|
|
Site
Internet créé le 1er mai 2002
Le
présent site Internet a été conçu
de façon à ce que les
connaissances requises pour le parcourir soient
les plus élémentaires possibles. Il n'est
donc pas nécessaire d'avoir obtenu
un doctorat pour le consulter, il suffit
de savoir
raisonner, d'avoir l'esprit critique, d'observer et d'avoir
du temps...
"La
simplicité est le sceau de la vérité et celle-ci resplendit
de beauté"
|

|
Dernière mise à jour
de cette page:
26.05.2013 3:09
Version: 3.0 Révision 12 | Rédacteur: Vincent Isoz |
Avancement: ~99%
vues depuis le 01-01-2012:
0
Aucune aventure humaine n'a eu plus d'impact que la science sur
nos vies et notre conception du monde et de nous-mêmes. Ses
théories, ses conquêtes et ses résultats sont
tout autour de nous.
Omniprésente dans l'industrie (aérospatiale, imagerie,
cryptographie, transports, chimie,…), ou dans les services
(banques, assurances, ressources humaines, projets, logistique,
architecture, télécommunications,…),
la mathématique appliqués
apparait aussi dans de nombreux autres secteurs:
sondages, modélisation des risques, protection
des données… Elle
intervient dans notre vie quotidienne (télécommunications,
transports, médecine, météorologie,
musique…) et
contribue à la résolution de
problématiques actuelles: énergie, santé,
environnement, climatologie, optimisation, développement
durable… Son grand succès est donc sa fantastique
dispersion dans le monde réel
et son intégration
croissante à toutes les activités humaines. Nous
allons donc vers une situation où la mathématique
n'aura plus le monopole de la mathématique, mais où des économistes,
gestionnaires et marchands feront tous de la mathématique.
À ce titre, ancien étudiant dans le domaine de
l'ingénierie,
j'ai souvent regretté l'absence
d'un ouvrage unique assez complet, détaillé
(sans aller dans l'extrême des puristes...)
et pédagogique
si possible gratuit (!) et portatif (étant personnellement
un adepte des liseuses électroniques...) contenant au moins
une idée
non exhaustive de l'ensemble du programme de mathématique
appliquée
des écoles d'ingénieurs et présentant une
vue d'ensemble de ce qui est utilisé dans la réalité des
entreprises avec des démonstrations plus intuitives que
rigoureuses mais avec suffisamment de détails afin d'éviter
au lecteur des efforts inutiles. Un ouvrage aussi qui ne nécessite
pas non plus de devoir s'adapter
chaque fois à une nouvelle notation ou au vocabulaire
spécifique à
l'auteur quand il ne s'agit pas de changer carrément de
langue... et où tout un chacun
peut proposer des améliorations ou des compléments.
J'ai été de
plus aussi frustré pendant mes études de devoir
ingurgiter assez souvent des "formules" ou des "lois" soit
disant (et à tort) indémontrables ou trop compliquées
selon mes professeurs ou même déçu par
des livres d'auteurs renommés
(dont les développements sont laissés au soin
du lecteur ou comme exercice...). Sur ce site Internet et le PDF
associé (ici),
prédomine
la volonté de
ne jamais dérouter le lecteur par des formules creuses du
style "il
est évident que...", "on démontre facilement
que...", "nous laissons le soin au lecteur de vérifier
en tant qu'exercice que...",
puisque tous les développements y sont présentés
en détails. Mais je ne suis pas un puriste des maths! Je
n'ai qu'une ambition: expliquer de la manière la plus simple
possible.
Bien que je doive
admettre
que la
démonstration
de certaines relations présentées dans le
cadre des cursus des écoles d'ingénieurs ne puisse
se faire faute de temps dans le planning scolaire ou de
place
dans un livre,
je ne peux accepter qu'un professeur ou un auteur dise à son étudiant
(respectivement, son lecteur) que certaines lois sont indémontrables
(car la plupart du temps c'est faux) ou que telle ou telle démonstration
est trop compliquée sans lui donner une référence
bibliographique (où l'étudiant puisse trouver l'information
nécessaire à
satisfaire sa curiosité) ou au moins une démonstration
infiniment simplifiée
et satisfaisante.
Par ailleurs, j'estime totalement archaïque le fait
que certains professeurs continuent de faire prendre
des notes de cours
de manière
massive
à leurs étudiants. Il serait beaucoup plus favorable
et optimal de
distribuer
un support
de cours contenant tous les détails et ce afin de pouvoir
se concentrer sur l'essentiel avec les élèves c'est-à-dire
les explications orales, l'interprétation, la compréhension,
le raisonnement et la mise en pratique plutôt
que la copie de
tableau noir à outrance... Bien évidemment donner
un support de cours complet fait que certains étudiants
brillent par leur absence mais... c'est tant mieux! Ainsi, ceux
qui sont
passionnés
peuvent approfondir les sujets à la maison ou à la
bibliothèque
universitaire, les médiocres feront ce qu'ils ont à faire
et pour le reste (élèves en difficultés mais
travailleurs) ils suivront le cours donné par le professeur
pour profiter de poser des questions plutôt
que de recopier bêtement un tableau noir.
Pour me baser sur un modèle d'apprentissage d'un spécialiste
américain, dont j'ai oublié le nom..., le présent
site Internet (et son PDF associé) propose et impose les
propriétés
suivantes à son
lecteur: découvrir,
mémoriser, citer, intégrer, expliquer,
reformuler, déduire,
choisir, utiliser, décomposer,
comparer, interpréter, juger,
argumenter, modéliser, élaborer, créer,
rechercher, raisonner, développer et ce dans une démarche
claire, pédagogique et progressive permettant de développer l'esprit
d'analyse et d'ouverture.
Alors, dans
mon esprit, ce site Internet (et son PDF associé) doit
pouvoir se substituer, gratuitement, à de
nombreuses références et
lacunes du système,
permettant ainsi à tout étudiant
curieux de ne pas être frustré pendant de longues années
durant son cursus de formation. Sans quoi, la science de l'ingénieur
pourrait alors avoir l'aspect
rébarbatif d'une science figée, à l'écart
de l'évolution scientifique
et technique, d'une accumulation hétéroclite de
connaissances et surtout de formules qui la font considérer
comme un sous-produit insipide des mathématiques et qui
amène dans les entreprises
à de nombreux faux résultats...
Ceux qui ne voient la mathématique appliquée que
comme un outil (ce qu'elle est aussi), ou comme l'ennemi des croyances
religieuses,
ou encore comme un domaine scolaire rébarbatif, sont légion.
Il est cependant peut-être utile de rappeler que, comme
le disait Galilée, "le livre de la Nature est écrit
dans le langage des mathématiques" (sans vouloir
faire de scientisme!). C'est dans cet esprit que ce site Internet
(et son PDF associé) aborde la mathématique appliquée
pour les étudiants
en sciences de la Nature, de la Terre et de la Vie, ainsi que pour
tous ceux qui exercent une profession liée à ces
diverses matières
y compris la philosophie ou pour toute personne curieuse de
s'informer
de l'implication des sciences dans la vie quotidienne.
Le choix de
traiter l'ingénierie ici comme une branche de la mathématique
appliquée provient
certainement du fait que l'ensemble des domaines de la physique
(anciennement dénommée "philosophie
naturelle") et la mathématique sont à ce
jour tellement peu discernables que la médaille de Fields
(la plus haute récompense de nos jours dans le domaine
de la mathématique) a été décernée
en 1990 au physicien Edward Witten, qui a utilisé des
idées
physiques pour redémontrer un théorème mathématique.
Cette tendance n'est certainement pas fortuite, car nous pouvons
observer que toute science, dès qu'elle cherche à
atteindre une compréhension plus détaillée
du sujet qu'elle étudie, voit finalement toujours sa course
aboutir dans la mathématiques pure (la voie absolue
par excellence...). Ainsi, pouvons-nous présager dans
un futur lointain, la convergence de toutes les sciences (pures,
exactes ou sociales)
vers la mathématique pour la modélisation (lire à titre
d'exemple le document PDF "L'explosion des mathématiques" disponible
dans la rubrique Téléchargement du site).
Il peut parfois nous paraître difficile (à cause
d'une crainte aussi obscure et irrationnelle que non justifiée
des sciences pures chez une importante fraction de nos contemporains)
de transmettre le sentiment de beauté mathématique
de la nature, de son harmonie la plus profonde et de la mécanique
parfaitement huilée de l'Univers, à ceux qui
ne connaissent que les rudiments du calcul formel.
Le physicien R. Feynman a parlé un jour de "deux
cultures": les gens qui ont, et ceux qui n'ont pas
eu une compréhension suffisante des mathématiques
pour apprécier la structure scientifique de la nature.
Il est bien dommage qu'il y faille cependant des
mathématiques
et que celles-ci aient aussi mauvaise réputation. Pour
l'anecdote, on prétend qu'un roi ayant demandé à Euclide
de lui enseigner la géométrie se plaignit de
sa difficulté.
Euclide répondit: "il n'y a pas de voie royale".
Les physiciens et mathématiciens ne peuvent se convertir
à un autre langage. Si vous voulez apprendre à connaître
la nature, à l'apprécier à sa juste valeur,
vous devez comprendre son langage. Elle ne se révèle
que sous cette forme et nous ne pouvons être prétentieux
au point de lui demander de changer.
Au même
titre, aucune discussion intellectuelle ne vous permettra de
communiquer
à un sourd ce que vous ressentez vraiment en écoutant
de la musique. De même, toutes les discussions du monde
resteront impuissantes à transmettre une compréhension
intime de la nature à ceux de "l'autre culture".
Les philosophes et théologiens peuvent essayer de vous
donner des idées
qualitatives sur l'Univers.
Le fait que la méthode scientifique (au sens plein du terme)
ne puisse convaincre le monde entier de sa justesse et de sa
pureté,
trouve peut-être sa cause dans l'horizon limité de
certaines gens qui sont amenés à s'imaginer que
l'homme ou qu'un autre concept intuitif, sentimental ou arbitraire
est le
centre de l'Univers (principe anthropocentrique).
Certes, dans
le but de partager ce savoir mathématique, il
est paradoxal de vouloir augmenter, avec notre travail, la
liste déjà longue des ouvrages disponibles dans les
bibliothèques,
dans le commerce et sur l'Internet. Néanmoins, il faut être
en mesure de présenter une argumentation
solide qui justifie la création d'un tel site Internet
(et son PDF associé) en comparaison à des
ouvrages comme ceux de Feynman, Landau ou de Bourbaki. Voici
donc les quelques
arguments qui paraissent cependant susceptibles d'être présentés:
- Le grand
plaisir que je prends à cette entreprise ("garder
la main" et
progresser).
- La passion
du partage gratuit et sans frontières de la connaissance
(et en français...).
- Le caractère
évolutif et pratique d'un site Internet
libre (outils de recherche efficaces).
- Le contenu évolutif en fonction de la demande!!!
- La présentation
rigoureuse avec des démonstrations simplifiées
de beaucoup de concepts.
- La présentation
du plus grand nombre d'outils mathématiques utilisés
dans les entreprises.
- La possibilité
pour les étudiants et professeurs de réutiliser
le contenu par copier/coller.
- Une notation
constante et fixe, dans tout l'ouvrage, pour les opérateurs
mathématiques, un langage clair et rigoureux sur tous
les sujets abordés (critère des 3.C.: clair, complet
et concis).
- Rassembler le maximum
d'informations sur les sciences pures et exactes en un seul ouvrage électronique
(portatif), homogène et rigoureux.
- Dégager, de toutes
les pseudo-vérités, les seules vérités
qui se démontrent.
- Tirer bénéfice
de l'évolution des méthodes pédagogiques
scolaires qui utilisent l'Internet pour chercher la solution à des
problèmes de mathématiques.
- L'amélioration
spectaculaire des logiciels automatiques de traduction et de
la
puissance des ordinateurs qui feront de ce site Internet (et
son PDF associé),
je le souhaite, une référence dans les domaines
des sciences dures.
Et aussi... je considère que les résultats
de la recherche individuelle sont la propriété de
l'humanité et qu'ils doivent être mis à la
disposition de tous ceux qui explorent où que ce soit
les phénomènes
de la nature. De cette façon le travail de chacun profite
à tous, et c'est pour toute l'humanité que s'amassent
nos connaissances ce qui est dans la tendance que permet l'Internet.
Je ne cache
pas, que ma contribution se limite en grande
partie à ce jour à celle d'un collectionneur qui
glane ses informations dans les ouvrages des maîtres ou
dans les publications ou pages Internet d'anonymes et
qui complète
et argumente les développements en les améliorant
quand ceci est encore possible. Quant à ceux qui voudraient
m'accuser de plagiat, ils devraient réfléchir
au fait que les théorèmes présentés
dans la plupart des ouvrages payants et disponibles dans le commerce
ont été
découverts et rédigés par leurs illustres
prédécesseurs
et que leur propre apport personnel a aussi constitué, comme
le mien, à mettre toutes ces informations sous une
forme claire et moderne quelques centaines d'années plus
tard. De plus, il peut être
vu comme douteux que l'on fasse payer l'accès à une
culture qui est certainement la seule véritablement valable
et juste dans ce bas monde et sur lequel il n'y a ni brevet,
ni droit à la propriété intellectuelle.
Ce site Internet (et son PDF associé) reflète aussi
mes propres limites intellectuelles. Bien que je m'efforce d'étudier
autant de domaines scientifiques et mathématiques que possible,
il est impossible de tous les maîtriser.
Le site Internet (et son PDF associé) indique clairement
mes propres intérêts
et expériences
en tant que consultant, mais aussi mes points forts et mes points
faibles. Je suis responsable du choix des entrées, ainsi
que, bien sûr, des éventuelles erreurs et imperfections.
Après avoir
tenté un ordre de présentation rigoureux (linéaire)
du sujet, j'ai décidé
d'arranger ce site (et son PDF associé) dans un ordre plus
pédagogique
(thématique) et toujours avec des exemples d'applications
concrets. Il est à mon avis très difficile de
parler d'un si vaste sujet dans un ordre purement mathématique
en une seule vie, c'est-à-dire
lorsque les notions sont introduites une à une, à partir
de celles déjà connues (où chaque théorie,
opérateur,
outil, etc. n'apparaîtrait
pas avant sa définition). Un tel plan nécessiterait
de couper le site (et son PDF associé), en morceaux qui
ne sont plus thématiques.
J'ai donc pris la décision de présenter les choses
par ordre logique et non par ordre de nécessité.
Le lecteur se heurtera donc, comme le rédacteur s'y est heurté,
à l'extrême complexité du sujet.
Les conséquences
de ce choix sont les suivantes:
- Il faudra
parfois admettre provisoirement certaines choses, quitte à les
comprendre plus tard.
- Il sera probablement
nécessaire
pour le lecteur de parcourir au moins deux fois l'ensemble de
l'ouvrage. Lors de la première lecture, on appréhende
l'essentiel et lors de la deuxième lecture, on comprend
les détails
(je félicite
celui qui comprendrait toutes les subtilités du premier
coup).
- Il faut accepter le fait que certains sujets se répètent
et qu'il y ait de nombreuses références croisées
ainsi que remarques complémentaires.
Certains savent
que pour chaque théorème et modèle mathématique, il existe
quasiment toujours plusieurs méthodes de démonstration. J'ai
toujours tenté de choisir celle qui me semblait
la plus simple (par exemple en relativité il y a la présentation
algébrique
et matricielle et idem en physique quantique). L'objectif étant
d'arriver de toute façon au même résultat.
Ce site (et son PDF associé) étant
encore en cours de finalisation, il manque forcément
des vérifications
de convergences, de continuité et autres... (ce qui
fera grimper au plafond les mathématiciens...) ! J'ai
cependant
évité (ou, dans le cas contraire, je le signale)
les approximations habituelles de la physique et l'utilisation
de l'analyse dimensionnelle, en y ayant recours le moins possible.
J'essaie également d'éviter autant que possible
des sujets dont les outils mathématiques n'ont pas au
préalable
été présentés et démontrés
avec rigueur dans le corps de l'ouvrage.
Enfin, cet
exposé,
perfectible, n'est pas une référence absolue et contient des erreurs.
Toute remarque est donc la bienvenue. Je m'appliquerai,
dans la mesure du possible, à corriger les faiblesses signalées
et à
apporter les modifications nécessaires au plus vite.
En revanche,
alors que la mathématique est exacte et indiscutable,
la physique théorique (ses modèles), reste interprétable
dans le vocabulaire commun (mais pas dans le vocabulaire mathématique)
et ses conclusions toutes relatives. Je ne peux que conseiller,
lorsque vous parcourrez ce site (ou son PDF associé), de
lire par vous-même
et de ne pas subir d'influences extérieures. Il faut avoir
l'esprit très
(très) critique, ne rien prendre pour acquis et tout remettre
en cause sans hésitation. Par ailleurs, le mot d'ordre
du bon scientifique doit être: "Doute, doute, doute...,
doute encore, et vérifie toujours.". Nous tenons
aussi à rappeler
que
"rien de ce que l'on peut voir, entendre, sentir, toucher
ou goûter, n'est ce qu'il a l'air d'être", ne vous fiez dès
lors pas à votre expérience quotidienne pour tirer
des conclusions trop hâtives, soyez critique, cartésien,
rationnel et rigoureux dans vos développements, raisonnements
et conclusions!
Je tiens à préciser à ceux
qui tenteraient de trouver par eux-mêmes les résultats
de certains développements présents
sur ce site (ou de son PDF associé), de ne pas s'inquiéter
s'ils n'y arrivent pas ou s'ils doutent d'eux à cause
du temps passé à la
résolution d'une équation
ou problème: certaines théories qui nous semblent évidentes
ou simples aujourd'hui, ont mis parfois plusieurs semaines,
plusieurs
mois, voire plusieurs années, pour être élaborées
par des mathématiciens
ou physiciens de renom!
J'ai également
tenté de faire en sorte que ce site (et son PDF associé)
soit agréable à l'oeil
et à
parcourir. Les concepteurs web professionnels voudront cependant
bien excuser la mauvaise qualité du code HTML / PHP (qu'ils
ne verront pas en partie...) / Javascript / CSS et l'abus de l'utilisation
du
biseautage et estampage de Photoshop ainsi que le choix d'une interface
optimisée pour une résolution de 1024 x 768 et
supérieure,
mais le temps me manque pour épurer le code et réaliser
des finitions graphiques correctes (de plus, je privilégie
plutôt la qualité du contenu que le contenant).
Enfin, j'ai choisi d'écrire cet exposé à la
première
personne du pluriel ("nous"). Effectivement, la mathématique-physique
n'est pas une science qui s'est faite ou évoluera grâce
à un travail individuel mais à l'aide d'une collaboration
intensive entre personnes reliées par la même passion
et le même désir du Savoir. Ainsi, en faisant usage
du "nous", il est rendu hommage aux hommes de science
disparus, aux contemporains et aux futurs chercheurs pour le
travail
qu'ils effectueront dans le but de s'approcher de la vérité et
de la sagesse.
MÉTHODES
La
science est l'ensemble des efforts systématiques (observations
scrupuleuses et hypothèses vraisemblables jusqu'à preuve
du contraire) pour acquérir
des connaissances sur notre environnement, pour les organiser
et les synthétiser
en lois et théories vérifiables et ayant pour principal
objectif d'expliquer le "comment" des choses (et non
pas le pourquoi!) souvent par une démarche à trois étapes:
- De quoi est-ce que nous disposons?
- Par où va-t-on passer?
- Quel est notre objectif?
Les scientifiques doivent soumettre
leurs idées
et résultats à
la vérification et la reproduction indépendante de
leurs pairs. Ils doivent abandonner ou modifier leurs conclusions
lorsque confrontées à des évidences plus complètes
ou différentes. La crédibilité de la science
s'appuie sur ce mécanisme d'autocorrection. L'histoire
de la science montre que ce système fonctionne depuis
très
longtemps et ce même très bien par rapport à tous
les autres. Dans chaque domaine, les progrès ont été spectaculaires.
Toutefois, le système a parfois des ratés qu'il faut
corriger avant que les petites dérives ne s'accumulent.
Le bémol
est que les scientifiques sont des êtres humaines. Ils ont les
défauts
de tous les êtres humaines et, en particulier, la vanité, l'orgueil
et la fatuité. De nos jours, il arrive que plusieurs personnes
travaillant sur un même sujet depuis un certain temps
développent
une foi commune et croient qu'ils détiennent la vérité.
Le chef de file de cette foi devient le Pape et distille des grands-messes.
Le Pape qui se prend au jeu, prend sa mitre et son bâton
de pèlerin pour évangéliser ses collègues
hérétiques. Jusque-là, cela prête à
sourire. Mais, comme dans les vraies religions, ils ont parfois
la fâcheuse tendance de vouloir s'étendre au détriment
de ceux qui ne croient pas. Certaines de ces "Eglises"
n'hésitent pas à se comporter comme l'Inquisition.
Ceux qui osent émettre une opinion différente se
font incendier à chaque occasion, lors des congrès,
voire sur leur lieu de travail. Certains jeunes chercheurs, en
mal d'inspiration,
préfèrent se convertir à cette religion dominante,
pour devenir plus rapidement des dignitaires religieux à
peu de frais, plutôt que des chercheurs innovants, voire
iconoclastes. Le grand Pape écrit sa Bible pour diffuser
sa pensée,
l'impose à lire aux étudiants et aux nouveaux venus.
Il formate ainsi la pensée des jeunes générations
et assure son trône. C'est une attitude moyenâgeuse
qui peut bloquer le progrès. Certains Papes vont jusqu'à
croire que le fait d'être pris pour le pape dans un domaine
leur donne automatiquement le même trône dans tous
les autres domaines...
Cet avertissement, et les
rappels qui vont suivre, doivent servir le scientifique à se remettre
en question en faisant un bon usage de ce que nous pouvons considérer
aujourd'hui comme les bonnes méthodes de travail (nous parlerons
des principes de la méthode de Descartes plus loin) pour
résoudre des problèmes ou développer des modèles théoriques.
Dans ce but,
voici un tableau récapitulatif qui propose les différentes
étapes que le scientifique devrait suivre lors de ses
travaux en mathématique ou physique théorique (pour les
définitions,
voir juste après):
| MATHÉMATIQUE |
PHYSIQUE |
1. Poser "l'hypothèse",
la "conjecture"
la "propriété" à démontrer
de manière formelle
ou en langage commun (les hypothèses étant
notées H1.,
H2., ... les conjectures CJ1., CJ2.,... et les propriétés
P1., P2., ...). |
1. Poser correctement
et de manière détaillée
le ou les "problèmes" à résoudre
de manière
formelle ou en langage commun (les problèmes étant
notés
P1., P2., ...). |
2. Définir les "axiomes" (sous-entendu
non-démontrables, indépendants et non-contradictoires)
qui vont donner les points de départ et établir
des restrictions aux développements (les axiomes étant
notés A1., A2, ...).
Remarque: Parfois par abus, "propriétés", "conditions"
et "axiomes" sont confondus alors que le concept
d'axiome est beaucoup plus précis et profond.
Dans la même idée,
le mathématicien définit le vocabulaire spécialisé relié à
des opérateurs mathématiques qui seront notés par D1., D2.,
D3., ... |
2. Définir (ou énoncer)
les "postulats"
ou "principes" ou encore les "hypothèses"
et "suppositions" (supposés non démontrables...)
qui vont donner les points de départ et établir des restrictions
aux développements (habituellement, les postulats et principes
sont notés P1., P2., ... et les hypothèses H1., H2., ...
en essayant d'éviter pour les postulats et principes,
une confusion possible avec l'énoncé du ou des problèmes
qui sont notés de la même
manière).
Remarque: Il ne faut pas cependant oublier que la validité d'un modèle
ne dépend pas du réalisme de ses hypothèses mais
bien de la conformité de ses implications avec la réalité. |
3. Les axiomes posés, tirer
directement des "lemmes" ou des "propriétés" dont
la validité en découle directement et qui
préparent au développement
du théorème censé valider l'hypothèse ou la
conjecture de départ
(les lemmes étant notés L1., L2., ... et les
propriétés P1.,
P2.,...). |
3. Une fois le "modèle
théorique" développé vérifier les équations
dimensionnelles pour déceler une éventuelle
erreur dans les développements
(ces vérifications étant notées VA1., VA2., ...). |
4. Une fois le ou les "théorèmes" (notés T1., T2., ...)
démontrés en tirer des "corollaires"
(notés C1., C2., ...) et encore des propriétés (notées P1.,
P2., P3.,...). |
4.
Chercher les cas limites (dont
les "singularités" font partie) du modèle
pour en vérifier la validité intuitive (ces contrôles aux
limites
étant notés CL1., CL2., ...).
|
5. Tester la force (robustesse)
ou l'utilité de sa ou ses
conjectures ou hypothèses en démontrant la
réciproque
du théorème
ou en la comparant avec des exemples à d'autres théories
mathématiques
pour voir si l'ensemble forme un tout cohérent (les
exemples
étant notés E1., E2., ...). |
5.
Experimentally test the obtained theoretical model and submit work to comparison
with other independent research teams. The new model should
provide
experimental results and never observed (predictions to falsify).
If the model is validated then it has the official status
of "theory."
|
6. D'éventuelles
remarques peuvent être indiquées dans un ordre structuré et
notées hiérarchiquement R1., R2., ... |
6.
D'éventuelles remarques peuvent être indiquées dans un ordre
structuré et notées hiérarchiquement R1., R2., ... |
Procéder
comme dans le tableau ci-dessus est une base de travail possible
pour travailler en mathématique et physique. Évidemment,
procéder de façon propre et traditionnelle comme
ci-dessus prend un petit plus de temps qu'en faisant un peu n'importe
quoi,
n'importe comment (c'est pour cela que la plupart des professeurs
ne suivent pas ces règles, le temps leur manque cruellement
pour couvrir tout le programme scolaire).

Signalons aussi une forme amusante scientifique des 8 commandements:
- Les phénomènes tu observeras
Et jamais mesure tu ne falsifieras
(attention à l'erreur de confirmation:
étudier que des phénomènes qui valident ses convictions)
- Des hypothèses tu formuleras
Que par l'expérimentation tu testeras
- L'expérience précisément tu décriras
Car ton collègue la reproduira
(attention au piège de la discipline narrative: coller les faits aux
résultats
désirés)
- Fort de tes résultats
Une théorie tu bâtiras
- De parcimonie tu useras
Et l'hypothèse la plus simple tu retiendras
- Jamais vérité définitive ne sera (humilité
épistémique)
Et toujours tu chercheras
- D'une thèse non réfutable tu t'abstiendras
Car hors de la science elle restera
- Tout échec sera pris comme une réussite
Car la science doit confirmer mais aussi infirmer
Remarques:
R1.
Attention, il est très facile de faire des nouvelles théories
physiques en alignant des mots. Cela s'appelle de la "philosophie"
et les grecs
ont pensé aux atomes en suivant cette méthode.
Cela peut donc mener avec beaucoup de chance à une vraie
théorie.
Par contre il est bien plus difficile de faire une "théorie
prédictive", c'est-à-dire avec des équations
qui permettent de prédire le résultat d'une expérience.
R2.
Toutefois ce qui sépare la mathématique de la physique
est que, en mathématique, l'hypothèse est
toujours vraie. Le discours mathématique n'est
pas une démonstration
d'une vérité extérieure à chercher,
mais vise uniquement la cohérence. Ce qui doit être
juste est le raisonnement.
Signalons que lorsque ces règles ne sont pas respectées,
nous parlons de "fraude scientifique"
(ce qui amène souvent à être licencié de
son poste mais malheureusement on ne retire pas encore
les diplômes quand cela arrive). En général,
la fraude scientifique à proprement
parler se présente sous trois grandes formes: le plagiat,
la fabrication de données et l'altération de résultats
défavorables à l'hypothèse avancée,
l'omission d'exposition claire des hypothèses de travail
et de données récoltées. À ces
fraudes s'ajoutent des comportements qui posent problèmes
concernant la qualité des travaux ou plus particulièrement
à l'éthique, comme ceux visant à augmenter
en apparence la production (et par voie de fait la renommée
du scientifique) en soumettant par exemple plusieurs fois la même
publication en l'ayant un peu modifiée, les défauts
de mentions de conflit d'intérêts, les expériences
dangereuses, la non conservation des données primaires,
etc.
MÉTHODE
DE DESCARTES
Présentons
maintenant les quatre principes de la méthode de Descartes
qui, rappelons-le, est considéré comme le premier
scientifique de l'histoire de par sa méthode d'analyse:
P1. Ne recevoir jamais aucune
chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être
telle. C'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation
et de ne comprendre rien de plus en
mes jugements que ce qui se présenterait si clairement
et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune
occasion de le mettre en doute.
P2. De diviser chacune des
difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il
se pourrait (observations scrupuleuses et hypothèses vraisemblables
jusqu'à preuve du contraire), et qu'il serait requis pour les mieux
résoudre.
P3. De conduire par ordre
mes pensées, en commençant par les objets les plus
simples et les plus aisés à connaître, pour
monter peu à peu comme par degrés jusqu'à
la connaissance des plus composés, et supposant même
de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point
naturellement les uns les autres.
P4. Faire
partout des dénombrements si entiers et des revues si générales,
que je fusse assuré de ne rien omettre.
VOCABULAIRE
La physique-mathématique,
comme tout domaine de spécialisation, a son vocabulaire
propre. Afin que le lecteur ne soit pas perdu dans la compréhension
de certains textes qu'il pourra lire sur ce site (et son PDF
associé), nous avons choisi
d'exposer ici les quelques termes, abréviations et définitions
fondamentaux à connaître.
Ainsi, le mathématicien
aime bien terminer ses démonstrations (quand il pense qu'elles
sont justes) par l'abréviation "C.Q.F.D" qui
signifie "Ce
Qu'il Fallait Démontrer" ou encore dans les hautes écoles
par souci d'esthétisme et de traditions certains professeurs
(et mêmes élèves) notent cela en latin "Q.E.D" qui
signifie "Quod Erat Demonstrandum" (cela
en jette...).
Et lors de définitions
(elles sont nombreuses en mathématique et physique...) le scientifique
fait souvent usage des terminologies suivantes:
- ... il suffit
que ...
- ... si et
seulement si ...
- ... nécessaire
et suffisant ...
- ... signifie
que ...
Les quatre ne
sont pas équivalentes (identiques au sens strict). Car "il
suffit que" correspond à une condition suffisante, mais
pas à une condition nécessaire.
SUR
LES SCIENCES
Il est important que nous
définissions rigoureusement les différents types de sciences auxquelles
l'être humain fait souvent référence. Effectivement, il semble qu'au
21ème siècle un abus de langage malsain s'instaure et qu'il
ne devienne plus possible pour la population de distinguer la "qualité
intrinsèque" d'une science d'une autre.
Remarque: Etymologiquement le mot "science" vient
du latin "scienta" (connaissance) dont la racine est
le verbe
"scire" qui veut dire "savoir".
Cet abus de
langage vient probablement du fait que les sciences pures et exactes
perdent leurs illusions d'universalité et d'objectivité,
dans le sens où elles s'auto-corrigent. Ceci ayant pour conséquence
que certaines sciences sont reléguées au second
plan et tentent d'en emprunter les méthodes, les principes
et les origines pour créer
une confusion.
En soi, la science
cependant ne produit pas de vérité absolue. Par principe,
une théorie scientifique est valable tant qu'elle permet
de prédire des résultats mesurables et reproductibles.
Mais les problèmes d'interprétation de ces résultats font partie
de la philosophie naturelle.
Étant donné
la diversité des phénomènes à étudier,
au cours des siècles s'est constitué un nombre
grandissant de disciplines comme la chimie, la biologie, la thermodynamique,
etc. Toutes ces disciplines a priori hétéroclites
ont pour socle commun la physique, pour langage la mathématique
et comme principe élémentaire la méthode
scientifique.
Ainsi, un petit
rafraîchissement de mémoire peut être utile:
Définitions:
D1. Nous définissons
par "science pure", tout
ensemble de connaissances fondées sur un raisonnement rigoureux
valable quel que soit le facteur (arbitraire) élémentaire choisi
(nous disons alors "indépendant de la réalité
sensible") et restreint au minimum nécessaire. Il n'y
a que la mathématique (appelée souvent "reine des sciences")
qui peut être classifiée dans cette catégorie.
D2. Nous définissons
par "science exacte" ou "science
dure", tout ensemble de connaissances fondées
sur l'étude
d'une observation, observation qui aura été transcrite
sous forme symbolique (physique théorique par exemple).
Principalement, le
but des sciences exactes est non d'expliquer le "pourquoi"
mais le "comment".
Remarque: Les
deux définitions précédentes
sont souvent incluses dans la définition de "sciences
déductives" ou encore de "sciences
phénoménologiques".
D3. Nous définissons
par "science de l'ingénieur",
tout ensemble de connaissances théoriques ou pratiques appliquées
aux besoins de la société humaine tels que: l'électronique,
la chimie, l'informatique, les télécommunications,
la robotique, l'aérospatiale, biotechnologies...
D4. Nous définissons
par "science" tout ensemble
de connaissances fondées sur des études ou observations
de faits dont l'interprétation n'a pas encore été retranscrite
ni vérifiée avec la rigueur mathématique,
caractéristique
des sciences qui précèdent, mais qui applique des
raisonnements comparatifs statistiques. Nous incluons dans cette
définition: la médecine (il faut cependant prendre
garde au fait que certaines parties de la médecine étudient
des phénomènes
descriptifs sous forme mathématique tels que les réseaux
de neurones ou autres phénomènes associés à des
causes physiques connues), la sociologie, la psychologie, l'histoire,
la biologie...
Selon le philosophe
Karl Popper, une théorie n'est scientifiquement acceptable
que si, telle qu'elle est présentée, elle peut être
falsifiable, c'est à dire soumise à des tests expérimentaux.
La "connaissance scientifique"
est ainsi par définition l'ensemble des théories
qui ont jusqu'alors résisté à la falsification.
La science est donc par nature soumise en permanence à la
remise en question.
D5. Nous définissons
par "science molle" ou "para-sciences",
tout ensemble de connaissances ou de pratiques qui sont actuellement
fondées sur des faits invérifiables (non reproductibles
scientifiquement) ni par l'expérience, ni par la mathématique.
Nous incluons dans cette définition: l'astrologie, la
théologie,
le paranormal (qui est démoli par la science zététique),
la graphologie...
D6. Nous définissons
par "sciences phénoménologiques" ou "sciences
naturelles",
toute science qui n'est pas inclue dans les définitions
précédentes
(histoire, sociologie, psychologie, zoologie, biologie,...)
D7. Le "scientisme" est une idéologie
selon laquelle la science expérimentale est le seul mode de connaissance
valable, ou, du moins, supérieur à toutes les autres formes d'interprétation
du monde. Dans cette perspective, il n'existe pas de vérités
philosophiques, religieuses ou morales supérieures aux théories
scientifiques. Seul compte ce qui est scientifiquement démontré. D8. Le "positivisme" désigne un ensemble de courants qui
considère que seules l'analyse et la connaissance des faits réels
vérifiés par l'expérience peuvent expliquer les phénomènes
du monde sensible. La certitude en est fournie exclusivement par l'expérience
scientifique. Il rejette l'introspection, l'intuition et toute approche métaphysique
pour expliquer la connaissance des phénomènes.
Ce qui est intéressant
dans cette doctrine, c'est que c'est certainement une des seules
qui demande aux gens de devoir réfléchir par eux-mêmes et de
comprendre l'environnement qui les entoure en remettant continuellement tout
en question et sans ne jamais rien accepter comme acquis (...).
De plus, les vraies sciences ont ceci d'extraordinaire
qu'elles permettent de comprendre au-delà de ce que nous pouvons voir.
Mais enfin, la science, c'est la science, et rien de plus: une certaine mise
en ordre, pas trop mal réussie, des choses qui ne conduit plus à la
métaphysique
comme du temps d'Aristote, mais qui n'a pas le prétention de nous livrer
toute la réalité ni même le fond des choses visibles.
TERMINOLOGIE
Le tableau méthodique
que nous avons présenté plus haut contient
des termes qui peuvent peut-être vous sembler inconnus ou
barbares. C'est la raison pour laquelle il nous semble fondamental
de présenter les définitions de ces derniers, ainsi
que de quelques autres tout aussi importants qui peuvent éviter
des confusions malheureuses.
Définitions:
D1. Au-delà
de son sens négatif, l'idée de "problème"
renvoie à la première étape de la démarche scientifique. Formuler
un problème est ainsi essentiel à sa résolution et permet de comprendre
correctement ce qui fait problème et de voir ce qui doit être résolu.
Le concept de
problème est intimement relié au concept "d'hypothèse"
dont nous allons voir la définition ci-dessous.
D2. Une "hypothèse"
est toujours, dans le cadre d'une théorie déjà constituée ou sous-jacente,
une supposition en attente de confirmation ou d'infirmation qui
tente d'expliquer un groupe de faits ou de prévoir l'apparition
de faits nouveaux.
Ainsi, une hypothèse
peut être à l'origine d'un problème théorique qu'il faudra formellement
résoudre.
D3. Le "postulat"
en physique correspond fréquemment à un principe (voir définition
ci-dessous) dont l'admission est nécessaire pour établir une démonstration
(nous sous-entendons que cela est une proposition non-démontrable).
L'équivalent
mathématique (mais en plus rigoureux) du postulat est "l'axiome"
dont nous verrons la définition plus loin.
D4. Un "principe"
(parent proche du "postulat") est donc une proposition
admise comme base d'un raisonnement ou une règle générale théorique
qui guide la conduite des raisonnements qu'il faudra effectuer.
En physique, il s'agit également d'une loi générale régissant
un ensemble de phénomènes et vérifiée par l'exactitude de ses
conséquences.
Remarque: le mot "principe" est
utilisé avec abus dans
les petites classes ou écoles d'ingénieurs par les professeurs
ne sachant (ce qui est très rare), ou ne voulant (plutôt fréquent),
ou ne pouvant faute de temps (quasi exclusivement), pas démontrer
une relation.
L'équivalent
du postulat ou du principe en mathématiques est "l'axiome"
que nous définissons ainsi:
D5. Un "axiome"
est une vérité ou proposition évidente par
elle-même dont
l'admission est nécessaire pour établir une démonstration.
Remarques:
R1.
Nous pourrions dire que c'est quelque chose que nous posons
comme une vérité pour le discours que nous nous proposons
de tenir, comme une règle du jeu, et qu'elle n'a
pas forcément par ailleurs une valeur de vérité universelle
dans le monde sensible qui nous entoure.
R2.
Les axiomes doivent toujours être indépendants
(on ne doit pas pouvoir démontrer l'un à partir
de l'autre) et non contradictoires (nous disons également
parfois qu'ils doivent être "consistants").
D6. Le "corollaire"
est un terme malheureusement quasi inexistant en physique (à tort
!) et qui est en fait une proposition résultant d'une vérité déjà
démontrée. Nous pouvons également dire qu'un corollaire est une
conséquence nécessaire et évidente d'un théorème
(ou parfois d'un postulat en ce qui concerne la physique).
D7. Un "lemme"
constitue une proposition déduite d'un ou de plusieurs postulats
ou axiomes et dont la démonstration prépare celle d'un théorème.
Remarque: Le concept
de "lemme" est lui aussi (et c'est
malheureux) quasi réservé aux mathématiques.
D8. Une "conjecture"
constitue une supposition ou opinion fondée sur la vraisemblance
d'un résultat mathématique.
Remarque: Beaucoup
de conjectures jouent un rôle un peu comparable à des lemmes,
car elles sont des passages obligés
pour obtenir d'importants résultats.
D9. Par-delà son sens faible de conjecture, une "théorie" ou "théorème"
est un ensemble articulé autour d'une hypothèse et étayé par
un ensemble de faits ou développements qui lui confèrent
un contenu positif et rendent l'hypothèse bien fondée
(ou tout au moins plausible dans le cas de la physique théorique)
D10.
Une "singularité" est
une indétermination d'un calcul qui intervient par l'apparition
d'une division par le nombre zéro. Ce terme est aussi bien
utilisé en
mathématique qu'en physique.
D11.
Une "démonstration" constitue
un ensemble de procédures mathématiques à suivre
pour démontrer
le résultat déjà connu ou non d'un théorème.
D12.
Si le mot "paradoxe" signifie
étymologiquement: contraire à l'opinion commune,
ce n'est cependant pas par pur goût de la provocation, mais
bel et bien pour des raisons solides. Le "sophisme"
quant à lui, est un énoncé volontairement
provocateur, une proposition fausse reposant sur un raisonnement
apparemment
valide. Ainsi parle-t-on du fameux "paradoxe de Zénon",
alors qu'il ne s'agit que d'un sophisme. Le paradoxe ne se réduit
pas à de la fausseté, mais implique la coexistence
de la vérité et de la fausseté, au point
qu'on ne parvient plus à discriminer le vrai et le faux.
Le paradoxe apparaît alors problème insoluble
ou "aporie".
Remarque: Ajoutons que les grands paradoxes, par les interrogations qu'ils
ont suscitées, ont fait progresser la science
et amené des révolutions conceptuelles de grande
ampleur, en mathématique comme en physique théorique
(les paradoxes sur les ensembles et sur l'infini en mathématique,
ceux à la base de la relativité et de la physique
quantique).
SCIENCE
ET FOI
Nous
verrons qu'en science, une théorie est normalement incomplète,
car elle ne peut décrire exhaustivement la complexité
du monde réel. Il en est ainsi de toutes les théories,
comme celle du Big Bang (cf. chapitre d'Astrophysique)
ou de l'évolution des espèces (cf.
chapitre de Dynamique Des Populations ou de Théorie Des
Jeux) ne serait-ce que parce qu'elles ne sont pas reproductibles
dans des conditions identiques.
Il convient de distinguer
différents courants scientifiques:
- Le "réalisme"
est une doctrine où les théories physiques ont
pour objectif de décrire la réalité telle
qu'elle est en soi, dans ses composantes
inobservables.
- "L'instrumentalisme"
est une doctrine où les théories sont des outils
servant à prédire
des observations mais qui ne décrivent pas la réalité en
soi.
- Le "fictionnalisme"
est le courant où le contenu référentiel
(principes et postulats) des théories est un leurre, utile
seulement pour assurer l'articulation linguistique des équations
fondamentales.
Même
si aujourd'hui les théories scientifiques ont le soutien de beaucoup
de spécialistes,
les théories alternatives ont des arguments valables et
nous ne pouvons totalement les écarter. Pour autant, la
création
du monde en 7 jours décrite par la Bible ne peut plus être
perçue comme un possible, et bien des croyants reconnaissent
qu'une lecture littérale est peu compatible avec l'état
actuel de nos connaissances et qu'il est plus sage de l'interpréter
comme une parabole. Si la science ne fournit jamais de réponse
définitive, il n'est plus possible de ne pas en tenir
compte.
La foi (qu'elle soit religieuse,
superstitieuse, pseudo-scientifique ou autre) a au contraire pour
objectif de donner des vérités absolues d'une toute
autre nature puisqu'elle relève d'une conviction personnelle
invérifiable. En fait, l'une des fonctions des religions
est de fournir du sens à des phénomènes qui
ne sont pas explicables rationnellement. Les progrès de la
connaissance entraînent donc parfois une remise en cause
des dogmes religieux par la science.
A contrario, sauf à
prétendre imposer sa foi (qui n'est autre qu'une conviction
intimement personnelle et subjective) aux autres, il faut se défier
de la tentation naturelle de qualifier de fait scientifiquement
prouvé les extrapolations des modèles scientifiques
au-delà de leur champ d'application.
Le mot "science"
est, comme nous l'avons déjà mentionné plus
haut, de plus en plus utilisé pour soutenir qu'il existe
des preuves scientifiques là où il n'y a que croyance
(certaines pages web de ce genre prolifèrent de plus en
plus). Selon ses détracteurs c'est le cas, par exemple,
du mouvement de scientologie (mais il y en a beaucoup d'autres).
Selon ces derniers, nous devrions plutôt
parler de "sciences
occultes".
Les sciences occultes et
sciences traditionnelles existent depuis l'Antiquité; elles
consistent en un ensemble de connaissances et de pratiques mystérieuses
ayant pour but de pénétrer et dominer les secrets
de la nature. Au cours des derniers siècles, elles ont été
progressivement exclues du champ de la science. Le philosophe Karl
Popper s'est longuement interrogé sur la nature de la démarcation
entre science et pseudoscience. Après avoir remarqué
qu'il est possible de trouver des observations pour confirmer à
peu près n'importe quelle théorie, il propose une
méthodologie fondée sur la réfutabilité.
Une théorie doit selon lui, pour mériter le qualificatif
de "scientifique", pouvoir garantir l'impossibilité
de certains événements. Elle devient dès lors
réfutable, donc (et alors seulement) apte à intégrer
la science. Il suffirait en effet d'observer un de ces événements
pour invalider la théorie, et s'orienter par conséquent
sur une amélioration de celle-ci.
Enfin, citons Lavoisier: "Le physicien peut aussi, dans le silence
de son laboratoire et de son cabinet, exercer des fonctions patriotiques;
il peut espérer par ses travaux diminuer la masse des maux qui
affligent bonheur et, n'eût-il contribué, par les routes nouvelles
qu'il s'est ouvertes, qu'à prolonger de quelques années, de quelques
jours, la vie moyenne des hommes, il pourrait aspirer aussi au
titre glorieux de bienfaiteur de l'humanité."
 13  2 |
|
|
|