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ÉLECTROSTATIQUE
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| OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE
| OPTIQUE
ONDULATOIRE
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
23.07.2010 22:20
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Nous allons dans ce chapitre étudier
un ensemble d'équations qui peuvent résumer à elles
seules l'ensemble de nos connaissances sur l'électrostatique
et la magnétostatique.
Ces équations, au nombre de quatre, se nomment "équations
de Maxwell-Heaviside" (que nous abrégerons
par abus comme de nombreux autres ouvrages "équations
de Maxwell") et vont nous permettre d'aborder la
branche de la physique appelée "électrodynamique"
et donc des ondes électromagnétiques.
Remarque: Il est très important de bien comprendre ce
qui va suivre! Certains des développements seront réutilisés
dans les chapitres de Relativité Restreinte, de Physique
Quantique Des Champs, etc. Par ailleurs, il faudrait que le
lecteur
lise en parallèle le chapitre de Relativité Restreinte
pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de certains
résultats
et la provenance de quelques outils mathématiques.
Rappel : Nous supposerons que tout à chacun sait en ce
début de 3ème millénaire que les rayons gamma,
les ondes radio, les micro-ondes, la lumière visiible
(et non visible) sont simplement des ondes électromagnétique
(E.M.) de fréquences différentes!
Première
équation de Maxwell
Soit
définit un champ de vecteurs
dans l'espace. Considérons une surface S fermée
dans le champ. Alors à chaque point (x, y, z)
appartenant à la surface correspond un vecteur du champ.
Dans
ce cas le théorème d'Ostrogradsky (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel)
donne :

(37.1)
avec
V étant le volume de la surface (dite "surface
de Gauss")
fermée.
Remarque: Le théorème d'Ostrogradsky est
vérifié à condition
qu'il n'existe pas de singularités de   dans
V.
Rappel
: Dans le cas du théorème de Ostrogradsky le vecteur est
conventionnellement dirigé vers l'extérieur de la surface.
Dans
le cas particulier du champ électrique, nous obtenons des résultats
très intéressants. En effet soit une charge
Q repérée
par rapport à un référentiel par le vecteur .
Alors, nous avons vu dans
le chapitre d'Électrostatique qu'en chaque point de l'espace
il existe un champ
tel que:
(37.2)
d'où :
(37.3)
Comme
nous pouvons le constater, le champ
possède une singularité
en
. Considérons une surface de Gauss tel que la charge Q se
trouve à l'extérieur de cette surface. A l'intérieur
du volume V
délimitant la surface S le champ
ne possède alors pas
de singularité. Nous pouvons donc calculer la divergence
de :

(37.4)
Donc si nous
calculons le flux à travers cette surface nous trouvons (voir le
chapitre de Calcul Vectoriel pour la description détaillée
de l'opérateur
Nabla):
(37.5)
Le flux
est nul !
Dans
le cas où la charge Q se trouve à l'intérieur de
la surface de Gauss n'est
plus défini en nous
avons alors:
(37.6)
Avec
étant
le flux de sur
une petite boule B entourant la charge ponctuelle Q.
Dans ce
cas :
(37.7)
car la divergence est définie partout sur V-B.
Il nous reste donc:
(37.8)
Mais dans
le cas d'une sphère il est facile de calculer
Nous avons
:
(37.9)
d'où
la "première équation de Maxwell"
ou "loi de Gauss" pour le
champ électrique (ou "théorème de Gauss")
:
(37.10)
Explications : Cette équation
suggère
que le flux du champ électrique traversant une surface close (d'où le
cercle sur l'intégrale) est égale, à un facteur dimensionnel
près, à la
charge totale enfermée dans cette surface.
Remarques:
R1. Il est intéressant
(et trivial) de remarquer que le résultat est identique si
nous prenons la formulation relativiste (cf.
chapitre de Relativité Restreinte) de l'expression
du champ électrique
(à cause des différentielles
qui sont partielles et non totales) !
R2. L'intégrale de la dernière relation est une
intégrale
curviligne (donc évaluée sur une courbe). Dans le
domaine de l'électrodynamique les intégrales curvilignes
s'appliquent très souvent sur des chemins ou surfaces
fermées
d'où l'indication d'un cercle superposé au symbole
de l'intégrale portant alors le nom de "circulation
du champ de vecteurs".
Si nous exprimons maintenant cette
équation en fonction du potentiel électrique, nous obtenons :
(37.11)
où
donc .
Nous pouvons noter la relation ci-dessus de façon plus esthétique
en utilisant le Laplacien scalaire, tel que nous obtenions la relation:
(37.12)
appelée
"équation de Maxwell-Poisson".
Deuxième
équation de Maxwell
Dans
le cas particulier du champ magnétique, nous obtenons des résultats
très intéressants. En effet soit un courant I repéré par
rapport à un référentiel par le vecteur .
Alors en chaque point de l'espace, nous avons vu dans le chapitre
de Magnétostatique qu'il existe un champ
tel que:
(37.13)
d'où :
(37.14)
Comme
nous pouvons le constater, le champ possède
une singularité en .
Considérons alors une surface de Gauss tel que le courant I
se trouve à l'extérieur de cette surface.
A
l'intérieur du volume V délimitant la surface S le
champ ne
possède alors pas de singularité. Nous pouvons donc calculer
la divergence de :
(37.15)
D'où :
(37.16)
Si nous
calculons le flux à travers cette surface nous trouvons alors :
(37.17)
Le flux
est nul !
Dans
le cas où le courant I se trouve à l'intérieur de
la surface de Gauss n'est
plus défini en
nous avons alors :
(37.18)
Avec
étant le flux de sur
une petite boule entourant partiellement le conducteur rectiligne
transportant le courant I. Dans ce cas:
(37.19)
car
la divergence est définie partout sur V-B.
Il nous
reste donc:
(37.20)
Mais dans
le cas d'une sphère il est facile de calculer :
(37.21)
Nous
avons alors loi de Gauss pour le champ magnétique :
(37.22)
Dans le
cas du champ magnétique, et
sont
perpendiculaires donc :
(37.23)
Remarque: D'où nous pouvons aussi déduire que  !
Donc, soit donnée une surface de Gauss dans un champ magnétique,
alors le flux du champ magnétique à travers cette surface vaut:
(37.24)
relation
qui constitue la "deuxième équation
de Maxwell".
Explication
: La deuxième équation est basée sur le fait
qu'il n'existe aucun
" monopôle magnétique" dans
la nature, c'est-à-dire, qu'à tout pôle positif, nous devons retrouver
un pôle négatif (à partir d'un aimant, les lignes
du champ ne divergent pas). La deuxième équation
vient toutefois rajouter l'idée
(démontrée par Dirac) que s'il était possible
de retrouver un monopôle
dans la nature, il serait le point de source du champ magnétique.
Nous verrons cela un peu plus loin dans les détails.
Remarque: Il est intéressant (et trivial) de remarquer
que le résultat
est identique si l'on prend la forme relativiste (cf.
chapitre de Relativité Restreinte) de l'expression
du champ électrique (à cause des différentielles qui sont partielles
et non totales)!
Troisième
équation de Maxwell
Nous
démontrerons dans le chapitre d'Électrocinétique (car il
faut des notions que nous n'avons pas encore rencontrées), que
la variation du flux du champ magnétique dans le temps à travers
une boucle conductrice induit une tension dans cette boucle donnée
par la "loi
de Faraday" :
(37.25)
et nous
avons déjà démontré dans le chapitre d'Électrostatique que:
(37.26)
donc:
(37.27)
Remarque: Nous verrons dans le chapitre d'Électrocinétique
qu'il n'est pas tout à fait correct de noter le potentiel U comme
ci-dessus car au fait, la loi de Faraday exprime la force électromotrice
(potentiel électromoteur) e et ce potentiel est non conservatif
contrairement au potentiel électrostatique de Coulomb.
Si nous
développons cette relation, en utilisant le théorème de Stokes
(cf. chapitre de Calcul Vectoriel)
nous obtenons alors:
(37.28)
Ceci
est la "troisième équation de Maxwell"
ou "loi de Maxwell-Faraday"
dite parfois encore "loi d'induction".
Explication
: La troisième équation affirme qu'une variation du champ magnétique
produit un champ électrique dans une boucle conductrice. Cette équation
est donc basée
sur la théorie
de Faraday.
Remarque: Il est évident que cette formulation est aussi relativiste.
Quatrième
équation de Maxwell
La 4ème
équation de Maxwell est la plus importante. Elle est une généralisation
de la loi d'Ampère qui a déjà été démontrée dans le chapitre de
Magnétostatique et pour laquelle nous avions obtenu (il
est très
facile de vérifier
que cette relation est également valable pour l'expression relativiste
du champ magnétique)
:
(37.29)
La troisième
équation de Maxwell nous dit que la variation d'un champ magnétique
donne lieu à un champ électrique nous pouvons donc supposer que
la réciproque est vraie.
Un endroit
typique où l'on peut observer une variation d'un champ électrique
est par exemple le condensateur.
Nous savons que :
(37.30)
et que le champ électrique
entre deux plans parallèles,
de surface S,
portant des charges ,
uniformément est donné par (cf. chapitre
d'Électrostatique):
(37.31)
Ce résultat
est indépendant de la distance d entre les plans. La deuxième équation de Maxwell donne:
(37.32)
La capacité
d'un condensateur étant définie par (cf.
chapitre d'Électrostatique)
:
(37.33)
nous avions obtenu
dans le cas particulier d'un condensateur plan et parallèle que
la capacité vaut :
(37.34)
Comme nous
savons que :
(37.35)
rien ne
nous empêche d'écrire que:
(37.36)
Nous
nommons
"courant de déplacement".
En exprimant l'expression ci-dessus en utilisant la densité superficielle
de courant, il vient :
(37.37)
Le courant
de déplacement engendre un champ magnétique calculable au moyen
de la loi d'Ampère:
(37.38)
Dans tout
phénomène où nous observons un déplacement de charge, nous pouvons
supposer qu'il y a création d'un courant de déplacement qui se superpose
au courant de conduction à cause des effets capacitifs dans la matière.
Nous écrivons dès lors:
(37.39)
où nous avons (rappel) :
et
(37.40)
D'autre
part, le théorème de Stokes fournit que (à nouveau, il est facile
de vérifier que cette relation est aussi juste pour l'expression
relativiste du champ magnétique) :
(37.41)
d'où :
(37.42)
et nous
en ressortons finalement que:
(37.43)
Ceci
est la "quatrième équation de Maxwell"
ou "équation de Maxwell-Ampère".
Explication
: La quatrième et dernière équation de Maxwell associe la création
d'un champ magnétique à toute variation d'un champ électrique
ou
à la présence d'un courant électrique.
Remarque: Il est évident que cette formulation est aussi relativiste.
Résumé :
Nous
avons donc les quatre équations de Maxwell suivantes appelées "formes
locales des équations de Maxwell" (lorsque les
intégrales ne sont
pas indiquées) :
(37.44)
Dans le cas où ,
les physiciens pour différencier le fait que qu'ils ne
travaillent pas dans la vide mais dans la matière écrivent
les
équations locales de Maxwell sous la forme suivante :
(37.45)
où
est (rappel) appelé "champ de déplacement" ou
encore "induction électrique"
et (rappel)
"excitation magnétique".
Remarque: Attention! 
est une réaction du vide au champ  .
Cela s'explique par la constante de permittivité du vide
mise dans l'intégrale (du moins c'est une façon
de voir la chose).
Mais dans le vide et dans
le cas où nous considérons une absence de charges, nous obtenons
:
(37.46)
Ce résultat est
important car il exprime la propagation possible d'un champ électrique
et magnétique et ce même en l'absence de sources. Nous
utiliserons ces équations pour déterminer les équations
d'onde électromagnétiques plus loin.
Remarque: Il est possible d'exprimer les équations de
Maxwell sous forme relativiste (la relativité restreinte) mais
.... en réalité,
comme nous l'avons déjà fait remarquer, les équations sont inchangées!
En effet, les équations de Maxwell sont déjà relativistes. Ceci
n'a rien d'étonnant car les vecteurs des champs électrique
et magnétique, le photon (cf.
chapitre de Physique Quantique Des Champs), se propagent à la
vitesse de la lumière. A cette vitesse, la relativité est
reine et une théorie
correcte ne pouvait être que relativiste. On peut toutefois exprimer
les équations à l'aide des notations mathématiques tensorielle
(voir plus loin notre démonstration du tenseur du champ électromagnétique).
Sous cette forme les équations deviennent incroyablement simples
et compactes (une seule équation extrêmement courte). Formulées
de cette manière, les champs électriques et magnétiques s'écrivent
comme un champ unique appelé bien évidemment "champ
électromagnétique". C'est un champ tensoriel comme
nous le verrons plus loin.
MONOPÔLES
MAGNÉTIQUES
Remarquons
qu'en optant pour le système de mesure naturel où ,
nous avons alors pour les équations de Maxwell dans le vide
:
(37.47)
puisque comme nous le démontrerons
plus loin, dans le vide :

(37.48)
Alors la transformation :
(37.49)
amène la seconde
paire d'équations
précédentes en la première ! Cette symétrie
des équations de Maxwell est appelée "dualité"
et c'est un indice vers lequel le champ électrique et magnétique
ne sont que les parties unifiées d'un tout que nous appellerons
le "champ électromagnétique".
De plus, si nous introduisons le champ
complexe suivant :
(37.50)
la dualité (en prenant la partie
réelle seulement), s'écrit alors :
(37.51)
la paire d'équations de Maxwell
indiquée précédemment se réduit alors
à (nous utilisons la propriété de linéarité
de produit vectoriel) plus qu'une seule paire d'équation
dont il ne faut pas oublier de prendre la partie réelle :
(37.52)
Cependant, cette symétrie ne
s'étend pas aux équations de Maxwell avec sources
exprimées dans le système naturel par :
(37.53)
car cela se traduirait au mieux (n'oubliez
pas de prendre la partie réelle pour le champ intéressé)
:
(37.54)
mais une fois sur deux cela ne marche
pas (fait la substitution de
vous verrez que vous obtenez toujours une des équations sur
la paire qui est conforme l'autre pas). L'astuce consiste alors
à séparer les deux densités en leur partie
imaginaire et réelles respectives :
(37.55)
Nous obtenons alors (toujours sans
oublier de prendre les parties réelles) :
(37.56)
il suffit alors de poser
.
Ces équations sont certes charmantes mais leur généralisation
n'apporte rien de nouveau cependant car aucune charge magnétique
(exprimée par )
- appelée "monopôle magnétique"
- ont été observées à ce jour. Dans
le cadre expérimental, nous disons alors que
sont réels tel que nous ayons bien .
ÉQUATION
DE CONSERVATION DE LA CHARGE
Nous avons
donc démontré les quatre équations de Maxwell qui sont les fondements
de l'électrodynamique classique.
Les équations de Maxwell peuvent être divisées en
deux groupes:
- des "équations sans
source" :
et
(37.57)
- des "équations avec
sources" (dans le vide) :
et
(37.58)
Dérivant
la première équation avec sources par rapport au temps:
(37.59)
et
prenant la divergence de la seconde, nous obtenons :
(37.60)
en
simplifiant un peu
:
(37.61)
or, et
donc:
(37.62)
Après simplification nous obtenons :
(37.63)
qui est appelée "équation
de conservation de la charge" ou "équation
de continuité".
Elle s'interprète comme: entre deux instant voisins
, la variation dQ de la charge contenue dans
une surface fermée délimitant un système ne peut être attribuée
exclusivement qu'à un échange de charges avec l'extérieur.
Cette équation est très importante, car elle implique lors de l'étude de
la relativité restreinte, que la charge est une quantité invariante
par translation.
thÉorie
de jauges
Avant de commencer à lire ce sous-chapitre, il est de
première importance pour le lecteur d'aller faire un petit tour
dans la section d'Algèbre du site, dans laquelle se trouve un
chapitre de Calcul Vectoriel où nous faisons un rappel
des différents
opérateurs vectoriels
indispensables en physique et leurs propriétés.
Ce qui va suivre est très important car outre le fait que nous
allons faire apparaître naturellement un nouveau champ (le potentiel
vecteur) qui est indispensable dans certaines équation de la physique
quantique relativistes (voir chapitre du même nom) nous reprendrons
cette démarche de jauges dans le chapitre de physique quantique
ondulatoire où les conséquences sont beaucoup plus vastes!
Soit la relation connue:
(37.64)
il existe de par les propriétés des opérateurs
rotationnel et divergence (cf. chapitre
de Calcul Vectoriel)
un "potentiel
vecteur"
tel que :
(37.65)
qui satisfait donc (la divergence du rotationnel
d'un champ est toujours nulle car il s'agit d'une propriété mathématique)
:
(37.66)
Remarque: Le potentiel vecteur est donc... un potentiel ! De même
que nous pouvons définir un potentiel U dont dérive
 ,
nous pouvons définir un potentiel 
pour le champ  .
Mais pour des raisons techniques (provenant de l'expression des
rotationnels de 
et de 
dans les équations de Maxwell), le potentiel 
n'est pas aussi simple que U et ne peut pas s'exprimer
comme un simple scalaire : il faut utiliser un potentiel vecteur.
Si nous portons la relation dans
l'équation de Maxwell nous
obtenons :
(37.67)
Nous
posons maintenant (la notation n'a aucun rapport
avec la force newtonienne!):
(37.68)
et nous utilisons les propriétés mathématiques des
opérateurs rotationnel et gradient pour écrire une nouvelle relation
(le signe "-" est là par anticipation de ce qui suivra):
(37.69)
où
dès lors :
(37.70)
où est
un "potentiel scalaire".
Remarques:
R1. Le champ semble
obéir aux mêmes propriétés que le champ gravitationnel (loi de Newton-Poisson)
mais ce n'est qu'une curiosité (les unités et les
autres propriétés mathématiques n'étant
pas équivalentes)
R2.
Le lecteur voit sans peine que si le potentiel vecteur est
nul,
nous retrouvons alors (cf. chapitre d'Électrostatique)
:
(37.71)
ce qui renforce les hypothèses des développements précédents (et
ce n'est pas tout...)
De plus, les champs et
restent
inchangés si nous effectuons dans les relations précédentes
les remplacements suivants (les termes s'annulent trivialement)
:
(37.72)
où est
une fonction arbitraire de et
t.
Nous appelons une telle transformation
un "changement de jauge".
La liberté sur le choix des potentiels permet de leur imposer une
contrainte que nous appelons la "contrainte
de Jauge".
Nous utiliserons soit la "jauge
de Lorenz" en imposant:
(37.73)
ou soit la "jauge de
Coulomb" en imposant:
(37.74)
Remarque: Nous
trouvons souvent dans la littérature la dénomination
"jauge de Lorentz" à la place de "jauge de Lorenz",
car comme nous l'avons déjà démontré dans le chapitre de Relativité
Restreinte, la jauge de Lorenz est invariante dans les transformations
de Lorentz.
Montrons qu'il est possible d'imposer la jauge de
Coulomb. Pour cela, étant donnés et
,
il suffit de trouver dans
les équations:
(37.75)
tel que la relation (jauge de Coulomb)
soit vérifiée. Ainsi,
doit
vérifier trivialement:
(37.76)
La relation :
(37.77)
est appelée "équation
de poisson du potentiel vecteur".
De même, pour montrer qu'il est toujours possible
d'imposer la condition de Lorenz, il suffit de trouver dans
les équations précitées :
(37.78)
tel que (nous laissons le soin au lecteur de faire
le développement
car c'est de l'algèbre élémentaire, sinon quoi envoyez-nous
un mail et nous rajouterons ce qui manque) la relation ci-dessous
soit vérifiée
:
(37.79)
où l'opérateur:
(37.80)
est par définition appelé le "d'Alembertien"
(nous le retrouverons souvent ce terme à partir de maintenant
aussi bien en électrodynamique qu'en physique quantique)
qui est donc aussi invariant par transformation Lorentz comme
nous
le verrons lors de notre étude de la relativité restreinte
(cf. chapitre de Relativité Restreinte).
Donc sans écrire cela
avec le d'alembertien nous aurions :
(37.81)
Effectivement :

(37.82)
En reportant les équations :
et
(37.83)
dans les deux autres équations de Maxwell dans le
vide :
et
(37.84)
nous obtenons, en faisant apparaître le laplacien
par
une des propriétés des opérateurs vectoriels rotationnel, gradient
et divergence (cf. chapitre de Calcul Vectoriel):
(37.85)
les relations suivantes:
(37.86)
la dernière relation étant appelée "jauge
arbitraire".
Pour la jauge de Lorenz, ces deux dernières équations se
simplifient en (n'hésitez pas à nous contacter si
vous ne voyez pas comment) :
(37.87)
que nous appelons "équations
d'onde des potentiels électromagnétiques"
en analogie avec les équations d'onde des champs électrique
et magnétique que nous déterminerons plus loin.
Pour la jauge de Coulomb, les mêmes équations se
simplifient en:
(37.88)
Sachant que
nous pouvons aussi écrire les deux équations d'onde
des potentiels électromagnétiques sous la
forme :
(37.89)
Posons maintenant
(afin homogénéiser les unités) tel que nous
définissions un "quadrivecteur potentiel"
qui nous permet d'écrire vectoriellement les deux relations
ci-dessus de manière unifiée :
(37.90)
Remarque: Le fait que le d'alembertien du quadrivecteur
potentiel s'exprime à partir du quadrivecteur courant qui
est contravariant (cf. chapitre de Relativité Restreinte)
nous amène à poser que le quadrivecteur potentiel
est lui-même contravariant!
Relation que nous noterons
sous une forme condensée de la manière suivante :
(37.91)
où
sera appelé "quadrivecteur courant".
Remarque: Nous retrouverons ce quadrivecteur lors de notre détermination
du tenseur du champ électromagnétique (à la
différence que nous serons en unités naturelles
mais cela ne change pas le fond...).
Le quadrivecteur potentiel
tel que défini nous amène à pouvoir écrire
la (quadrivergence) jauge de Lorenz en faisant usage de la notation
tensorielle :
(37.92)
Ce qui permet finalement d''écrire la jauge
de Lorenz sous forme covariante :
(37.93)
Il s'agit donc d'une équation de la forme de celle
de Klein-Gordon pour une particule de masse nulle (cf.
chapitre de Physique Quantique Relativiste). Donc nous pouvons
dire dans un sens que l'invariance de jauge électromagnétique est
reliée au fait que la masse du photon est nulle!
Remarque: Il est utile de noter que le fait de poser 
(avec ou sans les unités naturelles où  )
est une notation qui sera également adoptée lors
de notre étude de l'équation de Dirac ( cf.
chapitre de Physique Quantique Relativiste) ou encore en physique quantique
de champs
(mis à part qu'il y aura une partie imaginaire).
Ces notations nous amènent
enfin à pouvoir écrire :
(37.94)
Nous obtenons ainsi l'équation
de continuité :
(37.95)
équivalent (sous forme)
tensoriel de (voir la démonstration juste plus haut dans
le texte) :

(37.96)
Pour résumer en gros...
:
Un certain nombre d'effets
physiques se modélisent, selon les cas, par des champs qui
peuvent être scalaires, vectoriels, spinoriels ou encore tensoriels
que nous appelons donc des jauges. Un certain nombre de phénomènes
physiques s'avèrent respecter des conditions dites de symétrie,
vis à vis de ces jauges. Cette symétrie s'exprime
par ce que nous appelons donc une invariance de jauge.
Par exemple, le champ qui
permet de modéliser le champ électromagnétique
est comme nous l'avons vu, un champ de quadrivecteurs formé
d'un potentiel scalaire
(dont le gradient est le champ électrique )
et d'un potentiel-vecteur
(dont le rotationnel est le champ magnétique ).
Ce champ quadrivectoriel qui permet de modéliser le champ
électromagnétique est appelé une jauge.
Il s'avère que nous
obtenions donc exactement les même effets physiques sur un
système de particules chargées si nous remplaçons
cette jauge par une autre jauge en lui rajoutant une contrainte
de
Jauge (exemple typique entre la jauge de Lorenz ou de Coulomb vues
plus haut). L'invariance des lois de la physique lors du passage
d'une jauge à une autre étant une invariance de jauge.
Dans le cas du champ électromagnétique, cette invariance
de jauge s'avère exprimer la conservation de la charge électrique
(comme nous l'avons montré).
Mathématiquement,
de tels changements de jauges s'avèrent être le résultat
de l'action d'un groupe de symétrie de dimension infinie
(transformant ces jauges les unes en les autres) que nous appelons
le "groupe de jauge" de l'interaction considérée (ici
l'interaction électromagnétique).
Pour le champ gravitationnel
par exemple (cf. chapitre de Relativité
Restreinte), l'interaction
gravitationnelle se modélise par un champ de tenseurs
symétriques
de rang 2 et avec une signature donnée. Ce champ de métrique
est distribué sur une variété 4D modélisant
l'espace-temps. C'est la jauge de l'interaction gravitationnelle.
D'après la relativité générale (principe
d'équivalence) nous ne changeons rien à l'interaction
gravitationnelle si nous changeons le système de coordonnées
spatio-temporelles dans lequel nous exprimons la métrique.
Le passage d'une expression de la métrique à une
autre en changeant de système de coordonnées
est aussi un changement de jauge. L'invariance de jauge de
la relativité
générale exprime alors la possibilité de passer
d'une jauge à une autre sans changer pour autant les géodésiques
suivies par des particules test tombant en chute libre dans le
champ
gravitationnel modélisé par le champ de métrique.
L'invariance de jauge de
la relativité générale est ce que nous appelons
l'invariance par difféomorphisme (changement de système
de coordonnées bijectif présentant un certain degré
de régularité) et le groupe de jauge de la relativité
générale est donc le groupe des difféomorphisme
de
(appelé le "groupe souple").
Il convient de préciser
aussi que le potentiel vecteur
n'est peut-être pas si virtuel que ça. En effet, il
est possible de modifier les trajectoires de particules chargées
passant à l'extérieur du volume cylindrique où
règne un champ magnétique
induit par un courant électrique (circulant dans l'enroulement
d'un solénoïde où ce champ
est "emprisonné"). Il est donc possible d'influer sur la
trajectoire de particules circulant dans une zone où le
champ magnétique
est nul mais où son potentiel vecteur
ne l'est pas.
Par ailleurs, nous utiliserons
les résultats ici lors de notre étude de la théorie
de Yang-Mills dans la voie de l'unification électrofaible
(voir le modèle standard dans le chapitre de Physique
Quantique Des Champs).
Remarque: L'expérience connue qui fait intervenir
le potentiel vecteur est celle d'Aharonov-Bohm (cf.
chapitre de Physique Quantique Ondulatoire).
TENSEUR
DU CHAMP ÉLECTROMAGNÉTIQUE
Afin de déterminer
le tenseur du champ électromagnétique supposons
dans un premier temps que l'action (cf.
chapitre de Mécanique Analytique) d'une particule
chargée
dans un champ électromagnétique serait donnée
par (choix à priori empirique mais... vous verrez un peu
plus loin) :
(37.97)
Remarque: La notation 
reste réservée à l'action d'un particule libre
( cf. chapire de Relativité Restreinte).
Le lagrangien pour une particule
chargée dans un champ électromagnétique est
donc la somme du lagrangien de la particule en interaction avec
le champ électromagnétique
additionné du lagrangien de la particule libre
(cf. chapitre de Relativité Restreinte):
(37.98)
Remarque: Il s'agit donc du lagrangien de l'interaction
de la particule avec le champ additionné du lagrangien de
la masse de la particule. Dès lors on voit qu'il manque
encore le lagrangien du champ électromagnétique lui-même
en l'absence de charges (appelé : lagrangien du champ
libre) mais nous verrons cela plus loin.
Ceci est donc
(à priori) le lagrangien d'une particule chargée dans
un champ électromagnétique.
Nous allons
démontrer que ce lagrangien est correct :
Le moment généralisé
est donc (cf. chapitre de Mécanique
Analytique et de Relativité Restreinte) :
(37.99)
Pour vérifier que nous avons
fait le bon choix de lagrangien au départ, nous allons obtenir
les équations du mouvement et s'assurer qu'elles coïncident
avec la force de Lorentz. Les équations de Lagrange sont,
dans ce cas :
(37.100)
Or nous avons :
(37.101)
et donc :
(37.102)
Mais nous avions fait remarquer lors
de la définition du potentiel scalaire que
d'où :
(37.103)
Nous devons donc nécessairement
avoir par analogie avec la force de Lorentz :
(37.104)
Il nous faut donc avant de poursuivre
vérifier que :
(37.105)
Avec :
(37.106)
En composantes :
(37.107)
Donc :
(37.108)
et comme :
(37.109)
Nous avons donc bien l'égalité
:
(37.110)
Ces développements confirment
donc notre hypothèse initiale comme quoi l'action du champ
peut s'écrire :
(37.111)
et qu'elle exprime
l'interaction d'une particule chargée avec un champ (car
on y retrouve la force de Lorentz!).
Nous avons donc maintenant
démontré que le "lagrangien
de l'interaction courants-champs" :
(37.112)
dont avions supposé
empiriquement la forme au début est donc finalement bien
correct !
L'intégrale d'action s'écrivant
alors :
(37.113)
Introduisons la vitesse
de la particule sous la forme
et l'intégrale s'écrit :
(37.114)
Nous avons vu en relativité
restreinte que :
(37.115)
et de même :
(37.116)
Les intervalles d'espace-temps
sont des invariants tel que (cf. chapitre
de Relativité Restreinte) :
(37.117)
Si le référentiel
O' n'est pas en mouvement ),
nous avons:
(37.118)
d'où :
(37.119)
ce qui s'écrit aussi
:
(37.120)
Dès lors :
(37.121)
Faisons usage du quadrivecteur
potentiel (voir plus haut) :
(37.122)
Et en faisant usage du quadrivecteur
déplacement (cf. chapitre de Relativité
Restreinte) :
(37.123)
L'expression de l'action
d'une particule chargée dans un champ électromagnétique
et dans une métrique de Minkowski
(cf. chapitre de Relativité Restreinte
et Relativité Générale) se réduit
finalement l'expression condensée :
(37.124)
avec donc :
(37.125)
sans oublier
que sur ce site nous utilisons la métrique (cf.
chapitre de Relativité Restreinte et Relativité Générale).
Remarquons
que l'intégrale d'action en l'absence de champ magnétique
et électrique s'écrit :
(37.126)
ce qui correspond
bien à ce que nous avons obtenu en relativité restreinte
pour une particule libre !
D'après le principe de moindre
action, l'intégrale d'action a une variation nulle pour le
mouvement effectif de la particule, soit :
(37.127)
Remarque: De par l'égalité avec zéro, nous
pouvons éliminer le signe moins devant l'intégrale.
Utilisant l'expression de
l'abscisse curviligne (cf. chapitre Calcul
tensoriel et de Relativité Générale)
:
(37.128)
Pour la métrique de
Minkowski nous pouvons écrire (rappelons que dans la métrique
euclidienne seulement les termes de la diagonale où
sont non nuls) :
(37.129)
Ainsi :
(37.130)
l'intégrale précédente
s'écrit alors :
(37.131)
Cela donne en utilisant les
composantes curvilignes (cf. chapitre de
Calcul Tensoriel) :
(37.132)
Intégrons par partie
(cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral)
seulement les deux premiers termes de l'intégrale :
(37.133)
Intégrons par parties
(cf. chapitre de Calcul Intégral Et
Différentiel)
la première intégrale :
(37.134)
Or, comme :
et
(37.135)
Alors :
(37.136)
Avec :
et
(37.137)
Alors :
(37.138)
Les quantités
étant arbitraires, l'expression entre crochets est nulle
:
(37.139)
Notons :
(37.140)
Les quantités
contravariantes
forment les composantes de
ce que nous appelons le "tenseur du champ
électromagnétique" ou le "tenseur
de Faraday"
ou plus couramment le "tenseur de Maxwell". Nous disons alors que
est le "rotationnel du potentiel".
Les "équations
du mouvement d'un particule dans un champ électromagnétique"
prennent ainsi la forme :
(37.141)
Remarques:
R1. La lettre F est
choisie relativement au physicien Faraday.
R2. Certains physiciens appellent
cette relation : "géodésique
corrigée par une force de Lorentz" (ce qui n'est
au fond pas faux)
R3. Le tenseur de champ électromagnétique est invariant
sous les transformations :
(37.142)
Effectivement :
(37.143)
Dans une métrique de Minkowski
(nous allons avoir besoin du tenseur de champ électromagnétique
dans le chapitre de Relativité Restreinte, d'où le
choix de cette métrique), nous avons cependant :
(37.144)
Ce qui donne :
(37.145)
Le terme
est traditionnellement toujours notée
(même s'il n'est pas plus totalement contravariant).
Il nous reste à déterminer
les composantes du tenseur
contravariant (tenseur qui a la propriété d'être
antisymétrique tel que ).
Commençons par le
plus simple. Nous supposerons comme évident que :
(37.146)
Ensuite, en se rappelant
que
:
(37.147)
D'où (rappelons que
la métrique de Minkowski est du type )
:
(37.148)
Ce qui nous donne pour l'instant
:
(37.149)
Maintenant, étant
connu que
et
les autres composantes du tenseur
s'écrivent compte tenu de :
(37.150)
et donc :
(37.151)
ainsi, avec les dérivées
partielles contravariantes selon la métrique de Minkowski
:
(37.152)
Ainsi, nous avons :
(37.153)
Mais comme nous le verrons
en relativité restreinte, le vrai tenseur du champ électromagnétique
est être défini par :
(37.154)
afin que les transformées
de Lorentz soient conformes.
Ce qui fait que l'équation
du mouvement est finalement :
(37.155)
L'expression
sous forme tensorielle du champ électromagnétique
met bien en évidence l'unité du champ électromagnétique
alors que généralement les champs électrique
et magnétique sont considérés séparément
en théorique classique.
Mais comme en physique théorique
nous travaillons souvent en unités naturelles (c'est un peu
la norme...), nous avons alors :
(37.156)
et donc l'équation
du mouvement :
(37.157)
En notant maintenant les
composantes de 1 à 4 au lieu de 0 à 3 (c'est plus
facile pour les élèves de se repérer dans la
matrice) et sans oublier que les dérivées partielles
sont covariantes et en
adoptant, à nouveau, les unités naturelles tel que
(in extenso ),
les deux équations de Maxwell avec sources s'écrivent
:
(37.158)
En utilisant le tenseur du
champ électromagnétique, il apparaît alors remarquablement
que ces deux équations peuvent être écrites
sous la forme de l'équation tensorielle condensée
suivante :
(37.159)
où
est le "quadrivecteur courant"
défini par (en unités naturelles!) :
(37.160)
En utilisant la première
définition du tenseur de Faraday (celle où les composantes du
champ sont divisées par c)et en prenant pour connu (nous
le démontrerons plus tard) que nous
avons dans le système SI :
avec
(37.161)
Comme
nous allons de suite le voir, la partie temporelle de cette équation
donne la divergence du champ électrique et la partie
spatiale le rotationnel du champ magnétique.
Remarque: Nous avions déjà rencontré (défini)
ce quadrivecteur lors de notre étude de la jauge de Coulomb
plus haut ainsi que lors de notre étude de la relativité
restreinte (cf. chapitre de Relativité
Restreinte).
Effectivement :
(37.162)
De même, les deux équations
de Maxwell :
(37.163)
peuvent s'écrire sous
la forme condensée tensorielle :
(37.164)
Effectivement
:
(37.165)
Finalement toutes les équations
de Maxwell, en adoptant les unités naturelles, se résument
à :
(37.166)
Nous pouvons aussi utiliser
le symbole d'antisymétrie (cf. chapitre
de Calcul Tensoriel) tel que nous puissions écrire
:
(37.167)
avec pour rappel :

Le lagrangien que nous
avons déterminé plus haute n'est cependant pas complet. Effectivement,
lorsque nous appliquons le principe variationnel nous avons déjà vu
de nombreuses fois dans les différents chapitres de ce site (mécanique
classique, mécanique ondulatoire, magnétostatique, relativité restreinte,
relativité générale, etc.) que nous pouvions obtenir les équations
du mouvement (trajectoires) des sujets (corps) étudiés. Les équations
obtenues contenaient aussi des paramètres qui expliquaient la
source de ce mouvement (propriétés de la matière, vitesse, champ,
etc.) comme cela a été le cas avant!
Précédemment, nous avons
appliqué le principe variationnel sur le lagrangien d'interaction
charge-champ (magnétique + électrostatique) et avons obtenu l'équation
du mouvement corrigée par la force de Laplace.
Lorsque nous avons déterminé les équations
du mouvement de la particule chargée à partir du principe de
moindre action, nous avons fixé le champ électromagnétique (le
champ est connu) et nous avons fait varier la trajectoire. Le
principe variationnel, doit alors également nous permettre d'obtenir
les équations du champ à partir de la démarche inverse : nous
fixons la trajectoire de la particule (trajectoire connue) et
nous faisons varier le champ électromagnétique (potentiel et
tenseur).
Nous devrions alors obtenir
les équations de Maxwell qui, au même titre que l'on obtient
ce qui fait le mouvement de la particule lors l'on fixe le champ
dans le principe variationnel, nous donne l'information sur ce
qui est la source du champ électrique et magnétique lorsque l'on
fixe la trajectoire dans le principe variationnel.
L'envie est alors très
grande de reprendre simplement l'expression de l'action obtenue
plus haut :
(37.168)
et de lui appliquer une
variation sur le champ après un petit changement dans la manière
de l'écrire :
Nous savons que les charges électriques
bien qu'elles soient ponctuelles, sont considérées généralement
comme un charge transportée par un courant répartie de façon
continue dans l'espace. Soit cette
densité de charge, nous avons alors tel
que :
(37.169)
Considérons des charges électriques
se déplaçant à la vitesse v et écrivons la quantité suivante
(ne pas oublier que nous continuons à travailler en unités naturelles
tel que !) :
(37.170)
avec en unités naturelles
: 
Ainsi nous avons :
(37.171)
Si nous appliquons le principe
variationnel seulement sur le champ (constant en amplitude donc
la source du champ est constante telle que )
et que nous considérons donc le mouvement des charges connues,
il est immédiat que le premier terme ci-dessus est nul. Nous
avons alors :
(37.172)
pour que cette intégrale
soit nulle il faudrait que soit
nul... ce qui est plutôt gênant si nous souhaitons déterminer les
caractéristique d'une source qui alors n'existerait pas... Dès
lors, nous remarquons qu'il manque quelque chose à notre lagrangien!
L'idée est alors la suivante
: nous connaissons une équation tensorielle qui fait intervenir
la densité de courant qui est et
qui implicitement contient les deux seules équations de Maxwell
qui donnent des informations sur la source des champs électrique
et magnétique respectifs (les deux autres donnant des propriétés
des champs et non pas des sources) soit (toujours en unités naturelles)
:
(37.173)
Il est donc suffisant d'obtenir
ces deux équations (donc l'équation tensorielle y relative) suite
au principe variationnel pour avoir les propriétés de la source
du champ.
Ce qui signifie simplement
que dans l'idéal nous devrions (et attendons à) avoir est :
(37.174)
où l'intégrale s'annule
exactement lorsque !
Il est alors tenant d'écrire
quelque chose de la forme (remarquez que nous avons abaissé l'indice
du potentiel A et monté celui de la densité de courant j dans
la seconde intégrale ce qui ne change rien mathématiquement parlant
au résultat)
(37.175)
Nous pouvons nous aider
de la propriété suivante des quantités du lagrangien pour déterminer
l'expression "???" manquante : ils sont tous invariants.
En d'autres termes et pour rappel, leur pseudo-norme (scalaire)
est égale par changement de référentiel de Galiléen (cf.
chapitre de relativité Restreinte) telle que :
(37.176)
La première relation est évidente,
nous l'avons déjà démontrée de nombreuses fois. La deuxième l'est
peut-être moins alors donnons une petit indication (non générale)
pour vérifier quelle soit correcte : est
le produit scalaire de j et de A. Si nous faisons
subir la même (quadri)rotation aux deux vecteurs, puisque les
transformations de Lorentz sont des rotations (cf.
chapitre de Relativité Restreinte), l'angle entre j et A reste
inchangé et donc le produit scalaire.
Il nous faut donc ceci
dit, trouver la quantité "???" comme étant un scalaire
invariant faisant intervenir le tenseur de Faraday d'une manière
ou d'une autre.
Nous pouvons alors essayer
directement avec la quantité suivante (sachant d'avance, grâce à nos
précurseurs que c'est la bonne hypothèse) :
(37.177)
faisant intervenir le tenseur
covariant et
contravariant de
Faraday car nous savons que :
1. C'est un scalaire invariant.
Effectivement, écrivons en
termes de champs électriques et magnétiques pour en comprendre
la signification physique (en unités naturelles) :
(37.178)
Remarque: Si nous n'étions pas en unités naturelles, le résultat
du calcul serait de la forme :
(37.179)
La quantité (ou
en
unités naturelles) est donc un invariant du champ.
Exemple:
Dans un référentiel O, considérons une onde électromagnétique
plane. Les modules du champ électrique et du champ magnétique sont
reliés par (voir
plus loin la démonstration). L'invariant du champ considéré est
donc nul. Dans un autre référentiel, avec la même structure du champ,
nous aurons alors aussi .
2. Parce qu'un variationnel
sur ce terme donne :
(37.180)
où l'on devine qu'en creusent
un peu, contient
implicitement le terme .
Nous voyons aussi qu'un facteur 2 apparaît tel qu'il nous faudra
introduire une constante de normalisation ,
ne serait-ce déjà aussi que pour l'homogénéité des unités de
l'expression de l'action.
Donc finalement essayons
avec quelque chose du genre :
(37.181)
A présent, pour chercher
les équations du champ électromagnétique, nous considérons que
les mouvements des charges sont connus et nous utilisons le principe
de moindre action en faisant varier seulement les composantes
du potentiel-vecteur et celles du tenseur du champ électromagnétique.
Il en résulte que la variation
de la première intégrale est nulle et qu'il reste :
(37.182)
Substituons dans la seconde
intégrale, les composantes par
leur expression implicite ,
il vient :
(37.183)
Or nous savons que est égal à puisque
le tenseur de Faraday est antisymétrique :
(37.184)
Rien ne nous empêche de
permuter les indices dans
le premier membre à droite de l'égalité :
(37.185)
Donc finalement :
(37.186)
Intéressons nous à la seconde
intégrale :
(37.187)
En appliquant le théorème
de Fubini (cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral) qui
dit que l'on peut intégrer selon n'importe quel ordre les variables
d'intégration (sous certaines conditions) on peut alors appliquer
l'intégration par parties (cf. chapitre
de Calcul Différentiel
Et Intégral) de manière à écrire :
(37.188)
où dS représente
la frontière-surface de l'hyper-volume sur
lequel on intégrait initialement et qui omet la variable prise
en considération par le choix de l'indice supérieur v.
Maintenant selon l'indice
supérieur v concerné, les bornes du premier terme de l'égalité :
(37.189)
seront sur les composantes
de temps ou les composantes d'espace. Si nous nous concentrons
sur les bornes temporelles d'intégration, il s'agit des moments
initiaux et finaux de l'action sur laquelle nous appliquons ce
variationnel.
Or aux extrémités temporelles,
le variationnel du potentiel vecteur est
nul (par définition) donc l'intégrale sur la composante de temps
sera nulle.
Maintenant sur les composantes
spatiales, les bornes (spatiales) sont celles qui permettent
d'intégrer la surface-frontière de l'hyper-volume au temps final.
Si celui-ci est pris comme l'infini, le rayon de la surface-frontière
sera infini et en tout point de cette surface, l'énergie transportée
par le champ ainsi que l'amplitude des composantes du champ sera
nulle (voir démonstration plus bas).
Donc le variationnel de
l'action s'écrit finalement :
(37.190)
Les variations du potentiel-vecteur étant
arbitraire, l'intégrale précédente sera nulle si l'intégrande
elle l'est, d'où la relation
(37.191)
ce qui nous amène à :
(37.192)
nous retrouvons donc les
deux équations de Maxwell donnant exprimant la source si et seulement
si (en
unités naturelle) :
(37.193)
Nous avons
donc alors :
(37.194)
Avec finalement pour "lagrangien
total de l'interaction charge-champ" en unités naturelles
est :
(37.195)
ou avec le système SI :
(37.196)
Remarque: Nous
reviendrons sur ce lagrangien avec une autre approche (très intéressante)
dans le chapitre de Physique Quantique Des Champs.
Équations
d'onde Électromagnetique
Maxwell
supposa que l'onde électromagnétique était une combinaison des
phénomènes
qu'explicitent la troisième et quatrième équation. Si une onde électromagnétique
est éloignée de sa source on peut alors négliger la densité superficielle
de courant de la source comme ayant une influence nulle sur l'onde
(nous disons alors que ce sont les équations de Maxwell sans
source dont nous avons déjà fait mention plus haut).
Alors, les troisième
et quatrième équations
de Maxwell s'écrivent :
et
(37.197)
Les champs
d'excitation magnétique et électrique étant
perpendiculaires, plaçons-les de façon commode dans un système
d'axes orthogonaux unitaires
et euclidiens appartenant à en
choisissant que:
et
(37.198)
Remarque: Attention! Il faut bien se rappeler que dans ce qui suit,
H est la composante en z de 
et E la composante en y de  .
Le
calcul (simple) de
et
donne, après simplification:
et
(37.199)
d'où:
et
(37.200)
En
identifiant les termes semblables, nous obtenons "l'équation
de propagation" du champ électrique :
(37.201)
et procédant de manière identique :
(37.202)
relations
qui sont toutes deux de la forme d'une équation d'onde
(cf.
chapitre de Mécanique Ondulatoire) de la
forme (rappel) d'une équation de Poisson (plus particulièrement
il s'agit d'une équation de d'Alembert) :
(37.203)
où
nous avons :
et
(37.204)
La
vitesse de propagation de l'onde électromagnétique dans le vide
est donc:
(37.205)
les
unités ainsi que les valeurs numériques concordent...
La
vitesse de propagation de l'onde électromagnétique dans la matière
est donc:
(37.206)
car l'expérience montre que nous ne pouvons dépasser la
vitesse de la lumière, ce qui est un des postulats de la relativité
restreinte et générale.
Donc nous pouvons finalement
écrire :
(37.207)
soit en utilisant le d'Alembertien en une dimension :
(37.208)
A défaut d'avoir trouvé l'expression
directe de E(x,t) et
B(x,t),
nous venons d'obtenir des équations différentielles ne contenant
qu'un seul de ces champs. Nous appelons ces équations respectivement
"équation d'onde pour le champ électrique" et "équation
d'onde pour le champ d'induction magnétique".
Elles ont la même forme
et admettent une solution du même type. Une
solution évidente et particulière (nous laissons le soin
au lecteur de faire cette vérification) des ces équations différentielles
est la fonction trigonométrique sinus:
(37.209)
en se rappelant
la relation entre la pulsation ,
la vitesse de propagation c et le nombre d'onde k que
nous avions démontré dans le chapitre de
Mécanique Ondulatoire.
Une solution plus générale est la somme des
solutions triviales (cf. chapitre de Calcul
Différentiel Et Intégral) :
(37.210)
Mais nous avons vu lors de notre étude des phaseurs
(cf. chapitre de Mécanique Ondulatoire)
que cette solution réelle n'est qu'un cas particulier d'une solution
plus générale et se trouvant dans le corps des complexes. Donc
finalement, nous pouvons écrire :
(37.211)
ce qui constitue l'onde plane monochromatique
qui est le type d'onde le plus simple à manipuler en physique.
En trois dimensions, la solution est par extension
:
(37.212)
Remarque: L'onde
monochromatique ne peut pas représenter une réalité physique. En
effet, si nous calculons l'énergie électrique
associé à tout l'espace, nous obtenons pour celle-ci une énergie
infinie (car elle n'a ni début, ni fin!) ce qui n'est pas réaliste.
Or, l'équation des ondes est linéaire (solution
est toujours la somme d'autres solutions). Donc ceci implique qu'une
superposition d'ondes de fréquences différentes (nombre d'onde
et pulsation aussi alors!) est également solution. Ainsi, en variant
le vecteur d'onde (et implicitement via sa norme, la pulsation,
la fréquence et la période) nous balayons également l'ensemble
des directions de propagation possibles.
Ecrit mathématiquement cela donne, pour le champ électrique
:
(37.213)
et rien ne nous empêche de sortir un coefficient
de l'amplitude initiale du champ tel que :
(37.214)
et nous retrouvons donc ici une relation très
similaire une transformée de Fourier inverse (cf.
chapitre sur les Suites Et Séries) ce qui est remarquable!
Alors l'astuce consiste maintenant à poser car
la relation précédente n'est alors pas qu'une simple analogie avec
la transformée de Fourier, c'est une transformée de Fourier!
Nous pouvons donc relier le champ réel au
champ :
(37.215)
Ces deux relations étant souvent condensées
sous la forme :
(37.216)
Le champ réel est donc à l'instant initial la
transformée de Fourier inverse du champ .
Le terme représente
donc la composante spectrale liée au vecteur d'onde particulier du
champ réel. Cette solution générale de l'équation des ondes s'appelle
un "paquet d'ondes"
Rappels
:
R1.Identiquement à la mécanique
ondulatoire (cf. chapitre de Mécanique
Ondulatoire), les coefficients (pulsation)
et
(nombre d'onde) sont exigés pour exprimer la variation du sinus
par des radians et pour lui donner une direction et une pulsation.
R2. La périodicité dans le temps de
la fonction sinus impose:
(37.217)
d'où la définition de la période de
l'onde :
(37.218)
R3. La périodicité dans l'espace donne
permet de définir façon identique la longueur d'onde de la fonction
comme :
(37.219)
Nous constatons donc que l'onde plane
se déplace selon x en parcourant une distance en
un temps T.
La vitesse de l'onde électromagnétique est alors:
(37.220)
En introduisant:
(37.221)
dans nous
obtenons le résultat remarquable pour l'onde plane oscillatoire:
(37.222)
équation
de helmoltz
Maintenant, examinons en détail une autre solution
de la forme :
(37.223)
où cette fois-ci, nous faisons
explicitement mention des coordonnées afin d'éviter toute confusion.
Remarque: La solution particulière avec le cosinus
est plus appréciée par les enseignants que celle
avec le sinus car elle permet comme nous allons le voir, une écriture
condensée
avec les phaseurs (cf. chapitre de Mécanique
Ondulatoire).
Si nous utilisons la notion de phaseur, nous
pouvons récrire cette solution sous la forme :
(37.224)
Donc :
(37.225)
dans l'équation d'onde :
(37.226)
nous obtenons :
(37.227)
qui n'est d'autre que "l'équation
de Helmoltz" (pour
l'électrodynamique) à une dimension. Il s'agit bêtement
de l'équation d'onde écrite d'une manière
traditionnelle particulière
que nous retrouvons dans de nombreux autres domaines de la physique.
Énergie
véhiculée
Il est évident que toute onde électromagnétique
transporte donc de l'énergie. Exprimons la valeur de cette énergie.
La direction de propagation d'une onde
électromagnétique étant celle du vecteur ,
nous définissons alors le vecteur de Poynting comme:
(37.228)
dont la
valeur s'exprime en joules par seconde et par unité de surface:

La norme
du vecteur de Poynting représente donc la puissance instantanée
qui est transportée par l'onde électromagnétique à travers une surface
unitaire, perpendiculaire (nous insistons sur le "perpendiculaire")
à sa direction de propagation. Dès lors, nous pouvons aussi écrire
le vecteur de Poynting sous la forme (attention à ne pas confondre
l'énergie et le champ électrique qui sont représenté par la même
lettre) :
(37.229)
où
est comme à l'habitude le vecteur unitaire perpendiculaire
à
(cette dernière relation nous sera utile pour étudier
une petite propriété du rayonnement synchrotron).
Pour une
onde électromagnétique plane, la norme du vecteur de Poynting vaut:
(37.230)
Cette grandeur varie en fonction du
temps et du lieu. En un endroit donné, sa valeur moyenne
est la valeur moyenne du pendant
une période T:
Rappel:
(37.231)
Donc :
(37.232)
La valeur moyenne du vecteur de Poynting
d'une onde électromagnétique plane est une constante... qui ne dépend
ni de la position et du temps.
Remarque: Nous pouvons faire une analogie osée et amusante
avec l'électronique
en faisant une analyse dimensionnelle du produit  ci-dessus.
Nous avons :
(37.233)
...pour démontrer l'énergie contenue
dans une unité de volume les physiciens pragmatiques feraient une
analyse dimensionnelle. Evitons cela et intéressons nous toujours
au cas particulier de l'onde plane:
Basons-nous sur l'énergie électrique
d'une capacité plane idéale productrice d'ondes électromagnétiques
planes avec un rendement de 100%:
(37.234)
et notons la densité volumique d'énergie
:
(37.235)
d'où nous tirons que :
(37.236)
et l'énergie totale transportée par
l'onde électromagnétique dans ce cas particulier est donc:
(37.237)
Donc la densité d'énergie électrique d'une onde électromagnétique
est égale à sa densité d'énergie magnétique.
De
par ce résultat, nous sommes amenés à définir
"l'intensité I (moyenne) d'une
onde électromagnétique" par
la valeur moyenne de son vecteur de Poynting:
(37.238)
C'est donc la puissance moyenne que transporte l'onde
par unité de surface. Or, nous avons démontré plus
haut l'expression moyenne du vecteur de Poynting, ce qui nous amène
à écrire :
(37.239)
Maintenant, utilisant la relation entre énergie et quantité de
mouvement (cf. chapitre de Physique Quantique
Ondulatoire):
(37.240)
nous obtenons la densité de quantité de
mouvement de l'onde électromagnétique:
(37.241)
Or si la direction de est
perpendiculaire au front d'onde et est donc confondue avec la direction
de propagation de l'onde son module est:
(37.242)
Nous avons donc pour la densité de quantité de mouvement:
(37.243)
Comme la quantité de mouvement doit avoir la direction de la
propagation, nous pouvons écrire sous forme vectorielle:
(37.244)
Si une onde électromagnétique possède de la quantité de mouvement,
elle possède aussi une densité de moment cinétique. Le moment cinétique
par unité de volume est alors:
(37.245)
Ainsi, une onde électromagnétique transporte de la quantité de
mouvement et du moment cinétique aussi bien que de l'énergie!!!
Ce résultat n'est pas surprenant. Une interaction électromagnétique
entre deux charges électriques implique un échange d'énergie et
de quantité de mouvement entre les charges. Cela s'effectue par
l'intermédiaire du champ électromagnétique qui transporte une densité d'énergie
et de quantité de mouvement échangés.
ÉMISSIONS
Pour prévoir la forme et les propriétés du rayonnement
émis par des antennes ou autres sources il faudrait rigoureusement
faire appel à des ordinateurs et aux modèles numériques correspondants
au problème à étudier. Formellement, le résolution des équations
de Maxwell dans des systèmes macroscopiques est assez difficile
et prend du temps. De plus, ceci est plutôt le travail de l'ingénieur
qui cherche une exploitation pratique à partir de théories fondamentales.
Le physicien théoricien s'intéresse aux fondements de l'univers
et aux systèmes isolés et parfaits.
Cependant, nous souhaiterions exposer la théorie
de la diffraction et pour cela, nous devons faire un crochet théorique
à une approximation des propriétés du rayonnement d'une source
ponctuelle sphérique dans le vide.
L'onde dans le cas d'une source ponctuelle sphérique
se propage sphériquement dans l'espace (nous parle alors "d'onde
sphérique") et
le vecteur de Poynting est radial.
Les vecteurs et
sont
localement contenus dans le plan tangent à la sphère de rayon r (c'est
logique!).
Pour que le flux d'énergie soit constant, l'intensité
de l'onde doit diminuer avec la distance. En effet, la conservation
de l'énergie impose qu'à travers une sphère de rayon l'énergie
rayonnée
par unité de temps soit égale à celle
qui traverse la sphère de rayon :
(37.246)
Ceci implique naturellement:
(37.247)
Mais:
(37.248)
ce qui implique:
(37.249)
Nous
pouvons faire de même pour la composante du champ magnétique.
Conclusion : l'intensité
I d'une onde électromagnétique sphérique
se propageant dans le vide diminue en et
l'amplitude des champs
électrique et magnétique diminue en 1/r.
Par extension (information importante pour les téléphones portables)
l'énergie transportée diminue donc en .
Il est facilement compréhensible maintenant d'appréhender
pourquoi les physiciens utilisent systématiquement la fréquence
pour caractériser
une onde car l'amplitude n'est pas constante dans le vide alors
que la fréquence est une sorte de signature de l'émetteur
qui ne se perd pas à travers l'espace!!!
RAYONNEMENT
SYNCHROTRON
Considérons une charge en mouvement
uniforme rectiligne. Les champs électrique et magnétique d'une
telle charge ont été étudiés dans les chapitres précédents. Nous
avons
également démontré plus haut que le champ magnétique est dans cette
configuration, toujours perpendiculaire au champ électrique. La
première conséquence
est que le champ électrique est radial et le champ magnétique
transversal.
Donc si nous entourons la
particule en mouvement d'une surface sphérique fermée imaginaire,
nous avons alors trivialement (voir la définition du vecteur de
Poynting) :
(37.250)
puisque effectivement, en tout point
de la surface,
en est perpendiculaire,
tangent, donc
tangent aussi et donc l'angle entre
et
est égal à un angle droit donc le produit scalaire est nul.
Donc en conclusion le flux total d'énergie
rayonnée est nul pour une charge en mouvement rectiligne uniforme.
Autrement dit, une charge en mouvement rectiligne uniforme, ne
rayonne
pas d'énergie électromagnétique mais transporte avec elle l'énergie
du champ électromagnétique (nous voilà rassuré!). Ceci est confirmé
par les observations expérimentales.
Cependant, la situation est très différente
pour une charge en mouvement accéléré. Le champ électrique d'une
charge accélérée n'est plus radial et ne possède plus la symétrie
par rapport à la charge qu'il possède lorsque le mouvement est uniforme
(nous allons le démontrer). Conséquence... une charge électrique accélérée
rayonne de l'énergie électromagnétique et donc voit son énergie
cinétique diminuer !
Une conclusion importante est qu'il
faut, pour maintenir une charge en mouvement accéléré, fournir
de l'énergie pour compenser celle perdue par rayonnement. Si la
particule au lieu d'être accélérée est décélérée (c'est typiquement
ce que nous cherchons à faire en radioprotection) à nouveau la
particule va émettre de la même manière le même rayonnement (nous
allons aussi le démontrer). C'est ce qui ce produit, par exemple,
lorsqu'une charge, telle qu'un électron ou un proton, heurte une
cible à grande
vitesse. Une fraction substantielle de son énergie totale s'en
va sous forme d'un rayonnement appelé "rayonnement
de freinage" ou
plus communément "bremsstrahlung" (de l'allemand Bremsung
: freinage; et Strahlung : rayonnement).
Les équations que nous allons déterminer
restent valable pour n'importe quel type de mouvement accéléré relativiste
ou non. Par exemple, une particule chargée se déplaçant sur une
orbite circulaire est soumise à une accélération centripète et émet
donc du rayonnement. Par conséquent, lorsqu'un ion est accéléré
dans un accélérateur cyclique, comme un cyclotron, un bêtatron ou
un synchrotron, une fraction de l'énergie qui lui est fournie est
perdue sous forme de rayonnement électromagnétique, cet effet étant
relativement plus important dans les accélérateurs cycliques que
dans les accélérateurs linéaires.
Quand les charges atteignent des énergies
très élevées, comme cela se produit dans les synchrotrons où l'accélération
est grande (heureusement pour nous car cela nous permettre de
faire
une petite approximation fort utile...), les pertes dues au rayonnement,
appelé "rayonnement synchrotron",
deviennent importantes et constituent une limitation sérieuse
dans la construction d'accélérateur
cycliques de très haute énergie mais restent cependant infiniment
utiles à l'industrie de pointe.
Une autre considération
importante se rapport à la structure atomique. Selon le modèle
atomique de Rutherford (cf. chapitre de
Physique Quantique Corpusculaire),
nous imaginons l'atome comme formé d'un noyau central chargé positivement,
les électrons chargés négativement décrivant autour de lui des
orbites fermées. Mais ceci implique, que les électrons se déplacent
suivant un mouvement ayant une accélération et, si nous appliquons
les idées
développées jusqu'à maintenant, tous les atomes devraient rayonner
continuellement de l'énergie (même en l'absence de source d'énergie
extérieure comme le Soleil). Par suite de cette perte d'énergie,
les orbites électroniques devraient se contracter, amenant à une
réduction correspondante de la taille de tous les corps. Heureusement
pour nous, cela ne s'observe pas (la matière ne s'effondre
pas sur elle-même) mais cela nous amène donc à supposer dans
le cadre du modèle de Rutherford que les mouvements des électrons
dans les atomes est gouverné par certains principes supplémentaires
que nous n'avons pas encore envisagés. C'est ce qui nous
amènera à créer le modèle
de Bohr de l'atome (cf. chapitre de Physique
Quantique Corpusculaire) mais qui aura, lui aussi comme
ne le verrons, d'autres défaut.
Pour déterminer l'énergie
émise par une charge en mouvement accéléré
nous allons devoir faire usage d'outils mathématique qui
ne sont plus du même niveau que ceux utilisés précédemment.
Il est donc conseillé que le lecteur ait un bon bagage
mathématique.
Par ailleurs, exceptionnellement nous ferons usage de logiciels
de calculs pour certains points du développement.
Considérons tout d'abord le
schéma suivant :

(37.251)
Lorsque la distribution
de charges
et la distribution de courant se
trouvent au point ,
le point M reçoit l'onde électromagnétique émise
par les charges et le courant lorsqu'ils étaient au point
c'est-à-dire à l'instant t'
(à cause de la vitesse limite de la propagation du champ
dans l'espace). Le retard temporel est la durée de propagation
depuis le point
vers le point M,
soit :
(37.252)
Donc :
(37.253)
Soit :
(37.254)
Les potentiels au point de coordonnée
vectorielle
au temps t ont au vu des résultats obtenus
dans les deux chapitres précédents les relations suivantes pour
expressions :
(37.255)
Remarque: Nous allons faire usage de ces deux relations du potentiel
dans notre étude du champ rayonné car leur forme
mathématique
similaire nous permettra, du moins nous l'espérons..., de
simplifier les développements.
Ces deux relations nous sont déjà
partiellement connues, la première qui exprime le potentiel
électrique (retardé) a été démontrée
dans le chapitre d'Électrostatique dans le cadre non relativiste
(donc nos calculs risquent de ne pas être corrects si nous
tombons un résultat qui dépend de la vitesse ! ... nous
verrons bien).
Concernant la deuxième relation
qui exprime le potentiel-vecteur retardé, nous avons vu plus
haut que
était toujours juste au gradient d'une fonction additive
près pour
(de par les propriétés des opérateurs vectoriels
différentiels) tel que :
(37.256)
et que
soit sous forme relativiste ou non, nous avions :
(37.257)
Rappelons aussi (cf.
chapitre de Magnétostatique)
que :
(37.258)
Il s'ensuit que si nous posons :
(37.259)
que nous retrouvons la loi
de Biot-Savart puisque si et seulement si
ne dépend pas de r alors (trivial) :
(37.260)
Nous obtenons donc bien :
(37.261)
Bien que cette forme du potentiel vecteur
ne donne que la loi de Biot-Savart sous forme non relativiste, comme
elle satisfait toujours :
(37.262)
elle est quand même valable dans
le cadre relativiste car cette équation de Maxwell ne dépend
pas de la vitesse. De plus, si nos résultats dans l'étude
du rayonnement synchrotron nous donnent à la fin une expression
indépendante de la vitesse, nous aurons encore
une fois confirmé cet état de fait.
POTENTIELS
DE LIÉNARD-WIECHERT
Soit le cas où une particule
de masse m et de charge q parcourt
une trajectoire .
Par rapport à un point origine O,
sa coordonnée vectorielle est ,
son vecteur vitesse sera noté:
(37.263)
et
son accélération:
(37.264)
Si la charge ponctuelle
q se situe à l'origine O,
nous avons vu dans le chapitre de Calcul Différentiel Et
Intégral que la fonction de Dirac nous donne :
(37.265)
ainsi que si la charge ponctuelle
q se situe à une abscisse ,
nous avions :
(37.266)
Ce qui vient d'être dit pour
un espace à une dimension peut aussi être appliqué
à un espace à trois dimensions comme nous l'avions
vu et nous écrivons alors :
(37.267)
Si nous choisissons pour unités
pour la fonction de Dirac des ,
alors nous pouvons écrire :
(37.268)
où q est alors la charge totale au point .
Pour la distribution de la densité
de courant, avons de même toujours en choisissant les mêmes
unités pour la fonction de Dirac :
(37.269)
Dès lors au point
M, les potentiels au temps t ont
pour expression:
(37.270)
C'est une formulation bien utile (un détour) qui
va nous permettre de résoudre notre problème.
Pour cela, lorsque la charge se trouve au point au
temps t',
nous posons :
(37.271)
Nous allons utiliser un long artifice afin de résoudre l'intégrale
du potentiel électrique (qui est donc une intégrale multiple en
coordonnées cartésiennes)!
Celui commence en multipliant l'intégrant de par:
(37.272)
cela ne modifie pas l'intégrale puisque:
(37.273)
et que (cf. chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral):
(37.274)
Nous disposons alors de l'expression suivante dans laquelle apparaît
le temps t':
(37.275)
ce que nous avons le droit d'écrire car la deuxième intégrale
ne dépend pas explicitement de t'.
Bon maintenant si nous essayons de résoudre cette intégral, nous
allons y passer notre vie... pour rien. Il va falloir être astucieux
Avant de rechercher une solution de cette intégrale, nous devons
d'abord traiter le cas plus général de l'intégrale suivante :
(37.276)
Soit écrit de manière plus condensée:
(37.277)
qu'il est facile de rapprocher avec l'intégrale antéprécédente:
(37.278)
où nous nous sommes donc arrangés pour que ne
dépendant respectivement (explicitement) que de x, y, z et t.
Nous souhaitons maintenant faire le changement de variables :
(37.279)
Nous rappelons que dans des changements de variables dans les
intégrales multiples (voir le Jacobien dans le chapitre de Calcul
Différentiel Et Intégral), nous avons, en passant des coordonnées
cartésiennes aux coordonnées curvilignes les relations suivantes
:
(37.280)
où pour rappel:
(37.281)
et où:
(37.282)
n'est pas une valeur absolue mais le déterminant d'une matrice!
Or, dans notre cas traité, rappelons que nous avons tous les qui
sont nuls et donc:
(37.283)
et au cas où pendant les développements un des ne
le serait plus pour des raisons encore non déterminées, nous aurions:
(37.284)
L'intégrale multiple devient alors :
(37.285)
où le terme entre accolades est pris à par
nécessité de la construction des développements précédents préparant
l'artifice mathématique!
Et rappelons encore une fois (!!) la propriété des fonctions
de Dirac:
(37.286)
Nous avons alors immédiatement la simplification:
(37.287)
où:
(37.288)
est donc le Jacobien de la transformation de l'artifice....
Il est évident que par construction du Jacobien, nous avons:
(37.289)
Dès lors il vient:
(37.290)
Pour l'intégral I nous avons alors:
(37.291)
Calculons donc maintenant notre Jacobien...:
(37.292)
En revenant au cas traité, a
donc pour composantes:
(37.293)
Ainsi, nous avons le calcul des éléments dé l'inverse du Jacobien:
(37.294)
Bon maintenant que nous avons les composantes de la matrice Jacobienne,
il ne nous reste qu'à calculer son déterminant. Donc soit nous
utilisons la relation générale de calcul de déterminant démontrée
dans le chapitre d'Algèbre Linéaire, soit nous utilisons Maple... Alors
histoire de gagner un peu de temps faisons avec Maple:
>with(linalg):
>A:= matrix(4,4,[1,0,0,a,0,1,0,b,0,0,1,c,d,e,f,1]);
où:
(37.295)
avec:
et
(37.296)
Continuos avec Maple:
>det (A);
Ce qui donne:
1 - cf - eb - da = 1 - ( fc + eb + da)
(37.297)
L'inverse du Jacobien a alors pour expression :
(37.298)
où nous avons utilisé le produit scalaire dans la dernière relation
afin de condenser l'expression.
Soit:
(37.299)
L'intégrale multiple:
(37.300)
où pour rappel:
(37.301)
soit autrement écrit:
(37.302)
mais suite à notre changement de système de coordonnées
nous avons pour rappel:
(37.303)
Or, rappelons encore une fois que :
(37.304)
Donc il faut prendre g en !
Il vient:
(37.305)
Ce qui permet d'écrire :
(37.306)
Il en est de même pour:
(37.307)
qui s'écrit alors:
(37.308)
Finalement la résolution de l'intégrale I s'écrit :
(37.309)
On accède ainsi enfin aux expressions des potentiels.
- Le potentiel scalaire s'écrit :
(37.310)
- Le potentiel vecteur s'écrit :
(37.311)
Compte tenu de l'intégrale qui est quasiment la même que pour
le potentiel scalaire excepté le terme ,
nous arrivons en faisant les mêmes développements que précédemment à l'expression
:
(37.312)
En résumé, les potentiels pris à l'instant (retard temporel de
propagation):
(37.313)
ont pour expressions:
(37.314)
ces potentiels sont appelés "potentiels
de Lienard-Wiechert" avec:
(37.315)
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