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PRINCIPES
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CLASSIQUE | MÉCANIQUE
ONDULATOIRE | MÉCANIQUE
STATISTIQUE | THERMODYNAMIQUE
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MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
| 34.
MÉCANIQUE
DES MILIEUX CONTINUS (1/2) |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
23.07.2010 22:54
Version: 2.2 Revision 5
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Au sens strict du terme, la mécanique des
milieux continus (abrégée M.M.C.) est la branche de la mécanique
qui se propose d'étudier l'étude des mouvements, des déformations,
des champs de contraintes au sein de milieux continus.
Définition:
D1. Nous désignons par "milieu",
tout fluide (solide, liquide, gaz ou plasma selon ce que nous avons
vu en thermodynamique), déformable ou non, quand nous le considérons
d'un point de vue macroscopique, par opposition à une description
corpusculaire.
D2. Nous désignons
par "milieu continu", un
milieu tel que si M et M' appartiennent à un
milieu et si M' appartient au voisinage M, alors
quelle que soit la déformation subie par ce milieu, dM' appartiendra
au voisinage de dM.
Cette branche apparaît souvent comme
la science de l'ingénieur qui permet de comprendre et de décrire
le monde matériel qui nous entoure et les phénomènes courants qui
s'y déroulent: mouvements de liquides, de gaz, vol des avions, hélicoptères,
fusées, satellites, navigation des bateaux, déformations des corps
solides, structure interne des étoiles, etc. Par ses attaches
à la mécanique thermique (thermodynamique), elle s'étend jusqu'à
la thermique, l'énergétique, l'acoustique.
Prenant en compte les comportements
des milieux continus, elle englobe l'hydrodynamique, la dynamique
des gaz, l'élasticité, l'acoustique, la plasticité et
d'autres comportements. Elle est la clé de ce que nous
appelons aujourd'hui la "modélisation",
qui n'est autre que l'art d'analyser un phénomène physique
et de le décrire en termes mathématiques, ce qui
permet de l'étudier avec
la rigueur propre à cette discipline.
Cette section du site est
séparée en
4 parties principales: solides, liquides, gaz et plasmas (dont
certaines notions ont délibérément été développées
dans le chapitre de Musique Mathématique du site). Dans
chaque partie, nous introduirons les outils mathématiques
spécifiques à l'étude
de tel ou tel milieu continu avec une complexité (toute
relative) croissante. Cependant, par choix il a été décidé d'exposer
les théorèmes avec
les outils mathématiques les plus simples possibles mais
tout en arrivant aux mêmes résultats. Ainsi, par exemple,
la démonstration
de l'équation
de Navier-Stokes qui prendrait 150 pages de développements
mathématiques
rigoureux n'en prend plus que 27. Il y a donc un avantage non
négligeable
aussi bien pour l'auteur que pour le lecteur à procéder
ainsi.
Remarque: Concernant les équations de Navier-Stokes, nous donnerons
aussi des exemples pratiques de celles-ci lors de notre étude
de la météorologie.
SOLIDES
Des atomes d'un même élément
ou d'éléments différents s'assemblent en des
édifices spécifiques. Cela conditionne la force de
leurs interactions électriques, qui définissent
la structure finale de la substance. Dans les conditions normales
sur
notre planète, la matière existe à l'état
solide, liquide, gaz ou plasma. Si les forces interatomiques sont
assez intenses, la collection de particules conserve sa forme et
son volume.
Cette propriété de conserver
la forme et le volume, ainsi que des propriétés élastiques
distinguent les solides.
PRESSIONS
Les notions de "compression"
et "contrainte" (que nous pouvons englober abusivement
dans le terme de "pression") sont de première importance
en mécanique
des fluide (solides inclus donc!). Il convient donc de définir
ces différents
types de pression avec un minimum de rigueur!
Définitions:
D1. Nous appelons "pression
de compression", noté traditionnellement P, le
rapport entre la force F qui s'exerce (s'appuie) sur un élément
de surface S à la perpendiculaire. Ainsi, sous
forme scalaire:
(34.1)
Remarque: Si une force agit sur une surface finie, nous
parlons alors aussi de "force répartie".
D2.
Nous appelons "pression de contrainte" le
rapport entre la force F
qui tire sur un élément de surface S non
nécessairement à la perpendiculaire et dès lors décomposée
en deux vecteurs respectivement tangent et normal. Ainsi, sous
forme
vectorielle:


(34.2)
où et
sont
respectivement la "contrainte normale" et
la "contrainte
tangentielle" (parfois indiquée avec un s en
indice pour indiquer que c'est par rapport à une surface).
Nous pourrions très bien
englober les deux définitions ci-dessus en une seule et travailler
avec les signes des forces. Mais par souci de cohérence avec ce
qui est enseigné dans les écoles, nous garderons ces deux définitions
qui s'identifient par définition par le fait que leurs forces sont
opposées par rapport à un élément de surface S.
ÉLASTICITÉ DES SOLIDES
D'une manière ou d'une autre, une contrainte
de compression ou de traction peut déformer le triplet hauteur,
largeur, épaisseur d'un corps. S'attaquer directement à l'étude
d'un cas qui déforme ces trois paramètres est un peu long et
sera abordée plus bas dans la partie traitant de la détermination
de l'expression du module de Young de cisaillement.
Mais il est utile, ne serait-ce que
du point de vue du vocabulaire de donner un exemple à partir du
cas le plus simpliste qui puisse être. Si nous imaginons un corps
élastique d'une dimension (ayant ni hauteur, ni largeur mais juste
une longueur) sous l'application de deux forces de contraintes parfaitement
colinéaires mais antagonistes, nous pouvons imager que le corps
en considération s'allonge d'un certain facteur.
Définition: La "déformation
normale" sous des forces axiales et antagonistes
est donnée
par le rapport entre la variation de longueur du corps sur sa
longueur
initiale
(soit: l'allongement relatif) tel que:
(34.3)
Cette relation est une forme extrêmement
simplifiée de tous les types de déformations qu'il peut exister
et que nous verrons plus loin en détails.
Il y a nécessairement une relation
entre les forces de compression et de traction et la variation
de dimension d'un corps. Cette relation est dépendante
de la structure atomique du matériau et devrait rigoureusement
faire appel à la
physique quantique pour être déterminée (nous nous
en abstiendrons cependant dans cette section du site). Nous observons
cependant
suivant les matériaux des caractéristiques diverses
qui intéressent
au plus haut point les ingénieurs:

(34.4)
Les figures ci-dessus représentent
la variation de la contrainte de compression en fonction de
la déformation
pour certains matériaux (habituellement nous représentons
ces caractéristiques
en inversant les axes).
- Les matériaux ductiles comme l'acier
doux (a), cessent d'être linéaires à la limite d'élasticité notée ci-dessus.
- Sous traction les polymères (b) caoutchouteux s'allongent d'abord
en dépliant leurs molécules (cf.
chapitre de Génie Des Matériaux) puis
en tirant sur les liaisons chimiques (cf.
chapitre de Chimie Quantique).
- La plupart des matériaux
biologiques (c) sont sous contrainte, même
lorsqu'ils ne sont pas déformés. La peau, par exemple,
est comme un gant de caoutchouc enveloppant le corps.
- L'élastine
(d) est habituellement renforcée de collagène dans les systèmes
biologiques tels que les artères. Un tendon est fait principalement
de collagène.
Dans un cas plus général, les ingénieurs
ont pour habitude de définir les points représentés ci-dessous dans
leurs mesures d'essais de traction:

(34.5)
La caractéristique ci-dessus comporte
une partie linéaire comme c'est le cas d'une certaine classe
de matériaux. Cela signifie que la pente de la caractéristique
est une constante, qui reflète la déformation élastique
du matériau
sous l'effet de la contrainte croissante. Cette contrainte élastique
par unité de déformation définit le "module
de Young"
(il n'y a pas de composante tangentielle dans ce cas d'étude!):
(34.6)
cette relation étant valable aussi
bien en contraintes de compression qu'en traction. Nous reviendrons
sur cette relation dans les paragraphes suivants.
Remarques:
R1. La "rhéologie"
est une partie de la mécanique qui étudie la plasticité,
l'élasticité, la viscosité et la fluidité
caractéristiques des corps déformables. C'est une
branche très importante de l'ingénierie industrielle.
R2. Attention les calculs qui vont suivre sont relativement longs
et difficiles et ce même si nous avons essayé de les
simplifier aux maximum. Cependant tous les résultats nous
seront infiniment utiles que ce soit pour déterminer l'équation
de Navier-Stokes pour l'étude da la résistance
des matériaux (cf.
chapitre de Génie Mécanique)!
LOI
DE HOOKE
Étant donné les définitions données
précédemment, nous obtenons la relation:
(34.7)
qui est par définition la "loi
linéaire de Hooke" en contrainte normale uniquement!

(34.8)
Il est assez intuitif de supposer que
plus la force de liaison des atomes constituant le matériau étudié
est grande, plus grande est la force à appliquer pour éloigner
les atomes, donc pour étirer le corps. Les solides qui ont des
grandes forces de liaisons, ont une haute température de fusion
(cela est approfondi dans le chapitre traitant de la Chimie Quantique).
Si nous notons :
(34.9)
Nous nous retrouvons avec la loi que
nous connaissons:
(34.10)
qui est la force de rappel
des ressorts (cf. chapitre de Mécanique
Classique et Génie Mécanique).
Mais il existe plusieurs types de contraintes
avec leurs modules respectifs. Ainsi voici les définitions
des plus importantes dans la partie linéaire de leur caractéristique
avec le schéma explicatif associé:

(34.11)
D1. Nous définissons le "module
de cisaillement" ou "module
de rigidité" par le rapport de la
composante normale de la force (pression de compression) à la déformation
de cisaillement :
(34.12)
où le numérateur est appelé "contrainte
de cisaillement" et où est "l'angle
de déformation". Généralement
cet angle étant petit nous avons:

S est la surface de la face supérieure
ou inférieure du corps déformé représenté ci-dessous:
D2. Nous définissons le "module
d'élasticité de
glissement", appelé également "module
de glissement"
ou encore"module
de Coulomb" par le rapport de la
composante tangentielle de la force (pression de contrainte) à la
déformation de cisaillement :
(34.13)
où est le "coefficient
de Poisson" dont nous démontrerons l'origine
un peu plus bas dans le présente texte.
Remarquez que bien
que le numérateur de la définition précédente
soit une force divisée par une surface, il ne s'agit pas
d'une pression car la force est tangentielle ('où le T en indice de F) à la
surface.
C'est parce que toute force peut être décomposée
en une forme normale et tangentielle (voir la définition
plus haut de la pression de compression et de la pression de contrainte)
que nous avons les deux définitions
distinctes ci-dessus. Dans la grande majorité des cas de
laboratoires, nous nous arrangeons pour avoir une force purement
tangentielle (d'où le T en indice de F)
ou purement normale (d'où le N en indice de F) à la
surface S.
Dans la pratique il est souvent fait usage que de
la deuxième définition et ce à un point tel
que cette dernière est souvent assimilée au "module
de rigidité" aussi...
Exemple:
Une chose intéressante (pour la parenthèse...) si nous
considérons
que les plaques tectoniques sont en cisaillement entre-elles nous
avons alors d'après le module de glissement:
(34.14)
Or pour une plaque tectonique en frottement de longueur sur
une hauteur H:
(34.15)
et puisque que l'énergie est une force multipliée par une distance,
il vient:
(34.16)
qui est typiquement l'énergie dégagée par le cisaillement de
la friction de deux plaques tectoniques dont les surfaces de contact
ont une hauteur moyenne H, une longueur initiale et
qui subissent une déformation de .
Typiquement pour un tremblement de terre du typa Sumatra (2004),
nous avions:
(34.17)
Dès lors il vient:
(34.18)
en d'autres termes... mille fois l'énergie de la bombe nucléaire
d'Hiroshima.
Soit en notant M la magnitude sur l'échelle de Richter:
(34.19)
alors que les estimations donnent un intervalle de 6.2 à 8.5...
donc nous ne sommes pas trop mauvais dans l'approche théorique.
Voilà pour un exemple non appliqué à l'industrie...
D3. Nous définissons le "module
de compressibilité omnidirectionnel", comme
le rapport de la contrainte volumique à la déformation
volumique (nous démontrerons
plus loin les développements mathématiques qui amènent
au dernier terme de la relation):
(34.20)
Nous pourrions
encore définir beaucoup de modules tels que le module de flexion,
de flexion pure, de flexion composée, de torsion… Nous étudierons
certains d'entre eux plus loin.
Pour
chacune des différentes définitions de modules que nous pouvons
envisager, nous pouvons définir une loi de Hooke qui lui est
adapté. Cependant,
tout cela peut paraître assez arbitraire mais au fait il n'en
est rien car toutes les définitions de modules que nous avons
vues précédemment sont un cas particulier d'une relation mathématique
généralisée qui sera démontrée sur ce site dans
un proche avenir.
MODULE
DE GLISSEMENT
La condition nécessaire pour qu'un solide
rigide soit en équilibre statique est comme nous l'avons vu dans
le chapitre de Mécanique
Classique, que la résultante des forces que l'extérieur exerce
sur le corps soit nul:
(34.21)
Cependant, quand un solide subit des
contraintes et qu'il peut en subir, il peut y avoir déformation
qui peut être suivie d'une rupture ou d'une modification similaire.
Plus, précisément, il y a "déformation" d'un corps (non
nécessairement solide) quand les distances entre certains points
du corps ont changé.
Lorsque dans l'étude théorique
de l'élasticité,
nous excluons les modifications du corps étudié telles que les
ruptures, nous disons que nous nous restreignons aux "déformations élastiques".
La géométrie et la physique des déformations
peuvent être complexes. Leur description se déduit de celle d'un
certain nombre de déformations élémentaires dont nous préciserons
plus loin les caractéristiques.

(34.22)
Les forces scalaires de contraintes
de traction engendrent
sur leurs faces respectives des tensions "normales" (perpendiculaires
donc!):
(34.23)
En admettant que la force agit
seule, la déformation unitaire est par définition :
(34.24)
Lorsqu'un parallélépipède est soumis
à un effort de traction ,
il y a intuitivement contraction des dimensions dans la direction
x.
Contraction observable de façon tout aussi intuitive pour .
Nous avons alors si agit
seul:
(34.25)
où
le
signe "-" indique une contraction et où est
un coefficient appelé "coefficient
de Poisson".
Si agit
seule:
(34.26)
En acceptant le principe de superposition
des forces, l'effet produit par plusieurs forces agissant simultanément
est égal à la somme des effets produits par chacune des forces superposées
agissant séparément.
Ceci est admissible, étant donné la
linéarité des équations unissant la déformation unitaire et la tension
normale. Nous obtenons alors:
(34.27)
En ayant procédé de manière
identique pour les deux autres directions OY et
OZ.
A partir des relations précédentes,
il est aisé de trouver les équations unissant à
:
(34.28)
Soit un matériau soumis à des contraintes
diverses. A l'intérieur de celui-ci, nous opérons, par la pensée,
l'extraction d'un parallélépipède rectangle. Les faces de celui-ci
sont sollicitées par des contraintes normales et
tangentielles (sur
le schéma ci-dessous le solide est en équilibre statique).

(34.29)
Les contraintes normales et
de tangentielles représentent
les actions du parallélépipède de matériau ôté mentalement sur les
faces de l'élément examiné.
Il est intéressant (dans le sens que
cela facilite l'analyse) de rechercher les contraintes qui existent
dans un plan faisant un angle
avec l'axe des x.
Pour ce faire, nous imaginons un triangle de matière ayant un angle
au sommet enlevé hors de la matière mentalement. Nous négligerons
l'effet de la pesanteur.
Soit :

(34.30)
Posons:
(34.31)
et dz étant
l'épaisseur du solide (non représenté sur le schéma précédent).
Sur la longueur ds,
des contraintes apparaissent et se décomposent en contraintes
normale
et
tangentielles (dites de "contraintes
cisaillement" ou
de "contraintes flexion"
également) .
Le problème consiste à établir les
relations entre et
et
.
Les conventions de signes sont :
- Les contraintes exerçant
une traction sont positives alors que les tensions exerçant
une compression sont négatives.
- Les contraintes ayant
tendance à faire tourner le parallélépipède dans le sens des aiguilles
d'une montre, sont positives. Dans le sens antihoraire,
elles seront négatives.
L'équation d'équilibre
de projection sur la direction ON est :

(34.32)
Rappelons que:
(34.33)
Comme
et
nous
avons :
(34.34)
comme
:
et
(34.35)
alors
:
(34.36)
Finalement :
(34.37)
Conclusion : En fonction
de et
,
il est possible de calculer la tension normale qui
existe sur une surface plane quelconque d'angle .
L'équation d'équilibre
de projection sur la direction de OT est:
(34.38)
comme
alors
finalement
:
(34.39)
Conclusion : En fonction de et
,
il est possible de calculer la tension
tangentielle qui existe sur une surface plane quelconque d'angle
.
Soit, à présent, la situation suivante:

(34.40)
Il s'agit d'un bloc de matière dont
l'on extrait virtuellement un plan de forme carré que l'on va étudier
en prenant en première partie qu'un des triangles rectangle le composant
pour ensuite étudier l'ensemble.
Avant la sollicitation,
nous considérons
donc le losange abcd qui est en fait un
carré à suivant
la direction OX.
Pendant la sollicitation,
ce losange se déforme sous l'action des contraintes tangentielles
décomposées
de contraintes de cisaillement pur et devient le losange a'b'c'd'.
La diagonale bd est alors étendue et la
diagonale ac est
comprimée. L'angle
en a qui valait vaut
après déformation (en
a').
De même, l'angle en b qui valait vaut
à présent (Fig.
A).
Remarque: L'angle 
est appelé " angle de glissement"
et nous le considérerons comme faible.
Nous pouvons nous rendre compte de
l'effet de la déformation en isolant le losange et en lui
faisant subir une rotation de .
Après déformation, nous avons la forme indiquée par les lignes en
pointillées (Fig. B).
L'angle de glissement étant petit,
nous avons :
(34.41)
Donc représente
le glissement du coté ab par rapport à dc divisé par
la distance entre les deux plans ab et dc.
L'analyse qui vient d'être
effectuée
reste valable quel que soit le corps solide
ou liquide considéré.
Soit, à présent, le cas d'un solide élastique obéissant à la loi
de Hooke. Le problème va consister à établir la relation entre
l'angle de glissement et
les contraintes tangentielles agissant
sur les cotés du losange.
Soit le triangle rectangle
oab.
L'allongement du coté
et le raccourcissement du coté oa pendant la déformation s'obtiennent à partir des équations suivantes
:
(34.42)
Comme:
(34.43)
Nous
avons
:
et
(34.44)
Donc :
(34.45)
donc la longueur oa' diminue si augmente
.
(34.46)
donc ob' augmente si augmente.
Pour l'angle triangle rectangle oa'b',
nous avons :
(34.47)
Or:
(34.48)
Comme (
est petit) nous avons :
(34.49)
Soit:
(34.50)
Finalement nous avons la
relation donnant le "module de glissement",
ou "module de Coulomb",
que nous avions donné plus haut sans démonstration
:
(34.51)
MODULE
DE COMPRESSIBILITÉ
Nous reste
encore à voir la provenance mathématique de l'expression d'un autre
module tout aussi important que le module en cisaillement: le module
de compressibilité .
Soit les
équations déterminées dans l'étude précédente:
(34.52)
Si les forces
appliquées sur le cube sont égales en intensité nous avons:
(34.53)
Ce qui nous
donne:
(34.54)
En sommant
les termes selon le principe de superposition linéaire des forces:
(34.55)
Or:
(34.56)
Finalement:
(34.57)
ce que nous
notons également:
(34.58)
ou encore:
(34.59)
avec étant
par définition le "coefficient de compressibilité".
MODULE
DE FLEXION
Pour l'étude
du module de flexion considérons la situation ci-dessous:

(34.60)
La figure
de gauche ci-dessus représente un matériau à l'état statique. La
figure de droite représente le même matériau mais soumis à un moment
de force couplé M.
Comme le
matériau subit à sa surface à la fois une compression et à l'opposé
une tension, il doit donc exister une frontière (une ligne ou un
plan) ou aucune contrainte n'existe. Cette ligne ou ce plan (c'est
rare que nous ayons affaire à un matériau ayant uniquement deux
dimensions…) est appelé "plan
neutre". Ce plan neutre va nous servir de référence
pour définir la contrainte de flexion.
Maintenant
que ce plan est défini, considérons les figures ci-dessous:

(34.61)
Soir
R le rayon de courbure de la barre (cylindre, plaque, parallélépipède,
…). La déformation sur le segment est
définie par la relation:
(34.62)
Les
longueurs mn et ij sont définies par:
(34.63)
et la longueur
par:
(34.64)
ainsi
l'expression de la déformation devient:
(34.65)
ce
qui indique que la déformation varie de façon linéaire avec
y.
Nous pouvons
définir le module de flexion par:
(34.66)
Considérons
l'état statique de la barre. La somme des contraintes de traction
et compression sont alors nulles. Effectivement, nous le voyons
bien si nous considérons le schéma ci-dessous:

(34.67)
Considérons
la
force agissante sur un élément de surface dS.
Nous pouvons considérer l'équilibre des forces à l'état statique
tel que:
(34.68)
En substituant
l'expression de la contrainte obtenue précédemment:
(34.69)
En supposant
linéaire la caractéristique de contrainte en première approximation
donc .
En simplifiant
un tant soit peu:
(34.70)
Si nous
multiplions l'intégrale par alors
la relation doit être égale au moment de force
appliqué tel que:
(34.71)
En substituant
par l'expression de la contrainte obtenue précédemment:
(34.72)
Ce qui nous
amène à définir le terme:
(34.73)
que
les ingénieurs nomment le "moment
d'inertie de la barre par rapport au plan neutral" ou
encore "moment d'inertie statique". Ce terme représente
une mesure de la rigidité de la section transversale de la barre
d'un point de vue géométrique, sans considérations des propriétés
matérielles.
Substituant
cette relation dans l'équation de contrainte de flexion, nous obtenons
le "module de flexion":
(34.74)
La difficulté
pour l'ingénieur consiste souvent à localiser mathématiquement
le plan neutral...
ONDES TRANSERVSALES DANS LES SOLIDES
Les ondes sonores transversales ou "ondes
S" (ondes de cisaillement) ne se produisent que dans
les solides. Les couches successives du milieu se déplacent latéralement
sans qu'il y ait de changement de volume, de densité ou de pression:

(34.75)
Le milieu se déforme de la même manière que vous pouvez déformer
un livre ou une rame de papier posés à plat en poussant le haut
horizontalement. Ni le livre, ni la rame ne changent de volume.
L'obtention de l'équation d'onde pour des ondes transversales
est presque la même que pour une corde (cf.
chapitre de Mécanique Ondulatoire). Prenons trois
minces couches planes contiguës du milieu (voir figure ci-dessous):

(34.76)
Les centres des couches se situent en avec:
(34.77)
Le déplacement transversal des trois couches adjacentes est .
L'angle de déformation entre le couche b et la couche a est
au première ordre en approximation de Taylor (cf.
chapitre sur les Suites et Séries):
(34.78)
Si nous calculons les forces entre les couches pour un morceau
de couche de surface S, nous obtenons:
(34.79)
où G est le module de glissement du milieu. La résultante
des forces est alors:
(34.80)
La force de la tranche sera égale à tout
moment au produit de la masse du morceau de couche b, d'épaisseur dx,
surface S et densité ,
multipliée par l'accélération de la couche:
(34.81)
Nous avons alors:
(34.82)
et:
(34.83)
Ce qui donne:
(34.84)
Ce que nous venons de déduire pour une valeur quelconque ,
est aussi vrai pour n'importe quelle coordonnée:
(34.85)
et la vitesse de propagation des ondes transversales est donc:
(34.86)
Le rapport a
les unités du carré d'une vitesse:
(34.87)
Il s'agit donc d'une équation d'onde de la forme (rappel) d'une équation
de Poisson (plus particulièrement il s'agit d'une équation de d'Alembert):
(34.88)
avec:
(34.89)
Les ondes transversales ne se propagent que dans les solides
et de ce fait nous ne pouvons pas les entendre à moins de les transformer
en ondes longitudinales par des moyens mécaniques ou électriques.
Les ondes transversales peuvent se transmettre le long d'une barre
ou d'une tige quelconque ou même d'un fil métallique, et ceci sans
besoin que ce dernier soit sous tension. Même si le fil métallique
est sous tension, la vitesse des ondes de cisaillement ne dépend
pas de la tension. C'est le module de cisaillement élevé de l'acier
qui donne aux guitares électriques ce bruit caractéristique.
Un autre cas remarquable des ondes transversales (de cisaillement)
est celui des ondes sismiques. On y trouve des ondes sismiques
de cisaillement et aussi des ondes longitudinales ou de pression.
Les ondes de cisaillement se propagent dans la croûte terrestre à et
les ondes de pression à .
Lors d'un séisme ou d'une explosion atomique, les deux types d'onde
seront produits mais comme les ondes se propagent à des vitesses
différentes, elles n'arriveront pas en même temps à des stations
de détection lointaines. C'est à partir de cette différence des
temps d'arrivée que l'on déterminer la distance à l'épicentre.
La direction est obtenue à partir de la direction des oscillations.
Seules les stations suffisamment éloignées pour recevoir les deux
types d'onde séparément peuvent faire la détermination de l'épicentre.
Pour résumer, nous avons pour les ondes longitudinales dans un
solide (cf. chapitre de Musique Mathématique):
(34.90)
et pour les ondes transversales:
(34.91)
Pour les détails des développements mathématiques
concernant les gaz et les solides, le lecteur devra se rendre dans
le chapitre de Musique Mathématique (Acoustique).
LIQUIDES
Les
fluides usuels sont de deux types: les liquides et le gaz (les solides
sont aussi parfois considérés comme des fluides...ce n'est qu'une
question d'opinion..). Etymologiquement, un fluide est susceptible
de s'écouler. Le liquide adopte la forme du récipient qui le contient
tout en conservant un volume propre à peu près invariable. Le gaz
n'a pas de volume propre: il envahit uniformément (mécanique statistique
de Boltzmann) le récipient dans lequel il est maintenu. Une atmosphère
en constitue un cas spécial, du fait qu'elle est maintenue par la
gravité à la périphérie d'un astre, ce qui exclut l'uniformité de
la densité ou pression.
La distinction
entre liquide et gaz est subtile. Nous pouvons cependant dire que
le volume propre des liquides manifeste l'existence d'une cohésion
liée à une densité assez grande (liaisons de Van der Waals); cette
cohésion disparaît avec le volume propre chez les gaz.
Si nous comparons les fluides
avec les solides, la première remarque qui s'impose concerne l'isotropie
(les propriétés sont les mêmes dans toutes les directions spatiales)
des fluides usuels qui est toujours réalisée (si nous n'agissons
pas sur le fluide en tout cas!).
Nous
allons aborder la théorie de la mécanique des fluides en difficulté
croissante et par redondance. D'abord il va être démontré que les
propriétés d'un fluide statique sont isotropes (théorème de Pascal).
A l'aide de ce résultat, il va être plus simple de comprendre
le théorème de Bernoulli qui va nous permettre, entre autres,
de définir
le concept de "pression hydrostatique". Ensuite, nous
construirons un modèle très important de la dynamique des fluides,
connus sous le nom de "équations de Navier-Stokes",
que l'on dans tous les domaines possibles (astrophysique, mécanique
quantique, météorologie,..). Ce modèle de dynamique des fluides
est conséquent en développements théoriques et résultats expérimentaux
et peut être considéré comme un terrain difficile. Cependant,
pour faciliter la lecture, nous avons choisi de ne pas aborder
celui-ci
directement par usage du calcul tensoriel. Nous avons ainsi fait
en sorte que les variables tensorielles apparaissent d'elles-mêmes
d'écoulant des résultats simples de l'analyse vectorielle
que nous obtiendrons. Une fois les équations de Navier-Stokes
déterminées
et démontrées, nous verrons que nous pouvons retrouver l'expression
du théorème de Bernoulli à partir de ces mêmes équations.
La
dynamique des fluides, ou "hydrodynamique", est de loin,
le domaine de la mécanique classique le moins aisé en ce qui concerne
la description et la prédiction. C'est pourquoi le théorème de Bernoulli
s'utilise fréquemment, non pour expliquer en détail le comportement
d'un fluide, mais pour en faire une description qualitative.
THÉORÈME DE PASCAL
Le résultat qui va suivre est de la
plus haute importance pour comprendre l'ensemble de la mécanique
des fluides. Il faut prendre le temps de comprendre !

(34.92)
Si nous considérons les
forces s'exerçant,
en l'absence de mouvement, sur un
tétraèdre élémentaire OABC de
volume élémentaire V.
Il est toujours possible d'adopter un volume suffisamment
petit pour avoir une pression uniforme s'exerçant sur les
faces du tétraèdre.
Soient ,
les pressions de réaction du fluide dues aux contraintes extérieures
sollicitant les faces respectives OBC,
OAB,
OAC et ABC de surface .
Soient également les cosinus directeurs (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel) du vecteur unitaire normal
à la surface ABC.
Le système étant en équilibre, la résultante des
forces de réaction du système est nulle. Nous avons donc les équations
suivantes résultant de la projection suivant les trois axes
de coordonnées:
(34.93)
Par simplification élémentaire il vient:
(34.94)
Nous obtenons alors la relation suivante:
(34.95)
Conclusion importante: en un point
quelconque d'un fluide, la pression est indépendante de
la direction de la normale à
la surface élémentaire sur laquelle elle s'exerce.
Par le principe de l'action
et de réaction
de Newton, nous sommes amenés à énoncer le "théorème de Pascal":
Les fluides incompressibles transmettent
intégralement et dans toutes les directions, les pressions qui leur
sont appliquées.
Ce théorème est fondamental aussi bien
en mécanique des fluides qu'en mécanique des gaz et les implications
pratiques sont énormes (ce théorème explique entre autres, que la
pression est indépendant de la géométrie du contenant du liquide)
!
VISCOSITÉ
En mécanique des fluides, il est utile de considérer plusieurs
types fluides ayant des caractéristiques qui les différent. Ceci
s'avère particulièrement pratique pour les simulations tout en
restant conforme à l'observation expérimentale (cf.
chapitre de Génie Météo Et Marin).
Nous
définissons
la "viscosité"
par les
forces internes s'opposant au déplacement des
diverses couches composant le fluide.
Nous distinguons la "viscosité dynamique" et
la "viscosité cinématique" .
1. La viscosité dynamique :
(34.96)
avec étant
le coefficient de viscosité dynamique (l'unité étant le Poiseuille
[PI]),
dF variation
de la force de frottement entre deux couches infiniment voisines,
variation
de la vitesse par la distance entre deux couches infiniment voisines
et
dS
étant la surface considérée .
Conclusion:
le Poiseuille est la viscosité d'un fluide nécessitant 1 Newton
pour faire glisser à la vitesse de 1 mètre pas seconde, deux couches
fluides de 1 mètre carré distantes de 1 mètre.
Remarque: Anciennement, l'unité employée était la
" poise" : 
2. La viscosité cinématique est définie par:
(34.97)
Une transformation
de la définition de la viscosité dynamique donne (il faut se rappeler
de cette relation pour plus tard !!):
(34.98)
Soit:
(34.99)
Par définition
les fluides ayant les caractéristiques suivantes:

(34.100)
sont nommés
respectivement:
- (1)
Fluides pseudo-plastique
- (2) Fluides newtoniens (contraintes de cisaillement
proportionnelles au gradient de vitesse)
- (3) Fluides dilatant
Il existe encore un 3 autres types de fluide non représenté sur
le schéma et dont la viscosité est supposée nulle (cf.
chapitre de Thermodynamique):
- (4) Fluides parfaits
- (5) Fluides semi-parfaits
- (6) Fluides réels
Remarques:
R1. Le comportement d'un fluide parfait est très
différent de celui d'un fluide réel aussi petit
soit la viscosité de ce dernier. En effet, le fluide parfait,
parce qu'il n'a pas de viscosité, ne dissipe jamais l'énergie
cinétique. Alors qu'un fluide réel très peu
visqueux la dissipe efficacement grâce à la turbulence,
et au phénomène de cascade qui l'accompagne.
R2. Nous reviendrons sur les propriétés de la viscosité dynamique
et cinématique lors de la démonstration des équations de Navier-Stokes-(Reynolds).
R3. Les fluides qui ne sont pas newtoniens sont appelés
en tout généralité dans la littérature
"fluides non-newtoniens"... et
nous ne traiterons pas les ferrofluides ici car trop complexes
théoriquement à analyser.
Les fluides non-newtonien ont donc une déformation dépend
de la force que nous leur appliquons. Le meilleur exemple est
celui
du sable mouillé en bord de mer : quand nous frappons le
sable, il a la viscosité élevée d'un solide,
alors que lorsque nous appuyons doucement dessus, il se comporte
comme une pâte. Par ailleurs certains non-newtoniens ont
des propriétés telles qu'il est possible pour un
individu de courir dessus sans couler ou de couler en restant
en position...
LOI
DE POISEUILLE
En 1835 un médecin français,
Jean Léonard Marie Poiseuille fit une série d'expériences
soignées, pour déterminer comment un fluide visqueux
s'écoule dans un tuyau étroit. Son but était
de comprendre la dynamique de la circulation sanguine chez l'homme.
Le plasma du sang se comporte comme un fluide newtonien, tandis
que le sang entier ne l'est pas. Presque la moitié du
volume normal du sang est faite de cellules assez grandes pour
perturber
l'écoulement laminaire, surtout quand elles entrent en contact
avec les parois des vaisseaux, un phénomène qui
prend de l'importance dans les capillaires très étroits.
Néanmoins, l'analyse de Poiseuille s'applique à l'écoulement
dans les veines et les plus grosses artères et elle a
une grande valeur, bien qu'elle soit un peu simpliste.
Le résultat de Poiseuille peut
être établi en considérant le fluide dans un
tuyau comme formé de couches cylindriques orienté
selon un axe x de rayon r concentriques qui se déplacent à des vitesses qui
vont en décroissant à parti du centre (symétrique
circulaire supposée).
Alors la relation définissant
la viscosité s'écrit :
(34.101)
Ce qui nous donne la force de viscosité
sur le cylindre. La surface de contact de chaque couche cylindrique
de longueur l est donnée par
et donc :
(34.102)
L'origine de l'accélération
(in extenso de la force) ne peut se faire que par une différence
de pression telle que :
(34.103)
ce
qui nous amène à écrire :
(34.104)
En intégrant membre à
membre, nous obtenons :
(34.105)
Soit :
(34.106)
La courbe représentative
de la vitesse en fonction de r est une parabole dont le sommet se situe sur l'axe centre du cylindre
( ).
Le débit volumique transporté par une couche cylindrique
entre r et
est .
Ainsi, le débit total est :
(34.107)
et nous obtenons la "loi
de Poiseuille" pour le débit laminaire visqueux
:
(34.108)
Nous trouvons donc le résultat
logique que le débit augmente avec le gradient de pression
et le rayon du tube, et diminue avec la viscosité.
Nous trouvons par ailleurs une relation analogue à la loi
d'Ohm (cf. chapitre d'Électrocinétique)
où la différence de potentiel est donnée par
la résistance multipliée
par le courant alors que la différence de pression est
donnée par la résistance visqueuse multipliée
par le débit.
THÉORÈME DE BERNOULLI
Quand
nous discutons du mouvement d'un fluide, l'équation de continuité
(cf. chapitre Thermodynamique), qui
exprime la conservation de la masse (volumique) du fluide est
une notion importante.
(34.109)
Considérons
cette équation dans le cas particulier qui nous intéresse ici
un fluide non visqueux en écoulement laminaire se déplaçant à l'intérieur
d'un tube de lignes de courants parallèles (le mouvement du
fluide est de type irrotationnel - voir chapitre de Calcul
Vectoriel du site), délimité par la surface :
(34.110)
Nous sommes en régime
stationnaire (l'aspect du mouvement est indépendant du temps) et
la masse n'est ni apportée par une source ni enlevée par un puits
à l'intérieur de la région considérée. Le volume de fluide qui traverse
dans l'intervalle correspond
à un cylindre de base ,
de longueur et
donc de volume .
La masse de fluide qui a traversé
pendant le temps est
donc:
(34.111)
De même:
(34.112)
est la masse de fluide
qui a traversé:
(34.113)
pendant le même
intervalle de temps. Avec les hypothèses faites, l'équation
de conservation de la masse exige que les deux masses soient les
mêmes, ou que exprimé autrement:
(34.114)
D'où:
(34.115)
Ceci est la forme de l'équation
de continuité dans le contexte qui nous intéresse. De plus, si le
fluide est incompressible, la densité est partout la même et l'équation
précédente se réduit à:
(34.116)
Considérons maintenant
une région dans un fluide où il y a un flux stationnaire comme l'indique
la figure ci-dessous:

(34.117)
Pendant un court intervalle
de temps ,
le fluide qui, initialement, traversait
a progressé jusqu'à une surface à
la distance tandis
que le fluide qui traversait se
retrouve en à
une distance .
Puisque le reste du volume entre les surfaces et
reste
inchangé, nous allons porter notre attention sur les deux volumes
(égaux) hachurés sur la figure.
Ces deux volumes sont
égaux car le fluide est incompressible et l'équation de continuité
est valable. Soient et
les
forces exercées sur les surfaces et
en
raison de la pression existant dans le fluide. A cause de ces forces,
le fluide produit ou reçoit du travail en déplaçant les deux volumes.
En ,
la surface est poussée par le fluide et le travail exercé sur le
fluide alors
qu'en le
fluide pousse la surface et le travail effectué par le fluide est
.
Le travail total exercé sur le volume de fluide situé entre et
est
donc:
(34.118)
en appelant et
les
pressions respectives en et
et
en écrivant:
(34.119)
d'après la définition
de la pression. Comme:
(34.120)
d'après l'équation de
continuité et l'hypothèse d'incompressibilité, nous pouvons écrire
que:
(34.121)
Le travail extérieur exercé
sur le système change son énergie propre comme l'établit
la thermodynamique ( ).
Pour le volume de fluide considéré, l'énergie
propre des volumes mis en évidence comprend l'énergie
cinétique et l'énergie potentielle
de gravitation. Le fluide entre
et
gagne
de l'énergie dans le volume .
Supposons que les deux volumes aient une masse égale m,
de nouveau à cause de l'équation de continuité.
Alors le gain net d'énergie est:
(34.122)
Puisque nous avons déjà
supposé le fluide incompressible, la densité est
la même partout et m peut être remplacé par aux
deux extrémités. D'où:
(34.123)
En combinant cette relation
avec nous
obtenons :
(34.124)
ou:
(34.125)
Comme l'équation ci-dessus
concerne des grandeurs prises en deux points arbitraires le long
d'une ligne de courant, nous pouvons généraliser et écrire:
(34.126)
Ce résultat, connu sous le nom de "théorème
de Bernoulli", exprime la constance de la pression
le long d'une ligne de courant dans un fluide incompressible,
irrotationnel
et non visqueux et où les forces volumiques extérieures
dérivent
d'une énergie potentielle (nous reviendrons là-dessus
après
avoir déterminé
les équations de Navier-Stokes).
Signalons aussi une manière élégante et simple de retrouver
cette relation. La conservation de l'énergie nous donne le long
d'une ligne de courant:
(34.127)
avec respectivement et dans l'ordre la somme de l'énergie cinétique,
de l'énergie potentielle et de l'énergie de pression. Soit:
(34.128)
et si nous divisons tout cela par le volume nous obtenons alors:
(34.129)
voilà....
Remarques:
R1. D'une ligne de courant à l'autre, c'est la valeur de la constante
qui change. De plus, l'utilisation du théorème de Bernoulli exige
de connaître la forme des lignes de courant.
R2. La conservation de la quantité de gauche exprime la conservation
de l'énergie le long d'une ligne de courant et nous y trouvons
respectivement l'énergie cinétique volumique, l'énergie potentielle
volumique de pesanteur et la pression.
Considérons maintenant
deux applications importantes du théorème de Bernoulli.
Si le fluide se déplace
dans un plan horizontal, l'énergie potentielle de gravitation reste
constante et l'équation de Bernoulli se réduit alors à:
(34.130)
Donc, dans
un tuyau horizontal, la vitesse est d'autant plus grande que
la pression est plus faible
et réciproquement. Nous utilisons aussi cet effet pour créer participer
à la poussée
d'un avion (attention ce paramètre est mineur car ce n'est
pas ce qui contribue le plus au vol d'un avion, c'est l'effet
Magnus
dont la démonstration sera donnée plus loin).
(34.131)
Le profil d'une aile est
construit de telle sorte que l'air a une vitesse plus grande au-dessus
de la surface de l'aile qu'au dessous qu'au dessus, ce qui produit
une pression plus forte au-dessous qu'au dessus. Il en résulte donc
une force résultant vers le haut.
Autrement dit, une spécialiste
dans l'aérodynamique (pour les avions) ou en hydrodynamique (pour
les stabilisateurs de roulis des gros bateaux) dirait:
- A l'extrados
: Par effet de courbure, les particules d'air (d'eau) sont contraintes
de parcourir une distance plus grande. Leur
vitesse va donc d'abord s'accroître fortement pour diminuer ensuite
afin de retrouver au bord de fuite la vitesse initiale de l'écoulement.
Tout l'extrados est donc le siège d'une dépression locale généralisée.
La couche limite, d'abord laminaire, devient peu à peu turbulente,
voire tourbillonnaire lorsqu'on approche du bord de fuite.
- A l'intrados
: le profil constituant un obstacle
à l'écoulement, l'air (l'eau) va se trouver freiné : nous voyons
donc apparaître
une surpression localisée sur l'intrados. En fait, avec la forme
des ailes d'avion actuelle, en position horizontale, l'effet Bernoulli
serait négligeable. Pour qu'un avion décolle, il faudrait que l'extrados
ait une surface beaucoup plus grande.
C'est bien mieux ainsi non ?
Autre chose encore, si le fluide n'est pas en mouvement, nous
avons l'équation de Bernoulli qui s'écrit:
(34.132)
Il s'agit de "'équation
de Laplace" en
hydrostatique (utilisée dans les vases communicants).
THÉORÈME DE TORRICELLI
Le théorème de Torricelli
permet de déterminer la vitesse d'écoulement d'un
liquide. C'est un cas classique d'étude dans les petites
écoles.
Considérons un volume fermé
contenant un liquide de masse volumique
et muni d'un orifice de surface ,
duquel le liquide coule vers l'extérieur. Nous voulons
déterminer
la vitesse
d'écoulement du liquide de cet orifice. Le volume est supposé
être assez grand pour que ni le niveau du liquide, ni la
pression P au-dessus de sa surface
ne varient de façon appréciable pendant l'écoulement.
Comme le tube d'échappement de liquide va de la région
de la surface du liquide à l'orifice ouvert à l'air
libre, nous avons .
Un liquide coulant à l'air libre est à la pression
atmosphérique, ,
car le liquide est entouré d'air libre et rien ne
peut maintenir une différence de pression. D'après
l'équation
de Bernoulli, avec ,
nous trouvons sur une ligne de courant :
(34.133)
d'où :
(34.134)
De l'équation de continuité
( ),
nous déduisons que si
alors
et
est alors négligeable devant .
Dans le cas particulier, mais fréquent, où le réservoir
est ouvert à l'air libre ( ),
la densité d'énergie de pression disparaît.
Le fluide coule sous l'effet de la gravité, sans être
poussé par une différence de pression. Nous
trouvons alors (en multipliant par la surface de l'orifice,
nous obtenons le débit):
(34.135)
Cette relation constitue le "théorème
de Torricelli". Chose curieuse, nous avons déjà vu
cette relation en mécanique classique pour la vitesse
de chute libre d'un corps. Il en retourne l'observation faite
par Torricelli
: si le jet est dirigé directement vers le haut, il atteint
presque le niveau de la surface du liquide dans le volume. La
raison
pour laquelle le jet n'atteint pas effectivement ce niveau est
une certaine perte d'énergie à cause du frottement.
EFFET
VENTURI
Certaines applications pratiques de
la mécanique des fluides résultent de l'interdépendance
de la pression et la vitesse. Il y a une catégorie de situations
dans lesquelles la variation d'énergie potentielle gravitationnelle
est négligeable. L'équation de Bernoulli relie alors
la différence de pression à la différence d'énergie
cinétique donc la variation du carré de la vitesse.
Nous considérons un fluide incompressible (!), non visqueux et
de masse volumique .
Le fluide s'écoule en régime permanent dans une canalisation
cylindrique de rayon et
de section suivie
par un tube cylindrique de rayon et
de section .
Le raccordement est fait par une canalisation conique assez
longue
pour que l'on reste en régime laminaire.
Nous savons (équation de continuité) que :
(34.136)
qui veut dire, comme nous l'avons vu,
qu'une diminution de la section traversée par le fluide se
traduit par une augmentation de sa vitesse.
Dans toute situation où le flux
entrant est environ au même niveau que le rétrécissement
,
l'équation de Bernoulli s'emploie pour exprimer la différence
de pression :
(34.137)
devient :
(34.138)
Utilisant l'équation de continuité,
pour éliminer ,
nous obtenons :
(34.139)
Comme
le second membre de la relation est positif et
: il y a donc une chute de pression dans la région étroite.
En arrivant à la région divergente à nouveau
en ,
la pression du fluide augmente de nouveau et la vitesse reprend
sa valeur initiale. Cette diminution de la pression qui accompagne
l'augmentation de la vitesse est appelée "effet Bernoulli"
ou "effet Venturi".
Ainsi, la vitesse du fluide augmente dans un goulot d'étranglement
pour satisfaire l'équation de continuité (conservation
du flux/masse) et le fait qu'il soit incompressible (sinon il y
aurait une sorte de bouchon...).
Remarque: Paradoxalement l'effet Venturi se produit aussi lors
du franchissement d'un sommet ou d'une crête par l'air
atmosphérique
ou également dans les rues des villes. En effet l'air qui
arrive sur la montagne ou la crête à tendance à
"s'écraser" dessus. La section d'écoulement de l'air
au sommet est donc plus faible qu'à la base. Il se produit
donc également un effet Venturi : la vitesse du vent est
plus élevée sur les sommets et les crêtes
qu'en bas (les professionnels du planeur en savent quelque
chose...).
TUBE DE PITOT
Le tube de Pitot permet la mesure de la vitesse d'écoulement
d'un gaz subsonique. Le tube de Pitot consiste à pratiquer dans
un tube, un orifice de prise de pression en A et en B:

(34.140)
Le point A est un point d'arrêt car la vitesse est nulle
(il n'y pas d'écoulement dans l'orifice, c'est juste une prise
de pression). Loin de l'obstacle (le tube de Pitot) l'écoulement
est supposé uniforme de vitesse v et de pression .
En A (point d'arrêt), en utilisant la relation de Bernoulli
le long de la ligne de courant et en considérant la variation de
hauteur entre A et B négligeable, la pression vaut:
(34.141)
Nous avons donc:
(34.142)
Donc pour les avions à partir de la différence d'une mesure de
pression et de la connaissance de la densité du gaz il est possible
de connaître la vitesse.
Remarque: En
aéronautique, la pression dynamique s'ajoute à la
pression statique pour donner la pression totale qui peut être
mesurée au point de vitesse nulle du tube Pitot. En enlevant la
pression statique, on trouve la "pression
dynamique".
PERTE DE CHARGE (PRESSION)
Lorsque, dans un écoulement d'un fluide parfait, il n'y a aucune
machine (ni pompe ni turbine) entre les points (1) et (2) d'une
même ligne de courant, la relation de Bernoulli peut s'écrire sous
la forme suivante :
(34.143)
Lorsque le fluide traverse une machine hydraulique, il échange
de l'énergie avec cette machine sous forme de travail pendant une
durée donnée. La puissance P échangée est alors (cf.
chapitre de Mécanique Classique):
(34.144)
où par convention, si l'énergie
est reçue par le fluide (pompe) sinon, si l'énergie
est fournie par le fluide (turbine).
Si le débit-volume est ,
la relation de Bernoulli s'écrit alors logiquement:
(34.145)
où:
(34.146)
Un fluide parfait n'existe pas. Lors d'un écoulement dans une
conduite, les forces de frottement dissipent une partie de l'énergie
cinétique et potentielle ce qui se traduite par l'existence de
pertes de charges dont il s'agit de tenir compte.
Considérons un écoulement cylindrique horizontal stationnaire
et incompressible. Si nous appliquons la relation de Bernoulli
entre l'entrée et la sortie nous obtenons:
(34.147)
Or, expérimentalement, nous observons qu'il faut imposer une
pression plus importante en entrée pour entretenir le régime permanent.
En effet, les forces de viscosité résistent à l'écoulement. Il
faut donc imposer une suppression que
nous appelons "perte de charge en pression" et qui est
due à l'existence de forces de frottements (viscosité) ou de pertes
singulières (géométrie des circuits de distributions).
L'équation de Bernoulli généralisée s'écrit alors dans ce cas
d'étude qui fait partie de l'ingénierie des procédés:
(34.148)
Cette relation est souvent utilisée dans l'étude théorique (...)
des problèmes de conduite.
ÉQUATIONS
DE NAVIER-STOKES
Soit un parallélépipède élémentaire
extrait d'un fluide statique à l'équilibre de dimensions dx,
dy, dz représenté
à la figure ci-dessous. La matière à l'équilibre composant le parallélépipède
est en général soumise à des forces de volume dans toutes les
directions (théorème de Pascal) dont les composantes sur les
trois axes orthogonaux sont représentées sur la figure ci-dessous (ces
forces peuvent
être de nature gravitationnelles, électromagnétiques ou inertielles...).

(34.149)
Remarques:
R1. Il est important de remarquer que les composantes
des tous les vecteurs visibles sur la figure ci-dessus sont exprimés
en newton par unité de surface, soit en d'autres termes
par unité
de pression (qui est l'unité de la contrainte pour rappel...).
R2. Il est important d'être attentif au plus haut point
sachant à ce qui va suivre car certaines des résultats
que nous obtiendrons ici seront réutilisés dans
le chapitre de Relativité Générale pour
comprendre le tenseur d'énergie-impulsion!!
Nous pouvons, comme nous l'avons représenté
ci-dessus, décomposer et translater l'ensemble des forces auxquelles
est soumis le parallélépipède aux centres des faces de ce dernier.
Nous représentons bien évidemment chacune des contraintes sur
chacune des faces comme la somme des contraintes normales et
tangentielles
telles que nous l'avions fait pour l'étude des solides sous contrainte
(selon les trois axes toujours, d'où la somme de trois composantes!).
Au
total, nous nous retrouvons avec 18 composantes de contraintes normales
et tangentielles:
(34.150)
Nous
cherchons à minimiser le nombre de composantes normales afin de
déterminer quelles sont les contraintes suffisantes sur chacun des
axes. Ainsi nous poserons:
(34.151)
Donc
trois composantes suffisent pour connaître les forces de contraintes
normales aux surfaces selon chaque axe.
Si nous effectuons la somme
des moments de forces par rapport aux centres de gravité pour
chaque axe de symétrie du parallélépipède (XX',YY',ZZ') il
est évident que sur les 12 composantes tangentielles, 6 suffisent
pour décrire l'ensemble du système.
Ainsi pour le plan XOY passant
par le centre de gravité nous avons:
(34.152)
Pour le plan XOZ:
(34.153)
Pour le plan ZOY:
(34.154)
Donc pour chaque plan (XOY,
ZOY, ZOX),
une composante suffit pour décrire l'ensemble de moments de
forces.
Ainsi, par souci de simplification
d'écriture, nous poserons (il est plus conforme de faire les développements
avec des indices en minuscules):
et
(34.155)
Au total, cela nous fait donc 3 composant
tangentielle plus 3 composantes normales qui sont suffisantes et
nécessaires pour décrire les contraintes sur le parallélépipède
selon chaque axe du plan de symétrie de ce dernier:
(34.156)
Nous pouvons obtenir les mêmes composantes
d'équilibre en considérant cette fois un tétraèdre régulier
élémentaire (extrait du cube ci-dessus) statique. Le but étant de
démontrer que nous retrouvons bien les 6 composantes déterminées
précédemment.

(34.157)
Remarque: Il est important d'observer à nouveau
que les composantes des tous les vecteurs visibles sur la figure
ci-dessus
sont exprimés en newton par unité de surface, soit
en d'autres termes par unité de pression (qui est l'unité
de la contrainte pour rappel...).
Pour connaître l'aire
des faces OAC, OBC, OAB ,
nous multiplions la surface ABC (notée
ci-après: S)
par le cosinus de l'angle que forment les vecteurs et
.
Effectivement, soit les surfaces:
et
(34.158)
Cependant, nous cherchons à exprimer
les en
fonction de S.
Le schéma ci-dessous (coupe du tétraèdre) devrait aider à comprendre
le raisonnement:


(34.159)
et donc:
(34.160)
Finalement:
(34.161)
Le rapport:
(34.162)
d'où:
(34.163)
Le principe d'analyse étant le même
pour toutes les autres surfaces telles que:
(34.164)
Nous écrirons donc:
(34.165)
tel
que:
(34.166)
Remarque: Nous pouvons facilement connaître les valeurs des  à
l'aide de l'analyse vectorielle. Effectivement, le plan ABC
étant d'équation:
(34.167)
en simplifiant par :
(34.168)
Le vecteur normal au plan étant bien:
(34.169)
pour connaître les cosinus de l'angle
du vecteur normal avec les ,
il suffit d'assimiler ces derniers au vecteurs de base tel
que (trigonométrie élémentaire):
(34.170)
et en procédant de même pour tous les autres .
L'équilibre des forces nous donne:
(34.171)
Après simplification:
(34.172)
Suivant les autres axes:
(34.173)
Soit en résumé:
(34.174)
En utilisant la représentation matricielle,
nous obtenons:
(34.175)
Soit en notation indicielle
les forces normales sont données par la relation :
(34.176)
avec ( ,
si )
Nous voyons apparaître une grandeur mathématique ayant
9 composantes, alors qu'un vecteur dans le même espace en
possède 3. Nous connaissons ce genre d'être mathématique que
nous avons déjà étudié en algèbre dans le chapitre de Calcul
Tensoriel. La grandeur est
appelée "tenseur des contraintes
du second ordre". En outre, certaines composantes
peuvent êtres
égales ( ,
si )
, ce qui le rendrait symétrique. Il ne possède alors plus que
les 6 composantes distinctes, relativement aux nombres de composantes
suffisantes pour d'écrire totalement un système à l'équilibre.
Pour étudier
les déformations d'un milieu continu tel qu'un fluide,
nous considèrerons d'abord le cas de très faibles déformations.
Les petits déplacements d'un
point seront représentés par u,
v, w parallèles
aux axes d'un référentiel OXYZ.
Nous admettons que ces composantes sont des quantités
très
faibles variant d'une façon continue dans le volume
du corps considéré.
Soit un segment linéaire OP situé
dans un solide avant déformation. Dans un référentiel OXYZ,
nous noterons et
les
coordonnées de O
et P.
Pendant la déformation,
la ligne OP devient
O'P' tel
que représenté ci-dessous:

(34.177)
Soient les
déplacements du point O
parallèlement aux axes OX, OY, OZ et
les
déplacements du point P
parallèlement aux mêmes axes.
Les coordonnées des points O' et P' sont alors :
et
(34.178)
Avant déformation, soit L la longueur OP :
(34.179)
Après déformation, nous
avons une longueur L' valant
:
(34.180)
Si est
l'allongement de l'élément OP
pendant la déformation, nous avons:
(34.181)
En effectuant les quelques transformations
suivantes:
(34.182)
En développant:
(34.183)
Soit:
(34.184)
En négligeant les termes de déplacement
d'ordre supérieur et en tenant compte de la relation:
(34.185)
il vient que disparaît
avec ainsi
que les termes au carré, nous avons:
(34.186)
Or, la géométrie analytique (trigonométrie
élémentaire; rapport des côtés opposés et adjacents à l'hypoténuse)
donne les relations suivantes :
(34.187)
qui sont les cosinus directeurs
de la droite L.
Nous pouvons alors écrire:
(34.188)
La variation étant
un déplacement faible, nous avons recours à un développement
en série de Taylor (cf. chapitres Suites
Et Séries)
dont nous négligeons les termes d'ordre
supérieur (linéarisation des équations) :
(34.189)
Nous avons également:
(34.190)
La différence donne:
(34.191)
Donc nous pouvons maintenant écrire
:
(34.192)
Finalement:
(34.193)
En groupant, nous avons :
(34.194)
Cette expression permet
en un point quelconque le calcul de la déformation dans
une direction ayant comme cosinus directeur
l, m, n en
fonction des déplacements
u, v, w en
ce point !
Soit le cas où la ligne
L coïncide avec l'axe OX,
nous avons ,
l'équation précédente devient alors:
(34.195)
Nous avons, si L coïncide
avec l'axe OY ou
avec l'axe OZ :
(34.196)
Les
grandeurs sont
appelées "déformations normales" et
non pas d'unités.
Pour l'interprétation des termes
,
nous nous référerons à la figure suivante:

(34.197)
Soient deux segments de
droite OR et
OQ situés
dans le plan XOY.
Avant déformation OR et
OQ coïncidaient
avec le référentiel orthonormé YOX.
Après déformation, ils peuvent prendre la position O'R' et
O'Q'.
Les composantes du déplacement de O sont
u, v .
- La composante du déplacement
de R' est
calculée comme suit:
avec
(34.198)
car l'angle est faible .
En toute généralité comme ,
nous écrirons:
(34.199)
- La composante du déplacement
de Q' est
elle:
(34.200)
Comme avant déformation,
l'angle
QOR est
de ,
après déformation, l'angle droit est réduit de .
Cette réduction est
appelée "déformation
de cisaillement" ou "déformation
tangentielle"
et est notée par .
Nous procéderons de la même façon pour
les autres termes, d'où :
(34.201)
Compte tenu du quadruplet de groupes
d'équations démontrés précédemment dans cette section (voir les
déformations des solides):


(34.202)
Nous pouvons
résumer:
(34.203)
Généralement,
nous posons pour simplifier les notations (il faut cependant ne
pas croire que la déformation en cisaillement devient une déformation
normale ! ce n'est qu'une convention d'écriture dont le physicien
doit se rappeler !):
(34.204)
De même,
nous posons:
(34.205)
Soit finalement:
(34.206)
En tenant
compte que:
(34.207)
Nous obtenons
les tensions de cisaillement comme suit:
(34.208)
Considérons
maintenant, pour exemple, un fluide circulant dans la direction
de OY avec un gradient de vitesse dans
la direction de x :

(34.209)
En
se plaçant
au niveau de y et
au point 1 d'abscisse x,
nous avons une vitesse et
au point 2 d'abscisse x+dx,
une vitesse:
(avec
)
(34.210)
Dans
la direction de x,
il n'y a pas de composante de vitesse donc:
(avec
)
(34.211)
Nous supposons
maintenant que les tensions de cisaillement sont proportionnelles
à à
un facteur près tel que:
(34.212)
avec:
(34.213)
Il donc possible
de considérer des déplacements par unité de temps en posant:
(34.214)
En rapprochant
cette dernière relation de:
(34.215)
nous
pouvons dire alors que G initialement
valable dans un milieu élastique solide considéré
par ses déplacements est l'analogue de dans
le cas d'un fluide visqueux considéré par les déplacements
par unité de temps. Ainsi, nous voyons que les unités sont conservées.
En considérant
également les déformations par unité de temps pour les contraintes
normales (nous y reviendrons en détail un peu plus loin), nous avons
alors le système d'équations:
(34.216)

Ainsi, nous obtenons une écriture condensée:
(34.217)
où est
le symbole de Kronecker :
=
(34.218)
Le tenseur décrit
ainsi en partie l'ensemble de contraintes d'un fluide visqueux
dans
lequel nous avons supposé dans le cadre de l'hypothèse d'un fluide
newtonien qu'il y a des relations linéaires entre les tensions
et les déformations normales.
Nous posons
maintenant la somme des contraintes dynamiques sous une forme générale
que nous allons justifier:
(34.219)
où le terme
se justifie par le fait que dans le cas statique, une pression
dynamique constante p existe
toujours en un point d'un fluide que l'on a pas dans le cas
d'un solide. Pour justifier le signe négatif, nous observerons
que dans l'expression de ,
les deux premiers termes du membre de droite correspondent, dans
''étude précédente ,à des contraintes d'extension,
alors que la pression p correspond
à une compression du fluide
Il nous reste
à présent, à déterminer le coefficient
.
Soit ,
nous avons alors .
Il vient successivement et par addition:
(34.220)
Cette expression
doit répondre à un fluide qui est également dans une situation statique
tel que:
(34.221)
Il vient
alors que dans le cas statique:
(34.222)
Puisque:
(34.223)
Nous avons
alors:
(34.224)
L'expression
générale des contraintes s'écrit alors pour un fluide newtonien:
(34.225)
Présentement,
nous allons introduire les opérateurs de l'analyse vectorielle
afin de disposer d'une expression plus générale. De cette
façon, nous pourrons adapter la formulation à n'importe
quel système de coordonnées (cartésiennes, cylindriques, sphériques,...)
ce qui facilitera la résolution de problèmes pratiques.
Nous avons
vu que pour un solide, nous avions:
(34.226)
Nous allons
déterminer les équations sous la forme indicielle en considérant
toujours les déplacements par unité de temps (vitesses).
(34.227)
tel que et
que 
Pour nous
avons ainsi:
ou
(34.228)
Pour nous
avons:
ou
(34.229)
Nous pouvons
dès lors écrire:


(34.230)
En effectuant
la somme des termes de:
(34.231)
Or, les outils
de l'analyse vectorielle nous permettent d'écrire:
(34.232)
Pour le fluide,
nous aurons ainsi:
(34.233)
L'équation
dynamique des contraintes générale s'écrira alors sous la forme
suivante pour un fluide newtonien:
(34.234)
Tenseurs des contraintes que certains auteurs notent (l'écriture
est un peu dangereuse mais elle a une justification dans un cadre
d'étude plus approfondi des fluides!):
(34.235)
ou encore pour différencier vecteur et tenseur:
(34.236)
Si les contraintes normales (fluide incompressible) sont négligeables
le deuxième terme se simplifie et nous avons alors (relation que
nous retrouverons dans le chapitre de Génie Marin Et Météo):
(34.237)
Il est, à
présent, utile de repasser sous une forme développée pour l'équation
précédente, en se rappelant que (voir plus haut):


(34.238)
Écrivons maintenant le système d'équations
de Newton (sommes des contraintes dynamiques internes et externes
à un élément de volume d'un fluide) qui est:
(34.239)
où:
- est
la somme des forces externes par unité de volume
- est
l'accélération massique
- est
la densité du fluide
et qui peut s'écrire sous forme condensée:
(34.240)
avec:
(34.241)
Nous avons:
(34.242)
En introduisant
les expressions de obtenues
dans la relation ci-dessus, nous aboutissons aux équations:

(34.243)
Ce
sont les
"équations de Navier-Stokes de
la dynamique des fluides newtoniens". Il en existe
deux formes condensées que nous allons de suite déterminer:
En reprenant la première équation de
Navier-Stokes et en la développant, il vient :

(34.244)
Comme:
(34.245)
et que:
(34.246)
Nous obtenons:
(34.247)
En simplifiant, il vient finalement:
(34.248)
En opérant de la même manière pour
les deux autres composantes, nous pouvons réduire le système d'équations
de Navier-Stokes à une seule équation vectorielle :
(34.249)
Comme (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel):
(34.250)
Nous avons:
(34.251)
Soit en final:
(34.252)
Remarque: Nous trouvons également parfois dans la littérature, une
équation contenant une seconde viscosité  ,
alors que  se
manifeste rigoureusement que lors du cisaillement pur selon nos
hypothèses,  apparaît
lors d'une compression omnidirectionnelle s'accompagnant d'une variation
de densité.
L'équation
précédente s'écrit alors :
(34.253)
C'est "l'équation de Navier-Stokes" ou
aussi appelée "équation
de mouvement pour un fluide newtonien".
FLUIDE
INCOMPRESSIBLE
Dans
un fluide incompressible, nous avons par définition
.
L'équation de conservation qui est (cf.
chapitre de Thermodynamique):
(34.254)
s'écrit alors:
(34.255)
soit:
(34.256)
L'équation
de Navier-Stokes:
(34.257)
s'écrit alors:
(34.258)
ou autrement:
(34.259)
Si de plus
la viscosité est
négligeable, nous avons donc pour un fluide parfait:
(34.260)
C'est équation est appelée "équation
d'Euler de 1ère forme"
ou encore "équation locale du bilan de conservation
de la quantité de mouvement". Nous réutiliserons
cette relation dans le cadre de notre études des ondes
de gravité (vagues) dans le chapitre de Génie Météo
et Marin.
Il
existe une deuxième forme de l'équation d'Euler dans le cadre
d'un fluide incompressible et à viscosité négligeable que nous
allons de suite déterminer (souvent utilisée dans l'industrie)
:
Si ,
nous pouvons écrire:
(34.261)
Ce qui peut aussi s'écrire:

(34.262)
Ce qui s'écrit encore:
(34.263)
Le premier facteur peut être considéré
comme le produit scalaire suivant :
(34.264)
Soit:
(34.265)
La "dérivée particulaire"
peut alors prendre la forme condensée suivante :
(34.266)
Remarque: La composante en x de la dérivée particulaire
est donc (nous retrouverons cela dans le chapitre de Génie Marin
Et Météo!) :
(34.267)
ce que les spécialistes du domaine notent de manière générale pour
toute composante :
(34.268)
L'équation d'Euler de 1ère
forme:
(34.269)
devient compte tenu de la dérivée particulaire:
(34.270)
ou encore (forme courante dans la littérature):
(34.271)
Nous avons vu dans le chapitre de Calcul Vectoriel que:
(34.272)
Si nous posons ,
nous avons:
(34.273)
Soit:
(34.274)
Finalement,
nous obtenons une nouvelle équation appelée "équation
d'Euler de 2ème forme" et qui s'écrit:
(34.275)
Bien que
les deux équations d'Euler soient très importantes, il en existe
une forme variée très utile en météorologie que nous allons de suite
déterminer.
Nous nous basons toujours sur l'écoulement
d'un fluide incompressible et non visqueux, mais
dont les forces de volume dérivent cette fois-ci d'un potentiel
(U
étant un potentiel).
Dans ce cas, nous recourons à l'équation
d'Euler sous sa 1ère forme:
(34.276)
Puisque les forces volumiques dérivent
d'un potentiel U,
nous avons:
(34.277)
Nous rappelons la relation:
(34.278)
Soit un
vecteur ,
il vient:
(34.279)
donc:
(34.280)
donc nous pouvons aussi écrire:
(34.281)
En reprenant la relation:
(34.282)
L'équation:
(34.283)
devient:
(34.284)
Donc:
(34.285)
et puisque:
(34.286)
Nous pouvons écrire:
(34.287)
Nous savons que
donc:
(34.288)
En
écrivant le produit vectoriel sous
forme développée, nous avons:
(34.289)
Ce
qui donne:
(34.290)
Supposons
que soit
un vecteur vitesse angulaire constant, nous avons alors:
(34.291)
Définition: Nous disons qu'un "écoulement
est tourbillonnaire" si:
(34.292)
partout ou en certains points. Nous définissons aussi de la relation
antéprécédente la "vorticité" par:
(34.293)
Exemple d'écoulement partiellement tourbillonnaire (en certains
points):

(34.294)
L'équation:
(34.295)
s'écrit alors:
(34.296)
Nous retrouvons dans cette équation,
utilisée en météorologie, l'accélération de Coriolis que nous avions
déterminé en mécanique classique du point matériel rigide.
Si l'écoulement s'effectue à vitesse
constante et
n'est pas rotationnel (non turbulent)
,
alors l'équation précédente se réduit à:
(34.297)
En dynamique classique du point matériel
rigide, nous avons montré que dans le cas d'un potentiel gravitationnel
Terrestre:
(34.298)
z étant
l'altitude d'un point du fluide par rapport à un niveau de référence
.
Si nous prenons pour
le niveau du sol, l'avant dernière relation devient donc dans
le cas d'un écoulement dit alors "écoulement
potentiel":
(34.299)
Le
terme entre crochet pour satisfaire cette relation doit être tel
que:
(34.300)
Nous
retrouvons donc bien le théorème de Bernoulli ce qui conforte
notre modèle des fluides newtoniens selon le modèle de Navier-Stokes.
FLUIDE COMPRESSIBLE
Dans
ce cas
est
une fonction de la pression p (cas des "fluides
barotropes"). Nous considérons également que la
viscosité est négligeable. Il vient alors:
(34.301)
L'équation:
(34.302)
s'écrit alors:
(34.303)
FLUIDE
STATIQUE
Dans le cas
statique et
l'équation:
(34.304)
devient simplement:
(34.305)
qui
est "l'équation de la statique
des fluides" ou la "loi
fondamentale de l'hydrostatique".
Remarque: Les viscosités disparaissent. La statique des
fluides est la même pour les fluides visqueux ou non visqueux.
NOMBRE DE REYNOLDS
Considérons
d'abord, pour simplifier, le cas incompressible. L'équation de
continuité,
ou de conservation de la masse, (cf. chapitre
de Thermodynamique)
s'écrit alors:
(34.306)
s'écrit
alors:
(34.307)
Nous choisissons
maintenant plusieurs grandeurs de références notées par un indice
r tel
que:
et
(34.308)
Alors:
(34.309)
donc l'équation
des déformations par unité de temps devient:
(34.310)
Nous avons
également:
(34.311)
Restreignons-nous à l'étude d'une composante:
(34.312)
En multipliant
par la densité :
(34.313)
Ecrivons
l'équation de Navier-Stokes pour une composante:
(34.314)
Les termes
ou apparaissent les coefficients de viscosité peuvent être réécrits
tels que:
(34.315)
Ainsi par
correspondance:
(34.316)
En introduisant
les variables adimensionnelles:
(34.317)
car comme
nous l'avons vu:
(34.318)
d'où:
(34.319)
ou encore:
(34.320)
Nous multiplions
la relation:
(34.321)
par et
la divisons par tel
qu'elle devienne:
(34.322)
Au niveau
dimensionnel, nous avons:
et
(34.323)
Finalement:
(34.324)
Cette équation
différentielle exprimée en variables relatives et sans dimensions
est appelé "équation de Navier-Stokes-Reynolds adimensionnelle"
Le
terme
,
appelé "nombre de Reynolds",
représente au niveau symbolique
le rapport des forces d'inerties sur les forces visqueuses :
(34.325)
où est
la "viscosité cinématique relative".
La viscosité
dynamique est donc un terme inversement proportionnel à la valeur
du nombre de Reynolds.
APPROXIMATION
DE BOUSSINESQ
Soit la relation déjà démontrée précédemment:
(34.326)
En
y remettant le terme contenant la viscosité:
(34.327)
sans
oublier qu'au niveau des notations (nous savons… c'est un
peu embêtant):
(34.328)
Si
le potentiel est de type gravitationnel, il va de soi que:
(34.329)
Donc:
(34.330)
Si l'on peut considérer le contexte
de l'expérience tel que la densité volumique est inférieure ou égale
à celle de l'eau et que les vitesses sont petites, alors nous pouvons
éliminer les termes de second degré, tel que la relation précédente
s'écrive:
(34.331)
Nous nous plaçons dans le cadre d'un
fluide faiblement turbulent, dans lequel la pression et la densité
s'écrivent:
(34.332)
où représentent
le terme d'accroissement turbulent par rapport aux valeurs statiques
du fluide.
Nous négligeons également les frottements
sur les bords et donc la viscosité en supposant que l'effet des
turbulences devient vite prépondérant sur la valeur du frottement.
Donc nous avons le système d'équations:
(34.333)
qui peut s'écrire:
(34.334)
et encore:
(34.335)
ce qui s'écrit aussi:
(34.336)
Mais dans le cas statique:
(34.337)
Il nous reste donc:
(34.338)
En divisant le tout par :
(34.339)
mais encore une fois:
(34.340)
L'approximation de Boussinesq
consistant à supposer que le fluide est incompressible
et que le système
est à température constante et peu turbulent, nous avons:
(34.341)
Ce qui nous donne:
(34.342)
Cette équation s'appelle "équation
de Boussinesq" et va nous permettre
d'introduire la théorie du chaos dans le domaine de la météorologie
et des fluides dans le cas particulier des cellules de convection.
LOI
DE STOKES
La complexité de l'hydrodynamique est
un terrain tout désigné pour l'application de l'analyse dimensionnelle
dont nous avons parlé au tout début de notre étude de la mécanique
analytique. L'exemple analysé ici montre clairement les possibilités,
mais aussi les limites de la méthode.
Nous envisageons un solide de forme
quelconque plongé dans un fluide incompressible animé d'une vitesse
uniforme à grande distance (le problème est équivalent à celui d'un
solide qui se déplace à vitesse constante dans un fluide au repos).
Nous cherchons à exprimer la force F qu'exerce
le fluide sur l'obstacle, supposée immobile (et notamment dépourvu
de tout mouvement de rotation).
La solution analytique est trop complexe
pour perdre son temps à résoudre ce genre de problème pratique.
Il convient de recourir à l'analyse dimensionnelle.
Les paramètres pertinents sont dans
notre étude:
- L la
dimension linéaire de l'obstacle
- v la
vitesse du fluide à grande distance
- la
masse du fluide
- la
coefficient de viscosité du fluide
Comme il se doit, tous ces paramètres
sont des constantes, bien que la vitesse varie en direction et en
norme au voisinage de l'obstacle: à grande distance, elle es uniforme
et sa valeur v est
bien un paramètre pertinent.
Nous pourrions nous demander si la
pression ne devrait pas compter au nombre de ces paramètres. Ce
n'est pas le cas. La pression est conditionnée par la valeur de
la vitesse et par celles des paramètres constants comme nous
l'avons voyons dans le théorème de Bernoulli. Inutile donc de
rajouter un terme redondant.
Sans chercher l'unique combinaison
sans dimension des quatre premières, nous appliquons la démarche
systématique. Nous voulons déterminer A,
B, C, D, tels
que:
(34.343)
Comme:
(34.344)
Il vient:
(34.345)
Le système de dimensionnalité s'écrit:
(34.346)
Ainsi:
(34.347)
Dès lors:
(34.348)
et curieusement nous retrouvons ici
ce que nous avions vu dans notre développement de l'approximation
de Boussinesq:
(34.349)
Donc
la force exercée par le fluide s'écrit:
(34.350)
Dans la littérature nous trouvons la
notation:
(34.351)
où C dépend
de .
Les limites de la méthode analytique
dimensionnelle (et même analytique tout court…) apparaît lorsque
l'on confronte ce modèle à l'expérience (évidemment nous pourrions
faire des modèles numériques de l'équation de Navier-Stokes-Reynolds
pour l'ordinateur et ainsi l'honneur serait sauf):

(34.352)
Ce graphique correspond à l'écoulement
autour d'un cylindre; la vitesse étant
perpendiculaire à l'axe du cylindre. Les régimes sont signalés en
chiffres romains: stationnaire (I), périodique laminaire (II), turbulent
avec superposition d'état périodique (III), turbulent (IV).
La courbe à deux caractéristiques remarquables:
1. Elle a été obtenue en modifiant
de manière indépendante les valeurs des quatre paramètres. Nous
constatons que C ne
dépend que du seul nombre sans dimension :
c'est un succès de l'analyse dimensionnelle.
2. Il est vain d'espérer trouver une
fonction analytique simple qui reproduise la courbe expérimentale.
Il faut donc aller voir de plus près les divers régimes correspondants
à cette courbe complexe.
La figure ci-dessous schématise l'écoulement
d'un fluide visqueux autour d'un cylindre pour différentes valeurs
du nombre de Reynolds:

(34.353)
Le régime correspondant à la
figure (a) est dit "régime
stationnaire".
Nous pouvons parler d'un déplacement
"quasi-statique" de la part du fluide où en chaque point
l'accélération est négligeable. Nous devons donc nous attendre à
ce que l'inertie du fluide n'intervienne pas dans l'expression
de la force. Pour cela, il faut et il suffit que:
(34.354)
où C est
indépendant de .
Nous avons donc:
(34.355)
Le paramètre C' sans
dimensions ne peut dépendre que de la géométrie de l'obstacle.
Dans le cas où l'obstacle est sphérique (cas très important
en physique avec L=R),
C' a
été déterminé expérimentalement comme valant tel
que:
(34.356)
connue sous le nom de "loi
de Stokes" ou "formule de
Stokes". Attention.... cette loi ne s'applique bien que
pour les petites vitesses et des petites sphères.
Dans
le régime décrit par (b), deux tourbillons s'installent symétriquement
derrière le cylindre. Quand augmente
au-delà de 40, nous distinguons l'allée de "tourbillons
de von Kármán".
PRESSION HYDROSTATIQUE
Nous avons précédemment démontré sans
mal que:
(34.357)
Si la vitesse du fluide est nulle:
(34.358)
Ce qui donne sous forme différentielle:
(34.359)
Si nous mesurons la pression du liquide
à partir de sa face supérieur :
(34.360)
Si nous prenons comme
référence, nous pouvons poser que:
(34.361)
d'où:
(34.362)
Si nous nous trouvons dans
le cas d'un récipient remplis d'un fluide en contacte avec l'atmosphère,
pour calculer la pression dans ce fluide à un hauteur
donné, il faudrait prendre en considération la pression atmosphérique
qui
"s'appuie" également sur le fluide. Ainsi la "pression
hydrostatique" est données par:
(34.363)
Conséquence: dans un liquide au repos,
homogène, les équipotentielles gravifiques sont confondues avec
les surface isobares. Sans quoi, il y aurait mouvement transversal.
POUSSÉE
D'ARCHIMÈDE
La poussée d'Archimède, phénomène mondialement
connu..., est souvent rebelle à l'intuition première. Au fait,
nous avons trop tendance dans les écoles à poser la poussée d'Archimède
comme un "principe" et ce à tort puisqu'une simple
analyse mathématique suffit à la démontrer .
Si nous isolons une portion arbitraire
d'un fluide en équilibre statique, les conditions de cet équilibre
s'écrivent nécessairement (sinon quoi le volume se dissocie
et n'est plus en équilibre statique):
(34.364)
désigne
le poids (
en première approximation…) de alors
que le terme décrit
la résultante des forces de pression exercées sur la surface
de
.
Chaque élément de surface dS subit donc une force:
(34.365)
où p est la pression qui s'exerce
localement sur dS.
Quant à ,
il s'agit d'un vecteur unité dirigé normalement (à la perpendiculaire)
à dS et vers l'intérieur de .
La résultante de toutes ces forces se note historiquement de la
façon
suivante:
(34.366)
qui exprime donc, comme
vous le devinez, la fameuse "poussée
d'Archimède" que
le reste du fluide exerce sur l'élément. L'intégrale porte sur
toute la surface (cette surface est fermée, d'où l'intégrale
curviligne correspondante) de l'élément
.
La condition d'équilibre impose donc que:
(34.367)
Nous
comprenons aisément que soit
dirigé vers le haut: sous l'effet du champ gravitationnel
et donc p augmente
avec la profondeur.
Si nous remplaçons le fluide
contenu dans le volume par un objet fluide ou solide quelconque
mais qui
occupe le même volume, la poussée d'Archimède n'est pas modifiée.
A cause de la relation nous
avons coutume de dire qu'elle est équivalente au poids
du fluide déplacé.
Dans le cas où la direction et l'intensité
dans le temps de est
uniforme et constant nous
pouvons écrire:
(34.368)
et nous retrouvons la relation
de la "loi d'Archimède" bien connue de tous les écoliers:
(34.369)
Il existe une autre possibilité pour
arriver à cette démonstration qui demande moins d'outils mathématiques
et qui est donc plus abordable:
Considérons
un cylindre de volume V plongé dans un liquide à la verticale.
Les composant horizontales des forces de pression s'annulent
mais
la composante verticale au somment du cylindre (proche
de la surface) est inférieur en intensité (sauf cause extérieure)
à celle se trouvant à sa base
.
Nous pouvons donc écrire:
(34.370)
C'est
un peu plus simple et ça tient en une ligne sans intégrales…
Il convient de sa rappeler que la poussée d'archimède est une
force qui s'applique à des fluides et donc aussi à des gaz. C'est
ainsi grâce à la poussée d'Archimède
qu'une montgolfière ou un dirigeable peuvent s'élever
dans les airs (dans les deux cas, un gaz de masse volumique plus
faible que l'air est utilisé, que ce soit de l'air chauffé ou
de l'hélium).
Il est aussi amusant, après démonstration de la loi des gaz parfaits
(voir plus loin), de déterminer la pression que devrait avoir notre
atmosphère pour avoir la même densité que l'eau
et qu'un humain puisse ensuite flotter dans l'air...
VITESSE DU SON DANS UN LIQUIDE
Intéressons nous un petit moment au calcul de la vitesse du son
dans un liquide. Nous avons démontré dans le cas de notre étude
des ondes sonores longitudinales du chapitre de Musique mathématique
que:
(34.371)
et:
(34.372)
En combinant il vient:
(34.373)
La fraction:

c'est-à-dire le rapport entre une variation de pression et la
variation relative de volume qu'elle entraîne reçoit le nom de "module
d'élasticité volumique". Remarquez qu'il faut le signe - pour
que B soit positif: quand la pression augmente, le volume
diminue.
Nous avons alors par exemple
pour l'eau:
(34.374)
La valeur mesurée étant de .
Il peut paraître surprenant que la vitesse du son dans un liquide,
qui est beaucoup plus difficile à comprimer qu'un gaz soit seulement
5 fois plus grande que dans un gaz. La raison est que la densité d'un
liquide est environ mille fois plus élevée que celle d'un gaz.
L'une dans l'autre, les deux propriétés se compensent partiellement.
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