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de ce chapitre:
22.07.2010 9:26
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Les aimants sont connus depuis l'Antiquité
(sans pour autant qu'on savait qu'elle était l'origine de
leurs propriétés) sous le nom de "magnétite",
pierre trouvée à proximité de la ville de Magnesia
(Turquie). C'est
de cette pierre par ailleurs que provient le nom actuel de champ
magnétique. Les chinois furent les premiers à utiliser
les propriétés
des aimants différentes de celles des particules chargées,
il y a plus de 1'000 ans, pour faire des boussoles. Elles étaient
constituées
d'une aiguille de magnétite posée sur de la paille
flottant sur de l'eau contenue dans un récipient gradué.
Au même titre que le champ
électrique, une bonne/meilleure compréhension de l'origine de ce
champ ne peut se faire que par l'intermédiaire de théories modernes
comme la physique quantique ondulatoire ou la physique quantique
des champs. Le lecteur débutant devra donc prendre son mal en patience
avant d'avoir les connaissances nécessaires pour étudier ces théories.
L'étude quantitative des interactions
entre aimants et courants fut faite par les physiciens Biot et
Savart seulement en à partir de 1820. Ils mesurèrent l'amplitude
des oscillations d'une aiguille aimantée en fonction de
sa distance à un
courant rectiligne. Ils trouvèrent que la force agissant
sur un pôle est
dirigée perpendiculairement à la direction reliant ce pôle
au conducteur et qu'elle varie en raison inverse de la distance.
C'est le premier
cas que nous allons étudier:
Soit
un déplacement de charges électriques produisant dans l'espace
un champ vectoriel dont les effets sont mesurable et dont les
propriétés
diffèrent de celles du champ électrostatique. Nous en déduisons
l'existence d'un nouveau champ vectoriel que nous appelons (temporairement)
"champ magnétique" et que
nous noterons .
Le cas d'étude
le plus simple consiste en un fil rectiligne indéfini (exemple
que nous pouvons aussi assimiler à un simple déplacement de charges
sans nécessairement avoir un fil comme support) parcouru par un
courant
I
(cf. chapitre d'Électrocinétique)
montre que les lignes de champ magnétique sont des cercles ayant
le fil pour axe.

(36.1)
Remarque: Le sens de 
se définit habituellement par l'intermédiaire de " l'observateur
d'Ampère", c'est-à-dire un observateur qui serait
placé
le long du fil, de façon que le courant aille de ses pieds vers
sa tête et qui regarderait le point M où nous évaluons
le champ ma. 
est dirigé de la droite vers la gauche de cet observateur.
Il a été
expérimentalement établi que la valeur de
à la distance r du fil est proportionnelle
au courant I qui le parcourt inversement proportionnel à r
:
(36.2)
Ce résultat
a été obtenu expérimentalement par les physiciens Biot et Savart
et constitue traditionnellement la base de l'étude théorique
du champ magnétique.
Le coefficient
de proportionnalité k dépend comme toujours
des unités choisies. Pour l'ensemble de ces
conséquences, il est avantageux d'écrire l'expression précédente
sous une forme qui fasse apparaître la longueur du cercle de
rayon
r.
Nous posons donc :
(36.3)
et obtenons
ainsi la valeur du champ magnétique à une distance r d'une
fil conducteur parcouru par un courant constant:
(36.4)
où
est une nouvelle constante que nous appelons "susceptibilité
magnétique" (à nouveau au même titre que la permittivité électrique
il existe une "susceptibilité relative")
Théorème
d'Ampère
Il est intéressant
de calculer la "circulation du champ
magnétique" de
le long d'un contour
qui tourne une fois dans le sens positif autour du fil orienté dans
le sens du courant (observateur d'Ampère) :
(36.5)
Remarque: Le long du contour, le champ est colinéaire au contour
comme nous l'avons vu précédemment d'où le fait que le produit
scalaire puisse s'écrire comme simple produite de normes.
Nous obtenons
ainsi par définition "loi
d'Ampère" (ou "théorème
d'Ampère") :
(36.6)
L'expression
que nous avons obtenue peut encore être simplifiée si nous introduisons
un nouvel être physique appelé "intensité du
champ magnétique"
ou encore plus couramment "excitation
magnétique"
et qui est notée par la lettre: .
Si nous considérons que nous sommes dans le vide où il
n'y a aucun dipôle magnétique alors nous le définissons par :
(36.7)
Dès
lors, nous sommes souvent amenées à parler de "induction
magnétique" pour
et de "champ magnétique" pour
. Mais les deux sont allégrement confondus suivant les auteurs
et surtout les contextes (de même que ce sera le cas dans
ce site).
Alors,
finalement nous pouvons écrire la loi d'Ampère sous la forme :
(36.8)
L'intérêt
de la loi d'Ampère ainsi que du concept de circulation du champ
magnétique paraît (peut paraître) ainsi plus évident.
Cette dernière
relation à bien évidemment une grande utilité en physique théorique
car elle nous permettra de déterminer d'autres résultats forts importants.
Sinon, au niveau de la pratique, le physicien de laboratoire ou
l'électricien/électrotechnicien sera souvent confronté à utiliser
pour de petites et moyennes expériences des électro-aimants dont
il pourrait souhaiter re-calibrer les valeurs nominales ou encore
de solénoïdes.
ÉLECTRO-AIMANT
Déterminons
donc par exemple (important et intéressant) le champ magnétique
dans l'entrefer de longueur et
de section d'un
électro-aimant d'un de longueur et
de section .
La
loi d'Ampère nous donne :
(36.9)
dans
le cas de l'électro-aimant nous pouvons écrire que la circulation
du champ est la somme de la circulation du champ de l'entrefer et
de l'aimant lui-même:
(36.10)
où
N correspondant
au nombre de boucles de courant entourant l'aimant et qui permet
la production du champ magnétique.
Nous
avons par définition:
et
(36.11)
d'où
:
(36.12)
Si
l'entrefer n'est pas trop grand
et
que d'où
:
(36.13)
ce
qui revient à écrire alors
:
(36.14)
d'où
:
(36.15)
La
relation est la même pour un électro-aimant ayant deux bobines.
FORCE D'UN AIMANT OU ELECTRO-AIMANT
Si nous avons connaissance du champ magnétique B produit
par un aimant à sa surface, nous pouvons calculer avec une certaine
approximation la force nécessaire pour le décoller d'une surface
en Fer.
Pour cela, nous noterons F la force nécessaire
pour faire décoller l'aimant à une distance d d'une surface
de Fer. Nous supposerons la distance d suffisamment petite
pour que l'on puisse accepter que dans tout le volume situé entre
l'aimant et le Fer, le champ magnétique est constant.
Ainsi, le travail fait par la force F est
(cf. chapitre de Mécanique Classique)
:
(36.16)
Ce travail s'est transformé en énergie du champ
magnétique dans le volume créé entre l'aimant et le Fer. La densité volumique
d'énergie due au champ magnétique dans l'air étant (cf.
chapitre d'Électrodynamique)
:
(36.17)
Le volume de l'espace créé entre l'aimant et
le Fer étant égal à où S est
la surface de l'aimant qui était collée au Fer. Nous avons alors
l'équivalence dimensionnelle suivante :
(36.18)
Nous en déduisons la force de contact pour de petites valeurs
de d:
(36.19)
où B est la valeur limite du champ
magnétique qui amène notre matériau à se coller à l'aimant (de
façon à ce qu'en soulevant l'aimant, le matériau associée suive)
BOBINE
SOLONOÏDALE INFINIE
Une
application aussi particulièrement importante en électronique et
électrotechnique est celle du calcul d'une bobine de fil parcourue
par un courant que nous considérerons comme constant dans un premier
temps. Il s'agit ni plus ni moins d'une bobine d'induction ou
plus
techniquement appelée une "inductance".
Voyons de quoi il s'agit:
Un solénoïde est une bobine
formée par un fil conducteur enroulé en hélice
et parcouru par un courant d'intensité I.
Dans ce qui suit, nous supposons que le champ d'induction
d'un solénoïde est nul entre les spires et parallèle
à l'axe du solénoïde.
Considérons le schéma
suivant et intéressons nous en approximation qu'à
la partie interne du solénoïde en admettant que le
champ extérieur est nul par la longueur infinie de celui-ci
et la parfaite jointure des bobines... :

(36.20)
Appliquons la loi d'ampère
au trajet rectangulaire abcd.
Ainsi :
(36.21)
La première intégrale
du membre de droite donne
où B est la grandeur de
à l'intérieur du solénoïde et h,
la longueur du segment ab.
Nous pouvons remarquer que le segment ab,
même s'il est parallèle à l'axe du solénoïde,
ne doit pas nécessairement coïncider avec lui.
La deuxième et la quatrième
intégrale sont nulles car, pour ces deux segments.
et
sont partout perpendiculaires : étant donné que est
nul partout, les deux intégrales sont nulles. La troisième
intégrale est également nulle puisque le segment
calculé
se trouve à l'extérieur du solénoïde
où
nous avons supposé que le champ magnétique de la
bobine
était idéal.
Ainsi, l'intégrale
pour tout le trajet rectangulaire est
tel que :
(36.22)
mais le courant I est la somme des courants
passant dans chacune des N contenues dans
le chemin d'intégration. Mais en électronique
nous avons l'habitude de travailler avec la valeur n (nous
choisissons la lettre minuscule par analogie avec la thermodynamique
ou les minuscules représentent des densités) qui
est le nombre de spire par unité de longueur :
(36.23)
Ainsi, nous avons :
(36.24)
Bien que cette relation ait
été établie pour un solénoïde idéal
infini, elle donne une grandeur assez précise (sans être
exacte!) du champ d'induction magnétique pour les points
d'intérieur situés près du centre d'un solénoïde
réel. Cette relation révèle par ailleurs que
le champ magnétique est en approximation indépendant
du diamètre du solénoïde et qu'il est uniforme
à travers la section de celui-ci. En laboratoire, un solénoïde
est un dispositif pratique pour produire un champ d'induction uniforme
de la même façon que le condensateur plan est utilisé
pour produire un champ électrique uniforme.
BOBINE
TOROÏDALE
La bobine toroïdale est un autre
exemple important de l'application de la loi d'Ampère. Effectivement,
nous retrouvons particulièrement ce type de configuration
dans l'électronique de petite puissance (ordinateurs par
exemple) ou les inductances sont pour la plupart toroïdales
ou la production d'énergie avec les fameux Tokomak qui de
façon schématisée (très...) se réduisent
à des bobines toroïdales.

(36.25)
Pour des raisons de symétrie
il est clair que les lignes d'induction magnétique forment
des cercles concentriques à l'intérieur de la
bobine. Appliquons la loi d'Ampère au trajet d'intégration
circulaire de rayon r :
(36.26)
C'est-à-dire :
(36.27)
Il s'ensuit que :
(36.28)
Ainsi, contrairement à B l'intérieur d'un solénoïde,
B n'est pas constant à l'intérieur de la bobine toroïdale.
Relation
de Maxwell-Ampère
Soit la
densité de courant en un point quelconque de l'espace dans
le cas d'une distribution à trois dimensions et soit S une
surface fermée qui s'appuie sur un contour
quelconque. Le courant I qui traverse
est bien évidemment donné par :
(36.29)
D'après
la loi d'Ampère, la circulation du champ magnétique le long de est égale à cette
intégrale. Elle peut donc prendre ici, selon
le choix du contour ,
une infinité de valeurs variables de façon continue. D'autre part,
le théorème de Stokes (cf. chapitre de
Calcul Différentiel Et
Intégral)
fournit que :
(36.30)
d'où :
(36.31)
et nous
en ressortons finalement que :
(36.32)
Nous pouvons
faire une similitude osée de ce résultat avec la relation ci-dessous
(démontrée dans le chapitre d'Électrodynamique), par extension
de la charge statique et de la charge dynamique :
(36.33)
qui
n'est d'autre que la première équation de Maxwell (cf.
chapitre d'Electrodynamique). Dès lors, comme nous avons vu en électrostatique,
nous avons :
(36.34)
Par analogie,
l'idée est de poser (cette hypothèse se vérifie un peu plus bas
par les résultats remarquables obtenus) :
(36.35)
relation
que nous pouvons écrire de manière plus élégante en supposant le
courant non dépendant de la position de l'observateur dans l'espace
et colinéaire au vecteur perpendiculaire de la surface traversée
:
(36.36)
où
représente le périmètre du fil dans lequel le courant I circule.
Loi
de Biot-Savart
Du dernier
développement, nous tirons donc :
(36.37)
Rappelez-vous
qu'à la dernière étape de notre développement précédent (nous l'avons
précisé implicitement) que le chemin d'intégration est perpendiculaire
au courant ! Mais le champ magnétique ne peut pas être nul en
tout point de la ligne du courant. Dès lors, nous sommes amenés à écrire
ce qui est caché :
(36.38)
La relation ci-dessus nous permet donc,
par extension, d'écrire sous une forme plus générale :
(36.39)
qui n'est d'autre que
la "loi de Biot-Savart" souvent présentée en premier dans
les classes scolaire comme début d'étude du magnétisme.
Cette dernière forme peut tout aussi bien s'écrire
(forme très importante) :
(36.40)
Donc :
(36.41)
Nous retrouvons ici l'approximation non relativiste du champ magnétique
tel que nous l'avons déterminé lors de notre étude
de la mécanique relativiste, où nous avons démontré
que :
(36.42)
Une autre forme importante de l'expression du champ magnétique
est :
(36.43)
Comme J est colinéaire à ,
nous pouvons écrire :
(36.44)
Donc :
(36.45)
Une remarque importante s'impose à notre niveau du discours : dans
le cadre des études scolaires pré-universitaires, les formulations
mathématiques des champs magnétique et électrique sont considérées
comme des lois indémontrables d'où l'on tire plus tard les équations
de Maxwell (de plus les développements ne sont pas des plus esthétiques
et rigoureux). L'aspect totalement expérimental de relations aussi
importantes peut avoir une image néfaste de la physique théorique
sur les étudiants. Il convient dès lors de préciser que lors des
études universitaire, nous avons une approche juste un peu moins
pragmatique.
Effectivement, nous postulons l'équation de Schrödinger (cf.
chapitre de Physique Quantique Ondulatoire) dont nous
nous servons pour démontrer la formulation non relativiste
de la loi de Coulomb à l'aide de la théorie de Yukawa (cf.
chapitre de Physique Quantique Des Champs). Ensuite,
pendant l'étude de la relativité restreinte (cf.
chapitre de Relativité Restreinte), nous déterminons
la
forme relativiste de la loi de Coulomb. Ensuite, nous admettons
l'existence du champ magnétique dont l'expression est donnée expérimentalement
par la force de Lorentz (voir plus bas dans ce chapitre) et
de par les propriétés des transformations de Lorentz et de la
connaissance de l'expression relativiste de la loi de Coulomb
nous déterminons
l'expression relativiste du champ magnétique. Ensuite, par approximation
non relativiste, nous tombons sur la loi de Biot-Savart. Cette
manière
de procéder est beaucoup mieux accueillie par les étudiants mais
pas nécessairement accessible à tous les niveaux.
Revenons maintenant sur la
loi de Biot-Savart. Un exemple important en astrophysique de loi
de Biot-Savart dans le cadre des jets de plasmas des disques d'accrétion
sont les boucles de courant circulaires uniques (il faut y rajouter
aussi la force de Laplace dans le cadre relativiste pour comprendre
la dynamique de ces jets).
La figure ci-dessous en représente un bon exemple :

(36.46)
Nous avons donc une boucle
circulaire de rayon R parcourue par un courant d'intensité I.
L'objectif étant de calculer
et un point P de l'axe de cette boucle.
Le vecteur
correspondant à un courant élémentaire au sommet
de la boucle sort perpendiculairement du plan de la page. L'angle
entre ce vecteur et
est donc de .
Le plan formé par
et est
normal à la figure. Le vecteur
produit par ce courant élémentaire est normal à
ce plan de par la forme de la loi de Biot-Savart. Il est donc dans
ce plan de la figure et à angle droit avec le vecteur
comme indiqué sur la figure.
Décomposons
en deux parties : la première,
est le long de l'axe de la boucle et la seconde,
est perpendiculaire à cet axe. Seule la composante
contribue à l'induction magnétique totale au point
P.
Il en est ainsi du fait que les composantes
de tous les courants élémentaires sont sur l'axe et
qu'elles s'additionnent directement. Quant aux composantes ,
elles sont dirigées dans différentes directions perpendiculairement
à cet axe de sorte que, par symétrie, leur contribution
est nulle sur cet axe (prenez vraiment garde à ce cas particulier).
Nous obtenons :
(36.47)
C'est une intégrale scalaire effectuée sur tous les
courants élémentaires. Nous obtenons d'après
la loi de Biot-Savart :
(36.48)
De plus, nous avons selon le schéma :
(36.49)
En combinant ces relations, nous obtenons :
(36.50)
La figure révèle
que r et
ne sont pas des variables indépendantes. Nous pouvons les
exprimer en fonction de la nouvelle variable x,
la distance entre le centre de la boucle et le point P.
Les relations entre ces variables sont :
(36.51)
En substituant ces valeurs dans l'expression de ,
nous obtenons :
(36.52)
Nous remarquons que, pour
tous les courants élémentaires,
I,R,x ont respectivement les mêmes valeurs. L'intégration
de cette différentielle donne :
(36.53)
Une point important de cette relation est en
où nous obtenons donc :
(36.54)
Un autre cas d'application
important de la loi de Biot-Savart consiste à reprendre l'exemple
précédent, mais pour une forme continue plane quelconque et considérée
comme ponctuelle et dont nous aimerions connaître la valeur du champ
ailleurs que sur l'axe de symétrie. Les résultats seront très utiles
lorsque nous étudierons le physique quantique corpusculaire et donc
les propriétés magnétiques des métaux.
DIPÔLE
MAGNÉTIQUE
Le dipôle magnétique a tout comme en électrostatique,
une énorme importance dans l'étude des propriétés
magnétiques des matériaux pour lesquelles il permet
d'élaborer de bons modèles théoriques.
Avant de lire ce qui va suivre, nous conseillerions au lecteur
(c'est même plus qu'un conseil) de lire le absolument tout
le développement du dipôle électrostatique
rigide dans le chapitre d'Électrostatique.
Effectivement, la plupart des calculs qui vont suivre comportement
les mêmes
raisonnements, développements et approximations mathématiques
à quelques infimes nuances près. Nous n'avons dès
lors pas souhaité refaire les mêmes calculs intermédiaires
déjà présent lors du calcul du dipôle
électrostatique (cependant, si vraiment il y a difficulté
de la part du lecteur, nous sommes prêts à compléter...
mais bon...).
Le dipôle magnétique
a une différence non négligeable
relativement au cas pratique que nous nous imposons comme cadre
d'étude... il n'y pas 2 charges ! Effectivement, des charges
au repos émettent en première approximation (c'est
expérimental et... théorique) un champ magnétique
intrinsèque beaucoup trop faible pour être considéré
comme intéressant dans le cadre de l'étude des propriétés
magnétique des matériaux. Il convient cependant
de préciser quelque chose d'intéressant (de sympa),
les charges coulombiennes élémentaires sont parfois
modélisées (à tort!)
par les physiciens comme en rotation sur elles-mêmes (le "spin")
et sont représentées comme une superpositions de
spires circulaires (tiens... une spire...) en infiniment petites
ce qui fait qu'un observateur dans un référentiel
au repos (au centre de la charge ) peut interpréter la
charge coulombienne globale comme étant un courant en
déplacement dans
les différentes spires, induisant ainsi un champ magnétique
intrinsèque (joli non !?).
Bref, considérons un spire plane (tiens... une spire...),
de forme quelconque, de centre O,
parcourue par un courant permanent et constant
dont un des points de la spire est notée par P.
Nous allons calculer le champ magnétique créé
par cette spire en tout point M de l'espace,
situé à grande distance de la spire (précisément,
à des distances grandes comparées à la taille
de la spire).
Remarque: Personnellement il y a certaines étapes
du calcul que je trouve... comment dire... de très loin pas
convaincantes...
mais bon... il y a tellement d'approximations que l'on est plus à
ça près... hummm....
Nous posons :
(36.55)
Nous allons dont utiliser la loi de Biot-Savart dans la limite
appartenant à la spire :
(36.56)
Mais
donc :
(36.57)
Évaluons le terme
pour des points M situés à grande distance de la spire :
(36.58)
où nous avons fait comme le dipôle électrostatique
rigide un développement limité à l'ordre 1.
Remarque: La dernière approximation est très grossière
dans le sens qu'il s'agit d'un choix astucieux des termes à
négliger pour arriver à un résultat esthétique
visuellement et permettant de définir le moment magnétique
dipolaire (voir un peu plus loin)...
En reportant cette expression dans la loi de Biot-Savart, nous
obtenons :
(36.59)
Évaluons séparément chaque terme intervenant
dans la parenthèse :
1. 
puisque le vecteur
est indépendant du point
sur la spire et que nous faisons une intégration curviligne
sur toute la spire, en revenant au point de départ.
2. 
De par les propriétés du produit vectoriel :
(36.60)
Or puisque
et
sont perpendiculaires, nous avons
qui est la surface infinitésimale dS' d'un
carré et cela ne représente rien étant donné
que l'abscisse est curviligne par rapport à O.
Effectivement :

(36.61)
Donc, nous pouvons écrire :
(36.62)
où
est le vecteur normal au plan de la spire (vecteur de base de l'axe
Z).
Ce résultat est général, valable quelque soit
la surface.
D'où :
(36.63)
3. 
de par les propriétés du produit vectoriel.
Prenons une surface S plane quelconque. Sur cette surface, nous avons :
(36.64)
puisque nous revenons au même point de départ. Nous
avons donc l'égalité :
(36.65)
Nous allons utiliser ces relations pour calculer l'intégrale
inconnue du début. Si nous décomposons les vecteurs
et
dans la base
engendrant le plan de la spire, nous obtenons :
(36.66)
or :
(36.67)
D'où :
(36.68)
De par l'égalité ,
nous avons :
(36.69)
Rappel :
(36.70)
Sous forme de composantes (seulement la troisième est non
nulle), nous avons :
(36.71)
d'où :
(36.72)
Ce qui nous amène à écrire :
(36.73)
En rassemblant ces résultats, nous obtenons pour le champ
magnétique :
(36.74)
Nous voyons donc apparaître une grandeur importante car décrivant
complètement la spire vue depuis une grande distance, à
savoir le "moment magnétique dipolaire" :
(36.75)
souvent noté aussi par un M par certains auteurs.
En faisant usage de la propriété suivante
du produit vectoriel (cf. chapitre de Calcul
Vectoriel) :
(36.76)
Nous obtenons alors l'expression du champ magnétique approximative
créé par un dipôle :
(36.77)
à comparer (pour le fun) avec l'expression du champ électrique
pour un dipôle électrique rigide :
(36.78)
Nous sommes quand même arrivés à mettre cela
sous une forme assez identique et esthétique après
quelques approximations...
Nous avons aussi :
(36.79)
d'où :
(36.80)
L'origine du champ magnétique
d'un matériau quelconque
doit être microscopique. En utilisant le modèle de
Bohr de l'atome (cf. chapitre de Physique
Quantique Corpusculaire),
nous pouvons nous convaincre que les atomes (du moins certains)
ont un moment magnétique dipolaire intrinsèque. Effectivement,
le modèle de Bohr de l'atome d'Hydrogène consiste
en un électron de charge
en mouvement (circulaire) autour d'un noyau centre (un proton)
avec une période .
Si nous regardons sur des échelles de temps longues par
rapport à T,
tout se passe comme s'il y avait un courant :
(36.81)
Nous avons donc une sorte de spire circulaire, de rayon moyen la
distance moyenne au proton, c'est à dire le rayon de Bohr
.
L'atome d'Hydrogène aurait donc un moment magnétique
intrinsèque :
(36.82)
où
est le moment cinétique de l'électron et q/2m
le "facteur gyromagnétique".
Ce raisonnement peut se généraliser
aux autres atomes. En effet, un ensemble de charges en rotation
autour d'un axe vont produire un moment magnétique proportionnel
au moment cinétique total. Cela se produit même
si la charge totale est nulle (matériau ou atome neutre)
: ce qui compte c'est l'existence (scalaire) d'un courant.
Du coup, nous pouvons expliquer qualitativement les propriétés
magnétiques des matériaux en fonction de l'orientation
des moments magnétique des atomes qui les composent :
- Matériaux amagnétiques: ce sont les matériaux
où les moments sont distribués
aléatoirement, il n'y a pas de champ magnétique
intrinsèque.
- Matériaux diamagnétiques: ce sont la matériaux qui soumis à
un champ magnéatique, ont leur moment qui s'opposent à celui-ci
et
sont donc repoussés (très faiblement) par les aimants. Ils induisent
donc un moment magnétique opposé à la
direction du champ magnétique.
- Matériaux paramagnétiques: ce sont les matériaux
pour lesquels les moments peuvent s'orienter dans la direction
d'un champ magnétique extérieur
et pouvant donc être ainsi aimantés (attirés)
momentanément. Ils induisent
donc un moment magnétique dans la direction
du champ magnétique.
- Matériaux ferromagnétiques : ce sont les matériaux
dont les moments sont déjà orientés dans une
direction particulière,
de façon permanente (aimants naturels).
Remarque: La Terre est connue pour avoir un champ magnétique
dipolaire, où le pôle Nord magnétique correspond
au pôle Sud géographique (à un angle près).
Au niveau macroscopique, l'explication de l'existence du champ
magnétique
observé sur les étoiles est encore aujourd'hui loin
d'être satisfaisante. La théorie de "l'effet dynamo"
essaie de rendre compte des champs observés par la présence
de courants, essentiellement azimutaux, dans le coeur des astres.
Plusieurs faits connus restent partiellement non éclaircis
:
- Les cycles magnétiques : le Soleil a un champ magnétique
à grande échelle qui ressemble à celui de la
Terre, approximativement dipolaire. Cependant, il y a une inversion
de polarité tous les 11 ans (sur 11 ans). Pour la Terre,
on a pu mettre en évidence qu'il y avait eu une inversion
il y a environ 700'000 ans.
- Non alignement avec le moment cinétique de l'astre : s'il
est de l'ordre d'une dizaine de degrés pour la Terre, il
est perpendiculaire pour Neptune!
Loi
de lorentz
En électrostatique,
nous avons calculé la force exercée par une ou un ensemble de charges
au repos sur une charge immobile ou en mouvement. La force exercée
s'écrivait alors de la manière suivante:
(36.83)
Dans le
cas le plus général, où les charges agissantes sont en mouvement,
la force qu'elles exercent sur une charge ponctuelle q placée en un point de l'espace est la somme de deux termes : l'un
qui est indépendant de la vitesse de
cette charge, l'autre qui en dépend. Voici comment s'écrit cette
relation :
(36.84)
qui
n'est d'autre que la "loi de Lorentz" ou "force
de Lorentz".
Pour démontrer
cette relation, nous allons poser deux hypothèses mais avant il
est important d'informer le lecteur que cette démonstration nécessite
des outils mathématique non nécessairement évidents (il faut
avoir lu le chapitre de Mécanique Analytique et de Physique Quantique
Ondulatoire pour comprendre) :
H1. Soit une particule
ponctuelle non-relativiste de masse m,
de position et
de vitesse ;
nous supposons qu'elle est soumise à une force et
qu'elle satisfait les équations de Newton:
(36.85)
avec les relations
de commutations suivantes (cf. chapitre de
Physique Quantique Ondulatoire):
(36.86)
Il faut bien voir
que la dernière relation est une hypothèse et qu'elle n'est pas
équivalente aux règles de commutation que nous avons vues en physique
quantique entre positions et impulsions!
H2. Il existe
des champs et
,
ne dépendant pas des vitesses, tels que:
(36.87)
et qui vérifient
les équations de Maxwell (cf. chapitre d'Électrodynamique)
:
(36.88)
A un niveau classique,
nous exprimons les hypothèses de commutation en utilisant la
correspondance commutateurs-crochet de Poisson (cf.
chapitre de Mécanique Analytique), soit:
(36.89)
avec (rappel):
(36.90)
Maintenant, nous définissons
un potentiel vecteur (cf.
chapitre d'Électrodynamique) tel que:
(36.91)
alors l'hypothèse ( )
de commutation peut s'écrire:
(36.92)
donc nous pouvons dire que
ne dépend que de et
t puisqu'il
commute identiquement à .
De plus, nous savons que
la mécanique
classique admet une formulation lagrangienne (équivalent aux équations
de Newton) pour laquelle les équations de la mécanique deviennent
(cf. chapitre de Mécanique Analytique):
(36.93)
où L désigne
le lagrangien du système. Dès lors, avec:
(36.94)
nous pouvons intégrer la relation :
(36.95)
et nous obtenons:
(36.96)
Le
signe "-" de la constante d'intégration du potentiel
vecteur se justifie pour être en cohérence avec ce que nous avons
vu en théorie de Jauge (cf. chapitre d'Électrodynamique).
La seconde équation de Lagrange nous
donne alors:
(36.97)
En développant un peu:
et
(36.98)
Pour l'ensemble des coordonnées, cela donne
sous forme condensée et en utilisant les outils de l'analyse vectorielle:
(36.99)
Donc:
(36.100)
ou
autrement écrit:
(36.101)
Nous
retrouvons donc bien l'expression de la force de Lorentz où
et
sont donnés par:
(36.102)
comme nous l'avons
vu en théorie de Jauges. Certes la démonstration est loin d'être
évident mais elle est possible.
Arrêtons-nous
un instant sur l'expression de la force de Lorentz. Nous voyons
avec cette relation, qu'une charge immobile (ou non) dans un champ
électrique subira une force qui lui donnera l'impulsion nécessaire
à faire varier son énergie cinétique (nulle ou non nulle au départ).
Cette constatation n'est cependant pas valable pour le champ magnétique.
Effectivement, lorsque nous plaçons une charge immobile dans
un
champ magnétique, cette dernière ne subira aucune force du champ
magnétique et donc ne verra pas son énergie cinétique varier.
Si la particule chargée à une vitesse initiale non nulle, il
s'ensuit que le champ magnétique va changer les composantes du
vecteur vitesse mais pas la norme. Ainsi, nous avons pour habitude
de dire que :
"le champ magnétique ne travaille pas".
Démonstration:
(36.103)
Donc :
(36.104)
L'énergie cinétique de
la particule ne change donc effectivement pas à cause du
champ magnétique.
Maintenant, si nous nous intéressons uniquement au second terme
de cette relation, nous pouvons arriver à démontrer la loi de Laplace
:
Nous avons:
(36.105)
où
est
la densité volumique de charge. Si
et
sont
supposés parallèles nous pouvons écrire que:
(36.106)
Une densité de courant nous permet de calculer
la vitesse d'entraînement des porteurs de charges dans un conducteur.
Le nombre d'électrons de conduction
dans un fil est égal à:
(36.107)
où n est
le nombre d'électrons de conduction par unité de volume et le
volume du fil.
Une quantité de charges traverse
un fil en un temps t donné
par:
(36.108)
L'intensité I du
courant étant définie par:
(36.109)
nous obtenons que:
(36.110)
De:
(36.111)
Nous pouvons maintenant tirer que:
(36.112)
Enfin, nous trouvons que:
(36.113)
qui est la "loi de Laplace"
ou "force de Laplace".
Voyons quelques cas importants d'application
de la loi de Lorentz :
EFFET
HALL CLASSIQUE
Précédemment,
nous avons étudié l'action d'une induction magnétique sur un circuit
filiforme en ayant pour but de trouver l'expression des forces
magnétiques
appliquées à la matière même de ce circuit.
Portons maintenant notre
attention sur les électrons de conductivité eux-mêmes, en nous
plaçant
dans le cas de la figure ci-dessous:

(36.114)
où un ruban métallique est parcouru par un courant continu .
Le vecteur densité de courant est
constant et parallèle aux
grands côtés PQ ou
RS du
ruban.
Imaginons
alors que le ruban soit plongé dans un champ magnétique uniforme
perpendiculaire aux plans PQ et
RS (selon
l'axe Z).
Les charges mobiles de densité volumique contenues
dans un élément de volume dV sont
donc soumises à la force magnétique :
(36.115)
Cette
force modifie les trajectoires des électrons mobiles et, au cours
d'un régime transitoire, provoque leur accumulation sur le bord
avant du ruban tandis qu'un excès de charges positives apparaît
sur le bord arrière.
Ce
phénomène produit un champ électrique supplémentaire parallèle à
RP qui
exerce sur les charges mobiles du volume une
force électrique:
(36.116)
Les
deux forces s'opposent donc l'une à l'autre et la force coulombienne
tend à ramener les trajectoires électroniques dans leur position
initiale. Un régime permanent s'établit peu à peu.
Remarque: En fait, à chaque fois que nous parlons de régime
permanent en physique, nous mentons un peu. Il s'agit au fait juste
d'un équilibre
stable et en général, le système oscille autour de sa position
d'équilibre.
Au bout d'un certain temps, un système comme le conducteur impliqué
dans notre exemple montre des oscillations négligeables. La physique
c'est aussi parfois qu'une question d'approximations...
Quand ce régime est atteint, la densité de courant est à nouveau
parallèle
à PQ et
les forces électriques et magnétiques ci-dessus sont vectoriellement
opposées. Nous avons donc :
(36.117)
avec
:
(36.118)
Dans certains ouvrages cette égalité
est notée sous forme de ses composantes telle que :
(36.119)
Or, comme nous l'avons démontré
dans le chapitre d'Électrocinétique:
(36.120)
dès lors :
(36.121)
Nous définissons alors le "coefficient
de Hall" par :
(36.122)
peut être aussi bien utilisé à l'équilibre
pour la mesure de
que par extension si nous supposons
alors
donc à la mesure de la densité de porteurs dans l'échantillon.
Remarque: Nous parlons également de " résistance
de Hall". Il s'agit simplement du rapport de la tension
de Hall sur le courant circulant dans l'échantillon. Il
ne faut cependant pas confondre la résistance de Hall
avec  .
Notons que la résistance de Hall varie linéairement
avec le champ magnétique.
Dans un semi-conducteur à deux
dimensions, l'effet Hall est également mesurable. Par contre,
à suffisamment basse température, nous observons une
série de plateaux pour la résistance Hall en fonction
du champ magnétique. Ces plateaux apparaissent à des
valeurs précises de résistance, et ce, indépendamment
de l'échantillon utilisé. Ceci fait l'étude
de "l'effet Hall quantique" que nous n'étudierons pas dans
ce chapitre.
Sous forme
scalaire la relation de "l'effet Hall", encadrée ci-dessus,
s'écrit:
(36.123)
Nous
pouvons aussi l'exprimer en explicitant la différence de potentiel
qui correspond par définition au champ électrique.
Si
l est
la largeur du ruban, nous avons:
(36.124)
Si
e est
son épaisseur, le courant I qui
le parcourt est:
(36.125)
Compte
tenu des positions relatives des divers vecteurs, la relation
exprimant
l'effet Hall équivaut donc à:
(36.126)
Plus
esthétiquement et sous une forme traditionnelle, la tension de l'effet
Hall est donnée par:
(36.127)
avec:
(36.128)
qui est la "constante de Hall".
Elle est inversement proportionnelle à la densité des porteurs
libres et dans le cadre des métaux elle est négative.
Dans d'autres domaines d'étude comme celui des semi-conducteurs,
nous écrivons la tension de Hall sous la forme traditionnelle:
(36.129)
où q est la charge de l'électron et n la notation
traditionnelle (sic!) de la densité de porteurs dans le
cadre de l'étude des semi-conducteurs.
Nous avons alors dans ce dernier domaine la constante de Hall
qui est définie par:
(36.130)
Ce qui a fait cependant la renommée de l'effet Hall, outre
le fait que ce résultat est utilisé pour fabriquer des sondes de
champs magnétiques, c'est que pour certains types de semi-conducteurs
cette constante de
Hall est positive!!!! Ce qui signifierait avec les modèles
standards que nous avons à notre disposition jusqu'à maintenant,
qu'il y aurait des charges positives qui feraient office de courant...
et à l'époque
de la
mise en place de cette expérience, ceci était inexplicable.
Or nous verrons plus tard qu'en utilisant la théorique quantique
dans le cadre des semi-conducteurs que des charges positives peuvent
pourtant sous certaines conditions apparaître et être à l'origine
d'un courant!
RAYON
DE LARMOR
Un cas très intéressant
d'étude de laboratoire est le mouvement d'une charge dans
un champ magnétique uniforme. Pour cette étude,
considérons
une particule de masse m et de charge q placée
dans un champ magnétique uniforme avec une
vitesse initiale .
Nous avons selon la loi de Lorentz
:
(36.131)
Puisque la force magnétique
est nulle dans la direction du champ, cette direction est privilégiée.
Nous allons donc tirer parti de cette information et décomposer
la vitesse en deux composantes, l'une parallèle et l'autre
perpendiculaire au champ, .
L'équation du mouvement s'écrit alors :
(36.132)
La trajectoire reste donc rectiligne
uniforme dans la direction du champ ! Prenons un repère
cartésien
dont l'axe Z est donné par la direction du champ magnétique tel
que .
L'équation du mouvement ne s'écrit dès lors
que plus que sur deux composantes puisque :
(36.133)
d'où :
(36.134)
Une solution très simple à
ces deux équations différentielles est dans un cadre
non relativiste :
(36.135)
où nous avons donc choisi une
vitesse initiale suivant X.
En intégrant, nous obtenons :
(36.136)
où les constantes d'intégration
ont été choisies nulles (choix arbitraire). La trajectoire
est donc un cercle de rayon :
(36.137)
appelé "rayon
de Larmor", décrit
avec la pulsation :
(36.138)
dite "pulsation gyro-synchrotron".
Ce cercle est parcouru dans le sens conventionnel positif pour
des charges négatives.
Le problème d'une telle configuration pour construire un accélérateur,
c'est que si nous augmentons l'énergie de la particule (en ajoutant
un champ électrique synchronisé sur la pulsation gyro-synchrotron
et colinéaire au mouvement), sa vitesse augmente mais le rayon
de Larmor aussi. Or, le "cyclotron" qui est basé sur
ce système a un rayon limité puisqu'il est difficile de maintenir
un champ magnétique constant sur une grande surface.
Plus difficile encore, dans le cas relativiste, la pulsation
s'écrit avec le facteur de Fitzgerald-Lorentz (cf.
chapitre de Relativité Restreinte):
(36.139)
Nous voyons alors qu'il faut ajuster la pulsation du champ électrique à la
pulsation de rotation lorsque la vitesse augmente: l'accélérateur
est maintenant un "synchrocyclotron".
Pour résoudre le problème de l'augmentation du rayon, nous utilisons
alors un "synchrotron" constitué d'un tube à vide unique
comportant de sections droite contenant des cavités accélératrices
et des section cours équipées d'aimants créant à chaque instant
le champ magnétique adapté à la vitesse des particules. Cette technique,
dont il est facile de parler mais très difficile à mettre en pratique,
est la plus utilisée à nos jours. Le LHC du CERN fait partie de
la famille des synchrotrons
A partir de cette relation il est inversement aisé d'avoir l'énergie
cinétique
de la particule:
(36.140)
C'est sur la base de cette relation que fonctionnent les "spectromètres
de masse de Dempster". C'est en utilisant cette technique
que les chercheurs ont découvert dans les années
1920 que les atomes d'un même élément chimique
n'ont pas nécessairement la même masse. Les
différentes variétés d'atomes d'un même élément
chimique, variétés
qui diffèrent par leur masse, sont les isotopes (cf.
chapitre de Physique Nucléaire).
Le rayon de Larmor correspond à
la distance la plus grande que peut parcourir une particule dans
la direction transverse avant d'être déviée
de sa trajectoire. Cela correspond donc à une sorte
de distance de piégeage. A moins de recevoir de l'énergie
cinétique
supplémentaire, une particule chargée est ainsi piégée
dans un champ magnétique.
Il est intéressant de noter
que l'énergie cinétique transverse d'une particule
est élevée (grande masse ou grande vitesse transverse)
et plus le rayon de Larmor est grand. Inversement, plus le champ
magnétique est élevé et plus ce rayon est petit.
Remarque: Le confinement du plasma dans un tokamak est basé
sur cette propriété qu'ont les particules chargées
de décrire une trajectoire en hélice autour d'une
ligne de champ magnétique. D'où l'intérêt
d'utiliser un tore.
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