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PRINCIPES
| MÉCANIQUE ANALYTIQUE
| MÉCANIQUE
CLASSIQUE | MÉCANIQUE
ONDULATOIRE | MÉCANIQUE
STATISTIQUE | THERMODYNAMIQUE
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MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
| 30.
MÉCANIQUE
CLASSIQUE/RATIONNELLE (1/2) |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
24.07.2010 1:15
Version: 2.1 Revision 2
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Avant d'aborder l'étude des corps
solides en mouvement dans le cadre de la mécanique classique
(à
l'opposé de la mécanique relativiste) appelée également
"mécanique rationnelle" ou "mécanique
newtonienne", il peut sembler être
dans l'ordre logique des choses de définir et d'étudier
les propriétés
relativement à leur état
statique.

Définitions:
D1. Un
phénomène est dit "statique" ou "en équilibre" lorsqu'il
ne subit aucune dynamique (accélération ou in extenso : force),
du moins apparente. Nous pouvons considérer un équilibre comme
un état statique, bien qu'il ne soit qu'apparent car il peut être
le résultat de deux dynamiques opposées qui se compensent ! Ainsi,
les grandeurs qui décrivent un phénomène statique sont des constantes,
les valeurs concrètes de ces grandeurs sont calculables.
De manière
plus technique cette définition est érigée
au rang de principe appelé le "principe
fondamental de la statique" qui énonce que
pour qu'un système soit en équilibre, il faut que
la résultante générale et le moment résultant
des forces extérieures soit équivalent à zéro
par rapport à son centre de masse ou de gravité.
(la condition est suffisante pour les problèmes de mécanique
qui traitent des solides indéformables).
D2. La "statique" est
l'étude des conditions d'équilibre d'un point matériel soumis à des
forces en équilibre
D3. Toute cause capable
d'accélérer (concept défini plus loin) ou de déformer
un corps est appelé "force" (concept
introduit rigoureusement par Newton et sur lequel nous reviendrons
en détail plus loin lors de l'énoncé des trois lois de Newton).
Remarque: En
mécanique classique nous ne nous posons naturellement
pas la question d'une transformation du temps. Les changements
envisagés concernent la grandeur position et ses dérivées.
En effet, en mécanique classique, nous postulons le "temps
de Newton" : le temps s'écoule de
façon
identique d'un référentiel à l'autre.
D4. Un système matériel S (ensemble
de points matériels )
est dit "solide indéformable" (rigide),
ou simplement "solide",
si les distances mutuelles des points matériels le constituant
ne varient pas au cours du temps :
(30.1)
LOIS DE NEWTON
Les trois lois de Newton
sont à la base de la mécanique classique. Elles sont à posteriori
indémontrables et non formalisables car elles énoncent des observations
et découlent donc de notre expérience quotidienne.
Cependant, les développements
de la physique moderne et qui se basent sur les conséquences
de ces trois lois sont en tel accord avec les conditions théoriques
qu'impose le principe de moindre action et les expériences
y relatives, que leur validité pourrait ne plus être mise en
doute (...)
PREMIÈRE LOI (LOI D'INERTIE)
Définition: Tout corps
ponctuel ou étendu persévère dans sa forme (géométrie) ou son état
de repos ou de mouvement rectiligne uniforme (décrit par le centre
de masse), sauf si des "forces imprimées" le
contraignent d'en changer.
Autrement dit: Tout corps
au repos ou en mouvement rectiligne uniforme est soit imprimé par
un nombre de forces nulles, soit la somme des forces imprimées
est nulle (c'est le principe fondamental de la statique appelé
aussi
"principe
d'inertie").
Corollaire: Lorsque la trajectoire d'un corps n'est pas une droite
ou lorsque la vitesse de ce corps n'est pas constante, on peut
en conclure d'après le Principe d'inertie que les forces
qui s'exercent sur ce corps ne se compensent pas.
Remarque: Nous avons démontré ce corollaire
lors de notre étude du théorème de Noether
dans le chapitre traitant des Principes de la physique.
Après la virgule de la première
phrase du corollaire, jaillit en pleine lumière le mot "force".
Questionnons donc ce mot : le langage courant regorge de significations
différentes:
la force du poignet, la force de l'âme... Aussi, la force peut-elle être
aveugle ou majeure, selon le cas... Quoi qu'il en soit, elle
a le pouvoir de changer le cours (le mouvement) et la forme (géométrie)
des choses. Sans ignorer ce halo qui entoure le mot et qui a
embarrassé plus d'un physicien avant lui, Newton donne à la
force une signification très précise, qui se démarque
de l'idée intuitive
d'un effort physique.
Propriétés :
P1. La force est une grandeur
vectorielle
P2. L'effet d'une force,
ne change pas si nous faisons glisser la force sur sa droite
d'action.
Une force est donc une grandeur
physique qui se manifeste par ses effets :
E1. Effet dynamique : une
force est une cause capable de produire ou de modifier le mouvement
ou la forme (géométrie) d'un corps
E2. Effet statique : une
force est une cause capable de produire une déformation d'un
corps.
Toute force peut être représentée
par un vecteur dont les quatre propriétés sont :
P1. Direction : droite selon
laquelle l'action s'exerce
P2. Sens : sens selon lequel
l'action s'exerce sur la droite
P3. Point d'application
: point où l'action s'exerce sur le corps
P4. Intensité : la valeur
(norme) de la force
Il est possible de ranger
la plupart des forces par famille telles que :
F1. Les "forces
de réaction" : chaque corps exerce une force sur
un autre corps qui est en contact avec lui. Par exemple, si
un objet repose sur une table, cette table exerce une force égale
et opposée sur l'objet (afin que ce dernier ne s'enfonce pas
dans la table - ce sont des mécanismes quantiques qui sont à l'origine
de cette force de réaction). Cette force est toujours à la
verticale du point de contact.
F2. Les "forces
de frottement" : la force de frottement existe
lorsque deux corps sont en contact. Elle s'oppose toujours
au mouvement. La force de frottement qui s'oppose au mouvement
n'a pas seulement un effet négatif, elle est indispensable
pour assurer aussi le contact entre deux surfaces (par exemple
: contact des pneus sur la route, freinage, ...).
F3. Les "forces
de tension" exercées sur un corps : c'est une force
qui tire sur un élément d'un corps comme par exemple, la tension
exercée par un fil, par un ressort (cf.
chapitre de Génie Mécanique).
F4. Les "forces à distance" :
ce sont les forces qui agissent par l'intermédiaire de champs
vectoriels comme par exemple le champ électrique, le champ magnétique,
le champ gravitationnel. Ce dernier a comme particularité s'il
est isotrope (nous le démontrerons lors de notre étude de la
statique des forces) de pouvoir se réduire à l'étude du centre
de gravité du corps.
DEUXIÈME LOI (PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA DYNAMIQUE)
Définition: Le changement
de mouvement est proportionnel à la "force
motrice imprimée", et s'effectue suivant la droite
par laquelle cette force est imprimée.
Une force, nous le savons,
est dans le langage de Newton ce qui provoque le "changement
du mouvement" et pas autre chose... Mais, supplément au programme,
les mots "changement du mouvement" de cette loi cachent
une signification mathématique, différente de l'intuition "changement
de vitesse". Pour Newton, nous avons vu qu'un corps au repos était
caractérisé par sa quantité de matière, sa masse. S'inspirant
de certains prédécesseurs, Newton pose qu'un corps en mouvement "transporte
une certaine quantité", appelée sans fioritures : la "quantité de
mouvement". C'est en fait cette quantité qui, sous
le simple mot "mouvement" est
contenue dans l'énoncé de la seconde loi. La quantité d'un mouvement
est la mesure que nous tirons à la fois de sa vitesse (concept
que nous définirons plus loin lors de notre étude de la cinématique)
et de sa quantité de matière, autrement dit, par définition,
le produit de sa masse par sa vitesse.
(30.2)
En utilisant les symboles
mathématiques modernes, la première partie de cette deuxième
loi peut alors se reformuler :
La force est égale à la
variation en fonction du temps de la quantité de mouvement, soit
dans un cadre non relativiste :
(30.3)
Cette relation est donc valable tant que la vitesse est très inférieure
à celle de la lumière comme nous le verrons en lors de notre étude
de la mécanique relativiste bien plus tard, car Newton supposa
que la masse ne variait pas (ou ne semblait pas varier...) en
fonction de la
vitesse. Ainsi, la "relation fondamentale
de la dynamique" (R.F.D.) est donnée par :
(30.4)
et peut s'énoncer ainsi : Soit un corps de
masse m constante, l'accélération subie par
un corps dans un référentiel galiléen est proportionnelle
à la résultante des forces qu'il subit, et inversement
proportionnelle à sa masse m.
Rappel : La "masse" est
une mesure pour la quantité de matière contenue dans le corps
(cf. chapitre sur les Principes De La Mécanique).
La masse est une constante indépendante de l'endroit où elle
se trouve (unité S.I. kilogramme : [kg]). Le "poids",
correspond lui à la force (unité S.I. newton : N) qu'un
objet exerce sur une autre par l'intermédiaire d'un champ gravitationnel.
Il dépend de l'endroit où nous nous trouvons (voir ci-dessous
l'équation de la force gravitationnelle de Newton).
Nous verrons (démontrerons)
que dans le cadre d'un corps tombant dans un champ gravitationnel à symétrie
sphérique, nous avons :
(30.5)
dans le cadre de notre vieille
Terre, nous avons pour habitude de poser:
(30.6)
Dans le système Eulérien
et en coordonnées cartésiennes, une grandeur donné d'un
milieu continu aura une distribution en fonction des quatre variables
indépendantes x, y, z, t. Pour de petites variations dx,
dy, dz et dt, la variation totale de s'exprimant
par (cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral):
(30.7)
En suivant une particule
dans son mouvement, nous observons pendant un temps dt des
déplacements dx, dy, dz. Nous pouvons donc exprimer à partir
de l'expression précédente la variation totale de pendant
le temps dt. Nous obtenons ainsi l'expression d'une dérivée
très importante en physique théorique dite "dérivée
particulaire":
(30.8)
En mécanique nous allons
particulièrement travailler avec le champ gravitationnel Newtonien.
Dès lors, la relation reliant la force à l'accélération prend
une forme plus générale:
Soit la dérivée particulaire
de la vitesse (pour les trois coordonnées spatiales):
(30.9)
Ce qui s'écrit aussi :
(30.10)
Ce qui peut s'écrire aussi sous forme condensée:
(30.11)
La deuxième loi de Newton s'écrit alors:
(30.12)
Cette
formulation de la deuxième loi de Newton est de la plus haute
importance en physique. Elle rend compte explicitement
de la force subie par un point matériel dans un champ vectoriel
en fonction de la vitesse et non plus de la position. Nous
retrouverons cette formulation en mécanique des milieux continus
dans notre étude des fluides et plasmas, en électromagnétisme
ainsi qu'en Relativité Générale.
TROISIÈME LOI (LOI D'ACTION ET RÉACTION)
Énoncé : la réaction d'un
corps étendu ou ponctuel solide est toujours de sens opposée
et d'intensité et de direction égale à la force imprimée.
Cette troisième loi est
plus connue sous le nom de : "principe
d'action/réaction" et découle de la première
loi de Newton selon le raisonnement mathématique lors
de notre étude du théorème de Noether dans
le chapitre traitant des Principes de la physique.
Nous pouvons également dire
encore que deux corps solides ponctuels ou étendus en contact
exercent l'un sur l'autre toujours des forces opposées en sens
mais égales en intensité et en direction
CONDITIONS
D'ÉQUILIBRE
Pour qu'un point matériel,
soumis à des forces soit
en équilibre statique, il faut que la résultante de ces forces
soit nulle. Soit
:
(30.13)
Définitions:
D1. Un solide rigide est
un ensemble de points rigidement liés.
D2. Si les lignes d'action
de toutes les forces agissant sur un corps sont dans un même
plan, le système de forces est dit "système
coplanaire".
Une observation plus approfondie
fait apparaître la force comme le résultat macroscopique de phénomènes
microscopiques complexes, à savoir des interactions à distance
entre particules. Ces interactions sont au nombre de quatre et
je désire nullement en parler maintenant car elles font appel à des
outils mathématiques qui sont hors contexte dans cette section
du site.
Remarque: La relation précédente, qui définit donc tout
corps à
l'équilibre, ouvre l'étude a de très nombreux cas pratiques et
constitue
à elle seule un immense chapitre d'applications pratiques que nous
appelons la "statique des forces"
et que nous développerons après avoir introduit le concept de moment
de force.
CENTRE
DE MASSE ET MASSE RÉDUITE
Il s'agit du cas particulier
du barycentre avec toutes ses propriétés que nous avons déjà largement
développé dans le chapitre de Géométrie Euclidienne (donc nous
vous conseillons fortement de vous y référer) mais rapporté à la
physique :
Soit un solide formé de n points
de masse et
repérés par leurs vecteurs de position respectifs.
Définition: Nous appelons "centre
de masse" (ou "centre
d'inertie" s'il y a égalité stricte entre masse
grave et masse inerte comme nous en avons fait mention dans
le chapitre traitant des Principes de la mécanique) un point G auquel
nous pouvons rattacher tout la masse du système (et donc son
analyse!!) et tel que, l'origine étant arbitrairement choisie
il soit donné par (nous démontrerons cette relation lors de
l'étude de la statique des forces) :
(30.14)
De façon identique, nous
définissons la masse réduite du système par la relation :
(30.15)
Si nous considérons le solide
comme continu (vrai seulement à l'échelle macroscopique en première
approximation) alors il vient :
(30.16)
Intégrales étendues au volume
du solide en entier.
De plus, si le solide est homogène (cas particulier), de masse
volumique ,
alors , dV étant
l'élément de volume. L'équation peur alors s'écrire (la notation
de la triple intégrale est réduite à une seule par souci de condensation
d'écriture):
(30.17)
Soit en composantes :
(30.18)
Propriétés
:
P1. Si le solide possède
un axe de symétrie, alors G est sur cet axe
P2. Si le solide possède
un plan de symétrie, alors G est sur ce plan
P3. Si le solide possède
plusieurs axes de symétrie, alors G est à leur intersection
Remarques:
R1. Le centre de masse G peut
se trouver hors du solide (exemple: un tabouret, un boomerang,
etc.)
R2. Il ne faut pas confondre "centre masse" et "centre
de gravité" (dit également "barycentre" - voir
le chapitre traitant de la Géométrie Euclidienne) qui se confondent
si et seulement si la masse du corps étudié est homogène.
Il n'est pas évident de
calculer le centre de masse d'un corps donné relativement simple.
Ce n'est pas que les outils mathématiques à manipuler soient
complexes loin de là (simple intégrale, Pythagore et quelques
multiplications et intégrations par parties) mais il faut aborder
le problème d'une façon élégante et si nous n'avons pas tout
de suite la bonne approche nous nous casserons très vide les
dents. Nous conseillons donc aux professeurs qui abordent ce
sujet et les exercices y relatifs, de les faire avec les élèves
(donc en classe) mais en laissant ces derniers débattre de la
façon dont le professeur doit attaquer le problème au tableau
noir (cela marche très bien).
THÉORÈME
DU CENTRE DE MASSE
Sous l'action des forces
extérieures ,
agissant en chaque point du solide, chacun de ces points prend
l'accélération correspondant à la force appliquée .
En utilisant la loi de Newton (voir la définition de cette loi
plus loin) pour chaque point et en sommant les effets nous aurons
(dans un cas non relativiste) :
(30.19)
en vertu de la position
du centre de masse donnée par la relation :
(30.20)
il vient si le référentiel
est posé sur le centre de masse :
où
(30.21)
soit:
(30.22)
C'est le théorème du centre
de masse, que nous pouvons énoncer ainsi:
Le centre de masse d'un
solide se meut comme un point matériel de masse égale à celle
du solide et auquel serait appliqué la somme des forces extérieures.
Un exemple simple est celui d'un projectile explosif décrivant
en absence de pesanteur une trajectoire courbe. Si le projectile
explose et se fragmente, le centre de masse des éclats continue à décrire
la trajectoire courbe qu'il avait entamée.
Remarque: Dans le cas particulier du solide (ensemble
de points) soumis au champ de la pesanteur,  est
le poids du solide et G s'appelle alors " centre
de gravité" (d'où l'origine de cette appellation).
Reprenons l'équation :
(30.23)
donnant la position du centre
de masse. Sa vitesse vaut:
(30.24)
en posant :
(30.25)
où est
la quantité de mouvement du système, il vient:
(30.26)
Cette relation montre que
si la somme des forces extérieures est nulle alors:
(30.27)
Donc la quantité de mouvement
du système entier est conservée et le mouvement du centre de
masse du système est inaltéré. Ceci justifie les remarques faites
lors de l'étude de la conservation de la quantité de mouvement.
Dans l'étude des interactions
entre particules, il est souvent commode d'utiliser un système
de référence lié au centre de masse de l'ensemble des particules.
Ce centre de masse étant au repos dans ce référentiel sa vitesse
y est nul ainsi que la quantité de mouvement totale, comme
le montrent les équations ci-dessus. Cette propriété constitue
le puissant avantage de cette description.
Remarque: En mécanique, l'usage du centre de masse (point
matériel) est
particulièrement aisé car le système de forces est régi
seulement par la loi de Newton. Avec des particules électrisées
(charges), il en va tout autrement. Les effets électromagnétiques
sont dominants lors de leurs accélérations, ce qui induit
des phénomènes
ondulatoires interactifs nettement plus complexes. C'est la raison
pour laquelle nous ne verrons jamais une étude sur ce site
du "centre
de charge" lorsque nous aborderons l'électrostatique dans
le chapitre d'Électrodynamique...
THÉORÈME
DE GULDIN
Le théorème
de Guldin permet dans certains cas, de simplifier le calcul du
centre de masse de certains corps.
Premier théorème
: Soit une plaque plane, homogène, d'épaisseur
constante e, de masse volumique placé dans
un plan cartésien xOy. Nous avons alors par rapport à l'axe y:
(30.28)

(30.29)
Envisageons une rotation
autour de l'axe x. Le volume décrit par un élément
de surface dS lors de cette rotation vaut :
(30.30)
et, par conséquent,
le volume total décrit par la surface S complète
est :
(30.31)
Ainsi, en procédant
de même pour ,
nous obtenons finalement :
(30.32)
Deuxième théorème
:soit une tige courbe, homogène, de longueur l,
de section constante, de masse linéique .
Nous avons :


(30.33)
Envisageons une rotation
autour de l'axe x. La surface décrite par un élément
de longueur dl lors de cette rotation vaut :
(30.34)
et, par conséquent,
la surface totale décrit par la tige de longueur L est
:
(30.35)
Ainsi, en procédant
de même pour ,
nous obtenons finalement :
(30.36)
CINÉMATIQUE
Un phénomène
est évolutif si, en l'observant, nous constatons un glissement
de la valeur concrète d'une ou plusieurs grandeurs. Ces grandeurs
ne sont pas des constantes mais des variables. Une évolution
implique qu'il y a un début, une infinité d'états
intermédiaires
et une fin. Un "état" est
la description d'un instantané d'un phénomène évolutif
(pas forcément
au sens temporel du terme).
La relation
fonctionnelle entre grandeurs pour un état donné peut être
décrite
par une équation. Pour un phénomène évolutif,
il peut y avoir une infinité d'états que nous pouvons
décrire par autant d'équations.
Sous cette forme, cela n'a pas d'intérêt. Nous cherchons
alors à trouver
une équation unique qui met en relation les différentes
grandeurs vérifiant tous les états que le phénomène évolutif
considéré peut
admettre. Par cette équation, nous pouvons ensuite calculer
n'importe
quel état du phénomène évolutif étudié :
c'est "l'équation
d'état" (notion tirée de la thermodynamique).
La "cinématique" est
donc la partie de la mécanique qui traite des mouvements sans
s'occuper de ses causes.
POSITION
Définition: La position d'un objet est définie
par son vecteur position dans le cas particulier d'un espace tridimensionnel
:
(30.37)
or chaque coordonnée d'un
objet en mouvement peut varie fonction du temps comme:
(30.38)
Plutôt que cette notation
un peu lourde en parenthèses... les physiciens notent fréquemment
le vecteur position (ou vecteur d'espace) sous la forme d'un
vecteur de 4 dimensions:
- 3 dimensions spatiales
- 1 dimension temporelle
et nous écrivons alors :
(30.39)
et nous appelons alors ce
vecteur un "quadrivecteur d'espace-temps" dont
les composantes sont les coordonnées généralisées du système.
VITESSE
Définition: La vitesse, notée v, est par
définition la
distance parcourue par un objet pendant une certaine quantité de
temps :
(30.40)
Lorsqu'un
corps est en mouvement uniforme rectiligne, c'est-à-dire qu'il
parcourt une distance donnée selon une dimension avec en
un temps toujours égal, le rapport précédent est constant dans
le temps:
(30.41)
La
vitesse moyenne arithmétique est définie comme étant le rapport
de la distance parcourue entre un point de départ donné à un
instant et
un point d'arrivée à un
instant :
(30.42)
Remarque: Il faut prendre garde lors de calculs de vitesses
moyennes car il existe plusieurs types de moyennes en mathématique...
(cf.
chapitre de Statistique)!
Ceci
représente donc une moyenne (car nous ne nous intéressons pas
comment le chemin entre et a été parcouru) mais
nullement la vitesse instantanée du véhicule à un moment donné.
Si
nous désirons connaître la vitesse dite "vitesse
instantanée" du véhicule en un point de sa trajectoire
il faut faire passer le delta du temps à un
différentiel (cf. chapitre de Calcul
Différentiel Et Intégral) tel que :
(30.43)
avec qui
tend vers zéro.
Mathématiquement,
nous notons cela correctement de la façon suivante:
(30.44)
Ainsi,
pendant une différence de temps infiniment petite, la distance
parcourue sera également infiniment petite. Nous aurons donc
:
(30.45)
et
finalement :
(30.46)
Si
le corps étudié n'est pas en mouvement rectiligne dans un repère
cartésien à trois dimensions alors sa position sera donnée
par le vecteur et
nous noterons sa vitesse dès lors par:
(30.47)
Remarque: Si toutes les parties d'un corps se déplacent à la même
vitesse et dans la même direction, nous avons alors un "mouvement
de translation". Par contre, dans un "mouvement
de rotation", les vitesses des diverses parties
du corps ne sont pas les mêmes, en module et en direction (nous
le démontrerons
plus loin) et peuvent varier avec le temps.
Attention !
Un mouvement ne peut être décrit que par rapport à un
repère fixe : le mouvement absolu n'existe pas. Galilée
avait déjà compris que : "Le mouvement est
comme rien". Le mouvement n'existe pas en soi, mais relativement à autre
chose.
ACCÉLÉRATION
Définition: L'accélération, notée a, est
par définition,
la variation de la vitesse pendant un une certaine quantité de
temps tel que (nous passons directement à la limite) :
(30.48)
À nouveau,
si le corps n'est pas en mouvement uniforme rectiligne nous
aurons :
(30.49)
Si
le corps est en mouvement rectiligne et uniforme (nous pouvons
toujours généraliser à un mouvement non rectiligne) nous avons
alors:
(30.50)
La
constante est à déterminer en fonction des conditions initiales.
Si la distance initiale parcourue au temps zéro est nulle la
constante sera nulle. Dans le cas contraire nous écrivons :
(30.51)
ce
qui nous donne la distance parcourue par un corps pendant un
laps de temps donné.
Si
le corps est en mouvement rectiligne et accélère constamment
nous avons alors:
(30.52)
La
constante est à déterminer en fonction des conditions initiales.
Si la distance initiale parcourue au temps zéro est nulle la
constante sera nulle. Dans le cas contraire nous écrivons :
(30.53)
Nous
voyons plus fréquemment cette relation sous la forme :
ou
(30.54)
mais
nous avons :
(30.55)
si
nous intégrons cette relation, nous obtenons :
(30.56)
que
nous retrouvons dans les écoles le plus fréquemment sous la
forme :
(30.57)
Cette
relation donne la position d'un mobile en mouvement rectiligne
et uniformément accéléré. De cette dernière,
nous déduisons une énorme quantité de relations qui sont très
intéressantes en physique aussi bien en considérant des cas
idéaux que des cas réels.
Le premier cas que nous
considérons comme le plus connu, est la vitesse de chute à accélération
constante d'un corps dans un milieu exempt de tout frottement
(cas traité plus loin lors de notre étude de la
tribologie).
Comme nous l'avons déjà démontré précédemment,
nous avons:
et
(30.58)
Les deux relations combinées
donnent:
(30.59)
Nous
pouvons tirer de cette relation la vitesse de libération d'un
astre (relation pratique quand nous étudierons le chapitre
d'Astrophysique et intéressant pour comparaison lorsque
nous
étudierons la relativité générale):
Supposons que vous savez
déjà que deux corps s'attirent mutuellement avec une accélération
selon le modèle classique de Newton (que nous démontrerons plus
loin):
(30.60)
Mis dans la relation de
chute d'un corps ,
nous obtenons :
(30.61)
à la surface du corps attracteur
principal nous avons donc la "vitesse
de libération" :
(30.62)
Nous
pouvons répondre à partir de cette équation, pourquoi certaines
planètes du système solaire ont un atmoshpère et d'autres pas
(il faut prendre en compte l'agitation moléculaire) comme nous
le verrons dans le chapitre d'Astronomie.
Ce qui est aussi intéressant
dans cette relation c'est que nous pouvons calculer quelle doit être
le rayon R d'un corps de masse m pour que sa vitesse
de libération soit égale à celle de la lumière (allusion aux
Trous Noirs).
Nous avons dès lors:
(30.63)
Nous verrons lors de notre étude de le relativité
générale qu'après de relativement longs calculs
dans un champ gravitationnel isotrope (métrique de Schwarzschild)
nous retomberons sur cette relation.
PLAN OSCULATEUR
Les vecteurs et liés à un
point P en mouvement forment, à chaque instant t un
plan appelé "plan osculateur" de
la trajectoire (généralement curviligne sinon quoi le plan se
réduit à une droite).
Il est souvent utile de
décomposer le vecteur accélération dans le plan osculateur suivant
respectivement la tangente et la normale à la trajectoire :
(30.64)
où le premier terme du membre
de droite est un vecteur parallèle à la vitesse et le deuxième
un vecteur perpendiculaire à la vitesse et situé du côté concave
de la trajectoire.
Exprimons ces deux vecteurs
(un exemple plus général est donné dans le chapitre de Géométrie
Différentielle) :
Nous pouvons écrire que
:
(30.65)
où ds est
un élément courbe (l'abscisse curviligne) de la trajectoire et un
vecteur unité tangent à la trajectoire lié au point P.
L'accélération s'écrit alors:
(30.66)
Le premier terme à droite
de l'égalité est l'accélération tangentielle quand au second
terme, même si la vitesse est constante ce dernier apparaît dans
l'expression de l'accélération pour exprimer le changement de
direction de la vitesse.
Décomposons le vecteur dans
la base orthonormée euclidienne générée
par la famille de vecteur :
(30.67)
Ensuite, en dérivant par
rapport au temps:
(30.68)
En comparant avec l'expression
initiale du vecteur ,
nous voyons que les termes entre crochets ci-dessus
sont les composantes d'un nouveau vecteur unité perpendiculaire
au vecteur ,
donc perpendiculaire à la trajectoire et dirigé vers le centre
de courbure.
De plus par la définition
du radian, nous avons :
(30.69)
où R est
le rayon de courbure de la trajectoire.
L'expression devient
alors:
(30.70)
et le second terme de l'expression
générale de l'accélération devient alors:
(30.71)
Nous avons donc finalement (relation démontrée avec une autre
approche dans le chapitre de Géométrie Différentielle):
(30.72)
où "l'accélération
tangentielle" donnée par :
(30.73)
est un terme qui exprime
la modification de l'intensité de la vitesse sur la trajectoire
du point P et où "l'accélération
normale" :
(30.74)
est un terme qui exprime
le changement de direction du point P sans que nécessairement
ce dernier change donc de vitesse! Communément cette dernière
relation est assimilée à la "force
centrifuge"!!
Remarque: La force centrifuge est
considérée en physique comme une force fictive car
au fait il ne s'agit pas d'une force qui tend à nous éloigner
d'un centre de rotation mais c'est juste qu'il y a une force qui
n'est plus
suffisante ( la force de frottement dans le cadre d'un manège
ou gravitationnelle pour des planètes) pour nous empêcher
de suivre une trajectoire en ligne droite par simple inertie. Raison
pour laquelle lorsque nous sommes éjectés d'un manège
nous partons tangentiellement à sa rotation et non pas perdendiculairement à
celle-ci.
Nous constatons
immédiatement
que si le
mouvement est forcément rectiligne, accéléré ou
non, tandis que si la
trajectoire est nécessairement incurvée.
PRINCIPE
DE RELATIVITÉ GALILÉEN
Définition: Il est impossible pour un observateur
animé d'un mouvement
uniforme de savoir s'il se meut par rapport à son environnement
ou bien à l'inverse si l'environnement se déplace par rapport à lui
(nous ne pouvons pas distinguer le repos et le mouvement
à vitesse et direction constantes). Dès
lors, il ne peut exister de référentiel
absolu (ou privilégié) qui puisse être
considéré comme fixe vis-à-vis de toutes les autres repères
galiléens ce qui signifie clairement que tous les repères
galiléens doivent jouir du même statut en mécanique puisqu'ils
ne peuvent être distingués les uns des autres. Ce principe
est nommé le "principe de relativité galiléen".
Ce
principe, (à ne pas confondre avec le principe de relativité restreinte
car les hypothèses de départ diffèrent un tant soit peu...)
découle directement de l'étude de ce que nous nommons la "transformation
de Galilée".
Définition: Une "transformation de
Galilée" est
une suite d'opérations mathématiques sur une loi physique
qui permet de déterminer les propriétés d'un ou plusieurs "observables" (vitesse,
force quantité de mouvement, etc.) lorsque nous passons lors
de l'étude d'un phénomène physique d'un référentiel à un
autre référentiel : l'un supposé au repos, et l'autre en
mouvement uniforme.
La
question à l'origine historique était de répondre s'il est
plus légitime d'étudier un phénomène dans un référentiel
ou un autre. Plus exactement, nous souhaitons déterminer
si la forme des lois physiques gardent les mêmes formes algébrique
quelque soient les référentiels dans lequel nous les étudions.
Voyons
cela d'un peu plus près :
Soient
deux référentiels en mouvements l'un par rapport à l'autre à une
vitesse constante .
Pour un certain référentiel cartésien au
repos (ou supposé tel quel) nous allons poser le deuxième
référentiel de
façon à ce qu'il soit aligné avec l'axe des afin
de simplifier les calculs avec :

(30.75)
Nous
allons également mettre dans le deuxième référentiel en mouvement,
un point matériel de
coordonnées .
Remarque: Nous supposerons connu le concept de "quantité de
mouvement" p défini plus loin avec rigueur. Rappelons
donc dès lors que la quantité de mouvement du point P animé
d'une vitesse v (norme) dans  est
alors donné par :
(30.76)
Nous
avons alors en appliquant les relations classiques de la
cinématique :

(30.77)
d'où et
donc (nous supposons connu le concept de "force" défini
plus loin avec rigueur) :
(30.78)
Le
résultat obtenu est donc fort intéressant puisque la deuxième
loi de Newton garde exactement la même forme, et la même
valeur dans les deux référentiels. Le fait que nous nous
déplacions ou pas à vitesse constante ou pas n'a donc aucune
influence sur notre vision du monde qui reste exactement
la même.
Conséquence : Puisque
les forces sont identiques, aucune expérience de mécanique
ne peut déterminer si un référentiel galiléen
est le repère absolu (autrement dit deux observateurs,
dans deux référentiels galiléens différents,
ne peuvent à l'aide d'une expérience
de mécanique déterminer lequel se meut par rapport à l'autre).
Donc, en mécanique
classique, il n'existe pas de référentiel
galiléen absolu!
Toutefois
notons bien que ce résultat est obtenu en supposant que :
(30.79)
c'est-à-dire
que nous imposons que la vitesse relative est uniforme (constante)
et la masse constante et surtout, que .
Mais
au fait, cette transformation est fondamentalement fausse
comme nous le verrons plus en détail lors de notre étude
de la relativité restreinte (cf. chapitre
de Relativité Restreinte). Effectivement, soit
un objet se déplaçant le long de l'axe avec une vitesse v mesurée
dans le repère primé :
(30.80)
quel
sera alors sa vitesse w dans
le repère non primé? Si la transformation de Galilée est
fondamentalement vraie, il suffit de remplacer dans la relation
précédente x' et t' par
leurs expressions en fonction de t :
ou
(30.81)
soit
(loi d'addition des vitesses) :
(30.82)
Seul
petit hic... une expérience simple impliquant des
rayons de lumière fut réalisée au début
du siècle, et montra que cette
loi était fausse. Cette expérience dite de "expérience
Michelson-Morley" bouleversa à tout jamais notre
vision du monde... et amena Albert Einstein à développer
la théorie de la relativité restreinte en imposant
que la vitesse de la lumière quelque soit le référentiel
est toujours constante (cf. chapitre
de Relativité Restreinte) :
(30.83)
Remarque: Si nous mesurons les vitesses et autres grandeurs
vectorielles, nous trouvons que les résultats de mesures
des composantes x', y', z', t'
ne sont pas identiques à celle obtenues sur x, y, z,
t. Elles sont varié avec le système d'axe.
Connaissant ces valeurs dans un repère, nous pouvons passer
aux valeurs dans l'autre repère : il s'agit de la "covariance"
(co-variance : variance avec les coordonnées), ici pour
les expressions vectorielles.
Les lois sont des relations
entre des observables, relations déduites d'observations
nombreuses.
La recherche des lois est régie par ce que nous pourrions
appeler un "principe
de simplicité" : lois en nombre le plus petit possible,
d'expressions les plus simples possibles entre grandeurs en nombre minimal.
Mais la caractéristique
d'une bonne loi est la covariance lors d'un changement
de repère. Cette invariance lors d'un changement
de repère, cette invariance de la forme (de l'expression
littérale) de la loi va permettre d'objectiviser
au maximum et, en principe totalement, la physique.
La physique (dans le sens
de la théorie qui décrit la réalité)
ne sera plus liée à l'observateur ni à son
espace-temps galiléen associé. Bien sûr cette
covariance sera recherchée pour les transformations de
référentiels en mouvement les uns par rapport aux
autres.
Un contre-exemple simple
cependant : la force entre deux charges électriques immobiles
dans un référentiel ne fait appel dans ce référentiel
qu'à la seule théorie de l'électrostatique.
Si ce même système est observé d'un
référentiel en mouvement par rapport au premier,
il faudra décrire l'ensemble à l'aide
de la théorie de l'électromagnétisme.
Par construction même
la mécanique classique se trouve être covariante
par transformation de Galilée (changement de repères
galiléens) : le postulat de la dynamique (force) prend
en effet la même forme dans les différents référentiels
galiléens comme nous venons de le voir.
MOMENT
CINÉTIQUE
Définition: Le "moment
cinétique"
ou "moment angulaire" par
rapport à un point O d'une particule de masse m se
déplaçant à la vitesse en est
défini par :
(30.84)
avec étant
la quantité de mouvement (voir la définition plus loin) donnée
par :
(30.85)
Par sa définition, le moment
cinétique est un vecteur perpendiculaire au plan contenant les
vecteurs et et
si la particule se déplace dans un plan, la direction de est
constante mais pas nécessairement de même direction.
Un cas particulier mais important en mécanique et astronomie
du calcul du moment cinétique est le mouvement circulaire
(plan) de rayon r.
Dans cette situation, le "rayon-vecteur" est
alors toujours perpendiculaire à la direction du vecteur-vitesse et
donc:
(30.86)
Nous voyons apparaître ici
la définition du "vecteur rotation" également
noté parfois (à tort) .
Pour un mouvement plan mais
non circulaire (comme une conique par exemple!), nous introduisons
les composantes normale et tangentielle de la vitesse:
(30.87)
pour obtenir (de par les
propriétés du produit vectoriel):
(30.88)
et sous forme scalaire:
(30.89)
où r est dès lors
appelé le "rayon de courbure" de
la trajectoire.
Etudions maintenant la dérivée du moment
cinétique:
(30.90)
Dans le membre de droite,
nous avons de par la définition du produit vectoriel:
(30.91)
et d'autre part:
(30.92)
Ce qui nous donne finalement:
(30.93)
La
dérivée par rapport au temps du moment cinétique
d'un mobile ponctuel est donc égal à ce que nous définissons
par le "moment
de force" sur
lequel nous reviendrons plus loin et qui a comme unités
celle de l'énergie et est un vecteur perpendiculaire
au plan formé par et (par
construction du produit vectoriel!).
Remarques:
R1. Cette dernière relation
fait que nous appelons parfois le moment cinétique aussi "moment
de la quantité de mouvement".
R2.
Il faut bien sûr prendre garde au fait que (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel) .
Ce qui est fortement impressionnant dans ce résultat (variation
instantanée du moment cinétique), est que tout corps
ayant un moment cinétique non nul et soumis à aucun moment
de force, conserve l'orientation et la norme de dans
l'espace et le temps. Ce résultat nous permet de comprendre
la dynamique du gyroscope et tous les autres corps ayant des propriétés
similaires (comme la Terre qui tourne sur elle-même et qui
pointe toujours sur l'étoile polaire ce qui est à l'origine
des saisons!). Nous étudierons
plus loin le gyroscope et ses propriétés, car son
comportement est fascinant et les résultats théoriques
en découlant
trouvent des applications en astrophysique et physique atomique.
Nous avons également :
(30.94)
où l'intégrale s'appelle "l'impulsion
de rotation" et la relation précédente
porte quelquefois le nom de "théorème
du moment cinétique" (nous
verrons une généralisation de ce théorème
lors de la démonstration du théorème de
König). Il s'énonce ainsi :
L'impulsion de rotation
fournie par un moment de force entre les instants et est égale à la
variation du moment cinétique durant cet intervalle de temps.
En dynamique du solide ce
théorème joue un rôle fondamental, analogue à l'équation de Newton en
dynamique du point.
L'utilisation du moment
cinétique permet de montrer facilement la loi des aires (deuxième
loi de Kepler), qui joue un rôle important dans la compréhension
du mouvement des planètes (cf. chapitre
d'Astronomie) ou encore de montrer que dans un système
Terre-Lune isolé, le moment cinétique totale devant être conservé,
si la Terre ralenti sa rotation et la lune la garde constante,
cela oblige la Lune à augmenter sa distance par rapport à la
Terre.
Voyons cela:
Imaginons
une particule en mouvement sous l'action d'une force constamment
parallèle à .
Nous dirons que cette force est une "force
centrale" si sa direction passe constamment par un
même point fixe, appelé le "centre
de force". La grandeur de la force ne peut donc plus
dépendre que de la distance au centre de la force (dans le cas
d'un champ de force).
Dès lors:
(30.95)
Donc le
moment cinétique par rapport au centre de force est constant
si la force est centrale. La
réciproque est aussi vraie: si le moment cinétique est constant,
sa dérivée par rapport au temps est nulle et la direction de
la force est toujours colinéaire à donc
la force est centrale.
Par exemple, dans le cadre
du mouvement d'une planète autour du Soleil ou d'un électron
autour du noyau de l'atome (dans le cadre du modèle de Bohr)
le moment de cette force par rapport au centre est évidemment
nul puisque qu'aucun élément extérieur n'agit sur le système,
c'est-à-dire
en se basant sur le schéma
ci-dessous :

(30.96)
nous avons alors :
(30.97)
donc:
(30.98)
D'autre part, l'élément
de surface décrit
par le mouvement du rayon vaut
(selon la figure ci-dessus et la propriété du produit vectoriel):
(30.99)
donc:
(30.100)
En utilisant la relation nous
obtenons:
(30.101)
Conséquences:
1. La vitesse aréolaire
est constante, c'est-à-dire que les aires balayées en des temps égaux
sont égales. C'est la loi des aires de Kepler (cf.
chapitre d'Astronomie)!
2.
Le plan est
fixe car .
Donc la trajectoire, d'une planète dans un cadre idéal par exemple,
est plane.
MOMENT
DE FORCE
Nous venons de voir
que le "moment de force" se définissait par la relation
(variation temporelle du moment cinétique) :
(30.102)
où est
donc le moment de la force par
rapport au point d'origine du vecteur .
Il est important de remarquer que le moment de force à les
unités
d'une énergie est donc perpendiculaire à et par
construction!
Il faut aussi remarquer qu'augmenter le rayon d'application en
diminuant ainsi la force pour garder un moment de force constant
dans un système
mécanique
permet certes de diminuer l'effort (la force) mais au final pas
l'énergie
dépensée puisque la distance parcourue est alors
plus grande.
Si nous exprimons le module
de ,
de part la définition du produit vectoriel, nous obtenons :
(30.103)
Il apparaît une grandeur
:
(30.104)
qui est par définition le "bras
de levier" de la force et
dont l'emplacement est donné par l'axe de rotation du corps
du au moment de force résultant.
Exemples:
 
(30.105)
Pour qu'un point matériel,
soumis à des forces soit
en équilibre, il faut ainsi que la résultante de ces forces soit
nulle (pas de translation) et que la résultante des moments soit
nul aussi (pas de rotation). Soit :
et
(30.106)
Par définition, un "couple"
est défini comme un ensemble de deux forces de grandeur égale mais
de direction opposée, agissant suivant deux droites parallèles
sur un même corps étendu. La résultante des forces est bien évidemment
nulle, indique que le couple ne produit aucun effet de translation.
Mais la somme des moments étant non nulle, le corps subit une rotation
tel que :
(30.107)
Maintenant
que nous avons convenablement défini ce qu'était une force et
un moment de force, nous pouvons aborder l'étude de la statique
des forces de suite :
STATIQUE
DES FORCES
La statique
des forces est un domaine difficile à généraliser. La plupart
des ouvrages se servent de nombreux exemples (comme
les systèmes de poulies, les leviers, les équilibres, les frottements,
etc.) afin d'amener le lecteur à assimiler la méthode
d'analyse qu'il faut pour résoudre les problèmes relatifs à ce
domaine de la mécanique classique. Loin d'être contre cette méthode,
nous n'avons pas souhaité nous restreindre ou nous étendre (suivant
les points de vue) à des exemples particuliers, mais à proposer
une méthode d'analyse qui fonctionnerait à coup sûr.
Définitions:
D1. La "statique
des forces" est le domaine de la physique qui étudie
l'effet de la résultante de forces (ou moments de force) constantes
au cours du temps, appliquées sur un corps ponctuel ou étendu.
D2. Quand la
somme vectorielle de toutes les forces et moments de force est
nul, il n'y a aucun mouvement. Nous parlons alors d'un "équilibre
statique" (mais les forces existent tout de même à l'intérieur
du système) tel que les forces et moments de forces se compensent
mutuellement :
ou/et
(30.108)
Remarque: Les relations précédentes, nous montrent bien que ce
n'est pas parce qu'un système est à l'équilibre statique qu'il
n'est soumis à aucune force (la somme vectorielle des forces
peut s'annuler mais les forces sont non nulles).
Corollaires
:
C1. Lors de
l'analyse d'un système de statique des forces, il faut toujours
(!!!) travailler avec les composantes vectorielles des forces
et moments de forces (de par la première loi de Newton).
C2. Il faut
donc s'imposer un repère par rapport auquel seront exprimés toutes
les composantes de forces :
- Dans le cas
d'un corps ponctuel sur lequel sont appliqué des forces, il
faut assimiler l'origine du repère à la position du point.
- Si les lignes
de prolongement de toutes les forces sur un corps étendu sont
toutes concurrentes en un point donné, le système peut être considéré comme
un corps ponctuel ramené à ce point
- Si le
corps est étendu et plongé dans un champ de forces (gravitationnel, électrostatique,
magnétique...) isotrope, coplanaire et constant dans le temps,
l'ensemble des forces imprimées peut se rapporter au centre de
gravité
Démonstration:
Nous avons vu lors de l'étude du calcul vectoriel
(cf.
chapitre de Calcul Vectoriel) que la somme des vecteurs
d'un même ensemble, mis bout à bout (au niveau de la représentation
imagée) ou additionnés algébriquement constitue ce que
nous appelons la "résultante" du
système de forces ou de moments de force :
ou/et
(30.109)
Il
est clair qu'un point matériel est donc par définition à l'état
statique si la résultante des forces concurrentes est nulle.
Ainsi, un corps ponctuel est au repos (vitesse constante nulle)
si
la grandeur est
nulle (voir les lois de Newton plus loin).
Cette
condition ne suffit cependant pas pour un corps étendu (non
ponctuel) : celui-ci peut ne pas se déplacer (pas de mouvement
par translation), mais tourner sur lui même par application
de forces en dehors de son centre de gravité (les forces sont
alors des moments de forces agissant sur des points du corps
en question).
Imaginons
maintenant un ensemble de forces ,
chacune d'elles appliquée en un point de vecteur-position d'un
mobile étendu et toutes parallèles à une direction commune
donnée, repérée par un vecteur unitaire .
La résultante des ces forces est alors :
(30.110)
Remarque: La norme de la résultante
est donc :
(30.111)
De
manière analogue, la somme vectorielle des moments parallèles
s'écrit :
(30.112)
Recherchons
maintenant, la position d'un point fictif C,
appelé le "centre des forces" tel
que le moment de la résultante appliquée
au point C soit égal
au moment total .
En d'autres termes, doit être la solution de l'équation vectorielle :
(30.113)
S'il
est possible de trouver un tel point C,
nous ne devons donc plus, en principe, calculer le moment individuel
de chaque force et en faire la somme vectorielle. Il suffit
plutôt, de déterminer la résultante et
d'évaluer son moment résultant appliqué au point fictif C.
En
combinant les relations précédentes, nous avons :
(30.114)
À son
tour, le vecteur peut être
substitué tel que :
(30.115)
d'où nous
tirons finalement :
(30.116)
comme (deuxième
loi de newton) supposons maintenant (car particulier)
que nous
pouvons alors écrire ce résultat très important :
(30.117)
C.Q.F.D.
C3.
De par la troisième loi de Newton, tout corps solide rigide
en équilibre stable, en contact avec un ensemble de corps solides
rigides en équilibre stable eux aussi, subissent tous une force égale
identique en chaque point de contact (identiquement répartie)
mais opposée par ces derniers (assimilable et passant par leur
centre de gravité lorsque c'est un champ de vecteurs isotrope
et constant qui est à l'origine du contact). Ainsi :
- les
repères des forces d'action/réaction doivent être placés sur
les différents points de contact lorsque ce sont une quantité dénombrable
de forces qui en sont à l'origine.
-
les repères des forces d'action/réaction doivent être placés
le centre de masse ou de gravité si les forces à l'origine
du contact (in extenso : de l'accélération) sont à l'origine
d'un champ vectoriel gravifique, respectivement électrostatique/magnétique.
BALISTIQUE
Le
mouvement parabolique est le mouvement d'un mobile animé, dans
le champ de la pesanteur, d'une vitesse de translation non
parallèle à l'accélération de la pesanteur .
Par exemple un projectile
possédant au départ une vitesse inclinée
d'un angle par
rapport à l'horizontale.

(30.118)
En l'absence de pesanteur
et de frottement le mobile P suivrait la ligne de visée indéfiniment.
L'action de la pesanteur est de le redescendre, au temps t, de la valeur connue 
Nous posons la projection
sur les axes :
(30.119)
combinaison d'un déplacement
régulier selon x et d'un mouvement de chute avec vitesse
initiale selon y.
Ce qui correspond aux équations suivantes:
et
(30.120)
en éliminant le temps entre
ces deux équations nous obtenons la trajectoire
(30.121)
Nous calculons ainsi la
portée du
projectile en posant dans
l'équation ci-dessus et nous obtenons facilement:
(30.122)
la solution n'a
aucun intérêt.
L'hauteur maximale peut être
calculée en annulant la dérivée de l'équation de la trajectoire.
Ainsi nous obtenons facilement :
(30.123)
Nous remarquons pour la
portée maximale que pour une vitesse initiale donnée, nous obtient
pour :
A) aucune valeur si .
Nous nous sommes donné une portée inaccessible.
B) Deux valeurs et complémentaires
pour atteindre la même portée.
C) Une seule valeur donnant
la portée maximale possible
La courbe enveloppant toutes
les paraboles, tracée pour une vitesse donnée
dans toutes les directions possibles, est encore une parabole,
appelée "parabole de sûreté".
Sa rotation autour de l'axe y engendre un paraboloïde qui circonscrit
(contient) la région de l'espace seule accessible aux projectiles.

(30.124)
Ainsi, il n'est pas trop
difficile de trouver l'équation de cette parabole de sûreté:
Le tir à la verticale nous
est connu et est donné par
(30.125)
La portée maximale est quant à elle
donnée par:
(30.126)
Donc quant tel
que:
(30.127)
qui
est l'équation de la parabole de sûreté.
MOUVEMENTS
CIRCULAIRES
De tels mouvements décrivent
la rotation d'un objet autour d'un axe. L'usage veut qu'on le
définisse par les données suivantes:
- la direction de l'axe
dans l'espace
- le sens de rotation autour
de cet axe
- la vitesse de rotation
Nous résumons ces trois
indications par la donnée d'un vecteur "vitesse
angulaire" instantanée:
(30.128)
Le sens de rotation est
dit positif lorsque, le pouce dressé dans la direction de ,
nous saisissons l'axe de la main droit et voit tourner l'objet
dans le sens des quatre autres doigts.
La norme de la vitesse angulaire
instantanée, représente l'angle parcouru par unité de temps,
par l'objet qui se déplace dans le plan perpendiculaire à :
(30.129)
Remarques:
R1 Dans le cas général du mouvement circulaire, la vitesse angulaire
de l'objet étudié varie au cours du temps: 
R2. Lorsque la direction de l'axe change, les composantes du vecteur
unitaire sont
également des fonctions du temps. C'est le cas d'une roue de moto
dans un virage.
En tournant d'un angle ,
un point de l'objet situé à une distance R de l'axe de
rotation décrit un arc de cercle de longueur:
(30.130)
Donc dans le cas des petits
angles:
(30.131)
Si dt est le temps
nécessaire à ce mouvement, la vitesse curviligne du point est:
(30.132)
Si nous nous donnons un
repère euclidien orthonormé tel que:

(30.133)
Nous voyons bien sur cette
figure que :
(30.134)
Donc finalement nous avons
:
(30.135)
Nous voyons alors que nous
avons affaire à un produit vectoriel et tel que:
(30.136)
Nous avons donc:
(30.137)
que
nous écrivons également:
(30.138)
L'accélération du mouvement
circulaire est formée dans le cas général, de deux termes, le
premier étant "l'accélération tangentielle" exprimant
toujours la variation de la vitesse sur la trajectoire et le
deuxième l'accélération perpendiculaire le long du rayon appelée également "accélération
centripète" (centripète signifiant: "qui tend à rapprocher
du centre").
Remarque: Si nous exprimons le mouvement circulaire du point P
à partir d'un système d'axes situés dans le plan de la trajectoire,
pour simplifier, alors, la position du point P est donnée
par:
(30.139)
Ce qui montre que le mouvement
circulaire peut être considéré comme la superposition de deux
mouvements sinusoïdaux déphasés de .
Si l'on écrit:
(30.140)
ce qui est tout à fait envisageable
pour une trajectoire imparfaitement circulaire et que l'on regarde
les différentes caractéristiques paramétriques:
(30.141)
en faisant varier le déphasage et
le rapport nous
obtenons des courbes que nous appelons des "figures
de Lissajous" :

(30.142)
TRAVAIL
ET ÉNERGIE
Si un point de masse m subit
un déplacement élémentaire sous
l'effet d'une force ,
cette force effectue un travail élémentaire valant par définition:
(30.143)
Si cette masse m est
déplacée d'un endroit A à un endroit B, le travail
total est:
(30.144)
Pour les unités, nous avons
: (Joules)
Remarques:
R1. Si W est positif
le travail est dit "travail moteur".
Dans le cas contraire il est dit "travail
résistant" (exemple: le freinage).
R2. Si la force est
constante en grandeur et en direction (cas de la pesanteur au
voisinage de la surface terrestre), l'intégrale du calcul de W prend
une forme plus simple:
(30.145)
Ce résultat montre que le travail ne dépend alors que des positions
initiale et finale et pas du chemin parcouru. Le travail de la pesanteur
est un cas particulier de ce type.
ÉNERGIE
CINÉTIQUE
La loi de Newton est
applicable le long du chemin A-B. En l'utilisant
dans l'expression du travail il vient:
(30.146)
et, en développant le produit
scalaire au moyen des composantes, nous aurons :

(30.147)
Lorsqu'un corps se déplace
sous l'action d'une force résultante quelconque,
le travail de cette force d'accélération sur un chemin quelconque A, B est égal à la
variation d'énergie cinétique du corps:
Par définition, la relation
:
(30.148)
est appelée "l'énergie
cinétique" et elle se mesure en "Joules" (ou
d'autres unités dérivées exotiques dont les physiciens théoriciens
abusent parfois un petit peu trop...) et est toujours positive
en mécanique ou n'importe quel autre domaine de la physique.
L'équation :
(30.149)
porte quelquefois le nom
de "théorème de l'énergie cinétique".
MOMENT D'INERTIE
Pour un solide rigide tournant
autour d'un axe à la vitesse angulaire .
L'énergie cinétique élémentaire d'un point quelconque de masse dm,
situé hors de l'axe, vaut:
(30.150)
puisque et sont
perpendiculaires. L'énergie cinétique totale
est alors :
(30.151)
Nous avons pris l'habitude
en physique de noter cette dernière relation:
(30.152)
où par définition, le "moment
d'inertie" est:
(30.153)
Exemple:
Calculons la vitesse d'une boule finale d'une boule chutant sur
un plan incliné de frottement non nul (elle va donc tourner) dans
un champ de potentiel gravifique.
La réponse du néophyte en physique sera souvent obtenue en considérant
que l'énergie cinétique mais pas la vitesse de rotation de la boule.
Or, nous devons prendre celle-ci en compte via son moment d'inertie.
Nous avons donc l'énergie cinétique totale étant l'énergie cinétique
de translation de centre de masse plus l'énergie de rotation autour
de ce même centre de masse:
(30.154)
en égalant cette valeur à l'énergie potentielle gravifique et
en supposant une vitesse initiale nulle de la chute, nous avons:
(30.155)
Soit la vitesse acquise au bas du plan (frottement de roulement
non-compris...):
(30.156)
et nous avons démontré dans le chapitre sur les Formes Géométriques
que le moment d'inertie d'une boule pleine était:
(30.157)
Il vient alors:
(30.158)
Nous voyons dans le cas particulier de la boule, que la vitesse
finale de chute est (sans frottements de l'air ni de roulement)
indépendante
de sa masse et de son rayon (qu'elle soit creuse ou pleine)
ce qui est relativement contre intuitif.
Remarque: Dans un solide, la répartition de la matière
autour d'un axe sera évidemment différente selon l'axe choisi.
Le moment d'inertie correspondant sera aussi différent. Il est
donc indispensable de préciser
l'axe par rapport auquel nous souhaitons déterminer ce moment d'inerte.
Nous observons dans la pratique que les ingénieurs placent souvent
l'axe de façon à ce qu'il passe par le centre de masse. Dans les
tables, nous trouvons fréquemment les expressions des moments
d'inerties de formes courantes (selon un axe donné) telles que
le cylindre, le cône,
la sphère, la barre, le tube (cf. chapitre
sur les Formes Géométriques).
Nous avons vu lors de notre étude
du moment cinétique que:
(30.159)
et
le moment d'inertie étant donné par:
(30.160)
Nous
avons donc:
(30.161)
d'où:
(30.162)
Nous
obtenons finalement:
(30.163)
c'est
l'expression donnant le moment cinétique d'un corps tournant
sur lui-même (sur un de ses axes possibles de rotation).
Etant
donné que nous avons démontré lors de notre étude du moment
cinétique que:
(30.164)
il
vient alors dans l'hypothèse que la masse et la géométrie
du solide restent constantes... que le moment de force est
alors:
(30.165)
et bien évidemment, si
nous étudions un système dans lequel le moment cinétique
est conservatif, il va de soi que:
(30.166)
Cette
conservation du moment cinétique trouve une application
dans une multitude d'expériences telle que celle connue
qui consiste à se
faire tourner sur une chaise et à écarter les mains
ou les jambes ce qui fera diminuer la vitesse de rotation (et
inversement).
Une
autre expérience curieuse (mais mathématiquement correcte)
consiste à se poser sur un plateau tournant avec une roue en
rotation tenue à l'horizontale (le moment cinétique vertical est donc
nul) et de mettre celle-ci ensuite à la verticale. Comme le
moment cinétique vertical doit rester nul, pour contrecarrer
cela, le plateau sur lequel est posé l'expérimentateur se mettra à tourner
dans le sens inverse de rotation de la roue.
Les déplacements de
masses importantes à la surface de la Terre (icebergs,
crues des fleuves, plaques tectoniques, etc.) provoquent des
variations du moment d'inertie de la Terre. Il s'ensuit des fluctuations
de la vitesse angulaire donc une imperfection de l'étalon
astronomique de temps (quelques millièmes par jour).
Revenons maintenant aux méthodes
de calcul des moments d'inertie. L'énergie cinétique
d'un corps étant la somme de l'énergie cinétique
de chaque élément de ce corps, nous avons :
(30.167)
Dans le cadre d'un corps
solide rigide en rotation autour d'un axe, nous avons :
(30.168)
Ainsi, pour un corps composé d'un
ensemble de corps de géométrie différentes,
le moment d'inertie total est la somme des moments d'inertie
par rapport à l'axe de rotation tel que :
(30.169)
Lorsque nous calculons le
moment d'inertie d'un corps par rapport à un axe donné,
il peut être intéressant de savoir qu'elle est la
distance à l'axe où nous pouvons placer fictivement
toute la masse de ce corps pour avoir le même moment d'inertie.
Par définition, cette distance notée k et
appelée le "rayon de giration" est
trivialement donnée par :
(30.170)
où est
le moment d'inertie connu du corps de masse M par rapport à une
axe .
Par
définition, le "moment d'inertie
polaire" (ou également "moment
d'inertie quadratique") est le moment d'inertie défini
par rapport à un point (le pôle) et non plus par
rapport à un axe et noté :
(30.171)
Cette grandeur n'intervient
en fait que pour les rotations libres et n'a d'intérêt,
pour les rotations autour d'un axe fixe, que parce qu'elle facilite
quelquefois le calcul des moments d'inertie axiaux en vertu de
la relation suivante (en coordonnées cartésiennes)
:
(30.172)
Démonstration:
Lemme 1 : Le moment d'inertie
par rapport à un plan xOy est donné trivialement
par :


(30.173)
Lemme 2 : Le moment d'inertie
par rapport à un axe est donné par :


(30.174)
En sommant ces relations,
nous en déduisons :
(30.175)
Le moment d'inertie polaire
est alors donnée par :


(30.176)
En comparant avec le lemme
2 il vient :
(30.177)
C.Q.F.D.
Si le corps en question à une
symétrie sphérique, il vient de suite puisque que
:
(30.178)
Un exemple est donné avec
la boule (sphère pleine) dans le chapitre traitant des
Formes Géométriques dans la section de géométrie.
Supposons
maintenant connaître le moment d'inertie d'un
corps solide rigide quelconque par rapport à un axe (cet
axe n'étant pas nécessairement uniquement assimilé à l'axe z commun)
passant par le centre de masse G. Calculons ensuite le
moment d'inertie ,
par rapport à un autre axe z ', parallèle à z et
distant de a , et faisons apparaître la liaison
existant entre ces deux moment d'inertie différents :
Dans un référentiel
cartésien, nous avons pour tout point (x,y) :
et
(30.179)
Nous avons alors :
(30.180)
Le terme :
(30.181)
est nul car si le moment
d'inertie est calculé par rapport au centre de masse G comme
nous l'avons imposé dès le début, alors
:
(30.182)
En définitive, nous
obtenons finalement le théorème d'Huygens-Steiner
:
(30.183)
Comme nous le verrons dans
le chapitre des Formes Géométriques dans la section
de géométrie du site, il devient alors facile de
pouvoir calculer le moment d'inertie d'un triangle équilatéral
en connaissant celui d'un plaque carrée et en déplaçant
l'axe d'inertie au point où se situe le centre de gravité du
triangle (soit au tiers de la médiane située entre
le centre du rectangle et un des sommets du rectangle).
Comme
il existe autant de moment d'inertie que d'axe de rotation et
que ces derniers sont souvent dans les cas d'études assimilés
aux axes principaux d'inertie (axe assimilés aux axes
de révolutions ou aux plans de symétrie - voir
plus loin), il peut être utile d'introduire un être
mathématique utile dans le cadre de représentation
des moments d'inertie qui n'est autre que la "matrice
d'inertie" ou appelé encore (formulation plus moderne) "tenseur
d'inertie".
La démarche pour
déterminer rigoureusement l'expression de ce tenseur est
la suivante : soit un
point donné d'un solide dont nous cherchons à calculer
le moment d'inertie et l'axe
d'origine O et de vecteur unité par
rapport auquel nous souhaitons calculer le moment d'inertie.
Tout point du
solide peut être projeté (projection orthogonale)
sur un point à partir
de la connaissance de l'angle entre et tel
que :
(30.184)
Dès lors :
(30.185)
D'après les propriétés
du produit mixte (cf. chapitre de Calcul
Vectoriel) et du produit scalaire :
et
(30.186)
nous avons :

(30.187)
et donc :
(30.188)
Comme est
un vecteur de direction constante quelque soit le point d'intégration,
nous pouvons le sortir de l'intégrale tel que :
(30.189)
Nous pouvons vérifier
que si nous remplaçons par ,
nous obtiendrons un résultat de
par la propriété de linéarité du
produit vectoriel (cf. le chapitre de Calcul
Vectoriel). Ainsi, l'application qui à associe est
donc une application linéaire qui peut être représentée,
dans une base B donne, par une matrice :
(30.190)
La matrice est
le donc "tenseur d'inertie" du système par rapport au
point O, dans la base B.
Le moment d'inertie d'un
système par rapport à un axe quelconque
de vecteur unitaire est
donné par :
(30.191)
Le problème est donc
maintenant de pouvoir calculer les éléments du
tenseur ,
pour une base B donnée. Soit un repère tel
que .
Nous posons :
et
(30.192)
En utilisant le fait qu'un
produit vectoriel puisse être représente par une
matrice antisymétrique (vérifiez c'est facile)
:
(30.193)
nous avons :

(30.194)
et donc :
(30.195)
Dans l'expression ci-dessus
de la matrice d'inertie, nous reconnaissons les éléments
diagonaux : il s'agit tout simplement des moments d'inertie du
système par rapport aux différents axes de la
base. Nous appelons "produit d'inertie" les éléments
non-diagonaux de la matrice et nous les notons :
(30.196)
Nous avons donc :
(30.197)
Si O est assimilé au
centre de masse du solide considéré, nous notons
simplement :
(30.198)
Nous
pouvons également généraliser le théorème
d'Huygens en faisant usage de ce tenseur de symétrie.
Pour ce faire, appelons (x', y', z')
les coordonnées d'un point A quelconque dans R'
et (x, y, z) ses
coordonnées dans R. Nous appelons (a,b,c)
les coordonnes de l'origine O' de R' dans R:
(30.199)
puisque :
(30.200)
Nous avons alors :
(30.201)
Or, si O' coïncide
avec le centre de masse G, alors selon la définition
du centre de masse :
(30.202)
Nous en déduisons
alors :
(30.203)
et de même :
,
(30.204)
avec :
(30.205)
Nous retombons sur le théorème
d'Huyghens classique puisque n'est
d'autre que la distance au carré entre l'axe Oz et Gz et
de même pour qui
est la distance au carré entre Ox et Gx et qui
est la distance entre Oy et Gy.
Si nous nous intéressons
maintenant aux produits d'inertie, il vient :
(30.206)
d'où, si O'
coïncide avec G :
(30.207)
En résumé,
le théorème d'Huygens généralisé,
s'écrit :
(30.208)
Le tenseur d'inertie étant
réel et symétrique, nous avons dans le chapitre
d'Algèbre Linéaire (théorème spectral)
qu'il est toujours possible de trouver trois directions perpendiculaires
de vecteurs telles
que le tenseur (matrice) symétrique soit diagonalisable
:
(30.209)
Le trièdre formée
par les vecteurs est
appelé "trièdre principal
d'inertie" et ses axes sont appelés "axes
principaux d'inertie". Dans ce repère prend
le nom de "tenseur principal d'inertie".
Si de plus O est assimilé à G,
nous parlons de "tenseur central d'inertie".
En fait, pour trouver les
moments d'inertie relativement aux axes principaux il n'est pratiquement
jamais nécessaire de diagonaliser le tenseur d'inertie,
car il suffit souvent de se laisser guider par la symétrie
du système. Nous allons voir avec les théorèmes
suivants que s'il existe des axes ou des plans de symétrie
pour la distribution de masse, les axes d'inertie sont faciles à trouver.
De plus, le système est en général suffisamment
simple (ou décomposable en éléments suffisamment
simples...) pour que ces axes soient évident.
Premier théorème : Si le système possède
un plan de symétrie matérielle (in extenso :
si A symétrique de A' par rapport au plan)
alors tout axe perpendiculaire à ce plan est axe principal
d'inertie.
Démonstration:
Choisissons un repère xOy dans le plan par rapport
auquel le système a une distribution
de masse symétrique et un axe Oz perpendiculaire à ce
plan. Pour calculer ou ,
groupons les points par deux, symétriques par rapport à
xOy. c'est-à-dire tels que .
Nous aurons alors:
(30.210)
et de même :
(30.211)
c'est-à-dire, puis
(symétrie matérielle!) :
(30.212)
que toutes les contributions de paires de points symétriques
sont nulles, ce qui implique : ,
c'est-à-dire que l'axe des z est direction principale
d'inertie.
C.Q.F.D.
Deuxième théorème : Choisissons comme axe
Oz l'axe de symétrie. De même que ci-dessus,
nous avons :
(30.213)
Démonstration:
Effectivement, car si nous groupons les points par paire A'
et A' symétriques par rapport à Oz,
nous avons :
(30.214)
mais
donc toujours :
(30.215)
et de même :
(30.216)
C.Q.F.D.
Remarque: Lorsque nous avons déterminé deux axes
principaux d'inertie grâce aux symétries précédentes,
les troisième est tout simplement celui qu'il faut pour
compléter
un trièdre orthogonal.
Troisième théorème : Si un système
admet un axe de révolution pour sa distribution de masse,
alors tout trièdre orthogonal incluant l'axe de révolution,
est trièdre principal d'inertie. Le système matériel
est alors dit "système cylindrique"
et dans le trièdre principal d'inertie son tenseur prend
la forme (en supposant que l'axe de révolution est le 3ème
axe du trièdre) :
(30.217)
Démonstration:
Si Oz est un axe de révolution,
tout plan comprenant Oz est plan de symétrie et
toute droite perpendiculaire à Oz est donc axe
principal d'inertie (premier théorème). De plus,
toutes ces droites perpendiculaires à Oz sont équivalentes.
C.Q.F.D.
Définition: Si la matrice d'inertie en O d'un
système matériel est du type :
(30.218)
nous disons alors que le système est un "système
sphérique" (ou un "système
à symétrie sphérique").
Remarque: Le choix systématique d'un trièdre principal
d'inertie permet de ramener le tenseur d'inertie de 6 à 3
composantes, calculées une fois pour tout. Cependant,
ce choix implique l'utilisation d'une base qui sera le plus
souvent
en mouvement par rapport au référentiel utilisé,
ce qui pourra poser des problèmes de dérivations
par rapport au temps des vecteurs de la base. Nous pouvons alors,
si
c'est plus faciles, obtenir les composantes du tenseur de symétrie
dans une base quelconque à l'aide d'une matrice de passage
entre la base principale et le base utilisée pour le calcul
du trièdre principal d'inertie.
Lorsque les moments d'inertie
d'un solide sont connus dans les directions des axes principaux
d'inertie,
nous pouvons facilement déterminer le moment d'inertie J
par rapport à n'importe quel autre axe passant par le centre
de gravité en utilisant que ce nous nommons un "ellipsoïde
d'inertie" (à ne pas confondre avec le moment
d'inertie d'une ellipsoïde - démontré dans
le chapitre traitant des Formes Géométriques).
Démonstration:
Soient trois axes, centrés
sur G, parallèles aux axes principaux. Dans leurs
directions, portons des longueurs proportionnelles à :


(30.219)
Dans cet espace des phases
des moments d'inertie, tout point désigne
un moment d'inertie J tel que :
(30.220)
Pour déterminer J
en fonction des ,
sans devoir calculer x, y, z, nous
identifions les cosinus directeurs (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel) de l'axe de rotation à ceux
de la droite .
Ainsi, nous avons :
(30.221)
Soit :
(30.222)
Nous pouvons maintenant
calculer les conditions de normalisation de cette relation. Ainsi,
si et ,
nous avons :
(30.223)
Respectivement nous aurons
:
(30.224)
Puisque :
et
(30.225)
Ce qui nous amène à écrire
:
(30.226)
Par substitution, nous obtenons
:
(30.227)
Donc finalement :
(30.228)
Ainsi, en connaissant les moment d'inertie d'un corps par rapport
à ses axes principaux
nous pouvons connaître son moment d'inertie par rapport à
n'importe quel axe ayant un angle
par rapport aux axes principaux.
C.Q.F.D.
GYROSCOPE
Un solide
(de révolution pour simplifier...), pouvant s'orienter librement
autour d'un point fixe et tournant rapidement sur lui-même forme
par définition un "gyroscope".
Outre leur usage ludique... car ils permettent d'avoir des configurations
considérées comme pédagogiquement exceptionnelles... les gyroscopes
constituent une part importante des systèmes de navigation par
inertie (avant l'apparition des GPS...) dans l'aviation,
l'aérospatiale, la marine (stabilisation des bateaux), le cinéma/télévision
(stabilisation des caméras) et encore bien d'autres. Les instruments
de guidage par inertie de ces systèmes
sont constitués de gyroscopes et d'accéléromètres, qui calculent à tout
instant la vitesse exacte et la direction de l'appareil en mouvement.
Les signaux recueillis sont communiqués à un ordinateur qui les
enregistre et qui corrige alors les aberrations éventuelles de
la trajectoire.
Les planètes constituent un autre exemple fameux de gyroscopes.
L'exemple le plus connu étant notre Terre qui tournant relativement
vite autour d'elle-même et étant très massive son moment cinétique
fait que son pôle Nord est toujours (à l'échelle du temps d'un
humain ...) orientée vers l'étoile Polaire quelque soit sa position
sur son orbite.
La figure suivante est un exemple de gyroscope connu dans les
laboratoires des écoles et appelé "gyroscope
symétrique pesant". Il s'agit bien évidemment d'un
cas particulier et simplifié mais qui permet de comprendre
le principe de base du gyroscope:

(30.229)
Se composant
d'un moteur électrique dont le rotor, le volant principal, forme
la masse principale en rotation angulaire rapide. Le stator du
moteur est fixé à une tige sur laquelle est positionné un contrepoids à l'opposé.
L'ensemble est posé sur un pied de support à l'extrémité duquel
se trouve un cardan monté sur un roulement horizontal qui autorise
les orientations du gyroscope presque sans limitations dans toutes
les directions.
Dans
ce schéma nous avons qui
est la vitesse angulaire instantanée du disque amovible de rayon R, est
la vitesse de précession du gyroscope (rotation autour du pied
de support), est
la force de la masse m complémentaire attachée au contrepoids
et qui déséquilibre le gyroscope, r est la distance du cardan
du gyroscope au contrepoids et finalement a est l'angle d'inclinaison
que prend l'axe du gyroscope lorsqu'on le déséquilibre en attachant
le poids supplémentaire au contrepoids.
Pour
débuter l'étude théorique de ce système, rappelons que avons démontré plus
haut que le moment cinétique pour un solide ayant un moment d'inertie J s'exprime
par la relation suivante:
(30.230)
et nous avons vu que tout solide en rotation autour d'un axe
quelconque a aussi un moment cinétique qu'il est alors d'usage
de noter conformément avec ce que nous avons vu plus haut:
(30.231)
Nous avons aussi démontré plus haut que le rotor, comme toute
masse en rotation rapide, produit alors un moment de force donné par:
(30.232)
qui est vectoriellement colinéaire à et
passe donc par son axe de symétrie. Comme nous le savons déjà,
c'est cette dernière relation qui met le mieux en évidence que
le gyroscope maintient toujours une direction identique dans l'espace
même lorsque nous déplaçons son support.
En d'autres termes un gyroscope libre animé d'une grande vitesse
de rotation a pour propriété fondamentale de conserver son axe
de rotation selon une orientation fixe par rapport à l'espace absolu.
C'est ce que nous appelons la "première
loi gyroscopique" ou "loi
de fixité".
Typiquement le "gyroscope de Foucault" représenté ci-dessous,
excellent exemple pratique de la loi de fixité, garde son orientation
quelque soit la manière dont nous manipulons le socle sur lequel
il est posé:

(30.233)
Si nous posons le gyroscope de Foucault toute une journée sur
une table avec un moteur qui maintient la rotation du disque massif
central constante, nous observons alors la rotation de la Terre
car le gyroscope tourne alors très lentement sur lui-même en 24
heures!
Pour revenir à nos considérations mathématiques... intéressons
nous maintenant au moment de force du contrepoids qui déséquilibre
notre gyroscope symétrique alors que le disque est en rotation
et qui génère une rotation générale du gyroscope comme le permet
de constater l'expérience. Nous avons alors pour le moment de force
faisant tourner le gyroscope autour de son axe (tige de soutient)
:
(30.234)
Puisque le gyroscope ne précesse pas lorsque le système est équilibré c'est
que le moment de force du poids supplémentaire qui déséquilibre
le gyroscope génère un moment cinétique selon la relation démontrée
plus haut tel que:
(30.235)
Ce qui schématiquement peut être représenté de la manière suivante
(il s'agit de notre gyroscope vu d'en haut):

(30.236)
Nous avons alors dès que le gyroscope se met à tourner (dans
un mouvement circulaire):
(30.237)
En prenant l'approximation de Taylor au premier ordre de la tangente
pour les petits angles:
(30.238)
Faisons l'hypothèse, pour simplifier l'étude du problème, que
la variation du moment cinétique total par rapport à l'axe de rotation
du gyroscope (la tige de soutien donc!) peut être assimilée au
moment cinétique du rotor seuil si ce dernier tourne suffisamment
vite et que sa masse est suffisamment grande. C'est-à-dire que:
(30.239)
nous avons alors:
(30.240)
et dès lors puisque de par cette approximation tout le moment
de force est assigné à la variation du moment cinétique du rotor
seul:
(30.241)
Il vient enfin:
(30.242)
Donc
lorsque le gyroscope symétrique pesant est équilibré (lorsque M est
nul au numérateur de la fraction), son moment cinétique garde donc
une orientation fixe quelque soit la valeur du dénominateur puisque sera
alors toujours nul.
Le mouvement
de rotation résultant d'un déséquilibrage du gyroscope est donc
dit "mouvement de précession" lorsqu'il
est provoqué volontairement, et "dérive" lorsqu'il
est dû à un élément perturbateur.
Indiquons
pour finir les gyroscopes ludiques pour petits enfants comme la
toupie ci-dessous:

(30.243)
Nous pouvons grossièrement la représenter ainsi (vue de côté et
vu du dessus) pour en faire une analyse mathématique:

(30.244)
où nous faisons l'hypothèse que l'extrémité de l'axe de la toupie
est posée sur le sol sans possibilité de glissement et que celle-ci à une
vitesse angulaire constante
et suffisamment grande pour ne pas avoir son inclinaison qui
varie dans le temps.
En utilisant la même technique que pour le gyroscope symétrique
pesant nous avons (bon nous aurions pu utiliser plus simplement
la relation vue
dans le chapitre de Trigonométrie...):
(30.245)
Nous avons aussi pour le moment de force:
(30.246)
Par contre le moment cinétique change! Effectivement, nous avons
donc dans ce cas particulier:
(30.247)
il s'ensuite que sous les mêmes hypothèses que le gyroscope pesant
que:
(30.248)
d'où sous forme vectorielle:
(30.249)
et nous savons que cette dernière relation (démonstration faite
plus haut) peut être complétée en écrivant:
(30.250)
Il vient alors:
(30.251)
Soit:
(30.252)
Nous voyons que la différence avec le gyroscope symétrique pesant
est que la vitesse de précession est alors indépendante de l'angle.
Remarques:
R1. Un cycliste roulante en ligne droite est stabilisé (loi de
fixité oblige!) par le moment cinétique de ses roues qui est perpendiculaire
au sens de roulement.
R2. Sans probablement s'en rendre compte, on se penche en bicyclette
dans un virage pour produire une précession dans les roues et tourner
plus facilement. Effectivement le mouvement de précession fait
pivoter la roue de la bicyclette dans la direction où on se penche
sans qu'un ait besoin de tourner le guidon. ÉNERGIE
POTENTIELLE GRAVIFIQUE
Si le travail de la force entre
les points A et B ne dépend pas du chemin suivi,
nous disons que cette force dérive d'une énergie potentielle ou
bien que le champ de force est un "champ
conservatif" (contre-exemple: dans un mouvement avec
frottement le travail dépend nécessairement de la voie choisie).
Cette indépendance par rapport au chemin suivi implique que:
Soit deux points A et B de l'espace. Il y a
plusieurs chemins possibles pour joindre ces deux points. Si nous
en choisissons deux au hasard nous avons :
|
Sur
le 1er chemin : 
Sur
le 2ème chemin :  |
 |
(30.253)
Si le champ est conservatif
nous avons :
(30.254)
ou encore que le travail
total sur un chemin fermé (aller et retour) est nul. Nous notons
cela (cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral) :
(30.255)
Le travail en jeu est donc
une fonction du lieu seul ( )
c'est-à-dire dépendant uniquement du point de départ et du point
d'arrivée. En effet, si le travail dépendait du chemin, il serait
possible de choisir la voie la plus généreuse quand le système
fournit du travail et la voie la plus économique quand nous la
ramenons à l'état initial. Ce serait donc un mouvement perpétuel
et le principe de conservation de l'énergie l'interdit (cf.
chapitre de Thermodynamique).
Attachons alors à chaque
point du
champ de force une valeur de la fonction (un
nombre réel) correspondant au travail effectué par le champ de
force lorsque le mobile passe d'un point P à 0, 0 étant
un point de référence choisi arbitrairement. Donc par définition:
avec 

(30.256)
En généralisant cette définition, nous dirons que le travail effectué par
une force conservative lorsque le mobile passe de A à B est égal à la
diminution d'énergie potentielle entre A et B :


(30.257)
Par définition est
l'énergie potentielle et se mesure en Joules.
L'équation précédente s'utilise
très souvent sous forme différentielle soit :
(30.258)
Il existe aussi rappelons-le une relation entre l'énergie
est le gradient de la force donnée qui découle simplement
de la définition du travail :
(30.259)
Application: Travail de
la pesanteur et énergie potentielle gravifique au voisinage de
la surface de la Terre. C'est donc un cas particulier où la force
est constante...

(30.260)
Soit un point de masse m se déplaçant selon une trajectoire
quelconque AB. Le poids effectue
le travail:
(30.261)
En exprimant les différents
vecteurs en composantes :
, ,
(30.262)
et en calculant le produit
scalaire au moyen de ces composantes nous obtenons :
(30.263)
La différence représente
la différence d'altitude entre les points A et B.
Nous constatons bien que le travail ne dépend pas du chemin suivi
mais seulement des points de départ et d'arrivée. Si, en sens
inverse, nous voulons faire passer le point de B à A,
le travail, fourni alors par un agent extérieur vaut:
(30.264)
ce qui montre bien que le
travail total sur un chemin fermé est nul:
(30.265)
En comparant les relations:
et
(30.266)
et en identifiant, nous
obtenons ainsi :
(30.267)
qui est l'énergie potentielle
gravifique, z étant l'altitude de la masse m.
Nous notons plus simplement la plupart du temps cette relation
sous la forme :
(30.268)
Remarque: Le choix de zéro de l'énergie potentielle est souvent
arbitraire; nous le fixons par commodité. Seules les différences
d'énergie potentielle sont généralement intéressantes comme nous
allons le voir de suite.
La relation précédente est au fait une expression
utile à proximité de la surface terrestre. A distance
où R est le rayon de la terre, la force de gravitation faiblit et l'approximation
n'est plus valable (si
aussi, d'ailleurs...).
Pour déterminer la
relation correcte, considérons deux masses .
La première est supposée au repos et fixe la deuxième
est amenée de l'infinie à une distance donnée de (le
même raisonnement est applicable pour le champ électrique).
Le travail dW de la force gravitationnelle en un point
quelconque étant donc :
(30.269)
et l'énergie potentielle
du système :
(30.270)
Alors :
(30.271)
d'où simplement (l'énergie
potentielle en un point) :
(30.272)
Voyons si cela est cohérent
avec ...
A hauteur nulle de la surface
terrestre, ,
nous avons :
(30.273)
Nous élevons l'objet
de :
(30.274)
Nous utilisons l'approximation
grossière :
(30.275)
valable quand d'où :
(30.276)
Comme à la surface
de la terre nous avons l'habitude de poser en laboratoire ,
nous obtenons bien finalement :
(30.277)
et nous voyons
qu'il s'agit effectivement d'une grossière approximation.
Remarque: Nous pourrions appliquer le même développement
dans l'étude de la force de Coulomb et du champ électrique
mais jusqu'à maintenant nous n'avons jamais mis de laboratoire à
la surface d'une charge... (sic!)
ÉNERGIE POTENTIELLE D'UNE SPHÈRE DE MATIÈRE
Nous
allons calculer ici l'énergie potentielle d'une sphère de matière.
Cet exercice de style va nous être très utile en astrophysique
pour déterminer la température interne des étoiles et dans
la chapitre de Cosmologie pour le départ du modèle de Friedmann.
L'expression
d'une énergie potentielle d'un système de deux masses mises
en présence est donnée par:
(30.278)
Soit une sphère de masse M, de densité massique et
de rayon r et entourée d'un anneau
sphérique de rayon intérieur r, de même densité massique et
d'épaisseur dr
L'énergie
potentielle de l'anneau sphérique de rayon interne r et
d'épaisseur dr se calcule comme suit:
La
masse de la sphère de rayon r et de densité massique est:
(30.279)
La
masse de l'anneau entourant la sphère de rayon r, d'épaisseur dr et
de densité massique est:
(30.280)
En
introduisant les deux dernières expressions dans celle de l'énergie
potentielle:
(30.281)
En
intégrant l'expression précédente entre 0 et R,
cela revient à ajouter successivement une suite d'anneaux d'épaisseur dr pour
obtenir la sphère entière de rayon R et donc l'énergie
potentielle de la sphère entière.
(30.282)
Ce
qui s'écrit encore:
(30.283)
Soit
finalement:
(30.284)
CONSERVATION
DE L'ÉNERGIE MÉCANIQUE TOTALE
Comparons maintenant les équations:
(30.285)
puisqu'il s'agit du même
travail.
Ce qui entraîne:
(30.286)
somme des deux formes d'énergie
en chaque point ou encore, les lieux A et B. étant
quelconques, en écrivant l'équation sous une forme générale:
(30.287)
Remarque: Nous nommons souvent l'énergie totale d'un système "l'hamiltonien
du système" comme nous l'avons déjà mentionné
dans le chapitre de Mécanique Analytique.
En l'absence de frottement
s'il s'agit d'énergie mécanique, nous écrivons aussi la variation
tel que :
(30.288)
Une augmentation d'énergie
cinétique entraîne donc une diminution d'énergie potentielle
(et réciproquement) puisque la somme des deux reste constante.
Contre-exemple: S'il y a
frottement, donc dégagement de chaleur, l'énergie mécanique totale
n'est plus constante! (l'énergie mécanique seulement).
Par
ailleurs reprenons la relation :
(30.289)
et donc:
(30.290)
D'autre part, étant
une fonction scalaire dépendant des coordonnées d'espace formons
sa différentielle totale:
(30.291)
en comparant avec l'équation
précédente et en identifiant terme à terme, nous avons :
(30.292)
d'où l'expression affirmant
que la force dérive d'une énergie potentielle si le travail en
jeu est indépendant du chemin suivi. Si nous exprimons la force en
termes de vecteurs-unités, nous obtenons :
(30.293)
En définitive, l'affirmation
que la force dérive d'une énergie potentielle peut
se résumer ainsi:
(30.294)
Dans le cas de la gravitation
:
(30.295)
Le champ de gravitation
est donc caractérisé par l'ensemble des vecteurs .
CONSERVATION
DE LA QUANTITÉ DE MOUVEMENT
Un mobile, lors d'une interaction
avec un autre point matériel, peut transmettre tout ou partie
de son mouvement (énergie cinétique ou/et potentielle). C'est
le cas lors d'un choc, par exemple (ceci dit le calcul de la
force d'un choc est extrêmement difficile à calculer sans de
nombreuses simplifications). La grandeur ainsi échangée
est la quantité de mouvement .
Elle vaut par définition (nous l'avons déjà vu lorsque nous avons
parlé de la deuxième loi de Newton):
(30.296)
Evidemment, nous avons :
(30.297)
La quantité :
est parfois appelée "impulsion",
et l'équation précédente porte quelque fois le nom de "théorème
de la quantité de mouvement".
Il s'énonce ainsi: L'impulsion fournie par
une force entre les instants et est égale à la
variation de la quantité de mouvement durant cet intervalle de
temps.
Mais revenons en à notre
conservation de la quantité de mouvement (et donc de l'énergie
et réciproquement...). L'intérêt de la grandeur de quantité de
mouvement résulte du fait qu'elle est conservée dans les interactions
(en première approximation..). En effet, soient deux mobiles
en collision, en vertu de l'égalité de l'action et de la réaction
(3ème loi de Newton) nous avons :
(30.298)
et en utilisant le théorème
de la quantité de mouvement nous pouvons écrire:
(30.299)
En additionnant membre à membre
ces deux équations, nous déduisons :
car
(30.300)
et donc:
(30.301)
La
quantité de mouvement totale est constante, elle se conserve
donc.
LOI
DE NEWTON GENERALISÉE
Revenons maintenant un petit
peu à notre principe de moindre action dont nous avons parlé au
tout début de cette section:
Prenons
le cas d'un objet lancé en l'air et repérons
deux points de sa trajectoire en deux instants quelconques.
Une infinité de
courbes passent entre ces deux points et pourtant la nature
n'en choisit qu'une seule. Qu'est-ce qui distingue cette courbe
- la trajectoire physique - de
toutes les autres? A cette question nous pourrions, très justement,
répondre que cette courbe se distingue des autres par
le fait qu'elle est solution de l'équation différentielle
de la trajectoire ... avec les conditions initiales appropriées.
Mais dans le cas où nous ignorons les conditions initiales
ou lorsque le problème ne peut être ramené à une équation
différentielle,
par quel moyen pouvons-nous alors distinguer la trajectoire
physique de tous les chemins possibles?
Le
principe de moindre action s'exprime dans ce contexte par un
minimum de vitesse pour un minimum de chemin parcouru.
En
fait de vitesse, il convient mieux en mécanique de considérer
la quantité de mouvement car cette dernière grandeur est directement
liée aux propriétés inertielles des corps. Mathématiquement
Maupertuis traduisit le principe de moindre action comme suit.
Si
nous considérons le mouvement d'un corps entre deux points A en et B en ,
pour une énergie totale E donnée,
la trajectoire sélectionnée par la nature est celle pour laquelle
la grandeur suivante
est minimale:


(30.302)
La
trajectoire physique entre deux points A et B aux
instants et est
celle pour laquelle l'action est minimale.
En
sachant que :
(30.303)
nous
obtenons alors:
(30.304)
où T est
l'énergie cinétique du corps.
Nous le
voyons, l'action prend une forme étonnamment simple et s'exprime
directement en fonction de l'énergie cinétique. Quelques années
plus tard, à partir d'une intuition semblable à celle de Maupertuis,
Euler parvint à un énoncé très similaire de l'action mais en
partant du constat que les corps tendent à adopter un état
où l'énergie potentielle est minimale. L'action d'Euler s'exprimait
en fonction de l'énergie potentielle au lieu de l'énergie cinétique.
Qui de Maupertuis ou d'Euler avait tort et raison?
En
fait, leurs énoncés respectifs de l'action étaient équivalents.
Nous savons que dans un champ conservatif, si nous appelons U l'énergie
potentielle alors l'énergie totale E vaut T + U et
cette énergie est une constante. Nous en tirons que T = E - U et
que donc :
2T = T + E - U
(30.305)
D'où:
(30.306)
Cette
relation est vraie quel que soit le chemin d'énergie totale
initiale E.
Nous en concluons que la valeur de la constante E ne
permet pas de discriminer les différentes trajectoires
et peut donc être éliminée de la formulation de
l'action. L'action de Maupertuis peut alors se réduire à une
nouvelle grandeur notée S:
(30.307)
Cette nouvelle formulation de l'action fut donnée par Lagrange
en 1788. S s'appelle "l'action
lagrangienne" ou "action
hamiltonienne" et la fonction :
(30.308)
porte
le nom de "lagrangien
mécanique". Ainsi
formulé, le principe de moindre action devint l'un des outils
les plus puissants de la mécanique.
Nous avons déjà vu comment
nous exprimons le principe de moindre action mathématiquement.
Dans le cas qui nous intéresse, l'action n'est pas une
fonction de variables analytiques mais de trajectoires!
Considérons le cas très simple d'un corps de masse m se
mouvant sur une seule dimension (que
nous représenterons par un axe Ox) d'un point d'abscisse à l'instant à un
point de coordonnée à l'instant .
Supposons qu'il est soumis à un potentiel U qui ne varie
pas avec le temps c'est-à-dire .
L'action de ce corps sur un chemin C quelconque menant
de à est
alors:
(30.309)
Soit le
chemin physique et l'action
sur ce chemin. Notons par les
valeurs de la position x sur
le chemin physique. Considérons maintenant un chemin C très
proche de tel
que les positions le long de C aient les valeurs que
nous écrirons, pour alléger les écritures .
Calculons l'action pour
ce chemin:
(30.310)
Comme est
infiniment petit, il est possible de développer le potentiel
en développement limité:
(30.311)
Quant au premier terme,
il se ramène à:
(30.312)
Comme nous ne considérons que les variations du premier
ordre, le dernier terme peut être négligé, ce qui
donne pour l'action sur le chemin C :
(30.313)
Posons maintenant que la variation de
l'action entre le chemin physique et C est
nulle :
(30.314)
et ainsi:
(30.315)
Le premier terme dans l'intégrale
peut s'intégrer par parties comme suit:
(30.316)
Or, tous les chemins partent
de à l'instant et
arrivent à à l'instant .
Ceci implique qu'en et la
variation est
nulle ce que nous écrivons .
Donc le premier terme de l'intégration par parties est
nul. La variation de l'action prend alors la forme:
(30.317)
Cette intégrale doit être
nulle pour tous les chemins très proches du chemin physique ,
donc quelle que soit la valeur de .
Pour qu'une telle condition soit remplie il faut que le terme
devant soit
nul, c'est-à-dire:
(30.318)
Or nous connaissons au fait
cette équation: le premier terme n'est rien d'autre que où a est
l'accélération du corps, et le second - l'opposé du
gradient du potentiel - est
l'intensité de la force en un point donné. Celle-ci
se réduit
donc à l'équation:
(30.319)
qui n'est autre que la seconde
loi de Newton généralisée! Le principe de moindre action contient
donc implicitement la mécanique newtonienne. Ainsi, il est possible
de reconstruire toute la mécanique de Newton avec le seul principe
de moindre action!!!
Cet échafaudage de calculs
peut paraître bien compliqué pour aboutir à un résultat
que nous connaissions déjà mais tout l'intérêt
du principe de moindre action réside dans le fait qu'il
permet de tirer des lois fondamentales à partir
de la seule connaissance du lagrangien d'un système.
Les théories les plus récentes
comme la théorie quantique des champs, les théories de jauge
ou la théorie des supercordes ont toutes pour point de départ
l'expression de l'action du système. Les physiciens en dégagent
ensuite des lois fondamentales qui régissent le comportement
des particules élémentaires.
PUISSANCE
Définition: La puissance
est le taux instantané de variation du travail (énergie
sous forme quelconque). Nous avons donc la "puissance
instantanée" donnée par :
(30.320)
Si le travail est fourni
de façon régulière, constant, nous avons
alors la "puissance moyenne", constante
:
(30.321)
Remarques:
R1. L'unité de la puissance est le "Watt"
et se note [W] mais en technique, certains utilisent encore
souvent le "cheval" [ch] défini
comme suite : 
R2. En exprimant le travail (énergie) à partir de
l'équation ,
où la puissance est donné en [kW] et le temps
en heures, il apparaît alors l'unité d'énergie
[kWh] (kilowattheure), très utilisée en pratique.
PUISSANCE
D'UNE MACHINE TOURNANTE
Le travail élémentaire dW effectué par
la force faisant
tourner le solide (un cylindre dans la cas présenté de
suite) autour de son axe d'une angle vaut
:
(30.322)
La puissance instantanée
est alors :
(30.323)
Or, moment
de la force (supposée
dans ce cas particulier perpendiculaire à ),
donc "moment de rotation". La puissance
est alors donnée par :
(30.324)
RENDEMENT
A cause des frottements,
la puissance restituée par une machine appelée
aussi "puissance utile", est toujours
inférieure à la puissance absorbée. Nous
tenons compte de cet effet au moyen du rendement défini
par :
(30.325)
Nous y reviendrons
beaucoup plus en détail lors de notre étude de
la thermodynamique.
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