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PRINCIPES
| MÉCANIQUE ANALYTIQUE
| MÉCANIQUE
CLASSIQUE | MÉCANIQUE
ONDULATOIRE | MÉCANIQUE
STATISTIQUE | THERMODYNAMIQUE
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MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
| 30.
MÉCANIQUE
CLASSIQUE RATIONNELLE (2/2) |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
12.05.2010 23:52
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
MOUVEMENTS RELATIFS ET FORCES D'INERTIES
Voyons maintenant des développements qui vous nous permette
d'introduite un élément très important et
utile en mécanique des fluides (cf.
chapitre de Mécanique Statistique) et en météorologie
(cf. chapitre de Génie Marin & Météo).
Considérons un référentiel
fixe X, Y, Z et un référentiel mobile x, y, z.
Ils sont donc en mouvement relatif et nous envisageons une rotation
possible du référentiel mobile. Il s'agit d'exprimer, la vitesse,
l'accélération d'un point P de l'espace au moyen des
coordonnées du référentiel fixe (coordonnées
absolues) à partir de celles attachées au référentiel mobile (coordonnées
relatives) et du mouvement d'entraînement du référentiel mobile.
Nous définissons dans notre étude:
vecteur
de position de P par rapport au référentiel mobile
vecteur
de position de P par rapport au référentiel fixe
vecteur
de position de P par rapport à l'origine
du référentiel
fixe
vitesse
absolue de P par rapport au référentiel fixe (supposé inconnu)
accélération
absolue de P par rapport au référentiel fixe (supposé inconnu)
vitesse
relative de P par rapport au référentiel mobile (supposé connu)
accélération
relative de P par rapport au référentiel mobile (supposé connu)
vitesse
d'entraînement au point P du mouvement relatif du référentiel
mobile par rapport au référentiel fixe (supposé connu)
accélération
d'entraînement du référentiel mobile (supposé connu)
vitesse
angulaire du référentiel mobile

(30.1)
la position du point P est
donc donnée par la "relation de composition
des positions":
(30.2)
La vitesse absolue se calcule comme:
(30.3)
Le dernier terme est la contribution
due à la rotation du référentiel mobile. Il s'agit maintenant d'exprimer
la valeur de cette contribution en envisageant des rotations d'angle
autour
de chacun des axes, successivement:


(30.4)
Nous obtenons ainsi les vecteurs élémentaires
figurant
les déplacements des extrémités des vecteurs-unités .
Nous les introduisons dans l'expression ci-dessous qui devient,
après réarrangement des termes:
(30.5)
par définition du produit
vectoriel. La vitesse absolue du point P s'exprime
donc selon la "loi de composition
des vitesses":
(30.6)
nous constatons que dans
le cas particulier où le référentiel mobile ne subit qu'une
translation ,
nous trouvons l'équation caractéristique
de la transformation de Galilée et nous disons alors que les
référentiels sont en "translation
relatives".
Remarque: Si nous nous concentrons uniquement sur les termes de
vitesse d'entraînement et de rotation du référentiel
mobile nous obtenons alors ce que nous appelons la "formule
de Bour".
En procédant de la même façon que pour
la recherche de la vitesse absolue il vient, en dérivant la relation
précédente nous
avons :
(30.7)
avec :
(30.8)
Si nous regroupons les termes:
(30.9)
Si nous regroupons les termes:
(30.10)
Si nous regroupons les termes:
(30.11)
et nous avons :
(30.12)
Donc:
(30.13)
Finalement:
(30.14)
mais (!) rappelons-nous que :
(30.15)
ainsi:
(30.16)
L'accélération absolue ou la "loi de
composition des accélérations" s'exprime
alors comme:
(30.17)
Le
terme:
(30.18)
est
appelé "accélération de Coriolis" et le terme est
simplement l'expression de l'accélération centripète dans ce cas
particulier.
La loi de Newton doit
comporter tous les termes contenus dans l'équation générale ci-dessus.
Pour un observateur situé dans le système fixe, cette loi s'écrit
alors:
(30.19)
où l'on a en premier terme à droite
de l'égalité la force d'entraînement, en troisième la force de Coriolis
et en dernier la force centripète.
Si le point P est lié rigidement au référentiel mobile, un observateur dans ce
système ne perçoit aucun mouvement, par conséquent aucune accélération
.
Nous avons donc affaire à un système de forces en équilibre. Le
problème de dynamique est alors ramené à un problème de statique.
C'est le "principe d'Alembert".
Exemple:
Etant donné que pratiquement toutes
nos observations sont faites sur Terre, c'est-à-dire dans un référentiel
mobile dans l'Univers, la force de Coriolis peut y être mise en
évidence.
L'étude du mouvement d'un corps par
rapport à la Terre est l'une des applications les plus intéressantes
de l'équation démontrée précédemment. La Terre a une vitesse angulaire
(supposée constante!) dont la direction est celle de l'axe de rotation
de la Terre. Appelons l'accélération
de la pesanteur mesurée en un point A à la surface de la Terre si celle-ci ne tournait pas. correspond
alors à .
En tirant l'accélération d'entraînement et relative nous
obtenons l'accélération mesurée par un observateur en mouvement
avec la Terre:
(30.20)
où
est
négligé dans le cas de la rotation de la Terre.
Nous considérons d'abord le cas d'un
corps initialement au repos, ou se déplaçant très lentement de sorte
que le terme de Coriolis est nul ou négligeable comparé au dernier
terme. L'accélération que nous mesurons dans ce cas est appelée
"accélération effective" de la pesanteur, et nous la désigne
par .
Par suite:
(30.21)
En supposant que la Terre est une sphère
(en fait sa forme s'en écarte légèrement) et qu'il n'y a pas d'anomalies
locales, nous pouvons estimer que est
dirigé vers le centre de la Terre. Le deuxième terme étant
l'accélération centrifuge elle est dirigée vers l'extérieur.
Puisque est
la somme de et
de l'accélération centrifuge, la direction de ,
appelée la "direction verticale", s'écarte légèrement
de la direction radiale; elle est expérimentalement déterminée
par un fil à plomb.
Les liquides se maintiennent toujours en équilibre avec leur surface
perpendiculaire à .
L'ordre de grandeur de l'accélération
centrifuge est:
(30.22)
où r est le rayon de la Terre.
L'accélération centrifuge décroît de l'équateur aux pôles car le
rayon de la Terre n'est pas constante (la Terre est aplatie aux
pôles).
Cette variation de l'accélération est toujours très petite quand
nous la comparons avec la pesanteur mais
elle explique cependant la plupart des variations observées de
la valeur de la pesanteur avec la latitude.
Le
gradient de l'accélération centrifuge a pour effet de déplacer légèrement
la direction radiale d'un corps qui tombe en chute libre: le déplacement
est vers le Sud dans l'hémisphère Nord et vers le Nord dans l'hémisphère
Sud.
Considérons ensuite le terme de Coriolis.
Dans le cas de la chute d'un corps, la vitesse est
dirigée vers le bas. D'autre part, comme se
trouve le long de l'axe de la Terre , est
dirigé vers l'Ouest. Le terme de Coriolis est
donc dirigé vers l'Est; le corps qui tombe sera dévié dans cette
direction.
Pour un corps tombant dans un plan
parallèle et tangent à la surface de la Terre, nous avons :

(30.23)
C'est
exactement ce phénomène que l'on observe dans le cas des cyclones
(nous y reviendrons plus en détail dans notre étude de la météorologie
dans le chapitre de Génie Météo). Une zone atmosphérique
dépressionnaire (de faible pression relative) donnerait des courants
atmosphériques (vents) convergents vers la dépression si la Terre
ne tournait pas autour de son axe.
 
(30.24)
La force de Coriolis due à la rotation de la Terre dévie donc
les vents Nord-Sud en direction de l'Ouest et les vents Sud-Nord
vers
l'Est pour un observateur se situant au Pôle Nord. Nous observons
dès lors la formation de cyclones tournants dans le sens contraires
des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Nord et inversement
dans l'hémisphère Sud (à cause de la direction du vecteur dans
cette partie de l'hémisphère).
Comme second exemple, considérons les
oscillations d'un pendule. Pour des oscillations de faible amplitude,
nous pouvons supposer que le mouvement du pendule se fait selon
une trajectoire horizontale. Si l'on fait osciller le pendule initialement
dans la direction Nord-Sud, la force de Coriolis va dévier le
mouvement du pendule vers la droite pour un observateur situé au
Pôle Nord.
En d'autres termes, le pendule tourne dans le sens des aiguilles
d'une montre dans l'hémisphère Nord et dans le sens contraire
dans l'hémisphère Sud. Cet effet observable est nul dans à l'équateur
(parallélisme parfait entre et
)
et maximale aux Pôles.
Cet effet fut démontré de façon spectaculaire
par le physicien français Jean Léon Foucault, quand en 1851 il suspendit
un pendule de 67 mètres de long à l'intérieur du Dôme des Invalides.
A chaque oscillation, le pendule faisait tomber du sable sur un
cercle, ce qui démontrait expérimentalement que son plan d'oscillation
de par
heure. L'expérience de Foucault est une preuve frappante de la rotation
de la Terre. Même si la Terre était toujours couverte de nuages,
cette expérience aurait montré aux physiciens que la Terre tournait.
Comme
troisième exemple parlons des tourbillons que l'on peut observer
dans la baignoire ou le lavabo. Ce n'est qu'une légende que
ce dernier tourne différemment en fonction des hémisphères.
Car la vitesse et la masse mises en jeu sont beaucoup trop
faibles pour êtres observables dans de tels objets.
Au fait, le sens de rotation est dû aux imperfections (aspérités)
du siphon. Par contre, si vous allez en équateur, il y a
des étudiants
qui se font un plaisir de vous montrer que l'effet existe avec
une petite expérience mise en place avec une allumette.
En se déplaçant
de dix mètres, ils vous montreront le sens de rotation du
siphon change en fonction de l'hémisphère dans laquelle
on se trouve!
THÉORÈMES
DE KÖNIG
Nous avons vu jusqu'à maintenant,
comment calculer le moment cinétique ou l'énergie
cinétique d'un système dynamique par rapport à
un unique référentiel (soit galiléen, soit
barycentrique)
Les théorèmes de König
donnent eux les moments cinétiques et l'énergie cinétique
totale d'un système dynamique par rapport à un référentiel
galiléen
et barycentrique 
PREMIER
THÉORÈME DE KÖNIG
Utilisons pour démontrer
ce théorème le moment cinétique d'un corps
de masse M (l'exemple étant toujours
facilement extensible un système
dynamique discret ou continu de matière).
Exprimons le moment cinétique
d'un élément
du corps solide par rapport à l'origine O du référentiel galiléen
(noté :
par la suite) :
(30.25)
Exprimons le moment cinétique
dans
par rapport à son centre de masse G (noté : )
:
(30.26)
Le référentiel
étant en translation par rapport à ,
nous avons :
(30.27)
Sans oublier que :
(30.28)
que nous insérons dans l'expression
du moment cinétique :
(30.29)
De par la propriété du
produit vectoriel, nous avons :
(30.30)
Étudions maintenant la valeur
que prend chacun des quatre termes de la relation précédente.
Nous savons que par la définition du centre de masse que
(dans un cadre non relativiste) :
(30.31)
d'où :
(30.32)
et également :
(30.33)
Finalement, il vient :

(30.34)
Donc finalement :
(30.35)
Ce théorème qui se rapporte
à un point fixe permet l'application plus aisée du
théorème du moment cinétique.
DEUXIÈME
THÉORÈME DE KÖNIG
Utilisons pour démontrer ce
théorème l'énergie cinétique d'un corps
de masse M (l'exemple étant toujours
facilement extensible un système
dynamique discret ou continu de matière).
Exprimons le moment cinétique
d'un élément
du corps solide par rapport à l'origine O du référentiel galiléen
(noté :
par la suite) :
(30.36)
Exprimons l'énergie
cinétique dans
par rapport à son centre de masse G (noté : )
:
(30.37)
Avec de même que précédemment :
(30.38)
Il vient dès lors :
(30.39)
et donc :

(30.40)
et comme pour le moment cinétique,
de par la définition du centre de masse, nous avons :
(30.41)
d'où le deuxième théorème
de König :
(30.42)
MOUVEMENTS
OSCILLATOIRES
Le mouvement oscillatoire est le mouvement d'un
corps qui va et vient de part et d'autre de sa position d'équilibre.
Il existe une quantité incroyable de phénomènes physiques de ce
genre. Nous allons traiter dans cette section les grands classiques à partir
desquels les développements sur des phénomènes plus complexes
s'inspirent.
Nous étudierons
dans l'ordre les pendules des plus simples aux plus complexes et
utiliserons souvent des résultats antérieurs pour en déterminer
de nouveaux.
Nous retreindrons notre étude des mouvements
oscillatoires aux pendules. Les autres viendront au fur et à mesure
dans leurs chapitres respectifs.
Il existe neufs pendules très connus qui sont
les suivants (ordre dans lequel nous les étudierons): pendule de
Newton, pendule simple, pendule physique, pendule élastique, pendule
conique, pendule de torsion, pendule de Foucault, pendule de Huygens.
PENDULE
DE NEWTON
Nous n'allons pas trop nous étendre
à décrire le pendule de newton. Une photo suffira:

(30.43)
Le principe de fonctionnement est le
suivant:
Si vous lancez une bille, à l'extrémité
une seule et unique bille se déplacera. Cela semble logique et cohérent
d'après la conservation de la quantité de mouvement qui découle
de la conservation de l'énergie comme nous l'avons déjà vu.
Un peu plus curieux, lorsque vous lancez
initialement deux billes, ce sont deux billes qui se déplacement
à l'autre extrémité!
La démonstration est simple et le fonctionnement se base sur une
condition très simple que nous allons déterminer pour le cas particulier
de deux billes (c'est toujours le même principe pour un nombre de
billes supérieur) :
Soit les
quantités de mouvement des deux billes initiales et les
deux billes se situant à l'autre extrémité. Nous avons donc:
(30.44)
Nous avons pour l'énergie cinétique:
(30.45)
après regroupement et simplification:
(30.46)
Ensuite après division de la deuxième
relation ci-dessus par la première, nous déduisons l'expression
des vitesses après le choc:
(30.47)
Hypothèse: supposons maintenant qu'en
prenant une seule des billes ( ),
il y en ait deux qui partent à l'autre extrémité tel que:
(30.48)
Prenons le cas où toutes les billes
du pendule de Newton ont la même masse (cas correspondant à celui
que l'on trouve dans le commerce). Alors:
(30.49)
Nous voyons que notre hypothèse initiale
impossible: si à masses égales, une seule bille est lancée
alors,
à l'autre extrémité, une seule bille partira (hypothèse
des "chocs élastiques").
Par contre, si nous lançons deux billes
dans un pendule de Newton composé de masses identiques nous avons
après simplification des équations:
(30.50)
deux billes qui partent à l'autre extrémité.
Il suffit de procéder à des raisonnements identiques pour 3, 4,
5, ... billes.
C.Q.F.D.
PENDULE
SIMPLE
Soit, T la
période de temps nécessaire pour qu'un pendule simple (voir figure
ci-dessous) parcoure un cycle complet et que l'on peut écrire:
(30.51)
qui est donc l'inverse de la "fréquence
propre" du
système en l'absence de frottement.

(30.52)
La variation de l'énergie potentielle
du système étant:
(30.53)
Nous savons que et
que la conservation de l'énergie nous permet de poser:
(30.54)
Après simplification nous obtenons:
(30.55)
Nous pouvons exprimer par
rapport à la distance parcourue par le pendule:
(30.56)
Si nous dérivons cette expression par
rapport au temps... Nous obtenons alors:
(30.57)
Si nous revenons à:
(30.58)
et que nous le dérivons, nous obtenons:
(30.59)
Si l'angle est
petit, nous pouvons remplacer avec l'aide de la série de Taylor
et sans erreur trop grave, par
le premier terme de son développement en série:
(30.60)
et comme
nous
obtenons:
(30.61)
Etant donné que dans un cadre périodique:
(30.62)
nous pouvons alors écrire que:
(30.63)
d'où:
(30.64)
Comme nous
pouvons poser:
(30.65)
Donc la période de balancement est indépendante
de l'amplitude ce qui explique pourquoi le nombre de balancements
par minute
d'un pendule simple est constant, quelle que soit
l'ardeur que nous mettions à le faire balancer...
Si:
(30.66)
où est
la position du centre de masse de l'objet et P le
nombre éventuels de maillons que l'on aurait pris pour la longueur
L de
la chaîne et P étant
le pas de la chaîne.
Ce qui nous donne finalement:
(30.67)
PENDULE
PHYSIQUE
Nous appelons
"pendule physique" un solide
quelconque pouvant osciller librement dans la pesanteur, autour
d'un axe A,
avec une petite amplitude ( ).
Son mouvement
est déterminé par l'équation suivante:
(30.68)
où M est
le moment de rappel et le
moment d'inertie du pendule par rapport à son axe d'appui A.
En faisant
une analyse des forces sur notre pendule nous obtenons une autre
relation pour
M:
(30.69)
pour et
où d est
la distance de l'axe d'appui du pendule à son centre de masse. Le
terme négatif apparaît ici pour exprimer le fait que la période
diminue avec le temps. Comme l'angle est
petit, nous avons remplacé et
sans erreur trop grave par le premier terme de son développement
en série de Taylor:
(30.70)
Donc le
moment de rappel peut s'écrire:
(30.71)
d'où l'équation différentielle du mouvement:
(30.72)
Nous avons
vu dans les mouvements harmoniques oscillants que nous obtenions
la position angulaire d'une masse par la relation:
(30.73)
ce qui nous
permet d'écrire:

(30.74)
et par simplification
nous obtenons:
(30.75)
d'où:
(30.76)
En exprimant
le moment d'inertie au
moyen du théorème de Steiner en déduisons que:
(30.77)
et en introduisant
encore le rayon de giration k:
(30.78)
d'où:
(30.79)
Soit x la
position de l'axe de rotation
A mesurée
par rapport à une origine quelconque et a la
position du centre de gravité par rapport à la même origine nous
avons:
(30.80)
tel que représenté ci-dessous:

(30.81)
d'où:
(30.82)
ce qui nous
donne aussi pour la période:
(30.83)
comme la
racine nous gêne nous élevons le tout au carré, ce qui nous donne
finalement
(30.84)
Comme nous
connaissons x et
T,
cette relation nous permettrait à partir du tracer un graphique
permettant de déterminer la position de G et
k.
Ainsi, en portant sur un graphique
en
fonction de x:
(30.85)
La courbe obtenue présente une asymptote
verticale ( )
pour et
deux minima.
En dérivant par
rapport à x et
en annulant les dérivées, nous trouvons la position des minima :
(30.86)
PENDULE ÉLASTIQUE
Étudions maintenant les oscillations
propres d'un solide suspendu à un ressort élastique tel
qu'il oscille. Après l'écart du solide de la position d'équilibre,
il accomplira des oscillations harmoniques dans le sens vertical,
si le ressort
élastique subit des déformations
proportionnelles à l'allongement du ressort.
Nous aurons souvent dans ce site à
faire avec de petits mouvements autour d'une position d'équilibre.
Ce type de mouvement caractéristique de ce que nous appelons
un "oscillateur harmonique" est
très fréquent. Il
se généralise à toutes sortes de situations
physiques, telles que les circuits RLC (cf.
chapitre de Génie Électrique), le modèle
quantique corpusculaire et ondulatoire de l'atome, les résonateurs
à quartz ou toute autre structure vibrante faiblement autour
de son point d'équilibre.
Nous
savons que la force de rappel d'un ressort est proportionnelle
et opposée
à la déformation telle que (voir le chapitre de Génie Civil
pour la démonstration):
(30.87)
L'équation
différentielle de l'oscillateur harmonique peut donc s'écrire:
(30.88)
Nous
prendrons la démarche très simple qui consiste à essayer
une solution, en l'occurrence:
(30.89)
C'est
une solution, car en effet:
(30.90)
pour
autant que nous prenions la fréquence
propre:
(30.91)
Nous
avons aussi le "mode propre":
(30.92)
comme
solution.
Une
solution générale est donc:
(30.93)
Pour
trouver A et
B,
il faut spécifier les conditions initiales. Prenons par exemple:
(30.94)
à
.
Nous
avons alors:
(30.95)
Calculons maintenant le travail (énergie)
nécessaire pour déformer l'oscillateur harmonique.
Nous avons :
(30.96)
Ainsi, l'énergie potentielle
élastique dans un ressort de constante k,
ayant subi une déformation x est donc donnée par :
(30.97)
Pour
une description plus réaliste, une meilleure modélisation, nous
allons supposer que l'oscillateur est soumis à une force supplémentaire
représentant les frottements. Il arrive souvent que l'approximation
par laquelle la force de frottement est proportionnelle à la vitesse,
et opposée à la vitesse, soit une bonne approximation. Ce n'est
pas la seule possible, et ce n'est pas toujours la meilleure. Nous
parlerons des forces de frottement plus tard.
Ainsi
nous considérons une force de friction de la forme (ne pas confondre
avec la notation du moment cinétique qui n'a absolument aucun rapport):
(30.98)
Pour
notre système de coordonnées:
(30.99)
La
deuxième loi de Newton impose:
(30.100)
Pour
se conformer à une notation usuelle dans le cadre de l'oscillateur,
nous notons:
(30.101)
d'où
l'équation différentielle:
(30.102)
Nous
prenons la fonction d'essai:
(30.103)
En
substituant, nous trouvons:
(30.104)
Comme
nous cherchons des solutions non nulles ( )
il faut que:
(30.105)
d'où:
(30.106)
et
la solution générale est:
(30.107)
où
deux constantes sont déterminées par les conditions initiales.
Nous
verrons qu'il correspond à un amortissement faible. En effet, nous
pouvons écrire avec des racines carrées réelles:
(30.108)
et
la solution générale peut alors s'écrire:
(30.109)
En utilisant les propriétés
complexes des exponentielles et en particulier la "formule
d'Euler"
(cf. chapitre sur les Nombres)
:

(30.110)
Choisissons
et rappelons que
(cf. chapitre de Trigonométrie).
Ainsi :
(30.111)
et comme nous avons aussi .
Alors :
(30.112)
posons
et comme la fonction trigonométrique est périodique
à
avec
alors :
(30.113)
L'allure
générale de la normalisée
à l'unité est la suivante:

(30.114)
Quand
nous
disons qu'il y a "amortissement critique", quand ,
qu'il y a "amortissement sur-critique". Le
rapport :
(30.115)
est quant à lui appelé "facteur
de qualité".
PENDULE
CONIQUE
Le pendule conique consiste à prendre
une masse m considérée
comme ponctuelle et suspendue en A d'un
fil fixé
en O.
La masse étant écartée d'un angle de
la verticale, l'objectif de ce pendue est fréquemment (car c'est
le cas le plus simple) de déterminer la dépendance entre l'angle
et la vitesse si l'on considère que les trajectoires sont circulaires.

(30.116)
La masse m se
déplace autour de la verticale OC,
en décrivant un cercle de rayon:
(30.117)
Les forces suivantes agissent sur la
masse m:
(30.118)
D'après la figure, nous voyons que:
(30.119)
ou, comme:
(30.120)
alors:
(30.121)
L'angle est
donc d'autant plus grand que la vitesse angulaire est
élevée, ce que confirme l'expérience. Pour cette raison, le pendule
conique fut longtemps utilisé comme régulateur de vitesse sur
les machines à vapeur (il ferme l'arrivée de vapeur quand la
vitesse dépasse une limite fixée à l'avance et l'ouvre quand
elle tombe au-dessous de cette valeur).
Nous avons aussi:
(30.122)
d'où après simplification:
(30.123)
PENDULE
DE TORSION
Le pendule de torsion est un système
qui fut utilisé par Coulomb pour mesure de la charge électrique
élémentaire et par Cavendish pour la mesure de la constante gravitationnelle
G.
Le pendule de torsions consiste en
un solide rigide suspendu à fil de torsion vertical. Lors des oscillations
le fil exerce un moment de rappel que l'on supposera proportionnel
à l'angle de torsion :
(30.124)
où k est
la "constante de torsion" de
ce fil particulier (cf.
chapitre de Génie Mécanique).
Nous avons donc:
(30.125)
soit l'équation différentielle:
(30.126)
Par analogie avec le pendule physique
où nous avions une équation différentielle identique à un facteur
près, il vient:
(30.127)
PENDULE
DE FOUCAULT
Le pendule de Foucault est
une expérience formidable pour rendre compte de la rotation de la
Terre. Il existe plusieurs méthodes mathématiques pour analyser
le comportement du pendule de Foucault. Nous avons choisi de présenter
la plus simple qui ne nécessite que peu de pages de calcul.
D'abord un petit texte explicatif
peut s'avérer pertinent tellement cette expérience
est importante.
L'expérience de Foucault
a pour but de démontrer que la Terre tourne sur elle-même.
Vous lancez un balancier (ne bille de plomb au bout d'un fil). Il
a un mouvement de va-et-vient régulier dans la même
direction. Si vous l'emportez dans une voiture et que vous ne tournez
pas trop brusquement, le pendule se moque des virages : il continue
à battre dans la même direction. C'est qu'un pendule
reste toujours dans le même plan, malgré les mouvements
de son support.
C'est pourquoi le physicien
français Léon Foucault eut l'idée d'attacher
un lourd balancier de 67 mètres de long sous le dôme
du Panthéon, en présence de Napoléon III et
de quelques savants. A chacune de ses allées et venues, le
pendule venait écorner un tas de sable où il laissait
une marque. Or, la trace n'était jamais à la même
place: il y avait 3 à 4 millimètres d'écart
entre un balancement et le suivant, 16 secondes plus tard. Le pendule
restait dans le même plan, mais le Panthéon, Paris,
la Terre tournaient!
Soit la figure ci-dessous:

(30.128)
Nous considérons que c'est la vue d'un
référentiel géocentrique (la Terre) vu en coupe selon un plan qui
contient l'axe de rotation.
La taille du pendule est bien évidemment
exagérée sur la figure. Il oscille cependant quand même dans un
plan méridien, entre A et
B (un
observateur terrestre voit la droite AB tourner par rapport au sol
terrestre selon le cercle vert, vu en perspective, dans le sens
rétrograde).
Soit T la période de rotation de A (ou
B).
La vitesse de A ( )
, sur ce cercle, est due au fait que, dans le référentiel géocentrique,
le point M,
à la verticale du point de suspension, et le point du sol Terrestre
coïncidant avec A à
un instant donné, n'ont pas la même vitesse dans le référentiel
géocentrique: le point
M étant
plus éloigné de l'axe de rotation Terrestre: la distance MM' étant
plus grande que B (de
même la vitesse de B étant
supérieure à la vitesse de M).
La différence de ces vitesses se calcule
aisément en supposant que la rotation terrestre est uniforme en
raisonnant sur une période d'une journée (sidérale)
.
Nous savons que:
(30.129)
De ceci il découle facilement que:
(30.130)
étant donné que dans le
triangle AHM :
(30.131)
alors:
(30.132)
Or, n'est
autre que:
(30.133)
Donc:
(30.134)
Nous avons donc obtenu l'expression
de la période du pendule de Foucault.
Exemple:
La période du pendule du Panthéon (aller et retour)
est de 16.5 secondes, l'amplitude maximale de 6 mètres
et le temps d'amortissement de 6 heures. Nous pouvons ainsi observer
un déplacement de plusieurs millimètres par aller
et retour du pendule.
Remarque: Le sens de la rotation est celui des aiguilles d'une
montre, pour un observateur placé au dessus du pendule,
dans l'hémisphère Nord ; et dans le sens contraire
du sens de rotation des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère
Sud.
Aux pôles (où
l'angle est de 90° et le sinus unitaire), la période
du pendule égale celle de la Terre et est donc de 24h. A
l'équateur (où l'angle est de 0° et le sinus nul),
la période de rotation du plan d'oscillation est infinie
: le plan d'oscillation est fixe par rapport à la Terre.
A Paris (où
l'angle est de 48°52' et le sinus 0.75), la période de
rotation est de 31 heures et 57 minutes.
Cependant, l'importance du
pendule de Foucault est autre...
Le plan d'oscillation du pendule est en réalité
fixe et c'est la rotation de la Terre sur elle-même qui donne
lieu à une rotation apparente. Mais finalement... que est
le système de référence ?
En effet, tout mouvement est relatif. Si la Terre
est en rotation, elle l'est par rapport à quelque chose.
Nous ne pouvons pas parler d'un mouvement sans définir un
cadre de référence. La question qui se pose donc est
de savoir par rapport à quel système de référence
le plan d'oscillation du pendule est fixe.
La première idée qui vient à
l'esprit consiste à dire que le plan du pendule est fixe
par rapport au Soleil. Mais, si Foucault avait réussi à
construire un pendule capable d'osciller suffisamment longtemps,
disons pendant un mois, il se serait aperçu que le plan d'oscillation
dérivait également par rapport à la position
du Soleil. Notre étoile ne fait donc pas partie du système
de référence en question.
Peut-être faut-il alors considérer
les étoiles proches du Soleil ? Mais là aussi, si
l'expérience pouvait durer suffisamment longtemps, elle montrerait
que le plan des oscillations se déplace nettement par rapport
aux étoiles après quelques années. Quel objet
choisir dans ce cas ? Le centre galactique, la galaxie d'Andromède,
le Groupe Local, le superamas local ? Chacun de ces objets donnerait
l'illusion d'être fixe par rapport au plan des oscillations,
mais finirait, après un temps de plus en plus long, par révéler
une dérive.
Finalement, en dernier recours, nous pouvons considérer
les objets les plus lointains, les galaxies ou quasars situés
à des milliards d'années-lumière. Avec ce système
de référence, et si l'expérience de Foucault
était réalisable, le plan des oscillations serait
enfin fixe et il n'y aurait plus de dérive. Ce n'est donc
qu'en considérant les objets les plus lointains, en fait
l'Univers observable dans son ensemble, que nous pouvons obtenir
un cadre par rapport auquel le plan des oscillations se stabilise.
Le pendule de Foucault se
moque donc de la présence de la Terre, du Soleil ou de la
Galaxie. Son mouvement lui est directement dicté par l'Univers
dans son ensemble. Cette expérience met en évidence
une sorte de lien mystérieux entre chaque point et l'Univers
tout entier. Jusqu'à nouvel ordre, la nature de ce lien reste
inconnue.
Une conclusion similaire
fut tirée par le physicien autrichien Ernst Mach à
la fin du XIXe siècle (nous retrouverons le "principe
de Mach" dans le chapitre de Relativité Restreinte).
D'après la physique
de Newton, le produit de la masse d'un corps par son accélération
est égal à la force qui s'exerce sur lui. Par conséquent,
pour une force donnée, plus un objet est massif, plus son
accélération est faible. De ce point de vue, la masse
est donc une mesure de l'inertie du corps, c'est-à-dire de
sa faculté à résister à une force.
Supposons maintenant que
toute la matière de l'Univers disparaisse, excepté
pour ce corps. Ce dernier est alors complètement isolé
et plus aucune force ne s'exerce sur lui. Cela signifie, d'après
la physique de Newton, que le produit de sa masse par son accélération
est égal à zéro. Or l'accélération
ne peut pas être nulle. En effet, comme toute la matière
de l'Univers a disparu, il n'y a plus de système de référence
par rapport auquel on pourrait définir la vitesse ou l'accélération.
Cette dernière est donc indéfinie et non pas nulle.
D'un point de vue mathématique, il ne reste qu'une seule
possibilité, que la masse du corps soit nulle.
Ce raisonnement montre que
la masse et l'inertie d'un corps ne sont pas vraiment des propriétés
de l'objet lui-même, mais plutôt le résultat
d'une interaction avec le reste de l'Univers. Tout comme le pendule
de Foucault, le principe de Mach nous montre qu'il doit exister
une sorte de connexion entre les propriétés locales
d'un corps et les propriétés globales de l'Univers.
Comme dans le cas précédent, la nature de cette connexion
mystérieuse reste à déterminer.
PENDULE
DE HUYGENS
Nous cherchons à construire un pendule
dont la période soit indépendante de l'amplitude. Pour cela nous
disposons deux lamelles de forme cycloïdale à des positions symétriques
et déterminées telles que représentées sur la figure ci-dessous:

(30.135)
Le choix de la cycloïde
est du au fait qu'il s'agit d'une courbe "brachistochrone"
(voir la définition plus bas) et depuis les travaux de Huygens
en 1659, nous savons aussi qu'il s'agit d'une courbe "tautochrone"
(les balanciers dans les montres modernes ont par tradition cette
forme). C'est-à-dire que les corps qui tombent dans une cycloïde
renversée arrivent au point le plus bas dans le même temps, de
quelque hauteur qu'ils commencent à tomber.
Donc contrairement à une
idée reçue, le chemin le plus rapide pour un corps en mouvement
non horizontal tombant sur un support solide n'est pas la ligne
droite.
En
effet, l'un des problèmes les plus connus de l'histoire des mathématiques
est le problème du brachistochrone qui consiste donc à trouver
la courbe le long de laquelle une particule glisserait d'un point à
un autre en un minimum de temps en étant soumis à un champ
uniforme de pesanteur. Ce problème a été posé par
Jean Bernoulli en 1696 comme un challenge pour les mathématiciens
de son époque (et
s'en fut un !!!). La solution fut trouvée par Jean Bernoulli
lui-même
ainsi que par son frère Jacques Bernoulli, Newton, Leibniz et le
marquis de l'Hospital. Le problème brachistochrone est important
dans le développement des mathématiques et s'avère être
une des applications principales de la méthode du calcul
des variations.
Nous considérons dans le champ de la
pesanteur deux points a et
b et
un point matériel m se
déplaçant sans frottement sur une courbe d'extrémités a et
b.
Déterminer la courbe, appelée brachistochrone, pour
laquelle le temps de parcours est minimal lorsque le point m part
du point avec une vitesse nulle.
Considérons le schéma ci-dessous:

(30.136)
A l'abscisse x sur
le graphe, l'énergie potentielle perdue est ,
équivalente à l'énergie cinétique acquise
par le point matériel
depuis le départ telle que:
(30.137)
D'où sans trop de surprises:
(30.138)
La vitesse v est
mesurée le long de la courbe si bien que nous devons réécrire l'expression
en composantes horizontales et verticales:
Nous allons poser que s représente
l'abscisse curviligne et ds l'accroissement
de cette distance le long de la courbe. dx et
dy représentent
les composantes horizontales et verticales de ds.
Ainsi:
- ds/dt représente
la vitesse le long de la courbe
- dx/dt représente
la composante x de
la vitesse
- dx et
dy sont
données par le théorème de Pythagore exactement de la même façon
que nous l'avions fait dans notre cadre d'étude du formalisme
lagrangien.
(30.139)
En insérant l'équation obtenue d'après
les principes de la dynamique:
(30.140)
Une simple intégration nous donne alors
l'expression de t à
minimiser:
(30.141)
Nous nous retrouvons avec une fonction
similaire à celle que nous avions lors de notre étude d'un cas pratique
du formalisme lagrangien.
Il s'agit maintenant de trouver
le minimum atteint par t parmi toutes les fonctions y(x) satisfaisant:
(30.142)
Le problème fondamental
dit du "calcul
des variations" consiste à chercher, parmi les fonctions continûment
dérivables sur un intervalle donné [a,b] et
pour lesquelles les fonctions f(a) et
f(b) sont
des valeurs données, celles qui rendent maximum ou minimum
l'intégrale
précédente.
Pour
appliquer cette méthode, nous partons de l'équation
d'Euler-Lagrange (cf. chapitre de Mécanique
Analytique)
:
(30.143)
qui
donne les extremums de l'intégrale.
Identiquement
à ce que nous avons vu dans notre exemple dans le cadre de notre
étude du formalisme lagrangien (cf. chapitre
de Mécanique
Analytique) nous avons dans notre cas:
(30.144)
Donc:
(30.145)
En
remplaçant dans l'équation différentielle d'Euler-Lagrange, nous
trouvons:
(30.146)
ou
autrement écrit:
(30.147)
Il faut donc résoudre cette équation
différentielle pour trouver la fonction qui donne le chemin le
plus rapide.
Il existe une fonction paramétrique
qui satisfait cette équation différentielle (dont je ne possède
pas la démonstration formelle mais uniquement avec Maple...).
C'est l'équation
paramétrique
de la cycloïde justement ! Donnée par:
(30.148)
En posant nous
avons dans Maple:
>plot([theta-sin(theta),1-cos(theta),theta=0..6*Pi]);
(30.149)
Soit les dérivées:
(30.150)
Ainsi:
(30.151)
La conservation de l'énergie:
(30.152)
s'écrit donc:
(30.153)
d'où:
(30.154)
Donc le temps requis pour aller du
haut au bas de la cycloïde que décrit le pendule de Huygens est :
(30.155)
Cette durée ne dépend donc que de paramètres
fixes.
L'énoncé en 1696 du problème
brachistochrone peut être considéré comme l'authentique acte de
naissance du calcul des variations, car c'est ce problème qui suscite
la recherche de méthodes générales progressivement élaborées au
cours d'une véritable compétition.
Remarque: Une ligne brachistochrone d'une surface est
une courbe sur laquelle doit glisser sans frottement un point matériel
pesant placé dans un champ de pesanteur uniforme de
sorte que le temps de parcours soit minimal parmi toutes les
courbes joignant
deux points fixés. Autrement dit, ce sont les lignes les
plus courtes en temps, alors que les géodésiques
(cf.
chapitre de Relativité Restreinte) sont les lignes
les plus courtes en distance.
TRIBOLOGIE
Définition: La "tribologie" est la science des
frottements (notion très intuitive à tout un chacun car nous pouvons
ressentir ses effets dans la vie quotidienne) qui interviennent
lorsque deux surfaces en contact sont mises en mouvement l'une
par rapport à l'autre, produisant une force qui s'oppose au mouvement.
La plupart de ces phénomènes relatifs aux frottements peuvent
se comprendre en première approximation sur la base des lois phénoménologiques
du frottement énoncées dès le 18ème siècle par Amontons et Coulomb
(mais déjà mises en évidence par Léonard de Vinci 200 ans auparavant), à partir
de la notion de coefficient de frottement.
Ceux-ci observèrent déjà deux types de frottements à priori distincts:
1. Le "frottement statique" est celui qui oppose une
résistance lorsqu'un objet posé sur un plan est à la limite du
glissement pas alors qu'on lui impose une force de traction (tangentielle
au plan). Cette opposition à la force de traction est par ailleurs
expérimentalement proportionnelle au poids de
l'objet.
Mais intervient une valeur limite de la force tangentielle de
traction à partir de laquelle l'objet commence à glisser. C'est
ce que nous notons:
(30.156)
où est
donc la force limite de traction permettant de faire bouger l'objet
initialement statique, est
le "coefficient de frottement statique" sans dimensions
et exprime la proportionnalité de la force limite de frottement
avec le poids de
l'objet.
Remarque: Dans
la pratique, il est infiniment facile de déterminer
ce coefficient avec un simple dynamomètre pour connaître la force
limite et une balance pour connaître le poids de l'objet étudié.
Nous observons expérimentalement que contrairement à l'intuition,
la force limite de traction est en première approximation indépendante
de la surface de contact entre l'objet et le sol (dans les limites
des cas physiques courants évidemment car plus la surface est petite,
plus la pression est grande et alors la surface de contact peut
devenir plastique aux hautes pressions).
Autrement dit, si un kilo de sucre est posé sur une table. Pour
déplacer cet objet, de poids (la
masse multipliée par la constante de gravité), il faut exercer
une force parallèlement à la
surface de la table. Mais l'expérience montre que cet objet ne
déplacera pas tant que la force est
inférieure à une force minimale .
Et Amontons et Coulomb ont montré que cette force minimale est
directement proportionnelle via un coefficient de frottement statique
au poids.
Nous pouvons détailler l'approche de la relation précédente en
s'imaginant deux surfaces présentant des rugosités en dents de
scie d'un angle et
imbriquées:

(30.157)
Si nous appliquons une force normale correspondant au poids et
une force horizontale nous
avons à cause des dents de scie dans le cas limite la situation
suivante:

(30.158)
nous voyons alors bien que la pièce mobile commencera à bouger
que quand il y aura début de glissement soit lorsque:
(30.159)
Pour simpliste qu'elle soit, cette approche permet de lier le
frottement (statique) aux caractéristiques de la rugosité. De plus
les valeurs expérimentales typiques des coefficients de frottement
statique, de l'ordre de 0.3, correspondent à des pentes de la rugosité de
surface de l'ordre de 15-20 degrés, ce qui est tout à fait compatible
avec les caractéristiques typiques que l'on peut mesurer pour les
rugosités de surfaces!
Cet argument repose cependant sur une hypothèse implicite : l'emboitement
parfait entre les rugosités des deux surfaces. Nous parlons dans
ce cas de "surfaces commensurables". Ce n'est bien sûr
pas le cas en général dans la nature : même à l'échelle atomique,
deux surfaces idéales, présentent des légères différences de distance
interatomique qui empêchent l'emboîtement. Une légère disparité suffit à rendre
très irrégulière la répartition des points de contact entre les
deux surfaces contrairement au cas commensurable. Nous parlons
alors de "surfaces incommensurables".
Autrement dit, nous aboutissons très vite à la conclusion que
le frottement entre deux surfaces commensurables en tout point
est non-nul, tandis qu'il s'annule exactement si ces deux surfaces
sont en tout point incommensurables.
2. Le "frottement dynamique" est celui qui oppose une
résistance lorsqu'un objet posé sur un plan est déjà en glissement.
Cette opposition à la traction est par ailleurs expérimentalement
proportionnelle encore une fois au poids de l'objet tel que:
(30.160)
mais avec le "coefficient de frottement
dynamique" (qui existe en plusieurs sous-familles: coefficient
de roulement, de glissement, ....) qui est en général
beaucoup plus petit que le coefficient de frottement statique:
(30.161)
Donc le frottement n'est pas le même au départ de notre objet
que lors de son glissement. Cela correspond très bien à notre expérience
quotidienne du frottement (lors de déplacements de meubles dans
nos habitations par exemples).
A nouveau, nous remarquons expérimentalement que contrairement à l'intuition,
la force de traction est indépendante de la surface de contact
entre l'objet et le sol.
Ainsi, que l'on pose le kilo de sucre bien à plat ou sur la tranche,
la force de frottement est la même (si la qualité de surface est
la même de tous les côtés du paquet de sucre)!
Un autre fait étonnant concerne la valeur typique de ces coefficients
de frottement, qui s'écarte assez peu de ,
pour des surfaces très différentes les unes des autres. La technologie
permet toutefois de concevoir des surfaces avec des coefficients
de frottement soit bien plus petits ( )
soit plus grand ( ).
Ces deux lois, sont appelées "lois
de Coulomb":
(30.162)
L'origine simpliste du frottement entre deux solides est donc
dû au fait que:
- Tout solide n'est jamais lisse mais possède des aspérités qui
rendent la surface de contact rugueuse (les aspérités s'imbriquent
partiellement ou non et provoquent plus ou moins de frottement).
- Les impuretés entre les deux surfaces de contact sont souvent
plus importantes au niveau des sources de frottement que les imbrications
des aspérités de surface.
- Le frottement est faiblement dépendant de la surface car la
rugosité à l'échelle atomique est telle que seulement un très faible
pourcentage de la surface totale des deux objets sont réellement
en contacts (surface de contact réelle est donc beaucoup plus petite
que la surface de contacta apparente) ce qui explique que la force
de traction tangentielle soit proportionnelle au poids car cela
force la surface de contact réelle à augmenter.
La complexité sous-jacente du frottement est donc extrême. L'origine
du frottement fait dans la réalité intervenir une multitude d'ingrédients,
couvrant un spectre très large de phénomènes physiques : rugosité des
surfaces, élasticité, plasticité, adhésion, lubrification, thermique,
usure, chimie des surfaces, humidité, etc.
Nous allons ici faire une analyse scolaire des quelques frottements
courants dans les cas d'études simples de la physique cinétique
(du mouvement). Il faut bien prendre garde que ces modèles sont
simplifiés à l'extrême afin de montrer seulement la démarche intellectuelle.
FROTTEMENT VISQUEUX HORIZONTAL
Nous avons donc vu qu'en première approximation, la force de
frottement dans le cas de glissement est proportionnelle au poids
d'un corps par un coefficient de frottement dont la valeur dépend
de la nature et de l'état des surfaces de contact mais indépendant
de l'aire de contact. Cependant nous n'avons pas dit que l'expérience
montre que dans des cas réels typiques la force de frottement est
aussi indépendante de la vitesse communiquée au corps.
En lubrifiant par un fluide visqueux les surfaces en contact,
la force de frottement est réduite et dépend de la vitesse (c'est
typiquement le cas des pneus de voiture qui sont visqueux).
Remarque: Pour
rappel, le terme "visqueux" ne signifie
par forcément que ça coule et que ça bave. Cela signifie que la
loi de comportement dépend de la vitesse de déformation (cf.
chapitre de Mécanique Des Milieux Continus).
Considérons alors un mobile en contact avec un sol plan via un
fluide ou matériau visqueux. Nous savons qu'il y aura frottement
et supposons que celui-ci soit proportionnel à la vitesse:
(30.163)
où k est le "coefficient de
frottement visqueux".
Nous avons alors en appliquant la première loi de Newton:
(30.164)
Dès lors il vient:
(30.165)
En intégrant il vient:
(30.166)
Soit:
(30.167)
En prenant l'exponentielle:
(30.168)
Ainsi, la vitesse décroit exponentiellement de vitesse initiale
jusqu'à une valeur nulle asymptotique sous l'hypothèse de proportionnalité du
frottement avec la vitesse.
C'est une relation très souvent utilisée dans les animations
faites par ordinateur représentant des objets qui semblent s'arrêter
de manière naturelle. Il faut simplement bien choisir la valeur
de k.
Nous observons une chose intéressante c'est qu'un corps mobile
lourd décélère moins vite à cause des forces de frottement qu'un
corps mobile léger!
Montrons comment nous calculons la puissance perdue par frottement.
Nous savons que:
(30.169)
si la variation de la force est négligeable par rapport à la
variation de vitesse nous avons alors:
(30.170)
et donc dans le cas du frottement (en valeur absolue):
(30.171)
Ainsi, la puissance dissipée lors d'un mouvement est proportionnelle à la
vitesse en cas de frottement coulombien et proportionnelle au carré de
la vitesse en cas de frottement visqueux.
FROTTEMENT VISQUEUX VERTICAL
Soit un solide indéformable chutant à la verticale dans un champ
de gravité. Nous assumons que la forme de la résistance de l'air
est proportionnelle à la vitesse (comportement visqueux aux faibles
vitesses):
(30.172)
et utilisant le principe fondamental de la dynamique:
(30.173)
Soit autrement écrit (plus traditionnel):
(30.174)
La solution de cette équation différentielle linéaire du 1er
ordre est (cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral):
(30.175)
que nous pouvons détailler si besoin (sur demande).
En posant qu'à l'instant nul nous avions une vitesse initiale
donnée il vient:
(30.176)
Ainsi:
(30.177)
Ainsi, nous voyons que lorsque le temps tend vers l'infini (suffisamment
grand quoi...) alors la vitesse tend vers:
(30.178)
donc k peut être déterminé expérimentalement!
C'est une relation très souvent utilisée dans les animations
faites par ordinateur représentant des objets qui semblent freiner
jusqu'à une vitesse constante de manière naturelle.
FROTTEMENT VISQUEUX DE STOKES VERTICAL
C'est typiquement le cas du parachutiste effectuant une chute
libre. Nous avons vu dans le chapitre de Mécanique Des Milieux
Continus que la force visqueuse de Stokes était donnée par (comportement
visqueux aux vitesses moyennes et élevées):
(30.179)
lorsque la vitesse est subsonique (modeste en d'autres termes...).
L'équation différentielle est la même qu'avant dans le cas de
la présence du champ de gravitation à la différence que la vitesse
est cette fois-ci au carré:
(30.180)
Soit:
(30.181)
mais nous n'allons pas chercher à la résoudre, seulement à déterminer
la valeur limite de la vitesse et justement vitesse limite est
atteinte lorsque celle-ci.... ne varie plus (ben oui forcément...).
Donc à ce moment:
(30.182)
et l'équation différentielle devient:
(30.183)
Ainsi, il est possible de changer sa vitesse de chute limite
en fonction de son facteur de forme, et de sa surface d'exposition
apparente et de sa masse (dans le cas d'étude ci-dessus nous négligeons
la force d'Archimède qui s'applique sur la parachutiste et qui
freine aussi sa chute).
Exemple:
Considérons une sphère de rayon R, de masse volumique lâchée
sans vitesse dans un liquide de masse volumique ,
de viscosité .
La sphère est soumise à son propre poids, à une force de frottement
visqueux et à la poussée d'Archimède.
Nous avons donc globalement selon la première loi de Newton:
(30.184)
où les deux derniers termes (force visqueuse de Stokes aux faibles
vitesses et force d'Archimède) ont été démontrés dans le chapitre
de Mécanique
Des Milieux Continus.
En réarrangeant, nous avons:
(30.185)
et encore:
(30.186)
Il nous reste donc:
(30.187)
Nous posons:
(30.188)
qui sera assimilée à une constante de temps. Nous avons alors:
(30.189)
Or lorsque la vitesse de chute deviendra constante, nous aurons:
(30.190)
ce qui donne:
(30.191)
Résolvons ceci dit l'équation différentielle en commençant par
celle sans second membre (cf. chapitre de
Calcul Différentiel et
Intégral):
(30.192)
Nous avons alors vu dans le chapitre de Calcul Différentiel Et
Intégral que la solution homogène était alors donnée par:
(30.193)
Nous pouvons ajouter la solution particulière qui est logiquement
lorsque t tend vers l'infini:
(30.194)
Nous avons alors:
(30.195)
Il nous reste à déterminer C qui s'obtient lors t tend
vers 0 car nous avons alors:
(30.196)
Donc:
(30.197)
Nous avons alors:
(30.198)
FROTTEMENT VISQUEUX DE STOKES HORIZONTAL
C'est une première approximation où l'on s'intéresse par exemple à la
distance d'arrêt sans freinage d'un mobile sans prendre en compte
le coefficient de frottement avec le sol mais seulement avec l'air
ambiant (vitesse subsonique toujours...).
Nous avons alors selon la première loi de Newton:
(30.199)
Supposons que nous souhaitions savoir en quel temps T le
mobile qui avait une vitesse initiale aura
décéléré à une vitesse donnée .
Nous avons alors:
(30.200)
Donc:
(30.201)
où nous observons déjà un premier problème avec ce modèle c'est
que à l'arrêt, la vitesse finale étant nulle, il faudra un temps
infini pour y arriver... mais continuons, nous reviendrons plus loin
sur ce constat.
La loi d'évolution de la vitesse de détermine de façon analogue
puisque:
(30.202)
Alors:
(30.203)
Notons la constante de temps:
(30.204)
Alors:
(30.205)
soit:
(30.206)
La distance parcourue à l'instant t en laissant le mobile
ralentir que par les forces de frottement donc:
(30.207)
Le résultat est joli mais on se rend bien compte que c'est pas
vraiment juste car à un temps infini, la voiture aura parcourue
une distance infinie ce qui est manifestement irréaliste. Cela
provient du modèle qui est trop simpliste donc améliorons-le.
L'idéal, objectivement parlant, serait de prendre en compte le
frottement visqueux pneu/sol plus le frottement de l'air. Nous
aurions alors:
(30.208)
mais le problème avec cette équation différentielle, c'est qu'elle
va nous amener à une singularité si nous continuons les calculs.
Elle n'est donc pas exploitable...
Nous essayons alors avec la forme suivante:
(30.209)
qui exprime donc qu'il y a une force de frottement proportionnelle
au poids du véhicule ce qui est simplement la forme suivante de
la deuxième loi de Coulomb:
(30.210)
et le deuxième terme étant le frottement visqueux de Stokes dont
nous avons sorti le terme de masse compris dans la densité se trouvant
implicitement dans la constante k de .
Nous avons alors en simplifiant les termes de masse:
(30.211)
Donc on voit déjà que dans ce modèle nous allons perdre l'effet
de la masse qui a normalement pour implication de rallonger le
trajet d'arrêt (dans la réalité!). Mais continuons quand même...
Nous avons donc à intégrer:
(30.212)
Nous avons démontré dans le chapitre de Calcul Différentiel Et
Intégral que:
(30.213)
Donc en posant:
(30.214)
Soit:
(30.215)
Un peu réarrangé cela donne:
(30.216)
Donc on tombe maintenant déjà sur un temps fini... ce qui est plus
rassurant comme résultat.
Cherchons maintenant la distance d'arrêt. Nous avons en utilisant
le fait que:
(30.217)
la possibilité d'écrire:
(30.218)
Soit:
(30.219)
Ce qui nous amène à:
(30.220)
Ce qui donne déjà:
(30.221)
Nous avons donc:
(30.222)
Soit:
(30.223)
Nous avons donc notre résultat final. Meilleur que le précédent
mais indépendant de la masse... mais en attendant c'est mieux que
rien...
Remarque: Avec
un freinage sec l'essieu avant d'une petite voiture à une force
de freinage de 2.8 [kN].
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