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ASTRONOMIE | ASTROPHYSIQUE | RELATIVITÉ RESTREINTE
RELATIVITÉ GÉNÉRALE | COSMOLOGIE | THÉORIE
DES CORDES
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LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
L'astrophysique est une branche interdisciplinaire
de l'astronomie qui concerne principalement la physique et l'étude
des propriétés des objets de l'univers (étoiles,
planètes, galaxies, milieu interstellaire par exemple),
comme leur luminosité, leur densité, leur température
et leur composition chimique.
Remarque: Actuellement, les astronomes ont une formation
en astrophysique et leurs observations sont généralement étudiées
dans un contexte astrophysique, de sorte qu'il y a moins de distinction
entre ces deux disciplines qu'auparavant.
ÉTOILES
Avant d'aborder le formalisme mathématique
relatif à la dynamique des étoiles, nous avons souhaité
suite à une demande des lecteurs, écrire une introduction
vulgarisée afin de compléter la culture générale
relative à ce domaine.
Les étoiles sont
donc des corps célestes gazeux dont la masse va de 0.05
masses solaires
à 100 masses solaires. La luminosité d'une étoile
(sa puissance) va de 10-6
à 106 fois celle du Soleil. Grossièrement,
lorsque la masse double, la luminosité décuple.
Bien que la plupart des étoiles visibles à l'oeil
nu dans notre ciel soient des géantes bleues de 104
à 105 fois plus lumineuse que le Soleil, les
90% des étoiles qui peuplent notre galaxie sont moins lumineuses
que le Soleil.
Les astronomes ont mis en place une méthode
de classification des étoiles basée sur la position
dans leur spectre, des raies spectrales d'absorption. Autrefois
classées de A à Q, l'évolution de la spectrométrie
a permis leur regroupement et leur réorganisation. Les
classes sont aujourd'hui définies par les lettres OBAFGKM,
et chacune est divisée en 10 sous-classes, notées
de 0 à
9. La classification spectrale (tirée d'un spectre continu
dont il ne résulte seulement certaines raies du spectre
après
le passage de la lumière dans un milieu donné) peut
être croisée avec les classes de luminosité
dont nous tirons la température à la surface de l'étoile
(nous démontrerons comment obtenir mathématiquement
cette information):

(48.1)
La grande courbe au centre
indique l'évolution d'une étoile de même masse
que le Soleil. Après un passage sur la séquence
principale, elle devient une géante rouge, éventuellement
une nébuleuse planétaire (éjection du combustible
de l'étoile à de grandes distances), puis elle
termine sa vie sous la forme d'une naine blanche. Par comparaison
nous avons
indiqué l'évolution d'étoiles 10 ou 30 fois
plus massives que le Soleil : elles quittent la séquence
principale pour devenir des supergéantes puis elles finissent
en supernovae qui ne peuvent être représentées
sur ce diagramme !

(48.2)
Une étoile est dans un premier
temps en équilibre hydrostatique. Les forces gravitationnelles
dues à sa masse sont compensées par les forces de
pression interne due à la température élevée
entretenue par des réactions thermonucléaires à
basse densité et à la pression de dégénérescence
des électrons à densité élevée.
Une étoile passe 90% de sa vie à fusionner de l'hydrogène
en hélium qui s'accumule en son centre. Durant
cette phase, elle évolue dans ce que nous appelons "la
séquence
principale" du diagramme de Hertzsprung-Russel représenté
ci-dessous. Ce diagramme met en relation la température
de surface (abscisse logarithmique présenté en ordre
opposé) à la luminosité (ordonnée
logarithmique) de populations d'étoiles. La séquence
principale apparaît comme une diagonale. La température
de surface et la luminosité étant directement fonction
de la masse:

(48.3)
Chacune des étoiles
du ciel trouve sa place sur le diagramme introduit par Hertzsprung
et Russell (diagramme H-R ci-dessous) dont les diverses régions
permettent d'en repérer le stade d'évolution. Il est
alors possible d'y tracer une courbe représentative de l'évolution
d'une étoile donnée à partir de la connaissance
de son état au moment de l'observation.
Ainsi, les étoiles
massives évoluent
plus vite que les étoiles de faible masse, mais ce résultat
est déduit d'autres considérations que celles permettant
de construire le diagramme. Le diagramme sert notamment à
évaluer l'âge moyen d'un amas d'étoiles à
partir de celui de ses composants. De même, il permet de
caractériser
les étoiles variables et leurs composantes telles les géantes
rouges qui deviennent instables et pulsantes en vieillissant.
Cette
famille d'objets instables définit une bande d'instabilité
sur le diagramme. Ce diagramme traduit la classification spectrale
des étoiles ou leur température de sur face en fonction
de leur magnitude absolue ou de leur luminosité.
Ce diagramme, sur lequel toutes les
étoiles trouvent leur place dès que nous connaissons
leurs caractéristiques, fut développé indépendamment
en Europe par Ejnar Hertzsprung et aux Etats-Unis par Henry Norris
Russell. L'axe horizontal indique la classification spectrale
en partant, à gauche, des étoiles les plus chaudes,
les bleues, pour atteindre les moins chaudes, les rouges, à
droite. Les étoiles se positionnent en groupes spécifiques
sur le diagramme : celles qui évoluent sur leur séquence
principale se situent sur une courbe incurvée qui commence
en haut, à gauche, et se termine en bas, à droite.
C'est sur cette courbe que se regroupent les étoiles
stables qui brûlent leur hydrogène et, parmi elles,
le Soleil qui se positionne au centre du diagramme. Les géantes
et les supergéantes apparaissent dans la partie supérieure
droite, tandis que les naines blanches se regroupent dans la partie
inférieure gauche. Au fur et à mesure qu'elle
évolue, chaque étoile décrit une courbe particulière
: elle commence par suivre la trajectoire de Hayashi jusqu'à
ce qu'elle atteigne sa séquence principale sur laquelle
elle évolue tant que son noyau brûle de l'hydrogène.
Lorsque commence la combustion de l'hélium, elle remonte
vers le haut où se concentrent les géantes rouges
et y reste jusqu'à ce que la fusion nucléaire
s'arrête : elle s'effondre alors sur elle-même
pour rejoindre les naines blanches ou dans le cas d'une certaine
valeur de masses solaire, les étoiles à neutrons,
Trou Noirs ou encore, si sa masse est très élevée,
explose en supernovae.
Lorsque la masse d'hélium
d'une étoile devient suffisante, l'augmentation de
pression induit une augmentation de la température amorçant
ainsi la fusion de l'hélium ("flash
de l'hélium")
en carbone, oxygène et néon créant un second
front de combustion à l'intérieur du premier.
Pour une étoile de masse solaire, les réactions s'arrêtent
à ce stade. L'étoile grossit et se refroidit
en surface. Elle devient une géante rouge 104
fois plus lumineuse qu'auparavant. Elle passe par des phases
d'instabilité et finit par expulser progressivement
ses couches externes en formant une "nébuleuse planétaire".
Son noyau, dont la densité est de plusieurs tonnes par centimètre
cube, se refroidit lentement : c'est la naine blanche (nous
aborderons ce processus sous forme mathématique plus loin).
L'équilibre y est maintenu par la pression de dégénérescence
des électrons.
Pour une étoile plus
massive, la température interne devient assez importante
pour que le carbone et l'oxygène puissent fusionner
en silicium. A son tour, s'il est en masse suffisante, le silicium
fusionnera
en fer. Les fronts de combustion se développent dans un
schéma
dit en pelures d'oignon. Le fer est le nucléotide
le plus stable : il se trouve au fond de la vallée de stabilité
(cf. chapitre de Physique Nucléaire).
Il ne peut ni fusionner, ni fissionner. Lorsque la densité atteint
une valeur critique (cela correspond à une masse totale
de l'étoile
de plus de 8 masses solaires), la pression de dégénérescence
des électrons n'arrive plus à maintenir
l'équilibre
contre la gravitation. En un dixième de seconde, le noyau
de fer s'effondre. Les autres couches du coeur se précipitent
vers le noyau effondré sous forme d'une onde dont
le maximum de vitesse correspond au rayon sonique.
La densité du noyau devient
alors énorme. Il se produit des réactions
inverse où les protons capturent les électrons
en formant des neutrons et libérant un flot de neutrinos.
Lorsque le noyau de l'étoile atteint la densité nucléaire
de ,
la compaction s'arrête brutalement (rayon d'environ
10km !). Les couches externes du noyau rebondissent par un choc
superélastique et entrent en expansion. Lorsque cette onde
de choc réfléchie rejoint le rayon sonique, la température
monte tellement haut que la chiffrer n'a plus de sens. La
matière subit une photodésintégration complète
(tous les nucléotides sont désagrégés
en gaz de nucléons). Finalement par un mécanisme pas
clairement établis, toutes les couches externes de l'étoile
sont éjectées dans l'espace : c'est une
"supernovae de type II".
Le noyau effondré,
presque entièrement
constitué de neutrons, sera en rotation rapide si l'étoile
initiale avait un moment cinétique non nul (conservation
du moment cinétique oblige). Le champ magnétique
est
également conservé et dépasse de loin tout
ce qui ne sera probablement jamais réalisable en laboratoire.
Cela provoque un rayonnement synchrotron qui donne l'illusion
que l'étoile
clignote, c'est pourquoi nous appelons ces jeunes "étoiles
à neutron" sous la dénomination de "pulsars".
Les étoiles très massives
(plus de 50 masses solaires), la masse totale du coeur qui s'effondre
pourrait dépasser 3 masses solaires. Dans ce cas, la gravité
devient telle que sa masse s'effondre au delà des dernières
forces répulsives et se compacte en une singularité.
La courbure de l'espace devient telle qu'aucune matière,
rayonnement ou information ne peut plus s'échapper
au delà d'un volume appelé horizon ou sphère
de Schwarzschild . C'est un "Trou
noir". Tout ce
qui y tombe perd son identité. Un trou noir ne présente
plus que trois propriétés : sa masse, son moment cinétique
et sa charge électrique. Nous disons qu'un trou noir
n'a pas de chevelure. De plus, une telle singularité
devrait toujours être cachée par un horizon, être
habillée.
GENÈSE
Nous allons voir maintenant comment des astres nouveaux peuvent
naître à partir d'immenses nuages de gaz qui s'étendent entre les étoiles
dans les galaxies. Ce milieu interstellaires est une source potentielle
d'étoiles nouvelles, qui une fois leur vie terminée (sous forme
de géant rouge ou de supernova), peuvent réinjecter une partie
de leur matériau dans l'espace intersidéral.
Au fait, personne ne sait vraiment les détails de la façon dont
un nuage interstellaire aboutit à une étoile car il s'agit d'un
problème fort difficile, essentiellement à cause de l'apparition
de toute une hiérarchie de structures, sous-structures, etc... dans
le nuage à mesure qu'il s'effondre sur lui-même. Des mouvements
turbulents apparaissent, qui ne peuvent être décrits de manière
simples par les équations hydrodynamiques (cf.
chapitre de Mécanique
Des Milieux Continus). D'autres complications apparaissent lorsque
nous voulons tenir compte du champ magnétique sur le gaz en contraction,
ou d'explosions de supernovae dans le nuage...
Au moins, pouvons nous donner les conditions nécessaires pour
qu'un étoile puisse se forme au sein d'un nuage interstellaire.
Pour cela, plusieurs barrières doivent en fait être franchies.
Une première barrière est thermique. Une deuxième barrière est
rotationnelle : une proto étoile qui se contracte tourne de plus
en plus vite et peut littéralement exploser si sa vitesse de rotation
devient trop importante (conservation du moment cinétique). Examinons
ces deux effets.
EFFONDREMENT D'UN NUAGE INTERSTELLAIRE
Deux forces opposées sont présentes dans un nuage de masse M et
de rayon R : une force d'autogravitation, qui tend à contracter
le nuage, et une force de pression thermique, qui tend à le faire
exploser.
Nous pouvons quantifier ces deux tendances opposées en terme
d'énergie : le nuage possède une énergie potentielle de gravitation
(négative) et une énergie cinétique (positive) du à l'agitation
thermique de ses molécules.
Nous savons (cf. chapitre de Mécanique Classique) que l'énergie
potentielle de gravitation de deux particules de masses m et m'
séparées de r s'écrit .
Donc l'énergie potentielle d'un nuage sphérique (...) de masse M et
de rayon R est de l'ordre de :
(48.4)
Dans un gaz en équilibre thermodynamique, une particule a une énergie
cinétique (cf. chapitre de Mécanique Des
Milieux Continus) de par
degré de liberté (translation, rotation, etc...). Donc, si est
la masse moyenne d'une molécule du nuage, l'énergie cinétique totale
de cette dernière aura pour expression :
(48.5)
Le nuage s'effondre alors si son énergie mécanique totale est
négative, soit (selon l'approximation précédente):
(48.6)
L'équation ci-dessus permet de définir la "masse
de Jean" (dans l'hypothèse d'une distribution sphérique
et homogène).
C'est la masse minimum (limite), à une température T et
une masse volumique données,
pour que le nuage commence son effondrement jusqu'à ce
qu'un autre processus physique intervienne éventuellement
pour stopper la contraction du gaz.
En éliminant le rayon
par:
(48.7)
dans
l'équation précédent, nous avons alors :
(48.8)
ce que les astrophysiciens notent à la suite de toutes les approximations
faites... :
(48.9)
où C est une constante sans unités. En prenant un nuage
composé d'hydrogène uniquement avec n atomes par mètre cube
(c'est donc une densité!), nous aurons et où est
la masse du proton. Nous pouvons alors exprimer la masse de Jeans
en masses solaires de la manière suivante :
(48.10)
où nous avons la certitude que .
Nous voyons que la masse de Jeans varie comme .
Ceci a une conséquence importante : à mesure que le nuage se contracte, n augmente,
et donc diminue.
Autrement dit, le nuage peut se fragmenter en sous-nuages une fois
la masse de Jeans pour ces sous-nuages atteinte. Ces derniers vont à leur
tout se scinder en sous-nuages, etc... Nous avons donc toute une
hiérarchie d'effondrements, depuis les grandes masses vers les
petites masses.
La chose importante à notes aussi est que la masse de Jeans d'un
nuage est beaucoup plus grande par que les masses stellaires individuelles
(il suffit de voir les constantes contenues de la relation précédente
pour se rendre compote que les facteurs sont relativement conséquents!).
Donc, les étoiles naissent en général par ensemble de plusieurs étoiles
: nous nepouvons pas former en principe un Soleil isolé dans une
galaxie, à partir d'un tout petit nuage. Une fois formée, les étoiles
se diluent dans la galaxie par les effets de rotations et de marées
galactiques. Ainsi, le Soleil a perdu de vue ses soeurs depuis bien
longtemps probablement...
RAYON DE JEANS
Nous pouvons également exprimer la condition d'effondrement en
terme de "rayon de Jeans", toujours pour une température T et
une masse volumique données.
Il suffit en fait d'éliminer M dans la relation :
(48.11)
Ainsi nous avons :
(48.12)
Soit :
(48.13)
Ainsi, le rayon de Jeans est le rayon minimal d'une sphère
de masse donné qui soit stable. Au delà, le nuage stellaire
va s'effondrer sur lui-même selon les mêmes conditions que la masse
de Jeans.
Dans l'application numérique, nous pouvons exprimer en
parsecs tel que :
(48.14)
Nous voyons alors que les nuages de formation stellaire sont
en fait immenses, in extenso ils ont des tailles de dizaines ou
centaines de parsecs. Ces véritables pépinières sont ensuite dispersées
dans la galaxie par effet de marée galactique, comme nous le soulignions
plus haut.
TEMPS DE CHUTE LIBRE
Nous avons vu pour l'instant que la masse d'un nuage doit être
grand par rapport à celle du Soleil pour que l'effondrement se
produise. Nous allons maintenant estimer le temps que va prendre
le nuage pour s'effondrer sur lui-même.
Au début de l'effondrement, rien n'arrête la chute du nuage,
la pression interne est encore très faible et l'énergie lumineux
provenant de l'échauffement progressif du nuage (lié à la contraction
de ce dernier) est immédiatement évacuée car le nuage est encore
transparent.
Une parcelle de nuage à la périphérie, in extenso à la distance R du
centre du nuage, subit une accélération de
la part de ce dernier. Elle commence donc à tomber vers le centre
avec la loi (cf.
chapitre de Mécanique Classique). La parcelle aura atteint
le centre quand .
Nous obtenons donc :
(48.15)
Nous pouvons exprimer ce temps uniquement en terme de masse volumique,
puisque :
(48.16)
Noter que le temps de chute ne dépend pas de la taille de l'objet
ni de sa masse, mais uniquement de sa masse volumique.
Une application numérique pour un nuage d'hydrogène donne
alors:
(48.17)
Nous remarquons que ces temps restent petits par rapport à l'âge
de l'Univers (13-14 milliards d'années). Ainsi, la genèse stellaire
est un phénomène relativement rapide: plusieurs générations d'étoiles
ont pu voir le jour depuis la formation des galaxies.
durée de vie nucléaire
L'âge des étoiles est principalement un problème de calcul du
carburant nucléaire. La résolution de ce problème a été apportée
par la relativité, et en particulier par l'équivalence masse-énergie
(cf. chapitre de Relativité Restreinte).
Même si la description détaillée des réactions nucléaires au
coeur du Soleil n'a été fait qu'au milieu des années 1930 par Hans
Bethe, les astrophysiciens ont soupçonné peu après les travaux
d'Einstein que cette équivalence pouvait expliquer l'éclat du Soleil
sur des milliards d'années, par exemple via la fusion de l'hydrogène
(proton, p) en hélium (deux protons, deux neutrons) via
une succession d'étapes (l'énergie indiquée est l'énergie cinétique
des différents éléments):
(48.18)
Le positron s'annihile immédiatement
avec l'un des électrons d'un atome d'hydrogène environnant et leur
masse-énergie est évacuées sous forme de deux photons gamma:
(48.19)
Après ceci, le deutérium produit lors
de la première étape peut fusionner avec un nouveau noyau d'hydrogène
pour produire un isotope de l'hélium :
(48.20)
Finalement, deux isotopes de l'hélium peuvent
fusionner et produire l'isotope normal de l'hélium ainsi
que deux noyaux d'hydrogène qui peuvent commencer à nouveau
la réaction de trois façons différentes appelées
PP1, PP2 et PP3 :
(48.21)
Et encore ces réactions ne se produisent
pas toutes selon les mêmes probabilités et les mêmes températures....
La mesure de la masse du proton donne ,
alors que l'hélium à une masse de ,
soit une perte en masse atomique de (nous négligeons la masse des
positrons qui est 10'000 fois plus petite ainsi que celle du neutrino)
:
(48.22)
Donc une perte relative de masse par fusion (c'est la part de
la réaction qui s'échappe du Soleil sous forme d'énergie cinétique):
(48.23)
Nous avons démontré plus haut que le Soleil émettait une puissance
de:
(48.24)
Donc sa consommation en masse par seconde est de :
(48.25)
C'est à dire que sa masse diminue de 4.4 millions de tonnes par
seconde...
Or nous savons que ce nombre correspond seulement à 0.72% de
la masse mise en réaction dans la fusion. La masse totale mise
en réaction est alors (règle de trois):
(48.26)
Ainsi, à chaque seconde 627 millions de tonnes d'hydrogène (ionisé)
1 fusionnent en hélium 4 avec une perte de masse de 4.4 millions
de tonnes qui est transformée en énergie.
En estimant que seulement le centre du Soleil a les conditions
thermiques pour la fusion. Ceci nous amène à déterminer son temps
de vie nucléaire:
(48.27)
En transformant cela en années nous avons:
(48.28)
TEMPÉRATURE
INTERNE
Les
étoiles sont supposées être des amas sphériques d'hydrogène gazeux
où les interactions entre molécules sont régies par l'attraction
gravitationnelle.
Une
étoile n'a pas de paroi qui la délimite, c'est-à-dire qu'il n'y
a pas de forces extérieures donc
:
(48.29)
En
utilisant le théorème de Viriel vu
dans le chapitre de Mécanique Des Milieux Continus :
(48.30)
Nous
avons pour un masse sphérique gazeuse de rayon R de
masse M composée de N corps :
et
(48.31)
Remarque: Pour le calcul de l'énergie potentielle nous
renvoyons le lecteur au chapitre de Mécanique Classique du site.
Donc:
(48.32)
où
rappelons-le, k est la constante de Boltzmann.
Ce
qui nous donne:
(48.33)
Avec
pour une étoile donnée N étant le rapport de la masse totale
de l'étoile sur la masse moyenne d'une molécule.
Pour
le Soleil, il vient que .
C'est
la température centrale du Soleil. Les mesures optiques mesurées
depuis la Terre ne donnent que la température en surface (chromosphère),
soit 6'000 [°K]. La température interne calculée est donc environ
1'600 fois plus élevée qu'à la surface. Des méthodes indépendantes
basées sur les réactions nucléaires au centre du Soleil (mesure
du flux de neutrinos solaires) donnent le même ordre de grandeur,
mais les valeurs précises diffèrent d'un facteur 2 à 3.
TEMPÉRATURE
EXTERNE
Nous
avons démontré dans le chapitre de Thermodynamique
que la loi de Stefan-Boltzmann, permet de calculer la température
d'un corps chauffé
à partir de son émittance ou de son énergie interne
en termes de densité tel que :
(48.34)
avec
:
(48.35)
étant
la constante de Stefan-Boltzmann.
Prenons
un exemple intéressant qui nous concerne directement :
L'émittance
moyenne dite aussi "émittance moyenne
bolométrique"
reçu
par la Terre hors atmosphère appelé "constante
solaire" (qui n'est au fait pas constante... sur une
échelle de plusieurs milliards d'années) est directement mesurable
en orbite et vaut .
Connaissant
la distance moyenne au Soleil comme étant d'environ (Unité
Astronomique), nous pouvons calculer la surface de la sphère S à
et
donc la puissance solaire P.
Ainsi :
et
(48.36)
Supposant
connu le rayon du Soleil comme valant ,
nous pouvons calculer sa surface S puis
l'émittance radiative solaire M(T).
Ainsi :
et
(48.37)
Remarque: La surface rayonnante d'une étoile est appelée "photosphère".
A
l'aide de la loi de Stephan-Boltzmann, nous pouvons maintenant
calculer la température thermodynamique de la photosphère :
(48.38)
La
loi de Planck (cf. chapitre de Thermodynamique)
appliqué à cette
température nous permettrait de calculer la distribution
spectrale du rayonnement solaire et nous voyons alors que le maximum
de l'intensité
est dans le domaine visible (notre visibilité...) du spectre
qui va de 400 [nm] à 700 [nm].
LUMINOSITÉ
La
"luminosité bolométrique intrinsèque" d'une étoile correspond
à sa puissance totale rayonnée dans tout le spectre électromagnétique
dans la direction de l'observateur exprimée de façon relative à
la puissance totale rayonnée par le Soleil. En supposant toutes
les étoiles sphériques et isotropes, nous pouvons l'exprimer en
unités
solaires :
(48.39)
La
puissance rayonnée se calcule elle, en multipliant bien évidemment
l'émittance radiative (loi de Stefan-Boltzman) par la surface
de l'étoile :
(48.40)
La
luminosité bolométrique intrinsèque d'une étoile est donc proportionnelle
au carré de son rayon et à la quatrième puissance de sa température
de surface. En prenant le Soleil comme référence, les constantes
s'annulent. Nous pouvons alors écrire :
(48.41)
avec
et
d'où

En
astrophysique, nous utilisons également une échelle logarithmique
pour exprimer la luminosité bolométrique d'une étoile :
la magnitude absolue
M.
Cette unité a une origine empirique qui sera expliquée plus bas.
ÉCLAT
"L'éclat" e d'une
étoile est sa "luminosité apparente".
L'éclat (luminosité apparente) d'une étoile
correspond à la densité de rayonnement reçu par l'observateur c'est-à-dire
au flux et vaut le rapport entre la puissance de l'étoile et la
surface de la sphère dont le rayon est égal à la distance d qui
sépare l'observateur de l'étoile :
(48.42)
L'éclat diminue ainsi avec
le carré
de la distance. Il est important de remarquer que cette grandeur
n'a aucune relation directe avec les propriétés intrinsèques physique
de l'étoile concernée (contrairement à la luminosité bologométrique!).
En astrophysique, nous utilisons également une autre
échelle où la luminosité apparente est donnée par une autre grandeur
d'origine empirique : la magnitude apparente, qui
sera expliquée de suite ci-dessous.
MAGNITUDE APPARENTE
Ptolémée en 137 après J.-C. avait défini
une échelle de six grandeurs pour exprimer l'éclat des étoiles,
la première pour les plus brillantes et la sixième pour les étoiles
tout juste visibles à l'oeil nu (6 grandeurs et donc 5 écarts).
Au cours du 19ème siècle,
avec l'arrivée de nouvelles techniques d'observations photométriques
(photographiques puis photoélectriques), l'échelle de grandeurs
a été remplacée par celle de "magnitude
apparente" qui a été définie
de telle sorte à ce que cette nouvelle échelle soit proche de
l'ancienne.
La définition est la suivante :
- L'échelle est logarithmique
en base 10 (par commodité des grandeurs manipulées)
- Il y a 5 écarts de magnitude
correspondant
à un rapport de luminosité apparent de 1 pour 100 (1:100)
- L'échelle est inverse
(une magnitude
élevée correspond à un faible éclat/luminosité apparente).
A l'aide de ces définitions, nous pouvons
construire une règle liant de façon relative les éclats de deux
étoiles à leur magnitude apparente m.
Pour une étoile 2, cent
fois plus brillante
ou éclatante qu'une étoile 1, l'étoile 1 est 5 unités
de magnitude au-dessus de l'étoile 2 (n'oublions par que l'échelle
est inverse). Donc :
(48.43)
correspond à :
(48.44)
Nous pouvons alors poser les relations
:
et
(48.45)
Par application de la règle de trois,
nous construisons :
(48.46)
En simplifiant, nous trouvons
la "loi
de Pogson" qui exprime la relation entre magnitudes
visuelles apparentes et éclats de deux étoiles :
(48.47)
Ainsi définie, l'échelle de magnitudes
visuelles n'est que relative. La référence est photométrique est
similaire à l'éclat de Véga .
Pour se faire une idée des
magnitudes visuelles voici quelques exemples : Soleil -26.5,
Pleine Lune -15,
Vénus au maximum -4.8, Sirius la plus brillante des étoiles
-1.5 (type spectral A1 et distante de 8.6 années lumière),
limite de la perception à l'oeil nu 6, limite de perception à travers
un télescope
amateur de 15 cm à ce jour (2003) 13, limite de perception du télescope
spatial Hubble 30.
Il faut préciser que la
magnitude apparente visuelle ne correspond pas exactement à la
magnitude apparente réelle,
car l'oeil
n'a pas la même
sensibilité pour
toutes les longueurs d'onde. Les étoiles bleues ou rouge nous paraissent
moins lumineuses à l'oeil qu'elles ne le sont en réalité car une
partie du rayonnement se trouve dans les ultraviolets, respectivement
dans
l'infrarouge.
Il convient donc de préciser
qu'il s'agit d'une magnitude apparente visuelle ou bolométrique.
En général,
les astrophysiciens utilisent les grandeurs bolométriques dans
leurs communiqués.
MAGNITUDE
ABSOLUE
La magnitude absolue M (ne
pas confondre avec la notation de l'émittance..) d'une étoile
est une grandeur logarithmique aussi, qui exprime cette fois
la
luminosité L bolométrique.
C'est la grandeur présentée en ordonnée du diagramme de Hertzsprung-Russel.
L'échelle de cette grandeur est basée sur la magnitude visuelle.
La magnitude apparente et
la magnitude absolue sont liées par la distance qui nous sépare
de l'étoile.
A luminosité apparente intrinsèque constante, la luminosité apparente
décroît
donc évidemment avec le carré de la distance comme nous l'avons
déjà vu. Afin d'établir une relation, nous avons dû choisir une
distance de référence par une nouvelle définition.
Définition: La "magnitude
absolue" d'une étoile
est
égale à sa magnitude apparente si elle est à une distance de 10
parsecs (32.6 années lumières).
Soit une étoile placée à une distance
quelconque d.
Son éclat est
fonction de la distance et de son éclat si
elle était située à selon
:
(48.48)
Par application de la règle de trois,
nous construisons :
(48.49)
En reprenant la loi de Pogson
et en assimilant à
la magnitude apparente m de
l'étoile à la distance d quelconque,
à
la magnitude apparente de l'étoile à (par
définition de sa magnitude absolue M) ainsi
que son
éclat à et
sont
éclat à la distance quelconque, nous trouvons :
(48.50)
qui peut bien sûr aussi s'écrire :
(48.51)
En partant de cette définition,
la magnitude absolue du Soleil est de 4.7. Sa magnitude apparente
vue
depuis la Terre est de -26.5. Elle est de 4.7 à 10 [pc] donc
faiblement visible à l'oeil nu.
Cette dernière relation
de comparaison de la magnitude absolue avec la magnitude apparente
(qui est la magnitude observée effectivement sur Terre)
permet une estimation de la distance d de l'objet en astrophysique.
Remarque: Pour avoir la magnitude absolue, il faut des modèles
stellaires, et connaître la température de l'étoile
comme nous allons de suite le voir. Dans la pratique, la seule quantité
aisément accessible est évidemment la magnitude observée,
qui est en fait la combinaison de la magnitude apparente et de l'absorption
interstellaire.
La loi de Pogson exprime
de même la
relation entre magnitudes absolues M et
luminosité bolométrique L de
deux étoiles :
(48.52)
Ainsi, Déneb étant 300'000 fois plus
lumineux que le Soleil, la magnitude absolue est de -9.
En reprenant la loi de Pogson,
la magnitude absolue peut s'écrire relativement à la luminosité bolométrique
absolue du Soleil :
(48.53)
Avec et
,
la magnitude absolue bolométrique se calcule ainsi à partir de sa
luminosité bolométrique :
(48.54)
En reprenant l'expression de la luminosité
bolométrique :
(48.55)
La
magnitude (bolométrique) absolue d'une étoile étant directement
fonction de sa température et de son rayon :
(48.56)
C'est le résultat
que nous voulions montrer depuis le début : la magnitude
absolue est directement liée à la luminosité bolométrique
de l'étoile,
raison pour laquelle c'est celle qui intéresse le plus
les astrophysiciens.
Remarque: La distance d'étoiles proches a pu être déterminée
grâce
au satellite Hipparcos. Par mesure du parallaxe (mesure de la position
de l'étoile à six mois d'intervalles et pas application des règles
trigonométriques élémentaires). Mais, au delà de quelque dizaines
de parsec, la mesure de la distance d'étoiles par parallaxe
devient très imprécise. En étudiant le spectre de l'étoile,
nous pouvons déterminer sa classe spectrale, sa température
de surface et la placer dans le diagramme de Hertzsprung-Russel.
Il est donc possible
d'estimer sa magnitude absolue et de calculer approximativement
sa distance.
Cet artifice de mesure est fondamental
pour la cosmologie. C'est ainsi que l'on détermine la distance des
galaxies proches en mesurant la période de certaines étoiles variables
(nous y consacrons un petit chapitre ci-dessous).
La distance des galaxies lointaines
se calcule en mesurant la magnitude apparente de supernovae qui
s'y produisent fortuitement. En effet, la magnitude absolue des
supernovae du type Ia (nous les reconnaissons par l'absence de rayes
d'hydrogène et par la décroissance de leur luminosité) sont bien
calibrées car l'énergie dégagée par ces explosions stellaires est
relativement constante.
ÉTOILES VARIABLES
Les étoiles de la séquence principale
du diagramme de Hertzsprung-Russel sont des objets très stables.
La force de gravitation, qui tend à contracter l'astre, est exactement
compensée par les forces de pression interne, qui tendent à le
dilater. C'est au moment où l'étoile devient une géante rouge
que parfois l'équilibre est rompu. Commence alors une phase
d'instabilité qui
se traduit par de fortes variations de la luminosité de l'étoile.
La rupture de l'équilibre est provoquée
par un phénomène complexe qui met en jeu des variations de transparence
des couches d'hélium près de la surface de l'étoile. A partir de
là, l'astre se met à connaître une succession de dilatations et
de contractions contrôlées par les forces qui assuraient auparavant
l'équilibre. Lorsque la force de pression l'emporte, le volume de
l'astre augmente. Mais la gravité freine le mouvement et finit par
provoquer la contraction. Le volume de l'étoile passe alors sous
sa valeur moyenne, jusqu'à ce que la pression interne s'oppose à
la contraction et réussit à provoquer une nouvelle dilatation.
Ce ne sont pas les changements de taille
qui provoquent les variations de luminosité, mais ceux de la température.
Effectivement, comme nous l'avons vu précédemment,
la luminosité d'une étoile varie avec la quatrième puissance de
la température, alors qu'elle ne varie qu'avec le carré du rayon.
Lorsque le volume de l'étoile est cependant plus faible qu'en
moyenne, sa température est légèrement plus forte et la luminosité maximale.
Dans le cas contraire, la température est légèrement plus basse
qu'en moyenne et la luminosité minimale. L'éclat de l'étoile
change donc de façon périodique, d'où le nom d'étoile variable.
Il existe dans le diagramme
de Hertzsprung-Russel une bande d'instabilité qui traverse ce
diagramme presque verticalement dans laquelle se produisent
justement les phénomènes
thermiques en question.
Les deux principaux types de variables
pulsantes sont les céphéides et les étoiles RR Lyrae. Ces astres
jouent un rôle central en astrophysique. Les
céphéides sont des étoiles de quelque masses solaires. Elles sont
dans la phase de combustion de l'hélium après
avoir atteint le stade de géante rouge. Les
étoiles de masse solaire arrivées à ce stade deviennent des
RR-Lyrae. Leur
luminosité varie avec une période comprise entre un jour et plusieurs
semaines. La propriété remarquable des céphéides est l'existence
d'une relation entre leur luminosité moyenne et la période de leurs
oscillations. Par exemple, leur luminosité moyenne est de 1000 fois
celle du Soleil pour une période de quelques jours et de 10000 fois
cette valeur pour une période de plusieurs semaines. C'est cette
relation qui fait des céphéides l'un des outils de base de l'astrophysique.
Si nous connaissons cette relation
pour une étoile variable, il est relativement aisé, par la détermination
de sa période d'en tirer la magnitude absolue M.
En mesurant alors sa magnitude apparente m nous
pouvons ensuite calculer sa distance d en
parsec à l'aide de la relation (démontrée précédemment):
(48.57)
La figure ci-dessous représente la
courbe période-luminosité des Céphéides.

(48.58)
L'étalonnage de cette courbe ne peut
se faire que par des mesures de parallaxe sur des Céphéides proches.
Il n'en existe malheureusement pas d'assez rapprochées pour qu'il
soit possible d'utiliser la parallaxe annuelle. Il faut avoir recours
à la parallaxe secondaire qui est basée sur le mouvement du Soleil
dans la galaxie.
Exemple:
Nous repérons une Céphéides grâce à
son type de classe spectrale. Sa période est de 50 jours et sa
magnitude apparente .
La figure précédente donne, pour cette étoile, une magnitude absolue
.
En appliquant ensuite la formule donnée
précédemment, nous trouvons :
(48.59)
Cette céphéide est donc éloignée
de
630 [pc].
Grâce aux propriétés des Céphéides,
nous disposons d'un instrument de mesure qui porte jusqu'à quelques
dizaines de millions d'années-lumière. Il est donc applicable au
delà de notre Voie lactée jusqu'aux galaxies proches comme les membres
du groupe local. Au-delà, il devient difficile de détecter des Céphéides
aux caractéristiques connues.
Les étoiles RR Lyrae sont quant à elles des étoiles peu massives et vieilles.
Leur période d'oscillation est inférieure à un jour. Contrairement
aux céphéides, elles ont toutes la même luminosité moyenne (magnitude
absolue de 0.5), environ 100 fois celle du Soleil.
Il
existe encore une certaine quantité d'étoiles variables différentes
(variables à éclipses, des variables explosives, variables
binaires,...)
dont nous pouvons trouver une source abondante d'information sur
l'Internet.
Il
existe d'autres méthodes plus connues de mesure des distantes
que celle des céphéides ou de l'effet Doppler :
PARALLAXE
TRIGONOMÉTRIQUE
La méthode de parallaxe trigonométrique
est très simple (mais délicate à mettre en oeuvre à la surface de
notre planète pour les étoiles très distantes). Tout astronome amateur
constate la fuite de l'étoile qu'il observe dans son oculaire. Ce
mouvement se nomme "mouvement diurne". Il est dû à la
rotation de la Terre sur elle même. L'étoile est également animée
d'un mouvement elliptique beaucoup mois facilement détectable :
le "mouvement parallactique".
Il est dû, comme le suggère le schéma
ci-contre, à la rotation de la Terre autour du Soleil. Nous mesurons
dont l'angle :
(48.60)
si l'angle est faible (ce qui est très
fréquemment le cas étant donné la distance des étoiles), nous pouvons
prendre le premier terme du développement de Taylor de la fonction
tangente :
(48.61)
Ce qui nous permet d'écrire :
(48.62)
où d est
la distance du Soleil à l'étoile et a celle de la Terre au Soleil
comme représenté ci-dessous :

(48.63)
l'effet
Doppler-Fizeau relativiste
L'effet Doppler-Fizeau
est le décalage entre la fréquence de l'onde émise
et de l'onde reçue lorsque l'émetteur et le récepteur
sont en mouvement l'un par rapport à l'autre. C'est une
technique utilisée en astrophysique pour calculer la distance
d'un astre en supposant sa longueur d'onde d'émission
connue (ou estimée) et en mesurant sa longueur d'onde
reçue.
L'effet Doppler des ondes électromagnétiques
doit être discuté indépendamment de l'effet Doppler acoustique
(appelé également "effet Doppler-Fizeau galiléen").
Premièrement parce que les ondes électromagnétiques ne consistent
pas en un mouvement de matière et que par conséquent la vitesse
de la source par rapport au milieu n'entre pas dans la discussion,
ensuite parce que leur vitesse de propagation est c (la
vitesse de la lumière) et reste la même pour tous les observateurs
indépendamment de leurs mouvements relatifs. L'effet Doppler
pour les ondes électromagnétiques se calcule donc nécessairement
au moyen du principe de relativité.
Pour un observateur dans
un repère d'inertie, une onde électromagnétique plane et harmonique
peut être décrite par une fonction de la forme :
(48.64)
multipliée par un facteur
d'amplitude approprié. Pour un observateur attaché à un
autre repère d'inertie, les coordonnées x et t doivent être
remplacées par x' et t', obtenues par
la transformation de Lorentz (cf. chapitre
de Relativité Restreinte),
et celui-ci écrira par conséquent pour sa description
la fonction :
(48.65)
où k' et ne
sont pas nécessairement les mêmes que pour l'autre observateur
(justement c'est ce que nous chercons à savoir). Par ailleurs,
le principe de relativité demande
que l'expression:
(48.66)
reste
invariante quand nous passons d'un observateur d'inertie à un
autre.
Nous aurons alors:
(48.67)
En utilisant les relations
de transformation de Lorentz (cf. chapitre
de Relativité Restreinte),
nous avons:
(48.68)
Par identification il vient immédiatement:
(48.69)
si nous tenons compte que :
(48.70)
dans
le cas des ondes électromagnétiques, nous pouvons écrire
chacune de ces relations sous la forme:
(48.71)
Le rapport:
(48.72)
donne le "décalage spectral"
noté Z pour un mouvement de l'observateur par rapport à
la source suivant la direction de propagation.
Par ailleurs la dernière relation avec les pulsations est plus
souvent donnée dans la littérature sous la forme suivante :
(48.73)
Ce qui se notre plus couramment encore :
(48.74)
Il faut bien
se rappeler que le décalage de pulsation (et donc fréquence)
qui a lieu ici est dû à un mouvement relatif par
rapport à la source et non autre chose. Effectivement,
lors de notre étude la relativité générale
(cf. chapitre de Relativité Générale),
nous verrons qu'il y a également superposition d'un décalage à cause
du champ gravitationnel environnant l'émetteur qui sera étudié comme étant
causé par la courbure de l'espace-temps.
En ce qui concerne la transformation de l'amplitude du champ
électrique et du champ magnétique il faut utiliser le tenseur de
Maxwell démontré dans le chapitre de Relativité Restreinte.
Un très
bon exemple de l'application de l'effet Doppler consiste à étudier
les limites données par la mesure de la vitesse apparente.
Voyons de quoi il s'agit :
VITESSE
APPARENTE
En mesurant la vitesse apparente
de déplacement d'objets très rapides dans le ciel (jets de plasma,
etc...), les astrophysiciens ont obtenu des vitesses apparentes
de déplacement supérieures à la vitesse de la lumière dans le
vide!
Au fait, il s'agit d'une
illusion qui peut se produire si la vitesse de l'objet est très
proche de celle de la lumière qu'il émet, donc assez proche de c.

(48.75)
L'objet émet de la lumière à l'instant ,
celle-ci ne nous atteint pas instantanément mais doit parcourir
une distance d pour arriver à nous. Nous recevons après le temps :
(48.76)
L'objet lui, se déplace à la vitesse v suivant un angle
noté θ avec la direction d'observation, donc à l'instant t,
l'objet s'est déplacé d'une distance .
La lumière émise par l'objet à l'instant t doit parcourir
la distance (application de Pythagore) :
(48.77)
pour nous arriver (l'objet s'est
avancé de dans
la direction d'observation mais s'est éloigné de l'axe d'observation
de la distance ),
nous recevons donc la lumière qui a été émise par l'objet à l'instant t après
un temps :
(48.78)
Entre les deux positions
de l'objet, il s'est écoulé la durée t mais, vu de l'observateur,
l'intervalle de temps entre la réception des images de ces deux
positions est :
(48.79)
différent de t.
Pour un intervalle de temps t petit,
nous avons, en développement limité de Taylor :
(48.80)
Pendant cet intervalle de
temps, toujours vu de l'observateur, l'objet semble s'être déplacé sur
le plan du ciel de .
Ainsi, la vitesse apparente
de l'objet est :
(48.81)
Si nous posons l'angle comme
étant égal très proche d'un angle droit, nous avons alors le deuxième
terme du dénominateur qui est très petit ce qui nous permet avec
un développement de Taylor d'écrire une relation que l'on retrouve
assez souvent dans les manuels scolaires des petites classes:
(48.82)
Cherchons le maximum de cette fonction pour comprendre comme une
telle observation est possible en dérivant par rapport à et
en cherchant pour quelle valeur la dérivée s'annule:
(48.83)
et cela s'annule
après simplification du dénominateur pour :
(48.84)
d'où :
(48.85)
La vitesse apparente
est alors est alors :
(48.86)
et elle est égale ou supérieure c si
déjà :
(48.87)
donc :
(48.88)
Nous voyons ainsi
qu'il est possible d'observer des mouvements apparents plus
rapides que la lumière, alors même que l'objet est très rapide,
certes, mais plus lent que c. Comme il ne s'agit que
d'une illusion, il n'y a pas de contradiction avec la théorie
de la relativité.
En connaissant la vitesse
de déplacement d'un astre obtenue à l'aide de
l'effet Doppler et la vitesse apparente à l'aide des
observations, il est alors facile pour les astrophysiciens
de déterminer l'angle en
faisant un peu d'algèbre élémentaire à partir
de la relation ci-dessous :
(48.89)
LIMITE DE
CHANDRASEKHAR
Nous avons déjà déterminé
dans le chapitre de Mécanique Classique le rayon de Schwarzschild
(sous sa forme classique) qui exprime le rayon critique d'un corps
pour que la vitesse de libération à sa surface soit égale à la
vitesse de la lumière. Nous avions obtenu la relation ci-dessous
qui exprimait typiquement le rayon que devrait avoir un astre
donné pour
avoir une vitesse de libération égale à celle
de la lumière :
(48.90)
Dans
ce cas particulier l'astre est ce que nous avions appelé
un "Trou Noir". Cependant, avant le trou noir, une étoile
passe comme nous en avons parlé par plusieurs étapes
intermédiaires par lesquelles elle peut d'ailleurs se stabiliser.
Ainsi, vous avez du souvent lire dans la littérature que pour une
naine blanche s'effondre en étoile à neutrons, que sa masse devait
être supérieur à 1.4 masses solaire. C'est ce que nous allons démontrer
maintenant.
Nous allons introduire le sujet sur
l'étude de l'influence du principe d'incertitude sur la taille d'un
système atomique (il en limite la dimension minimale). Cet exemple
est fort puissant car il montre que le principe d'incertitude ne
régit pas seulement le processus de la mesure mais aussi le comportement
global des systèmes quantiques.
Le premier exemple que nous pouvons
donner est celui de l'atome d'hydrogène, non que nous attendions
un résultat nouveau de cette méthode d'analyse, mais plutôt parce
que nous pouvons exposer l'usage du principe d'incertitude et insister
sur sa signification.
Nous admettons que le proton, dont
la masse l'emporte de beaucoup sur celle de l'électron, peut être
considéré comme fixe. L'énergie de l'électron s'écrit :
(48.91)
En physique classique, un système dont
l'énergie est donnée par la relation précédente ne possède pas de
minimum : si nous faisons tendre r
vers zéro en conservant la forme circulaire de l'orbite, il est
facile de voir que
tend vers .
En revanche, en physique quantique, cette limite n'a pas de sens
: le principe d'incertitude s'y oppose.
Dans ce cas, la recherche du minimum
de
prend
un sens, car une contrainte apparaît qui maintient ce minimum à
une valeur finie. Elle se détermine en physique quantique (voir
le modèle de Bohr de l'atome dans le chapitre de Physique Quantique
Corpusculaire) et impose:
où
(48.92)
Cependant, cette relation mis à part,
si le rayon r de
l'atome devient trop faible sous des contraintes extérieures
(attention! nous nous affranchissons des orbites quantifiées du
modèle de Bohr de l'atome qui impose une contrainte à p)
la quantité de mouvement p de l'électron ne peut être inférieure à l'incertitude qu'impose
le principe d'incertitude de Heisenberg, dès lors que
est de l'ordre du rayon r de
l'atome. La forme même de la relation précédente limite la portée
de la méthode : nous ne pouvons espérer déterminer mieux qu'un ordre
de grandeur du minimum de .
Afin d'évaluer le minimum
de l'énergie totale, que nous interprétons comme l'état
fondamental de l'atome d'hydrogène, nous calculons le minimum
de en
éliminant p de l'expression:
par
(48.93)
Nous obtenons :
(48.94)
Le rayon de
l'atome dans l'état fondamental est la valeur de r qui
donne à E(r) sa
valeur minimale:
(48.95)
si bien que:
(48.96)
qui est l'expression bien connue du
rayon de Bohr vue en physique quantique corpusculaire lors de l'étude
du modèle de Bohr de l'atome. L'énergie de
l'état fondamental est donc maintenant facilement calculable.
Le but de cet exemple est de montrer
qu'avec le principe d'incertitude de Heisenberg nous pouvons par
un raisonnement très simple retrouver l'état fondamental d'un système.
C'est exactement de cette façon que nous allons procéder pour déterminer
les conditions qui font qu'un astre se retrouve dans son état fondamental.
Attaquons maintenant à l'étude d'une
étoile. Schématiquement celle-ci se compose d'un mélange de deux
gaz: celui qui est formé de noyaux d'une part, le gaz électronique
de l'autre.
Au cours de la vie de l'étoile, de
nombreux processus de fusion ont eu lieu. Ils ont accru à chaque
fois la taille et la masse des noyaux; FE (le fer) qui est abondant
à la fin de la vie d'une étoile, contient en moyenne 56 nucléons
(voir la partie physique atomique du site).
Ces noyaux sont de nature chimique
ou isotopique variée. Comme ils sont peu nombreux en comparaison
des électrons, leur pression est celle d'un gaz classique chargé,
neutralisé par la présence des électrons: elle peut être ignorée,
et ce d'autant plus que la température est nulle.
La charge électronique seule ne permettrait
pas aux électrons de résister à l'effondrement d'une étoile puisque
la matière stellaire est neutre. A très basse température, quand
le carburant est épuisé, la seule pression que le gaz électronique
puisse opposer à la pression hydrostatique due à la pesanteur est
d'origine quantique.
En première approximation, les électrons
exercent donc l'un sur l'autre une répulsion apparente qui n'est
pas d'origine coulombienne (principe d'exclusion de Pauli). En première
approximation, ils obéissent à une relation analogue à celle de
l'électron atomique et qui s'écrit dans le cas minimal (ou maximal
de pression) :
(48.97)
où
est la distance moyenne qui sépare deux électrons voisins.
A température ,
l'équilibre est atteint quand l'énergie (la matière de l'astre)
totale du système est minimale.
Que se passe-t-il si nous essayons
d'évaluer la variation du rayon de
la Naine Blanche en fonction de sa masse ?
L'énergie potentielle gravifique d'une
étoile est donnée en bonne approximation par (voir chapitre de
Mécanique
Classique) :
(48.98)
étant
approximativement donnée par:
(48.99)
où
est la masse du proton et N le nombre de nucléons que contient l'étoile: la contribution des
électrons à la masse de l'astre est négligeable et il n'y pas lieu
de distinguer entre la masse du neutron et celle du proton, presque
identiques.
La seconde contribution à l'énergie
est essentiellement celle du gaz électronique dégénéré (la dégénérescence
correspond à l'existence de plusieurs états ayant la même énergie),
d'origine cinétique. Nous pourrions être tentés d'écrire simplement:
(48.100)
Cette manière de faire conduit à une
impasse. Si nous exigeons que la somme atteigne
une valeur minimale, nous aboutissons à une valeur du rayon de
l'étoile
tellement faible que, par application de la relation la
vitesse moyenne des électrons v dépasserait celle de la lumière!
Pour éviter cette contradiction,
nous devons recourir à la mécanique relativiste qui nous a montré que,
dans ce cas (cf. chapitre de Relativité
Restreinte),
nous pouvons exprimer l'énergie totale comme:
(48.101)
si la valeur numérique de l'énergie
cinétique l'emporte considérablement sur l'énergie de repos nous
avons :
(48.102)
et donc:
(48.103)
La distance moyenne d entre électrons s'évalue en supposant que l'étoile est homogène,
approximation suffisante dès lors que nous cherchons l'ordre de
grandeur d'une moyenne. Nous simplifions encore la géométrie en
admettant que chaque électron est entouré d'un domaine sphérique
de rayon d dans lequel il n'y a pas d'autre électron de même spin et où nous
ne pouvons compter qu'un électron de spin opposé. Dès lors:
(48.104)
Il reste à évaluer le minimum de la
somme:
(48.105)
compte tenu de la condition :
(48.106)
Il
vient encore:
(48.107)
puis:
(48.108)
que nous écrivons finalement:
(48.109)
Face à ce résultat, nous sommes confrontés
à une situation inattendue :
Si le facteur:
(48.110)
est
positif, alors l'énergie totale de la naine blanche l'est aussi,
ce qui signifie que le système n'est pas lié: l'étoile est totalement
instable (elle n'a pas atteint son seuil d'énergie minimal).
Elle ne peut réduire son énergie qu'en augmentant sans limite
son rayon
r.
Nous voyons que le facteur
K est négatif si :
(48.111)
Si la Naine Blanche dépasse cette masse
alors nous ne pouvons plus traiter le problème avec les équations
précédentes. Elle satisfait alors aux équations régissant un astre
composé de neutrons uniquement (étoile à neutrons) et ceci constitue
alors un autre problème que nous n'aborderons pas ici pour
l'instant.
La masse (approximative) de la fameuse
"limite de Chandrasekhar" est donc donnée par :
(48.112)
Elle constitue la masse au-delà de
laquelle une naine blanche s'effondre en étoile à neutrons.
Conventionnellement,
les astrophysiciens associent cette valeur limite à un facteur
multiplicateur de la masse du Soleil .
Nous avons effectivement (numériquement) :
(48.113)
Limite de rupture de rotation
Faisons l'hypothèse simplificatrice que la vitesse limite de rotation
possible d'un astre (planète ou étoile) est celle
qui équilibre la force centrifuge et force gravitationnelle à la
surface de l'astre tel que nous soyons amenés à écrire (cf.
chapitre de Mécanique Classique):
(48.114)
Posé cette relation suppose évidemment qu'il n'y aucune liaison
autre que la gravité qui intervient dans la cohésion interne de
l'astre. Donc les valeurs de temps de rotation que nous allons
obtenir représentent une borne supérieure (dans le sens que la
valeur réelle est probablement plus petite).
Il vient alors de la relation précédente:
(48.115)
Pour obtenir le temps de rotation auquel cela correspond il suffit
de diviser par le périmètre à l'équateur:
(48.116)
Ainsi, pour la Terre nous avons comme période de rotation limite
avant rupture:
(48.117)
Pour le Soleil:
(48.118)
Maintenant considérons le cas du pulsar NP0532 qui a une rotation
de 33 millisecondes. Nous souhaiterions en déterminer le rayon.
Nous avons alors en utilisant les relations précédentes:
(48.119)
En utilisant la relation théorique de la masse limite de Chandrasekhar
(puisqu'un pulsar est une étoile à neutrons tournant rapidement
sur elle-même):
(48.120)
Nous avons alors pour le rayon de plus petit pulsar possible
selon ces hypothèses:
(48.121)
Avec le pulsar milliseconde PSR J1748-2446ad ayant une période
de 1.39 millisecondes nous tombons alors sur:
(48.122)
ce qui est remarquable (même s'il s'agit d'une approximation)
de penser qu'une telle masse peut être contenue dans un si petit
rayon. A noter que pour ce dernier cela correspond à une densité de:
(48.123)
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