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L'ingénierie est l'ensemble
des pratiques consistant à appliquer les résultats
des sciences exactes et de la recherche fondamentale à des
problèmes concrets, industriels ou quotidiens. (Larousse)
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mise-à-jour de ce chapitre:
11.08.2010 8:18
Version: 2.1 Revision 2 | Rédacteur: Vincent Isoz | Avancement: ~70%
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
La météorologie est l'étude des phénomènes
atmosphériques tels les nuages, les dépressions et les précipitations
pour comprendre comment ils se forment et évoluent. C'est une discipline
qui traite principalement de la mécanique des fluides appliquée
à l'air mais qui fait usage de différentes autres branches de la
physique et de la chimie. Elle permet donc d'établir des prévisions
météorologiques en s'appuyant sur des modèles mathématiques à court
comme à long terme. Elle est également appliquée pour la prévision
de la qualité de l'air, pour les changements climatiques et pour
l'étude dans plusieurs domaines de l'activité humaine (construction,
trafic aérien, etc.)
HORIZON VISUEL
Nous allons étudier ici un petit sujet sympathique faisant
souvent débat lors des vacances ou plus sérieusement...
dans certains logiciels de météorologie il est demandé de
saisir la distance de l'horizon visuel lors de mesures de température
et pression... or celle-ci est difficile à déterminer
par très beau temps lorsque nous sommes en hauteur.
Pour cela, considérons
la Terre de rayon R et un point de perspective de hauteur h par
rapport au niveau de la mer que nous noterons A. La question
est de savoir à qu'elle distance se trouve le point C donné par
définition par la tangente AC qui est simplement la ligne
d'horizon.

(1)
Le lecteur observera déjà que l'étude va principalement faire
appel à de la trigonométrie et de la géométrie élémentaire.
L'angle est
un angle droit. En effet, une droite tangente en un point d'un
cercle est perpendiculaire au rayon en ce point. Le triangle OCA est
donc rectangle en C.
Nous avons donc :
(2)
Or, nous avons .
D'où nous en déduisons :
(3)
La distance AC est la distance à vol d'oiseau entre le
point de vue (belvédère) et le bateau que nous observons sur l'horizon.
La distance qui nous intéresse cependant ici est BC :
c'est la distance que nous devrions parcourir à l'altitude 0 pour
rejoindre l'autre bateau.
Dans la suite, nous poserons .
Lorsque l'angle varie
de 0° à 360° (tour complet), nous décrivons toute la circonférence
de la Terre, c'est-à-dire puisque
la Terre est supposée être ronde.
Utilisation de la règle de trois :
Si un angle de 360° correspond à une distance de longueur alors
un angle de correspond à une
distance:
(4)
Or, nous avons vu précédemment que:
(5)
D'où, finalement :
(6)
Avec ,
nous trouvons (h doit être exprimé en kilomètres) :
(7)
Nous avons alors dans le vide, dans un paysage sans obstacles...
la table suivante:
Altitude h [m] |
Distance de l'horizon d [km] |
5 |
8 |
10 |
11.3 |
50 |
25.3 |
100 |
35.7 |
200 |
50.5 |
400 |
71.4 |
600 |
87.5 |
800 |
101 |
1000 |
113 |
2000 |
159.7 |
3000 |
195.6 |
4000 |
225.8 |
5000 |
252.5 |
10000 |
357 |
Tableau: 1
- Horizon visuel en fonction de l'altitude
Remarque: Si
nous ne tenons donc pas compte de la réfraction
atmosphérique, nous constatons qu'il faudrait une altitude de l'ordre
de plusieurs kilomètres pour voir au-delà de 200 [km] de distance.
Pourtant, sans aller très loin, depuis les hauteurs de Nice (Alpes-Maritimes),
il est possible d'observer la pointe du Cap Corse qui se trouve à environ
220 km du continent !!! La réfraction atmosphérique joue donc
un rôle dans ce phénomène.
DIRECTION DES VENTS
Nous allons démontrer mathématiquement maintenant quelque chose
de tout à fait intuitif : que les vents de déplacent des hautes
vers les basses pressions (c'est bête comme ça mais il faut quand
même le montrer).
Nous savons (cf. chapitre de Mécanique
Des Milieux Continus) que la force de pression s'exerçant
sur une surface S est normale à cette surface et vaut
sous forme scalaire .
Pour une parcelle d'air de volume la
force de pression totale selon la direction x vaut alors
:
(8)

De plus, nous avons (cf. chapitre de Calcul
Différentiel Et Intégral) :
(9)
Donc :
(10)
La force de pression massique est donc :
(11)
Nous pouvons faire le même calcul selon y. Finalement la
force de pression horizontale massique sera donnée par :
(12)
Ainsi, la force de pression (massique ou non) est opposée au
gradient horizontal. La transmission de l'information (de la force)
se fait à la vitesse du son pour cette équation (ce
qui explique la vitesse des appels d'air dans votre maison ou appartement
et la force pouvant faire claquer les portes ou fenêtres).
Elle est donc :
- Dirigée des hautes vers les basses pressions, perpendiculaire
aux isobares
- Inversement proportionnelles à l'écartement des isobares.
Si nous relevons les valeurs de la pression atmosphérique en différents
points du globe et qu'on nous relions entre eux les points
de pression identique, nous obtenons un série de courbes, appelées
"isobares". Le vent est directement
déterminé par ce relief atmosphérique, puisque c'est un déplacement
d'air entre des hautes vers les basses pressions.
La vitesse du vent est donc fixée par le gradient de pression
: autrement dit, si la pression atmosphérique varie rapidement avec
la distance, le vent soufflera fort, tandis qu'il sera faible dans
un "marais" barométrique où cette pression reste quasiment
inchangée sur de grandes distances. En résumé, plus les isobares
sont rapprochées, plus le vent soufflera fort.
Les isobares sont traditionnellement indiquées par un pas de 5
millibar sur les cartes météo tel que le montre l'exemple ci-dessous :

(13)
Ensuite, les météorologues ont défini empiriquement (c'est sympathique
pour la culture générale) une unité de mesure des vents qui n'est
qu'une correspondance entre la force du vent et la distance séparant
2 isobares (5 en 5 [mb]) :
Distance
entre isobares [km] |
Unité
[Beaufort] |
Vitesse
[m/s] |
600
(brise légère) |
2 |
1.6-3.3 |
500
(brise moyenne) |
4 |
3.4-5.4 |
400
(brise fraîche) |
5 |
8-10.7 |
300
(vent fort) |
6 |
10.8-13.8 |
200
(grand vent) |
7 |
13.9-17.1 |
100
(tempête) |
9 |
20.8-24.4 |
Tableau: 2
- Distance entre isobares et vent
MODÈLE ATMOSPHÉRIQUE EXPONENTIEL
Considérons que l'atmosphère est un fluide parfait dans un champ
de gravité. Alors à partir de la relation du théorème de Bernoulli
suivante démontrée dans le chapitre de mécanique des fluides (fluide
statique) :
(14)
Il vient alors :
(15)
Ainsi, pour connaître la variation de pression avec l'altitude
dans l'atmosphère ou la profondeur dans l'océan, nous avons prix
comme hypothèse "l'équilibre hydrostatique",
soit que la variation de pression avec la hauteur/profondeur est
proportionnelle à la gravité et à la densité du fluide.
Ceci n'est bien évidemment pas valide dans le cas dans les mouvements
rapides de convection, comme dans les orages, mais se vérifie assez
bien dans les mouvements plus lents et à grande échelle: l'échelle
synoptique.
Nous allons alors combiner cette dernière relation avec une équation
d'état, par exemple celle du gaz parfait à la température T
et de densité dont
les particules constituant ont pour masse m. Nous avons
donc l'équation des gaz parfaits :
(16)
Dans le cas isotherme (par exemple dans la stratosphère Terrestre,
au-dessus de 10 km d'altitude où la température est quasi constante
autour de -55 degrés Celsius), l'intégration s'effectue facilement
:
(17)
Donc, à une pression donnée, le gradient vertical de pression
est inversement proportionnel à la température.
Considérons maintenant la relation suivante :
(18)
En utilisant l'exponentielle :
(19)
La pression décroit donc exponentiellement avec l'altitude. étant
la pression au niveau du sol.
Revenons aussi à la relation :
(20)
Elle peut bien évidemment aussi s'écrire sous la forme :
(21)
qui nous dit que la distance z entre les surfaces isobares est
directement proportionnelle à la température.
Voyons également une autre approche courante. Repartons pour
cela de la relation démontrée plus haut mais pour une masse m de
1 kilo:
(22)
et notons cette relation sous la forme suivante :
(23)
Rappelons que (cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral)
:
(24)
Donc :
(25)
et supposons maintenant que la variation de température est linéaire
dans l'atmosphère (ce qui est pas loin de la vérité pour les 10 à 20
premiers kilomètres de l'atmosphère) tel que :
(26)
avec qui
est le gradient de température en [°K/m].

(27)
Nous avons alors :
(28)
Soit :
(29)
Ce qui donne :
(30)
Après simplification :
(31)
Soit :
(32)
Soit écrit de manière plus esthétique :
(33)
Un bon exemple d'application courant de cette relation sont les
planeurs et les velta-deltistes. Ceux-ci attendent de la météo
que celle-ci leur communique l'altitude de l'isotherme du zéro
degré lors de ses bulletins. Il en déduisent alors le gradient
de température par mètre. Pour ces sportifs, une bonne condition
est d'avoir un gradient de 1 [°C] pour 100 mètres. Il est dès lors
aisé avec la relation précédente de calcul la pression a une altitude
2000 mètres et d'en déduire la gradient de pression qui leur permet
d'utiliser certains ascendants pour leurs exercices de voltige.
MODÈLE ATMOSPHÈRique
ADIABATIQUE
Le gradient thermique adiabatique est, dans l'atmosphère terrestre,
la variation de température de l'air avec l'altitude (autrement
dit le gradient de la température de l'air), qui ne dépend que
de la pression atmosphérique, c'est-à-dire : - Sans considération d'échange de chaleur avec l'environnement
(autres masses d'air, relief) - Sans considération de condensation (formation de nuages)
ni de précipitation. Ce concept a une grande importance en météorologie, ainsi qu'en
navigation aérienne et maritime. Nous avons démontré dans le chapitre de Thermodynamique la
relation de Laplace:
(34) avec le coefficient de Laplace:
(35) Soit sous forme massique:
(36) Nous pouvons en prendre le logarithme:
(37) Or en prenant la différentielle logarithmique:
(38) Nous avons alors:
(39) En prenant aussi la différentielle logarithmique de loi des
gaz parfaits ou n est le nombre de moles:
(40) Mais sous la forme massique pour une mole:
(41) où est
donc la masse molaire. Nous avons:
(42) Soit:
(43) Nous obtenons alors:
(44) Soit:
(45) Utilisons la relation démontrée plus haut:
(46) Il vient alors:
(47)
Nous avons donc une atmosphère à gradient thermique
constant et négatif (la température diminue de
manière linéaire avec l'altitude):
(48)
La dernière forme utilisant la masse molaire étant
plus pratique car elle permet de caractériser le milieu étudié.
A remarquer que c'est un modèle qui semble très très bien marcher
pour une altitude de 0 à 90 [km] sur la planète Vénus.
Nous avons alors , et
le coefficient adiabatique pour l'air ,
et sa masse molaire . Soit:
(49) ce qui correspond à l'idée courante (un degré pour
100 mètres). ÉQUATION HYPSOMÉTRIQUE
Nous avons donc pour l'équilibre hydrostatique :
(50)
Nous pouvons intégrer cette relation si nous connaissons T
en fonction de P ou z. La mesure directe de P
dans la pratique est plus facile (les altimètres simples sont en
fait des baromètres).
Nous pouvons alors séparer les variables :
(51)
En intégrant entre deux niveaux a et b :
(52)
Puisque :
(53)
Ensuite pour continuer nous allons utiliser une astuce. Nous allons
définir la température moyenne par la relation :
(54)
Ce qui nous permet alors d'écrire :
(55)
Soit :
(56)
Cette relation est appelée "équation
hypsométrique" (du grec "hypso" pour "hauteur").
Remarque: En
météorologie,  est
posé comme étant égal à 0 au niveau de la mer où la pression  est
supposée connue. Ainsi, nous avons trois paramètres libres. En
en connaissant deux sur les trois il est facile de déterminer
le troisième.
A l'armée, par exemple, les ballons sondes donnent la température
et la hauteur du ballon et les militaires au sol mesurent et
.
Ensuite toutes ces informations sont communiquées aux chars d'assaut
qui peuvent calculer la pression à
différentes hauteurs et donc l'influence de celle-ci sur la trajectoire
de leurs obus... via la différence de force.
BALLON SONDE
Un joli
petit exemple intéressant d'application des mathématiques appliquées
au génie météo est l'étude des fameux ballons-sonde et particulièrement
la caractéristique de leur volume en fonction de l'altitude qui
est souvent sujet à débat dans des groupes de discussions lorsque
personne n'y formalise le problème une bonne fois pour toute. Vous
aurez donc compris que c'est ce que nous allons étudier ici et
surtout nous allons tenter de déterminer le diamètre théorique
de ceux-ci à une altitude donnée.
L'énoncé du
problème souvent débattu est le suivant:
Un ballon-sonde
en PVC (Polyvinyl-Chloride) de masse m sert à emmener à haute
altitude un appareillage en vue d'effectuer des mesures. L'enveloppe
du ballon contient n moles de gaz parfait d'hydrogène ayant
donc une masse molaire de :
(57)
L'atmosphère
sera assimilée à un gaz parfait, de masse molaire moyenne:
(58)
aux C.N.T.P.
(Conditions Normales de Température et de Pression).
Nous
voulons d'abord chercher quelle est la force ascensionnelle ressentie
par le ballon?
Ensuite,
nous voulons évaluer la quantité de matière minimale assurant
le décollage de celui-ci pour une masse totale (ballon compris!)
de 2.6 [Kg]. puis le volume correspondant, à l'altitude
de départ.
Rappelons
deux choses pour résoudre déjà ce premier point:
1. Tout
corps plongé dans un liquide (ou un gaz) subit une force vers la
haut égale au poids du volume qu'il déplace (force d'Archimède)
selon la relation démontrée dans le chapitre de Mécanique des milieux
continus:
(59)
2. Tout gaz parfait ayant une masse en gramme égale à la masse
molaire occupe selon la loi des gaz parfaits un volume de 22.4
[L] à 273. 15 [K] et à une pression de 1 [atm]
comme nous l'avons démontré dans le chapitre de Chimie Thermique.
Ce qui donne aux C.N.T.P:
(60)
Donc
pour que le ballon flotte à hauteur constante (sans monter mais
sans tomber aussi...) avec juste la quantité d'hydrogène
suffisante il faut donc d'après le principe d'Archimède que le
volume d'air qu'il déplace ait un poids égal à la masse totale
du ballon et de la sonde, soit 2 [Kg] dans notre cas!
Donc
puisque 24 [L] d'air pèsent environ 29 grammes, il faut
que le volume soit tel qu'il déplace 2.6 [Kg] d'air. Soit
en faisant une simple règle de trois:
(61)
Donc si le ballon est sphérique, cela donne un rayon de:
(62)
Soit un diamètre d'environ 1.6 [m]. Ce qui est conforme à la
réalité!
Il nous faut encore déterminer le nombre de moles d'hydrogène.
Il vient immédiatement:
(63)
Maintenant
que nous connaissons le nombre de moles dans la ballon, si nous
connaissons la température et la pression à une hauteur de 22'000
[m] (altitude type d'une petit ballon sonde) il ne nous reste
qu'à appliquer la loi des gaz parfait pour connaître le volume à cette
altitude donné alors par la relation démontrée dans le chapitre
de Mécanique des Milieux Continus:
(64)
ainsi à 22'000 [m] d'altitude nous avons environ:
(65)
Mais au fait le rayonnement solaire est environ 30% plus élevé à cette
altitude et le ballon est considéré comme un système adiabatique
(sans échange de chaleur) et ne restitue donc pas la puissance
emmagasinée à l'environnement extérieur. Nous considérons alors
que la température est au 30% moins élevée ce qui nous donne comme
chiffres:
(66)
Nous avons donc:
(67)
Nous aurions pu également utiliser (hypothèse adiabatique oblige!)
la relation de Boyle-Mariotte (cf. chapitre
de Mécanique des Milieux
Continus) pour arriver au même résultat:
(68)
Ce qui donne un rayon d'environ 2.12 [m] (diamètre d'environ
4.2 [m]) au lieu des 73 [cm] au sol! Soit une augmentation
du diamètre de 290%. Il est plus important cependant de s'intéresser à l'augmentation
de la surface pour déterminer les forces de contraintes élastiques
sur le PVC. Nous avons donc avant:
(69)
et après:
(70)
Soit une augmentation de la surface de 800% alors qu'un élastomère
type (dont le PVC fait partie) ne résiste pas à une variation relative
de 500%!!! Il est donc beaucoup plus aisé de comprendre sous le
point de vue de la surface pourquoi le ballon ne résiste pas à une
augmentation du diamètre de 290%.
Par ailleurs si nous appliquons de manière un peu abusive la
loi de Hook au ballon (cf. chapite de Mécanique
des Milieux Continus),
avec le module de Young du PVC qui est compris entre (source
Wikipedia.com):
(71)
nous
avons:
(72)
Ce qui est conforme aux données des tables numériques qui donnent
une valeur limite inférieure élastique de 50 [MPa]
et une limite supérieure de 80 [MPa] pour le PVC
(source Wikipedia.com). Il nous est alors possible de calculer
la hauteur
minimale et maximale
théorique que le ballon peut atteindre.
Ainsi pour la hauteur minimale nous écrivons d'abord:
(73)
Ce qui correspond alors à un rayon final de:
(74)
Ce qui correspond à un volume de:
(75)
En appliquant Boyle-Mariotte:
(76)
qui est une pression correspondante à une hauteur d'environ 18'000
[m] selon les mesures expérimentales (www.engineeringtoolbox.com)
et c'est effectivement une hauteur à laquelle certains rares ballons en
PVC éclatent.
Maintenant faisons de même avec la hauteur maximale:
(77)
Ce qui correspond alors à un rayon final de:
(78)
Ce qui correspond à un volume de:
(79)
En appliquant Boyle-Mariotte:
(80)
qui est une pression correspondant à une hauteur d'environ 24'000
[m] selon les mesures expérimentales et c'est effectivement
une hauteur à laquelle les ballons en PVC les plus hauts éclatent.
CYCLONGENÈSE ET ANTICYCLOGENÈSE
L'essentiel de la masse atmosphérique est contenu dans les 20
premiers kilomètres d'altitude, si bien que la météorologie à grande
échelle se déroule sur une mince coquille sphérique (assimilable
à de la mécanique des fluides bidimensionnelle).
Le moteur de la circulation atmosphérique dans les tropiques est
le réchauffement solaire. À cause de l'inclinaison de 23.5 degrés
de l'axe de rotation de la Terre, le Soleil n'est jamais plus qu'à
quelques dixièmes de degré du zénith à midi tout au long de l'année
dans les tropiques ce qui donne un maximum de réchauffement autour
de l'équateur géographique.
Il faut donc distinguer la circulation au voisinage des tropiques,
caractérisée par de forts mouvements verticaux, dus aux convections
thermiques, et la circulation des latitudes moyennes, faites quasiment
que de mouvements horizontaux :

(81)
Supposons un moment que nous arrêtions complètement le mouvement
de l'air dans l'atmosphère relativement à la surface de la planète,
et que nous le laissions ensuite recommencer à tourner d'Ouest en
Est (de gauche à droite sur les images) partir du repos. La force
du gradient de pression pousse l'air à se mouvoir des régions de
haute pression vers les régions de basse pression (appel du vide).
Ces mouvements de convections sont appelés des "cellules
de Hadley".
Toutefois, dès que le mouvement s'amorce la force de Coriolis
(due à la rotation de la Terre) dévie donc les vents Nord-Sud
en direction de l'Ouest et les vents Sud-Nord vers l'Est pour
un observateur
se situant au Pôle Nord. Nous observons dès lors la formation de
cyclones tournants dans le sens contraires des aiguilles d'une
montre
dans l'hémisphère Nord et inversement dans l'hémisphère Sud (à cause
de la direction du vecteur dans
cette partie de l'hémisphère).
Plus la vitesse de l'air augmente, plus la force de Coriolis
augmente de concert en accentuant la déviation. Éventuellement
la force de Coriolis atteint une valeur égale et opposée à celle
de la force du gradient de pression, produisant ainsi un écoulement
d'une vitesse constante (sans accélération), parallèle aux isobares
définissant
ainsi la limite géométrique de la cellule de Hadley. C'est ce que
nous appelons"l'équilibre géostrophique".
En pratique, l'écoulement en dehors des tropiques est presque
toujours en quasi-équilibre géostrophique.
En l'absence d'observations de vent, les météorologues peuvent
estimer la force du vent en un point donné en mesurant sur une carte
d'analyse météo le gradient de pression et la latitude. L'approximation
géostrophique est purement diagnostique. Elle n'a pas de valeur
prédictive car son équation ne contient aucun terme de changement.
Dans les tropiques, où la force de Coriolis est de plus en plus
faible jusqu'à être nulle à l'équateur, ce sont d'autres forces,
comme la force centrifuge, qui viennent équilibrer la force de gradient
de pression.
C'est ce que nous allons démontrer ici mathématique à l'aide de
la mécanique des milieux continus (fluides) et la mécaniques classique
(voir chapitres correspondants).
Nous savons que dans notre système intervient donc les forces
de pression (gradient), les forces centrifuges, les forces de
pesanteur
(gravité). Forces auxquelles il ne faut pas oublier d'ajouter la
force (implicitement : l'accélération) de Coriolis interne au
système
(sous-entendu le cyclone) de pulsation (cf.
chapitre de Mécanique Classique):
(82)
et la force (implicitement : l'accélération) de Coriolis par unité
de masse de fluide (la raison de ce choix d'unité paraîtra évidente
quelques paragraphes plus loin) relativement à la pulsation de
la Terre :
(83)
Ainsi, comme nous le savons (cf. chapitre
de Mécanique Classique), la force de Coriolis va tendre à
dévier tout mouvement descendant vers la droite (Est) dans l'hémisphère
Nord et tout mouvement montant vers la gauche (Ouest) dans l'hémisphère
Sud (selon que l'on se place dans la direction du fluide en mouvement
selon la figure précédente).
C'est ainsi que l'air à la base des cellules de Hadley, voyageant
à basse altitude du tropique vers l'équateur sera dévié vers l'Ouest
pour donner les Alizés de vents d'Est.
Nous avons par ailleurs démontré dans le chapitre de mécanique
des milieux continus une forme particulière de l'équation d'Euler
de 2ème forme qui était :
(84)
Remaniée, cette relation s'écrit aussi :
(85)
Or, nous avions aussi démontré que :
(86)
Il vient dans la référentiel Terrestre :
(87)
Il s'agit donc de l'équation définissant la pression à l'intérieur
du fluide considéré comme isolé. A cette relation, il faut donc
encore soustraire les forces de pression de Coriolis dues au référentiel
géocentrique pour obtenir la dynamique du système "cyclone"
:
(88)
Ce qui donne finalement :
(89)
Soit sous forme condensée traditionnelle :
(90)
Représentons maintenant la Terre dans une tranche Nord-Sud :

(91)
Si nous agrandissons la repère lié au cyclone et y translatons
le vecteur pulsation de la Terre nous avons :

(92)
Soit :
(93)
Nous avons donc :
(94)
Comme nous étudions les mouvements (quasi) horizontaux dans l'atmosphère
à cette latitude, nous pouvons considérer que les particules de
fluide sont assujetties à demeurer dans le plan horizontal .
Les composantes de la force de Coriolis pour un mouvement plan sont
alors ( )
:
(95)
où f est appelé "paramètre de
Coriolis". Donc la force de Coriolis en océanographie
et en météorologie est traditionnellement notée :
(96)
Le nombre f, positif dans l'hémisphère Nord, négatif dans
l'hémisphère Sud, varie de 0 à 1.458 aux pôles alors que la force
est de l'ordre du millième de Newton pour les masse de fluide (courants
océaniques) et du même ordre de grandeur (car la vitesse compense
la faible densité) pour les gaz (courants atmosphériques).
Nous appliquons maintenant l'approximation de l'équilibre géostrophique,
c'est-à-dire que nous considérons que l'air est animé d'un mouvement
rectiligne uniforme (vent géostrophique), en d'autres termes, nous
négligeons l'action de la force centrifuge due à la rotation du
tourbillon devant celle da la force de Coriolis due à la rotation
de la Terre, ce qui revient à supposer que :
(97)
avec R étant le rayon du tourbillon et sa
pulsation. Puisque (cf. chapitre de Mécanique
Classique) :
(98)
cette dernière inégalité devient :
(99)
où :
(100)
est appelé le "nombre de Rossby"
et n'a pas de dimensions.
Remarque: Pour
les moyennes latitudes (  ),
l'expérience et les mesures donnent  et
 .
La valeur limite pour laquelle  est
 .
Pour une échelle supérieure, comme c'est le cas pour les cyclones
où  ,
nous sommes donc proche de l'équilibre géostrophique. Pour une échelle
inférieure, Coriolis est négligeable et le vent est accéléré des
hautes vers les basses pressions.
Le nombre de Rossby représente donc le rapport entre les forces
d'inerties et les forces dues à la rotation qui caractérisent le
mouvement d'un fluide dans un repère tournant.
Ainsi, nous pouvons faire la différence entre un écoulement géophysique
à fort nombre de Rossby ou à faible nombre de Rossby. Si le nombre
de Rossby est très supérieur à l'unité, alors les forces de Coriolis
dues par exemple à la rotation terrestre sont négligeables devant
l'inertie de l'écoulement. Dans le cas contraire d'un nombre de
Rossby très inférieur à l'unité, les forces de Coriolis dominent
le mouvement du fluide.
Ainsi, si on se rapproche de l'équateur f tendant vers
0 le nombre de Rossby devient très grand et aux pôles il devient
très faible.
Dans le cadre de cette approximation, notre équation d'Euler peut
alors s'écrire sous la forme :
(101)
et puisque nous nous intéressons qu'au plan horizontal de l'atmosphère
cela ce simplifie encore plus sous la forme :
(102)
Soit totalement sous forme vectorielle développée et en reprenant
la majuscule P pour la pression comme il est d'usage en météorologie
:
(103)
Il vient ainsi que :
(104)
soit :
(105)
Donc sous forme conventionnelle :
(106)
La norme étant donnée par :
(107)
Soit :
(108)
relation qui est appelée "équation des
vents (géostrophiques)"
Quatre scénarios sont à considérer :
1. Nous sommes dans l'hémisphère Nord et donc f est positif.
Supposons que dP/dR soit positif, la pression augmente
alors en s'éloignant du centre du tourbillon (qui lui est donc un
minimum de basse pression). Dès lors v est positif et nous
avons un tourbillon appelé "dépression" dans l'hémisphère
Nord. Ainsi, le fluide (le vent) souffle autour de la dépression
dans le sens antihoraire (vers l'Ouest) dans l'hémisphère Nord.
Définitions:
D1. Une "dépression" (ou
"basse pression") est une
zone où la pression atmosphérique diminue horizontalement vers un
centre de basse pression, c'est-à-dire un minimum local de pression.
D2. Les systèmes atmosphériques intenses à circulation autour d'un
centre fermé de basse pression (comme un aspirateur cela attire
les nuages d'où le fait que les cyclones sont visibles sur
des photos satellites) reçoivent systématiquement le terme plus
général de "cyclone" ou de
"cyclone tropical"
Remarque: Nous
associons les dépressions au mauvais temps, car
la dynamique qui entoure une dépression présuppose l'existence
de courants ascendants (peuvent difficilement entrer dans le
sol donc
la seule voie d'échappement est le haut!) qui provoquent des nuages
et de la précipitation. De plus, le gradient de pression autour
d'une dépression peut engendrer de forts vents.
2. Nous sommes toujours dans l'hémisphère Nord et donc f
est positif. Supposons que dP/dR soit cette fois négatif,
la pression diminue alors en s'éloignant du centre du tourbillon
(qui lui est donc un maximum de haute pression). Dès lors v
est négatif et nous avons un tourbillon appelé "haute-pression"
dans l'hémisphère Nord. Ainsi, le fluide (le vent) souffle autour
de la haute-pression dans le sens horaire (vers l'Est) dans l'hémisphère
Nord.
Définitions:
D1. Une "haute-pression"
est une zone où la pression atmosphérique augmente horizontalement
vers un centre de haute pression, c'est-à-dire un maximum local
de pression.
D2. Les systèmes atmosphériques intenses à circulation autour d'un
centre fermé de haute pression (comme un ventilateur cela rejette
et disperse les nuages d'où le fait que les anti-cyclones
ne sont pas visibles de manière simple sur les photos satellites)
reçoivent systématiquement le terme plus général de "anticyclone".
Remarque: Les
anticyclones généralement apportent du beau temps
et des ciels clairs. La dynamique atmosphérique fait en sorte
que l'air aux altitudes moyennes y est relativement chaud et
sec, et
donc sans nuages.
3. Nous sommes toujours dans l'hémisphère Sud et donc f
est négatif. Supposons que dP/dR soit positif, la
pression augmente alors en s'éloignant du centre du tourbillon.
Dès lors v est négatif et nous avons un tourbillon appelé
"haute-pression" (ou "anticyclone") dans l'hémisphère
Sud. Ainsi, le fluide (le vent) souffle autour de la haute-pression
mais dans le sens antihoraire (vers l'Ouest) dans l'hémisphère Sud.
4. Nous sommes toujours dans l'hémisphère Sud et donc f
est négatif. Supposons que dP/dR soit négatif, la
pression diminue alors en s'éloignant du centre du tourbillon. Dès
lors v est positif et nous avons un tourbillon appelé "basse-pression"
(ou "cyclone") dans l'hémisphère Sud. Ainsi, le fluide
(le vent) souffle autour de la basse-pression dans le sens horaire
(vers l'Est) dans l'hémisphère Sud.
Remarque: Il
est donc possible de dire de manière générale
sur les grandes dimensions que le vent arrive des hautes pressions
(Anticyclone) pour se diriger vers les basses pressions (Dépression).
Voici un exemple d'une image de dépression (anticyclone) et haute-pression
(cyclone) dans l'hémisphère Nord tel que le représentent les professionnels
de la météorologie :

(109)
Nous pouvons effectivement observer que la dépression (D) tourne
dans le sens antihoraire et la haute-pression (A) dans le sens horaire
(et inversement dans l'hémisphère Sud).
Remarque: L'air
au centre d'un anticyclone (A) descend vers la surface, subissant
une compression et par conséquent un échauffement.
Pour une dépression (D), c'est le phénomène inverse qui se produit.
MARÉES
Parmi les phénomènes de la nature, la marée est l'un des plus
majestueux par son ampleur et par sa puissance, l'un des plus
surprenants
par sa régularité et par la discrétion de ses causes. On comprend
sans peine non seulement qu'il se soit imposé à l'attention des
navigateurs mais encore qu'il ait, depuis la plus lointaine antiquité,
suscité les recherches des savants les plus émérites.
Pour aborder le sujet des marées de manière simple, nous pouvons
partir d'un constat logique : Si l'attraction lunaire était identique
en chaque point de la Terre, il n'y aurait pas de marées. Il
faut donc aborder l'étude des marées sur les différences de
forces. L'influence de la Lune sur la marée est appelée "composante
diurne".
Considérons pour l'étude du phénomène une masse d'eau m
à l'équateur et aux pôles. Nous allons calculer la force
d'attraction sur cette masse par rapport au centre de la Terre et
en prenant en compte l'influence de la Lune de masse .

(110)
Commençons par calculer la force à
l'équateur au point le plus proche de la Lune relativement à la
figure ci-dessus.
Nous avons :
(111)
en considérant que et
en notant la "force de marée statique"
:
(112)
Une application numérique pour une masse m de 1 [Kg]
donne :
(113)
Sous forme vetorielle nous avons bien évidemment :
(114)
Comme la distance Terre-Lune atteint environ 60 rayons terrestres,
l'intensité de l'accélération varie à peu près linéairement (...)
le long de la portion terrestre d'une droite passant par le centre
de la Lune. C'est notamment le cas pour le segment qui relie les
deux points antipodaux A et C de la figure ci-dessus.
Nous pouvons donc écrire, O désignant le centre de la Terre :

(115)
Nous devons maintenant séparer les deux contributions de la Lune.
- La force qui
s'applique sur le centre de masse G est donc uniforme
à la planète par construction. C'est cette force qui est responsable
de la révolution de notre planète autour du centre de masse commun
aux deux astres.
- Le terme résiduel se
superpose et prend des valeurs opposées aux antipodes. Elle est
responsable des marées (en première approximation dans ce modèle
simpliste).
Ainsi, la force due à la Lune est de signes opposés sur l'horizontale.
Nous avons alors deux marées (lunaires) par jour à des lieux antipodaux
:
- Celle de la Lune qui attire (de ce côté-ci de la Terre)
- Celle de la Lune qui repousse (du côté opposé de la Terre)
(116)
Si l'on considérait la surface de la Terre comme parfaitement
sphérique et recouverte d'eau, elle prendrait alors la forme d'une
ellipsoïde dont l'axe serait dirigé vers l'astre générant la
marée.
Nous observerions alors des marées dont les pleines et basses mers
auraient lieu deux fois par jour et toujours à la même heure.
Nous appelons cette situation la "marée
statique"
et le modèle correspondant "modèle statique
des marées".
Il convient de préciser que le jeu subtil entre la rotation de
la Terre et la Lune produit des frottements gigantesques au niveau
des masses d'eau qui ont pour effet de ralentir la vitesse de rotation
de la Terre d'environ 1 seconde tous les mille ans.
En réalité, les marées sont beaucoup plus
complexes que le modèle ci-dessus (excentricité de l'orbite
lunaire, superposition de la marée diurne, orbite lunaire, alignement
Lune-Soleil, inclinaison du plan de l'orbite de la Lune, équinoxes,
etc.). Voici une superbe animation de l'élévation
de la surface des océans
en mètre, sur 1 cycle de marée, calculée à
partir d'un modèle plus élaboré :

(117) Source: Wikipédia
Remarque: Le
phénomène est donc dû à la déformation de la surface
des océans par suite des attractions combinées des corps célestes.
Ce mouvement peut même détruire l'astre qui le subit : si la
force de marée l'emporte sur la force de gravitation de ses
constituants, l'astre se désagrège. Cette limite où les forces
de marées l'emportent
sur la force gravitationnelle s'appelle "limite de Roche"
(cf. chapitre d'Astronomie).
Outre la marée diurne due à l'attraction de la Lune, il faut
compter en plus sur une marée due à la force centrifuge du mouvement
de la Terre et de la Lune autour de leur centre de masse (mais
cela dépend des latitudes, du relief et de plein d'autres paramètres
objectivement car sur certains endroits de la planète il n'y a
qu'une seule marée par jour). Effectivement, la Terre et la Lune
tournent autour du centre de masse qui définit l'orbite de couple
Terre-Lune (les échelles ne sont pas respectées):

(118)
et nous ferons l'impasse sur les marées d'équinoxes et autres...
jusqu'à ce jour...
ÉQUATION DE LORENZ
La "convection libre" ou "convection
naturelle" est
le régime d'écoulement obtenu lorsque nous chauffons un fluide
sans qu'il n'y ait d'écoulement extérieur imposé. C'est le cas
des mouvements de convections de l'atmosphère (gaz chauds dans
gaz froids), des mouvements de convections de la roche en fusion
responsable de la tectonique des plaques, des mouvements du l'eau
chaude sous pression dans les geysers et de bien d'autres phénomènes...
Ces écoulements sont inexplicables si nous ne couplons pas les équations
de la dynamique et de la thermodynamique!
Nous allons dans ce contexte établir le fameux système des équations
de Lorenz au prix cependant de nombreuses approximations et hypothèses
afin de simplifier au maximum les calculs et les outils mathématiques
utilisés (car à l'époque du développement du modèle les ordinateurs
n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui).
Nous montrerons ainsi dans le cadre de la convection (un des
dynamiques importante de notre atmosphère) que les équations qui
déterminent certains paramètres du mouvement sont très sensibles
aux conditions initiales ce qui a pour but de montrer la difficulté de
la prévision à plus ou moins long termes avec des modèles théoriques
déterministes (raison pour laquelle en météorologie il est fait
usage de nos jours de la méthode des éléments finis).
A priori, la densité est
fonction de la température et de la pression par la loi d'état
des gaz parfaits (cf. chapitre de Mécanique des Fluides). Il est
donc naturel de penser que si nous chauffons une paroi, la température
du fluide environnant augmente par diffusion. La stratification
de pression s'en trouve changée, le gradient de pression crée le
mouvement.
Dans tous les chapitres du site, nous avons jusqu'à présent négligé toute
variation de .
Mais le découplage n'est plus valable ici puisque c'est le chauffage
qui provoque le mouvement. Nous allons donc permettre une variation
de la densité avec le chauffage en supposant cependant que cette
perturbation est petite. Il faut donc réintroduire une variation
de autour
d'une position d'équilibre: le repos. En revanche la viscosité sera
supposée constante.
Soit donc un fluide au repos et à la température au
loin, il est en présence d'une paroi chauffée à la température .
Pour obtenir la dépendance de ,
rappelons les coefficients thermo-élastiques classiques (cf. chapitre
de Thermodynamique):
- Coefficient de compressibilité (ou de dilatation suivant l'écriture
en termes de densité) isobare:
(119)
- Coefficient de compressibilité isotherme:
(120)
En admettant maintenant que la densité est principalement reliée à la
température (pour faire simple) nous pouvons écrire (cette hypothèse
marche bien pour les fluides mais pas trop... pour les gaz!!):
(121)
En utilisant la forme générale du développement de Taylor (cf.
chapitre de Suites et Séries):
(122)
Nous avons alors c'est une approche à la façon ingénieur...:
(123)
Soit:
(124)
où est
donc un coefficient sans dimensions (comme ...)
plus facilement mesurable expérimentalement.
L'équation de continuité (cf. chapitre
de Thermodynamique) ou
de bilan de masse:
(125)
devient alors:
(126)
au premier ordre en .
De plus, nous avons montré dans le chapitre de Mécanique des Milieux
Continus que si le fluide est incompressible:
(127)
Retenons qu'en première approximation le fluide est incompressible.
Il ne reste alors que:
(128)
Comme nous souhaitons étudier un écoulement en présence de gravité,
il serait judicieux de poser:
(129)
et donc de ne s'intéresser qu'aux variations autour de la position
d'équilibre hydrostatique ( est
sans dimensions!). Nous avons démontré toujours dans le même chapitre
de Mécanique des Milieux continus que dans le cas du fluide incompressible
avec viscosité, l'équation d'Euler de 1ère forme (équation
du mouvement):
(130)
Intéressons nous dans un premier temps aux deux termes:
(131)
qui s'écrivent selon l'axe Z :
(132)
Lorsqu'il y a mouvement, la projection suivant Z fait
donc apparaître:
(133)
que nous récrivons alors:
(134)
Soit:
(135)
puisque:
(136)
Il vient:
(137)
Il reste donc une force de flottabilité dirigée vers le haut.
La variation de la densité en fonction de la température dans
le produit de
la relation:
(138)
sera négligée car
nous nous restreindrons au cas où la vitesse est petite. Nous avons
alors en réintroduisant la viscosité... :
(139)
et nous avons la dérivée particulaire (cf.
chapitre de Mécanique
des Milieux Continus):
(140)
soit aussi une autre relation utile:
(141)
Nous avons alors comme expression de la densité de force:
(142)
Pour continuer, nous allons chercher à déterminer la loi d'énergie
de l'équation de comportement démontrée dans le chapitre de Mécanique
des Milieux Continus :
(143)
pour qu'elle rende également compte de la relation entre les
contraintes et les caractéristiques thermodynamiques du fluide,
comme le flux de chaleur et la température. Nous allons le faire
en caractérisant la diffusion de l'énergie dans le milieu due aux
effets (supposés découplés) de la viscosité du fluide et de la
conduction thermique du fluide.
Nous réécrivons cette relation avec de nouvelles constantes et
une autre notation pour la divergence:
(144)
où sont
dans ce contexte appelés les "coefficients
de Lamé".
Nous avons aussi démontré dans le chapitre de Mécanique des Milieux
Continus la relation:
(145)
Soit:
(146)
Ce qui donne:
(147)
Notons l'énergie totale comme:
(148)
où e est l'énergie interne massique du fluide (rapportée
donc à une unité de masse de fluide). Or la variation instantanée
d'énergie interne du fluide est égale à l'apport d'une puissance
mécanique et de l'apport de chaleur (selon ce qui a été vu dans
le chapitre de Thermodynamique):
(149)
où P donne la puissance des efforts extérieurs au système
donnée forcément par la force du champ de potentiel environnant
et des forces mécaniques données par le tenseur des contraintes
uniquement (nous somme toujours dans la situation d'un fluide parfait...).
Soit:
(150)
et en utilisant le théorème d'Ostrogradsky (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel):
(151)
ce qui a bien les unités d'une puissance et nous avons bien:
(152)
Pour la puissance chaleur c'est
très facile aussi grâce aux développements que nous avions fait
dans le chapitre de Thermodynamique où nous avons obtenu l'équation
de la chaleur:
(153)
Soit:
(154)
Nous avons finalement:
(155)
Donc tout cela nous donne alors l'équation de l'énergie d'un
fluide:
(156)
Soit:
(157)
et comme (cf. chapitre de Thermodynamique) le flux de chaleur
suit la loi de Fourier:
(158)
Nous avons alors:
(159)
Soit en utilisant le Laplacien:
[1]
(160)
Maintenant, en faisant le produit scalaire de:
(161)
avec la vitesse nous
obtenons le bilan de l'énergie cinétique:
[2]
(162)
En soustrayant [2] de [1], nous obtenons une relation locale
de l'énergie interne spécifique e:
(163)
Or, nous avons aussi (dérivation d'un produit):
(164)
Soit:
(165)
Effectivement:

(166)
Nous avons donc:
(167)
et comme le tenseur est
symétrique:
(168)
Nous avons donc:
(169)
Ce qui est parfois noté:
(170)
où est
appelé "tenseur des taux de déformation" et représente
le produite doublement contracté du tenseur des contraintes et
du tenseur des taux de déformation.
Nous avons montré dans le chapitre de Mécanique des Milieux Continus:
(171)
où:
(172)
Ainsi, il est simple de différencier forces normales et forces
tangentielles. Bref pour en revenir à l'équation de l'énergie:
(173)
Nous avons donc:
(174)
Mais dans notre cas:
(175)
Soit:
(176)
Mais nous avons:
(177)
Nous avons donc:
(178)
Soit sous forme technique et condensée:
(179)
Il est clair qu'au niveau de l'entropie, nous avons:
(180)
Nous avons aussi:
(181)
Soit réduit au rapport massique:
(182)
La variation temporelle donnant:
(183)
Or, nous avons l'équation de continuité (cf.
chapitre de Thermodynamique):
(184)
Ce qui nous donne finalement:
(185)
ou autrement écrit:
(186)
Injectée dans:
(187)
Cela donne:
(188)
Si nous considérons le gradient de vitesse comme étant très faible
(quasi-statique) nous pouvons alors écrire l'approximation:
(189)
Maintenant donnons l'expression de l'entropie (différentielle
totale exacte) en fonction des paramètres de température et de
pression seuls:
(190)
soit sous forme massique:
(191)
Or nous avons démontré dans le chapitre de Thermodynamique la
relation suivante:
(192)
soit sous forme massique:
(193)
Ce qui nous donne:
(194)
Or, nous avons démontré avec dans le chapitre de Thermodynamique
une des relations de Maxwell:
(195)
soit sous forme massique:
(196)
d'où:
(197)
Soit:
(198)
Soit notre relation:
(199)
peut alors s'écrire:
(200)
Si nous admettons que la variation de la densité avec la température
est faible nous avons alors dans un échelle atmosphérique alors:
(201)
et en se rappelant que:
(202)
Il vient finalement:
(203)
Nous avons maintenant deux équations importantes:
(204)
Soit:
(205)
Examinons maintenant rapidement le problème de Rayleigh Bénard
qui consiste en deux plaques limitant un fluide une étant plus
chauffée que l'autre.
Nous pouvons alors observer des rouleaux longitudinaux parallèles
dans un film de fluide visqueux (huile de silicone) maintenu entre
deux plaques à une température chaude en bas et froide en haut.
Voici une photo de ces rouleaux vus de côtés:

(206)
vue de dessus:

(207)
Il s'agit d'un problème de convection naturelle: le fluide chauffé en
bas se dilate et remonte entraînée par la force d'Archimède, arrivé en
haut il se refroidit et retombe. C'est ce mouvement qu'il faut
expliquer qui est similaire à celui de l'atmosphère terrestre
Nous remarquons également que les mouvements de convection se
font approximativement selon un tore (voir la photo vue de côté).
Nous pouvons tirer parti de cette symétrie pour simplifier l'analyse.
Considérons donc une boucle verticale de fluide circulant à vitesse
constante (donc sans trop de turbulences...) :

(208)
La configuration sera imposée comme étant la suivante:

(209)
où est
la température moyenne du fluide (attention: ne pas oublier que
ce n'est pas une grandeur extensive!) et où nous avons indiqué respectivement
les températures à l'intérieur du tore et à l'extérieur (soit de
l'environnement) qui peuvent toutes varier en fonction du temps.
Nous voyons que la différence de température est de entre
le haut et le bas et de entre
la droite et la gauche.
Nous posons que la température varie linéairement avec la hauteur
(ce qui bien évidemment est faux dans un modèle atmosphérique...):
(210)
Nous remarquons qu'il possible de paramétrer la température le
long de l'intérieur du tore avec la relations suivante (équation
paramétrique du cercle):
(211)
Nous avons alors conformément au schéma:
(212)
Ceci étant posé, revenons à:
(213)
Nous allons passer ce système en coordonnées polaire correspondant
le mieux à la géométrie de notre problème. Rappelons d'abord que
dans terme:
(214)
l'opérateur différentiel est
la divergence. Or, nous avons démontré dans le chapitre de Calcul
Vectoriel celui-ci s'écrivait alors en coordonnées polaires:
(215)
Or, si nous nous basons sur l'hypothèse que dans le volume du
tore, la vitesse ne varie ni en fonction de l'angle, ni à l'intérieur
du tore (donc ne varie pas selon le rayon r) alors en coordonnées
polaires:
(216)
Nous avons alors:
(217)
Nous allons réduire l'analyse à une seule dimension qui sera
celle comme quoi le phénomène ne dépend que de l'angle. Nous avons
alors en coordonnées polaires:
(218)
où nous avons remplacé le coefficient de Grashof par son expression
explicite et où nous avons remplacé dans celui-ci le terme:
(219)
par la projection de la différence de température selon l'axe z tel
que:
(220)
Le coefficient différentiel du dernier terme va nous embête.
Nous le remplaçons par un coefficient que nous supposerons constant
et qui s'oppose au mouvement tel que nous ayons:
(221)
Ou plus explicitement:
(222)
Nous intégrons maintenant l'ensemble sur l'entier de la boucle
en fonction de .
Nous avons alors:
(223)
Nous avons alors le terme pression qui disparaît car il n'y a
pas de gradient de pression au long de la boucle. Ainsi:
(224)
Nous avons ensuite (cf. chapitre de Calcul
Différentiel et Intégral):
(225)
et:
(226)
Il nous reste donc:
(227)
Soit:
(228)
Nous voyons dans cette équation que le mouvement est piloté par
la différence de température horizontale .
Maintenant, revenons sur:
(229)
Si nous négligeons les forces tangentielles à l'intérieur de
fluide nous avons alors:
(230)
où D est le coefficient de diffusion thermique (cf.
chapitre de Thermodynamique).
En coordonnées polaires cela se réduit à:
(231)
et nous allons aussi faire une autre approximation:
(232)
Et nous avons les deux relations:
(233)
En soustrayant:
(234)
Soit:
(235)
et encore:
(236)
Soit:
(237)
Après dérivation:
(238)
Nous regroupons les termes:
(239)
Nous avons alors les trois équations différentielles suivantes
qui gouvernent la dynamique du système:
(240)
Nous terminons les multiples simplifications en posant...:

Ce qui nous donne:
(241)
En remettant cela au propre:
(242)
Maintenant, introduisons les variables sans dimensions suivantes:
(243)
où nous pouvons assimiler:
- X à la vitesse adimensionnelle
- Y à la différence adimensionnelle de température entre
courants ascendants et descendants
- Z à la déviation adimensionnelle de l'équilibre de convection.
Nous avons alors effectivement:
(244)
Soit:
(245)
De manière encore plus condensée et traditionnelle:
(246)
où nous avons:
(247)
ce qui correspond au "nombre de Prandtl" et:
(248)
ce qui est assimilé au "nombre de
Rayleigh".
Ce système de trois équations sont essentiellement les mêmes
que celles du célèbre système de Lorenz. A une différence près,
le système de Lorenz (réel) contient un facteur b dans la
dernière équation (ce qui change peu de toute façon le résultat
puisque l'on obtient quand même un attracteur étrange au bout du
compte comme nous allons de suite le voir):
(249)
Pr, Re et b sont strictement positifs, et on pose souvent où le
nombre de Prandtl correspond à la valeur de l'eau.
Les équations de Lorenz décrivent les phénomènes de convection
d'un fluide idéal à deux dimensions, dans un réservoir chauffé par
le bas.
Nous voyons par cette démonstration que contrairement aux dires
non démontrés sur Internet que:
1. Le système n'est de loin pas simple mathématiquement et est
très approximatif
2. Qu'il existe des systèmes vraiment plus simples et eux aussi
chaotique (cf. chapitre de Dynamique des
Populations).
L'intérêt des équations de Lorenz réside cependant dans la sensibilité aux
conditions initiales et au convergence des variables adimensionnelles.
Voyons un exemple avec Maple
with(DEtools):
lorenz :=diff(x(t),t) = 10*(y(t)-x(t)),diff(y(t),t) = 28*x(t)-y(t)-x(t)*z(t),diff(z(t),t)
= x(t)*y(t)-8/3*z(t);
DEplot3d({lorenz}, [x(t),y(t),z(t)], t=0..100,
stepsize=0.01, [[x(0)=10, y(0)=10, z(0)=10]], orientation=[-35,75],
linecolor
= t, thickness = 1);
Ce qui donne:

(250)
Ou pour :

(251)
Bon jusque là on s'en rend compte que les paramètres adimensionnels
tournent autour de deux points que nous appelons les "attracteurs étranges".
Définition: Dans l'étude des systèmes dynamiques, un attracteur
(ou ensemble-limite) est un ensemble, une courbe ou un espace vers
lequel un système évolue de façon irréversible en l'absence de
perturbations.
Maintenant toujours pour les mêmes valeurs du temps adimensionnel,
nous prenons ,
soit un changement relativement faible des conditions initiales.
Nous avons alors: 
(252)
Nous remarquons donc que le phénomène n'est plus vraiment semblable.
Considérons par exemple la variable x en prenant comme
condition initiale puis soit
une légère variation de 0.01 sur la valeur de .
Soit dans Maple:
DEplot({lorenz}, [x(t), y(t), z(t)], t=0..15, stepsize = 0.01,
[[x(0)=10, y(0)=10, z(0)=10],[x(0)=10, y(0)=10.01, z(0)=10]], scene
= [t,x], linecolor = [blue,green], thickness = 1);

(253)
Nous voyons que le système se décale assez rapidement du modèle
initial alors qu'au début il reste identique mais la forme globale
reste.
Autre chose... suivant les paramètres le système peut converger.
Effectivement, en changeant le facteur 28 par la valeur 22 nous
avons par exemple (convergence à gauche):

(254)
ou avec la valeur 19 le résultat est encore plus trivial:

(255)
ou encore avec la valeur avec une valeur proche de 1:

(256)
On remarque un dernier cas intéressant, c'est que si le nombre
de Prandtl vaut 1 alors le système est stable:

(257)
Cette sensibilité aux conditions initiales, ainsi que la forme
de l'attracteur étrange de Lorenz a amené les météorologues a faire
une métaphore avec la phrase suivante: le battement d'ailes d'un
papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?
(en taisant la dissipation de l'erreur du aux échelles considérées....).
D'où la dénomination par la suite de "effet
Papillon" pour
l'étude de l'attracteur de Lorenz appelé aussi dans le domaine
le "papillon de Lorenz".
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