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CALCUL ALGÉBRIQUE | ALGÈBRE
ENSEMBLISTE | CALCUL
DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL | SUITES
ET SÉRIES | CALCUL VECTORIEL | ALGÈBRE
LINÉAIRE | CALCUL
TENSORIEL |
CALCUL
SPINORIEL
Dernière mise-à-jour
de ce chapitre:
27.07.2010 8:51
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LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Les suites et séries ont une très grande
importance dans les mathématiques appliquées c'est la raison pour
laquelle nous y consacrons un chapitre entier. Nous les retrouverons
par
ailleurs
souvent en physique lorsque nous aurons besoin de faire quelques
approximations mineures (...) ainsi qu'en économétrie
pour le calcul des rentes. Il conviendra cependant de
la part du
lecteur de ne pas confondre dans ce qui va suivre le concept de
"suite" de celui de "série" qui tout en étant
similaires sur le fond ne s'analysent mathématiquement pas toujours
de la même manière.
Nous avons souhaité
dans ce chapitre rester dans des choses simples sans trop partir
dans les concepts topologiques des suites et séries.
Cependant, la personne intéressée par des définitions
plus rigoureuses pourra se reporter dans le chapitre traitant
des Fractales (section d'Informatique Théorique) et de Topologie
ou de nombreux concepts sur les suites sont définis (supremum,
infimum, sous-suite, théorème de Bolzano-Weierstrass,
etc.).
SUITES
Définition: Une "suite" d'un ensemble est une famille d'éléments
indexée par l'ensemble des entiers naturels (cf.
chapitre sur les Nombres) ou par une partie de celui-ci. De manière vulgarisée,
nous disons qu'une suite est une liste d'objets mis en ordre, chacun
ayant un numéro d'ordre. Nous notons classiquement une suite par:
ou
(11.1)
où l'indexation se fait parfois (par tradition...) sans le 0.
Pour quelques suites, nous indiquons le premier terme (si
l'indexation commence par 1 au lieu de 0), ainsi qu'une formule
pour obtenir n'importe quel terme à
partir du terme précédent quel
que soit .
Nous appelons une telle formulation une "définition
récurrente",
et la suite est dite définie "par récurrence" (et
de même si elle est indexée à partir de 0 au lieu de 1).
Avant de voir quelques exemples de familles de suites
qui seront utilisées dans les différents chapitres
du site (dynamiques des populations, économétrie,
physique nucléaire,
etc.) voyons un petit paquet de définitions comme il est
de tradition en mathématique...
Définitions:
D1. Des nombres (en suite)
sont en "progression arithmétique" si
la différence de
deux termes consécutifs est une constante r appelée
la "raison".
D2. Des nombres (en suite)
sont en "progression géométrique" si
le rapport de deux termes consécutifs est une constante r appelée
aussi la "raison".
D3. Des nombres (en suite)
sont en "progression harmonique" si les inverses de deux
termes consécutifs sont en progression arithmétique.
Dès lors, une "suite"
est arithmétique, géométrique, harmonique
si ses termes sont respectivement en progression arithmétique,
géométrique, harmonique et b
est la moyenne arithmétique, géométrique,
harmonique de a
et c
si les nombres a,b,c
sont en progression arithmétique, géométrique,
harmonique.
Remarque: Pour les définitions des moyennes citées
ci-dessus voir le chapitre de Statistiques
D4. Une "suite majorée", est une suite tel qu'il existe
un réel M tel que 
D5. Une "suite minorée", est une suite tel qu'il existe
un réel M tel que 
D6. Une "suite bornée", est une suite tel qu'elle est à la
fois majorée et minorée.
D7. Une suite est
appelée "suite croissante" si 
D8. Une suite est
appelée "suite décroissante" si 
D9. Une suite est
"suite constante constante" si 
SUITES ARITHMÉTIQUES
Définition: Nous disons que des nombres
ou que des "termes"
en progression forment une "suite arithmétique"
lorsque leurs valeurs numériques différent d'une
valeur r appelée
la "raison" de la suite
tel que:
(11.2)
où r est donc la "raison" de
la progression. Nous avons alors bien évidemment si l'indexation
commence à partir de 0:
(11.3)
Ainsi, la suite :
(11.4)
où n est une constante est une suite arithmétique
de raison .
La suite :
(11.5)
est une suite arithmétique
de raison ,
etc.
Ainsi, si nous notons par
un terme quelconque de la suite ( )
de raison r, nous avons :
(11.6)
Nous avons les
propriétés suivantes pour un tel type de suite :
P1. Un terme
dont le rang est la moyenne arithmétique des rangs de deux
autres termes est la moyenne arithmétique de ces deux termes.
Démonstration:
Considérons maintenant ( )
une suite arithmétique de raison r donné
selon le développement précédent :
(11.7)
et soient
tels que ,
nous avons alors :
(11.8)
et donc :
avec
(11.9)
C.Q.F.D.
P2. Pour trois termes
consécutifs en progression arithmétique, le deuxième
terme est la moyenne arithmétique des deux autres.
Démonstration:
avec
(11.10)
C.Q.F.D.
Si est
une progression arithmétique de raison r, alors la n-ème
somme partielle (c'est-à-dire,
la somme des n premiers termes à la puissance 1) est donnée
par:
ou
(11.11)
lorsque l'indexation se fait à partir de 1. Démonstration:
Nous pouvons écrire la série:
(11.12)
En jouant avec la deuxième ligne, nous obtenons:
(11.13)
Ce qui se simplifie encore:
(11.14)
Nous démontrerons quelques lignes plus bas que la série de Gauss
simple:
(11.15)
est égale à :
(11.16)
Nous avons alors pour:
(11.17)
la relation suivante:
(11.18)
Il vient alors:
(11.19)
Nous voyons avec cette dernière relation que si nous
retombons sur la série de Gauss simple.
Comme :
(11.20)
lorsque l'indexation se fait à partir de 1. Il vient alors:
(11.21)
C.Q.F.D.
Nous verrons d'autres types de sommations lors de notre étude
des séries un peu plus bas lors de notre étude des séries!
SUITES HARMONIQUES
Définition: Nous disons que des nombres
(1/a,
1/b, 1/c,...) forment une "suite
harmonique" lorsque leurs inverses sont en progression
arithmétique. Nous représentons cette progression par :
(11.22)
où a, b, c, ..., h, k,
l désignant des termes au dénominateur en progression
arithmétique de raison r. D'ailleurs, nous supposerons,
dans ce qui suit, qu'il n'y a aucun dénominateur nul.
En partageant cette série
en groupes renfermant successivement
termes, nous observons que chacun de ceux-ci est plus grand que
le dernier de son groupe:
(11.23)
et que la somme des termes
de chaque groupe est plus grande que 1/2 . La somme des termes
de
la série augmente donc indéfiniment; nous disons alors que la série
est une "série divergente" (nous reviendrons
plus en détail
sur ces concepts de convergence et divergence plus bas).
SUITES GÉOMETRIQUES
Définition : Une "suite
géométrique"
est une suite de nombres tels que chacun d'eux est égal au précédent
n multiplié par un nombre constant q que nous
appelons la "raison" de
la progression. Nous désignerons par:
(11.24)
Ainsi, si nous notons par
un terme quelconque de la suite ( ),
nous avons (trivial) :
(11.25)
Voici quelques propriétés pour un tel type de suite (sans démonstration
pour l'instant... sauf demande car triviales pour la plupart) :
P1. (triviale) Le quotient
de deux termes d'une même suite est une puissance de la raison dont
l'exposant égale la différence des rangs des deux termes (simple
rapport de termes de puissance).
P2. (triviale) Si nous multiplions ou divisons terme à terme deux
suites géométriques, nous obtenons une troisième suite géométrique
dont la raison égale le produit (respectivement le quotient) des
raisons des progressions données (simple opération avec les raisons
des deux séries d'origine).
P3. Dans une suite géométrique, un terme dont le
rang est la moyenne arithmétique des rangs de deux autres
termes est la moyenne géométrique (cf.
chapitre de Statistiques) de ces deux termes (relisez
plusieurs fois au besoin).
Démonstration:
Soit une suite géométrique réelle positive
de raison q, nous avons :
(11.26)
Soit a,b deux termes
de la suite géométrique, nous avons alors :
(11.27)
et ainsi :
(11.28)
C.Q.F.D.
Nous avons comme corolaire que pour trois termes consécutifs
en progression géométrique, le deuxième terme
est la moyenne géométrique des deux autres.
Démonstration:
(11.29)
avec :
(11.30)
C.Q.F.D.
Il
existe cependant quelques suites particulières qui ont des propriétés
particulières que nous retrouvons très fréquemment en mathématique
ou physique théorique. Sans trop entrer dans les détails, voici
une petite liste (non exhaustive de ces dernières) :
SUITE
DE CAUCHY
Il est souvent
intéressant pour le mathématicien, autant que pour le physicien,
de connaître les propriétés d'une suite ayant un type de progression
donnée. La propriété la plus importante étant la limite vers
laquelle elle tend.
Remarque: Le lecteur qui n'est pas à l'aise avec
la topologie peut sauter le texte qui va suivre en attendant...
et celui qui
souhaite en savoir plus sur les suites de Cauchy peut se reporter
au chapitre de topologie et particulièrement dans le chapitre
consacré aux fractales (section d'Informatique Théorique).
Définition: Soit (X, d) un
espace métrique
(cf. chapitre de Topologie), nous
disons que la suite:
(11.31)
converge vers
si
par définition :
(11.32)
En d'autres
termes plus nous avançons dans la suite, plus les points sont proches
(au sens de la métrique d ) les uns des autres.
Cependant la définition précédente de la
convergence pose problème
car la limite x doit
être connue. Dans la plupart des cas intéressants, x est
malheureusement inconnue. Pour sortir de cette impasse, Cauchy
a l'idée de proposer la définition suivante:
Nous
disons par définition que la suite d'éléments
de X est une
"suite de Cauchy" si :
(11.33)
Il est clair
alors que toute suite convergente est une suite de Cauchy (bon il
y a quelques subtilités auxquelles nous ne ferons pas référence
pour l'instant).
Remarque: Ce critère facilite certaines démonstrations car il permet
de montrer l'existence d'une limite sans faire intervenir sa valeur,
en général inconnue.
Maintenant, montrons qu'une suite convergente est de Cauchy.
Démonstration:
Soit une suite
convergeant vers l (qui nous est inconnu donc!) et (choisi
au hasard). Il existe alors selon la définition d'une
suite convergente,
tel que :
(11.34)
le choix d'écrire
est complètement arbitraire mais au fait nous anticipons
juste le résultat de la démonstration afin que celui-ci
soit plus esthétique.
Alors pour
(au fait connaître le N en question importe peu puisque
cela doit marcher pour n'importe lequel... bon n'oublions pas
quand
même que N dépend de )
nous avons selon l'inégalité triangulaire :
(11.35)
et puisque
:
(11.36)
ce qui revient à écrire
:
(11.37)
C'est peut être un
peu abstrait alors voyons un exemple avec la suite harmonique (divergente
comme nous le savons déjà) .
D'abord, rien ne nous interdit de prendre
(sinon cela va être dur de faire une différence entre
deux termes...).
Dès lors nous prenons
la distance euclidienne :
(11.38)
D'abord le lecteur remarquera
que dans tous les cas
puisque compris entre
et .
Ce qui nous amène à pouvoir écrire :
(11.39)
Donc à partir de cette
égalité il vient automatique que chaque terme de la
somme de gauche ci-dessous sera plus grand que chaque terme de la
somme de droite suivant :
avec
(11.40)
maintenant l'idée
est de voir que la somme de gauche est donc plus grande ou égale
à
et cela quelque soit n. Ainsi, l'idée c'est que nous
ayons trouvé un epsilon pour lequel le critère de
Cauchy est mis en défaut. Car dans le cas contraire nous
aurions du avoir :
(11.41)
donc la suite n'est pas convergente.
C.Q.F.D.
Donc, ce n'est pas parce que des points se rapprochent les uns
des autres qu'ils convergent vers un point, car ce point n'existe
peut-être pas.
Exemple:
Le meilleur exemple est certainement
le suivant :
Prenons et:
(11.42)
Soit z un
nombre irrationnel et ,
avec .
Les
forment une suite de Cauchy. En effet :
(11.43)
et donc
si .
Nous avons donc trouvé un N qui satisfait à
notre définition d'une suite de Cauchy. Or cette suite ne
converge pas dans
sinon z serait rationnel.
Remarque: Les mathématiciens utilisent ce fait pour définir
l'ensemble des irrationnels en utilisant quelques concepts topologique
supplémentaires.
Nous venons de voir qu'une suite de Cauchy n'est pas forcément
une suite convergente dans X. La réciproque toutefois
est vraie : toute suite convergente est une suite de Cauchy.
SUITE
DE FIBONACCI
Si nous
calculons une suite de nombres commençant par 0 et 1, de telle
sorte que chaque terme soit égal à la somme des deux précédents,
nous pouvons former la suite:
1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144...
(11.44)
par conséquent,
si nous désignons les différents termes par :
(11.45)
nous avons
la loi de formation:
(11.46)
La suite de Fibonacci possède des propriétés
nombreuses fortes intéressantes,
qui seront développées ultérieurement. Il
s'agit cependant de la première "suite
récurrente" connue (d'où le fait que nous en
parlions sur ce site).
L'origine de cette suite viendrait d'un problème de lapins
posé
à Fibonacci en 1202. Partant d'un couple, combien de couples
de lapins obtiendrons-nous après un nombre donné de
mois sachant que chaque couple produit chaque mois un nouveau couple,
lequel ne devient productif qu'après deux mois. Nous avons
alors:
- Début: Un couple de bébés lapins qui vont
grandir
- Premier mois: Un couple de lapins adultes (qui feront des bébés
le mois prochain...)
- Deuxième mois: Un couple de lapins adultes et un couple
de bébés donc 2 couples
- Troisième mois: Deux couples de lapins adultes et un couple
de bébés donc 3 couples
- Quatrième mois: Trois couples de lapins adultes et deux couples
de bébés donc 5 couples.
etc.
Prenons un exemple réel, cette fois-ci : le coeur de certaines
fleurs, les écailles d'un ananas ou d'une pomme de pin forment
deux familles de spirales enroulées en sens inverse.
Sur une pomme de pin, vous compterez 5 spirales dans un sens et
8 dans l'autre, sur l'ananas, 8 et 13, sur la fleur de tournesol
21 et 34.
Chaque fois , nous obtenons des nombres de Fibonacci !
Une illustration de ceci consiste à faire le simple schéma suivant
(appelé "spirale de Fibonnacci") qui reproduit les nombres de fibonnaci
sur un plan quadrillé:

(11.47)
Nous
utilisons également ce genre de suite pour montrer l'utilité du
principe d'induction présenté dans le chapitre de
Théorie Des
Nombres se trouvant dans la section d'Arithmétique.
SÉRIES
Le physicien a souvent
besoin pour résoudre simplement et formellement des problèmes,
d'approximer certains "termes" (cf.
chapitre de Théorie De La Démonstration)
de ses équations. Pour cela, il utilisera les propriétés
de certaines séries.
Il existe, une quantité phénoménale de séries et de
théories gravitant
autour de ces dernières, mais nous citerons en particulier les
séries
de Taylor (utilisées un peu partout), les séries de Fourier (théorie
du signal et en mécanique ondulatoire) et les séries ou fonctions
de Bessel (physique nucléaire) dont nous ferons une étude sommaire
ici.
Définition: Soit donnée
une suite numérique infinie :
(11.48)
L'expression
:
(11.49)
est appelée
"série numérique".
Définition: La somme partielle des n premiers
termes de la série est appelée "somme
partielle" et notée
:
(11.50)
Si la
limite notée S suivante existe et est finie
:
(11.51)
nous l'appelons
la "somme de la série" et
nous disons que la "série
converge" (elle est donc de
Cauchy). Cependant, si la limite n'existe pas, nous disons que
la "série
diverge" et n'a
pas de somme (pour plus de détails voir le sous-chapitre
plus loin traitant des critères de convergence).
Montrons par ailleurs
que si est
une série numérique convergente alors :
(11.52)
Démonstration:
Nous supposons d'abord que est
bien une série convergente et notons par S sa limite.
Posons :
(11.53)
Alors :
(11.54)
Or, si la série est convergente
:
(11.55)
Donc :
(11.56)
C.Q.F.D.
Voyons
comment calculer la somme partielle des quelques séries
classiques :
SÉRIES
DE GAUSS
Les
séries arithmétiques de Gauss sont l'expression de la somme
de n premiers entiers non nuls élevés à une puissance donnée
sous une forme condensée. L'application de cette forme condensée
de série à une utilité pratique en physique lorsque l'on souhaite
simplifier l'expression de certains résultats.
Gauss avait trouvé une méthode
séduisante en 1786 pour déterminer cette expression lorsqu'il avait
9 ans (...):
(11.57)
En simplifiant, nous trouvons
facilement:
(11.58)
pour .
Nous
pouvons continuer ainsi pour des ordres supérieurs (nous les présentons
non en tant qu'exercices mais parce que ces relations sont utiles!):
Calculons maintenant la somme
des n premiers
carrés (toujours non nuls). Posons:
(11.59)
nous savons que (binôme de
Newton):

nous pouvons donc écrire
et ajouter membre à membre les n égalités
suivantes:
(11.60)
Avec quelques manipulations
algébriques élémentaires:
(11.61)
d'où:
(11.62)
Finalement:
(11.63)
Terminons
avec la somme des n premiers
cubes (non nuls). Le principe étant le même que précédemment, nous
posons:
(11.64)
Nous savons par ailleurs que (binôme de
Newton):
(11.65)
Nous obtenons en faisant
varier k de 1
à n, n relations
que nous pouvons ajouter membre à membre:
(11.66)
Nous avons donc:
(11.67)
Ce qui donne après développement:
(11.68)
Et après une première simplification:
(11.69)
et une deuxième:
(11.70)
Le résultat final est donc :
(11.71)
ou écrit autrement:
(11.72)
Evidemment,
nous pouvons continuer ainsi longtemps mais à partir d'une
certaine valeur de l'élévation de la puissance les choses
se compliquent un petit peu (de plus, la méthode est un peu
longue). Ainsi, un des membres de la famille des Bernoulli
(c'était une
famille de mathématiciens
assez doués...) a montré une relation générale fonctionnant pour
n'importe quelle puissance en définissant ce que nous appelons
le
"polynôme de Bernoulli".
NOMBRES ET POLYNÔMES DE BERNOULLI
Comme nous venons de le voir plus haut il est possible d'exprimer
la somme des n premiers entiers non nuls élevés à une puissance
donnée selon (les quatre premiers ont été démontrés précédemment)
les relations suivantes où nous avons posé avec n'
le nombre de termes dont nous voulons la somme 0 non compris (d'où le
signe négatif que nous n'avions pas plus haut) :
(11.73)
Jacob Bernoulli remarqua ensuite que les polynômes avaient
la forme :
(11.74)
Dans cette expression, les nombres semblent
ne pas dépendre de p. Plus généralement, après tâtonnement
on remarque que le polynôme peut être écrit sous la forme :
(11.75)
Ce qui donne par identification les "nombres
de Bernoulli" :
(11.76)
Par la suite, les mathématiciens dans leurs recherches sont tombés
au hasard sur le fait que les nombres de Bernoulli pouvaient être
exprimés par la série :
avec
(11.77)
En d'autres termes, la fonction génératrice des nombres de Bernoulli
serait G(z). Si nous développons les premiers termes
de cette série :
(11.78)
Démonstration:
Nous avons vu dans notre étude des nombres complexes
(cf. chapitre sur les Nombres) que
:
(11.79)
Dès lors :
(11.80)
Posons maintenant :
(11.81)
Nous avons alors :
.
(11.82)
Nous voyons (en distribuant) que :
(11.83)
par suite pour que tout cela soit égal à l'unité il faut que
:
(11.84)
De la deuxième équation nous tirons :
(11.85)
De la troisième équation nous tirons :
(11.86)
etc.
En continuant ainsi nous montrons que :
...
(11.87)
Il est évident que cette méthode nous permet de calculer à la
main que les premiers termes de cette série.
Ainsi, en se basant sur :
(11.88)
nous trouvons que les premiers nombres de Bernoulli sont les
suivants:
k |

|
0 |
1 |
1 |
−1/2 |
2 |
1/6 |
3 |
0 |
4 |
−1/30 |
5 |
0 |
6 |
1/42 |
7 |
0 |
8 |
−1/30 |
9 |
0 |
10 |
5/66 |
11 |
0 |
12 |
−691/2730 |
13 |
0 |
14 |
7/6 |
Tableau: 11.1
- Nombres de Bernouilli
Le lecteur aura remarqueré
que lorsque n est
impair et différent de 1.
C.Q.F.D.
Nous voyons bien par ailleurs, que les valeurs des nombres de
Bernoulli ne peuvent pas être décrits simplement. En fait, ce sont
essentiellement des valeurs de la fonction ζ de Riemann (voir
plus bas) pour des valeurs entières négatives de la variable, et
sont associés à des
propriétés théoriques profondes qui dépassent le cadre de ce site.
Par ailleurs, les nombres de Bernoulli apparaissent également dans
le développement en série de Taylor des fonctions tangentes circulaire
et hyperbolique, dans la formule d'Euler-MacLaurin ainsi (voir
plus bas).
Avec une petite modification, il est possible de définir les
"polynômes de Bernoulli" par
:
(11.89)
avec donc :
(11.90)
Par ailleurs, il est aisé de remarquer que:
(11.91)
et donc il est facile d'en déduire:
(11.92)
Démonstration:
D'un côté nous avons:
(11.93)
et d'un autre nous avons:
(11.94)
Donc:
(11.95)
C.Q.F.D.
Et par identification des coefficients nous en déduisons:
(11.96)
et pour :
(11.97)
Il est alors aisé de déduire que les sont
des polynômes de degré k:
(11.98)
Voici un tracé de ces polynômes:

(11.99)
Ce qui est remarquable c'est qu'à l'aide des polynômes de Bernoulli,
nous voyons qu'il est possible d'écrire les sous
la forme suivante:
(11.100)
Certains écrivent cette relation encore autrement. Effectivement,
de la relation précédente, nous pouvons écrire:
(11.101)
Et en utilisant:
(11.102)
Il vient:
(11.103)
Donc nous venons de démontrer:
(11.104)
Cependant, nous
pouvons maintenant nous demander ce qu'il advient de la somme partielle
de suites arithmétiques et géométriques telles
que présentées au début de ce chapitre.
SÉRIES
ARITHMÉTIQUES
Nous avons démontré
plus haut que la somme partielle de la série de Gauss (analogue
à la somme des termes d'une suite arithmétique de
raison r=1) s'écrivait donc:
(11.105)
si nous notons non pas n
la valeur n-ème terme mais ,
le développement que nous avions fait pour la série
de Gauss nous amène alors à:
(11.106)
et si nous notons le premier
terme 1 de la Série de Gauss par ,
nous avons alors:
(11.107)
ce qui nous donne la somme
partielle des n-termes d'une suite arithmétique de
raison r quelconque (ou plus simplement : la somme partielle
de la série arithmétique de raison r)
Remarque: Le lecteur aura observé que la raison r
n'apparaît pas dans la relation. Effectivement, en reprenant
(toujours) le même développement fait que pour la
série
de Gauss, le terme r se simplifie.
SÉRIES
GÉOMÉTRIQUES
De même, avec un somme
géométrique où nous avons pour rappel:
(11.108)
nous avons
donc:
(11.109)
La dernière relation
s'écrit (après simplification):
(11.110)
et si ,
nous avons:
(11.111)
ce qui peut s'écrire
en factorisant :
(11.112)
Exemple:
Soit la suite de raison q=2 suivante:
(11.113)
pour calculer la somme des quatre premiers termes ,
nous prenons la puissance de 2 équivalent
(le zéro n'étant pas pris en compte). Nous obtenons
alors bien .
FONCTION ZÊTA ET IDENTITÉ D'EULER
L'allemand Riemann a baptisé "zêta" une
fonction déjà étudiée avant lui, mais
qu'il examine lorsque la valeur est un nombre complexe (cf.
chapitre sur les Nombres). Cette fonction se présente
comme une série de puissances inverses de nombres entiers.
C'est la série:
(11.114)
Remarque: Il est traditionnel de noter s la variable dont
dépend cette série.
Cette série a une propriété intéressante
mais si l'on reste dans le cadre des puissances entières
positives et non nulles:
(11.115)
quand
nous avons alors:
(11.116)
Si nous faisons ,
nous obtenons la somme des puissances inverses de 2 et de mêmes
avec
tel que:
(11.117)
Si nous faisons le produit
de ces deux expressions, nous obtenons la somme des puissances
de toutes les fractions dont le dénominateur est un nombre
produit de 2 et de 3:
(11.118)
Si nous prenons tous les nombres premiers à gauche, nous
obtiendrons à droite tous les nombres entiers, puisque
tout entier est produit de nombres premiers selon le théorème
fondamental de l'arithmétique (cf.
chapitre de Théorie
Des Nombres), et c'est l'identité fondamentale d'Euler
: ce que nous appelons maintenant la "fonction
zêta de Riemann" est à la fois un produit
fini et la somme des puissances inverse de tous les entiers:
(11.119)
En notation condensée,
"l'identité d'Euler" est:
(11.120)
où p sont les
nombres premiers.
SÉRIES
DE TAYLOR ET DE MACLAURIN
Les séries de Taylor et de MacLaurin constituent un outil pratique
très puissant pour simplifier des modèles théoriques ou des calculs
informatiques. Elles sont utilisées énormément dans tous les domaines
de la physique mais on les retrouve aussi dans l'industrie dans
couramment en ingénierie (plans d'expérience, méthodes numériques,
gestion de la qualité), statistiques (approximations d'intégrales),
finance (processus stochastiques), analyse complexe... Nous conseillons
donc vivement
au lecteur de bien lire les développements qui vont suivre.
Soit
un polynôme (à une variable):
(11.121)
Nous
avons trivialement pour ce dernier:
(11.122)
Soit maintenant la dérivée
du polynôme P(x) :
(11.123)
donc:
(11.124)
et
ainsi de suite avec P''(x),P'''(x),... tel
que:
(11.125)
Il
s'ensuit que:
(11.126)
Donc
finalement notre polynôme peut s'écrire:
(11.127)
relation
que nous appelons "série de MacLaurin
limitée" ou tout
simplement "série de MacLaurin".
En
appliquant maintenant le même raisonnement mais en centrant le
polynôme
sur la valeur ,
nous avons:
(11.128)
et
ainsi le développement précédent devient:
(11.129)
qui
n'est d'autre que l'expression générale d'un polynôme exprimé sous
une forme dite de "série de Taylor
limitée". Cette fonction peut être assimilée à un
polynôme tant que n est fini. Mais si n est
infini, comme nous le verrons plus loin, cette série converge
vers la fonction dont nous cherchons la représentation sous
forme de somme de termes.
Ainsi, certaines fonctions f(x) pouvant
être approchés par un polynôme P(x)
(une somme de puissances autrement dit...) centré sur
la valeur peuvent
êtres exprimées sous la forme:
(11.130)
Par contre cette dernière relation n'est pas juste pour toutes
les fonctions ne pouvant pas s'exprimer sous forme de polynômes.
Dès lors nous disons que la série n'est pas convergente pour ces
dernières. Nous en verrons un exemple plus bas.
La dernière relation s'écrit aussi de manière
plus conventionnelle... :
(11.131)
Revenons brièvement à l'approximation de f(x) proche
et centrée en :
(11.132)
Certaines personnes n'aiment pas utiliser cette formulation car
on risque d'oublier que l'approximation pour quelques termes n'est
bonne tant que l'on ne s'éloigne pas trop de avec x.
Raisons pour laquelle il arrive souvent que nous posions:
(11.133)
avec fixé et h variable
mais petit (!) et dès lors il vient alors une forme d'écriture
courante des séries de Taylor:
(11.134)
Voyons un exemple d'application avec une série
de MacLauin (avec étant
nul) de
la fonction sin(x) et Maple:
>p[n](x) = sum((D@@i)(f)(a)/i!*(x-a)^i,i=0..n);
>p11 := taylor(sin(x),x=0,12);
>p11 := convert(p11,polynom);
>with(plots):
>tays:= plots[display](sinplot):
for i from 1 by 2 to 11 do
tpl := convert(taylor(sin(x), x=0,i),polynom):
tays := tays,plots[display]([sinplot,plot(tpl,x=-Pi..2*Pi,y=-2..2,
color=black,title=convert(tpl,string))]) od:
>plots[display]([tays],view=[-Pi..2*Pi,-2..2]);
(11.135)
Nous voyons donc bien dans cet exemple que la série
de MacLaurin ne permet que d'approcher une fonction en un point
avec un nombre limités de points. Mais plus nous prenons de termes
(mettre
100 termes dans l'exemples précédent) plus la validité est grande
sur tout le domaine de définition de la fonction. Au fait il est
possible de démontrer que la fonction sin(x)
est exactement exprimable en série de MacLaurin lorsque le nombre
de termes est infini. Nous disons alors que son "reste" est nul.
Par contre ceci n'est pas vrai pour toutes les
fonctions. Par exemple:
>p[n](x) = sum((D@@i)(f)(a)/i!*(x-a)^i,i=0..n);
>p10 := taylor(1/(1-x^2),x=0,10);
>p10 := convert(p10,polynom);
>with(plots):
>tays:= plots[display](xplot):
for i from 1 by 2 to 10 do
tpl := convert(taylor(1/(1-x^2), x=0,i),polynom):
tays := tays,plots[display]([xplot,plot(tpl,x=-2..2,y=-2..2,
color=black,title=convert(tpl,string))]) od:
>plots[display]([tays],view=[-2..2,-2..2]);
(11.136)
Nous voyons bien ci-dessus que peu importe le nombre
de termes que nous prenons, la série de MacLaurin converge seulement
dans un domaine de définition compris entre ]-1,1[. Cette intervalle
est appelé le "rayon de convergence"
et sa détermination (celle des singularités) est un point crucial
dans de nombreux domaines de l'ingénierie, de la physique et de
l'analyse. Nous y reviendrons plus en détails dans le chapitre
d'Analyse Complexe.
Par contre nous pouvons décaler la série de MacLaurin
de la fonction précédente afin d'approcher la fonction avec une
série de Taylor en un autre point non singulier comme par exemple
en valant
2:
>p[n](x) = sum((D@@i)(f)(a)/i!*(x-a)^i,i=0..n);
>p10 := taylor(1/(1-x^2),x=2,10);
>p10 := convert(p10,polynom);
>with(plots):
>tays:= plots[display](xplot):
for i from 1 by 2 to 10 do
tpl := convert(taylor(1/(1-x^2), x=2,i),polynom):
tays := tays,plots[display]([xplot,plot(tpl,x=0..5,y=-2..2,
color=black,title=convert(tpl,string))]) od:
>plots[display]([tays],view=[-0..5,-2..2]);
(11.137)
Nous étudierons une généralisation au plan
complexe des séries
de Talyor précédentes dans le chapitre d'Analyse
Complexe pour obtenir un résultat très puissant permettant
aux physiciens de calculer des intégrales curvilignes compliquées.
SÉRIES DE TAYLOR D'UNE FONCTION A 2 VARIABLES
Nous allons voir ici comment approcher une fonction f(x, y)
de deux variables réelles en une somme de puissances (série
de Taylor). Ce type d'approximation est très utilisé dans
de nombreux domaines de l'ingénierie (cf.
chapitre de Génie Industriel).
Nous cherchons donc une approximation de f(x, y)
au point .
Pour cela, posons (rien ne nous interdit à priori de la faire)
que:
et
(11.138)
Nous avons alors:
(11.139)
La valeur de (l'astuce est là!):
(11.140)
peut être approchée en utilisant son expression en série de Taylor
autour de la valeur 0 tel que:
(11.141)
Or, nous avons:
(11.142)
et:
(11.143)
Selon le théorème de Schwarz (cf. chapitre
de Calcul Intégral
Et Différentiel):
(11.144)
Nous avons alors:
(11.145)
et on démontre par récurrence que:
(11.146)
Nous avons alors finalement:
(11.147)
ou sous une autre forme équivalente:
(11.148)
RESTE
DE LAGRANGE
Il peut y avoir un intérêt dans certaines applications numériques
(cf. chapitre de Méthodes Numériques)
à connaître l'erreur d'approximation du polynôme par
rapport à la fonction .
Définissons pour cela un "reste"
,
tel que:
(11.149)
La fonction est
appelée "reste de Lagrange".
Considérons maintenant une fonction f(x) qui
est fois
dérivable sur un intervalle qui contient .
Pour une valeur x de l'intervalle, différente de ,
nous nous proposons de démontrer qu'il existe un nombre z situé entre et
x tel que:
(11.150)
Démonstration:
Soit une fonction g(t) une
fonction définie par la différence d'une fonction f(x)
supposé connue et une approximation de Taylor de cette même
fonction:

(11.151)
avec bien sûr:
(11.152)
Nous voyons que g(t) s'annule bien pour
la valeur .
Dérivons maintenant g(t) par rapport à
t, nous trouvons:
(11.153)
Après simplification:
(11.154)
Selon le théorème de Rolle (cf. chapitre
de Calcul Différentiel Et Intégral), il existe une valeur
pour
lequel la dérivée s'annule.
Donc:
(11.155)
Nous pouvons simplifier l'équation par :
(11.156)
ce qui s'écrit aussi:
(11.157)
et nous trouvons donc pour maximum de :
(11.158)
C.Q.F.D.
Nous voyons que plus le polynôme est
de degré élevé, plus il approxime la fonction f(x) avec
exactitude. Que se passe-t-il lorsque ?
(11.159)
Supposons que f(x) admette des
dérivées de tout ordre (ce que nous notons )
pour toutes les valeurs d'un intervalle quelconque contenant et
soit le
reste de Lagrange de f(x) en .
Si, quel que soit x dans l'intervalle:
(11.160)
alors f(x) est exactement représentée par
P(x) sur l'intervalle.
Démonstration:
Elle découle simplement de l'expression
de lorsque .
Effectivement, si nous prenons une infinité de termes pour ,
la correspondance avec la fonction approchée est parfaite
et donc le reste est nul.
C.Q.F.D.
Le polynôme:
(11.161)
est appelé "polynôme
de Taylor" ou "série de Taylor". Si ,
il est appelé "polynôme de MacLaurin" ou "série de
MacLaurin".
SÉRIES
DE FOURIER
Nous appelons par définition "série
trigonométrique" une série de la forme:
(11.162)
ou sous une
forme plus compacte:
(11.163)
Les constantes
sont les coefficients de la série trigonométrique plus souvent
nommés
"coefficients de Fourier".
Remarque: Nous avions déjà fait mention
de ce type de série
lors de notre
étude des types de polynômes existants puisque les
séries de Fourier
ne sont au fait que des polynômes trigonométriques.
(cf.
chapitre de Calcul Algébrique). Par ailleurs, nous
avons vu comme exemple dans le chapitre d'Analyse Fonctionnelle
lors de notre étude du produit scalaire fonctionnel que
les fonctions sinus et cosinus constituaient les bases d'un espace
vectoriel.
Si la série converge, sa somme est une fonction périodique f(x)
de période
, étant donné que sin(nx) et cos(nx) sont des
fonctions périodiques de période
. De sorte que:
(11.164)
Posons maintenant le problème suivant : Nous nous donnons une
fonction connue, périodique quelconque f(x) continue
par morceaux de période .
Nous demandons s'il existe une série trigonométrique convergeant
vers f(x) moyennant des conditions sur cette série.
Supposons maintenant que la fonction f(x),
périodique
et de période ,
puisse être effectivement représentée par une série trigonométrique
convergent vers f(x) dans l'intervalle [0, T],
c'est-à-dire qu'elle soit la somme de cette série:
(11.165)
Supposons
que l'intégrale de la fonction du premier membre de cette égalité
soit égale à la somme des intégrales des termes de la série ci-dessus.
Ceci aura lieu, par exemple, si nous supposons que la série trigonométrique
proposée converge absolument, c'est-à-dire que la série
numérique suivante converge (de par la propriété bornée des fonctions
trigonométriques):
(11.166)
La
série:
(11.167)
est alors majorable et peut être intégrée terme à terme
de 0 à
T (où )
ce qui nous permet de déterminer les différents
coefficients de Fourier. Mais avant de commencer exposons les
intégrales suivantes
qui nous très seront utiles par la suite:
(11.168)
Avec
et
Avec
et
Avant de continuer, démontrons la valeur que prennent ces
six intégrales (suite à la demande des internautes).
Mais d'abord, rappelons que comme
alors
et 
1. Nous procédons en utilisant les relations trigonométriques
remarquables (cf. chapitre de Trigonométrie)
et les primitives des fonctions trigonométriques élémentaires
(cf. chapitre de calcul Différentiel
Et Intégral):
(11.169)
car comme nous l'avons vu en trigonométrie
et comme ,
les deux différences précédentes ont tous
les termes qui sont nuls tel que:
(11.170)
2. Pour la deuxième intégrale, nous procédons
selon les mêmes techniques et mêmes propriétés
des fonctions trigonométriques:
(11.171)
3. Et nous continuons ainsi pour la troisième, toujours
selon les mêmes propriétés:
(11.172)
4. Encore une fois selon les mêmes méthodes (cela
devient routinier...) pour
d'abord:
(11.173)
et pour
il vient immédiatement:
(11.174)
5. Encore une fois... (bientôt au bout...) pour
d'abord:
(11.175)
et pour
il vient immédiatement:
(11.176)
6. Et enfin la dernière (...):
(11.177)
Ce petit travail fait, revenons maintenant à nos moutons...
Pour déterminer les coefficients
multiplions les deux membres de l'égalité:
(11.178)
par :
(11.179)
La série du second membre de l'égalité est majorable, étant donné
que ses termes ne sont pas supérieurs en valeur absolue aux termes
de la série positive convergente. Nous pouvons donc l'intégrer
terme
à terme sur tout segment borné de 0 à T :
(11.180)
Nous avons démontré plus haut que quelque soient
les valeurs entières
que prennent k ou n le deuxième terme
de la paranthèse
est toujours nul. Il ne reste alors plus que:
(11.181)
Or, nous avons démontré plus haut que l'intégrale à droite est
toujours nulle si n et k sont différents. Il
ne reste alors que le cas où n et k sont
égaux. C'est-à-dire:
(11.182)
Dans cette situation, nous avons d'abord le cas particulier k où est nul. Dans ce cas:
(11.183)
Soit:
(11.184)
Il est évident que le coefficient représente
donc la moyenne du signal ou la composante continue si elle existe.
Dans le cas où k n'est pas nul,
nous avons:
(11.185)
D'où nous tirons:
(11.186)
Pour déterminer les coefficients nous
procédons de la même manière mais en mulitpliant
cette fois-ci les deux membres de l'égalité par :
(11.187)
La série du second membre de l'égalité est majorable, étant donné
que ses termes ne sont pas supérieurs en valeurs absolues aux termes
de la série positive convergente. Nous pouvons donc l'intégrer
terme à terme sur tout segment borné de 0 à T :
(11.188)
Nous avons démontré plus haut que quelque soient
les valeurs entières que prennent k ou n le
premier terme de la paranthèse est toujours nul.
Il ne reste alors plus que:
(11.189)
Or, nous avons démontré plus haut que
l'intégrale à droite est toujours nulle si n et k sont
différents. Il ne reste alors que le cas où n et k sont égaux.
C'est-à-dire:
(11.190)
Dans cette situation, nous avons d'abord le cas
particulier k où est nul. Mais nous voyons de suite
que nous avons une division par zéro. Il vaut mieux alors considérer
le cas général d'où nous tirons
D'où nous tirons aisément que:
(11.191)
Dès lors, pour la situation où k est
nul le coefficient est alors nul!
Donc finalement les coefficients de Fourier sont donc déterminés
par les intégrales:
(11.192)
Mais comme c'est embêtant d'avoir trois résultats pour les coefficients
nous allons jouer un peu avec la définition de la série de Fourier.
Effectivement en sommant de 1 à l'infini plutôt que de 0 à l'infini
nous avons :
(11.193)
Ce qui permet alors de n'avoir qu'à se rappeler de ( inclus
donc!) :
(11.194)
Les physiciens ont eux pour habitude de noter ces relations sous
la forme suivante :
(11.195)
Cette décomposition possible de toute fonction périodique
continue par morceaux approchée par une somme infinie de fonctions
trigonométriques (sinus ou cosinus) consistant en une fonction
fondamentale et ses harmoniques est appelé "théorème
de Fourier" ou encore "théorème
de Fourier-Dirichlet".

(11.196) Source : Mathworld
La série de Fourier permet donc implicitement
de représenter toutes les fréquences contenues dans
un signal périodique dont la fonction est connue mathématiquement.
On se demande bien pourquoi parler des séries de Fourier
quand, dans la pratique, nous ne connaissons pas vraiment la représentation
mathématique de ce signal? Cela nous amènera à mieux
comprendre le concept de la transformée de Fourier à temps
discret (DTFT), que nous verrons un peu plus loin, qui n'a nul
besoin d'une représentation mathématique d'un signal
continu échantillonné dans le temps.
Nous constatons par ailleurs que si f(x),
soit la fonction périodique dont nous cherchons l'expression en
série trigonométrique de Fourier, est paire alors la série devra être
paire aussi et donc ne comporter que des termes en cosinus (le
cosinus étant pour rappel une fonction paire) ce qui implique que et
dans le cas contraire d'une fonction impaire (le
sinus étant pour rappel une fonction impaire)!
Il convient de noter, et c'est important pour la suite, que comme
nous l'avons vu dans le chapitre de Calcul Algébrique lors
de notre étude
des polynômes
trigonométriques,
que les séries de Fourier pouvaient donc s'écrire sous la forme
complexe suivante (en changeant un peu les notations et en passant
la somme à l'infini):
(11.197)
et nous avions vus que:
(11.198)
Soit:
(11.199)
Ce qui nous donne:
(11.200)
Exemple:
E1. Lors de la décomposition d'un signal continu, nous disons
abusivement que les coefficients représentent
chacun (implicitement) une fréquence distincte associée à une amplitude
que nous visualisons sur un graphique par des lignes verticales.
Ce graphique représente le spectre en fréquence du signal décomposé.
Nous pouvons également adjoindre une autre représentation qui se
nomme "spectre de phase".
Ce spectre nous donne la phase du signal harmonique (en avance
ou en retard de phase).

(11.201)
Voyons maintenant comment décomposer un signal périodique connu
en plusieurs signaux d'amplitudes et de fréquences distinctes.
Prenons comme exemple, un signal à onde carrée périodique défini
sur une période T=2 et d'amplitude A tel que:
(11.202)
A la période T=2 correspond comme nous le savons une pulsation:
(11.203)
Calculons en premier lieu les coefficients à l'aide
de l'intégrale permettant de déterminer ces coefficients
(le choix des bornes de l'intégrale supposent donc que le
signal est périodique
par construction!):
(11.204)
En prenant k = 2, nous avons:
(11.205)
De même pour k = 4,6,8 ainsi que tout nombre pair.
Pour ce qui est des nombres impairs, nous aurons:
(11.206)
Les coefficients seront alors:
(11.207)
Il y a un seul hic dans cette relation, le coefficient ne
peut être calculé selon cette relation car on peut voir que si k =
0 dans le résultat ci-haut, nous aurons une valeur infinie et c'est
du moins impossible. Le coefficient est
soit nul ou non nul mais jamais infini.
Pour trouver le coefficient ,
nous devons calculer l'intégrale pour k=0. Le coefficient est
alors déterminé par:
(11.208)
Le spectre en "fréquence" (attention à l'abus de langage)
et en amplitude sera alors de la forme suivante pour et les
fréquences nulles n'étant pas représentées:

(11.209)
L'abus de parler de fréquence pour les coefficients de Fourier
amène dont à avoir des fréquences négatives... mais ce n'est qu'une
question de vocabulaire auquel il faut s'habituer.
Le spectre d'amplitude et de phase se calcule selon les relations:
(11.210)
Il est alors relativement aisé de remarquer que si T tend
vers un nombre de plus en plus grand, les pics du spectre se rapprochent
de plus en plus. Ainsi, lorsque T tend vers l'infini le
spectre devient continu.
Le spectre de phase donnera ce qui suit pour les valeurs impaires:

(11.211)
Il est même possible pour l'exemple d'obtenir très facilement
le spectre des fréquences dans MS Excel !!!
Effectivement, il suffit pour cela d'échantillonner par exemple
notre signal 128 fois (MS Excel a besoin de échantillons).
Nous divisons alors l'intervalle en
64 échantillons et idem pour l'intervalle :



Tableau: 11.2
- Echantillonage Signal
Ce qui donne sous forme graphique:

(11.212)
Ensuite, il suffit d'aller dans le menu Outils/Utilitaire d'analyse
et choisir l'option Analyse de Fourier:

(11.213)
Vient ensuite la boîte de dialogue suivante qu'il faut remplir
comme indiqué:

(11.214)
Vient alors le résultant suivant pour les coefficients le tableau
suivant:



Tableau: 11.3
- Coefficients de Fourier
Il reste à calculer le module des nombres complexes avec la fonction
MODULE.COMPLEXE( ) de MS Excel et de diviser le résultat par 128
pour chacun des coefficients mais
nous voyons déjà que chaque coefficient pair est nul ce qui correspond
bien au résultat théorique.
Nous avons alors en mettant l'indice n en face de chaque
module:



Tableau: 11.4
- Module coefficients complexes
En en traçant un graphique MS Excel à points un peu personnalisé des
colonnes D et E, nous obtenons finalement:

(11.215)
E2. Prenons un autre exemple identique au précédent mais sous
une autre approche. Nous définissons une fonction périodique de
période comme
suit:
(11.216)
Calculons les coefficients de Fourier:
(11.217)
et:
(11.218)
Nous remarquons que vaut
0 pour n pair et vaut pour n impair.
La série de Fourier de la fonction considérée s'écrit donc:
(11.219)
Ce qui en Maple s'écrit:
S:=(4/Pi)*Sum(sin((2*n+1)*x)/(2*n+1),n=0..N);
et que nous pouvons tracer à l'aide de la fonction:
plot({subs(N=4,S),subs(N=8,S),subs(N=16,S)},x=-Pi..Pi,color=[red,green,blue],numpoints=200);
Ce qui donne trois traces pour 4, 8 et 16 termes de la série
en rouge, vert et bleu:
![[Maple Plot]](../../images/equations/algebre/algebr6169.gif)
(11.220)
Pour 50 termes nous obtenons:
> plot(subs(N=50,S),x=-Pi..Pi,numpoints=800);
![[Maple Plot]](../../images/equations/algebre/algebr6170.gif)
(11.221)
Nous voyons les effets de bord appelés "phénomène de Gibbs".
Il est possible de montrer avec pas mal de développements que ceux-ci
arrivent à la valeur de l'abscisse correspondant à et
que le dépassement et que le pic va à 1.179 pour toute valeur de n.
PUISSANCE D'UN SIGNAL
Un signal périodique possède une énergie
infinie et une puissance moyenne nulle (cf.
chapitre d'Électrocinétique).
Sa puissance moyenne sur une période est alors définie
par:
(11.222)
Si nous développons cette équation, nous avons:
(11.223)
Cela signifie que la puissance d'un signal à temps continu périodique
est égale à la somme des coefficients de Fourier au carré. C'est
ce que l'on nomme le "théorème de Parseval". Cela signifie
que si nous avons un signal quelconque que nous pouvons décomposer
en série de Fourier, nous pouvons connaître la puissance de ce
signal uniquement à l'aide des coefficients spectraux.
Dans la réalité, comme nous ne pouvons déterminer mathématiquement
l'expression de ce signal, nous utilisons la discrétisation ou
l'échantillonnage et ensuite à l'aide d'une transformée de Fourier
discrète, nous pouvons calculer la puissance de ce signal en utilisant
uniquement les coefficients spectraux. Cela nous donne une caractéristique
du signal.
TRANSFORMÉE DE FOURIER
Les séries de Fourier sont un outil très puissant pour l'analyse
de signaux périodiques par exemple, mais l'ensemble des fonctions
périodiques est petit comparé à l'ensemble des fonctions que nous
rencontrons dans les problèmes physiques. Ainsi, nous allons introduire
un nouvel outil d'analyse extrêmement puissant qui s'étend à une
classe de fonctions plus générale.
La transformée de Fourier est ainsi utilisée autant
pour les signaux périodiques que pour les signaux apériodiques.
Pour cela, nous repartons de notre étude sur les séries de Fourier
en notation complexe d'une fonction périodique de période T quelconque
et nous faisons tendre .
Ainsi, reprenons les expressions démontrées avant:
(11.224)
que nous pouvons écrire de manière équivalente sous la forme:
(11.225)
et écrivons encore cela pour des besoins ultérieurs sous la forme
suivante:
(11.226)
et posons:
(11.227)
Ainsi, quand , nous
passons de valeur discrète à valeur continue qui parcourt l'ensemble
des réels (pour tous les k). Donc de:
(11.228)
nous passons à la limite soit:
(11.229)
et obtenons ainsi pour les coefficients (nous changeons de notation
car l'ancienne est inadaptée):
(11.230)
et pour la série infinie:
(11.231)
Attention!!! Pour faire la différence entre la fonction donnée
et son équivalent dont nous cherchons l'expression en somme infinie,
nous les noterons dorénavant différemment. Ainsi, il vient:
(11.232)
Définitions:
D1. Nous appelons "transformée de
Fourier" de f la
relation:
(11.233)
D2. Nous appelons "transformée de
Fourier inverse" de F la
relation:
(11.234)
Remarque: Il
existe de nombreuses manière d'écrire la transformée
de Fourier en fonction du choix de la valeur initiale de T .
Certains physiciens préfèrent symétriser ces deux expressions
en mettant le même coefficient dans les deux sens, qui sera par
exemple .
Cela donnera:
(11.235)
Donnons également la forme tridimensionnelle qui nous servira
de nombreuses fois en mécanique ondulatoire, électrodynamique,
optique ondulatoire ou encore dans les divers chapitres de physique
quantique:
(11.236)
Pour que les choses soient peut-être plus claires, montrons de
manière générale que la transformée de Fourier précédemment écrite
est une isométrie (conserve la norme).
Remarquons tout d'abord que pour tout f, g nous
avons le produit scalaire fonctionnel:
(11.237)
Mais puisque les fonctions sont dans l'espace des complexes,
comme nous l'avons vu dans le chapitre de calcul vectoriel, nous
devons alors utiliser la notation du produit hermitien:
(11.238)
Rappelons quand même que:
(11.239)
Démonstration:
D'abord, nous avons donc:
(11.240)
Mais les variables à intégrer doivent être les mêmes et pour
que soit
implicitement dépendant de il
faut donc prendre la transforme de Fourier en .
Tel que:
(11.241)
Ainsi:
(11.242)
Soit en utilisant le théorème de Fubini (cf.
chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral):
(11.243)
A l'aide de ce résultat, nous avons donc démontré que:
(11.244)
Nous n'avons pas précisé les bornes :elles sont infinies dans
chaque définition (nous intégrons sur tous les ou possibles).
C.Q.F.D.
Voyons maintenant deux propriétés intéressantes de la transformée
de Fourier:
P1. Si f est paire, il vient une simplification de la
transformée telle que:
(11.245)
P2. Si f est impaire, nous procédons de la même manière
que ci-dessus et nous obtenons:
(11.246)
Remarque: La
branche de "l'analyse harmonique",
ou "analyse
de Fourier 2D", est la
branche des mathématiques
qui étudie la représentation des fonctions ou des
signaux comme superposition d'ondes de base. Elle approfondit et
généralise
les notions de série de Fourier et de transformée
de Fourier. Les ondes de base s'appellent les harmoniques, d'où le
nom de la discipline. Durant ces deux derniers siècles,
elle a eu de nombreuses applications en physiques sous le nom d'analyse
spectrale, et connaît des applications récentes notamment
en traitement des signaux, mécanique quantique, neurosciences,
stratigraphie, statistiques...
Exemple:
Voyons donc un exemple (parmi les deux fondamentaux) d'une transformée
de Fourier que nous retrouvons en physique quantique aussi bien
qu'en optique ondulatoire.
Nous allons calculer la transformée de Fourier de la fonction
suivante:

(11.247)
Nous avons donc:
(11.248)
où sinc est le sinus cardinal. Nous retombons donc sur le sinus
cardinal (si nous prenons le module au carré) de la décomposition
d'une onde monochromatique diffractée par une fente rectangulaire.
Ainsi, il semble possible d'étudier les phénomènes de diffraction
en utilisant la transformée de Fourier et ce domaine se nomme "l'optique
de Fourier".
SÉRIES
DE BESSEL
Les fonctions
de Bessel sont très utiles dans de nombreux domaines de pointe de
la physique faisant intervenir des équations différentielles délicates
à résoudre. Les domaines dans lesquelles nous les trouvons le plus
souvent sont la calorimétrie (conduction de la chaleur), la physique
nucléaire (physique de réacteurs), et la mécanique des fluides.
Ces séries sont
cependant très peu détaillées dans les écoles universitaires et
il est souvent du rôle de l'élève de chercher les compléments d'informations
dont il a besoin sur le sujet dans la bibliothèque de son école.
Nous avons voulu présenter ici les développements permettant
d'éviter cette démarche tout en restant chez soi devant son ordinateur
(de plus les livres sur le sujet sont assez rares...).
Remarque: Nous parlons habituellement par abus de langage
des "fonctions
de Bessel" au lieu des "séries
de Bessel".
Il existe une
quantité non négligeable de fonctions de Bessel mais nous allons
nous restreindre à l'étude de celles qui sont les plus utilisées
en physique.
FONCTION
DE BESSEL D'ORDRE ZÉRO
La fonction connue sous le nom de "fonction
de Bessel d'ordre zéro", est définie par la série de
puissances:
(11.249)
C'est lors de l'étude des
propriétés de dérivation et d'intégration que Bessel a trouvé que
cette série de puissance est une solution à une équation différentielle
que l'on retrouve assez fréquemment en physique. C'est pourquoi
elle porte son nom.
Si représente
le r-ème
terme de la série, nous voyons aisément que:
(11.250)
qui tend vers zéro quand ,
quelque soit la valeur de x. Cela a pour conséquence que
la série converge pour toutes les valeurs de x. Comme il
s'agit d'une série de puissance positive, la fonction et
toutes ses dérivées sont continues pour toutes valeurs de x,
réelles ou complexes.
FONCTION
DE BESSEL D'ORDRE N
La fonction ,
connue sous le nom de "fonction de Bessel d'ordre n", est définie, lorsque n est un entier positif, par la série de puissance:
(11.251)
qui converge pour toutes
valeurs de x, réelles ou complexes.

(11.252)
En particulier, pour nous
avons:
(11.253)
et quand :
(11.254)
Nous pouvons noter que est
une fonction paire de x
quand n est paire, et impaire quand n est impaire
(cf. chapitre d'Analyse
Fonctionnelle).
En dérivant la fonction et
en comparant le résultat avec la série ,
nous voyons sans trop de peine que:
(11.255)
Nous trouvons également sans
trop de difficulté, la relation suivante:
(11.256)
En utilisant le fait que:
(11.257)
et en l'incluant dans la
précédente relation, nous trouvons:
(11.258)
ou écrit autrement:
(11.259)
est
donc une solution de l'équation différentielle du second ordre:
(11.260)
ou écrit autrement:
(11.261)
ou encore:
(11.262)
Une solution à une équation de Bessel de paramètre n qui
n'est pas un multiple de est
appelé "fonction de Bessel du second
type". Supposons que u est une telle fonction
et posons ;
alors d'après la relation:
(11.263)
nous avons:
et
(11.264)
En multipliant la première
relation par v et
la seconde par u
et après soustraction, nous obtenons:
(11.265)
nous avons donc également:
(11.266)
nous pouvons donc écrire:
(11.267)
effectivement car si nous
développons, nous trouvons:
(11.268)
Pour que l'égalité:
(11.269)
soit satisfaite,
nous avons:
(11.270)
En divisant par ,
nous avons:
(11.271)
ce qui est équivalent à:
(11.272)
de suite, par intégration
il vient:
(11.273)
où A
est une constante. Consécutivement nous avons, puisque :
(11.274)
où rappelons-le, A
et B
sont des constantes, et
si u n'est
pas un multiple de par
définition.
Si dans la dernière relation,
est
remplacé par son expression en termes de série nous avons:
(11.275)
dès lors:
(11.276)
consécutivement si nous posons:
(11.277)
où est
une fonction de Bessel particulière du second type appelée "fonction
de Bessel-Neumann du second type d'ordre nul".
Identiquement au fait que quand
,
l'expression à
cause du terme quand
x est petit tend vers quand
.
Finalement, il vient de ce
que nous avons vu précédemment que et
sont
des solutions indépendantes de l'équation différentielle:
(11.278)
La solution générale étant
donc:
(11.279)
où A,B
sont des constantes arbitraires et afin
que soit
réel.
Si nous remplaçons x
par kx,
où k
est une constante, l'équation différentielle devient:
(11.280)
en multipliant le tout par
,
nous trouvons la forme générale de l'équation différentielle:
(11.281)
dont la solution générale
est:
(11.282)
où afin
que soit
réel quand .
Au fait, les fonctions de Bessel viennent des solutions de l'équation
différentielle étudiée précédemment et solutionnées par la méthode
de Frobenius. Posons:
(11.283)
et faisons la substitution:
(11.284)
en substituant dans Ly, nous obtenons:
(11.285)
Choisissons maintenant les
afin de satisfaire l'équation différentielle tel que:
(11.286)
Dès lors, à moins que soit
un entier négatif, nous avons:
(11.287)
En substituant ces valeurs
dans la relation:
(11.288)
nous
obtenons:
(11.289)
dès lors:
(11.290)
si nous posons dans
l'avant-dernière relation, nous obtenons:
(11.291)
ÉQUATION
DIFFÉRENTIELLE DE BESSEL D'ORDRE N
Nous avons défini
les séries de Bessel comme étant :
(11.292)
Posons :
(11.293)
et dérivons ainsi
:
(11.294)
Mais nous avons aussi :
(11.295)
Par soustraction :
(11.296)
Ce qui donne finalement :
(11.297)
Ce qui s'écrit également
:
(11.298)
Qui est appelé "l'équation
différentielle de Bessel d'ordre n" ou plus simplement
"équation de Bessel". Au fait, la plupart des écoles
ou sites Internet donnent cette équation différentielle
comme une définition et pourtant il est clair qu'il y a raisonnement
rigoureux derrière cette équation.
La solution est donc du type
:
(11.299)
ce qui s'écrit encore
parfois en utilisant la fonction gamma d'Euler :
(11.300)
Il s'ensuite que :
(11.301)
et donc que est
solution de cette équation différentielle.
CRITÈRES
DE CONVERGENCE
Lorsque nous étudions une
série, l'une des questions fondamentales est celle de la convergence
ou de la divergence de cette série.
Si une série converge, son
terme général tend vers zéro lorsque n tend
vers l'infini :
(11.302)
Ce critère est nécessaire mais non suffisant pour établir la convergence
d'une série. Par contre, si ce critère n'est pas rempli, on est
absolument sûr que la série ne converge pas (donc elle diverge!).
Trois méthodes sont proposées
pour approfondir le critère de convergence :
1. Le test de l'intégrale
2. La règle d'Alembert
3. La règle de Cauchy
Dans les paragraphes suivants,
nous admettrons des séries à terme positifs. Le cas de la série
alternée sera vu ultérieurement.
TEST
DE L'INTÉGRALE
Soit la série à termes positifs décroissants :
(11.303)
c'est-à-dire :
(11.304)
et soit une fonction continue décroissante telle que :
(11.305)
nous pouvons alors affirmer
que :
1. Si l'intégrale :
(11.306)
converge, la série converge
également.
2. Si l'intégrale :
(11.307)
diverge, la série diverge
également.
Remarque: En aucun cas l'intégrale ne donne la valeur
de la somme de la série ! Le test de l'intégrale donne simplement
une indication sur la convergence de la série. Avant de faire
le test de l'intégrale,
il est important de vérifier que les termes de la série soient
strictement décroissants afin de remplir la condition  .
RÈGLE
D'ALEMBERT
Si dans une série à termes
positifs :
(11.308)
le rapport (assimilable
à une fonction prise en son entier) a une limite finie L lorsque :
(11.309)
1. Si ,
la série converge
2. Si ,
la série diverge
3. Si on
ne peut rien dire
et nous définissons le "rayon
de convergence" comme :
(11.310)
RÈGLE
DE CAUCHY
Si dans une série à termes
positifs :
(11.311)
la quantité a
une limite finie L lorsque
telle
que :
(11.312)
avec à nouveau les mêmes
considérations que pour la règle d'Alembert :
1. Si ,
la série converge
2. Si ,
la série diverge
3. Si on
ne peut rien dire
THÉOREME
DE LEIBNIZ
Nous avons considéré jusqu'à
présent des séries à termes positifs. Nous allons considérer dans
cette partie des séries dont les termes sont alternés, c'est-à-dire
des séries de la forme :
(11.313)
Définition: Une série est
dite "série alternée" si
deux termes consécutifs de cette série
sont de signe contraire.
Si dans une série alternée
les termes en valeur absolue vont en décroissant
:
(11.314)
et si :
(11.315)
alors la série converge,
sa somme est positive et n'est pas supérieure au premier terme.
Si S est
la somme de la série et une
somme partielle, alors :
(11.316)
Remarque: Il est important de vérifier que les valeurs
absolues des termes de la série soient strictement décroissantes
afin de remplir la condition précédente.
CONVERGENCE
ABSOLUE
Définition: Une série à
termes variables est dite absolument convergente si la série formée
avec la valeur absolue de ses termes converge :
(11.317)
Si une série alternée de
termes est absolument convergente, la série absolue qui en découle
converge aussi.
Nous pouvons généraliser
la règle d'Alembert au cas des séries à termes quelconques :
(11.318)
Ainsi, le rapport a
une limite finie L lorsque
pour nous
avons :
(11.319)
toujours
avec les mêmes conclusions que pour la règle d'Alembert normale.
THÉOREME
DU POINT FIXE
Le théorème du point fixe n'est pas vraiment utile en physique
(implicitement il est indispensable mais les physiciens utilisent
souvent des outils mathématiques dont les propriétés ont déjà été
validées au préalable par des mathématiciens), cependant nous le
retrouvons en théorie du chaos (les vortex, tourbillons, etc...)
ainsi qu'en informatique théorique (voir
chapitre traitant des fractales en particulier le triangle de
Sierpinski).
Nous ne saurions donc que recommander au lecteur de prendre le
temps de lire et de comprendre les explications qui vont suivre.
Soit
(X,d),
un espace métrique complet (cf. chapitre
de Topologie ou des Fractales) et
soit une
application strictement contractante de constante L
(voir les fonctions lipschitziennes chapitre de topologie),
alors il existe un unique point tel
que .
est
alors dit le "point fixe" de T.
De plus si nous notons par :
(11.320)
l'image
de x par le n-ème
itéré de T, nous
avons alors :
(11.321)
et
la vitesse de convergence peut
d'ailleurs être estimée par :
(11.322)
Démonstration:
Soit nous
considérons la suite définie
comme ci-dessus. Nous allons d'abord montrer que cette suite
est
une suite de Cauchy (voir plus haut sur la présente page ce qu'est
une suite de Cauchy).
En
appliquant l'inégalité triangulaire (cf.
chapitre d'Analyse Vectorielle) plusieurs fois nous
avons :

(11.323)
Or
:
(11.324)
donc
:
(11.325)
pour
finir :
(11.326)
c'est-à-dire
que dans un premier temps est
bien une suite de Cauchy.
(X,d) étant
un espace complet nous avons que converge,
et nous posons :
(11.327)
A
présent, nous vérifions que est
bien un point fixe de T.
En effet T est
uniformément continue (car lipschitzienne - voir le chapitre
de Topologie) donc à fortiori continue ainsi:
(11.328)
Il
reste à vérifier que est
l'unique point fixe (du coup nous aurons démontré que ne
dépend pas du choix de x).
Supposons que nous ayons aussi alors
:

(11.329)
Une
estimation de la vitesse de convergence est donnée par:
(11.330)
est continue par rapport à chacune des variables donc:
(11.331)
et
les limites préservent les inégalités (non strictes) donc:
(11.332)
C.Q.F.D.
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