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ASTRONOMIE | ASTROPHYSIQUE | RELATIVITÉ RESTREINTE
RELATIVITÉ GÉNÉRALE | COSMOLOGIE | THÉORIE
DES CORDES
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29.07.2010 19:02
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LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Comme nous l'avons vu, la relativité restreinte
est une réussite remarquable sur le point de vue théorique
aussi bien que sur le point de vue pratique en formant
un continuum d'espace-temps où les
grandeurs d'espace et de temps se voient
donner la même dimension physique (celle d'une distance
métrique pour rappel!). Cependant, celle-ci s'applique aux
repères
euclidiens seulement et aux référentiels
inertiels/galiléens
(à vitesse constante pour rappel... ). Il convient donc de
généraliser
l'ensemble de la mécanique d'abord en exprimant ses
principes et ses résultats fondamentaux sous une forme
généralisée indépendante
du type de systèmes de coordonnées choisi (in
extenso : du type d'espace) en faisant usage du calcul tensoriel
et de prendre en
compte les systèmes non inertiels.
Il
convient de prendre en compte aussi que le fait que la
relativité
restreinte ne s'applique qu'aux référentiels
galiléens est restrictif
car toute masse crée un champ gravitationnel dont la
portée est
infinie. Pour pouvoir trouver un vrai référentiel
galiléen il est
donc nécessaire de se situer infiniment loin de toute
masse. La mécanique relativiste bâtie à partir de la
relativité restreinte
ne constitue donc qu'une approximation des lois de la nature,
dans
le cas où les champs gravitationnels ou les accélérations
sont suffisamment faibles. Cette limitation d'application
n'est plus adaptée à l'astrophysique relativiste donc l'activité
s'est intensifiée à la fin du 20ème siècle.
C'est ici qu'encore une
fois qu'intervient Albert Einstein et nombreux de ses confrères
à travers le temps!
POSTULATs
et principes
Effectivement, Einstein
croyait
à une physique ne devant privilégier aucun référentiel puisque
telle
était à ses yeux la réalité de l'Univers (nous en avons déjà
fait mention). Mais comment se soustraire alors au phénomène d'accélération.
L'idée géniale fut d'énoncer le "postulat
d'équivalence" suivant (qui encore aujourd'hui au
début
du 21ème siècle n'est toujours pas mis en défaut par les expériences
récentes) en plus du postulat d'invariance et du principe cosmologique
que nous avons énoncé dans le chapitre de Relativité Restreinte
:
POSTULAT
D'éQUIVALENCE
Dans un premier temps, Albert
Einstein va améliore le postulat d'équivalence dont les versions
les plus anciennes sont due à Galilée et Newton :
Postulat : L'accélération (uniforme!) d'une masse (hors champ gravitationnel)
due à l'application d'une force mécanique et l'accélération de cette
même masse soumis à un champ gravitationnel (uniforme!) sont supposées
parfaitement équivalentes. Ainsi, les résultats des analyses mathématiques
dans un cas, peut s'appliquer dans l'autre (déjà là c'est fort mais
cohérent... l'idée est très très bonne encore fallait-il l'avoir...!)
Autrement dit, le champ
de gravité possède une propriété fondamentale qui le distingue
de tous les autres champs connus dans la nature : le mouvement
de chute libre des corps est universel, indépendant de la masse
et de la composition des corps.
Corollaire : La masse au
repos d'un corps doit alors être la même lorsqu'elle est mesurée
dans le référentiel dans un champ gravitationnel ou hors champ
gravitationnel (nous parlons
alors
de masse inertielle
et de masse pesante comme nous l'avons vu au tout début de notre
étude de la mécanique classique).
Remarque: Il faut bien prendre garde et vérifier que le
corollaire du postulat d'équivalence soit vrai sinon toute la
relativité générale
s'écroulerait (en ce début de 21ème siècle des expériences sont
toujours en cours pour essayer de mettre à défaut cette équivalence)!
In extenso, tout champ de
gravitation statique et uniforme est équivalent à un
référentiel
accéléré dans le vide. Nous pouvons physiquement
considérer que tout champ de gravitation comme
statique et uniforme dans une région assez petite de l'espace
et pendant un lapse de temps assez court pour éviter les effets
de marée. Nous sommes donc amenés à poser
le
"principe d'équivalence faible"
(PEF) :
En tout événement de l'espace-temps dans un champ
de gravitation arbitraire, nous pouvons choisir un référentiel
dit "localement
inertiel" tel que dans un voisinage de l'événement
en question le mouvement libre de tous les corps (qui sont donc
aussi dans le champ de gravité) soit rectiligne et uniforme.
Si nous mettons expérimentalement
en défaut PEF, alors nous mettons en défaut le
principe d'équivalence
lui-même... ce qui n'a jamais pu être fait en laboratoire à ce
jour!
Remarque: Le concept de localité est très
important car il n'existe pas naturellement de champ de gravité uniforme.
Par exemple, sur Terre, deux corps ponctuels distants d'une certaine
longueur lâchés d'une certaine hauteur tomberont au
sol avec une distance plus courte que la distance qui les séparaient
au moment où ils ont été lâchés.
C'est ce que nous appelons en physique les "effets
de marée" : le champ gravitationnel n'est
jamais uniforme (dans la nature en tout cas...).
Donc le principe d'équivalence
(qui inclut le principe d'équivalence faible) affirme finalement
que la force de Newton :
(50.1)
et celle de la gravitation
selon la forme de la loi de Newton-Poisson (cf.
chapitre d'Astronomie)
:
(50.2)
sont équivalentes
telles que la masse inerte égale la masse pesante et l'accélération
égale la pesanteur et qu'il n'est pas possible de distinguer
les deux :
(50.3)
(50.4)
En quoi ce postulat permet-t-il de
résoudre toutes les difficultés alors ? C'est simple ! L'idée
est la suivante :
Lorsque nous allons considérer
un corps en accélération, nous allons d'abord toujours assimiler
celle-ci à l'accélération due à la chute dans un champ gravitationnel
(de par l'application du principe d'équivalence). Ensuite,
nous allons supposer, et devrons le vérifier (démonstration
plus bas) en retrouvant la loi de Newton, que l'accélération
due à ce
champ gravitationnel n'est pas due au champ lui même mais à la
géométrie
de l'espace déformée par la présence de la masse (in extenso l'énergie)
qui crée le champ gravitationnel. Ainsi, l'objet n'est plus en "chute
libre" mais sera vu comme glissant sur la trame spatiale
déformée pour acquérir ainsi son accélération.
Au fait, l'enjeu est double :
1. Si le calcul tensoriel permet d'exprimer
les lois de la mécanique classique et relativiste restreinte dans
n'importe quel système de coordonnées, il est alors possible de
voir comment le système de coordonnées (la métrique) agit sur l'expression
des lois de l'Univers (Albert Einstein ne le savait pas tant qu'il
n'avait pas terminé ces calculs mais le pressentait) !
2. Si l'expression tensorielle naturelle
des lois de la mécanique fait apparaître le glissement (in extenso
l'accélération) sur la trame spatiale suivant la métrique (locale)
considérée, alors le pari est gagné et alors l'accélération peut
être vue comme un effet dont la cause est purement géométrique.
Ainsi, l'extension de la
relativité
restreinte ne se fait plus en prenant en compte les systèmes non
inertiels mais la géométrie du système!! Nous pouvons (et arrivons!)
ainsi à contourner le problème initial et le pire... c'est que
cela marche!!!!
Exemple:
Supposons que deux fusées,
que nous nommerons A et B, se trouvent dans une
région
de l'espace éloignée de toute masse. Leurs moteurs
sont arrêtés
ce qui se traduit physiquement par un mouvement rectiligne
uniforme.
Dans chaque fusée, des physiciens réalisent des expériences
de mécanique
avec des objets dont ils connaissent la masse inerte. Soudain,
le moteur de la fusée A démarre
et lui communique une accélération dont l'effet
ressenti
à l'intérieur du vaisseau spatial est une force d'inertie
qui plaque les objets vers le plancher. Pour les physiciens de
la fusée A les
lois de la mécanique sont alors les mêmes
que celles que l'on observe dans un champ gravitationnel. Ils
sont donc logiquement
amenés à interpréter la force d'inertie comme
la manifestation d'un
champ gravitationnel. A l'aide d'une balance, ils peuvent alors
peser leurs objets et leur attribuer une masse gravitationnelle.
Supposons que les physiciens
de la fusée B puissent observer ce qui se
passe dans la fusée
A. Ils savent que ce que leurs collègues interprètent
comme le poids des objets n'est en fait qu'une force d'inertie.
La force
d'inertie étant proportionnelle à l'accélération
et à la
masse inerte. Si la masse gravitationnelle était différente
de la masse inerte les physiciens de la fusée A pourraient
distinguer les effets des forces d'inertie de ceux d'un
champ de gravitation car les masses mesurées seraient
distinctes. Or, nous savons que la masse inerte et la masse
gravitationnelle
sont équivalentes (principe d'équivalence galiléen).
Il s'ensuit que les physiciens de la fusée A n'ont
aucun moyen de faire la différence entre des forces d'inertie
résultant d'un mouvement accéléré de
leur vaisseau spatial et les forces d'attraction gravitationnelles.
Il
faut toutefois tempérer les conclusions de cette expérience :
les vrais champs de gravitation se distinguent d'un référentiel
accéléré dans la mesure où l'accélération
gravitationnelle varie avec la distance qui sépare
les corps alors que dans un référentiel
accéléré, l'accélération
est identique en tout point de l'espace.
Cependant, localement, un champ gravitationnel et un référentiel
accéléré ne peuvent être différenciés.
Nous sommes donc amenés
à énoncer le "principe
d'équivalence
d'Einstein" (PEE) tel que l'a fait Einstein :
localement, toutes les lois de la physique sont les mêmes
dans un champ gravitationnel et dans un référentiel
uniformément accéléré.
Ceci à une conséquence :
Si la masse (qui est équivalent à de l'énergie
comme nous l'avons vu en relativité restreinte) d'un objet
n'est pas différenciable
que nous soyons dans un champ
gravitationnel
ou dans un référentiel uniformément
accéléré c'est que tous les types d'énergie
(énergie de cohésion
nucléaire, énergie électrostatique, énergie
gravifique propre de l'objet, etc.) de cet objet ne sont pas
différenciables. Donc
les lois de la relativité restreinte sont valables quelque
soit le référentiel considéré!
Si les lois ne sont pas
les mêmes, alors PEE est mis à défaut, donc in extenso PEF aussi
et plus généralement le principe d'équivalence dans sa généralité
mais ceci n'est encore jamais arrivé expérimentalement.

Remarque: De par le PEF il est intéressant de constater
que le champ gravitationnel agit aussi sur l'énergie potentielle
gravitationnelle des autres corps. Nous disons alors que le champ
gravitationnel est un "champ couplé".
Etant donné qu'en
relativité générale, le champ gravitationnel
est censé être décrit par la métrique
,
nous pouvons voir un référentiel localement inertiel
comme un système de coordonnées de l'espace-temps
dans lequel la métrique
devient plate (pseudo-riemannienne) :
(50.5)
Un tel système de coordonnées existe toujours, ce
qui traduit l'existence, pour tout champ gravitationnel, de référentiels
localement inertiels!
Lorsque la métrique n'est cependant pas plate, les coordonnées
sont appelées "coordonnées
normales de Riemann" et la métrique décrit alors un espace
riemmanien (espace courbe) et dépend elle-même de manière non triviale
des coordonnées du système.
PRINCIPE
DE MACH
Si le principe d'équivalence met en
évidence l'égalité des masses inerte et gravitationnelle,
il ne nous éclaire pas sur la nature de ces deux masses.
Finalement, que sont les masses inerte et gravitationnelle ?
La nature profonde de la masse inerte devrait nous renseigner
sur celle de l'inertie elle-même. L'inertie se manifeste sous
une forme passive - le principe d'inertie - et une forme active
- la seconde loi de Newton. D'une manière générale,
elle exprime un comportement universel des corps à résister
au changement du mouvement. Or nous savons que le mouvement
inertiel est relatif
c'est-à-dire qu'il
n'existe aucun référentiel absolu. En est-il
de même du mouvement
accéléré ? Considérons, pour
illustrer cette interrogation, une fusée dans laquelle
se trouve un physicien et réalisons deux
expériences :
- Première expérience. La fusée accélère :
le physicien est soumis à une force d'inertie orientée
dans la direction opposée à celle de l'accélération.
- Deuxième expérience. Maintenant supposons
que l'on imprime à l'ensemble de l'Univers - à l'exception
de la fusée qui se déplace selon un mouvement
inertiel - une accélération
exactement opposée à celle de la fusée lors
de l'expérience précédente.
Si le mouvement accéléré est relatif
alors, pour un observateur, il n'est pas possible de distinguer
les deux expériences. Notamment, le physicien situé à l'intérieur
de la fusée doit observer l'apparition d'une force
d'inertie
absolument identique à celle qu'il a notée lors de
la première
expérience.
La masse inerte trouverait alors son origine dans les interactions
de la masse gravitationnelle des corps avec l'ensemble des
masses gravitationnelles de l'Univers! Selon Ernst
Mach, un physicien et philosophe du 19ème siècle,
le mouvement quel qu'il soit, inertiel
ou accéléré, serait relatif.
Cette théorie fut baptisée
par Einstein "principe de Mach".
Jusqu'à ce jour, le principe de Mach n'a pas été confirmé,
mais pas davantage infirmé. Il est vrai que sa vérification
expérimentale
dépasse de beaucoup les capacités humaines !
Tout
se passe comme si en déplaçant toutes les masses de
l'Univers, celles-ci entraînaient avec elles les objets se
trouvant dans la fusée, dont
le physicien qui ressent alors une force qui le tire dans
le même
sens que l'accélération appliquée aux étoiles.
MÉTRIQUES
Einstein supposa donc que la gravitation
n'était que la manifestation de déformations
de l'espace-temps. Pour tenter d'illustrer de façon simpliste
mais très imagée l'idée
d'Einstein, considérons une roue dentée roulant à vitesse
constante (disons une dent à la seconde) sur une crémaillère.
Imaginons que nous ayons le pouvoir de modifier simultanément
le pas de la crémaillère
et celui de la roue quand et où nous le désirons. Faisons
alors en sorte que le pas de la crémaillère augmente
légèrement d'une
dent à l'autre. Pour des observateurs fixes la roue est alors
animée
d'un mouvement uniformément accéléré car,
en effet, à chaque tour
celle-ci parcourt une distance toujours plus grande. En revanche,
si l'on choisit la crémaillère comme référentiel
et le pas de celle-ci comme étalon de mesure, le mouvement
de la roue est alors uniforme (une dent par seconde). L'accélération
de la roue est la conséquence
de l'augmentation du pas de la crémaillère.
Poursuivons
l'analogie : le pas de la crémaillère joue
le rôle d'étalon
de mesure local dans notre espace à une dimension que constitue
la crémaillère.
En géométrie, il porte le nom de "métrique".
La métrique est ce qui permet de déterminer
la distance entre deux points, elle représente en quelque
sorte l'étalon infinitésimal
d'un
espace. En géométrie euclidienne la métrique
est une constante ce qui nous permet de créer des étalons
de mesure universels. Bernhard Riemann, inventa une géométrie
où la métrique peut varier d'un
point
à un autre de l'espace, ce qui lui permit de décrire des espaces
courbes comme la surface d'une sphère par exemple (cf.
chapitre de Géométries Non-Euclidiennes).
Lors de notre étude du calcul
tensoriel, des géométries non-euclidiennes et de
la géométrie
différentielle,
nous avons vu que la mesure de la distance ds entre
deux points positionnés dans un espace à deux ou trois dimensions
peut s'effectuer au moyen d'un grand nombre de système de coordonnées
par "l'équation métrique"
(cf.
chapitre de Calcul Tensoriel) :
(50.6)
Exemples:
E1. Les coordonnées
rectangulaires (dans )
:
(50.7)
Si la distance au carré satisfait
à cette relation alors nous sommes dans un espace plat (cf.
chapitre de Géométries Non-Euclidiennes).
E2. Les coordonnées polaires
(dans )
:
(50.8)
d'où:

(50.9)
d'où:
(50.10)
Si la distance au carré satisfait à
cette relation alors nous sommes dans un espace plat (cf.
chapitre de Géométries Non-Euclidiennes).
E3. Les coordonnées cylindriques
pour lesquelles nous avons :
(50.11)
à remplacer dans nous obtenons de façon quasiment identique à précédemment:
(50.12)
Si la distance au carré satisfait à
cette relation alors nous sommes dans un espace plat (cf.
chapitre de Géométries Non-Euclidiennes).
E4. Les coordonnées sphériques
(dans
)
pour lesquelles nous avons :
(50.13)
à remplacer dans nous obtenons :
(50.14)
Petit
rappel préalable:
(50.15)
Donc:
(50.16)
Après
une première série de mise en commun et de simplifications élémentaires
des termes identiques, nous obtenons:
(50.17)
Si la distance au carré satisfait à cette relation
alors nous sommes dans un espace courbe (de type sphérique) mais
qui localement peut être plat (cf.
chapitre de Géométries Non-Euclidiennes).
Jusque
là, vous vous demandez peut-être où nous voulons en venir. Au fait,
nous cherchons à définir à partir des ces relations, un être mathématique
qui en concordance avec l'hypothèse d'Einstein, exprime les propriétés
géométriques d'espaces donnés.
Comment allons-nous faire? : Nous allons
d'abord changer d'écriture tout simplement. Au lieu d'utiliser
les symboles nous
allons écrire .
Attention! Les chiffres en suffixes ne sont pas des puissances.
Ce sont des valeurs muettes qui sont là uniquement pour symboliser
la x-ème
coordonnée d'un repère donné.
Ecrivons maintenant à nouveau
nos équations métriques
avec cette nouvelle notation :
- Coordonnées rectangulaires:
(50.18)
- Coordonnées polaires:
(50.19)
- Coordonnées cylindriques:
(50.20)
- Coordonnées sphériques:
(50.21)
Maintenant rappelons
encore une fois que le "tenseur
métrique" (nommé ainsi car il étalonne l'espace-temps)
noté :
(50.22)
intervient
dans l'équation métrique de la manière suivante :
(50.23)
et remarquez que les composantes de la matrice
sont sans dimensions aussi.
Cet être mathématique qui
est un tenseur contient donc les paramètres de la courbure (nous
disons parfois aussi de la "contrainte" ou de la "tension") dans
lequel un espace se trouve. Mais alors que contient le tenseur
métrique
d'espace-temps pour un espace euclidien plat?:
Selon la convention d'écriture
de sommation d'Einstein (cf. chapitre de
Calcul Tensoriel) par exemple,
pour nous
avons:
(50.24)
Donc si nous revenons à notre
tenseur pour l'espace euclidien plat nous savons déjà (cf.
chapitre de Calcul Tensoriel) que m et n vont
de 1 à 3 et
que nous avons dans notre tenseur pour
et
pour
(tenseur symétrique). Donc:
(50.25)
Ainsi :
(50.26)
Ce résultat est remarquable car le
tenseur métrique va nous permettre donc de définir les propriétés
d'un espace à partir d'un simple être mathématique facilement manipulable
formellement.
En coordonnées polaires le tenseur
s'écrit:
(50.27)
Vérification:
(50.28)
En coordonnées cylindriques le
tenseur s'écrit:
(50.29)
La vérification
ne se fait même plus tellement le résultant est évident.
En coordonnées sphériques le tenseur
est
un peu plus complexe et s'écrit:
(50.30)
La vérification ne se fait même plus tellement le résultant est
évident.
En
relativité restreinte, nous avons vu que les notions d'espace
et de temps
étaient implicitement liées. Ainsi, pour étudier la physique (cela
intéresse peu le mathématicien), nous avons besoin d'ajouter à notre
tenseur métrique la composante du temps pour obtenir ce que nous
appelons le "tenseur métrique d'espace-temps".
Pour
déterminer l'écriture de ce tenseur, nous allons nous
placer dans un premier temps dans un espace
de Minkowski où
nous avions rappelons-le (cf. chapitre de
Relativité Restreinte)
:
(50.31)
qui est donc l'intervalle infinitésimal d'espace-temps entre deux
événements infiniments voisins (ou considérés comme tel à une certaine
échelle...).
Ainsi,
en posant:
(50.32)
Nous
avons:
(50.33)
avec la "signature" :
(50.34)
Remarque: Pour tous les tenseurs métriques que
nous avons déterminés avant, si nous les exprimons
dans l'espace-temps (donc en rajoutant le temps), les composantes
spatiales ont toutes
un signe négatif!
Nous verrons par la suite d'autres métriques beaucoup moins intuitives
une fois que nous aurons démontré bien plus loin l'équation d'Einstein
des champs.
CRITÈRE
DE SCHILD
Nous allons maintenant voir
que pour étudier la gravitation, la géométrie
courbe est nécessaire après quoi (il nous faudra
démontrer
l'équation des géodésiques avant!) nous montrerons
qu'elle est également suffisante. Nous verrons que la gravitation
telle qu'elle est formulée en mécanique newtonienne
est entièrement descriptible à partir d'une formulation
de courbure de l'espace-temps.
Imaginons d'abord une tour
d'une très grande hauteur h construite à la
surface de la Terre. Un homme A se trouve au pied de
la tour, et envoie un signal de pulsation
à son collègue B situé en haut de la
tour. Il se trouve, et nous allons de suite le démontrer,
que la pulsation
de l'onde reçue par B diffère de
selon:
(50.35)
où:
(50.36)
Ce
décalage des pulsations (respectivement fréquences)
dans un champ gravitationnel est ce que nous appelons "l'effet
Einstein", ou encore "redshift
gravitationnel".
Nous allons démontrer
cette relation à l'aide d'arguments classiques et connus
maintenant.
Un corps matériel
envoyé du sol vers le ciel doit lutter contre la force de
gravitation qui l'attire vers le bas. Il perdra donc une certaine
quantité d'énergie, équivalent à l'énergie
potentielle gravitationnelle gagnée durant le trajet. L'énergie
du corps au niveau du sol est donc son énergie de masse à
laquelle s'ajoute l'énergie potentielle à la hauteur
de la tour :
(50.37)
L'énergie de ce corps
une fois arrivé en haut de la tour est simplement son énergie
de masse :
(50.38)
car il a dû dépenser
la quantité d'énergie mgh durant le trajet.
Le rapport des énergies est alors :
(50.39)
Ce rapport étant indépendant
de la masse, on peut prendre la limite
afin d'avoir la relation pour le photon. Nous obtenons alors :
(50.40)
ce qui implique:
(50.41)
Nous allons maintenant étudier
ce phénomène dans le cadre de l'espace-temps
de Minkowski. Nous verrons apparaître une contradiction,
ce qui motivera le passage vers un espace-temps de courbe :
c'est l'argument
en
faveur d'une géométrie courbe qui a été
utilisé par Schild.
Considérons à
nouveau le schéma d'expérience de l'homme A
qui envoie une onde vers son ami B. Soit
le temps mis par A pour émettre exactement 1 cycle
de l'onde (cf. chapitre de Mécanique
Ondulatoire) :
(50.42)
et
le temps mis par B pour recevoir ce cycle :
(50.43)
A cause de l'effet Einstein,
nous savons que
et donc
en temps propre ! Soit en le temps passe plus lentement pour
quelqu'un au sol (A) qu'une autre personne en haute
d'une montagne (B)!
Mais comme nous sommes en
géométrie plate et que le champ gravitationnel est
supposé statique, nous en déduisons que les trajectoires
d'espace-temps décrites par les signaux doivent être
parallèles. Ceci mène à la conclusion que l'intervalle
de temps propre serait
(selon la relativité restreinte).
Si nous optons pour un espace courbe, nous pouvons préserver
la relation ,
c'est-à-dire le fait que le temps avance plus lentement pour
A que pour B. Ceci se traduit simplement par le fait
qu'en géométrie courbe, le temps propre (!) d'un observateur
dépend de la métrique.
Les mêmes développements
peuvent être faits en assimilant l'expérience précédente
à un train qui se déplace avec une accélération
constante g. L'observateur A se trouve dans le compartiment
arrière (équivalent au sol de la Terre dans l'expérience
précédente) et envoie une onde à son collègue
B situé à l'avant du train (à une distance
h).
L'observateur B reçoit l'onde après un temps
.
Durant ce laps de temps, le train a accéléré,
et sa vitesse a augmenté d'une valeur .
Par conséquent, l'onde perçue par B sera
altérée
par l'effet Doppler conventionnel (cf. chapitre
de Mécanique Ondulatoire) :
(50.44)
Nous retrouvons le résultat
initial de l'effet Einstein en écrivant simplement :
(50.45)
ce qui donne glorieusement
:
(50.46)
Nous retrouvons plus souvent cette relation sous la forme
ci-dessous dans la littérature en utilisant les relations
entre pulsation et fréquence et la force de gravitation
de Newton pour expliciter g
et en posant h comme valant 1:
(50.47)
Nous retrouvons également cette dernière relations sous la
forme condensée suivante:
(50.48)
Le même résultat peut être obtenu en utilisant la
métrique de
Schwarzschild (voir plus loin) d'où le nom de cet effet qui
peut aussi être obtenu à partir des outils de la relativité générale
d'Einstein. Nous démontrerons simplement plus tard à
l'aide de cette métrique que le temps s'écoule
effectivement moins vite dans un champ gravitationnel (hypothèse
que nous avons faite quelques paragraphes plus haut).
Nous voyons dans tous les cas que puisque
le terme de droite est positif et non nul. Cela signifie simplement
que l'onde électromagnétique en analogie au spectre des couleurs
se décale vers le rouge. Ainsi, l'effet Einstein est bien un redshift
gravitationnel.
La différence de fréquence est très faible et par conséquent difficilement
mesurable même avec les meilleurs spectroscopes. La moindre perturbation
peut totalement masquer l'effet Einstein. Il faudra véritablement
attendre 1960 pour que l'expérience de Pound et Rebka permette de
mesurer un décalage de fréquences avec une précision de 1% ne laissant
dès lors plus aucun doute quant à la réalité du phénomène.
ÉQUATIONS
DU MOUVEMENT
Nous allons démontrer ici que l'équation du
mouvement d'une particule libre est constant le long de sa
ligne d'Univers
en nous limitant d'abord dans un espace plat (de type Minkowski).
Après quoi, nous généraliserons ce résultat
à tout type d'espace en utilisant un développement
simple, pour montrer de manière évidente que
l'équation
de mouvement est indépendante de la masse et suit
la courbure de l'espace!!! Enfin, nous présenterons
une deuxième
démonstration dans tout type d'espace en utilisant
le principe variationnel.
Commençons donc par démontrer
l'équation du mouvement d'une particule libre dans un
espace plat.
Lors de notre étude
de la relativité restreinte, nous avons démontré
le lagrangien relativiste d'une particule libre donné par
(attention! la notation m est celle de la masse au
repos
de la particule conformément
à ce que nous avons montré dans le chapitre de Relativité
Restreinte!!!) :
(50.49)
et pour cela nous étions
partis de l'action (hypothétique) :
(50.50)
et nous étions arrivés
à écrire :
(50.51)
Maintenant, montrons quelque
chose d'intéressant. Rappelons que pour l'espace-temps de
Minkowski nous avons obtenu :
(50.52)
en nous restreignant à
une seule dimension spatiale, nous obtenons comme relation :
(50.53)
et alors... eh bien voilà
au fait, si nous posons :
(50.54)
nous avons finalement :
(50.55)
nous retrouvons donc la même
action à partir d'une forme plus générale
(pure) de l'action qui est:
(50.56)
résultat que nous avions aussi démontré dans
le chapitre d'Électrodynamique!! Nous pouvons même
faire mieux en termes d'élégance...! Si nous
observons bien les développements
des lignes précédentes, nous observons qu'au
fait la relation:
(50.57)
est le cas particulier à une dimension de la relation:
(50.58)
avec comme défini plus haut:
(50.59)
et donc:
(50.60)
Effectivement, si nous prenons le cas à une dimension dans
un espace plat de Minkowski:
(50.61)
Ainsi, nous avons le facteur de Fitzgerald-Lorentz qui est
donné en toute généralité par:
(50.62)
comme généralisation de la Relativité Restreinte!
Ceci étant fait, revenons à nos moutons... Dans
un espace sans champ de potentiel, nous avons démontré dans
le chapitre de
Mécanique
Analytique que le lagrangien se réduit à la simple
expression de l'énergie
cinétique tel que:
(50.63)
si nous souhaitons généraliser
cette relation pour qu'elle soit valable dans n'import que type
d'espace (courbe ou plat), il nous faut introduire les coordonnées
curvilignes telles que nous les avons étudiées en
calcul tensoriel (cf. chapitre de Calcul
Tensoriel).
Dans un premier temps, cela
donne:
(50.64)
où rappelons-le ds est
l'abscisse curviligne de la trajectoire.
Et nous avons démontré
en calcul tensoriel que:
(50.65)
Cette dernière relation s'écrit
dans le contexte de la mécanique relativiste sous manière
plus standard :
(50.66)
t est
un paramètre qui correspond en mécanique au temps
propre de la particule et qui dans la littérature spécialisée
est souvent notée .
Avant de nous intéresser
aux espaces courbes décrits par la métrique
(ce que nous ferons lors de notre démonstration du lagrangien
libre généralisé), restreignons nous à
l'espace euclidien avec la métrique (ce sera un bon
exercice pour bien comprendre) donnée par la matrice de Minkowski
(cf. chapitre de Relativité Restreinte):
(50.67)
que nous noterons
pour la différencier des autres (car plus souvent utilisée).
Nous avons finalement dans l'espace l'euclidien :
(50.68)
maintenant, appliquons le
principe variationnel :
(50.69)
La variation de ds
peut être trouvée plus simplement par la variation
de
:
(50.70)
nous trouvons :
(50.71)
Le facteur "2" provient du
fait que par symétrie de l'espace euclidien, les variations
de
et
sont égales.
Remarque: Comme nous le verrons après, cette relation
de

ne sera plus identique lorsque nous traiterons des espaces courbes.
En simplifiant un peu, nous
obtenons :
(50.72)
Ce qui est équivalent
à écrire :
(50.73)
Nous pouvons maintenant revenir
à l'action :
(50.74)
Nous récrivons l'intégrale
précédente (ce sera plus simple à traiter)
:
(50.75)
Effectivement, vérifions
que cette forme est bien équivalente :
(50.76)
Donc revenons à notre
intégrale :
(50.77)
Nous avons donc deux intégrales
qu'il va être un peu plus simple à analyser. La première
intégrale :
(50.78)
donne simplement une expression
évaluée aux extrémités temporelles .
Dès lors, comme la valeur de
est parfaitement connues aux extrémités temporelles,
le variationnel
est nulle aux deux bornes et cette intégrale est nulle.
Il nous reste alors plus
que l'intégrale :
(50.79)
Donc pour que le principe
variationnel soit respecté, il faut que nous ayons :
(50.80)
Or, nous pouvons récrire
une partie de cette expression. Effectivement, nous avons :
(50.81)
Rappelons par ailleurs que
nous avons démontré plus haut que :
(50.82)
et que nous avons :
(50.83)
Donc :
(50.84)
Maintenant, rappelons que
lors de notre étude de la relativité restreinte nous
avons démontré le cheminement qui nous amenait à
définir le quadrivecteur d'énergie impulsion :
(50.85)
Donc finalement, ce qui annule
le variationnel de l'intégrale d'action peut s'écrire
:
(50.86)
Nous retrouvons donc l'équation
de conservation de la quantité de mouvement (conservation
de l'impulsion) que nous appelons dans le cadre de la relativité
générale "équation du
mouvement". Cette forme de l'équation de mouvement
semble dépendante de la masse mais en fouillant un peu, nous
verrons qu'il n'en est rien.
En multipliant cette relation
par
nous pouvons aussi écrire :
(50.87)
et de même pour un
autre observateur :
(50.88)
En d'autres
termes, l'impulsion de la particule reste constante sur toute
sa ligne d'Univers.
Mais nous pouvons aussi écrire
:
(50.89)
donc :
(50.90)
Une forme plus importante
encore de l'équation de mouvement peut-être obtenue.
Effectivement :
(50.91)
alors :
(50.92)
cette relation est donc la
forme "sans masse" de l'équation de mouvement
dans un espace euclidien ou autrement dit, dans un espace-temps
de type
Minkowski. Autrement dit, il existe donc un système de coordonnées
en chute libre dans lequel le mouvement de la particule est celle
d'un déplacement uniforme dans l'espace-temps.
Il sera très intéressant de la comparer
avec l'équation de mouvement dans un espace courbe que nous
verrons plus loin (appelée "équation des géodésiques").
Remarque: Il est équivalent d'écrire les
relations des équations de mouvement par rapport à l'abscisse
curviligne propre ds ou au temps propre dt.
Nous pouvons maintenant montrer
que l'équation du mouvement, au même titre que l'équation
des géodésiques que nous verrons de suite après,
est invariante par transformation de Lorentz :
(50.93)
Maintenant,
voyons une forme plus générale de l'équation
du mouvement pour tout type d'espace. L'objectif ici, est de
mettre
en évidence, et ce en quelques lignes de calculs, que le
mouvement suivie par une particule libre est indépendant
de sa masse (vous pouvez déjà anticiper sur l'interprétation
de la trajectoire d'un photon dans un espace courbe...!).
Nous avons démontré
en calcul tensoriel (et précédemment) que:
(50.94)
ce qui donne pour le lagrangien
généralisé d'une particule libre avec (nous
retrouvons bien l'expression générale de l'énergie cinétique) :
(50.95)
où t est le
temps propre de la particule, c'est un invariant !
Remarque: Cette relation est appelée "lagrangien
géodésique" par certains auteurs.
Rappel : Le temps propre
est une
sorte d'horloge imaginaire qui voyage sur la particule et quelque
soient les observateurs qui regardent l'horloge, ils seront
mathématiquement
d'accord sur la valeur de l'intervalle de temps entre deux "TIC"
de l'horloge.
Ce qui nous permet d'écrire
(attention il faut bien se rappeler des différentes relations
que nous avions déterminées lors de notre étude du formalisme
lagrangien dans le chapitre traitant des la Mécanique
Analytique):
(50.96)
Remarque: L'élimination du facteur 1/2 du Lagrangien
provient de la symétrie du tenseur métrique. Si
ce dernier n'est pas symétrique, nous pouvons toujours
le caractériser
par un tenseur qu'il l'est.
Effectivement,
soit un
vecteur de coordonnées et
soit :
(50.97)
Les ne
sont pas symétriques a priori, mais nous pouvons écrire :
(50.98)
Nous posons ensuite :
(50.99)
Donc :
(50.100)
et les sont
symétriques.
La forme
quadratique q peut
donc toujours s'écrire avec une matrice symétrique, il y a
même
bijection. La conclusion étant qu'un tenseur métrique
doit être symétrique si l'on veut le caractériser
par la forme quadratique qu'il définit.
L'interlude mathématique étant
terminé, continuons notre développement physique. Par conséquence
de la dernière relation l'expression de l'Hamiltonien devient
bien évidemment:
(50.101)
puisque nous considérons être dans
un espace sans champ de potentiel. Le carré de la vitesse étant
dès lors constant sur toute la trajectoire, nous avons:
(50.102)
Etablissons maintenant les
équations du mouvement de tout corps. Nous avons :
et
(50.103)
et comme :
(50.104)
alors :
(50.105)
d'où :
(50.106)
en mettant en commun :
(50.107)
que nous pouvons écrire identiquement
pour les en
procédant de façon identique à ci-dessus.
La relation précédente donne
donc la trajectoire d'un corps en mouvement, dans un espace sans
champ de potentiel, en fonction de ses coordonnées curvilignes et
de la métrique de l'espace considéré.
Ce qui est particulièrement
intéressant dans ce résultat, c'est que la masse m
(à nouveau) s'élimine
identiquement dans cette équation du mouvement :
(50.108)
Remarquez, que nous aurions
pu utiliser aussi un autre paramètre invariant que le temps
propre tel que l'abscisse curviligne ds. Dès lors
l'équation précédente s'écrirait
:
(50.109)
Nous pouvons encore simplifier
cette relation mais nous garderons cette simplification pour la
deuxième démonstration de l'équation du mouvement
dans un espace quelconque (en faisant usage du principe variationnel
cette fois) juste après.
Il est très (très)
intéressant d'observer que si nous restreignons la métrique
à un espace euclidien :
(50.110)
avec :
(50.111)
Nous obtenons alors la
simplification :
(50.112)
Nous retrouvons donc la
première
équation du mouvement obtenue pour un espace plat! Le résultat
est remarquable !
Conclusion : Aux mêmes conditions
initiales de position et de vitesse curvilignes dans un espace
(plat ou courbe) sans champ de potentiel (c'est ce que nous
pourrions
penser du moins selon nos hypothèse initiales...), correspond
la même trajectoire quelle que soit la masse m
de la particule (même pour les photons - la lumière
- dont la masse est nulle!!).
Nous
pouvons maintenant étudier le principe de moindre action dans le but
de rechercher le plus court chemin (aussi bien au niveau spatial que
temporel) entre deux points dans un espace de géométrie donnée
avant de s'attaquer au cas beaucoup plus complexe du lagrangien
qui prend
en compte le tenseur des champs...
ÉQUATION
DES GÉODÉSIQUES
Intéressons-nous maintenant
à obtenir le même résultat mais en faisant usage
cette fois-ci du principe variationnel. Nous retomberons sur la
même équation que précédemment pour tout
type d'espace à la différence que cette fois-ci, nous
prendrons la peine de la simplifier pour arriver à "l'équation
des géodésiques".
En partant de (voir développements
précédents) :
(50.113)
avec une paramétrisation telle que
et
sont
fonction d'un paramètre temporel ou spatial.
Pour une surface donnée sous forme
paramétrique,
nous cherchons donc à minimiser la longueur d'un arc ds en
appliquant donc le principe variationnel (non dépendant du temps
car les photons ne peuvent avoir un chemin plus rapide au sens
temporel du terme entre deux points mais uniquement un chemin plus
court - au sens métrique du terme):
(50.114)
en unités naturelles.
Or:
(50.115)
En
développant, et comme les indices ont le même domaine de variation:
(50.116)
d'où:
(50.117)
En
travaillant sur la seconde intégrale, nous posons:
et
(50.118)
Donc par l'intégration par
partie (cf. chapitre de Calcul Différentiel
et Intégral):
(50.119)
il vient:
(50.120)
Soit finalement:
(50.121)
Le terme non intégré ci-dessous est
négligeable à cause de la présence du facteur :
(50.122)
Donc nous avons:
(50.123)
Nous effectuons un changement d'indice:
(50.124)
ce qui nous permet de factoriser
:
(50.125)
Comme et
sont
différents de zéro, c'est l'intégrant qui doit être nul:
(50.126)
En développant le second terme:
(50.127)
Qui s'écrit encore:
(50.128)
et
qui se simplifie en:
(50.129)
Nous obtenons (à nouveau!!!)
le système d'équations qui définissent les "géodésiques",
c'est-à-dire les droites de .
Ces dernières constituent donc les extrémales de l'intégrale qui
mesure la longueur d'un arc de courbe joignant deux points donnés
dans .
Cette dernière équation,
est celle qui nous intéresse dans le cas du lagrangien libre. Effectivement,
si nous prenons le cas extrême de la lumière (ou des photons si
vous préférez), cette dernière ne va pas chercher le chemin le plus
rapide (le plus vite) au niveau temporel. Ce serait totalement en
contradiction avec le postulat d'invariance de voir la lumière accélérer
en fonction du chemin!!! Dans ce contexte, cela signifie que sur
la trame spatio-temporelle, la seule chose qui à un sens est le
plus court chemin spatial et non le plus court chemin temporel!
C'est la raison pour laquelle cette dernière équation est appelée
"équation des géodésiques" ou encore "équation
d'Euler-Lagrange généralisée".
Cependant, nous pouvons écrire cette
dernière équation de façon plus condensée en introduisant les symboles
de Christoffel si la métrique est un tenseur symétrique tel que
.
Effectivement:
(50.130)
et comme le symbole de Christoffel
de première espèce est (cf.
chapitre de Calcul Tensoriel) est défini par
:
(50.131)
Remarque: Il est important de se rappeler que ce symbole contient
toute l'information sur la métrique de l'espace-temps. Nous
verrons un exemple plus bas comme quoi dans un référentiel
localement inertiel ce symbole de Christoffel est nul.
Alors l'équation d'Euler-Lagrange s'écrit:
(50.132)
La multiplication contractée
(cf. chapitre de Calcul Tensoriel)
de la relation précédente
dans la base canonique par
nous donne :
(50.133)
dans la littérature
un changement d'indice est souvent effectué afin d'avoir
au final (c'est toujours la même expression étant donné
que les indices ont le même domaine de variation!) :
(50.134)
avec
étant donc le symbole de Christoffel de deuxième
espèce
(cf. chapitre de Calcul Tensoriel)
donné par :
(50.135)
et est appelé dans le cadre de la relativité générale
la "connexion
affine" ou encore "coefficients
de connexion" et qui
permet de trouver le système
de coordonnées
(via la résolution d'un système d'équation
différentielles) en
chute libre dans lequel l'équation de la particule est celle
d'un déplacement uniforme dans l'espace temps en fonction
d'un système
de référence (les deux systèmes étant
donc reliés par la connexion
affine!).
Cette relation,
de la plus haute importance, nous permet de déterminer comment
un corps en mouvement va naturellement se déplacer dans un
espace courbe et peut-être... ce indépendamment de sa masse
!!!
Elle nous donne donc la métrique dans laquelle nous devons poser un référentiel
pour qu'il soit inertiel par rapport au corps considéré.
L'équation des géodésiques antéprécédente est aussi
l'équation différentielle du second ordre que doit donc satisfaire
la représentation paramétrique d'une ligne
sur une surface où s
est la longueur le long de la ligne afin que sa longueur totale soit extrêmale.
Selon le principe d'équivalence, nous somme donc
en droit d'interpréter cette relation comme l'équation
du mouvement dans
un champ de gravitation
quelconque, et donc d'interpréter le deuxième terme
supplémentaire
de l'équation comme l'opposé d'un terme de force gravitationnelle
par unité de
masse, c'est-à-dire comme l'opposé d'un champ gravitationnel.
Remarque: Nous pouvons également écrire
l'équation
des géodésiques et utilisant le temps propre :
(50.136)
ou encore en
utilisant la quadrivitesse :
(50.137)
Encore une
fois, si nous nous restreignons à un espace-temps plat,
nous voyons trivialement que nous retombons sur la première équation
du mouvement que nous avions obtenu :
(50.138)
car les composantes de la métrique de Minkowski étant constantes
les coefficients de Christoffel sont tous nuls.
Les solutions de cette dernière équation sont des lignes droites
ordinaires données par:
(50.139)
Bien évidemment, dans un espace-temps courbe général, les géodésiques
ne pourront pas être globalement représentées par des lignes droites.
Cependant avec une approximation au deuxième ordre en développement
de Taylor nous arrivons à nous ramener à des droites (ce qui revient
à ramaner l'espace courbe à un espace plat).
L'important
dans tout cela, c'est que l'équation des géodésiques permet de
constater que la courbure de l'espace détermine les trajectoires
des corps qui s'y meuvent quelque soit leur masse, qu'ils soient
en
mouvement
uniforme ou non (observez la dérivée seconde dans
l'équation des géodésiques!). Il ne nous
reste plus alors qu'à effectuer la fin du travail et de
mettre en relation la courbure de l'espace-temps avec l'énergie
qui s'y trouve !
LIMITE
NEWTONIENNE
Nous avons montré
plus haut (argument de Shild) que pour étudier la gravitation
(en particulier l'effet Einstein), la géométrie courbe
est nécessaire. Nous avions promis de montrer aussi qu'elle
était suffisante. Il est temps maintenant de la faire !
Définition: La "limite
newtonienne" est une situation physique où les
trois conditions ci-dessous sont satisfaites :
C1. Les particules se déplacent
lentement par rapport à la vitesse de la lumière.
Ce qui s'exprime comme le fait que les composantes spatiales de
leur quadrivecteur est très inférieure à la
composante temporelle (t étant le temps propre) :
(50.140)
C2. Le champ de gravitation
est statique. En d'autres termes, toute dérivée temporelle
de la métrique est nulle.
C3. Le champ gravitationnel
est faible, c'est-à-dire qu'il peut être vu comme une
faible perturbation d'un espace plat :
avec
(50.141)
et où
est constant (seul
dépend des coordonnées).
Considérons l'équation
des géodésiques obtenue précédemment
:
(50.142)
La première condition
nous amène à la simplifier sous la forme :
(50.143)
Les deux autres conditions
nous offrent plusieurs simplifications dans l'expression du symbole
de Christoffel de deuxième espèce :
(50.144)
L'équation des géodésiques
devient alors :
(50.145)
la composante temporelle
( )
vaut alors :
(50.146)
car (rappel de la métrique
de Minkowski)
pour
et pour
nous avons (métrique statique) .
En d'autres termes,
est constant. Quant aux composantes spatiales, nous avons que
est la matrice identité 3x3 (la partie spatiale!), ce qui
donne :
(50.147)
Notons maintenant le temps
propre
comme il est de tradition de le faire :
(50.148)
En divisant par
et en rétablissant ,
nous obtenons :
(50.149)
A partir d'ici nous posons (car nos illustres prédécesseurs ont
tâtonné avant nous):
(50.150)
tel que (relation qui nous sera très utile lors de l'étude de
la métrique de Schwarzschild plus loin) :
(50.151)
où
est le potentiel gravitationnel, nous retrouvons l'expression de
l'accélération gravitationnelle (équation de
Newton-Poisson) de la mécanique newtonienne (cf.
chapitre de Mécanique Classique) :
(50.152)
avec .
Ce développement,
simple mais néanmoins remarquable par son interprétation,
prouve que la géométrie courbe est suffisante
pour décrire la gravitation !!
TENSEUR D'ÉNERGIE-IMPULSION
Le tenseur énergie-impulsion (T.E.I.) est un outil mathématique
utilisé (notamment) en relativité générale afin de représenter la
répartition de masse et d'énergie dans l'espace-temps.
Prenons pour exemple le T.E.I. qui considère en relativité générale
la matière comme pouvant être approximée par un fluide parfait.
Dans le chapitre de Mécanique Des Milieux Continus nous avons démontré :
(50.153)
où a les
unités d'une force et ceux
d'une surface. Ainsi :
(50.154)
sous forme variationnelle cela donne :
(50.155)
Calculons maintenant :
(50.156)
Remarque: Nous ne travaillons exprès pas avec des éléments différentiels
afin de ne pas être coincé plus tard. C'est un peu du bricolage
à la physicienne mais bon cela marche (confirmé par l'expérience).
En supposant que seuls le volume et le temps font que la force
varie (ce qui suppose une densité constant quand même et que le
système est inertiel) nous avons alors :
(50.157)
Ce qui donne simplement (ch. chapitre de
Calcul Tensoriel) le
produit tensoriel des vitesses :
(50.158)
Si nous généralisons cette relation aux quadrivecteurs-vitesse
de la relativité restreinte, nous avons alors par définition le "tenseur
d'énergie-impulsion" :
(50.159)
ou sous forme indicielle :
(50.160)
soit sous forme contravariante :
(50.161)
Cette relation est la justification pour laquelle
la relativité générale est aussi indiquée
comme étant une théorie des milieux continus par certains
spécialistes.
Maintenant démontrons que la dérivée :
(50.162)
Remarque: Ce qui comme nous l'avons déjà signalé dans
le chapitre de Calcul Tensoriel s'écrit  dans
les vieux livres.
D'abord, rappelons que (cf. chapitre de
Relativité Restreinte)
:
(50.163)
et admettons que nous sommes dans les faibles vitesses telles
que .
Dès lors dans une métrique de Minkowski :
(50.164)
Or, nous reconnaissons dans les parenthèses l'équation de continuité (conservation
de la masse) que nous avons démontré en thermodynamique et qui
nous le savons est nulle! Ainsi :
(50.165)
Regardons par ailleurs ce que contient la composante du
T.E.I. :
(50.166)
En termes d'unités, il s'agit d'une densité d'énergie (nous voyons
directement que cette grandeur ne peut être que positive).
Regardons maintenant les composantes de la diagonale :
(50.167)
où a les
unités d'une densité de quantité de mouvement.
Regardons maintenant les composantes de la diagonale du tenseur
lorsque et
pour (nous
omettons donc la première ligne et la première colonne) :
(50.168)
Nous retrouvons donc les composantes du tenseur des contraintes
d'un fluide parfait.
Donc finalement, le T.E.I. peut s'écrire sous la forme d'une
matrice 4x4 réelle symétrique :
(50.169)
Dans le cas où les vitesses sont faibles :
(50.170)
Nous retrouvons donc dans ce tenseur les interprétations suivantes
des grandeurs physiques (bien que rigoureusement toutes les composantes
aient des unités qui peuvent être vues comme densité d'énergie
soit comme une pression).
- est
la densité volumique d'énergie (elle est positive)
- sont
les densités de moments
- sont
les flux d'énergie
Remarque: La sous-matrice des composantes spatiales :
(50.171)
est la matrice dite des "matrice des
flux de moments" (appellation tout à fait discutable...).
En mécanique des milieux continus (cf.
chapitre de Mécanique Des Milieux Continus), nous avons
démontré que
sa diagonale correspond à la pression, et les autres composantes
aux efforts tangentiels dus à la viscosité dynamique.
Montrons que la dérivée covariante du tenseur d'énergie-impulsion
est nulle tel que :
(50.172)
Donc :
(50.173)
Commençons par développer le premier terme :
(50.174)
Or, nous avons :
(50.175)
d'où :
(50.176)
Nous retrouvons entre les crochets l'équation de continuité qui
est nulle. Par contre le premier terme entre parenthèses non nul
comme nous l'avons vu lors de notre étude du quadrivecteur accélération
dans le chapitre de Relativité Restreinte :
(50.177)
Mais selon le principe d'équivalence faible (PEF), nous pouvons
toujours nous placer dans un référentiel tel que localement l'accélération
soit nulle tel que :
(50.178)
et il vient alors :
(50.179)
Donc nous avons maintenant :
(50.180)
Regardons ce que donne ce dernier terme mais en rappelant d'abord
que dans le chapitre de Relativité Restreinte nous avions démontré que
la quadriaccélération s'exprimait selon :
(50.181)
Soit (nous ne prenons que les deux premières composantes comme
exemples) :
(50.182)
Nous allons maintenant au fait montrer que :
(50.183)
Commençons par montrer que :
(50.184)
Or :
et
(50.185)
d'où :
(50.186)
Maintenant montrons que (les
autres composantes se vérifiant alors automatiquement) :
(50.187)
et donc nous avons bien :
(50.188)
mais selon le PEF alors
:
(50.189)
et nous avons donc bien finalement :
(50.190)
Qui est l'expression de la conservation de l'énergie en relativité générale!
En abaissant les indices il vient :
(50.191)
ÉQUATIOn
d'einstein des champs
Il est temps
maintenant de nous attaquer au plus beau, à l'une des équations
les plus fameuses de notre époque et qui fait briller les
yeux de beaucoup de jeunes étudiants : l'équation
d'Einstein des champs. Celle qui explique pourquoi la matière
(l'énergie) courbe l'espace.
Rappelons quelques
résultats que nous avons obtenus jusqu'ici. Premièrement,
nous avons réussi à démontrer avec brio
que toute particule (supposée libre mais cela est laissé
à l'interprétation... dans un espace courbe...)
suit l'équation du mouvement des géodésiques
:
(50.192)
Dans le chapitre
de Calcul Tensoriel, nous avons démontré (non sans
peine) que ce que nous appelons le "tenseur
d'Einstein" (qui est une constante dans un espace
Riemannien donné) est donné par :
(50.193)
Puisque la dérivée covariante du tenseur d'Einstein est nulle
et que nous avons démontré que la dérivée
covariante de T.E.I. l'est aussi, il est tentant de poser :
(50.194)
où est
un constant de normalisation et devant satisfaire la relation pour
qu'elle soit homogène au niveau des unités. Ainsi, il vient :
(50.195)
Pour trouver l'expression de la constante, nous allons nous placer
en limite newtonienne et exiger que la relation précédente reproduise
l'équation de Poisson pour le potentiel gravitationnel (cf.
chapitre de Mécanique Classique) :
(50.196)
Remarque: Cette relation montre que le potentiel de gravitation
est relié à la matière de façon linéaire
par l'intermédiaire de ses dérivées secondes.
Einstein pensa donc que le premier membre des équations du
champ en relativité générale, membre supposé
décrire la géométrie de l'espace-temps, devait
donc inclure d'une manière ou d'une autre les dérivées
secondes, non pas du potentiel de gravitation, mais des potentiels
de la métrique. En fait, Einstein essaya de généraliser
le membre de droite de l'équation de Poisson : la grandeur
recherchée devait inclure non seulement la densité
de matière mais aussi l'impulsion (dès que le corps
est en mouvement, son énergie augmente et donc sa masse.
Pour évaluer l'effet gravitationnel d'un corps il fallait
donc combiner sa masse au repos avec son impulsion. Il s'agissait
finalement du T.E.I. de rang 2 qui est la généralisation
du quadrivecteur impulsion de la relativité restreinte.
Nous avons montré plus haut que dans la limite newtonienne (approximation
du champ faible) :
(50.197)
et dans notre définition du T.E.I., pour
une distribution de matière au repos seule la composante suivante
est non nulle :
(50.198)
Il vient dès que l'équation de Poisson peut s'écrire :
(50.199)
Maintenant revenons sur la relation :
(50.200)
En contractant les deux membres de la relation précédente, il
vient :
(50.201)
Or, le scalaire de Ricci (cf. chapitre
de Calcul Tensoriel) est
donné par .
Il vient donc :
(50.202)
Or dans la métrique lorentzienne (-,+,+,+) il est immédiat que:
(50.203)
Donc :
(50.204)
En utilisant cette dernière relation, l'équation :
(50.205)
qui peut s'écrire aussi :
(50.206)
peut finalement s'écrire :
(50.207)
Intéressons-nous à la composante telle
que la relation précédente s'écrive :
(50.208)
Explicitons selon le tenseur de Ricci (cf.
chapitre de Calcul Tensoriel) selon sa définition :
(50.209)
Il vient alors :
(50.210)
Or, le tenseur de Riemann-Christoffel sous forme développée dans
ce cas particulier est donnée par (cf. chapitre
de Calcul Tensoriel)
:
(50.211)
Remarque: En absence de champ gravitationnel et en
coordonnées
cartésiennes, il est logique que tous les symboles
de Christoffel soient nuls. En effet, les Christoffel traduisent
rien de plus
que
les forces d'inertie. Mais quand nous avons un champ de gravitation,
les trajectoires suivies ne sont plus des droites, même dans
le cas newtonien alors les Christoffel sont non nuls...
A l'approximation du champ faible lentement variable dans le
temps, les symboles de Christoffel sont d'ordre O et leurs
produits sont d'ordre et
les dérivées temporelles sont négligeables devant les dérivées
spatiales. Il reste donc seulement les termes d'ordre O tel
que :
(50.212)
Or, nous avons vu dans le chapitre de Calcul Tensoriel que :
(50.213)
Dès lors :
(50.214)
Or dans l'approximation du champ faible la variation de la métrique
par rapport au temps étant négligeable par rapport à la variation
spatiale (l'approximation est un peu tirée par les cheveux il faut
dire...) :
(50.215)
Par conséquent, la relation :
(50.216)
devient :
(50.217)
et nous constatons immédiatement qu'il s'agit de l'équation de
Poisson si et seulement si :
(50.218)
constante qui est parfois appelée "constante
d'Einstein".
L'équation d'Einstein des champs est donc sous forme définitive
:
(50.219)
ou de manière plus conventionnelle :
(50.220)
La partie de gauche représente la courbure de l'espace-temps
telle qu'elle est déterminée par la métrique et l'expression de
droite représente une modélisation du contenu masse/énergie de
l'espace-temps. Cette équation peut alors être interprétée comme
un ensemble d'équations décrivant comment la courbure de l'espace-temps
est reliée au contenu masse/énergie de l'univers. Ces équations,
ainsi que l'équation de la géodésique, forment le coeur de la formulation
mathématique de la relativité générale.
L'équation d'Einstein est donc une équation dynamique qui décrit
comment la matière et l'énergie modifie la géométrie de l'espace-temps.
Cette courbure de la géométrie autour d'une source de matière est
alors interprétée comme le champ gravitationnel de cette source.
Le mouvement des objets dans ce champ étant décrit très précisément
par l'équation de sa géodésique.
Par ailleurs, nous venons aussi de voir que l'équation d'Einstein
se réduit aux lois de la gravité de Newton en utilisant l'approximation
des champs faible et des mouvements lents.
Puisque le tenseur d'énergie-impulsion comporte 16 composantes
dont au fait 10 sont réellement uniques (indépendantes) puisque
le tenseur est symétrique, nous pouvons voir l'équation d'Einstein
des champs comme dix équations différentielles du second ordre
sur tenseur de champ métrique .
Ces équations différentielles
sont en général cauchemardesques à résoudre,
les scalaires et tenseurs de Ricci sont des contractions du tenseur
de Riemann,
qui incluent les dérivées et les produits des symboles
de Christoffel, qui eux mêmes sont construits sur le tenseur
métrique inverse
et sur les dérivées de celui-ci. Pour corser le
tout, il est possible de construire des tenseurs d'énergie-impulsion
qui peuvent invoquer la métrique aussi. Il est donc très
difficile de résoudre
les équations d'Einstein des champs dans le cas général
et nous devons donc souvent nous appuyer sur des hypothèses
simplificatrices.
SOLUTION DE SCHWARZSCHILD
La "métrique de Schwarzschild" (1916)
est une solution de l'équation d'Einstein dans le cas
d'un champ gravitationnel isotrope. Elle fournit les trois
preuves principales
de la Relativité Générale: le décalage
des horloges, la déviation
de la lumière par le Soleil et l'avance du périhélie
de Mercure. Ces trois preuves sont très importantes
car l'équation d'Einstein
n'était pas démontrée expérimentalement à l'époque.
Pour introduire cette métrique imaginons une source (par exemple
le Soleil) qui produit un champ de gravitation à l'aide de sa masse M.
Nous cherchons, pour comparer par rapport à l'expérience, les solutions
de l'équation d'Einstein (en d'autres termes : la métrique)
en dehors de la source (du Soleil donc...) de masse M.
En d'autres termes, cela revient à avoir dans la région de l'espace
qui nous intéresse (en considérant qu'il n'y que l'astre en question
et rien d'autre autour n'y même l'énergie/masse propre au champ
gravitationnel) la propriété suivante :
(50.221)
Donc l'équation d'Einstein des champs :
(50.222)
devient alors :
(50.223)
Mais nous avions montré plus haut que cette dernière relation
peut aussi s'écrire l'aide de la définition du scalaire de :
(50.224)
et comme il est peu vraisemblable que la parenthèse soit nulle
il reste :
(50.225)
Nous devons donc trouver la métrique qui satisfait cette relation.
Comme il y en à plusieurs intéressons-nous à un cas particulièrement élégant
avec comme l'aime les physiciens... plein de symétries.
L'idée est donc de trouver une métrique si
possible indépendante
du temps (donc le champ gravitationnel aussi) et... à symétrie
sphérique
(l'astre étant lui-même de cette forme), prenant en
compte la masse de l'astre central (c'est l'objectif majeur!)
et telle qu'assez
loin de la source (...) ou lorsque la masse est nulle
nous retrouvions la métrique classique connue vue plus
haut :
(50.226)
Mais ceci n'est pas totalement exact.
Effectivement, nous travaillons dans l'espace-temps. Or,
nous avons vu que l'équation de la métrique curviligne
est dans un espace temps plat
par :
(50.227)
en passant en coordonnées sphériques nous avons alors :
(50.228)
Et c'est sur cette équation de la métrique
que nous devons retomber lorsque nous sommes éloignés
de la source ou que la masse de celle-ci est extrêmement faible
(la métrique de Schwarzschild doit donc être asymptotiquement
plate).
Donc mettons nous à la tâche. D'abord nous partons de ce que
nous savons (vaut mieux!). C'est-à-dire que :
(50.229)
et en coordonnées sphérique avec le temps nous
avons pour composantes .
En tout rigueur, nous notons:
(50.230)
les "coordonnées de Schwarzschild".
Donc il vient un total de 16 termes dont outre les
diagonales au nombre (4 termes) les autres s'additionnent (6
termes) soit
finalement 10 termes qui sont les suivantes:
(50.231)
où A, B, C, ...sont des coefficients à déterminer.
Avant de s'attaquer à ce travail, nous savons que selon une de
nos contraintes de départ, lorsque la masse est faible ou que nous
sommes éloignés de la source, nous devons retomber sur :
(50.232)
dès lors intuitivement nous pouvons déjà écrire :
(50.233)
ce qui admettons-le... est un net progrès...!
Si comme nous nous le sommes imposés au début l'équation de la
métrique est indépendante du temps. Nous pouvons par symétrie du
temps (hypothèse...) faire le changement de variable suivante sans
que cela change quoi que ce soit dans notre .
Or, nous nous rendons tout de suit compte que cela ne sera pas
le cas. Immédiatement, pour que cela soit satisfait il faut :
(50.234)
ce qui nous amène (c'est déjà mieux!) à :
(50.235)
Maintenant si le système est bien sphérique. L'équation de la
métrique doit être invariante par la transformation (le
contraire se saurait depuis longtemps si ce n'était pas le cas
expérimentalement) et/ou également par la transformation .
Donc pour que cela soit juste, nous voyons immédiatement que
dans la relation précédente, nous devons imposer :
(50.236)
Donc finalement nous n'avons plus que :
(50.237)
où A, B, C, D seront bien évidemment indépendant du temps
(le contraire contredirait notre contrainte initiale) mais peuvent
par symétrie de la sphère être dépendant de r tel que :
(50.238)
Maintenant, imaginons-nous sur la sphère (rigoureusement c'est
une hyper-sphère mais cela aide quand même...) à une distance r fixe
du centre de la source du champ à un instant donné t fixé.
Nous n'avons alors plus que :
(50.239)
puisque dt est nul (temps fixé) et dr aussi
(distance r fixée).
Nous avons par ailleurs enlevé
le signe - car nous avons anticipé le fait qu'il va s'éliminer
à la troisième égalité qui va suivre et nous le remettrons ensuite.
Maintenant, imaginons-nous proche du pôle nord de la sphère nous
n'avons alors plus qu'en première approximation:
(50.240)
et à l'équateur :
(50.241)
Par symétrie du champ, un déplacement angulaire infinitésimal
en chacun des ces deux zones particulières doit pourtant être égal.
Dès lors, nous ne pouvons que poser :
(50.242)
Dès lors, l'équation de la métrique se réduit à :
(50.243)
Montrons maintenant que nous pouvons choisir un système de coordonnées
pour lequel .
Introduisons pour cela une distance définie par :
(50.244)
d'où :
(50.245)
Il vient dès lors :
(50.246)
d'où :
(50.247)
Ce qui se simplifie encore en :
(50.248)
Mettons le tout au carré et divisons à gauche et à droite par :
(50.249)
d'où :
(50.250)
Dès lors, l'équation de la métrique s'écrit :
(50.251)
C'est donc comme si :
(50.252)
Donc :
(50.253)
Soit :
(50.254)
et le tenseur métrique contravariant correspondant (dont nous
allons avoir besoin plus loin):
(50.255)
tel que (cf. chapitre de Calcul Tensoriel)
:
(50.256)
Maintenant, pour déterminer les coefficients restants (soit A et B)
nous allons nous aider de la relation que doit satisfaire la métrique
:
(50.257)
Soit sous forme développée (cf. chapitre
de Calcul Tensoriel):
(50.258)
avec bien évidemment (cf. chapitre de Calcul
Tensoriel):
(50.259)
C'est dire que l'on a du travail sur la planche... Bon d'abord
puisque la métrique est simple les seules dérivées non nulles sont
:
(50.260)
Nous en déduisons simplement les 9 éléments de la connexion (nous
pouvons détailler sur demande...) non nuls :
(50.261)
Maintenant que nous avons ces termes de la connexion il nous
faut calculer leur dérivée conformément aux deux premiers termes
de :
(50.262)
il y a alors 10 termes non nuls qui sont :
(50.263)
Nous avons finalement pour chaque composante du tenseur de Ricci
:

(50.264)
Soit les seuls éléments non nuls sont :
(50.265)
Soit sous forme plus conventionnelle (conforme à la littérature)
nous pouvons simplifier un peu et par ailleurs garder que les trois
premières équations :
(50.266)
Si nous additionnons les deux premières équations il nous reste
:
(50.267)
ce qui équivaut à :
(50.268)
Nous avons donc :
(50.269)
qui devient :
(50.270)
Le lecteur pour vérifier qu'une solution de l'équation différentielle
est :
(50.271)
où S est une constant réelle non nulle. En conséquence,
la métrique pour une solution statique, symétriquement sphérique
et dans le vide (...), s'écrit :
(50.272)
Il nous reste à déterminer un coefficient. Mais comme :
(50.273)
il vient :
(50.274)
Donc :
(50.275)
Donc finalement :
(50.276)
Notons que l'espace-temps représenté par cette métrique est asymptotiquement
plat, ou, en d'autres termes lorsque ,
la métrique s'approche de celle de Minkowski, et la variété de
l'espace-temps ressemble à celle de l'espace de Minkowski.
Pour calculer les constantes K et S, nous utilisons
l'approximation du champ faible. En d'autres termes, nous nous
plaçons loin du centre, là où le champ de gravitation est faible.
Dans ce cas, la composante de
la métrique peut être calculée.
Effectivement, nous avions étudié plus haut la limite newtonienne
et avions obtenu la relation suivante :
(50.277)
avec (cf. chapitre d'Astronomie) .
Donc in extenso nous pouvons poser sans trop de craintes :
(50.278)
soit :
et
(50.279)
Finalement nous avons pour la "métrique de Schwarzschild" :
(50.280)
soit en unités naturelles :
(50.281)
Une singularité toute (physiquement) apparente apparaît lorsque
:
(50.282)
ou en d'autres termes, lorsque la coordonnée du rayon r vaut :
(50.283)
Ce rayon, que nous avions déjà déterminé lors de notre étude
la mécanique classique, est appelé "rayon
de Schwarzschild".
Le rayon de Schwarzschild est défini comme le rayon critique
prévu par la géométrie de Schwarzschild, en
deçà duquel rien ne peut s'échapper : si une étoile
ou tout autre objet atteint un rayon égal ou inférieur à son
rayon de Schwarzschild (qui dépend de sa masse, cf. ci-dessous),
alors elle devient un Trou Noir, et tout objet s'approchant à une
distance de celui-ci inférieure au rayon de Schwarzschild
ne pourra s'en échapper. Le terme est utilisé en
physique et en astronomie pour donner un ordre de grandeur de la
taille caractéristique à laquelle des effets de relativité générale
deviennent nécessaires pour la description d'objets d'une
masse donnée. Les seuls objets qui ne sont pas des trous
noirs et dont la taille est du même ordre que leur rayon
de Schwarzschild sont les étoiles à neutrons (ou
pulsars), ainsi, curieusement, que l'univers observable en son
entier.
Remarques:
R1. La singularité dans la métrique lorsqu'on atteint le rayon
de Schwarzschild est apparente car il ne s'agit que d'un effet
du système de coordonnées utilisées.
R2. Un théorème remarquable affirme que la métrique de Schwarzschild
est l'unique solution aux équations d'Einstein dans le vide possédant
la symétrie sphérique. Comme la métrique de Schwarzschild est également
statique, ceci montre qu'en fait dans le vide toute solution sphérique
est automatiquement statique. Une des conséquences intéressantes
de ce théorème est que n'importe quelle étoile pulsante qui reste
à symétrie sphérique ne peut pas générer d'ondes gravitationnelles
(puisque la région de l'espace-temps extérieure à l'étoile doit
rester statique).
Maintenant que nous avons la métrique de Schwarzschild revenons
sur le critère de Schild que nous avions vu lors de notre étude
classique de l'effet Einstein.
Si nous récrivons la métrique de Schwarzschild pour un corps immobile
nous avons la métrique qui se simplifie en :
(50.284)
En faisant intervenir le potentiel gravitationnel (cf.
chapitre d'Astronomie) :
(50.285)
la métrique s'écrit :
(50.286)
d'où en introduisant le temps propre :
(50.287)
d'où :
(50.288)
soit :
(50.289)
Le développement au deuxième ordre en série de MacLaurin (cf.
chapitre de Suite Et Séries) de la racine négative donne
:
(50.290)
Ainsi, nous avons :
(50.291)
Donc cela démontre que la courbure (la gravitation) engendre
une dilatation du temps d'autant plus importante (dans le sens
qu'elle s'écoule plus vite) que le champ de gravité
est intense (la masse M est grande) ou que nous sommes
près du corps sous du champ (rayon r petit).
Or, pour la Terre, le terme:

est relativement faible. Mais pour un Trou Noir
ou une étoile à Neutrons, ce n'est plus vraiment le cas et la dilatation
devient importante et les effets accessibles à la mesure.
vérificationS expérimentales
Nous allons maintenant passer en revue les quatre vérifications
expérimentales classiques du 20ème siècle
de la théorie de la relativité générale
qui sont :
1. La précession du périhélie qui au niveau
des résultats numériques nous posait problème
avec les outils de la mécanique classique (cf.
chapitre d'Astronomie).
2. La déflexion des ondes électromagnétiques
(lumière) passant proche d'un corps stellaire massif qui
au niveau des résultats numériques nous posait
aussi problème avec les outils de la mécanique
classique (cf. chapitre d'Astronomie).
3. La démonstration du critère de Schild (déjà
fait dans les paragraphes précédents) comme seul moyen
d'expliquer rigoureusement le redshift gravitationnel et l'hypothèse
de ralentissement du temps dans un champ gravitationnel.
4. Le retard des signaux électromagnétiques se
propageant près de corps massif. Retard désigné sous
le nom "d'effet Shapiro" dont les applications numériques
sont utilisées pour le fonctionnement du G.P.S et que nous
verrons plus loin.
précession du PÉRIHÉLIE DE MERCURE
Traitons donc maintenant un des plus fameux exemples de la relativité
générale : la précession du périhélie de Mercure. Nous avions déjà
traité dans le chapitre d'Astronomie ce cas mais nous avions mentionné
que le résultat théorique numérique ne correspondait pas à l'expérience.
Nous allons voir en l'équivalent d'une dizaine de pages A4 de
développements
détaillés comment la relativité générale permet de réconcilier
théorie
et expérience.
Pour étudier cas, nous allons utiliser le formalisme lagrangien
vu dans le chapitre de Mécanique Analytique.
D'abord, rappelons que nous avons obtenu pour la métrique de Schwarzschild
:
(50.292)
D'où en divisant par :
(50.293)
et pour abréger les notations, nous poser tel
que :
(50.294)
Maintenant rappelons que (cf. chapitre
de Mécanique Analytique) en unités naturelles
:
(50.295)
Donc (c'est très grossier mais cela fonctionne... c'est aussi ça
parfois la physique...) :
(50.296)
Enfin cela signifie que le lagrangien est :
(50.297)
Les équations de Lagrange nous donnent pour la :
(50.298)
avec donc :
(50.299)
d'où :
(50.300)
et :
(50.301)
d'où finalement pour la coordonnée :
(50.302)
Faisons de même pour :
(50.303)
et il vient immédiatement :
(50.304)
Faisons de même pour t :
(50.305)
et il vient ici aussi immédiatement :
(50.306)
Dès lors :
(50.307)
Maintenant nous allons supposer que le mouvement de Mercure est
dans le plan équatorial tel que .
Dès lors, la relation :
(50.308)
se simplifie en :
(50.309)
d'où :
(50.310)
Nous avons aussi dès lors l'expression de la ligne d'univers qui
se simplifie en :
(50.311)
Remplaçons alors dans
l'élément de ligne d'Univers :
(50.312)
Considérons aussi r comme fonction alors
:
(50.313)
d'où :
(50.314)
Ainsi, nous pouvons récrire la ligne d'univers sous la forme :
(50.315)
Faisons un changement de variable en posant :
(50.316)
d'où :
(50.317)
Ce qui donne pour notre ligne d'univers :
(50.318)
ou :
(50.319)
en différenciant :
(50.320)
ou écrit autrement :
(50.321)
ce qui se simplifie et factorise en :
(50.322)
La première solution possible est bien évidemment :
(50.323)
d'où comme r=1/u :
(50.324)
Le mouvement circulaire est donc aussi une solution du problème
de Kepler en relativité générale dans un champ de Schwarzschild.
L'autre solution sera :
(50.325)
Soit écrit autrement :
(50.326)
elle correspond à l'orbite du problème de Kepler.
Faisons la comparaison en considérant en mécanique de Newton
le mouvement d'une particule de masse m dans un potentiel U.
Le lagrangien (cf. chapitre de Mécanique
Analytique)
est alors :
(50.327)
En coordonnées polaires nous avons déjà vu dans différents chapitre
(de Calcul Vectoriel et d'Astronomie) que la vitesse s'écrit alors
:
(50.328)
En utilisant l'équation d'Euler-Lagrange nous avons l'équation
du mouvement :
(50.329)
ce qui donne :
et
(50.330)
d'où :
(50.331)
et comme nous l'avons vu dans le chapitre d'Astronomie :
(50.332)
est la constante des aires. Introduisons :
(50.333)
d'où :
(50.334)
et donc :
(50.335)
Ainsi :
(50.336)
L'équation :
(50.337)
devient alors :
(50.338)
Or :
(50.339)
d'où :
(50.340)
soit :
(50.341)
ou :
(50.342)
Il s'agit simplement de la "formule
de Binet non relativiste" qui donne donc la relation
entre u=1/r et pour
une force centrale. Dans le cas d'un potentiel newtonien :
(50.343)
d'où :
(50.344)
avec pour rappel :
(50.345)
Or, rappelons la forme de celle que nous avions obtenue avec la
relativité générale :
(50.346)
Ainsi, nous voyons que le terme analogue en relativité est :
(50.347)
et que la relativité générale ajouter le terme .
Or, comme en relativité générale :
(50.348)
Alors :
(50.349)
Or, dans le cas de l'approximation des champs faibles :
(50.350)
d'où :
(50.351)
donc finalement :
(50.352)
Ceci dit, il est vraiment intéressant de remarquer que l'équation
pour la relativité générale :
(50.353)
peut être interprétée comme l'équation de Binet pour la mécanique
classique :
(50.354)
avec le potentiel :
(50.355)
avec .
Revenons maintenant à notre équation :
(50.356)
Nous aimerions savoir si le deuxième terme à gauche de l'égalité
est négligeable ou non par rapport au premier terme de gauche de
l'égalité et ce afin de pouvoir appliquer la théorie des perturbations.
Nous allons d'abord poser à l'aide de l'approximation des champs
faibles faite plus haut :
(50.357)
Maintenant calculons le rapport :
(50.358)
Rappelons qu'en coordonnées polaires :
(50.359)
en approximation nous pouvons grossièrement poser que :
(50.360)
Dès lors pour Mercure... :
(50.361)
Ainsi nous voyons de suite que nous pourrons appliquer les théories
variationnelles sur le terme .
Ainsi, posons :
(50.362)
L'équation :
(50.363)
prend alors la forme :
(50.364)
Pour résoudre cette équation différentielle, nous allons utiliser
l'approche de la théorie des perturbations (cf.
chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral). Nous allons
donc nous intéresser à une solution de la forme de Taylor en
deuxième
ordre seulement en :
(50.365)
où sont
bien évidemment dépendants de et
devront être déterminés! Pour cela, nous savons qu'il faut remplacer
l'expression précédente dans l'équation différentielle telle que
:
(50.366)
Ce qui donne :
(50.367)
et se simplifie en :
(50.368)
où rappelons que :
(50.369)
est l'équation classique obtenue plus haut :
(50.370)
considérons la solution du type :
(50.371)
où D est une constante arbitraire. Or, comme nous l'avons
vu dans le chapitre d'Astronomie dans le cas de la précession
du périhélie :
(50.372)
est au fait une ellipse. Ce qui signifie que toute solution de
la forme :
(50.373)
est aussi une ellipse!
Pour l'équation en :
(50.374)
qui se simplifie en :
(50.375)
Puisque (cf. chapitre de Trigonométrie)
:
(50.376)
Il vient :
(50.377)
Pour déterminer ,
décomposons la relation précédente en trois termes :
(50.378)
Ce qui nous donne immédiatement :
(50.379)
Finalement :
(50.380)
La solution cherchée est finalement :
(50.381)
C'est donc avec :
(50.382)
qu'il faut calculer le déplacement du périhélie (on y arrive...).
Nous voyons relativement vite en observant la relation précédente
que le seul terme dont l'amplitude n'est pas constante est .
Rappelons alors que (cf. chapitre de Trigonométrie)
:
(50.383)
Ce qui peut grossièrement s'écrire aussi en première approximation
:
(50.384)
d'où :
(50.385)
Nous savons que l'orbite d'ordre zéro est :
(50.386)
L'effet du dernier terme :
(50.387)
est donc d'introduire une petite variation périodique dans la
distance radiale. Ce terme n'affecte pas le déplacement du périhélie.
C'est le terme dans
:
(50.388)
qui introduit une non-périodicité qui peut être non négligeable
dans le cas où est
grand.
Le périhélie (point le plus proche du Soleil) se présente donc
quand r est minimum soit maximum.
Or, u est maximum quand le terme qui nous intéresse est maximum,
c'est-à-dire :
(50.389)
Nous avons approximativement :
(50.390)
Pour deux périhélies successifs, nous avons un intervalle :
(50.391)
au lieu de .
Ainsi, le déplacement pour une révolution est :
(50.392)
où K est donc la constante des aires et M la masse
de l'astre central et puisque :
(50.393)
Bref, nous avons au final:
(50.394)
Relation à comparer avec celle que nous avons obtenue dans
le chapitre d'Astronomie avec un traitement newtonien classique:
(50.395)
Nous retrouvons donc à la perfection le facteur 6
qui manquait dans les traitement classique!
Pour Mercure une application numérique donne :
(50.396)
et l'expérience donne .
Pour terminer sur ce sujet, signalons une deuxième écriture
fréquente dans la littérature concernant le résultat
obtenu. Effectivement, nous avons démontré dans le chapitre
d'Astronomie que le paramètre focal était donné par:
(50.397)
Il reste donc:
(50.398)
et nous avons démontré aussi dans le chapitre de Géométrique
Analytique que:
(50.399)
Il vient donc au final la forme la plus classique:
(50.400)
DÉFLÉXION DE LA LUMIERE
Nous avons donc montré que :
(50.401)
en remplaçant les facteurs par leurs valeurs respectives nous
avons :
(50.402)
Mais nous avons vu plus haut que :
(50.403)
et comme K est la constante des aires donnée par la conservation
du moment cinétique lui-même constant (cf.
chapitre de Mécanique Classique) :
(50.404)
Nous avons alors pour un photon .
Finalement l'équation du mouvement d'un photon se résume à :
(50.405)
Posons maintenant pour simplifier les notations :
(50.406)
alors :
(50.407)
Le terme à droite de l'égalité est petit (vu les constantes qui
y interviennent...) si bien qu'une forme approchée de l'équation différentielle
est :
(50.408)
Dont une solution particulière est qui ne le savons d'avance est
intéressante :
(50.409)
Nous portons cette solution approximée dans l'équation différentielle
initiale et nous obtenons :
(50.410)
Soit :
(50.411)
Soit :
(50.412)
La suite va être très subtile (comment deviner quelque chose comme
cela...?). D'abord nous allons créer une nouvelle équation différentielle:
(50.413)
L'astuce consiste à multiplier cette équation par i et
la sommer à l'équation différentielle d'origine :
(50.414)
Ce que nous noterons :
(50.415)
L'astuce est de chercher une solution particulière de la relation
précédente sous la forme :
(50.416)
Nous avons alors :
(50.417)
Ceci injecté dans notre nouvelle équation différentielle donne
:
(50.418)
Nous en déduisons immédiatement :
(50.419)
Une solution particulière de l'équation différentielle d'origine
est donc :
(50.420)
Soit en utilisant les relations trigonométriques remarquables
:
(50.421)
Il vient :
(50.422)
La solution générale est finalement :
(50.423)
Si nous admettons que la lumière est très faiblement déviée par
le Soleil, le rayon de courbure (1/r) de sa trajectoire sera
très faible.
Ainsi :
(50.424)
tel que :
(50.425)
Le premier terme est prédominant par rapport au deuxième à cause
du facteur qui
est très petit sur le deuxième. Pour la suite, nous procédons
comme dans le chapitre d'Astronomie (juste les notations changent)
pour
lors de l'étude de l'angle de déflexion (si vous n'y revenez pas
vous ne pourrez comprendre la justification de ce qui va être
fait!). Nous posons sans perdre en généralité que :
(50.426)
Soit :
(50.427)
et comme :
(50.428)
il vient :
(50.429)
En utilisant les relations trigonométriques à nouveau :
(50.430)
Il vient :
(50.431)
étant
supposé très petit nous faisons un développement de MacLaurin
(cf. chapitre de Suites Et Séries)
au premier ordre des fonctions trigonométriques :
(50.432)
Ce qui donne :
(50.433)
Donc après une série d'approximations... et d'hypothèses limites
acceptables nous arrivons à :
(50.434)
au lieu du résultat que nous avions obtenu selon l'approche newtonienne
dans le chapitre d'Astronomie:
(50.435)
Nous trouvons donc le facteur 2 qui faisait défaut au traitement
classique du problème, relativement aux mesures expérimentales,
que nous avons vu dans le chapitre d'Astronomie.
(50.436)

Cette déviation a pu être mise
en évidence en mesurant la position des étoiles
au voisinage du disque solaire lors de l'éclipse
de 1919 par Arthur Eddington et son équipe.
Après
l'avance du périhélie de Mercure,
il s'agissait du second test passé avec succès
par la Relativité Générale.
C'est cet événement
qui a rendu Albert Einstein célèbre auprès
du grand public. Aujourd'hui, la déviation
des rayons lumineux a pu être mesurée avec
beaucoup plus de précision en considérant les
signaux radio émis par des sources extragalactiques
(quasars, AGN, etc...) : la prédiction de la Relativité Générale
a été confirmée au millième près.
La déviation des rayon lumineux est aujourd'hui
très importante en cosmologie observationnelle,
puisqu'elle est a l'origine du phénomène de mirage
gravitationnel, encore appelée "lentille
gravitationnelle".
Il est intéressant de remarquer que toute
la théorie des mirages gravitationnels est basée
sur la relation:
(50.437)
du moins pour un détecteur ponctuel.
C'est le seul ingrédient de Relativité Générale
utilisé dans
le calcul des images.
EFFET SHAPIRO
En 1964, Shapiro démontra qu'un rayon lumineux n'était pas seulement
dévié en passant près d'une masse, mais également que la durée de
son trajet était allongée par rapport à une géométrie euclidienne.
Il calcula que le retard devait atteindre environ 200 microsecondes,
donc parfaitement mesurable, pour une ligne de visée rasant le Soleil.
Il suggéra alors de mesurer systématiquement la durée mise par un
signal radar pour effectuer le trajet aller-retour entre la Terre
et une planète passant derrière le Soleil (pour que l'effet soit
maximal). Cela fut d'abord accompli avec des échos radar sur Mars,
Vénus ou Mercure, avec une précision de l'ordre de 20%. Le résultat
est très net : la durée nécessaire à un signal radar pour faire
l'aller-retour Terre-Planète augmente brutalement juste avant que
la planète passe derrière le Soleil et diminue tout aussi brutalement
quand celle-ci réapparaît.
Remarque: Nous parlons parfois de ralentissement de la lumière
près du Soleil pour décrire l'effet Shapiro mais c'est une expression
maladroite et erronée. Comme cela a déjà été mentionné, la vitesse
de la lumière est constante en relativité générale aussi bien
qu'en relativité restreinte. Dans le cas de l'effet Shapiro
(et dans d'autres cas similaires), ce qui change c'est l'écoulement
du temps là où
passe la lumière, par rapport à ce qu'il est là où se situe l'observateur.
Bien qu'il s'agisse d'un effet faible, on a pu le vérifier très
précisément depuis l'arrivée des sondes Viking sur Mars en 1976,
à l'aide de signaux envoyés depuis la Terre vers Mars et réfléchis
sur cette dernière par les sondes (voir le principe de l'expérience
sur la figure suivante). En outre, il existe même désormais un
objet de plus en plus courant pour le fonctionnement duquel
l'effet Shapiro
doit être pris en compte : le "G.P.S." (Global Positioning
System). En effet, malgré la faiblesse du champ de gravitation
terrestre, une précision géographique de quelques mètres nécessite
de tels détails dans les calculs. Toutefois, un satellite a été lancé récemment
dont le but est de vérifier, dans le champ de gravitation terrestre,
un effet encore plus faible prédit par la relativité générale
et qui n'intervient même pas dans le GPS : l'entraînement de
l'espace-temps, aussi nommé "effet
Lense-Thirring".
Signalons pour le GPS que deux phénomènes d'erreur sont connus
dans le cadre de la relativité:
1. Les satellites tournent autour de la Terre à une vitesse approximative
de 20'000 kilomètres par heure retardent alors de 7 millionièmes
de seconde par jour (relativité restreinte).
2. A l'altitude de 20'200 kilomètres, celle de l'orbite des satellites,
le champ gravitationnel plus faible fait avancer les horloges satellitaires
de 45 millionièmes de seconde par jour.
La somme des deux corrections donne une dérive de 38 millionièmes
de seconde par jour, un chiffre ahurissant pour un système GPS
dont la précision se doit d'être de 50 milliardièmes de seconde
par jour.
Faisons le calcul pour un rayon frôlant la surface du Soleil.
Pour cela, nous reprenons notre métrique de Schwarzschild :
(50.438)
avec :
(50.439)
Pour un photon, nous savons que et
donc l'équation de la métrique de Schwarzschild s'écrit alors :
(50.440)
La trajectoire du photon ayant lieu dans le plan équatorial du
Soleil, nous posons :
(50.441)
ce qui simplifie encore l'équation de la métrique en :
(50.442)
Pour simplifier encore plus nous faisons l'hypothèse
(surprenante!) que la trajectoire (en coordonnées polaires)
du photon rasant le Soleil est rectiligne telle que (pour
une des composantes polaires
du plan):
(50.443)
où est
le rayon du Soleil. Nous allons utiliser cette hypothèse
pour simplifier l'équation de la métrique.
Pour cela nous réarrangeons :

(50.444)
Nous dérivons (cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral) :
(50.445)
Si nous mettons le tout au carré :
(50.446)
d'où :
(50.447)
Nous pouvons maintenant récrire l'équation de la métrique :
(50.448)
En prenant la racine :
(50.449)
Etant donné que et
que alors
:
(50.450)
Dès lors nous avons en utilisant les développements de MacLaurin
(cf. chapitre de Suites Et Séries)
au premier ordre :
(50.451)
Nous avons alors :
(50.452)
Nous avons finalement une fois condensé :
(50.453)
Ce qu'il est de tradition de noter (nous sortons le 1/c
des différents termes) :
(50.454)
S'il n'y pas de masse alors l'espace-temps est plat et .
Dès lors :
(50.455)
Nous pouvons ainsi distinguer le temps classique du temps
supplémentaire
engendré par l'espace courbe. Le "retard" sera donc donné par
:
(50.456)
Ensuite, pour intégrer les quatre fonctions de r il faut
se placer dans un référentiel placé si possible au centre de l'astre
principal (le Soleil typiquement) puisque la métrique de Schwarzschild
est basée sur cette hypothèse pour rappel... Ainsi, pour connaître
le retard d'un rayon lumineux partant du Soleil jusqu'à la Terre,
nous choisirons logiquement comme rayon de départ celui du Soleil
lui-même ( )
et comme rayon d'arrivée, la distance Soleil-Terre ( ).

(50.457)
Bon ceci dit c'est bien joli de connaître les notations d'usage
mais c'est encore mieux de faire une application numérique!
Nous allons donc déterminer la primitive de chacun des termes
ci-dessous:
(50.458)
Les deux premières primitives sont simples car il s'agit
de primitives usuelles démontrées dans le chapitre de Calcul
Différentiel et Intégral:
(50.459)
où pour la dernière primitive nous avons préservé la constante
d'intégration (contrairement à ce qui a été fait dans le chapitre
de Calcul Différentiel et Intégral car ).
Maintenant il nous reste les deux dernières intégrales. Commençons
dans l'ordre par:
(50.460)
En posant:
(50.461)
et en utilisant les résultats démontrés dans le chapitre
de Calcul Différentiel et Intégral nous avons alors:
(50.462)
Puisque nous avons (cf. chapitre de
Trigonométrie):
(50.463)
Alors:
(50.464)
Enfin, il reste la dernière primitive:
(50.465)
Nous posons pour la suite:
(50.466)
Il vient alors:
(50.467)
Dans le chapitre de Calcul Différentiel et Intégral nous
avons démontré que:
(50.468)
et que :
(50.469)
Donc:
(50.470)
Pour revenir à l’intégrale du début on se rappelle que .
Donc:
(50.471)
Nous avons donc au final:

(50.472)
Nous voyons dans le cas limite Newtonien où ,
nous avons:
(50.473)
Donc pour un aller-retour (entre planète et satellite par
exemple), il vient alors dans ce cas simplifié:
(50.474) TROUS NOIRS
En restant toujours à notre métrique de Schwarzschild....Une
trajectoire radiale de type lumière implique:
(50.475)
donc:
(50.476)
et dans un trajectoire radiale directe (par définition) nous
avons aussi:
et
(50.477)
donc:
(50.478)
Dès lors:
(50.479)
Il vient alors:
(50.480)
D'où:
(50.481)
Posons en unités naturelles .
Il vient alors:
(50.482)
Lorsque le
membre de droite de l'égalité tend vers ,
donc l'évolution du temps t (observateur extérieur)
en fonction de r tend vers l'infini par rapport au temps
propre de la lumière.
La sphère donnée par le rayon:
(50.483)
définit "l'horizon
du Trou Noir de Schwarzschild".
Vers cette frontière limite, la lumière
semble mettre un temps infini par rapport à un observateur
extérieur à se
déplacer
lorsqu'elle approche un Trou Noir. Elle ne parvient donc jamais
vraiment à l'atteindre
par rapport à l'observateur, d'où le fait que les Trous Noirs
peuvent être
entourés en fonction de leur environnement d'un halo lumineux
aux abords du rayon de Schwarzschild. De plus, puisque le temps
semble
arrêté, la fréquence de la lumière environnant le Trou Noir
a une fréquence qui tend vers zéro et tend vers l'infra-rouge.
Signalons encore un point très important.
Avant Einstein, la géométrie était considérée
comme partie intégrante des lois. Einstein a montré que
la géométrie de l'espace évolue dans le
temps selon d'autres lois, encore plus profondes. Il est important
de bien comprendre ce point. La géométrie de
l'espace ne fait pas partie des lois de la nature. Par conséquent,
rien que nous puissions trouver dans ces lois ne dit ce qu'est
la géométrie de l'espace. Ainsi, avant de commencer à résoudre
les équations de la théorie générale
de la relativité d'Einstein, nous n'avons strictement
aucune idée de ce qu'est la géométrie.
Nous la découvrons seulement une fois les équations
résolues.
Cela signifie que les lois de la nature doivent
s'exprimer sous une forme qui ne présuppose pas que
l'espace ait une géométrie fixe. C'est le coeur
de la leçon einsteinienne. Cette forme se traduit en
un principe appelée "indépendance
par rapport au fond". Ce principe énonce
dont que les lois de la nature peuvent être décrites
dans leur totalité sans présupposer la géométrie
de l'espace.
In extenso, le choix des quatre dimensions fait
partie du fond. Serait-il possible qu'une autre théorie
plus profonde ne nécessite pas présupposer le
nombre de dimensions?
En résumé, l'idée de l'indépendance
par rapport au fond, dans sa formulation la plus générale
est une façon sage de faire de la physique: faite de
meilleures théories, dans lesquelles les choses qui,
avant, étaient postulées, seront expliquées
en permettant à de telles choses d'évoluer dans
le temps en fonction de lois nouvelles.
C'est là aussi une difficulté de
la théorique quantique. Elle est dépendante de
fond contrairement à la relativité générale.
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