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MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
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34. MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS (2/2) |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
09.03.2010 22:08
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
GAZ
Les solides ont une forme
bien définie et sont difficiles à comprimer. Les
liquides peuvent s'écouler librement et leur écoulement
est limité par des surfaces autoformées. Les gaz
se dilatent librement pour occuper le volume du récipient
qui les contient, et ont une densité environ mille fois
inférieure à celle des liquides et des solides.
Ils conduisent peu la chaleur et l'électricité,
sauf si nous les ionisons (formation d'un plasma). Les molécules
d'un gaz neutre se déplacent suivant des trajectoires
rectilignes qui changent de direction à chaque collision
avec une autre molécule. Contrairement aux solides et
aux liquides, les interactions entre molécules restent
faibles. Les propriétés macroscopiques d'un gaz
se déduisent donc directement des propriétés
des molécules qui le composent (ou des atomes dans le
cas d'un gaz monoatomique).
TYPES
DE GAZ
En théorie des gaz (nous
parlons souvent de "théorie cinétique des gaz") nous
considérons toujours deux types de gaz neutres:
GAZ
PARFAIT
Il s'agit d'un modèle dans
lequel nous négligeons les interactions moléculaires du gaz, à l'exception
des collisions, et dont le volume propre est négligeable devant
le volume du récipient.
Lorsqu'un gaz est à faible
pression, les interactions entre ses molécules sont faibles.
Ainsi, les propriétés d'un gaz réel à basse pression se rapprochent
de celles d'un gaz parfait. Nous pouvons alors décrire le comportement
du gaz par "l'équation d'état des
gaz parfaits" que nous démontrons plus bas lors de
notre étude du théorème du Viriel:
(34.1)
avec n le nombre
de moles de gaz, P la pression du gaz, V le
volume occupé par les n moles et T la température
absolue du gaz. La constante R étant la constante des
gaz parfaits.
Cette équation montre que trivialement:
- A température T constante (système "isotherme"),
le volume d'une quantité fixée de gaz est inversement
proportionnel à sa pression. C'est la "loi
de Boyle-Mariotte":


(34.2)
- A pression P constante (système "isobare"),
le volume d'une quantité fixée de gaz est proportionnel à la
température absolue. C'est la "loi
de Gay-Lussac" (dans le cas des gaz parfaits...):


(34.3)
C'est cette relation qui est souvent utilisée dans les labos des
petites classes pour montrer qu'avec une extrapolation de la droite
mesurée, le volume devient théoriquement....nul à une température
de -273.15 [°C]. Non sérieusement à partir d'une certaine
température il faut utiliser des modèles quantiques et de plus
cette relation n'est valable vraiment que pour les gaz (ainsi,
lorsque la vapeur d'eau devient liquide... ce n'est plus valable).
- A volume V constant (système "isochore"), la
pression d'une quantité fixée de gaz est proportionnelle à sa
température absolue. C'est la "loi
de Charles":


(34.4)
Par la suite,
Amedeo Avogadro, à qui l'on doit le vocabulaire de "molécule" affirme
le concept moléculaire des gaz et conclut que des volumes à égaux
de gaz différents, pris dans les mêmes conditions
de température et de pression, contienne le même
nombre de molécules.
GAZ
RÉEL
L'équation d'état des gaz
parfaits est approximative. Par exemple, un gaz parfait ne pourrait
ni se liquéfier ni se solidifier, quels que soient le refroidissement
et la compression auxquels il est soumis. Les gaz réels, surtout
dans des conditions de pression et de température proches de
la transition à l'état liquide, peuvent présenter des écarts
considérables avec la loi des gaz parfaits!
Il faut donc l'adapter
aux cas réels. L'équation d'état de Van der Waals est particulièrement
utile et bien connue peut être obtenu de manière qualitative
une fois l'équation des gaz parfaits démontrée et est alors donnée
par (voir plus bas comment nous l'obtenons):
(34.5)
pour une mole, a et b étant
des paramètres adaptables déterminés par des mesures expérimentales
effectuées sur le gaz concerné. Ce sont des paramètres qui varient
d'un gaz à un autre.
L'équation de Van der
Waals peut également être interprétée au niveau microscopique. Les
molécules interagissent les unes avec les autres. Cette interaction
est fortement répulsive pour les molécules proches les unes des autres,
devient légèrement attractive pour un éloignement moyen et disparaît
lorsque l'éloignement est important. À pression élevée, la loi des
gaz parfaits doit être rectifiée pour prendre en compte les forces
attractives ou répulsives.
THÉORÈME
DU VIRIEL
Nus allons ici aborder une étude des gaz parfaits
via une méthode particulière. Elle permet d'obtenir
un résultat intéressant et particulièrement
pour l'astrophysique (cf. chapitre d'Astrophysique).
Le théorème du Viriel permet également d'obtenir
d'autres résultats très intéressants mais
qui pédagogiquement sont un peu difficiles d'accès.
Le lecteur qui serait intéressé à cette deuxième
partie de résultats pourra directement se reporter un peu
plus loin où les concepts de pression et de température
cinétique sont traités.
Par définition, "l'expression
du Viriel" d'un
point matériel est le scalaire:
(34.6)
Par définition, le "Viriel" d'un
système composé de N points matériels est:
(34.7)
Soumis à une force centrale,
le Viriel s'écrit (par les propriétés du produit scalaire):
(34.8)
Le "théorème du Viriel"
s'énonce ainsi : Pour un système en équilibre (!), l'énergie
interne est égale à l'opposé de son demi-Viriel total lorsque
toutes les particules sont repérées par rapport à son
centre de masse.
Démonstration:
Soit la relation mathématique:
(34.9)
Sa dérivée seconde:
(34.10)
En multipliant par et
en sommant sur i :
(34.11)
Or:
(34.12)
et:
(34.13)
Donc:
(34.14)
Cette dernière expression
est valable quelle que soit la position d'un système de coordonnées
adopté. Cependant, il est intéressant de placer son origine au
centre de masse du système car nous ne sommes plus dépendants
de son mouvement.
Si le système est en équilibre,
les quantités macroscopiques qui la caractérisent ne sont pas
dépendantes du temps. Nous en concluons alors que la somme de
n'importe quelle quantité attachée à n'importe quel point matériel
du système est en fait une quantité dudit système.
Ainsi, est
une quantité macroscopique indépendante du temps. Cela implique
que:
(34.15)
Ce qui s'écrit encore (nous
multiplions par ½ des deux côtés):
(34.16)
Nous avons donc finalement:
(34.17)
Cette expression de l'énergie cinétique est connue sous le nom
de "théorème de Viriel"et
le membre de droite est donc appelé le "Viriel
du système".
C.Q.F.D.
Nous noterons que:
(34.18)
où est
l'énergie cinétique totale associée à l'ensemble des points matériels
du système. Nous l'appelons "l'énergie
interne du système" et les thermodynamiciens la note
souvent avec la lettre U. est
l'énergie d'un point matériel quelconque du système.
Il est possible de retrouver
l'expression du Viriel à partir d'un système de particules (nuage
en accrétion). Strictement, l'équilibre n'existe pas dans un
tel cas. Néanmoins, nous pouvons admettre que si la contraction
gravitationnelle est suffisamment lente alors ses différentes
phases peuvent êtres considérées comme une succession d'états
d'équilibre.
Dans le cas d'une force
centrale et dérivant d'un potentiel, nous pouvons écrire:
(34.19)
et donc :
(34.20)
Si l'énergie potentielle
est de la forme k/r (ce qui est
le cas pour le potentiel électrique et gravitationnel) alors
il vient:
(34.21)
et il reste:
(34.22)
En résumé, le théorème
du Viriel nous donne une relation entre les énergies cinétique
et potentielle totales. Pour être valable, le mobile doit décrire
une trajectoire autour du centre de force central et rester
indéfiniment dans un volume fini (état lié). Ce type de raisonnement
est applicable à un très grand nombre de phénomène, depuis
la structure de certaines galaxies jusqu'au dégagement d'énergie
dans les explosions nucléaires en passant par l'étude du Soleil
et le comportement des gaz réels. Il s'agit du premier résultat
qui nous intéressait.
Dans un système
gazeux, l'énergie potentielle peut s'écrire comme la somme
de l'énergie des forces agissant de l'extérieur plus celle
qui sont interne même au gaz. Tel que:
(34.23)
Or les forces internes
peuvent s'écrire comme:
(34.24)
Il ne faut pas dans cette
somme prendre la force qu'exerce chacune des particules sur elle-même.
Tel que:
(34.25)
Ce qui nous donne:
(34.26)
Dans la double somme,
nous pouvons regrouper les termes deux à deux et utiliser le
principe d'action-réaction tel que:
(34.27)
Pour obtenir:
(34.28)
Ce qui finalement nous
donne:
(34.29)
Et:
(34.30)
Le premier terme
de droite fait intervenir les forces intérieures (interactions)
entre les (paires de) particules et le deuxième terme de droite
fait intervenir les forces extérieures.
Considérons maintenant
un gaz contenu dans un récipient. Ses molécules ne sont sujettes à des
forces extérieures que lorsqu'elles heurtent une paroi et nous
imaginons qu'en moyenne cette force est perpendiculaire à la
paroi (chocs élastiques).

(34.31)
Pour toutes les faces contenues
dans les plans définis par les axes, nous avons toujours:
(34.32)
Puisque en moyenne est
toujours perpendiculaire à .
Pour les autres faces (BCFE par
exemple) nous avons et
donc:
(34.33)
où nous appelons a la
coordonnée selon Oy de l'extrémité de (ne
pas confondre avec l'accélération!).
Dès lors pour chaque face:
(34.34)
Effectivement car la pression interne du système sur les parois étant
définie par:
(34.35)
Par le théorème du Viriel,
en ajoutant les contributions non nulles des faces BCFE, DEFG et ABED,
il vient:
(34.36)
Si l'énergie cinétique
moyenne d'une molécule est:
(34.37)
L'énergie cinétique moyenne
totale pour N molécules est alors (nous reviendrons
sur cette relation plus loin mais avec une autre approche) :
(34.38)
ce que les thermodynamiciens notent souvent:
(34.39)
où U est donc l'énergie interne du gaz et ddl le
nombre de degrés de liberté des contituants.
La relation antéprécédente, appelée "théorème
d'équipartition de l'énergie", est importante
car elle permet:
1. Une interprétation
microscopique de température T et de déterminer
l'énergie interne d'un gaz parfait monoatomique (et par
extension d'autres gaz avec des degrés de libertés autres).
2. De constater que le système de température en Celsius n'est
pas adapté à la réalité physique. Effectivement, dans le système
utilisant les Celsius, à 0 °C tout devrait être immobile (énergie
cinétique nulle) or il est évident que ce n'est pas le cas pour
toutes les substances. Donc il faut introduire une nouvelle température
qui met en adéquation l'énergie cinétique mesurée et la température
traditionnelle. Il s'agira de la "température
absolue" mesurée en Kevlin [K] dont
l'équivalence énergie cinétique/température mesurée est elle que
le 0 °C correspond à 273.15 [K].
L'énergie interne est une contribution à l'énergie
qui n'apparaît
pas en mécanique classique. Du point de vue macroscopique,
un récipient
immobile qui contient un fluide ne possède pas d'énergie
cinétique,
alors que son énergie potentielle est constante. Nous pouvons
l'ignorer en donnant la valeur zéro à cette constante.
Du point de vue microscopique, les choses changent cependant!
Effectivement, les atomes ou molécules du fluide sont en
mouvement et interagissent. Il faut leur associer une énergie
(l'énergie
interne) qui est la somme des contributions relatives à chaque
atome.
Dès lors:
(34.40)
C'est "l'équation
générale d'état d'un gaz réel", c'est-à-dire l'équation
d'état qui tient compte des interactions entre molécules. Il
est intéressant de remarquer que finalement cette relation
peut nous permette de calculer l'énergie du gaz même s'il n'y
pas de parois!
Si le gaz est parfait,
il n'y a pas d'interactions entre les N molécules (par
hypothèse)
et alors nous avons "l'équation des
gaz parfaits" suivante:
(34.41)
Que nous retrouvons beaucoup plus fréquemment sous la forme:
(34.42)
si n est exprimé en moles avec R la
constante des gaz parfaits.
Si la température est constante, nous retrouvons la "loi
de Boyle-Mariotte":
(34.43)
Pour arriver à l'équation des gaz parfaits, il est utile
de rappeler que nous avons fait trois hypothèses :
H1. Les molécules
sont assimilées à des sphères dures dont
le diamètre est négligeable devant la distance
moyenne qui les sépare. C'est que ce que nous appelons "l'hypothèse
structurale".
H2. A la limite, et c'est
ce que nous avons retenu, si nous considérons les molécules
comme ponctuelles, la possibilité d'interaction entre
les particules s'annule. Les seules interactions qui subsistent
seront les chocs sur les parois du récipient qui contient
le gaz. Ces chocs sont parfaitement élastiques de sorte
que nous puissions appliquer les lois de conservation de la quantité de
mouvement de l'énergie cinétique. C'est ce que
nous appelons "l'hypothèse
interactive limite"
H3. Le gaz est étudié dans
un état d'équilibre thermodynamique ce qui se traduit
par l'homogénéité des variables intensives
et extensives. C'est que ce que nous appelons "l'hypothèse
du chaos moléculaire".
Dans un cas particulier,
si les interactions dérivent d'un potentiel central:
(34.44)
Il vient ainsi:
(34.45)
Si en outre l'énergie potentielle
est du type (attention de ne pas confondre le caractères k avec
la constante de Boltzmann notée de la même manière!)
:
(34.46)
nous avons:
(34.47)
et dès lors:
(34.48)
où est
l'énergie totale moyenne du système.
Au fait, il faut bien prendre
garde au fait que nous n'avons pas rigoureusement démontré l'équation
des gaz parfaits. Effectivement, lorsque nous avions posé plus
haut:
(34.49)
Cela supposait implicitement
que l'équation des gaz parfaits était déjà connue
(…).
Cette approche de la cinétique
des gaz est intéressant car utile en astrophysique. Cependant,
ce n'est de loi pas la plus simple dans un cadre scolaire et
pédagogiquement.
Nous nous proposerons de revenir sur ces mêmes résultats
via les concepts de pression et de température cinétique
une fois l'équation de Van der Waals déterminée.
En 1875, le savant hollandais J.D. Van der Waals (1837-1923)
essaya donc de remplacer l'équation des gaz parfaits par une relation
qui tiendrait compte des forces intermoléculaires et de la taille
des molécules. La première correction, et la plus évidente, à l'équation
des gaz parfaits:
(34.50)
est de soustraire le volume des molécules de gaz du volume V.
Nous pouvons le faire logiquement en remplaçant V par V-Nb où b est
une constante très faible représentant bien évidemment le volume
moyen par molécule (il existe des tables pour cela). Donc:
(34.51)
où le terme est
communément appelé le "covolume".
Pour tenir compte des forces intermoléculaires que nous avons
négligées précédemment, nous pouvons tenter une approche approximative
en sachant déjà que la force d'attraction de chaque molécule se
fera sur N-1 molécules. Par conséquent, le numérateur de
la force d'attraction contiendra (par la somme des tous les termes)
trivialement si le gaz est isotrope et homogène un terme du type
N(N-1) pour
l'influence de toutes les molécules entre elles ce qui si N est
très grand peut être approximé par .
Nous savons également qu'au numérateur il y aura un terme de
masse pour chaque particule. Si nous connaissons N/V alors
il ne reste plus qu'à connaître la densité massique du gaz (mais
ce n'est pas une variable extensive donc nous éviterons de la faire
apparaître explicitement). Ainsi, le terme peut
s'écrire directement 
En suivant ce raisonnement, Van der Waals ajouta au terme de
droite de l'équation ci-dessus un terme négatif proportionnel à la
quantité .
La présence de ce terme se traduit par un abaissement de la pression
au fur et à mesure que croit la densité du gaz. La relation modifiée
est ainsi:
(34.52)
où a est une constante de proportionnalité. Nous pouvons
réécrire cette relation sous la forme:
(34.53)
qui est appelée "équation de Van der Waals". Elle est
une excellente description de l'équation d'état dans un large domaine
des variables P,V,T,
les valeurs a et b étant caractéristiques de chaque
gaz. Les constantes a et b sont déterminées expérimentalement
comme nous en avons déjà fait mention.
L'équation de Van der Waals peut être mise sous forme d'un développement
du type Viriel en utilisant un développement de Taylor (MacLaurin)
:
(34.54)
ou en réorganisant les termes:
(34.55)
Remarquons qu'il existe une température pour laquelle est
nulle. Nous l'appelons "température de Boyle" du gaz:
c'est la température à laquelle le gaz réel ressemble à un gaz
parfait. Il est très délicat d'obtenir ces paramètres expérimentalement.
PRESSION CINÉTIQUE
Recherchons le nombre de molécules d'un gaz parfait toutes supposées
animées d'une vitesse égale v qui viennent frapper une surface S pendant
une durée dt.
Si le gaz étudié est dans un état d'équilibre thermodynamique,
cela se traduira par l'homogénéité des variables intensives (hypothèse
du chaos moléculaire).
Il s'ensuit que la densité des particules est constante :
(34.56)
Si nous admettons que les molécules sont en mouvement, nous supposerons
qu'il y a isotropie des vitesses. En d'autres termes, puisque les
vitesses peuvent vectoriellement être décrites dans un système
de 3 axes orthogonaux (trois dimensions spatiales), il y a 6 directions
possibles primaires au total (2 directions par axe : en avant,
en arrière...).
Cela se traduit par l'équivalence entre les différentes directions.
Il y a :
(34.57)
particules ayant une vitesse v selon l'une des directions
primaire.
Donc pendant une durée dt, la surface S de la paroi
est percutée par une partie des molécules contenues dans le volume .
En effet, seul 1/6 des molécules contenues dans ce volume se dirigent
effectivement vers la surface S.

(34.58)
Le nombre de molécules qui viennent heurter la paroi pendant
la durée dt est donc :
(34.59)
Étudions maintenant la dynamique du choc d'une particule
sur la paroi :
La particule de masse m qui arrive sur la paroi avec la
vitesse repart
avec une vitesse si
le choc est parfaitement élastique.
La variation de la quantité de mouvement de la particule est
donc :
(34.60)
En vertu de la conservation de la quantité de mouvement,
cette quantité de mouvement est transférée à la
paroi : la variation
de la quantité de mouvement subie par la paroi est l'opposé de
celle de la particule :
(34.61)
La variation totale de la quantité de mouvement de toutes les
particules qui viennent frapper la paroi pendant la durée dt vaut
alors en module :
(34.62)
En appliquant le principe fondamental de la dynamique, nous pouvons
passer à la force subie par la paroi pendant la percussion de ces
molécules :
(34.63)
donc :
(34.64)
Or par définition de la pression et en prenant le module :
(34.65)
nous avons alors la "pression
cinétique" donnée
par :
(34.66)
La pression cinétique est donc la traduction de la fréquence
des chocs sur la paroi. Plus les molécules sont nombreuses (terme
en )
et rapides (terme en v), plus le nombre de chocs augmentent.
Cela est conforme à l'expérience et à l'intuition.
TEMPÉRATURE CINÉTIQUE
En remplaçant par
le quotient N/V, l'équation précédente peut se mettre
sous la forme :
(34.67)
Si nous l'identifions avec l'équation d'état des gaz parfaits
vue plus haut :
(34.68)
il vient :
(34.69)
Or la quantité de matière n est égale au rapport du nombre
de particules sur le nombre d'Avogadro :
(34.70)
ce qui permet de définir la "température cinétique" par :
(34.71)
Nous pouvons alors introduire une constante qui
nous est déjà connue appelée par Max Planck "constante
de Boltzmann" et telle que :
(34.72)
Remarque: Nous avions déjà fait mention de cette relation
lors de notre présentation des constantes universelles dans le
chapitre traitant des Principes de la mécanique.
L'expression de température cinétique prend alors la forme :
(34.73)
Cette relation montre que la température cinétique est le reflet
de l'énergie cinétique des particules. D'une façon imagée, c'est
l'image de la violence des chocs.
Ainsi, l'énergie d'un gaz parfait se réduit à la somme des énergies
cinétique des particules qui le constitue :
(34.74)
Les atomes d'un gaz parfait monoatomique sont assimilables à des
points matériels. Leur énergie cinétique est
une énergie cinétique
de translation dont la valeur moyenne, par atome, s'écrit :
(34.75)
Dans l'espace des vitesses, toutes les directions sont équivalentes :
il y a isotropie de la distribution des vitesses. En coordonnées
cartésiennes, il vient :
(34.76)
et par suite de l'isotropie :
(34.77)
d'où :
(34.78)
ainsi, l'énergie cinétique moyenne par degré de liberté de translation
est égale à :
(34.79)
Le lecteur remarquera bien évidemment que nous obtenons ici les
mêmes résultats et conclusions que lors de notre étude du théorème
du Viriel à la différence que l'approche est ici plus simple et
donc plus didactique.
LIBRE PARCOURS MOYEN
Nous allons voir maintenant un cas d'études très intéressant
des gaz qui permet de mettre au clair beaucoup d'incompréhensions
dans la vie de tous les jours (fumée dans les restaurants, chaleurs
près d'un radiateur, ...). Cependant les phénomènes sont en réalité plus
complexes il faut aussi prendre en compte la diffusion, la convection,
etc.
Considérons une molécule, qui se déplace à la
vitesse moyenne .
Sa sphère d'influence balaie
alors, pendant l'unité de temps de son déplacement,
un volume:
(34.80)
Si l'unité de volume renferme n molécules, le nombre de
chocs pendant l'unité de temps sera alors de:
(34.81)
si les autres molécules étaient immobiles... Donc pour tenir
compte du mouvement des autres molécules, considérons les schémas
ci-dessous avec trois scénarios simplistes:

(34.82)
De gauche à droite nous avons:
1. La vitesse relative des molécules est 
2. La vitesse relative est nulle
3. La vitesse relative vaut (Pythagore) 
Les deux premiers cas sont quand même un peu extrêmes... Le troisième
sera considéré comme représentant une moyenne et peut servir
de nouvelle base au calcul précédent.
Ainsi, en utilisant la vitesse relative du dernier scénario,
le nombre de chocs pendant l'unité de temps devient :
(34.83)
Ainsi, entre deux chocs, une molécule parcourt une distance moyenne :
(34.84)
C'est donc l'expression du libre parcours moyen en fonction de
la densité moléculaire n et du rayon r de la sphère
moléculaire, paramètre intrinsèque du gaz considéré. Compte tenu
de la relation:
(34.85)
Soit:
(34.86)
Une application numérique donne pour l'oxygène aux conditions
normales de température et de pression ce
qui signifie que le libre parcours moyen vaut environ 100 fois
le diamètre d'une molécule de taille standard.
En utilisant la relation de la vitesse moyenne la plus probable
dans le cadre de l'hypothèse d'une distribution de Maxwell des
vitesses (cf. chapitre de Mécanique Statistique) nous avons:
(34.87)
pour une molécule de masse molaire de 30 [g] à température
normale. Ce qui donne un nombre de collisions:
(34.88)
Cette fréquence élevée de chocs explique, dans les conditions
normales de température et de pression, la rapidité avec laquelle
l'équilibre statistique s'établit au sein d'un gaz.
A la température ambiante et pour un vide de ,
nous obtenons avec les mêmes valeurs : .
Les dimensions des récipients contenant les gaz étant toujours
inférieures à cet ordre de grandeur, il apparaît que lorsque le
vide est réalisé dans une enceinte, les chocs intermoléculaires
sont négligeables vis à vis des chocs molécules-parois.
PLASMAS
Nous définissons
le "plasma" comme un état
de la matière dans lequel
certaines liaisons
électroniques ont été rompues, provoquant
l'apparition d'électrons
libres, chargés négativement et d'ions, chargés
positivement. Les gaz faiblement ionisés appelés "plasmas" par
abus de langage, possèdent les mêmes propriétés
mécaniques
(écoulements,
ondes acoustiques, etc.) que les gaz neutres, en revanche leurs
propriétés électromagnétiques
(conductivité électrique, indice
de réfraction) en diffèrent par suite de la présence
d'électrons
libres en leur sein.
Remarque: Le plasma est aussi nommé "quatrième
état de la matière" (après les états
solide, liquide et gazeux et avant le cinquième état
de la matière : le condensat de Bose-Einstein).
Dans leur
état normal, les gaz sont des isolants électriques. Cela tient
au fait qu'ils ne contiennent pas de particules chargées libres,
mais seulement des molécules neutres. Cependant, si nous leur
appliquons des champs électriques assez intenses, ils deviennent
conducteurs. Les phénomènes complexes qui se produisent alors
portent le nom de décharges dans les gaz et sont dus à l'apparition
d'électrons et d'ions libres. Le résultat
d'une décharge dans un gaz est donc la production d'un gaz ionisé
contenant par exemple
électrons,
ions positifs et
neutres (atomes ou molécules) par unité de volume. En général,
le gaz est macroscopiquement neutre. Nous avons alors alors:
(34.89) Cette neutralité
est la conséquence des forces électrostatiques très intenses qui
apparaissent dès que l'on a
. La densité de particules est donc la première grandeur fondamentale. Le "degré
d'ionisation" d'un gaz est défini par le rapport:
(34.90) où
est la densité (nombre de particules par unité de volume) des
neutres et n celle des électrons (ou des ions positifs).
La valeur du degré d'ionisation dans les divers types de gaz ionisés
varie en pratique depuis des valeurs très faibles, de l'ordre
de
, par exemple, jusqu'à 1.
La deuxième
grandeur fondamentale est la température. Lorsqu'on chauffe
un gaz à une température T suffisamment élevée ( de l'ordre de
), l'énergie moyenne (voir théorème du Viriel)
:
(34.91) de translation
de ses molécules peut devenir du même ordre que leur énergie d'ionisation
Ei. Dans ces conditions, lorsque deux molécules
entrent en collision, il peut y avoir ionisation de l'une d'entre
elles. Si le gaz
est en équilibre thermodynamique, l'ionisation par collision est
contrebalancée par des processus de recombinaison entre électrons
et ions et il en résulte que les trois variables ne sont pas indépendantes : l'ionisation est déterminée
par la pression et la température, nous disons alors que le gaz
est en "état d'équilibre d'ionisation
thermique". A des températures
plus élevées, les atomes du gaz peuvent d'ailleurs s'ioniser plusieurs
fois. Dans de nombreux cas, l'ionisation est due à un champ électrique
extérieur, et le gaz n'est pas en équilibre thermodynamique. Il
atteindra souvent un état stationnaire qu'on pourra caractériser
par les paramètres
(température des électrons),
(température des ions) et
(température des molécules). Les trois
températures ainsi introduites sont définies par la condition
que représente
l'énergie cinétique moyenne des particules d'espèce a,
dans un repère où elles ont une vitesse moyenne nulle. L'écart
entre
,
et
peut être important : par exemple, dans un tube à décharges
typique, nous pourrons avoir :
et
. La forte valeur de
est due à l'action du champ électrique sur les électrons,
et l'ionisation est alors produite par les collisions de ces électrons
chauds sur les molécules neutres du gaz. En conclusion
il n'y a que deux grandeurs de base permettant de caractériser
un plasma la densité et la température électronique. Nous allons
maintenant nous pencher sur deux autres grandeurs importantes
mais non fondamentales dans le sens où elles s'expriment à partir
de la densité et de la température. Si dans
un plasma initialement neutre, nous produisons une perturbation
locale sous la forme d'un excès de charge électrique positive
ou négative, celui-ci va tendre à revenir vers l'état d'équilibre
de neutralité. Cependant, nous pouvons voir facilement que la
perturbation initiale engendre en général une oscillation pendulaire
non amortie du plasma autour de son état d'équilibre. Considérons
par exemple la situation représentée sur la figure ci-dessous.

(34.92) À l'instant
initial la région au centre contient un déficit d'électrons et
la région tout autour un excès d'électrons. Cela produit un champ
électrique tendant à créer un mouvement des électrons dans le
sens des flèches. Dans ce mouvement, ceux-ci acquerront une certaine
énergie cinétique et ils pourront, au bout d'un certain temps,
dépasser la position d'équilibre. Un trop grand nombre d'électrons
ayant quitté la région externe, il y aura un défaut d'électrons
dans cette région et un champ électrique tendant à les ramener
vers elle. Au bout d'un certain temps, la situation initiale est
reconstituée et le cycle recommence. Les vibrations ainsi produites
sont appelées oscillations de plasma électroniques. Nous pouvons
étudier quantitativement ce problème en posant les équations générales
d'une oscillation de charge électronique et moyennant les hypothèses
simplificatrices suivantes :
H1.
Les ions sont supposés immobiles étant donné qu'ils sont
beaucoup plus lourds que les électrons, et leur densité uniforme
égale à
H2.
L'agitation thermique est négligeable H3.
Les collisions sont négligeables H4.
Les oscillations sont de faible amplitude H5.
Il n'y a pas de champ électrique ou magnétique imposé par
des sources extérieures
Maintenant,
rappelons que nous avons démontré dans le chapitre
d'Électrodynamique que (équation de conservation
de la charge) :
(34.93)
Donc, en notant
Q la charge élémentaire, I le courant,
V l'unité de volume, S l'unité de
surface traversée, L l'unité longueur, t
l'unité de temps et
le vecteur perpendiculaire à la surface S nous avons
: 
(34.94) comme les
unités de la longueur L sur le temps t sont
des celles d'une vitesse, nous pouvons écrire :
(34.95)
relation qui constitue "l'équation hydrodynamique
des électrons".
Remarque: Un plasma est certes en théorie globalement
neutre mais nous pouvons avoir en théorie localement un
volume non neutre. C'est cette hypothèse qui nous permet
de poser que la divergence du courant n'est pas nulle!
Rappelons
maintenant la deuxième loi de Newton (cf.
chapitre de Mécanique Classique):
(34.96)
Dans cette dernière
relation, nous avons négligé le terme de pression cinétique et le
terme de collision (hypothèses 2 et 3) et négligé le champ magnétique
lié à l'oscillation. Nous pouvons simplifier ces équations en utilisant
l'hypothèse 4 sous la forme:
(34.97) où
est une petite perturbation. Supposons de plus que les quantités
variables varient à la pulsation ,
nous pouvons donc écrire:
(34.98)
A partir de
l'équation de continuité et de Newton, les deux équations hydrodynamiques
des électrons s'écrivent donc :
(1)
(2)
(34.99)
Mais nous
avons d'autre part la loi de Gauss (cf.
chapitre d'Électrodynamique)
:
(34.100) en effet
compte tenu de la condition de neutralité du plasma non perturbé
nous avons :
(34.101) De l'équation
(2) ci-dessus, nous tirons :
(34.102) en remplaçant
dans l'équation (1), nous avons :
(34.103) Finalement
en remplaçant cette dernière expression dans la loi de Gauss,
nous tirons :
(34.104) Mais dans
les oscillations de charges d'espace nous avons par définition
. La relation ci-dessus conduit donc à l'expression de la "fréquence
plasma" ou encore "fréquence
de Langmuir":
(34.105)
En physique,
la fréquence plasma est ainsi la fréquence caractéristique
des ondes de plasma, c'est-à-dire des oscillations des
charges électriques présentes dans les milieux
conducteurs, comme le métal ou les plasmas. A l'image
de l'onde électromagnétique qui, quantifiée,
est décrite par des photons, cette onde de plasma est
quantifiée en "plasmons".
Les oscillations
des charges électriques peuvent être comprises
grâce au raisonnement suivant : si les électrons
d'une zone du plasma sont déplacés, alors les
ions de cette zone, n'ayant que peu bougé du fait de
leur masse importante, vont exercer sur ces électrons
une force de Coulomb attractive. Ceux-ci vont donc revenir
vers leur position initiale, et ainsi de suite...
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