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| OPTIQUE
ONDULATOIRE
L'electrodynamique
est la partie de la physique qui traite de l'action dynamique des
courants électriques (Larousse).
Dernière mise-à-jour
de ce chapitre:
23.07.2010 22:21
Version: 2.1 Revision 1
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Jusqu'ici nous nous sommes concentrés sur
l'interaction gravitationnelle et la grandeur caractéristique de
la matière, appelée "masse", qui lui est associée. Nous
avons évoqué l'interaction électromagnétique, en analysant des phénomènes
macroscopiques, comme le frottement, la cohésion, l'élasticité,
les forces de contact, etc. Maintenant nous nous penchons sur les
forces électroniques et la caractéristique de la matière, appelée
"charge", qui leur est associée. L'interaction électromagnétique
lie la matière, sous toutes ses formes observables. C'est elle qui
fait tenir les électrons au noyau dans l'atome, qui fait tenir ensemble
les atomes dans les molécules, les molécules dans les objets et
même votre nez à votre visage (eh oui... nous ne tenons pas à grand
chose.. lol).
La "charge"
produit la "force électrique" ou "force de Coulomb"
et nous commençons seulement à comprendre cette force. La charge
est une notion fondamentale, qui ne peut pas être décrite en termes
de concepts plus simples et plus fondamentaux. Nous la connaissons
par ses effets et malheureusement pas par ce qu'elle est (c'est
idem pour la masse rappelons-le aussi).
L'expérience a montré
aussi que bien que la charge ait comme la masse une propriété additive,
elle comporte cependant aussi des valeurs négatives (et non exclusivement
positive comme l'est à priori la masse). Ainsi, dans le langage
actuel et comme l'expérience le confirme, deux charges identiques
se repoussent et deux charges différentes s'attirent.
Voyons maintenant la force
qui est associée à la charge :
Force électrique
Il a expérimentalement
été établi par Coulomb qu'une particule
témoin subit
une force d'une intensité proportionnelle à sa
charge q,
lorsqu'elle est placée au voisinage d'une ou plusieurs charges
électriques ,
dans un milieu de permittivité
(permittivité au champ électrique bien sûr...) donnée
par (sous forme vectorielle et non relativiste) :
(35.1)
où est
le vecteur position d'une charge témoin.
En
d'autres termes, deux corps chargés s'attirent ou se
repoussent selon une force directement proportionnelle à leur
charge et inversement proportionnelle au carré de
la distance qui les sépare.
Dans
le cas d'un système à deux particules séparées d'une distance r,
nous avons la même relation simplifiée et nous retrouvons la
forme plus commune de la force électrique ou "force
de Coulomb"
telle qu'elle est donnée dans
la plupart des ouvrages (sous forme scalaire et non relativiste)
:
(35.2)
Remarques:
R1. Fréquemment,
cette dernière relation est définie sous le nom de "loi
de Coulomb"
dans la plupart des écoles et admise comme non démontrable.
Au fait, il n'en est rien ! Cette relation peut se démontrer comme
nous le verrons lors de l'étude de la physique quantique des champs
(cf. chapitre de Physique Quantique Des
Champs) en utilisant
l'équation
de Klein-Gordon dans le contexte d'une champ de potentiel à symétrie
sphérique (démonstration effectuée par Yukawa).
R2. Pour la
forme relativiste de la loi de Coulomb, le lecteur se reportera
au chapitre
de Relativité Restreinte où il
est démontré que
(forme vectorielle) :
(35.3)
La permittivité dans le vide est elle
donnée expérimentalement par :
(35.4)
et relativement au milieu
considéré, nous définissons une permittivité
relative
qui permet plus facilement de déterminer les propriétés
d'un matériau par rapport au champ électrique tel
que :
(35.5)
Nous définissons
également le rapport :
(35.6)
appelé "constante
diélectrique". Le facteur
entre parenthèses ne dépend que de la distribution des charges
dans l'espace et de la permittivité
du milieu considéré. Puisque sa valeur varie
d'un endroit à l'autre et dépend du vecteur position de
la charge témoin, il forme un ensemble de vecteurs, dont la propriété
est celle d'une multitude de lignes de champs électriques d'où
l'utilisation du terme "champ électrique".
Chacun
des éléments de cet ensemble porte donc le nom de "champ électrique"
,
au point ,
dans la distribution de charges :
(35.7)
Les ingénieurs utilisent souvent une autre
notation qui permet de caractériser uniquement la géométrie du
champ et ce indépendamment du milieu et introduisent le concept
de "champ de déplacement":

nous retrouverons ce vecteur dans le chapitre d'Electrodynamique
lors de notre synthèse des équations de Maxwell.
La force
Coulombienne, agissant sur la charge témoin q,
s'écrit alors de façon conventionnelle:
(35.8)
POTENTIEL ÉLECTRIQUE
Soient
deux point A
et B dans
une région de l'espace où il existe un champ électrique et
soit un chemin reliant
ces deux points, alors dans le cas particulier où la source d'un
champ est
une sphère ou un corps ponctuel et que nous posons une charge
à son voisinage nous avons pour le travail effectué par la force
pour déplacer la charge du point A
au point B :
(35.9)
Par ailleurs, ce travail est comme nous le verrons plus loin,
assimilable à l'énergie potentielle.
Nous définissons
ainsi la "différence de potentiel" ou
simplement le "potentiel"
donné par :
(35.10)
et donc :
(35.11)
Remarques:
R1. Le potentiel est souvent appelé "tension"
par les électriciens, électrotechniciens ou autres ingénieurs.
Parfois par abus de la langue anglophone le terme "voltage" est
ensuite utilisé par référence à l'unité de mesure du potentiel
qui est le "Volt" noté [V].
R2. La différence de potentiel peut aussi bien se faire
entre deux bornes chargées de manières opposées
(+,-) qu'entre deux bornes (+,neutre) ou encore (-,neutre). Ces
deux derniers cas représentent
typiquement la configuration utilisée par les trains, trams,
l'orage et presque tous
les
appareils électroménager
Démontrons
maintenant dans le cadre le plus général qui soit que le champ
vectoriel stationnaire
dérive
d'un champ de potentiel : Soit
une charge Q
repérée par rapport à un référentiel
par le vecteur
. Alors en chaque point de l'espace il existe un champ
tel que:
(35.12) développons
cette expression:
(35.13) Si
est un champ de potentiel
stationnaire alors, il doit exister un potentiel
de ce champ qui satisfasse :
; ;
(35.14) Regardons
si le potentiel
existe pour un champ de Coulomb. Nous
devons alors avoir pour le champ en x:
(35.15) d'où:
(35.16) et
si nous effectuons le même développement pour chaque composante,
nous obtenons également le même résultat. Donc le potentiel est
un champ scalaire et non vectoriel comme l'est le champ électrique
!
est appelé dans le cas d'un champ de Coulomb "potentiel
coulombien" et est noté U.
Comme nous pouvons le constater par l'expression de
,
C est une constante arbitraire, qui
impose dans le cas d'absence de charges que:
(35.17) Ce
qui nous donne finalement:
(35.18)
Ce qui donne pour toutes les composantes :
(35.19)
que nous notons plus brièvement:
(35.20)
Remarque: Les mêmes développements et résultats (et ceux
qui vont suivre) sont applicables en ce qui concerne le champ de
potentiel
gravitationnel. Cependant il est rare qu'ils soient effectués dans
la littérature ou les écoles car l'être humain ne contrôle pas
le champ gravitationel avec une facilité et une intensité équivalente
à celle du champ électrique...
Indépendance
du chemin
Démontrons maintenant
que la différence de potentiel entre deux points A
et B ne
dépend pas du chemin parcouru
tel que nous l'avons fait pou le champ de potentiel gravitationnel
dans le chapitre de Mécanique Classique.
Soit
un chemin reliant deux points A et B et
un champ et
faisons en sorte d'exprimer le champ en x, y et z par
rapport à une seule variable t (qui
n'a rien avoir avec le temps...) qui rendrait compte de sa
variation lors d'un déplacement quelconque entre ces deux
points:

(35.21)
Cette
dernière expression montre bien que U est indépendant
du chemin quelle
que soit la manière dont nous paramétrons celui-ci.
Le champ
de Coulomb est donc un "champ conservatif".
En effet, si nous considérons un chemin fermé et
soit A et B deux points confondus
du chemin alors la différence de potentiel
est sera nul.
ÉQUIPOTENTIELLES
ET LIGNES DE CHAMP
Nous pouvons maintenant à partir de ce que nous avons établit, définir les "équipotentielles"
et les "lignes de champ".
Soit
un champ de Coulomb défini par rapport à un référentiel. Alors à chaque
point (x,y,z) de l'espace, nous
pouvons associer un vecteur champ électrique ainsi
qu'un potentiel électrique.
Définition: Nous définissons les "lignes
de champ" comme étant une
famille de courbes pour lesquelles le vecteur est
tangent et constant en chaque point et les "équipotentielles"
comme étant des lignes pour lesquelles le potentiel U(x,y,z)
est aussi constant.
Dans ce
cas, et c'est ce que nous allons démontrer, toutes les lignes de
champ sont perpendiculaires à toutes les équipotentielles.
Démonstration:
Utilisons
la propriété suivant de conservation du champ de
coulomb pour la démonstration :
(35.22)
Comme nous sommes en présence
d'un champ électrique, celui-ci dérive donc d'un potentiel comme
nous le savons. Ceci implique que si le champ n'est pas nul le potentiel
ne l'est également pas. Donc, dans l'intégrale curviligne:
(35.23)
un des termes
est nul ! Ce n'est pas le champ électrique puisqu'on
est présence d'un, ce qui discrédite le potentiel U et
comme la charge se déplace n'est
pas nul non plus. Écrivons alors l'intégrale curviligne d'une autre
manière:
(35.24)
d'où:
(35.25)
nous
pouvons donc conclure que les équipotentielles sont bien perpendiculaires
aux lignes de champ électrique et inversement. C'est ce qu'il
fallait démontrer.
Voici
les exemples de lignes de niveaux comprenant lignes de champs et
lignes de potentielles obtenu à l'aide de Maple (nous montrerons
lors de notre étude des équations différentielles comment obtenir
les fonctions mathématiques des lignes de champs) :
 
A gauche :
un seule charge - A droite : deux charges de signe égal
 
A gauche :
deux charges de signes opposés - A droite : quatre charges
de signe égal
(35.26)
Remarque: Mis à part avec les charges opposées, nous rappelons
que les mêmes résultats sont applicables pour les masses avec
le champ gravitationnel.
Deux applications
de ces résultats sont très importants (pour lesquels nous nous
limiterons
à l'étude des propriétés les plus importantes) :
1. La détermination
des lignes de champs et équipotentielles pour un fil rectiligne
infini tel que nous pouvons en approximation en considérer dans
les circuits électriques ou les lignes hautes tensions aériennes
(afin de déterminer l'influences des champs des fils avec leur
environnement - cette étude fait partie du domaine de l'électrodynamique
de l'ingénieur
que nous appelons la CEM pour "Compatibilité Électromagnétique").
Les résultats pourront aussi être utilisés pour déterminer la "tension
de pas" pour certains systèmes rectilignes qui détermine
pour une distance donnée, le potentiel par mètre pour lequel un
mammifère
peut être tué par électrochoc proche d'un tel fil. Une extension
(sur laquelle je ne souhait pas trop m'attarder bien que le sujet
soit passionnant mais très chaud) est aussi l'influence d'un tel
type de potentiel sur le fonctionnement du cerveau humain dans
le
cas de l'usage des téléphones portables (antennes émettrices d'un
potentiel) ou d'habitations proche de lignes hautes tensions....
Remarque: Nous déterminerons dans le chapitre de Magnétostatique
la loi de Biot et Savart qui donne le champ magnétique
pour un tel fil parcouru par une intensité de courant donnée.
2. La détermination
des lignes de champs et équipotentielles du dipôle électrique qui
a une énorme importance en chimie comme nous le verrons lors des
développements. Nous verrons également quelle est la dynamique de
celui-ci lorsqu'il est plongé dans un champ électrique uniforme
l'énergie d'interaction entre dipôles (comme c'est souvent le cas
en chimie).
FIL RECTILIGNE
INFINI
Soit:
(35.27)
Nous
avons :
(35.28)
en faisant usage du concept de densité
linéique de charges tel que nous l'avons défini dans
le chapitre Principes de la section
de mécanique, nous avons :
(35.29)
Considérons une ligne infinie
de section négligeable, et portant une charge linéique
continue .
Le but est donc de calcul le champ électrique et le potentiel
en tout point M de l'espace extérieur à cette
ligne afin de connaître
les influences des charges de cette ligne sur son environnement
en ne considérant que l'influence du champ électrique
(si les charges étaient en mouvement il faudrait également
prendre en compte l'influence du champ magnétique ce
que nous ferons dans le chapitre de Magnétostatique).
Pour cela, la méthode
consiste
à découper la ligne en de petits éléments
de ligne dl,
chacun de ces éléments portant une charge dq.
Le champ créé par la charge en P au
point M à distance x et
de projection orthogonale H sur la ligne est :
(35.30)
L'astuce consiste maintenant à
prendre le symétrique P'
de P par rapport à H (la
projection orthogonale de M sur le fil) pour lequel nous avons
identiquement :
(35.31)
Le champ total est donc :
(35.32)
Or, nous avons :
(35.33)
Donc :
(35.34)
Comme nous pouvons nous en douter,
cette dernière relation montre bien que le champ est orthogonal
à la ligne (au fil...).
La norme de
est :
(35.35)
Cette relation comporte
3 variables dépendantes r,dl,x.
La norme du champ total en un point est donc la somme des normes
sur l'ensemble de la longueur du fil puisque tous les vecteurs
ont même direction.
Pour effectuer ce calcul,
nous allons effectuer un changement de variable, et mettre r,dl,x en
fonction de l'angle
entre la ligne et le vecteur .
Dans le triangle rectangle HMP :
(35.36)
si nous prenons l'origine
des z en H.
Nous avons aussi :
(35.37)
et :

(35.38)
d'où :
(35.39)
L'intégration est
facile, mais il faut faire attention aux bornes. Nous devons
intégrer
sur une moitié de ligne, donc entre 0
et
:
(35.40)
et donc :
(35.41)
Le potentiel se déduit aisément
en prenant la primitive de E :
(35.42)
La constante est indéterminée
puisque lorsque r tend vers l'infini, U tendant vers zéro conduit à une constant infinie.
Cette indétermination est due essentiellement à l'approximation
de la ligne infinie.
DIPÔLE
ÉLECTRIQUE RIGIDE
Une disposition très
intéressant
de charges est celle constituant un "dipôle" électrique.
Elle consiste en deux charges égales et opposées
+q,-q séparées par une très
petite distance. Nous allons chercher à déterminer
le potentiel et le champ
électrique en un point M de l'environnement
du dipôle.
Pour déterminer cela, considérons
une charge
quelconque en un point
et un point M très éloigné de .
Prenons un repère quelconque centré en O :

(35.43)
Le potentiel créé au
point M par la charge
s'écrit :
(35.44)
Dans le triangle ,
la distance
peut être écrite selon le théorème du
cosinus :
(35.45)
Le potentiel devient :
(35.46)
ou encore :
(35.47)
A très grande distance,
r devient très supérieur à ,
la quantité :
(35.48)
tend vers zéro. Nous
pouvons donc effectuer un développement de MacLaurin
de
au voisinage de
(cf. chapitre sur les Suites Et Séries).
Pour ne pas alourdir le calcul, nous nous limiterons
à l'ordre deux en r :
(35.49)
donc :
(35.50)
En ne gardant que les termes
du second ordre en r :
(35.51)
Le potentiel devient :
(35.52)
Nous avons gardé dans l'expression
du potentiel trois termes. Le terme
est le potentiel créé par une charge qui se trouverait
en O.
Autrement dit, à l'ordre zéro, le potentiel crée
par une charge située en un point proche de O est identique au potentiel créé par
une charge qui se trouverait en O.
Les termes
sont des termes correctifs, à l'ordre un et à l'ordre
deux respectivement. Nous remarquons que ces deux termes varient
en ,
donc décroissant plus vite que le premier. Ces deux termes
sont donc plus efficaces à plus petite distance.
Nous voyons que les termes font intervenir la quantité .
Cette quantité est ce que nous définissons comme étant
le "moment dipolaire" du dipôle
électrostatique:
(35.53)
Remarque: Le moment dipolaire est exprimé en Coulomb
par mètre mais par mesure de commodité (...) il
est exprimé
en Debye [D] par certains ingénieurs.
Le potentiel créé à
grande distance par une distribution discrète de charges
s'obtient en sommant toutes les contributions individuelles :
(35.54)
Ce qui peut aussi s'écrire :
(35.55)
Par définition, est
le terme unipolaire ou monopolaire,
le terme dipolaire,
quadripolaire. Si la distribution de charge est au total nulle,
comme c'est le cas d'un atome ou d'une molécule non ionisée,
seuls subsistent les contributions multipolaires.
Revenons au dipôle. Le terme
monopolaire est nul, puisque la somme des charges est nulle. Si
nous négligeons les termes d'ordre supérieurs à
deux, il reste la contribution dipolaire. Les angles
et
sont complémentaires, donc .
Mais, comme ,
le produit
est constant. Le potentiel s'écrit alors :
(35.56)
ou encore :
(35.57)
où :
(35.58)
Rappelons que nous avons démontré
:
(35.59)
et comme nous l'avons vu en analyse
vectorielle, le gradient en coordonnées sphérique
nous amène à écrire :
(35.60)
d'où :
(35.61)
Pour déterminer l'équation
des équipotentielles, rappelons que ces lignes (ou "surfaces"
dans l'espace) s'obtiennent par la contrainte :
(35.62)
d'où :
(35.63)
avec :
(35.64)
Le champ électrique doit être
par définition tangent aux lignes de champ, donc parallèle
au déplacement élémentaire.
(35.65)
Puisque ,
nous avons :
(35.66)
Donc finalement il ne reste plus que
:
(35.67)
Qui est donc une équation différentielle
qui s'intègre facilement :
(35.68)
Ce qui équivaut à écrire
:
(35.69)
La tracé des lignes de champs
et des équipotentielles donnent alors en coordonnées
sphériques (ne pas oublier que la composant verticale est
nulle par symétrie) :

(35.70)
Bien que dans un dipôle électrique
les deux charges soient égales et opposées, donnant
une charge résultante nulle, le fait qu'elles soient légèrement
déplacées est suffisant pour produire un champ électrique
non identiquement nul. Dans les atomes, le centre de masse des électrons
coïncide avec le noyau, et par conséquent le moment
électrique dipolaire moyen de l'atome est nul. Mais si un
champ extérieur est appliqué, le mouvement des électrons
est distordu et le centre de masse des électrons est déplacé
d'une distance x par rapport au noyau. L'atome est alors polarisé et devient
un dipôle électrique de moment p.
Ce moment étant proportionnel au champ extérieur .
Remarque: Les molécules par ailleurs peuvent avoir un moment
électrique permanent. De telles molécules sont dites
" molécules polaires". Par exemple,
dans la molécule HCl l'électron de l'atome
d'hydrogène passe plus de temps à se déplacer
autour de l'atome de chlore qu'autour de l'atome d'hydrogène.
Aussi, le centre des charges négatives ne coïncide-t-il
pas avec le centre des charges positives et la molécule
possède
un moment dipolaire. Par contre, dans la molécule  ,
tous les atomes sont alignés, et le moment électrique
dipolaire résultant est nul par raison de symétrie.
Quand un dipôle électrique
est placé dans un champ électrique, une force s'exerce
sur chacune des charges du dipôle. La force résultante
est :
(35.71)
Considérons le cas particulier
où le champ électrique est dirigé le long
de l'axe des X et où le dipôle est orient parallèlement à
ce champ. Si nous considérons seulement les grandeurs :
(35.72)
avec a étant la distance entre les deux charges, et par conséquent
:
(35.73)
Ce résultat montre qu'un dipôle
électrique orienté parallèlement au champ tend
à se déplacer dans la direction dans laquelle le champ
s'accroît (selon le gradient de celui-ci). Nous remarquons
que si un le champ électrique est uniforme, la force résultant
sur le dipôle est nulle.
L'énergie potentielle du dipôle
est :
(35.74)
Si nous utilisons la relation :
(35.75)
pour décrire le champ électrique
uniforme et si
est l'angle entre le dipôle et le champ électrique,
le dernier facteur
est juste la composante
du champ
parallèle à .
Donc :
ou
(35.76)
L'énergie potentielle est minimale
pour ,
ce qui montre que le dipôle est en équilibre quand
il est orienté parallèlement au champ.
Ces configurations d'un dipôle
placé dans un champ électrique ont des applications
très importantes. Par exemple, le champ électrique
d'un ion en solution polarise les molécules du solvant
qui entoure les ions et elles s'orientent comme sur la figure
ci-dessous
:

(35.77)
Dans un solvant à molécules
polaires tel que l'eau, les ions d'un électrolyte en solution
s'entourent d'un certain nombre de ces molécules en raison
de l'interaction charge-dipôle. Ce phénomène
est appelé la "solvation" de l'ion, précisément
"hydratation" si le solvant est de l'eau.
Ces molécules orientées
deviennent plus ou moins solidaires de l'ion, augmentant sa masse
effective et diminuant sa charge effective, qui est partiellement
masquée par les molécules. L'effet net est que la
mobilité de l'ion dans un champ extérieur est réduite.
De même, lorsqu'un gaz ou un liquide, dont les molécules
sont des dipôles permanents est placé dans un champ
électrique, les molécules à la suite des couples
dus au champ électrique, tendent à s'aligner avec
leurs dipôles parallèles. Nous disons alors que la
substance a été "polarisée".
Il peut donc être intéressant
de déterminer le champ électrique vectoriel produit
par un dipôle plutôt que le potentiel. Le champ électrostatique
crée en un point M par le doublet s'obtient en effectuant la somme vectorielle des
champs créés en ce point des charges positive P et négative
N, d'où :
(35.78)
La distribution des charges étant
invariantes par rotation autour de l'axe Oz du doublet, la topographie est indépendante de l'angle azimutal
des coordonnées sphériques. Nous pouvons la représenter
dans un plan méridien quelconque passant par l'axe NP.
Le champ
est donc donné par :
(35.79)
Ayant :
(35.80)
vectoriellement, nous avons :
(35.81)
Le produit scalaire étant la
multiplication des composantes une à une, nous avons :
(35.82)
d'où :
(35.83)
Finalement :
(35.84)
Donc par un développement limité
en série de MacLaurin comme nous l'avons fait au début
:
(35.85)
soit en introduisant
:
(35.86)
Il peut être pertinent aussi
de calculer l'énergie d'interaction entre deux dipôles
électriques. Si nous appelons
le moment dipolaire, nous pouvons écrire :
(35.87)
Si nous désignons par
le moment du second dipôle et si nous utilisons la relation
:
(35.88)
nous trouvons que l'énergie
d'interaction entre les deux dipôles est :
(35.89)
Nous pouvons tirer plusieurs conclusions
importantes de ce résultat. L'énergie d'interaction
est symétrique par rapport aux deux dipôles, car la
permutation de
et
la laisse inchangée. C'est un résultat prévu.
L'interaction entre deux dipôles n'est pas centrale car elle
dépend des angles que le vecteur de position ou le vecteur
unitaire
fait avec
et .
Un atome, une molécule ou un
ion, dont le moment dipolaire est nul à l'état fondamental,
acquièrent un moment dipolaire sous l'action du champ électrique
appliqué comme nous l'avons vu puisque les charges de
signes opposées sont sollicitées dans des sens
opposés.
Les barycentres des charges positives et négatives ne coïncidant
plus, il apparaît un "moment dipolaire
induit". Dans une approximation
expérimentale linéaire valable pour des champs excitateurs
faible, ce moment dipolaire induit est proportionnel au champ
appliqué
,
ce que nous traduisons par (il s'agit au fait d'une approximation
de la relation de Langevin-Debye que nous démontrerons plus
tard) :
(35.90)
La quantité ,
dont la dimension physique est celle d'un volume, est la "polarisabilité"
de l'édifice. L'interaction électrostatique dipôle-dipôle
a été introduite par J.D. Van der Waal en 1873, dans
le cas des molécules, afin d'interpréter les écarts
réels par rapport au gaz parfaits.
Les forces de Van der Waals sont répulsives
lorsque la distance entre les molécules est très faibles
car elles s'opposent à l'interpénétration des
nuages électroniques, ce que nous exprimons en introduisant
leur volume (covolume).
En revanche, elles sont attractives
lorsque cette distance est suffisante. Nous attribuons cette attraction
à trois types d'interaction mettant en cause des dipôles
rigides ou induits :
1. Les forces entre molécules
polaires (dipôles rigides), dites de W. Keesm
2. Les forces entre une molécule
polaire (dipôle rigide), et une molécule polarisable
(dipôle induit) dites de Debye.
3. Les forces moyennes entre les dipôles
induits instantanés qui apparaissent même lorsque les
molécules ne sont pas polaires, dites de F. London.
Dans ces trois cas, l'énergie
électrostatique est négative (attraction) et varie
comme .
Pour le montrer, calculons l'énergie d'interaction entre
deux dipôles rigides, de moments dipolaires
et
:
avec
et
(35.91)
Par conséquent :
(35.92)
d'où :
(35.93)
Ainsi, la dépendance radiale
de la force est en .
Cette décroissance très rapide de la force de Van
der Waals avec la distance permet d'expliquer sa très courte
portée et par conséquent sont influence lorsque le
milieu est suffisamment dense.
Remarque: L'interaction entre molécules polaires, de type
Keesom, est rendue très importante par la présence
l'atome d'hydrogène, car ce dernier, en raison de sa petite
taille, interagit aussi avec les atomes des autres molécules.
C'est elle qui est là l'origine de la "liaison
hydrogène".
FLUX
DU CHAMP ÉLECTRIQUE
Soit
un
champ vectoriel et S une
surface appelée "surface de
Gauss" dans l'espace.
Si nous divisons cette surface en un nombre N de
petites surfaces dS chacune
traversée par un champ et
ayant un vecteur unitaire perpendiculaire
(cas particulier) à leur surface, nous pouvons alors former
la somme:
(35.94)
Lorsque
N tends
vers l'infini et tous les dS vers
zéro, nous obtenons
pour cette somme:
(35.95)
La
valeur de cette intégrale est appelée donne donc le flux du
champ à travers
la surface
S délimitée
par un domaine et
où .
Dans
le cas du champ électrostatique, nous écrivons :
(35.96)
Cette
expression définit le "flux électrique".
La
question inévitable
qui se pose alors est : quelle est sa signification physique
? Le flux d'un fluide est la quantité de fluide (notamment
le volume) qui traverse une surface par seconde; il y alors écoulement
de quelque chose. Quant au flux électrique, du point de vue
classique, rien ne s'écoule, le champ électrique est déjà établi
et il est statique, mais il traverse la surface.
La valeur du champ électrique
en tout point de l'espace est l'intensité du champ en ce point,
tandis que le flux peut être considéré comme la quantité de
champ qui traverse la surface S.
Il y a une centaine d'années, les physiciens identifiaient
le flux avec le nombre des lignes de champ traversant la surface.
Mais le
moins que nous puissions dire est que la vision simpliste que
les lignes de champ ont une une réalité distincte et que nous
pouvons les compter est trompeuse. Nous verrons en mécanique
quantique des champs que celle-ci soutient qu'un courant de
photons virtuels est
la nature même des interactions électromagnétiques. Malgré cela,
les physiciens ne se sont pas pressés d'associer le flux des
photons virtuels du 20ème siècle à l'image des lignes de champs
continus du 19ème siècle. Quelle que soit sa nature, la notion
de flux est puissante et de grande utilité pratique, aussi
bien en électricité
qu'en magnétisme.
Comme nous
le démontrons
dans le cadre des équations de Maxwell (cf.
chapitre d'Electrodynamique),
la résolution de cette intégrale est (c'est la "loi de Gauss"
ou également dit "théorème de Gauss") :
(35.97)
capacités
Comme application directe du théorème
de Gauss, très utile en électronique et pour les ingénieurs,
considérons une grande feuille mince et plane, portant une
charge surfacique homogène
et baignant dans un milieu de permittivité .
Dans la région proche de son centre, le champ résultant
de tous les champs des charges est normal, uniforme, constant et
s'éloigne de la feuille. Considérons une surface de
Gauss en forme d'un cylindre limité par les bases
et sa surface tubulaire et
symétrique par rapport la feuille. Elle enferme donc une
charge .
Il en résulte que :
(35.98)
et comme
et ,
nous trouvons :
(35.99)
Finalement, le champ électrique
d'une grande feuille chargée plane et mince est :
(35.100)
Si nous mettons face à face
deux plaques identiques mais avec des charges opposées, la
somme algébrique donnera bien évidemment :
(35.101)
A l'exception des extrémités,
où l'effet de bord est important, le champ global est partout
la somme vectorielle des champs uniformes produits par les deux
couches minces opposées. Nous appelons un tel système
un "condensateur plan et parallèle".

(35.102)
Le résultat est aussi remarquable
car il est indépendant de la distance d entre les plans. Le calcul du potentiel électrique y est
donc simplifié. Soit :
(35.103)
Ainsi, la capacité du condensateur
plan et parallèle vaut donc :
(35.104)
Voyons un deuxième exemple scolaire qu'est le
condensateur cylindrique:
Les armatures d'un condensateur cylindrique
sont deux cylindres infinis (ou très grands relativement à leur
diamètre) coaxiaux de rayon et .

(35.105)
Par le théorème de Gauss, nous savons que :
(35.106)
Et donc puisque le champ est colinéaire en tout
point à la surface il vient immédiatement en connaissant l'expression
de la surface du cylindre :
(35.107)
Or :
(35.108)
Et donc,
(35.109)
Calculons aussi la capacité d'un condensateur
sphérique qui correspond en première approximation à certains générateurs
de Van Der Graaf que nous avons dans les labos de quelques écoles,
de musées ou même de centres de recherche:
Un condensateur sphérique
est constitué de deux sphères concentriques de rayon et avec .
(35.110)
Nous avons maintenant
immédiatement:
(35.111)
Et donc puisque le champ est colinéaire en tout
point à la surface il vient immédiatement en connaissant l'expression
de la surface d'une sphère:
(35.112)
Or :
(35.113)
Nous avons alors:
(35.114)
Donc, nous avons alors:
(35.115)
Voilà pour les exemples classiques....
Nous venons donc de voir que la capacité était définie
par:
(35.116)
soit en régime non continu (cf. chapitre
d'Électrocinétique):
(35.117)
Nous avons alors pour la puissance instantanée (cf.
chapitre d'Électrocinétique):
(35.118)
En supposant
un condensateur idéal qui ne dissipe pas d'énergie
par effet-joule) il vient:
(35.119)
Donc par intégration dans un intervalle de temps donné de 0 à t nous
avons pour le deuxième terme:
(35.120)
Cette énergie est donc toujours positive et est stockée sous
forme électrostatique dans le condensateur.
Dans le cadre d'un régime sinusoïdal, la puissance moyenne sera
nulle. Nous pouvons généraliser ceci en admettant qu'un condensateur
parfait ne dissipe aucune puissance par effet Joule.
LA
RIGIDITÉ DIÉLECTRIQUE
La "rigidité diélectrique"
d'un milieu isolant représente la valeur maximum du champ
en
que le milieu peut supporter avant le déclenchement d'un
arc électrique (donc d'un court-circuit). Pour un condensateur
utilisé en électronique, si nous dépassons
cette valeur, nous observons la destruction de l'élément.
Cette valeur maximale de la tension appliquée aux bornes,
est appelée "tension de claquage"
du condensateur. Nous pouvons définir la rigidité
du milieu comme étant :
(35.121)
Exemple:
Pour l'air, on trouve dans les tables la valeur :
(35.122)
Lorsque nous parlons de rigidité diélectrique
nous parlons aussi du diélectrique qui est un isolant ou
une substance qui ne conduit pas l'électricité et
qui est polarisable par un champ électrique. Dans la plupart
des cas, les propriétés du diélectrique sont
dues à la polarisation de la substance. Lorsque le diélectrique
(dans notre cas, l'air est le diélectrique) est placé
dans un champ électrique, les électrons et les protons
de ses atomes se réorientent et, dans certains cas, à
l'échelle moléculaire, une polarisation est induite
(comme nous l'avons vu lors de notre étude des dipôles).
Cette polarisation engendre une différence de potentiel,
ou tension, entre les deux bornes du diélectrique; celui-ci
emmagasine alors de l'énergie qui devient disponible lorsque
le champ électrique est supprimé. L'efficacité
d'un diélectrique est sa capacité relative à
emmagasiner de l'énergie comparée à celle du
vide. Elle s'exprime par la permittivité relative, déterminée
par rapport à celle du vide. La force diélectrique
est la capacité d'un diélectrique à résister
aux champs électriques sans perdre ses propriétés
isolantes. Un diélectrique efficace libère une grande
partie de l'énergie qu'il a emmagasinée lorsque le
champ électrique est inversé.
ÉNERGIE
POTENTIELLE ÉLECTROSTATIQUE
Considérons deux charges .
La première est supposée au repos et fixe la deuxième
est amenée de l'infinie à une distance a de
(le même raisonnement a été appliqué pour
le champ gravitationnel dans le chapitre de Mécanique Classique).
Supposons que les deux charges soient de même signe. Comme
ont tendance à se repousser mutuellement, il faut fournir
une énergie potentielle
pour approcher
(infiniment lentement) de .
Le travail dW la force électrostatique
en un point quelconque est par définition
:
(35.123)
L'énergie potentielle du système
est :
(35.124)
car F est résistant (l'origine du
signe "-").
Donc :
(35.125)
On obtient alors simplement l'énergie
potentielle en un point (donc le x au numérateur
se simplifie avec un des x au dénominateur) au
signe près:
(35.126)
Cette énergie potentielle peut donc être négative ou positive.
Cela n'empêche pas que pour avoir la variation d'énergie
potentielle il faut intégrer la relation antéprécédente.
Ainsi que la relation:
(35.127)
L'avant dernière relation peut
aussi se mettre sous la forme :
(35.128)
Remarque: Attention! Quand on fait de la physique, il
faut voir de quelle énergie potentielle on parle. Là est
tout le problème!
Si
vous prenez par exemple l'énergie
potentielle due a la force de gravitation,
elle peut prendre n'importe quelle valeur en fonction du point
de référence. Si la référence est le
niveau de la mer, un point situé sous le niveau de la mer
aura une énergie potentielle négative, par contre si la référence
est
le centre
de la Terre, il n'y aura
que des énergies potentielles positives. C'est pour cela
qu'on
écrit plutôt l'énergie potentielle sous forme
de différence
de hauteur par rapport à une référence en
mécanique.
Pour l'énergie potentielle de l'électron, il faut
savoir avec quoi il interagit. Si c'est avec une charge négative,
le produit des charges est positif et donc l'énergie potentielle
d'interaction sera positive, s'il interagit avec une charge positive,
le produit
des charges est négatif et l'énergie potentielle
d'interaction
électrostatique est négative. Bref,
il faut bien savoir de quoi on parle. Les mots ont leur importance
en physique aussi.
En général, si l'énergie potentielle diminue avec la distance,
la force est répulsive, si elle augmente avec la distance, la force
est attractive.
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