsque:
(32.135)
C'est
la "condensation de Bose-Einstein".
Dans cet état,
tous les bosons se retrouvent dans le même état.
Les paramètres
et
jouent le même rôle que dans la distribution de Maxwell-Boltzmann
et Fermi-Dirac. Nous avons ainsi :
et
(32.136)
Le nombre (moyen) de bosons est alors donné par:
(32.137)
à comparer avec le nombre (moyen) de fermions au même
niveau d'énergie
(fonction de Fermi-Dirac):
(32.138)
Ainsi, en mécanique
quantique, la statistique de Bose-Einstein désigne la
distribution statistique de bosons indiscernables (tous similaires)
sur les états d'énergie d'un système à l'équilibre
thermodynamique.
Pour les systèmes macroscopiques, les niveaux d'énergie sont si
serrés (ou tellement nombreux) que nous pouvons considérer le spectre
d'énergies comme continu (approximation du continuum).
Nous raisonnerons donc dans ce contexte, ce qui nous permet d'écrire
en normant aux nombres de particules
mises en jeu (tout ce que l'on demande à la fonction c'est de
nous dire comment sont réparties les N particules):
(32.139)
pour la fonction de Bose-Einstein. Elle n'est donc définie que
pour les énergies supérieures au potentiel chimique (sinon quoi
elle est négative!).
De manière numérique, nous pouvons simuler l'évolution de l'allure
de la distribution en fonction de l'énergie et de la température.
Pour cela, nous supposons pour simplifier que la constante de Boltzmann
vaut 1 et que le potentiel chimique m2 (nous notons que celui-ci
est dans l'absolu fonction de la température). Ainsi, nous pouvons écrire
le petit programme suivant sous Matlab :
clear all;kb=1; % Constante de Boltzmann
mu=2; % Potentiel Chimique
T=0.001:0.1:1; % " Gradient " de température pour le programme
for j=1:length(T)
beta(j)=1/(kb*T(j));
epsilon=0.1:0.1:4;
for i=1:length(epsilon)
Nf(i,j)=1/(exp(beta(j)*(epsilon(i)-mu))-1); % Nb(epsilon,beta) moyen de fermions
au
end % niveau d'énergie epsilon
hold on %
plot(epsilon,Nf(:,j));
pause(0)
end

(32.140)
À haute température, lorsque les effets
quantiques ne se font plus sentir, la statistique de Bose-Einstein,
comme la statistique de Fermi-Dirac qui régit les fermions,
tend vers la statistique de Maxwell-Boltzmann:

(32.141)
Aux basses températures,
cependant, les statistiques de Bose-Einstein et de Fermi-Dirac
diffèrent entre elles. Nous nous
plaçons, par exemple, à température nulle
: dans la première,
nous attendons alors que le niveau de plus basse énergie
contienne tous les bosons, tandis que dans la seconde, les niveaux
de plus
basse énergie contiennent fermions.
Par ailleurs, à température nulle
(273.15 [°K]), la statistique de Bose-Einstein montre
de manière évidente que toutes les particules doivent occuper le
même état
quantique : celui de plus basse énergie.
Ce phénomène est observable à l'échelle
macroscopique et constitue un "condensat
de Bose-Einstein".
La statistique de Bose-Einstein est
utile à la compréhension des phénomènes
électromagnétiques ondulatoire car les photons sont
des Bosons (rayonnement du corps noir, interaction matière/rayonnement).
Elle est très largement utile à l'étude
des phénomènes vibrationnels dans les solides
(les phonons suivent la statistique de Bose-Einstein). Elle
a aussi été
utilisée pour expliquer les transitions de phase dans l'Hélium
(phénomène à très basse température).
Remarques:
R1. La statistique de Bose-Einstein a été introduite
par Satyendranath Bose en 1920 pour les photons et généralisée
aux atomes par Albert Einstein en 1924.
R2. Un résultat mathématique appelé "théorème
spin-statistique" relie le spin d'une particule et le type de
statistique qu'elle suit. Il stipule que les particules de spin
entier sont des bosons, alors que les particules de spin demi-entier
sont des fermions. La démonstration de ce théorème ne se trouve
pas encore sur le présente site Internet à ce jour.
Pour terminer, voici un résumé simplifié des choses qui peut éventuellement
aider à une meilleure compréhension:
|
Particules |
Statistiques |
Particularités |
|
Bosons
(photons, gluons…)
|
Statistique de Bose-Einstein

|
Particules indiscernables
Aucune contrainte sur le nombre de particules par état
|
|
Fermions
(électron, proton, neutrino…)
|
Statistique de Fermi-Dirac

|
Particules sont indiscernables
Le nombre de particules par état à 0 ou 1
|
|
Classique
|
Statistique de Maxwell-Boltzmann

|
Particules sont discernables
Aucune contrainte sur le nombre de particules par état
|
Tableau: 321 - Similitudes des différentes distributions quantiques
(32.142)
LOI DE FICK
Nous avons vu dans le chapitre de Thermodynamique la démonstration
de l'équation de propagation de la chaleur proposée par Fourier
en 1822 obtenue à partir de l'équation de continuité. Nous avions
obtenu (il est très recommandé au lecteur de s'y référer à nouveau
ne serait-ce que pour lire les remarques relatives à la démonstration):
(32.143)
En sa basant sur les mêmes hypothèses que Fourier, Fick proposa
en 1855 qu'un flux de particules pourrait se diffuser à travers
un matériau selon une loi similaire, la "deuxième loi de Fick",
de la forme:
(32.144)
où la constante de proportionnalité est
le "coefficient de diffusion de la matière" et la
densité de particules par unité de volume (et non la densité de
masse!).
Remarque:En
pratique, la diffusion joue un rôle essentiel dans la fabrication
de céramique, de semi-conducteurs (dopage), de cellules-solaires
et dans la solidification des métaux (traitement au carbone
et à
la chaleur). Car lorsque deux matériaux chauffés
sont mis en contact, leurs atomes diffusent l'un dans l'autre.
Il faut comprendre que tout diffuse dans tout! Donc pensez aux
pesticides sur les fruits et légumes, à la pollution
dans les nappes phréatiques, au PET dans les boissons...
Dès lors, la relation du flux surfacique de chaleur que nous
avions utilisée en thermodynamique (voir chapitre du même nom)
pour obtenir la loi de Fourier et qui était:
(32.145)
peut alors s'écrire certainement aussi (nous allons le démontrer)
dans la cas de la masse sous la forme d'un flux surfacique de particules
appelé "première loi de Fick":
(32.146)
où D est le coefficient de transport de la matière (à déterminer...).
Remarque: Au
fait, Fick démontra d'abord la première loi et en
procédant
en tous points de manière identique à l'équation de la chaleur
il obtint la deuxième loi qui porte son nom.
Les coefficients sont
appelés globalement "coefficients de
transports" et respectivement "coefficient
de diffusion thermique" dans le domaine de la chaleur
et "coefficient
de diffusion" dans le domaine de la matière.
Nous pouvons estimer les valeurs de ces coefficients à l'aide
d'un modèle microscopique simple.
Considérons pour cela une tranche de fluide (flux de chaleur
et flux de masse sont considérés comme un fluide) perpendiculaire à l'axe
des x et d'épaisseur où correspond
au libre parcours moyen (projeté selon x), dans laquelle
existe un gradient de concentration dirigé selon l'axe x.
Déterminons le courant de ce gradient à travers la section S d'abscisse x.
Pour faire simple, nous pouvons considérer que, parmi toutes
les particules se trouvant entre l'abscisse et x,
un tiers, ont leur vitesse dirigée selon x (les deux autres
tiers étant sur y et z), et parmi ces dernières,
la moitié a une vitesse positive (finalement nous devons considérer
le 1/6 par direction).
Comme est
le libre parcours moyen, ces dernières particules franchiront la
section S sans avoir subi de collision: elles participeront
donc au courant de diffusion.
Notant la
concentration volumique à l'abscisse (et
considérant que cette concentration est constante entre et x,
ce qui, vu l'ordre de grandeur de ,
est à peu près vérifié). Le nombre de particules se trouvant entre
les abscisses et x et
traversant effectivement la section s vaut alors:
(32.147)
Cette traversée prend un temps égal à ,
où est
la vitesse moyenne d'agitation thermique. Par conséquent, la densité de
courant circulant de la gauche vers la droite vaut:
(32.148)
En procédant de la même manière pour les particules se trouvant à droite
de x, nous obtenons pour la densité de courant circulant
de droite à gauche:
(32.149)
La densité de courant totale circulant à travers S vaut
donc:
(32.150)
Or, nous pouvons aussi écrire cela sous la forme:
(32.151)
Si est
très petit, nous pouvons écrire:
(32.152)
Vu les simplifications apportées au modèle, le facteur 3 a toutes
les chances d'être peu réaliste. En revanche, la relation de proportionnalité entre
gradient de concentration et courant de diffusion est tout à fait
crédible, Nous écrirons finalement en généralisant à l'espace:
(32.153)
où D est alors donné par:
(32.154)
est
la constante de diffusion massique. Comme D est positive,
nous constatons que le mouvement de diffusion des particules a
lieu dans le sens opposé au gradient, ce qui tend bien à homogénéiser
les concentrations.
Remarque: Si
nous souhaitons obtenir le flux de charge, il suffit de multiplier
la relation obtenue à gauche et à droite par la charge élémentaire.
Nous pouvons également estimer le flux d'énergie thermique transporté par
ces mêmes particules selon x. En effet, dans chaque tranche
de fluide, n particules transportent chacune une énergie E correspond à une
quantité de chaleur Q donnée (selon la loi de Joule). Nous
avons donc un flux surfacique d'énergie dont
la première composante est donnée par le même type de bilan que
les développements précédents:
(32.155)
Nous y trouvons immédiatement la définition de la capacité calorifique
(si nous divisons par la masse nous aurions la capacité calorifique
massique selon ce que nous avons vu dans le chapitre de Thermodynamique).
Ainsi, dans le cas unidimensionnel:
(32.156)
Il y a donc un simple rapport de proportionnalité entre et C.
Remarque: Selon
les auteurs le flux est noté avec le symbole
de la densité de courant, soit .
Faisons un petit tableau récapitulatif pour les quelques lois
de diffusion démontrées jusqu'à maintenant sur ce site (dans leurs
chapitres respectifs) en utilisant la notation la plus courante
en physique (et non celle des thermodynamiciens...):
|
Loi de Fourier |
Loi de Fick |
Loi d'Ohm |
|
Thermodynamique |
Mécanique Statistique |
Électrocinétique |
|
  |
 |
 |
|
Densité de courant thermique
T :
température
|
Densité de courant particulaire :
concentration
|
Densité de courant électrique
U:
potentiel électrique
|
|
:
conductivité thermique |
D: coefficient de diffusion |
:
conductivité électrique |
|
flux thermique:
 |
flux de particules:
 |
flux de courant électrique:
 |
Tableau: 322
- Similitudes des différentes lois de diffusion en physique
MOUVEMENT BROWNIEN
Le mouvement brownien est une description mathématique du mouvement
aléatoire d'une petite impureté organique ou non immergée dans
un fluide et qui n'est soumise à aucune autre interaction que des
chocs avec les petites molécules du fluide environnant. Il en résulte
un mouvement très irrégulier de la grosse particule, qui a été décrit
pour la première fois en 1827 par le botaniste Robert Brown en
observant des mouvements de particules à l'intérieur de grains
de pollen:

(32.157)
Source: Wikipedia
L'origine du mouvement dû aux molécules n'était pas du tout évident
au début du 19ème siècle car:
1. Il n'était pas encore communément admis que la matière était
simplement discontinue et donc composée de molécules.
2. On ne comprenait pas même en admettant l'aspect moléculaire
de la matière que quelques molécules soient capables de déplacer
des impuretés plusieurs millions de fois plus grande que celles
des molécules du fluide.
3. Même si on admettait l'aspect moléculaire, on ne comprenait
pas qu'une très grande quantité de chocs de milliards de molécules
ne s'annulent pas entre eux et que l'impureté soit finalement immobile
(on verra que cela est dû au fait que la matière n'est pas continue).
Le traitement mathématique du problème utilisant l'aspect moléculaire
et statistique de la matière a été une affirmation pour les scientifiques
partisans de l'aspect atomique de la matière et ouvrit encore une
fois la porte au nouveau domaine de la mécanique statistique déjà un
peu utilisée à l'époque par Maxwell dans le cadre des gaz.
Comme toujours il existe plusieurs modèles mathématiques et suivant
la tradition du site web nous avons choisie la plus simple et... ce
n'est pas celle d'Einstein mais de Langevin (effectuée deux ans
après dans un souci de simplification).
Le point de départ est le théorème d'équipartition de l'énergie
cinétique (cf. chapitre de Mécanique des
Milieux Continus):
(32.158)
soit pour une particule:
(32.159)
avec pour rappel v qui est la vitesse moyenne! Si nous
simplifions l'analyse que dans un axe de translation possible la
relation devient (nous spécifions maintenant qu'il s'agit de la
moyenne afin de ne pas nous mélanger les pinceaux avec la suite):
(32.160)
En écrivant ceci nous stipulons donc qu'une particule en suspension
dans un fluide en équilibre thermique possède, dans la direction x par
exemple une énergie cinétique moyenne égale à celle d'une molécule
gazeuse de nature quelconque, dans une direction donnée, à la même
température. Il s'agit donc à nouveau d'une identité forte entre
les solutions diluées et le gaz parfaits.
Une particule comme celle que nous considérons, grande par rapport
aux molécules du liquide, et se mouvant à la vitesse v par
rapport à celui-ci subit comme nous l'avons pseudo-démontré dans
le chapitre de Mécanique Des Milieux Continus (loi de Stokes) une
résistance
de:
(32.161)
où sera
appelé "coefficient de friction" (correspondant
donc à la viscosité).
Maintenant, écrivons selon l'équation de la dynamique de Newton
(on ne spécifie plus que la vitesse est selon x dans la
notation qui suit):
(32.162)
la force complémentaire ,
introduite par Langevin, est aléatoire (stochastique). On sait à priori
peu de choses d'elle, si ce n'est qu'elle semble à priori indifféremment
positive ou négative, et que sa grandeur est telle qu'elle maintient
l'agitation de la particule, qui, sans elle, finirait par s'arrêter
sous l'effet de la résistance visqueuse.
L'équation précédente multipliée par x, peut s'écrire
encore:
(32.163)
Or, rappelons que (cf. chapitre de Calcul
Différentiel Et Intégral):
(32.164)
d'où:
(32.165)
En établissant cette dernière relation, nous avons aussi montré que:
(32.166)
Nous pouvons alors écrire:
(32.167)
et aussi:
(32.168)
Si nous prenons la moyenne (nous changeons de notation pour la
moyenne car la barre n'est pas très adaptée esthétiquement parlant
lorsqu'il y a des puissances):
(32.169)
Nous posons maintenant que:
(32.170)
en d'autres termes nous pouvons voir cela comme le travail moyen
la force aléatoire est nulle.
Il reste alors:
(32.171)
Posons:
(32.172)
Nous avons alors:
(32.173)
Et comme:
(32.174)
Donc:
(32.175)
Soit autrement écrit:
(32.176)
Il s'agit donc d'une équation différentielle à coefficient constants
d'ordre 1. Nous avons démontré dans le chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral la solution homogène était:
(32.177)
où la valeur de C nous importe peu car ce terme va de
toute façon disparaître dans les développements qui vont suivre.
La solution particulière peut être déterminée simplement par la
contrainte au temps zéro:
(32.178)
Soit après dérivation et avoir posé donne:
(32.179)
Une solution triviale simple est alors:
(32.180)
Nous avons alors:
(32.181)
Or après très peu de temps le terme en exponentielle devient
quasiment nul. Nous avons donc en régiment permanent:
(32.182)
Soit:
(32.183)
où D est appelé "coefficient
de diffusion" (comme en thermodynamique). Nous remarquons
dès lors que la position moyenne de la distance x parcourue
est in extenso proportionnelle à la racine carrée
du temps.
La relation:
(32.184)
est parfois appelée "relation de Sutherland-Einstein" (car
William Sutherland l'a découvert en Australie pratiquement au moment
où Einstein écrivait cette même relation dans sa thèse).
La méthode de Langevin redonne le même résultat que le premier
modèle proposé par Einstein deux ans plus tôt et que le deuxième
modèle deux ans plus tard.
On peut se demander jusqu'à quel point la relation de Sutherland-Einstein
prouve l'existence de molécules. Autrement dit, que serait la limite
du coefficient de diffusion D si la nature était continue,
c'est-à-dire si le nombre d'Avogadro était infini?
Nous pressentons bien évidemment alors que D s'annulerait,
et que le déplacement de diffusion brownien disparaîtrait tout
simplement dans cette limite. Autrement dit, le mouvement brownien
cesserait
immédiatement
si la Nature était continue! Ce qui est un résultat remarquable
de preuve de l'aspect discret de la nature!
|