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Analyse

ANALYSE FONCTIONNELLE | ANALYSE COMPLEXE | TOPOLOGIE | THÉORIE DE LA MESURE

18. TOPOLOGIE

Dernière mise-à-jour de ce chapitre: 27.07.2010 22:02
Version: 2.1 Revision 1 | Avancement: ~10%

Table des matières LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE

La topologie (du grec : discours du lieu) est un domaine extrêmement vaste des mathématiques dont il est difficile de définir avec exactitude l'objet dont elle fait l'étude tellement les les domaines où elle existe sont variés (topologie de la droite réelle, topologie des graphes, topologie différentielle, topologie complexe, topologie symplectique,...).

Ce que nous pouvons dire dans un premier temps, c'est que dans ces fondements la topologie est très intimement liée à la théorie des ensembles, à l'étude de convergence des suites et séries, à l'analyse fonctionnelle, à l'analyse complexe, au calcul intégral et différentiel, au calcul vectoriel et à la géométrie pour ne citer que les cas les plus importants se trouvant sur le présent site web.

L'origine de la topologie provient des problèmes qu'ont posés les progrès de l'analyse fonctionnelle dans l'étude rigoureuse des fonctions continues, de leur dérivabilité, de leurs limites en un point (fini ou non), de l'existence d'extremums, etc... dans des espaces de dimensions supérieures (au fait, implicitement la topologie a pour objectif de créer des outils qui permettent facilement d'étudier les propriétés des fonctions dans toutes les dimensions). Tout ces concepts, demandaient pour le mathématicien une définition rigoureuse de l'idée intuitive de proximité, tout particulièrement lors d'opérations sur ces fonctions.

Nous allons essayer de dégager les structures qui permettent de parler de limite et de continuité. L'exemple fondamental que nous prendons est le cas de equation (la droite de equation pour être rigoureux...).

ESPACE TOPOLOGIQUE

Les espaces topologiques forment le socle conceptuel dans lequel les notions de limite, de continuité ou d'équivalance sont définies.

Le cadre est suffisamment général pour s'appliquer à un grand nombre de situations différentes: ensembles finis, discrets, espaces de la géométrie, espaces numériques à n dimensions, espaces fonctionnels les plus complexes. Ces concepts apparaissent dans presque toutes les branches des mathématiques, ils sont donc centraux dans la vision moderne des mathématiques.

Si nous pensons à la droite achevée, afin d'étudier les concepts susmentionnés, il va falloir que nous mesurions (imaginons...) des morceaux de celle-ci à la règle. Or, les mesures prises de certains intervalles ou de l'ensemble de la droite doivent pouvoir présenter certaines propriétés minimales que nous allons énoncer maintenant de suite.

Définition: Soit un ensemble non vide X (la longueur d'une règle de plastique par exemple). Une "topologie F" ou "espace topologique (X, F)" sur X est une famille F de parties de X (de notre règle...) appelées "ouverts" V (comme les intervalles ouverts vus dans le chapitre d'Analyse Fonctionnelle) tel que les axiomes suivants soient vérifiés :

A1. L'ensemble vide et X sont considérés comme des ouverts et appartiennent obligatoirement à la famille de la topologie F (ces deux ouverts seuls constituent par ailleurs la "topologie grossière" la plus minimale satisfaisant à tous les axiomes):

equationet equation   (18.1)

En d'autres termes, si nous imaginons notre règle en plastique, la mesure nulle doit appartenir à celle-ci ainsi que tout point de la règle elle-même (ou un sous-ensemble de celle-ci) ou les deux.

A2. Toute intersection finie d'ouverts de F est un ouvert de F:

equation implique equation   (18.2)

A3. Toute réunion d'ouverts F est un ouvert de F:

equation implique equation   (18.3)

Remarques:

R1. Les mathématiciens notent fréquemment par la lettre O la famille des ouverts et F la famille des fermés. Convention que nous ne suivrons donc pas ici.

R2. Les "fermés" d'une topologie sont les complémentaires des ouverts. Par conséquent, la famille des fermés contient entre autres X et l'ensemble vide...

R3. La réunions d'ouverts en toute rigueur dans l'axiome

Le couple (X,F) forme un "espace de Hausdorff" ou "espace séparé" si de plus la propriété suivante dit "axiome d'Hausdorff" est vérifiée :

A4. equation avec equation, equation tels que equation et equation
Remarques:

R1. Un exemple bien connu d'espace topologique est equation muni de l'ensemble F engendré par les intervalles ouverts (par la loi d'union), c'est-à-dire les intervalles ]a,b[.

R2. Nous verrons une application très concrète des espaces de Hausdorff lors de notre études des fractales en informatique théorique.

Définition: Si nous notons (X,F) un espace topologique, F désignant les ouverts de X, une "base", au sens topologique, de (X,F) est une partie B de F telle que tout ouvert de F soit réunion d'ouverts de B (c'est la même idée que les espace vectoriels au fait mais appliqué à des ensembles... rien de bien méchant).

espace mÉtrique et Distance

Définition: Un "espace métrique" noté (X,d) ou encore equation est par définition un ensemble X muni d'une application equation, appelée "distance" ou "métrique", qui satisfait les axiomes suivants:

A1. equation  (positivité)

A2. equation (axiome de séparation)

A3. equation (inégalité triangulaire)

A4. equation (axiome de symétrie)
Remarques:

R1. Certains lecteurs verront de suite que certaines de ces propriétés ont déjà été vues dans d'autres chapitres du site lors de l'étude des distances entre points fonctionnels et lors de l'étude des normes (inégalité triangulaire démontrée dans le chapitre de Calcul Vectoriel - la symétrie, la nullité, la positivité, la séparation dans le chapitre d'Analyse Fonctionelle).

R2. Certains auteurs omettent l'axiome A1 ce qui est rigoureusement juste car découle trivialement de A3.

R3. Un espace métrique sera en général noté (X,d) ou bien encore equation. Nous pouvons également le noter simplement X si la distance d ne peut être confondue.

La "fonction distance" de equationest donc notée habituellement dans le plus général qui soit en mathématique :

equation   (18.4)

Remarques:

R1. Si nous n'imposons pas l'axiome A2, nous disons que d est une "semi-distance" sur X.

R2. Si nous autorisons une semi-distance d à prendre la valeur equation, nous préférons dire que d est un "écart"

R3. Si une distance d vérifie la propriété :

equation   (18.5)

propriété plus contraignante que l'inégalité triangulaire dans certains espaces, nous disons que d est "ultra-métrique".

Un exemple de distance ultra-métrique est l'arbre généalogique:

equation
  (18.6)

Nous avons les distances suivantes:

equation   (18.7)

Nous remarquons que les distances ne s'ajoutent pas mais que nous avons par contre:

equation   (18.8)

Ainsi:

equation   (18.9)

R4. Soit (E,d) un espace métrique et soit equation une partie de l'ensemble E. L'espace métrique equation où equation désigne la restriction equation de d à equation est appelé "sous-espace métrique" de (E,d) (il convient de vérifier que la distance d est équivalente à la distance equation). Dans ce cas, nous disons aussi que F est muni de la distance induite par celle de E. Nous notons simplement d la distance induite.

exempleExemples:

E1. Si nous prenons pour X le plan, ou bien l'espace à trois dimensions de la géométrie euclidienne et une unité de longueur, la "distance" au sens usuel du terme est bien une distance au sens des 5 axiomes précédemment cités. Dans ces espaces, les trois points A, B, C satisfont comme nous l'avons démontré en Calcul Vectoriel et comme il l'est intuitivement que :

equation   (18.10)

avec les autres inégalités obtenues par permutation circulaire de A, B, C. Ces inégalités sont bien connues par exemple entre les longueurs des côtés d'un triangle.

E2. Si nous prenons equation, equation et que nous dotons equation d'une structure d'espace vectoriel euclidienne (et non pas non-euclidienne) et que nous prenons deux points :

equation   (18.11)  

dans equation .

La distance est donnée nous le savons par (nous avons déjà démontré cela en Analyse Fonctionnelle et Calcul Vectoriel) :

equation   (18.12)

qui satisfait aux 5 axiomes de la distance et que nous appelons la "distance euclidienne". Nous pouvons prendre (c'est une propriété intéressante pour la culture générale), que toute relation de la forme :

equation   (18.13)

est aussi une distance dans equation (sans démonstration). Les mathématiciens font encore plus fort en généralisant encore plus (la démonstration à peu d'intérêt pour l'instant) cette dernière relation (en prenant en compte la définition même de la distance) sous la forme :

equation   (18.14)

qui est appelée "distance hölderienne".

Remarque: Suite à l'intervention d'un internaute nous précisons qu'en toute rigueur l'inclusion ci-dessus devrait être notée equationequation est la droite achevée (précision également valable pour l'inégalité de Minkowski ci-dessous).

Au même titre pour l'inégalité triangulaire, donnée alors par (cf. chapitre de Calcul Vectoriel) :

equation   (18.15)

La généralisation, de par la vérification de l'existence de la distance de hölderienne, nous donne la vraie "inégalité de Minkowski" :

equation   (18.16)

Dans le cas particulier avec equation, nous avons bien évidemment :

equation   (18.17)

qui est la distance usuelle sur equation.

E3. Si nous prenons equation, nous considérerons la distance :

equation   (18.18)

Ainsi, si equation et equation nous avons le module qui de même manière que la norme dans equation, forme une distance :

equation   (18.19)

E4. Considérons aussi equation un ensemble arbitraire. Posons :

equation si equation et equation si equation   (18.20)

Il est très facile de vérifier que cette distance vérifie les 5 axiomes et qu'elle est de plus ultra-métrique. Cette distance est appelée "distance discrète" et le lecteur remarquera que nous avons par analogie opté pour cette distance le symbole de la fonction Dirac  equation (ce n'est pas innocent !!) plutôt que la traditionnel d.

DISTANCES ÉQUIVALENTES

Parfois, deux distances différentes d et equation sur un même ensemble E sont assez ressemblantes pour que les espaces métriques liés equation possèdent les mêmes propriétés pour certains objets mathématiques définis par d d'une part, par equation. Il existe plusieurs notions de ressemblances dont voici une première (avant les autres qui nécessitent des outils mathématiques que nous n'avons pas encore définis) :

Définition: Soient d et equationdeux distances sur un même ensemble E, d et equation sont dites "distances équivalentes" s'il existe deux constantes réelles equation telles que 

equation   (18.21)

soit  :

equation   (18.22)

avec equation. Nous noterons par ailleurs cette équivalence equation.

L'intérêt de cette définition est le suivant : si nous avons convergence pour l'une des métriques, alors nous aurons la convergence pour l'autre aussi. Plus clairement :

equation   (18.23)

in extenso:

equation   (18.24)

FONCTIONS LIPSCHITZIENNES

Relativement aux définitions précédentes, nous pouvons maintenant définir quelques propriétés supplémentaires aux fonctions telles que nous les avions énoncées dans le chapitre de Théorie Des Ensembles :

Soient (E,d) et equation des espaces métriques, et soit equation une fonction. Nous définissons les propriétés suivantes :

P1. Nous disons que f est une "isométrie" si (c'est plutôt intuitif...!):

equation   (18.25)

Si nous prenons la distance usuelle, la fonction k-lipschitzienne s'écrit alors:

equation   (18.26)

ou ce que nous pouvons écrire également:

equation   (18.27)

Ou ce qui revient au même: toutes les cordes tracées entre 2 points quelconques du graphe ont un coefficient directeur (dérivée) compris entre -k et k.

Par exemple, la fonction sin(x) est 1-lipschitzienne (car la dérivée du cosinus est en valeur absolue compris entre 0 et 1).

P2. Nous disons que deux espaces métriques sont "isométriques" s'il existe une isométrie surjective de l'un sur l'autre (ce qui est assez rassurant en géométrie...).

P3. f est dite "L-lipschitzienne" de constante (ou "de rapport") L s'il existe equation tel que :

equation   (18.28)

Si equation, nous disons que f est "contractante" (ou une "contraction"), et si equation, nous disons que f est strictement contractante.

P4. Toute fonction f lipchitzienne est uniformément continue (voir plus loin voir plus loin le concept "d'uniforme continue") si elle vérifie :

equation   (18.29)

avec equation et equation (la réciproque n'est pas vraie : toute fonction uniformément continue n'est pas nécessairement continue). En d'autres termes, si nous pouvons rapprocher deux points aussi près que nous voulons dans un espace, nous le pouvons aussi dans l'autre (ce qui assure en quelque sorte la dérivation).

Remarques:

R1. Une isométrie est toujours injective car:

equation   (18.30)

mais elle n'est pas en général surjective.

R2. Si (E,d) et equation sont isométriques, du point de vue de la théorie des espaces métriques ils sont indiscernables, puisque toutes leurs propriétés sont les mêmes, mais leurs éléments peuvent être de nature très différente (suites dans l'un et fonctions dans l'autre par exemple).

ENSEMBLES OUVERTS ET FERMÉS

Définition: Considérons un ensemble E muni d'une distance d. Un sous-ensemble U de E est dit "sous-ensemble ouvert" si, pour chaque élément de U, il existe une distance r non nulle pour laquelle tous les éléments de E dont la distance à cet élément est inférieure ou égale à r, appartiennent à U, ce qui ce traduit en langage mathématique :

U ouvert de equation   (18.31)

Remarque: Le symbole / signifie dans ce contexte "satisfait le propriété"

Cette définition peut sembler complexe mais en fait, sa signification concrète est plus simple qu'il n'y paraît. En fait, selon cette définition, un ensemble ouvert dans un espace topologique n'est rien d'autre qu'un ensemble de points contiguës et sans bords.

L'absence de bord découle de la condition equation. En effet, en raisonnant par l'absurde, si un ensemble ouvert U avait un bord, alors pour chaque point situé sur celui-ci (le bord) il serait toujours possible de trouver un point n'appartenant pas à U aussi proche que l'on veut de lui. Il s'ensuit que la distance r nécessaire devient donc nulle.

Définitions: 

D1. Un "sous-ensemble fermé" est un "ouvert avec bord".

D2. Un "voisinage" d'un point de E est une partie de E contenant un ouvert contenant ce point.

La définition d'un ensemble ouvert peut être simplifiée en introduisant une notion supplémentaire, celle de "boule ouverte" :

BOULES

Soit x un élément de E:

Définition: Une "boule ouverte de centre x et de rayon r>0"  ou "boule métrique de rayon r centrée en x" est le sous-ensemble de tous les points de E dont la distance à x est inférieure à r, ce que nous écrivons :

equation   (18.32)

Un ensemble ouvert peut également être défini comme un ensemble pour lequel il est possible de définir une boule ouverte en chaque point.

Remarques:

R1. Les ouverts ainsi définis, forment ce que nous appelons une "topologie induite" par la distance d ou aussi "topologie métrique".

R2. Nous appelons une "couverture ouverte" U de E, un ensemble d'ouverts de E dont la réunion est E.

Définition: Une "boule fermée" est similaire à une boule ouverte mais diffère dans le sens que nous y incluons les éléments situés à la distance r du centre :

equation   (18.33)

Remarque: Pour equation les inclusions equation sont des conséquences directes de la définition de boule ouvert et fermée.

exemple Exemple:

La distance usuelle dans equation est donnée par equation. Les boules sont des intervalles. Pour equation et equation, nous avons:

equation et equation   (18.34)

Définition: Une "sphère" est donnée par :

equation   (18.35)

Remarque: Puisque par définition, equation, les boules ouvertes et fermées ne sont pas vides car elle contiennent au moins leur centre. Par contre, une sphère peut être vide.

exempleExemple:

Avec equation nous avons vu dans les exemples précédents que nous pouvions définir différentes distances. Pour les distinguer, nous les notons :

equation   (18.36)

Alors, dans equation les boules fermées de centre O et de rayon unité équivalentes aux trois formulations précédentes, ont la forme suivante (rappel : equation dans cet exemple) :

equation
  (18.37)

PARTIES

Maintenant que nous avons défini les concepts de boules, nous pouvons enfin définir rigoureusement les concepts d'intervalles ouverts et fermées (qui dans un espace à plus d'une dimension sont nommées "parties") dont nous avons fait si souvent usage en Analyse Fonctionnelle et Calcul Intégral Et Différentiel.

Définition: Soit (X,d) un espace métrique. Nous disons qu'une partie A de X est "bornée" s'il existe une boule fermée equation telle que equation:

equation   (18.38)

Compte tenu de la remarque précédente sur les inclusions des boules, il est clair que nous pouvons remplacer l'adjectif "fermée" par "ouverte". De plus l'inégalité triangulaire entraîne que le caractère borné de A ne dépend pas du choix de equation (avec un equation il suffit de remplacer r par equation).

Définitions: 

D1. Soit X un ensemble et (Y,d) un espace métrique. Si X est un ensemble, nous disons qu'une fonction equationest "bornée" si son image f(X) est bornée (cas de la fonction sinus ou cosinus par exemple).

D2. Soit (E,d) un espace métrique, et soit A une partie non vide de E. Pour tout equation nous notons d(u,A) et nous appelons "distance de u à A", le nombre réel positif non nul :

equation   (18.39)

Nous prolongeons la notion en posant :

equation   (18.40)

Si A et B sont deux parties de E nous avons respectivement (c'est peut-être plus compréhensible ainsi...):

equation   (18.41)

exempleExemple:

Si nous prenons equation et equation nous avons equation quand equation tandis que equation. Ainsi, la distance entre les parties ne définit pas vraiment une distance sur equation dans cet exemple. Il s'agit donc d'un abus de notation et il faut bien interpréter equation comme l'infinimum de la distance entre A et B

Remarques:

R1. Si le lecteur à bien compris la définition du concept de "parties" il remarquera qu'il n'existe pas nécessairement toujours un equation tel que equation. En conséquence, nous écrivons trivialement :

equation   (18.42)

De plus, si un tel equation existe, il n'est bien évidemment pas nécessairement unique.

R2. Il convient peut être de rappeler que cette distance satisfait également les 5 axiomes des distances.

D3. Soit (E,d) un espace métrique, et soit A une partie de E. Nous appelons "adhérence" de A et notons adh(A) le sous-ensemble de E défini par :

equation   (18.43)

En particulier, puisque equation , nous avons equation, et puisque equation , nous avons equation.

Remarques:

R1. Tout élément de l'ensemble adh(A) est dit "point adhérent" à A

R2. Nous disons qu'une partie A de E est une "partie fermée" si elle est égale à son adhérence

R3. Nous disons qu'une partie A de E est une "partie ouverte" si elle est son complémentaire par rapport à E :

equation   (18.44)

est fermé.

Il s'ensuit que (de par les définitions) :

equation   (18.45)

A est ouverte equation   (18.46)

avec quelques propriétés :

P1. (triviale) Si equation et equation vérifient equation, nous avons : equation

P2. (triviale) Pour tout equation, tout equation : equation

Dernière propriété qui a pour corroloaire (trivial) :

Si pour tout equation nous avons equation, equation, nous avons : equation

BOULES GÉNÉRALISÉES

La notion de distance d'un point à un ensemble permet d'étendre les notions de boule et de sphère.

Définitions:

D1. Soit equation et soit un equation. Nous appelons "boule ouverte généralisée"  de centre A et de rayon r, l'ensemble suivant :

equation   (18.47)

Respectivement "boule fermée généralisée":

equation   (18.48)

Respectivement "sphère généralisée" :

equation   (18.49)

D2. Soit (E,d) un espace métrique et soient A, B deux parties non vides de E. Nous notons g(A,B) et appelons "gap" (qui signifie "écartement" ou "espacement" en français) de A à B, le nombre réel supérieur ou égal à zéro :

equation   (18.50)

Remarque: L'inégalité triangulaire equationn'est pas valide dans le cadre des gap (ceci étant également valable). Il suffit pour le démontrer, d'un seul et unique exemple qui contredirait l'inégalité.

exempleExemple:

Dans equation prenons equation nous avons alors :

equation   (18.51)

Il y a donc bien contradiction.

DIAMÈTRE

Définition: Soit (E,d) un espace métrique et soit A une partie non vide de E. Nous notons diam(A) et nous appelons "diamètre" de A, le nombre réel positif non nul :

equation   (18.52)

Tout partie non vide A d'un espace métrique vérifiant equation sera aussi dite "bornée".

Remarque: Nous considérons la partie vide equation comme un borné de diamètre A

Si l'espace métrique (E,d) tout entier est borné, nous disons que la distance d est bornée. Par exemple, la distance discrète est bornée, la distance usuelle sur equation ne l'est pas.

Nous avons aussi les propriétés suivantes :

P1. (triviale) equationou equation

P2. (triviale) equation

P3. De par la définition du diamètre : equation

exempleExemple:

Pour equation il suffit pour se convaincre de prendre la distance discrète. Ainsi, dans un espace métrique où nous prenons equation avec equation, nous avons equation (c'est un cas intéressant car complètement contre-intuitif).

P4. Nous avons equation

exempleExemple:

Dans equation prenons equation, nous avons alors (infériorité stricte triviale):

equation   (18.53)

P5. A est borné si et seulement si equation

Définition: Nous appelons "excès de Hausdorff" de A sur B :

equation   (18.54)

Remarque: Nous avons en général equation et ces quantités peuvent ne pas être finies.

VARIÉTÉS

Nous introduisons maintenant les "variétés". Ce sont des espaces topologiques qui sont "localement comme equation" (notre espace par exemple..).

Définitions:

D1. Une "variété topologique de dimension n" est un espace de Hausdorff M tel que pour tout equationil existe un voisinage ouvert equationavec equation, un voisinage ouvert equation et un homéomorphisme :

equation   (18.55)

D2. Un "homéomorphisme" entre deux espaces est une bijection continue dont l'inverse est également continu.

D3. Les couples equation sont appelés des "cartes", U étant le "domaine de la carte" et equation "l'application de coordonnées". Au lieu de "carte nous disons parfois aussi "système de coordonnées".

Remarque: Nous noterons par dim M la dimension d'une variété topologique. Ainsi :

equation   (18.56)

D4. Soit M une variété topologique de dimension n. Une famille A de cartes de M est appelée un "atlas" si pour tout equation, il existe une carte equation telle que equation.

Remarque: Notons que si equation sont deux cartes de M telles que (ne vérifiant pas l'axiome de Hausdorff) equation, alors l'application de changement de cartes :

equation   (18.57)

equation
  (18.58)

est un homéomorphisme.

VARIÉTÉS DIFFÉRENTIABLES

Définitions :

D1. Une "variété différentiable" est un espace topologique M où les applications equation sont des fonctions de classe equation.

D2. Un "difféomorphisme" est une application equation où equationsont des domaines ouverts de equation et si f est un homéomorphisme et en plus si equation sont différentiables.

Remarque: "différentiable" dans ce contexte signifiera toujours différentiable de classe equation

D3. Soit une variété topologique equation (pour simplifier l'écriture), deux cartes equation de M sont des "cartes compatibles" (plus précisément, compatibles de classe equation), si l'une des deux propriétés suivantes est vérifiée :

P1. equation et l'application equationde changement de cartes est un difféomorphisme

P2. equation

Un atlas A de M est différentiable si toutes les cartes de A sont compatibles entre elles.

D4. Une "variété différentiable" est un couple (M , A) où M est une variété topologique et A un atlas différentiable de M.

Remarque: Etant donné un atlas différentiable, il est parfois nécessaire de le compléter : nous disons qu'une carte de M est compatible avec un atlas différentiable si elle est compatible avec chaque carte de A. Un atlas de A est une "atlas maximal" si toute carte compatible avec A appartient déjà à A. Un atlas maximal est appelé une "structure différentiable".
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ANALYSE COMPLEXETHEORIE DE LA MESURE

 
 


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