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ÉLECTROSTATIQUE
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| ÉLECTROCINÉTIQUE
| OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE
| OPTIQUE
ONDULATOIRE
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
09.03.2010 8:00
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
L'optique est l'étude la fraction
de l'énergie
rayonnante sensible à la rétine, c'est-à-dire la "lumière"
ou dit (cf. chapitre d'Électrodynamique)
de manière plus générale : les "ondes électromagnétiques" et
ce dans une large bande de fréquence qui ne se limite pas
(suivant les cas étudiés) à la lumière
visible!
Nous avons choisi sur ce
site de scinder l'étude de l'optique en trois parties
: la photométrie
(voir plus bas), l'optique géométrique (le présent
chapitre) et l'optique ondulatoire (prochain chapitre).
1. La "photométrie"
s'occupe de la partie des définitions des grandeurs relatives
aux propriétés énergétiques
des ondes électromagnétiques relativement à la sensibilité visuelle.
2. "L'optique
ondulatoire"
où les phénomènes
lumineux sont interprétés en tenant compte de la nature de la lumière.
Celle-ci est considérée comme une onde électromagnétique d'une
longueur d'onde donnée définissant sa couleur (grandeur subjective
comme nous le verrons plus loin).
Dans certaines expériences,
nous devons cependant considérer la lumière comme un phénomène
corpusculaire (cf. chapitre de Physique
Quantique Ondulatoire)
nous la supposons alors constituée
de particules, les "photons",
dont l'énergie est proportionnelle à la fréquence lumineuse
selon la loi de Planck (pas celle de la thermodynamique... l'autre).
3. "L'optique
géométrique"
où nous décrivons
la propagation de la lumière dans les milieux transparents sans
faire intervenir la nature même de la lumière. Il s'agit d'une
partie de la physique présentant l'avantage de ne pas demander
d'outils mathématiques compliqués, mais de beaucoup de bon sens
géométrique...
Pour des raisons de cohérence,
comme nous en avons déjà fait mention, nous avons
choisi de mettre la photométrie
dans le même
chapitre d'Optique Géométrique (ici même donc...).
Avant de commencer à étudier
l'aspect mathématique de l'optique géométrique
il nous a semblé
bon d'éclaircir certaines zones floues du domaine de l'optique
qui sont rarement bien précisées voir même
pas traitées du tout
dans les ouvrages sur le sujet. Ainsi, nous allons d'abord présenter
ce qu'est une source ou une absence de lumière et ensuite
comment les couleurs sont vues et traitées par l'être
humain.
SOURCES
ET OMBRES
L'expérience nous enseigne que dans
un milieu homogène et transparent la lumière se propage en ligne
droite et que celle-ci provient
toujours de "sources lumineuses" :
Certains objets sont lumineux par eux-mêmes
(Soleil, flammes). Les autres objets ne sont généralement pas visibles
dans l'obscurité (absence de lumière) mais s'ils sont éclairés
ils renvoient tout ou partie de la lumière dans toutes les directions
(voir le chapitre d'Électrodynamique et de physique quantique corpusculaire)
et se comportent donc dès lors comme des sources lumineuses.
Nous définissons:
D1. Une "source
ponctuelle"
comme étant un seul "point lumineux"
D2. Une "source étendue"
comme un ensemble de sources ponctuelles
D3. Un "rayon
lumineux" comme
toute droite suivant laquelle se propage la lumière
D4. Un "faisceau
lumineux"
comme un ensemble de rayons lumineux
D5. Le "diamètre apparent"
comme étant l'angle, généralement petit, sous lequel nous voyons
une des dimensions de l'objet (angle exprimé en radians).
La lumière traverse le vide sans subir
d'altération. C'est ainsi que la lumière du Soleil, avant d'atteindre
la limite de l'atmosphère terrestre, traverse d'immenses espaces
vides sans subir de transformations.
Sur Terre, entre un objet lumineux
et l'oeil qui voit cet objet, la lumière traverse une certaine épaisseur
d'air. L'objet demeure visible dans d'autres gaz, ou bien à travers
une lame de verre, de mica, de cellophane..., ou bien encore à travers
une couche d'eau, d'alcool, de glycérine... de tels corps constituent
des "milieux transparents".
La plupart des corps ne
se laissent pas traverser par la lumière. Placés entre l'oeil
et un objet lumineux, ils suppriment la vision de cet objet
: nous disons alors qu'ils
sont "corps opaques".
En fait, aucune substance
n'est parfaitement transparents et la propagation dans un milieu
transparent s'accompagne
toujours d'un affaiblissement. Ce phénomène d'absorption
dépend de la nature du milieu et augmente avec l'épaisseur de substance
traversée. C'est ainsi que l'eau, même très pure, est opaque sous
une épaisseur d'une centaine de mètres. Aussi les grands fonds
marins ne reçoivent-ils jamais de lumière solaire.
Il arrive que certains
corps, dits
"corps translucides", laissent
filtrer de la lumière
sans permettre
à l'oeil d'identifier l'objet lumineux qui l'émet. Tels sont le
verre dépoli, le verre strié, la porcelaine mince, le papier huilé...
Dans un espace sombre,
l'oeil situé hors du trajet de la lumière, aperçoit ce trajet grâce
aux fines particules solides (poussières, fumée de tabac, brouillard,...)
en suspension dans l'air. Ces particules éclairées diffusent
la lumière qu'elles reçoivent, devenant autant de points lumineux
qui matérialisent le volume traversé par la lumière. L'observation
familière
montre que ces volumes lumineux paraissent toujours limités par
des lignes droites.
Nous pouvons dès
lors appliquer le théorème des rapports de Thalès à certains phénomènes
lumineux. Ainsi, imaginons l'expérience suivante:
Nous réalisons des
sources de dimensions assez faibles pour que nous puissions les
considérer comme des sources ponctuelles (c'est-à-dire des points
lumineux).
Soit S
une telle source ponctuelle de lumière. Considérons le volume
que la source S
illumine à travers une ouverture dans un diaphragme se situant
dans la trajectoire de la lumière à la distance d.
Si nous notons AB le
diamètre circulaire de cette ouverture du diaphragme K
et que nous coupons la trajectoire lumineuse par un écran E,
parallèle à K
et à distance D
de la source, nous observerions que la partie éclairée se limite
à un cercle A'B'.

(39.1)
Si
nous pouvions mesurer les diamètres AB
et A'B'
des deux cercles, ainsi que leurs distances d
et D
à la source, nous trouverions qu'ils satisfont au théorème des
rapports de Thalès et ainsi que :
(39.2)
C'est également la
preuve que le volume lumineux est effectivement limité par des droites
issues de S
et s'appuyant sur le bord de l'ouverture du diaphragme.
Ces faits d'observation
et d'expérience élémentaires suggèrent l'hypothèse suivante :
Dans un
milieu transparent homogène (rappelons qu'un milieu est homogène
quand tous ses éléments
de volume possèdent les mêmes propriétés), la lumière provenant
d'un point lumineux se propage suivant des lignes droites issues
de ce point. Ces droites sont appelées des "rayons
lumineux".
Si nous revenons
à la figure précédente, l'ensemble des rayons lumineux contenus
dans le cône défini par la source S
et le diaphragme K
constitue un "faisceau lumineux".
1. La
lumière se
propageant ici à partir de S,
nous disons que les rayons "divergent" ou encore que
le faisceau est un "faisceau divergent".
2. Quand
une source ponctuelle est à l'infini (comme l'est pratiquement
une étoile,
par exemple), les rayons qui en partent sont parallèles et les
faisceaux qu'ils forment sont appelés "faisceaux
parallèles", ou
encore "faisceaux cylindriques".
3. A l'aide
d'une lentille convergente (une loupe, par exemple), nous verrons
qu'il
est possible de changer les directions de rayons issus d'une source
ponctuelle et de les faire concourir en un point S'.
Un tel ensemble de rayons constitue un "faisceau
convergent".
Un faisceau
lumineux très étroit prend le nom de "pinceau
lumineux". Par exemple,
les rayons allant d'un point lumineux à l'oeil forment toujours
un pinceau lumineux très délié, parce que la distance du point
observé
à l'oeil est nécessairement grande, comparée au diamètre de la pupille.
Si nous
revenons
à notre expérience avec le diaphragme : si nous diminuons l'ouverture
de ce dernier qui limite un pinceau de rayons lumineux, nous observons
(lorsque le diamètre est réduit à moins de quelques dixièmes de
millimètre) que la trace du pinceau sur un écran E,
au lieu de s'amenuiser, s'agrandit au contraire, preuve que la
lumière
parvient maintenant en des points situés hors du cône SA'B'.
Tout se
passe comme si la très petite ouverture AB
devenait elle-même une source ponctuelle: nous dit que la lumière
se "diffracte". Nous reviendrons
plus tard sur cette propriété
de la lumière car il s'agit d'une étude mathématique assez élaborée
(cf. chapitre d'Optique Ondulatoire)
et donc complexe à manipuler
mais cependant fort intéressante.
Considérons maintenant
une source ponctuelle de lumière. Entre
la source et un écran E,
interposons un corps opaque de forme quelconque. Conformément à l'hypothèse
de la propagation rectiligne, nous observons un "cône
d'ombre" limité par
les rayons qui s'appuient sur le contour du corps interposé.
La région non éclairée
du corps opaque est "l'ombre propre", celle
qui correspond sur l'écran est "l'ombre
portée".
Si la source de lumière
est étendue, l'ombre portée et l'ombre propre n'ont plus leurs
contours nettement délimités. Leurs bords s'entourent d'une zone
intermédiaire
que l'on appelle la "pénombre".
COULEUR
Définition: Nous nommons "couleur" la
perception d'un excitation lumineuse suite à un processus neurophotochimique
par l'oeil
d'une ou plusieurs fréquences
d'ondes lumineuses avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).
Remarque: Il importe de ne jamais confondre "couleur",
notion perceptive, et "longueur d'onde", notion physique.
Ainsi, l'oeil humain est le plus souvent incapable de distinguer
un jaune monochromatique théorique (une seule longueur d'onde)
d'une composition
correspondante de vert et de rouge. Cette illusion permet d'afficher
du jaune sur nos écrans d'ordinateur, et, plus généralement
n'importe quelle couleur
De par le fait que la partie sensible de la rétine de
l'oeil humain est composée d'éléments appelés "cônes" sensibles
chacun à un petit intervalle correspondant respectivement au
rouge (via la molécule d'érythrolable), au
vert (via la molécule de chlorolabe) et au
bleu (via la molécule d'érythrolabe), nous pouvons
créer
n'importe
quelle couleurs en additionnant ces trois couleurs de base appelées "couleurs
fondamentales additives" (ou "couleurs
primaires additives").
Cela s'appelle la "synthèse
additive" des
couleurs.
L'associations française de normalisation (AFNOR) a défini
au 20ème siècle la principe de trivariance visuelle
de la manière
suivante: Un rayonnement de couleurs quelquonque peut être
produite visuellement à l'identique par le mélange
algébrique, en proportions
définies de manière unique, des flux lumineux de
trois rayonnements qui peuvent être arbitrairement choisis,
sous réserver qu'aucune
d'eux ne puisse être reproduit par un mélange des
deux autres.
Dans ce qui suit, nous noterons le rouge (R),
le vert (V), le bleu (B), le blanc (W),
le noir (N).
Couleur |
Longueur d'onde [nm] |
Fréquence [THz] |
rouge |
|
~ 625-740 |
~ 480-405 |
orange |
|
~ 590-625 |
~ 510-480 |
jaune |
|
~ 565-590 |
~ 530-510 |
vert |
|
~ 520-565 |
~ 580-530 |
cyan |
|
~ 500-520 |
~ 600-580 |
bleu |
|
~ 446-500 |
~ 690-600 |
violet |
|
~ 380-446 |
~ 790-690 |
Tableau: 39.1
- Valeurs de quelques longeurs d'onde et fréquences
Il est claire que vu les fréquences du spectre visible ce ne
sera pas demain qu'avec les matériaux connus au début du 21ème
siècle que nous allons construire des antennes ou paraboles capables
d'émettre à de telles fréquences! Déjà que 120 [GHz]
c'est un exploit alors 500 [THz] demain....
Remarque: Les cônes L de la rétine sons sensibles
aux ondes longues (580 [nm]), donc les rouges. Les cônes M,
sensibles aux ondes moyennes (545 [nm]), donc les verts.
Les cônes S, sensibles aux ondes courtes (440 [nm]),
donc les bleus. Quand au choix de cette gamme précise
du spectre électromagnétique par la Nature,
il suffit de regarder le spectre d'absorption de l'eau pour
voir que ça
tombe pile dans une fenêtre où l'eau absorbe très
peu. Du coup, nous pouvons voir loin même par temps humide.
En pointant trois faisceaux lumineux (R, V et B)
au même endroit, nous pouvons obtenir (au fait il serait plus
rigoureux de dire "percevoir" car ceci est propre seulement à certains
mammifères trichromates) de la lumière blanche.
Nous disons alors que le blanc (dans le sens humain du terme)
est la somme
des
trois couleurs fondamentales additives (rappelons qu'au fait
le blanc est rigoureusement la somme des toutes les couleurs
du spectre - donc que le blanc est constitué d'un spectre
lumineux continu). Toutes les couleurs imaginables sont obtenues
en variant
l'intensité de chacun des trois faisceaux. Le noir est
obtenu quand nous n'envoyons aucune lumière du tout.
Par exemple, si nous additionnons (dans le sens théorique
du terme : avec des composants de couleurs infiniment petits et
transparents...)
juste du rouge et du vert, nous obtenons du jaune (J),
si nous additionnons se du rouge et du bleu, nous obtenons du Magenta
(M),
si nous additionnons du vert et du bleu, on obtient du Cyan (C).
Nous pouvons donc résumer cela par les équations suivantes :
(39.3)
Ces trois couleurs (J, M, C) obtenues
en additionnant deux couleurs fondamentales additives sont appelées "couleurs
secondaires additives".
Schéma de la synthèse additive :

(39.4)
L'existence de ces trois types de pigment dans les
photorécepteurs des cônes sert de base physiologique au "modèle
trichromatique" ou de "trivariance
visuelle".
Définition: Une couleur est dite "couleur
complémentaire" d'une
autre si elles donnent du blanc quand on les additionne. Par
exemple, le jaune est la couleur complémentaire du bleu :
(39.5)
A l'opposé de la synthèse additive, il existe la "synthèse
soustractive des couleurs" : c'est celle dont
nous parlons quand nous enlevons de la couleur à une couleur
de base. C'est
par exemple le cas de l'encre ou des filtres colorés (dans le
sens où il y a un support de base dont il faut traiter la couleur).
Pour comprende quoi il s'agit, posons un filtre rouge sur un
rétroprojecteur.
La lumière
projetée sera rouge. Nous remarquons donc que le filtre a enlevé de
la couleur à la lumière blanche : W est devenu R mais
comme W = RVB, cela veut dire que le filtre rouge
a enlevé les couleurs VB à la lumière blanche du
rétroprojecteur. Avec le même raisonnement, nous comprenons qu'un
filtre V soustrait les couleurs RB et un filtre B soustrait RV.
Si nous empilons deux filtres de couleurs fondamentales
différentes : par exemple, un filtre R et un filtre V,
nous n'obtiendra rien du tout, autrement dit, du N.
En effet, le filtre R ne laisse passer que la lumière
rouge et le filtre V soustrait cette couleur (ainsi que
le B). Il ne reste donc plus aucune couleur, autrement
dit du N.
Nous remarquons donc que les filtres R, V et B ne
permettent pas de synthétiser différentes couleurs par soustraction
puisque nous obtenons du noir dès que nous en superposons deux
différents. Ce qui est très embêtant lorsque le support concerné est
du papier et que l'objectif est d'imprimer quelque chose de coloré.
Il est donc plus utile d'utiliser les filtres jaunes,
magenta et cyan (J, M, et C) des couleurs
additives secondaires. En effet, un filtre J laisse passer
du jaune, c'est-à-dire RV. Il ne soustrait donc que le B à la
lumière blanche d'origine. Selon le même principe, un filtre M soustrait V et
un filtre C soustrait R
Nous remarquons alors que la superposition de deux filtres
de ces couleurs secondaires donne une nouvelle couleur sur un
support existant. Nous pouvons ainsi synthétiser n'importe quelle
couleur en variant l'intensité de chacun des trois filtres (J, M et C)
que nous superposons (sur le rétroprojecteur ou le papier par
exemple). Nous appelons ces trois couleurs les "couleurs
fondamentales soustractives".
Schéma de la synthèse soustractive :

(39.6)
Exemples:
E1. Un écran de télévision ou d'ordinateur
fonctionne sur le principe de la synthèse additive des couleurs.
En effet, en regardant l'écran à la loupe, on peut se rendre
compte qu'il est rempli de petits groupes de trois luminophores
(zone brillant
quand on l'excite) R, V et B. Ces luminophores
sont tellement proches que quand ils s'allument ensemble, ils
donnent l'impression de se confondre et on perçoit uniquement
la synthèse additive des trois (pixel). Par exemple, sur
un écran
de télévision entièrement rouge, seuls les
luminophores rouges brillent. Par contre, si l'écran vire
au jaune, cela veut dire que les luminophores verts brillent
en même temps que les rouges.
E2. A l'opposé de la télévision, nous trouvons
les procédés
d'imprimerie qui fonctionnent en synthèse soustractive.
En effet, la feuille est blanche et il faut lui enlever des couleurs
pour
obtenir celle que nous désirons. La technique est la même
que celle des filtres : les encres contiennent des pigments
qui filtrent certaines couleurs. En utilisant des encres J, M et C,
nous pouvons obtenir toutes les couleurs du spectre visible.
Toutefois, les pigments ne sont pas parfaits et le noir est très
difficile à obtenir (surcharge d'encre et teinte plutôt brun
foncée). Nous avons donc recours au noir comme quatrième
couleur. Ce système s'appelle "l'impression
en quadrichromie". Il est
utilisé par
exemple par la plupart des imprimantes couleurs et dans les rotatives
de journaux.
Il est intéressant maintenant de s'intéresser aux phénomènes
qui superposent les deux concepts (si nous pouvons dire...).
Ainsi, un système
qui projette de la couleur selon le système RVB additif ou soustractif
peut lui-même être éclaire par un système équivalent. Il en résulte
ainsi une superposition d'effets.
Ainsi, quand nous parlons de la couleur des objets, nous
nous référons normalement à l'aspect qu'ils ont quand ils sont éclairés
par de la lumière blanche.
Exemple:
Une tomate rouge, absorbe une partie de la lumière blanche W (VB)
et diffuse le reste (R). C'est pour cela qu'elle nous
apparaît rouge quand on l'éclaire avec de la lumière
blanche. Un citron, lui, apparaît jaune car il absorbe le bleu
de la lumière
blanche W et diffuse le reste (RV).... Mais qu'en
est-il d'une tomate éclairée par une lumière
bleue? A quoi ressemble le citron si nous l'éclairons
en rouge ?
Nous pouvons répondre en raisonnant comme suit :
comme la tomate absorbe VB et donc intrinsèquement
le bleu (B), il ne reste donc rien. Elle apparaît alors
noire. Quant au citron, comme il absorbe le bleu (B) et
diffuse la lumière R+V alors si nous l'éclairons seulement
avec du rouge R il ne diffusera que du rouge et apparaîtra
donc rouge.
PHOTOMÉTRIE
La matière est capable d'émettre de
transmettre et/ou absorber de l'énergie électromagnétique. Plusieurs
facteurs caractérisent ce rayonnement telles que sa gamme spectrale,
son intensité, sa direction ainsi que certaines propriétés intrinsèques
à la matière. La photométrie se propose de rechercher les grandeurs
qui lui sont spécifiques ainsi que les lois qui les régissent.
Nous reconnaissons deux types de photométrie
: la "photométrie énergétique" et la "photométrie
visuelle". De ce qui va suivre, nous nous en tiendrons principalement
à la photométrie énergétique.
Au préalable, nous devons spécifier les conditions dans lesquelles
nous allons définir les nouvelles grandeurs. Nous admettrons donc
les hypothèses suivantes :
H1. Le rayonnement se propage dans un milieu transparent pour toutes
les intensités, les longueurs d'onde et leur polarisation
H2. La propagation s'effectue suivant des angles solides (cf.
chapitre de Trigonométrie). Nous écartons ainsi
la propagation avec des rayons parallèles
H3. La surface élémentaire dS d'étude est suffisamment
petite pour que les rayonnements de ses points soient identiques
mais pas trop petites pour éviter des phénomènes comme la diffraction.
FLUX ÉNERGÉTIQUE
Définition: Le "flux énergétique"
d'une source de rayonnement est la puissance qu'elle rayonne. Le
flux se
mesure en Watts [W] (soit des joules par seconde [J/s])
et il découle dès lors que pour une source qui rayonne une énergie
(non nécessairement constante), nous avons :
(39.7)
Exprimé dans certains domaines professionnels, l'unité photométrique
est le "Lumen" noté [lm] ou
en unité photonique en nombre de photons par seconde : 
LOI
DE BEER-LAMBERT
Si l'absorption et la diffusion
d'un milieu peuvent être considérées comme proportionnelles à l'épaisseur dz de
matière traversée, la variation de flux pourra s'écrire:
(39.8)
dans cette expression est
le flux incident et est
le coefficient d'atténuation linéique qui est fonction de la
fréquence
du rayonnement.
Nous aurons donc une simple équation différentielle
(cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral)
:
(39.9)
qui est la "loi
de Beer-Lambert"
(qui peut aussi s'exprimer à partir de l'intensité lumineuse
que nous définirons de suite après).
Ordres de grandeur : Atmosphère ;
,
Verre (BK7) ,
...
Remarque: La variation du coefficient d'absorption atmosphérique
avec la longueur d'onde permet notamment d'expliquer la couleur
bleue du ciel.
Il existe de nombreuses autres formulations de la loi de Beer-Lambert
dont une assez utilisée en physique nucléaire (voir
chapitre du même nom) dans le cadre de la radioprotection.
Voyons de quoi il s'agit :
Considérons un flux
de particules frappant perpendiculairement la surface d'un matériau
d'épaisseur dx et de densité atomique
N ( ).
Si nous considérons les particules frappant une surface
S, ces dernières peuvent théoriquement rencontrer
atomes cibles dans cette couche. Le nombre de particules interagissant
sera proportionnel à l'intensité fois ce nombre,
et nous avons :
(39.10)
Si nous admettons maintenant que les centres de diffusion sont
les électrons et non pas les atomes cibles, alors il faut
remplacer
par
où
avec Z étant le nombre d'électrons interagissant
par atome cible. D'où :
(39.11)
En identifiant avec la première
formulation de la loi de Beer-Lambert, nous voyons que
joue le même rôle que :
et
(39.12)
et dans l'hypothèse
où
l'électron constitue une "sphère
d'action" présentant
une surface frontale ,
étant le rayon de cette sphère. Alors :
(39.13)
et nous avons pour le rayon
de la sphère d'action de l'électron :
(39.14)
INTENSITÉ LUMINEUSE
Pour décrire le flux énergétique d'une
source, il faut commencer par le mesurer. Le capteur utilisé (thermocouple,
bolomètre, cellule photoélectrique, oeil ou autre) ne peut recevoir
qu'une partie : celle qui arrive dans l'angle solide défini
par sa section.
Définition: "L'intensité
lumineuse" ou "intensité
énergétique" I d'une source ponctuelle est
le flux rayonné dans
l'unité d'angle solide centré
autour d'une direction d'émission
:
(39.15)
Exprimée dans certains domaines professionnels, en unité photométrique
en "Candela" [Cd] ou
en unité photonique en (rappelons
que les stéradians n'ont pas d'unité au même titre que les radians)
Remarques: Une source est dite "source
anisotrope" ou "source
directionnelle" si
son intensité varie
avec la direction d'observation.
Par comparaison (car cela aide), une unité de Candela est équivalent
à l'intensité d'une source dans une direction donnée, qui émet
un rayonnement monochromatique de fréquence 540.1012 [Hz]
(ce qui correspond approximativement à la fréquence à laquelle
l'oeil
est le plus sensible), et dont le flux lumineux (ou intensité)
dans cette direction est 1/683 [W] par stéradian.
ÉMITTANCE
ÉNERGÉTIQUE
Définition: "L'émittance
énergétique", "excitance"
ou encore "éclairement" M
d'une source est le flux énergétique rayonné (puissance) par unité de
surface
dS en [W/m2] dans toutes
les directions de l'espace extérieur à la source et dépend des
propriétés physico-chimiques
de la surface émettrice :
(39.16)
Elle est souvent assimilée dans le vocabulaire courant à la "luminosité"
d'une source de lumière ce qui porte parfois à confusion
avec le concept d'intensité lumineuse.
l'émittance énergétique est exprimée dans
de nombreux domaines professionnels en unité photométrique
appelée "Lux" [lx] ou
en encore unité photonique
ou pire encore... en [lm/m2]. Par
exemple quand vous achetez une voiture, les feux de croisement
sont indiqués comme valant environ ~20 [lx].
Attention à ne pas confondre l'émittance énergétique
avec le flux énergétique!!!
Si la source est ponctuelle et son
rayonnement isotrope, sa direction n'est pas à prendre en considération.
Dans le cas de ladite sphère de rayon r,
l'émittance a alors pour expression :
(39.17)
Dans le cas précédent de la sphère, un élément dS de
la surface sphérique reçoit perpendiculairement le rayonnement.
En toute généralité, une surface élémentaire peut être inclinée
par rapport à la direction du rayonnement avec un angle .
Ainsi, nous devons projeter la surface sur la perpendiculaire du
rayonnement en utilisant les raisonnements élémentaires de la trigonométrie:
(39.18)
C'est cette projection qui explique
les saisons sur la Terre : la surface balayée par l'émittance à
peu près constante et isotrope du soleil (considéré comme une
source ponctuelle) est maximale à l'équateur (surface perpendiculaire)
et donc implique un flux supérieur par rapport à ce que reçoit
une latitude supérieure ou inférieure pour laquelle la projection
perpendiculaire de la surface concernée est plus petite que
celle à l'équateur pour
une émittance identique.
Remarques:
R1. L'émittance énergétique
n'est calculée
que dans le demi-espace extérieur avant (celui d'où nous regardons
la source), car seule la moitié de l'énergie échangée par les
points de la surface dS est
émise sous forme de rayonnement. L'autre moitié est échangée avec
les atomes situés dans le corps.
R2. L'émittance est habituellement aussi parfois notée F
ou encore E. Il faudra prendre garde cependant à ne pas
confondre l'émittance M avec la magnitude (noté de
la même manière) que nous définissons en astrophysique.
LUMINANCE ÉNERGÉTIQUE
Soit une source non ponctuelle
dont l'émittance énergétique M est
connue en tout point. Un élément dS de
la surface de ce genre de source sera par définition de l'intensité
pas nécessairement isotrope et donc plus lumineux (puissant) lorsque
l'on l'observe colinéairement au vecteur .
L'intensité énergétique I qu'il
rayonne dans une direction, formant un angle ,
avec la normale à la surface d'émission est toujours inférieure
à celle rayonnée dans la direction du vecteur .
Ainsi par simple application des règles trigonométriques nous
obtenons la définition de la "luminance" (ou "radiance")
:
(39.19)
exprimée dans certains domaines, en
unité photométrique en "Nits" ou
en unité photonique en 
Remarque: Lorsque nous nous préoccupons que de la lumière visible,
la luminance d'une source est quelque fois appelée "brillance"
ou "éclat" (attention ceci
n'est pas le cas lorsque l'on traite de l'éclat comme il est vu
en astrophysique).
Nous pouvons aussi écrire :
(39.20)
qui nous donne l'intensité énergétique
que rayonne une source de luminance L dans
une direction donnée.
Jean-Henri Lambert (1728-1777) a observé
que l'intensité énergétique de certaines sources (parmi toutes les
types de sources imaginables...) anisotropes diminue comme le cosinus
de l'angle ,
autour de la direction perpendiculaire à la surface de la source
:
(39.21)
Cette variation de l'intensité est
observée lorsque nous mesurons l'énergie thermique rayonnée par
un orifice percé dans un four (ce qui nous ramène au corps noir),
isolé thermiquement et dont la température interne est supérieure
à la température externe. Dans ce contexte, l'orifice est appelé
un "émetteur Lambert" et ne balaye un espace que de stéradian.
Remarque: Une source qui obéit à cette loi est dite "source
orthotrope".
LOI
DE LAMBERT
Une source obéit à la loi de Lambert
si sa luminance énergétique est la même dans toutes les directions,
c'est-à-dire que son intensité est isotrope et donc indépendante
de l'angle .
Nous avons alors :
(39.22)
Calculons l'émittance d'un émetteur
Lambert :
Nous avons donc par définition même
de la propriété d'un émetteur Lambert :
(39.23)
et nous avons :
(39.24)
Or nous avons démontré dans le chapitre
de Trigonométrie, qu'un angle solide
élémentaire était donné par :
(39.25)
Ce qui nous amène à écrire :
(39.26)
En appliquant une intégration
par parties (cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral) :
(39.27)
L'émittance valant :
(39.28)
Ce résultat est important pour l'étude
du rayonnement du corps noir, puisque la valeur de la luminance
mesurée par un capteur permet de déduire l'émittance M,
donc le flux énergétique de la source :
(39.29)
Remarque: Nous parlons de la "luminance"
d'une source et de "l'éclairement"
d'un objet (par une source).
LOI
DE KIRCHHOFF
Tout corps irradié par une source énergétique
voit le flux énergétique incident se répartir selon trois termes
intuitifs :
(39.30)
où :
- est
le flux énergétique géométrique réfléchi ou diffusé
- est
le flux énergétique qui traverse le corps sans interactions (transparence
intégrale)
- est
absorbé et transformé sous d'autres formes d'énergie
Les trois coefficients appelés
respectivement
"facteur de réflexion" , "facteur
de transmission"
et "facteur d'absorption" ,
dépendent de la longueur d'onde de
la lumière incidente et de la température du corps récepteur.
Pour chaque objet, nous avons bien
évidemment :
(39.31)
qui
est l'expression de la "loi de Kirchhoff
simple" (contrairement
à la version différentielle) en photométrie.
Remarque: En physique, nous retrouvons souvent des énoncés
de conservation sous la dénomination "loi de Kirchhoff" comme
en électrocinétique
par exemple.
DÉCOMPOSITION
SPECTRALE
De ce qui vient d'être dit, il découle
que toutes les grandeurs définies précédemment peuvent êtres rapportées
à leur décomposition spectrale en longueur d'onde. Ceci résulte
du principe de superposition : tout rayonnement peut être traité
comme la superposition
de rayonnements monochromatiques.
Ainsi, nous définissons :
(39.32)
et
de même :
(39.33)
Remarque: Les unités du flux spectral (ou "décomposé"),
intensité spectrale (ou "décomposée"), luminance spectrale
(ou "décomposée") ou émittance spectrale (ou "décomposée")
ainsi que les facteurs d'absorption spectrale (ou "décomposée"),
de réflexion spectrale (ou "décomposée") et de transmission
spectrale ne sont bien sûr pas équivalents à leur expression
intégrée
au niveau dimensionnel.
Nous aurons un grand besoin de la densité
de l'émittance lors de l'étude du corps noir dans le chapitre de
Thermodynamique de la section de Mécanique. Rappelez-vous
uniquement que nous avons en unités S.I. sur le principe de décomposition
(et inversement superposition) spectrale :
(39.34)
Remarque: Nous avons vu en thermodynamique que les paramètres définis
ci-dessus, étant dépendants de la longueur d'onde sont également
dépendants de la température qui émet ces mêmes ondes.
Loi
de rÉfraction
Pierre
de Fermat proposa que les rayons
lumineux répondaient à un principe très général
selon lequel le chemin emprunté
par la lumière pour se rendre d'un point donné à un
autre était
celui pour lequel le temps de parcours était minimum (en
fait un extremum qui peut être un minimum ou un maximum). Cette
proposition, appelée "principe
de Fermat", à la
base de l'optique géométrique s'appuie sur le principe
de moindre action (principe que nous avons déjà introduit
dans le chapitre de Mécanique Analytique) ce que nous démontrerons
plus loin.
Définition: "L'indice
de réfraction" d'un milieu à une
longueur d'onde donnée mesure le facteur de réduction
de la vitesse de phase de la lumière dans le milieu par rapport
au vide (la plus grande qui soit).
Tous les matérieux possèdent ainsi un indice de réfraction, d'une
valeur positive et supérieur à 1. Plus un milieu est dense, plus
la vitesse de phase de la lumière est ralentie, plus l'indice de
réfraction est élevé.
Considérons
(voir figure ci-dessous) deux milieux
et
d'indices de réfraction respectifs n et m
et dont la surface de contact est plane. Prenons deux points A
et B
situés respectivement dans le milieu d'indice n
(le point A)
et dans le milieu d'indice m
(le point B).
Considérons
le chemin de la lumière allant de A
à B.
Le principe de Fermat nous enseigne que le chemin emprunté par
la lumière est tel que le temps mis pour le parcourir est
minimum. Nous nous proposons dans un premier temps d'appliquer
une méthode
classique pour calculer le chemin du rayon lumineux et dans un
second temps, nous montrerons que le principe de Fermat peut être énoncé
comme un principe variationnel.
Choisissons
un repère qui simplifie le problème: faisons passer
l'axe des abscisses par le plan de contact des deux milieux et
l'axe des ordonnées par
le point B.
Dans un tel repère, les points A
et B
ont les coordonnées suivantes: .
Appelons
,
le point où le rayon lumineux traverse la surface de contact entre
les deux milieux. Le temps T mis pas la lumière pour aller de A
à B
est alors:


(39.35)
où :
et
(39.36)
sont
les vitesses de phase de la lumière dans les milieux et
.
Nous pouvons observer sur la figure ci-dessus que les rayons incidents
sont réfractés de l'autre côté de
l'axe perpendiculaire à l'interface.
Ceci est une caractéristique type des matériaux ayant
un indice de réfraction positif. Mais il est possible physiquement
de construire depuis les années 1990 des "métamatérieux" composites
artificiels à indice
de réfraction
négatif.
L'écriture
des deux relations précédentes :
et
(39.37)
se
justifie par le fait que nous pouvons nous se permettre
de faire l'hypothèse
que la vitesse de phase de la lumière ne croît pas
en traversant un corps dense mais se voit diviser par un facteur
donné dépendant
du milieu qu'elle traverse. Pour s'en convaincre, il suffit
d'imaginer
un
cas absurde où la lumière traverserait sans perte de
vitesse un corps de densité infinie!
En développant les valeurs de AM
et MB
nous obtenons la dépendance suivante de T
en fonction de la position x
de M :
(39.38)
Selon
le principe de Fermat, le chemin emprunté par la lumière
est celui pour lequel T est
minimum. L'extremum de T(x) est
atteint lorsque sa dérivée par rapport à x
est nulle.
(39.39)
Notons
que:
et
(39.40)
où
r
est "l'angle de réfraction" (à ne
pas confondre avec "l'angle de réflexion"!) et i
"l'angle d'incidence" de
la lumière allant de A à B.
La
condition d'un temps extremum mis par la lumière s'exprime
alors:
(39.41)
D'où
nous tirons la relation, connue sous le nom de "loi
de Snell-Descartes"
(qui n'est plus une loi puisque démontrée):
(39.42)
Il
suffit que les angles d'incidence et de réfraction remplissent
cette condition pour que le chemin parcouru par la lumière
soit effectivement celui qui prend le moins de temps.
Nous
notons plus fréquemment cette loi en physique de la manière
suivante :
(39.43)
où
est "l'indice
de réfraction relatif" du milieu 2 par rapport
au milieu 1 qui ont respectivement leur propre "indice
de réfraction absolu" .
Remarques:
R1. Nous verrons lors
de notre étude de l'optique ondulatoire que nous pouvons retrouver
(démontrer) cette même relation mais sans les hypothèses de bases
de l'optique géométrique. Dès lors, cette dernière relation
est appelée "relation de Descartes-Snellius" ou plus
simplement
"loi de Snell".
R2. Quand nous parlons
de l'indice de réfraction d'un milieu m sans faire référence
à un autre milieu, le milieu implicite est le vide.
R3. Certains matériaux n'ont pas un indice de réfraction
isotrope : il dépend alors de la direction de propagation
et l'état de polarisation de la lumière. Cette propriété porte
le nom de "biréfringence".
Etudions
maintenant la relation entre l'indice de réfraction
relatif et la vitesse de phase la lumière dans les différents
milieux qu'elle traverse:
Un rayon lumineux relie
deux point
et
situés
de part et d'autre de S.
Ce rayon n'est pas représenté dans la figure. Ne sont tracés
que trajets situés de part et d'autre du rayon qui réalise l'extremum
(nous nous basons sur l'étude du trajet maximum maintenant).
Par hypothèse, ils sont extrêmement proches, si bien que la
distance
est
très faible:
(39.44)
Nous admettons qu'ils correspondent
au même temps de parcours.

(39.45)
Puisque les deux trajets sont très
proches, nous pouvons admettre l'égalité des distances et
d'une
part, et
de
l'autre. Ainsi, par hypothèse:
(39.46)
Mais, sous la même hypothèse:

(39.47)
si bien que:
(39.48)
La "loi
de la réfraction"
s'énonce finalement
en général:
(39.49)
Quant à "l'angle de réflexion", ce dernier est égal à l'angle
d'incidence si la surface de réflexion est parfaitement régulière
et plate.
Le
principe de Fermat présente donc d'évidentes similitudes
avec le principe de moindre action en cela qu'il consiste en un
principe
du minimum. Bien qu'une description rigoureuse de la lumière
nécessite
l'introduction de la physique quantique il est toutefois possible
de l'appréhender par le biais de la mécanique analytique
et de lui appliquer, sous certaines conditions, le principe de
moindre
action.
Nous allons montrer que nous retrouvons ainsi le principe de Fermat.
Les calculs que nous allons présenter introduisent de nombreuses
hypothèses hasardeuses mais en tout état de cause,
ce procédé doit
être considéré comme une approximation. A noter que
le principe de Fermat procède lui aussi d'une même approximation
que nous pouvons qualifier de "limite classique".
Imaginons
que la lumière est composée de "grains" matériels. Il
faut alors admettre que ces grains obéissent à des propriétés
physiques plutôt singulières: leur masse est nulle puisque selon
la description classique, les rayons lumineux ne sont pas déviés
par le champ gravitationnel. Cette absence de masse les rend
donc insensibles au champ gravitationnel
terrestre (attention ! nous sommes dans une description "classique").
Ecrivons
l'action pour l'un de ces grains de lumière :
(39.50)
Or,
en supposant que le seul champ de potentiel V présent
est celui qui dérive du champ gravitationnel et que nous admettons
que la lumière comme y étant insensible (nous savons en relativité
général que cela est faux mais nous avons précisé tout à l'heure
que nous ferions des approximations), il s'ensuit que l'action
de la lumière peut s'écrire:
(39.51)
Or,
aucune force ne s'applique sur la lumière, par conséquent
l'énergie
cinétique T est une constante du
mouvement. Appliquons le principe variationnel de moindre action:
(39.52)
D'où
nous tirons:
(39.53)
Cette équation signifie que le temps mis par la lumière le long
de sa trajectoire est minimum (ou plus généralement, est un extremum).
Nous retrouvons le principe de Fermat. Nous avons donc montré,
qu'à
la limite classique et sous certaines hypothèses, le principe de
Fermat découle directement du principe de moindre action.
EFFET TCHERENKOV (CERENKOV)
Nous avons vu dans les paragraphes précédents l'hypothèse
(relativement intuitive) que la vitesse de phase de propagation
de la lumière
dans un milieu d'indice de réfraction n n'était
pas égal à c mais toujours inférieur
en écrivant cela :
(39.54)
L'effet Tcherenkov est (basiquement) un phénomène
similaire à
une onde de choc (en acoustique), produisant un flash de lumière,
et qui a lieu sur le trajet d'une particule chargée se
déplaçant
dans un milieu avec une vitesse de phase supérieure à la
vitesse de la lumière
du milieu (l'explication rigoureuse sort du cadre d'étude
de ce site de par sa complexité de traitement!).
Effectivement, rappelons d'abord que nous avons vu dans le chapitre
d'Électrodynamique que toute particule chargée en mouvement émettait
une radiation électromagnétique. Ensuite, nous avons vu dans les
paragraphes précédents que la vitesse de la lumière
dans un milieu donnée dépendait de l'indice de réfraction de
ce milieu (hypothèse qui se vérifie par la justesse
expérimentale
des développements théoriques qui en découlent).
Remarques:
R1. C'est cet effet qui provoque la luminosité bleue de l'eau
entourant le coeur d'un réacteur nucléaire.
R2. Parfois certains se demandent pourquoi les particules chargées
peuvent aller plus vite que la lumière dans un milieu autre que
le vide. C'est simple au fait : même si les deux particules rencontrent
à peu près les mêmes obstacles et difficultés à se propager le photon
ne peut être accéléré par une impulsion alors qu'une particule chargée
peut se voir être accélérée par un phénomène donné dans un milieu
donné.
Nous avons donc deux données de bases. La vitesse de la particule
chargée qui peut s'écrire sous la forme suivante avec les notations
relativistes :
(39.55)
et la vitesse de de phase de la lumière dans un milieu
avec un indice de réfraction
donné :
(39.56)
Il est facile de voir que pour obtenir il
faut avoir :
(39.57)
Soit :
(39.58)
Certains auteurs préfèrent comparer la distance parcourue par
la lumière par rapport à celle parcourue par la particule. Il vient
ainsi :
(39.59)
Et donc pour que la particule parcoure des distances égales à
celles de la lumière dans le même temps il faut que .
Au-delà, apparaît l'effet Tcherenkov.
FORMULES
DE DESCARTES
Nous avons discuté précédemment
certains phénomènes qui se produisent lorsqu'un front
d'onde passe d'un milieu à un autre dans lequel la propagation
est différente. Non seulement nous avons analysé ce
que devient le front d'onde, mais encore nous avons introduit
le
concept de "rayon" qui est particulièrement utile pour les
constructions géométriques. Nous nous proposons
maintenant d'approfondir les phénomènes de réfraction
et de réflexion d'un point de vue géométrique
en utilisant le concept de rayon comme l'outil permettant de
décrire
les processus qui prennent place aux surfaces de discontinuité
de la propagation. Nous admettrons également que les processus
se limitent à des réflexions et réfractions,
aucune autre modification n'affectant les surfaces d'onde.
Ce traitement géométrique
est correct tant que les surfaces et les discontinuités
rencontrées
par l'onde au cours de sa propagation sont très grandes
devant la longueur d'onde. Tant que cette condition est remplie,
le traitement
s'applique aussi bien aux ondes lumineuses, acoustiques (en particulier
ultrasonores - très hautes fréquences),
sismiques, etc.
Nous commençons par
considérer
la réflexion des ondes sur une surface. Nous devons d'abord
établir certaines définitions. Le centre de courbure
C (cf. chapitre
de Géométrie
Différentielle)
est le centre de la surface sphérique de la figure ci-dessous
et le sommet O est le pôle de la calotte
sphérique.
Définition: La droite
passant par O et C est
appelée "axe
optique".
Si nous prenons O pour origine des coordonnées, toutes les quantités
mesurées à droite de O seront prises comme positives, toutes celles à gauche comme
négatives.

(39.60)
Supposons que le point P soit une source d'ondes sphériques. Le rayon
donne par réflexion le rayon
et, comme les angles d'incidence et de réflexion sont égaux
par rapport à la perpendiculaire AC de la surface (comme nous l'avons déjà fait remarquer
lors de notre étude de la réfraction), nous voyons
sur la figure que :
et
(39.61)
d'où :
(39.62)
En admettant que les angles
et
sont très petits, c'est-à-dire que les rayons sont
"para-axiaux" et que la source est
très distante ou que
le détecteur est très petit par rapport à la
source, nous pouvons écrire avec une bonne approximation
(développement
de MacLaurin pour de petits angles) :
(39.63)
En substituant ces valeurs approximatives
de
et
dans ,
nous obtenons :
(39.64)
qui est la "formule
de Descartes pour la réflexion sur une surface sphérique concave".
Elle implique, dans l'approximation utilisée pour l'établir,
que pour tous les rayons incidents passant par P passeront
par Q après réflexion sur la surface.
Nous pouvons alors dire que Q est "l'image
de l'objet" P.
Dans le cas particulier où le
rayon incident est parallèle à l'axe optique, ce qui
équivaut à placer l'objet à une très
grande distance du détecteur, nous avons
. La formule de Descartes devient alors :
(39.65)
et l'image se forme au point
F appelée "foyer", et sa distance du détecteur donnée
par :
(39.66)
est appelée "distance
focale".
La relation obtenue précédemment est également
valable pour une surface convexe. Effectivement, il suffit de
tirer
les traits représentant les rayons lumineux au-delà
de la surface concave pour voir que l'objet d'étude est
le même à une symétrie près :

(39.67)
La seule différence entre la
surface concave et convexe tient au fait que dans le cas de la
surface convexe, l'image de l'objet réfléchi apparaît
comme s'il semblait être derrière la surface (à
l'équivalent du point P).
Ceci nous amène à définir la terminologie
suivante :
Définition: Dans
le cas d'une surface concave, nous disons que l'image d'un objet
est une "image
réelle" alors que dans le cas d'une surface convexe,
nous disons que l'image d'un objet est une "image
virtuelle".
Remarque: Si l'ouverture du miroir est grande, de telle
sorte qu'il reçoive des rayons fortement inclinés
la formule de Descartes que nous avons précédemment
déterminé
n'est plus, nous le savons, une bonne approximation Il n'y a plus
dans ce cas une image ponctuelle bien définie d'un "point
objet", mais un nombre infini d'entre elles : en conséquence
l'image d'un objet de grandes dimensions apparaît flou
puisque les images se superposent. Cet effet porte le nom "d'aberration
de sphéricité" et la partie de l'axe optique
qui contient l'ensemble des images réfléchies
s'appelle alors la "caustique par réflexion".
L'aberration de sphéricité ne peut pas être
éliminée, mais un dessin approprié de la surface
permet de la supprimer pour certaines positions sur l'axe optique
appelées "stigmatiques". Par
exemple, dans notre cas d'étude précédent,
il est évident (par construction géométrique)
que si nous posons P en C, alors le point C
devient alors le point stigmatique. Nous disons alors qu'il est
le point "rigoureusement stigmatique".
Par contre pour le miroir
parabolique tous les rayons convergent vers le foyer du miroir
où est concentrée
l'énergie lumineuse reçue par le miroir. Réciproquement,
nous plaçons le filament d'une lampe au foyer d'un miroir
parabolique pour obtenir des projecteurs de grande portée.
Nous donnons aussi une forme parabolique aux antennes de réception
des ondes hertziennes. Pour la télévision diffusée
par des satellites comme on travaille en ondes centimétriques
(fréquence de quelques GHz) une distance focale de
l'ordre
du mètre
est convenable pour l'antenne (in extenso cela s'applique aux télescopes
et radiotélescopes).

(39.68)
L'idée pour démontrer
que le foyer de la parabole est le point stigmatique rigoureux est
la suivante :
Reprenons le schéma
que nous avons utilisé lors de notre étude des
coniques dans le chapitre de Géométrie Analytique
:

(39.69)
Nous y avons rajouté le
point
qui est la projection orthogonale du point M (point
d'incidence du rayon lumineux) ainsi que la tangente de la parabole
au point M.
Si nous arrivons à démontrer que la tangente à
M est la médiatrice du segment ,
alors nous démontrons également que l'angle d'incidence
et de réflexion sont bien égaux.
Prenons l'équation
:
(39.70)
d'une
parabole de paramètre (cf.
chapitre de Géométrie Analytique) rapporté à un
repère
principal .
Le foyer à donc pour coordonnées et
la directrice a pour équation :
(39.71)
Nous obtenons l'équation
de la tangente en
par la dérivée en ce même point (attention...
rappelez-vous de l'orientation particulière de la parabole!)
:
(39.72)
Ce qui s'écrit encore :
(39.73)
et en sachant que :
(39.74)
nous
obtenons donc l'équation de la tangent :
(39.75)
Un des vecteurs directeur de la tangente
est donc alors :
(39.76)
D'autre part, nous avons (cela se vérifie
facilement en posant )
:
et
(39.77)
Nous avons donc le produit scalaire
:
(39.78)
comme les vecteurs et
ont même norme d'après la définition de la
parabole, nous en déduisons déduit que le vecteur
(directeur de la tangente) dirige la bissectrice de l'angle des
vecteurs et
et donc par extension que la tangent à M est bien la médiatrice de .
Nous pouvons toujours dans le cadre
des surfaces sphériques, déterminer le grandissement
:

(39.79)
où pour rappel le centre de courbure
C (cf. chapitre de Géométrie
Différentielle) est le centre de la surface sphérique
de la figure ci-dessous et le sommet O est le pôle
de la calotte sphérique.
Ainsi, le "grandissement"
M d'un système
optique est défini comme le rapport de la grandeur de l'image ab à celle
de l'objet AB, c'est-à-dire :
(39.80)
Nous
voyons d'après la figure ci-dessus que :
(39.81)
Nous avons donc, en tant compte de
ce que
:
(39.82)
d'où :
(39.83)
Faisons maintenant une étude
équivalente à celle effectuée précédemment,
ayant les mêmes propriétés de symétrie
et les défauts, mais sur les "dioptres
sphériques"
(résultats intéressant pour ce qui est de l'étude
de l'oeil).
Nous allons donc considérer
la réfraction au passage d'une surface sphérique séparant
deux milieux d'indices de réfaction absolus
et
(voir figure ci-dessous).

(39.84)
où pour rappel le centre de courbure C (cf.
chapitre de Géométrie Différentielle)
est le centre de la surface sphérique de la figure ci-dessous
et le sommet O est le pôle de la calotte sphérique.
Les éléments géométriques
fondamentaux sont les mêmes que ceux définis pour les
surfaces sphériques.
Nous considérons donc dans un
premier temps un dioptre concave et observant que la "distance
objet"
est situé à l'opposé des autres points, nous
devons opter à une convention de signe pour mettre cette
observation en évidence dans les équations. Ainsi,
q sera défini comme une valeur négative.
Un rayon incident tel que
PA est réfracté suivant AQ et
coupe donc l'axe optique en q.
Nous observons sur la figure que :
et
(39.85)
Remarque: Nous avons opté pour 
pour refléter le fait que q est négatif
d'après
nos conventions de signe. Sinon quoi, les relations trigonométrique
remarquables nous donneraient un q positif.
Nous avons d'après la loi de
Snell :
(39.86)
et nous admettrons comme pour les surfaces
sphériques que les rayons sont peu inclinés. Dans
ces conditions les angles
et
sont très petits et que nous pouvons écrire à
l'aide des développement en série de MacLaurin
et
de sorte que la loi de Snell s'écrit :
(39.87)
D'après la figure nous pouvons
faire les approximations :
(39.88)
de sorte qu'en substituant dans l'approximation
de la loi de Snell nous trous après simplification élémentaire
:
(39.89)
qui constitue la "formule
de Descartes pour la réfraction au passage d'une surface sphérique".
Bien qu'elle ait été démontrée dans
le cas d'une surface concave, elle reste valable pour les surface
convexe en tenant compte alors de ce que r est négatif à son tour.
Le "foyer
objet"
appelé également "premier point
focal" d'une surface
sphérique réfringente est la position d'un point objet
de l'axe optique tel que les rayons réfractés soient
parallèles à l'axe optique, ce qui revient à
former l'image du point à l'infini, où .
La distance de l'objet à la surface sphérique est
appelée alors "distance focale objet", et nous la désignons
par .
En posant
et .
Nous avons alors :
(39.90)
La distance focale
est positive et le système dit "convergent" quand le foyer
objet est réel, placé devant la surface sphérique.
Quand le foyer objet est virtuel la distance focale
est négative et le système est dit "divergent".
De même, si les rayons
incidents sont parallèles à l'axe optique, ce
qui revient à
avoir un objet très éloigné de la surface
sphérique
,
les rayons réfractés passent par un point
de l'axe optique appelé "foyer image" ou "second
point focal"
(avec à nouveau les même problèmes de stigmatisme).
Dans ce cas la distance de la surface sphérique à
l'image est appelée "distance focale
image" et nous la désignons
par .
En posant
et
nous avons alors :
(39.91)
Intéressons nous maintenant
à un autre type de surface réfléchissantes
et réfractantes: les lentilles.
Une lentille est par définition
un milieu transparent limité par deux surfaces courbes
(généralement
sphériques), bien que l'une des faces d'une lentille puisse
être plane. Une onde incidente subit donc deux réfractions
à la traversée de la lentille. Admettons pour simplifier
que les milieux de part et d'autre de la lentille sont identiques
et leur indice de réfraction égal à 1 (l'air
ou le vide par exemple) tandis que l'indice de réfaction
de la lentille est n.
Nous ne considérerons également que les lentilles
minces, c'est-à-dire dont l'épaisseur est très
petite devant les rayons de courbure :

(39.92)
L'axe optique est maintenant
la droite déterminée par les deux centres .
Considérons le rayon incident PA passant
par P.
Au passage de la première surface, le rayon incident est
réfracté suivant le rayon AB.
Si nous le prolongions, le rayon AB passerait
par Q' qui est donc l'image de P donnée
par le premier dioptre. La distance q' de Q'
à
s'obtient par l'application de la seconde formule de Descartes
(sans oublier que la première partie de la lentille est
un dioptre convexe) :
(39.93)
Mais en ayant
d'où :
(39.94)
En B le
rayon subit une deuxième réfraction et devient
le rayon BQ.
Nous pouvons dire alors que Q est "l'image
finale" de
produit par le système des deux dioptres constituant la
lentille. Mais, en considérant la réfraction en
B, l'objet (virtuel) est Q'
et l'image est Q,
à une distance q de la lentille. Donc, en appliquant à nouveau :
(39.95)
avec à nouveau
et en prenant garde au fait que selon notre point de référence
q devient -q'
nous avons alors :
(39.96)
En combinant les deux relations
précédentes
pour éliminer q'
nous trouvons que :
(39.97)
ce que constitue la "formule
de Descartes pour les lentilles minces". En écrivant
cette équation,
il convient d'appliquer à
la convention des signes que nous avons fixés, c'est-à-dire
que les rayons sont positifs pour une surface concave et négatifs
pour une surface convexe, vue du côté duquel la
lumière
frappe la lentille.
Le point O dans la figure précédente,
est choisi de façon
à coïncider avec le "centre optique" de
la lentille. Le centre optique à pour propriété d'être
un point tel que tout rayon passant par lui sort parallèlement
à la direction du rayon incident!!
Pour montrer qu'en tel point existe,
considérons, dans la lentille ci-dessous (à symétrie
horizontale et verticale) :

(39.98)
Considérons les deux rayons
parallèles
générateurs des dioptres (éléments de
la lentille) choisis tels que les plans tangents correspondants
et
sont par construction aussi parallèles.
Pour le rayon ,
dont la direction est telle qu'il se réfracte suivant ,
le rayon émergent est
et parallèle à
de par la symétrie horizontale de la lentille. Ainsi, les
triangles
et
étant semblables quels que soient les "rayons
générateurs",
nous voyons ainsi que la position de O est satisfaite par la relation :
(39.99)
et existe donc indépendamment
des rayons générateurs.
Comme dans le cas d'un simple dioptre,
le foyer objet ,
ou "premier point focal d'une lentille" est la position de l'objet
pour laquelle les rayons émergent parallèlement à
l'axe optique ( )
après avoir traversé la lentille. La distance de la
lentille à
est alors appelée "distance focale
objet" nous la désignons
par f.
En posant alors
et
dans l'équation de Descartes précédente, nous
obtenons la distance focale objet sous la forme :
(39.100)
que nous appelons parfois "équation
de l'opticien".
Pour un rayons incident
parallèle
à l'axe optique (q - f)
le rayon émergent passe un point ,
caractérisé par ,
et appelé "foyer image d'une lentille" ou "second
point focal d'une lentille".
Par conséquent,
dans une lentille mince les deux foyers sont placés symétriquement
de chaque côté.
Par ailleurs, si f est
positif, la lentille est dite "lentille
convergente",
si f est négatif elle est dite "lentille
divergente".
Remarque: A nouveau, les problèmes d'aberrations
sont aussi existants pour les lentilles.
ÉQUATION
DE CONJUGAISON
Tout point d'un objet étendu (non ponctuel donc!)
envoie de la lumière dans toutes les directions de l'espace.
Si une partie de cette lumière tombe sur une lentille, elle
en émerge soit convergente en un point, soit divergente
en semblant venir d'un point image.
Pour trouver l'image, il
suffit
alors de considérer intuitivement les situations suivantes dans
le cas d'une lentille convexe (à gauche) ou concave (à droite):
1. Si les rayons lumineux, non confondus avec l'axe de symétrie
horizontal de la lentille, passent par le centre optique O de
la lentille convexe ou concave, nous avons
vu plus haut qu'à ce moment ils sortent alors
parallèles aux rayons entrants.
2. Si les rayons lumineux, confondus avec l'axe de
symétrie horizontal de la lentille, passent par le centre
optique
O de la lentille convexe ou concave (donc ils passent
par le centre optique O)
alors ils seront non déviés (c'est une situation
particulière
du cas suivant!).
3. Si les rayons lumineux partant de l'objet et se dirigeant
vers la lentille sont parallèles à l'axe de symétrie
horizontal de la lentille et
non confondus
ou confondus
avec ce dernier, alors si la lentille est convexe nous avons
démontré
qu'ils convergent tous sur un même foyer image .
4. Si les rayons lumineux partant de l'objet et se dirigeant
vers la lentille sont parallèles à l'axe
de symétrie horizontal de la lentille et non confondus
ou confondus avec ce dernier, alors si la lentille est concave
nous avons démontré qu'ils divergent tous et qu'ils
ont une image virtuelle venant pour tous du foyer objet (c'est
la situation miroir du cas précédent!).
5. Tous les rayons partant de l'objet qui ne sont pas parallèles
à l'axe de symétrie horizontal de la lentille et qui ne passent
pas par le foyer objet en
se dirigeant vers la lentille convexe alors sortiront non parallèles
de la lentille.
6. Tous les rayons partant de l'objet qui ne sont pas parallèles à l'axe
de symétrie horizontal de la lentille et qui ne passent
pas par le foyer objet en
se dirigeant vers la lentille concave alors sortiront non parallèles
de la lentille (c'est le cas miroir du cas précédent).
Si nous sommes attentifs, nous voyons que les 6 situations ci-dessus
qui sont intuitives peuvent se réduire par symétrie miroir à
3 situations (1), (3), (5).
Appliquons cette superposition à
l'exemple de la fleur ci-dessous située à une distance
entre f et 2f d'une
lentille convergente (convexe).
Du sommet S, traçons
ses 3 rayons. Ils convergent par construction géométrique
(donc résultat à accepter tel quel) au même
point P (ce que nous avons démontré),
qui est l'image du sommet
S de la fleur mais à une distance
non symétrique par
rapport à O.
De même, E est l'image de D.

(39.101)
Le schéma ci-dessus fournit
donc une relation analytique entre les distances de l'image et de
l'objet et la distance focale.
Les triangles
et
sont semblables et tous leurs angles sont donc égaux ce
qui nous amène à écrire par application du
théorème
de Thalès (cf. chapitre de Géométrie
Euclidienne) :
(39.102)
où .
Les triangles SOD et
POE sont aussi semblables d'où à nouveau par application
de Thalès :
(39.103)
En combinant les deux derniers rapports,
nous obtenons ainsi "l'équation de
conjugaison" (qui ne s'accorde
pas...) :
(39.104)
L'application de cette équation
est très importante. Elle permet en définissant à
quelle distance
on place un objet de la lentille et en souhait avoir son image à
une distance ,
quelle doit être la distance focale de la lentille convergente
(et ce indépendamment des indices de réfraction !).
Un peu de biologie... :
Le cristallin de l'oeil pouvant se déformer
sous l'effet de certains muscles, constitue une lentille à
focale variable permettant d'accommoder la vision des objets à
distance variable. La distance du centre optique à la rétine
étant fixe, le seul moyen de voir clairement des objets situés
à des distances différentes est de modifier la distance
focale. Dans son état ordinaire, le cristallin a une configuration
assez plate, avec un grand rayon de courbure (il a alors une grand
distance focale).
L'oeil à pour rôle de focaliser
la lumière provenant d'un objet à l'infini (environ
25 centimètres pour un humain moyen...) sur la rétine.
Mais tous les yeux ne font pas cela correctement et le "punctum
remotum" (distance maximale de vision distincte sans accommodation)
est parfois à une distance finie, même parfait inférieur
à cinq mètres (entraînant probablement une fatigue
des yeux).
Si l'objet s'approche, les muscles
se contractent, le cristallin gonfle et sa distance focale diminue
de façon que l'image se forme toujours sur sa rétine.
Le point le plus proche qui peut être vu clairement avec
le maximum d'accommodation est appelé le "punctum
proximum".
Cette distance évolue beaucoup avec l'âge : elle est
de dix centimètres pour un enfant de dix ans, de cent centimètres
pour une personne de soixante ans (c'est la presbytie).
Il est habituel de parler
de "puissance dioptrique" d'une
lentille qui est simplement l'inverse de sa distance focale.
La puissance d'une lentille s'exprime ainsi en "dioptries" où .
Ainsi :
(39.105)
PRISME
En optique, le prisme est un des composantes les plus importants.
On le retrouve en chimie, en physique de la matière condensée,
en astrophysique, en optoélectronique et encore dans beaucoup d'autres
appareils courants de la vie de tous les jours (comme les lentilles).
Nous allons dans les paragraphes qui suivent déterminer les relations
les plus importantes à connaître relativement aux prismes et utiles à l'ingénieur
et au physicien.
Nous nous intéressons aux rayons lumineux entrant par une face
et sortant par une autre ayant subit deux réfractions (nous n'étudierons
par les réflexions).
Voici la représentation type d'un prisme en optique géométrique
avec le rayon incident S et sortant S ' et les deux
normales N, N ' aux arêtes du sommet d'ouverture .
Plus les divers angles d'incidence et de réfraction:

(39.106)
Nous savons que la somme des angles d'un quadrilatère (toujours
décomposable en deux triangles dont la somme des angles est )
vaut .
Donc dans le quadrilatère délimité par les sommets 1234. Nous avons
la somme:
(39.107)
Maintenant que la situation est posée passons à la partie optique...
Nous avons quatre relations fondamentales à démontrer pour le
prisme.
D'abord, nous avons au point d'incidence I et I '
la loi de Descartes qui nous permet d'écrire:
(39.108)
Comme l'indice de réfraction de l'air est de 1 alors nous avons
simplement en I:
(39.109)
Dans la même idée en I ' nous avons:
(39.110)
Donc:
(39.111)
Nous avons aussi la relation:
(39.112)
Soit:
(39.113)
L'angle de déviation D est facile à déterminer. Il suffit
de prendre le quadrilatère central:
(39.114)
Donc:
(39.115)
Nous avons donc les 4 relations fondamentales du prisme:
(39.116)
Connaissant i et i' et l'indice de réfraction m nous
pouvons alors déterminer tous les paramètres.
L'idéal serait encore de pouvoir se débarrasser de la connaissance
expérimentale de i'.
Nous avons donc:
(39.117)
Or:
(39.118)
Ainsi il vient:
(39.119)
Donc:
(39.120)
Puisqu'il est avéré que l'indice m d'un milieu varie avec
la longueur d'onde on comprend aisément que le prisme est capable
de disperser la lumière blanche.
Enfin, si i est
petit en prenant au premier ordre:
(39.121)
Dès lors, si i est petit, i/m l'est aussi donc:
(39.122)
Donc si i et sont
petits:
(39.123)
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